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	<title>Vigile.net - Vigile Plus (Souverainet&#233;)</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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		<title>L'ind&#233;pendance est une fin en soi !</title>
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		<dc:creator>Louis Bernard - www.louisbernard.org</dc:creator>
		


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		<description>Pourquoi le Qu&#233;bec doit-il &#234;tre souverain ? Tout simplement parce qu'il le m&#233;rite et qu'il le peut. Parce qu'il est une soci&#233;t&#233; qui, avec le temps, a su d&#233;velopper son caract&#232;re distinct des autres. Une soci&#233;t&#233; qui est maintenant capable de se subvenir &#224; elle-m&#234;me, de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i&gt;Texte d'une intervention faite lors du Colloque organis&#233; par les IPSO (Les Intellectuels pour la Souverainet&#233;) tenu &#224; Montr&#233;al, le 6 juin 2009, sur le th&#232;me suivant :&#171; Construire une majorit&#233; exige que la souverainet&#233; soit rendue concr&#232;te par un projet de pays. Mais lequel ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le th&#232;me du colloque de ce matin refl&#232;te une fa&#231;on de promouvoir la souverainet&#233; qui a &#233;t&#233; mise de l'avant dans les cercles souverainistes depuis, au moins, une trentaine d'ann&#233;es. Pour mieux faire comprendre les avantages qu'il y aurait &#224; ce que le Qu&#233;bec devienne ind&#233;pendant, on s'est efforc&#233; d'incarner la souverainet&#233; dans un projet de soci&#233;t&#233; auquel une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois pourraient s'identifier. Quoi de mieux, en effet, pour rendre l'ind&#233;pendance d&#233;sirable, que de lui donner les traits concrets d'une soci&#233;t&#233; concr&#232;te, d&#233;finie aussi pr&#233;cis&#233;ment que possible afin que tous puissent la visualiser, si possible dans ses moindres d&#233;tails ? Et &#224; chaque fois que l'occasion se pr&#233;sentait, on en a profit&#233; pour faire valoir que la souverainet&#233;, si nous l'avions, nous permettrait de mieux r&#233;gler tel ou tel probl&#232;me ou d'atteindre tel ou tel objectif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette approche a certainement ses m&#233;rites, et je l'ai employ&#233; moi-m&#234;me &#224; plusieurs occasions. Mais avec le temps et apr&#232;s r&#233;flexion, j'en suis venu &#224; la conclusion qu'il y avait une autre approche, une approche diff&#233;rente qui &#233;tait au moins aussi valable. Cette approche est celle qui pr&#233;dominait aux premiers temps du mouvement ind&#233;pendantiste et du PQ d'avant la prise du pouvoir. C'est l'approche que j'appellerais celle de la souverainet&#233; pour la souverainet&#233;. De l'ind&#233;pendance pour l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais voyons !, me dira-t-on, l'ind&#233;pendance, ce n'est pas une fin en soi, c'est un moyen : on ne cherche pas l'ind&#233;pendance pour l'ind&#233;pendance ! Mais si ! On peut rechercher l'ind&#233;pendance pour l'ind&#233;pendance, comme on recherche la libert&#233; pour la libert&#233;. &#202;tre libre, &#234;tre ind&#233;pendant, pouvoir se gouverner soi-m&#234;me, &#234;tre maitre de ses d&#233;cisions, c'est une fin en soi. C'est m&#234;me la premi&#232;re fin qu'il faut rechercher quand on veut se b&#226;tir un pays ou une vie &#224; soi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chacun a ses raisons pour &#234;tre souverainiste. Pour moi, c'est la conviction que le Qu&#233;bec m&#233;rite d'exister comme un pays &#233;gal aux autres, comme un membre &#224; part enti&#232;re de la soci&#233;t&#233; des nations. L'ind&#233;pendance, pour moi, c'est d'abord une proclamation officielle sur la sc&#232;ne internationale de l'existence de notre nation. C'est dire au monde entier que nous prenons notre place sur la plan&#232;te et que nous assumons tous les pouvoirs et les devoirs d'un pays souverain. Et, dans notre cas particulier, c'est dire au Canada que nous r&#233;cup&#233;rons tous les pouvoirs qu'il exerce actuellement sur notre soci&#233;t&#233; et tous les imp&#244;ts qu'il per&#231;oit chez nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi le Qu&#233;bec doit-il &#234;tre souverain ? Tout simplement parce qu'il le m&#233;rite et qu'il le peut. Parce qu'il est une soci&#233;t&#233; qui, avec le temps, a su d&#233;velopper son caract&#232;re distinct des autres. Une soci&#233;t&#233; qui est maintenant capable de se subvenir &#224; elle-m&#234;me, de d&#233;velopper ses propres mod&#232;les sociaux, de contribuer &#224; sa mani&#232;re &#224; l'avancement du genre humain. Une soci&#233;t&#233; qui a dur&#233;, qui a su traverser de nombreuses &#233;preuves et survivre &#224; des tentatives avou&#233;es de l'assimiler et de la faire disparaitre. Une soci&#233;t&#233; qui participe activement &#224; l'une des grandes cultures de l'Occident et est un membre majeur de la Francophonie mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec doit &#233;galement devenir souverain parce qu'il ne l'est pas et qu'il a besoin de l'&#234;tre. Tant qu'il reste soumis &#224; la constitution canadienne actuelle, le Qu&#233;bec ne peut pas devenir un pays fran&#231;ais, mais restera toujours un pays bilingue ; il ne pourra jamais contr&#244;ler compl&#232;tement son immigration ; il ne pourra pas conserver tous ses imp&#244;ts ; il n'aura aucun contr&#244;le sur son droit criminel ; ni sur ses t&#233;l&#233;communications, sa radio et sa t&#233;l&#233;vision ; ni sur ses banques et la plupart de ses principales institutions financi&#232;res ; ni sur ses p&#234;cheries ; ni sur ses chemins de fer et ses transports a&#233;riens et maritimes ; ni sur sa navigation ; ni sur ses brevets, ses marques de commerce et sa propri&#233;t&#233; intellectuelle ; ni sur ses forces arm&#233;es et ses alliances militaires. Sans parler de comp&#233;tences incompl&#232;tes et partag&#233;es sur l'agriculture, l'environnement et la recherche. Et, bien s&#251;r, il ne pourra pas faire entendre sa voix dans les nombreux forums internationaux o&#249; se discutent de plus en plus de sujets qui affectent ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devenir souverain, c'est l'aboutissement d'un long p&#233;riple. C'est le couronnement de quatre si&#232;cles d'efforts, de persistance et de d&#233;veloppement par une centaine de g&#233;n&#233;rations de Qu&#233;b&#233;coises et de Qu&#233;b&#233;cois. C'est un t&#233;moignage de fid&#233;lit&#233; et de reconnaissance &#224; nos anc&#234;tres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ind&#233;pendance, comme la libert&#233; dont elle l'expression politique sur le plan collectif, n'exige donc pas de justification ext&#233;rieure. Elle n'a pas besoin de se pr&#233;senter sous la forme d'un quelconque projet de soci&#233;t&#233;. Pensez au G&#233;n&#233;ral de Gaulle lan&#231;ant aux Fran&#231;ais son appel de Londres : avait-il besoin de justifier la France Libre par autre chose que la n&#233;cessit&#233; que la France retrouve sa libert&#233; ? La libert&#233; de la France &#233;tait une fin en soi. L'ind&#233;pendance de la France &#233;tait la fin premi&#232;re. En 1776, l'ind&#233;pendance des &#201;tats-Unis &#233;tait une fin en soi. En 1921, l'ind&#233;pendance de l'Irlande &#233;tait une fin en soi. En 1947, l'ind&#233;pendance de l'Inde &#233;tait une fin en soi. Et il en sera de m&#234;me pour les 141 &#201;tats qui, depuis 1945, se sont joints aux 51 membres fondateurs des Nations Unies. &#202;tre un pays reconnu souverain par les autres nations du monde, c'est une fin en soi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourquoi je crois que la meilleure fa&#231;on de convaincre les Qu&#233;b&#233;coises et les Qu&#233;b&#233;cois de militer pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, c'est de leur dire : faisons-le pour nous-m&#234;mes, pour &#234;tre libres, pour &#234;tre maitre chez nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela &#233;tant dit, il y a un certain nombre d'&#233;l&#233;ments fondamentaux sur lesquels les Qu&#233;b&#233;cois doivent faire un large consensus quant &#224; la nature du pays qu'ils veulent se donner. Personnellement, j'en vois trois sur lesquels je voudrais dire un mot :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;le Qu&#233;bec souverain sera un pays d&#233;mocratique, fond&#233; sur la r&#232;gle de droit,
&lt;li&gt;le Qu&#233;bec souverain sera un pays fran&#231;ais, reconnaissant les droits et l'apport de ses nations autochtones et de sa minorit&#233; anglophone,
&lt;li&gt;le Qu&#233;bec sera un pays dont la souverainet&#233; sera acquise dans les r&#232;gles et exerc&#233;e en fonction des exigences &#233;conomiques contemporaines.&lt;/ul&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne crois pas qu'il y ait de difficult&#233; &#224; s'entendre entre Qu&#233;b&#233;cois sur le caract&#232;re d&#233;mocratique d'un Qu&#233;bec souverain. Notre d&#233;mocratie n'est pas parfaite, loin de l&#224;, mais les progr&#232;s que nous avons faits &#224; cet &#233;gard ne seront certes pas remis en question par la souverainet&#233;. Par ailleurs, je crois qu'au d&#233;but, il serait sage de conserver, dans une constitution provisoire, les institutions d&#233;mocratiques que nous avons et que nous connaissons bien, sans essayer de les changer en m&#234;me temps que nous faisons l'ind&#233;pendance. La remise en cause, par exemple, du mode de scrutin ou du r&#233;gime parlementaire demandera des analyses et un d&#233;bat public qu'il vaudrait mieux tenir dans le cadre de l'adoption d'une constitution d&#233;finitive. &#201;videmment, il faudra, d&#232;s le d&#233;part, remplacer la Reine par un Pr&#233;sident.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le caract&#232;re fran&#231;ais du Qu&#233;bec souverain m&#233;rite quelques mots. Il va de soi que le fran&#231;ais sera la seule langue officielle du Qu&#233;bec, de son Parlement, de ses lois, de ses tribunaux et de ses institutions publiques. Cela garantira enfin notre s&#233;curit&#233; identitaire. Mais &#224; l'int&#233;rieur de cette exclusivit&#233;, il faut accepter de faire une place pour la reconnaissance des nations autochtones qui habitent le territoire depuis plus longtemps que nous, et celle de la minorit&#233; anglophone qui a contribu&#233; &#224; plusieurs traits de notre identit&#233; qu&#233;b&#233;coise et qui tient &#224; conserver son identit&#233; propre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pr&#233;sence parmi nous de onze nations autochtones, dont plusieurs ont conserv&#233; leur langue et leurs coutumes, et d'une minorit&#233; anglophone de plus d'un million de personnes ayant ses propres institutions, est un enrichissement dont nous devons nous r&#233;jouir et qu'il nous faut prot&#233;ger. Le Qu&#233;bec est plus riche de sa diversit&#233;. Dans le monde d'aujourd'hui, c'est un atout inestimable qu'il nous sera heureusement plus facile de reconnaitre quand nous serons souverainement fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, je voudrais dire un mot de l'exercice de la souverainet&#233; dans le contexte d'aujourd'hui. La souverainet&#233; des &#201;tats, telle que d&#233;finie par Bodin au 16e si&#232;cle, a un caract&#232;re absolu : on est souverain compl&#232;tement ou on ne l'est pas du tout. Dans la vie des &#201;tats, cependant, la r&#233;alit&#233; a toujours &#233;t&#233; plus complexe et, de nos jours, les &#201;tats souverains sont de plus en plus enclins &#224; partager leur souverainet&#233; dans le cadre d'alliances &#233;conomiques, voire m&#234;me politiques. La souverainet&#233;, aujourd'hui, est moins un moyen de s'isoler que de se rapprocher. Les &#201;tats qui s'isolent, comme la Cor&#233;e du Nord ou la Birmanie, sont l'exception plut&#244;t que la r&#232;gle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si le Qu&#233;bec veut &#234;tre de son si&#232;cle, il doit exercer sa souverainet&#233; non pas pour s'isoler mais pour se rapprocher de ses voisins et des autres pays. Cela veut dire que le Qu&#233;bec cherchera &#224; conserver son union commerciale et mon&#233;taire avec le Canada et ses relations de libre &#233;change avec les &#201;tats-Unis et le Mexique. D'ailleurs, les Qu&#233;b&#233;cois n'ont jamais envisag&#233; d'avoir des douanes &#224; franchir pour aller en Ontario ou au Nouveau-Brunswick ou d'&#233;changer leurs dollars canadiens contre des dollars qu&#233;b&#233;cois. Heureusement, il est tout &#224; fait possible de nos jours d'&#234;tre souverain sans cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec doit &#233;galement accepter les r&#232;gles internationales qui r&#233;gissent l'accession d'un pays &#224; la souverainet&#233;. Ce n'est pas parce qu'un pays d&#233;clare son ind&#233;pendance qu'il est automatiquement accept&#233; comme un pays souverain par la communaut&#233; internationale. Au contraire, il y a des r&#232;gles &#224; suivre. Ainsi, il ne suffirait pas que le Qu&#233;bec d&#233;clare son ind&#233;pendance pour recevoir la reconnaissance des autres &#201;tats, &#234;tre accept&#233; par la communaut&#233; internationale et devenir membre de l'Organisation des Nations Unies. La reconnaissance du Qu&#233;bec par les autres pays rel&#232;ve de chacun d'entre eux et chaque pays demeure enti&#232;rement libre de d&#233;cider s'il reconna&#238;tra ou non le Qu&#233;bec comme pays souverain. Quant &#224; l'ONU, il n'y a aucun cas d'admission d'un pays s&#233;cessionniste sans l'accord du pays d'origine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cons&#233;quence, si le Qu&#233;bec veut conserver son union commerciale et mon&#233;taire avec le Canada, recevoir la reconnaissance des autres nations et faire son entr&#233;e aux Nations Unies, il doit accepter que son accession &#224; l'ind&#233;pendance se fasse &#224; la suite de n&#233;gociations avec le Canada. C'est d'ailleurs ce qui a &#233;t&#233; propos&#233; aux Qu&#233;b&#233;cois lors du r&#233;f&#233;rendum de 1995. Il n'y a pas lieu remettre en question cette fa&#231;on de faire. Surtout qu'en vertu de la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me, le Canada a l'obligation constitutionnelle de n&#233;gocier de bonne foi et qu'une telle n&#233;gociation est clairement dans l'int&#233;r&#234;t des deux parties et sera fortement souhait&#233;e par les autres pays, &#224; commencer par les &#201;tats-Unis et la France.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;sum&#233;, on ne doit pas vendre l'ind&#233;pendance comme on vend un programme &#233;lectoral. Il vaut mieux inciter les Qu&#233;b&#233;coises et les Qu&#233;b&#233;cois &#224; choisir l'ind&#233;pendance afin de s'affirmer comme nation libre et se donner un pays bien &#224; eux. Un pays d&#233;mocratique fond&#233; sur la r&#232;gle de droit, un pays fran&#231;ais mais fier de sa diversit&#233;, un pays dont l'accession &#224; l'ind&#233;pendance se fera dans l'ordre en suivant les r&#232;gles internationales et en pr&#233;servant ses relations &#233;conomiques actuelles avec ses voisins nord am&#233;ricains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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]

		

	</item>



	<item>
		<title>Monsieur le pr&#233;sident...</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/10/17/210967.html</link>
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		<dc:date>2008-10-17T16:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louise Beaudoin - Le Devoir (opinions)</dc:creator>, <dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>En affirmant que la relation France-Qu&#233;bec est fraternelle, et non seulement amicale, vous exprimez cette sensibilit&#233;. Nous serons &#233;videmment heureux d'applaudir toute autre reformulation en ce sens qui n'affaiblirait aucunement le Qu&#233;bec et contribuerait, comme dans le pass&#233;, &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur le pr&#233;sident,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 400e anniversaire de la fondation de Qu&#233;bec est une ann&#233;e &#224; plusieurs &#233;gards symbolique. Votre pr&#233;sence enverra un signal important quant aux orientations que la R&#233;publique fran&#231;aise entend adopter pour la suite des choses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous avez exprim&#233; le d&#233;sir de reformuler la politique de vos pr&#233;d&#233;cesseurs envers le Canada et le Qu&#233;bec de mani&#232;re &#224; pouvoir intensifier vos rapports avec l'un et l'autre. Nous vous avons d'abord entendu mettre sur un pied d'&#233;galit&#233; l'attachement de la France envers le Canada et envers le Qu&#233;bec. Vous avez plus r&#233;cemment pr&#233;cis&#233; votre pens&#233;e, en affirmant que la relation avec le Canada &#233;tait amicale et celle avec le Qu&#233;bec, fraternelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ayant eu l'honneur de participer, l'une &#224; divers titres dont celui de ministre des Relations Internationales, l'autre &#224; titre de conseiller diplomatique, aux &#233;quipes du Parti Qu&#233;b&#233;cois qui ont gouvern&#233; le Qu&#233;bec pendant 17 des derni&#232;res 28 ann&#233;es &#8212; parti qui a une chance raisonnable de former &#224; nouveau le gouvernement d'ici la fin de votre pr&#233;sent mandat &#8212; nous prenons la plume aujourd'hui pour vous exposer directement l'enjeu qui se cache derri&#232;re les formules.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Liens privil&#233;gi&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est arriv&#233; que des pr&#233;sidents fran&#231;ais signalent que la France serait aux c&#244;t&#233;s du Qu&#233;bec si, un jour, une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois ayant choisi l'ind&#233;pendance, le Canada refusait de reconna&#238;tre cette d&#233;cision. S'adressant &#224; des souverainistes (au sens qu&#233;b&#233;cois du terme), ces prises de position sont bienvenues. Mais nous pratiquons suffisamment la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;realpolitik&lt;/i&gt; pour savoir qu'il appartient &#224; chaque pr&#233;sident de r&#233;it&#233;rer cette position ou, notamment lorsque les souverainistes ne sont pas au pouvoir &#224; Qu&#233;bec, de s'abstenir d'aborder la question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous souhaitons cependant attirer votre attention sur une dimension diff&#233;rente mais essentielle de la politique fran&#231;aise telle que pratiqu&#233;e &#224; l'endroit du Qu&#233;bec depuis maintenant pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle, dimension qui d&#233;passe la simple &#8212; et d&#233;j&#224; significative &#8212; affirmation que la France et le Qu&#233;bec ont des liens directs et privil&#233;gi&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De l'ouverture d'une D&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale du Qu&#233;bec &#224; Paris avec statut de quasi-ambassade en 1962 jusqu'&#224; l'organisation d'une visite conjointe au Mexique entre l'actuel premier ministre Jean Charest et son homologue Jean-Pierre Raffarin en 2004, on compte par douzaines les initiatives qui ont jalonn&#233; l'affirmation de la pr&#233;sence internationale du Qu&#233;bec mais qui furent r&#233;alis&#233;es contre le voeu du gouvernement canadien et de sa diplomatie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Appui de la France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'eut &#233;t&#233; de la d&#233;cision des autorit&#233;s politiques fran&#231;aises, de droite comme de gauche, de demeurer des alli&#233;s fid&#232;les du Qu&#233;bec au risque de froisser ponctuellement le Canada, le Qu&#233;bec ne serait pas membre de la Francophonie politique et il n'aurait pu davantage devenir coauteur de la Convention sur la protection et la promotion de la diversit&#233; des expressions culturelles de l'UNESCO adopt&#233;e en 2005. Les obstacles pos&#233;s par le Canada vont des questions g&#233;opolitiques &#224; la gestion de chaque d&#233;tail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, sans la fermet&#233; de la France, le premier ministre Ren&#233; L&#233;vesque n'aurait pas re&#231;u la L&#233;gion d'honneur des mains du pr&#233;sident Valery Giscard d'Estaing, le Qu&#233;bec n'aurait pas &#233;t&#233; l'invit&#233; d'honneur du Salon du livre de Paris en 1999, le premier ministre qu&#233;b&#233;cois n'aurait d&#251; occuper qu'un strapontin aux obs&#232;ques du pr&#233;sident Mitterrand. Nous vous &#233;pargnons la liste compl&#232;te, Monsieur le pr&#233;sident, elle est longue et fastidieuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La constance de l'appui de la France sur mille d&#233;tails cumulatifs a pour beaucoup rendu possible la personnalit&#233; internationale actuelle du Qu&#233;bec et emp&#234;ch&#233; des reculs, comme lorsque le gouvernement canadien a voulu, avant le Sommet de la Francophonie de Moncton, emp&#234;cher le Qu&#233;bec de si&#233;ger &#224; des comit&#233;s de la Francophonie dont les recommandations devaient &#234;tre relay&#233;es ensuite dans d'autres organisations internationales. L'&#201;tat f&#233;d&#233;ral canadien, dont la constitution, non ratifi&#233;e depuis un quart de si&#232;cle par le Qu&#233;bec, ne reconna&#238;t pas l'existence d'une nation qu&#233;b&#233;coise, estime qu'il est de son seul droit de repr&#233;senter le Canada tout entier et r&#233;cuse la position unanime de tous les partis politiques qu&#233;b&#233;cois &#224; l'effet inverse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec &#171; &#224; sa place &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, gr&#226;ce &#224; la fermet&#233; de vos pr&#233;d&#233;cesseurs et notamment aux membres de votre famille politique, Monsieur le pr&#233;sident, le Canada a graduellement accept&#233; de vivre avec cet irritant. On ne peut d'ailleurs imaginer le nombre d'objections suppl&#233;mentaires qu'aurait soulev&#233; le gouvernement canadien s'il avait eu l'assurance que la France resterait neutre sur ces questions. S'il fallait qu'une reformulation de la position fran&#231;aise signale une neutralit&#233; nouvelle de la France &#8212; ce que vos r&#233;centes d&#233;clarations semblent &#233;carter &#8212;, il ne fait aucun doute que la diplomatie canadienne, ayant d&#233;sormais le champ libre, voudrait faire reculer durablement le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut penser, Monsieur le pr&#233;sident, que ce ne serait pas n&#233;cessairement l'attitude du gouvernement Harper. Mais le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res canadien d&#233;montre une grande constance dans sa volont&#233; de, comme on le dit ici, &#171; remettre le Qu&#233;bec &#224; sa place &#187;, quel que soit le gouvernement. Nous avons par exemple v&#233;cu, lors du pr&#233;c&#233;dent gouvernement d'ob&#233;dience lib&#233;rale, une offensive multiforme pour faire reculer le Qu&#233;bec sur le plan international, au point de longuement bloquer le renouvellement d'une entente France-Qu&#233;bec sur l'entraide judiciaire qui n'avait pos&#233; aucun probl&#232;me 20 ans plus t&#244;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les formules utilis&#233;es par vos pr&#233;d&#233;cesseurs &#8212; &#171; ni ing&#233;rence, ni indiff&#233;rence &#187; ou &#171; l'accompagnement &#187; du Qu&#233;bec dans ses choix &#8212; furent des euph&#233;mismes qui ont conceptualis&#233;, annonc&#233; et balis&#233; les actions des gouvernements fran&#231;ais. Cette langue fabuleusement riche que nous avons en partage rec&#232;le certainement cent autres fa&#231;ons d'affirmer l'engagement de la France en faveur du rayonnement qu&#233;b&#233;cois dans le monde. En affirmant que la relation France-Qu&#233;bec est fraternelle, et non seulement amicale, vous exprimez cette sensibilit&#233;. Nous serons &#233;videmment heureux d'applaudir toute autre reformulation en ce sens qui n'affaiblirait aucunement le Qu&#233;bec et contribuerait, comme dans le pass&#233;, &#224; faire entendre dans les enceintes internationales une voix que nous avons la faiblesse de juger originale, constructive et b&#233;n&#233;fique &#224; toute la Francophonie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e, Ancien conseiller aux affaires internationales du premier ministre du Qu&#233;bec&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Louise Beaudoin, Ancienne ministre des Relations internationales du Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le 14, s'afficher comme peuple au Qu&#233;bec</title>
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		<dc:date>2008-10-13T17:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Claude Bariteau - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>&#192; cause de &#231;a et d'autres dossiers du m&#234;me ordre, les &#233;lections f&#233;d&#233;rales de 2008 sont historiques pour le peuple qu&#233;b&#233;cois. L'objectif canadien est connu : soumettre &#224; son ordre, cette fois &#224; la mani&#232;re Harper ou Dion. L'objectif des Qu&#233;b&#233;cois est aussi connu : (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le peuple qu&#233;b&#233;cois ne s'est jamais prononc&#233; en faveur de la cr&#233;ation du Canada et n'a jamais dit qu'il entend y demeurer. Depuis la cr&#233;ation du BQ en 1990, c'est ce qu'il rappelle. Le 14 octobre, le peuple qu&#233;b&#233;cois peut faire plus : affirmer qu'il est une nation politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'histoire du Qu&#233;bec, seuls les d&#233;put&#233;s du Parti Patriote ont re&#231;u un mandat du peuple. Le gouvernement colonial abolit alors le parlement et neutralisa ces derniers et leurs supporters. Quatre ans plus tard, le r&#233;gime colonial reprit vie. En 1867, le Canada en est n&#233; sans que les d&#233;put&#233;s en provenance du Qu&#233;bec n'aient de mandat &#224; cette fin. Les autres non plus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le sillage de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, le peuple qu&#233;b&#233;cois eut un sursaut de vitalit&#233;. Ce fut la R&#233;volution tranquille suivie de pressions &#224; la hausse pour renforcer le Qu&#233;bec. La riposte vint avec Pierre Elliott-Trudeau. Sans mandat, il refit le Canada pr&#233;textant avoir l'aval des d&#233;put&#233;s du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au r&#233;f&#233;rendum de 1980, si le peuple qu&#233;b&#233;cois refuse le projet du PQ, il ne donne pas carte blanche au PLC. M&#234;me chose en 1995. Le NON ne mandate pas Jean Chr&#233;tien de miner le Qu&#233;bec pour le rendre plus d&#233;pendant du Canada. Pourtant, c'est ce que firent ces premiers ministres, profitant de ces refus pour forcer le peuple qu&#233;b&#233;cois &#224; vivre dans un Canada plus &#233;troit et contraignant que celui de 1867.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ce que dit et redit le BQ &#224; la Chambre des communes, affirmant, &#224; l'occasion, qu'il manque un pays au peuple qu'il repr&#233;sente. Parce que le BQ dit &#231;a, il est objectivement l'ennemi du Canada et des partis f&#233;d&#233;ralistes qui, en l'attaquant de front, attaquent la nation politique qu&#233;b&#233;coise qui supporte le BQ.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour renforcer leur point de vue, tous ces partis f&#233;d&#233;ralistes ont besoin d'assises locales. Le PLQ et l'ADQ en sont les principales. Il leur faut aussi des courroies de transmission. M&#233;dias et nombre d'universitaires font ce travail. Il leur faut en plus des gens qui ne se d&#233;finissent pas d'abord membres de la nation politique qu&#233;b&#233;coise. L&#224;, ils sont combl&#233;s, car ils ont des appuis m&#234;me au sein du PQ qui promeut une nation culturelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2421 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:136px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.livresquebecois.com/livre.asp?id=pzpeyisdpzab&amp;/peuple-l-etat-et-la-guerre-au-canada-sous-le-regime-francais/louise-dechene&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_11-guerre.jpg' width=&quot;136&quot; height=&quot;213&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.livresquebecois.com/livre.asp?id=pzpeyisdpzab&amp;/peuple-l-etat-et-la-guerre-au-canada-sous-le-regime-francais/louise-dechene&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le Peuple, l'&#201;tat et la Guerre au Canada sous le R&#233;gime fran&#231;ais&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2008), Louise Dech&#234;ne explique comment les Britanniques ont soumis les paysans et le petit peuple urbain d'alors. D'abord en isolant les milices de l'arm&#233;e fran&#231;aise et des domicili&#233;s, leurs alli&#233;s am&#233;rindiens ; ensuite en r&#233;organisant la colonie sous l'&#233;gide de la Grande-Bretagne et de l'&#233;glise catholique, consolidant une &#171; tradition de soumission aux ordres &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Legs de la France, cette tradition fut solidifi&#233;e en 1763, britannis&#233;e en 1774, renforc&#233;e en 1836, encastr&#233;e en 1867 et en 1982 puis, en 2000, appesantie d'une loi sur la clart&#233;. Or, n'oublions surtout pas que c'est pr&#233;cis&#233;ment de cette tradition de soumission, dont le peuple qu&#233;b&#233;cois veut se d&#233;partir, alors que les partis f&#233;d&#233;ralistes, tous promoteurs de l'ordre canadien, aspirent &#224; ce qu'elle soit int&#233;rioris&#233;e afin de figer tout &#233;lan de lib&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La motion du BQ sur la nation qu&#233;b&#233;coise r&#233;v&#233;la leur habilet&#233; &#224; riveter cette tradition. D&#233;pos&#233;e &#224; la Chambre des communes par le BQ en r&#233;f&#233;rence &#224; tous les Qu&#233;b&#233;cois et Qu&#233;b&#233;coises, donc au peuple qu&#233;b&#233;cois, elle en est sortie diss&#233;qu&#233;e en composantes ethnico-culturelles. Car, pour ces partis, il n'&#233;tait pas question de reconna&#238;tre une nation politique autre que la nation canadienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 400i&#232;me anniversaire de la fondation de Qu&#233;bec alla plus loin. Une des pi&#232;ces, la plus grosse, que le Canada veut &#224; tout prix isoler des autres, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;vit sa m&#233;moire dissoute&lt;/strong&gt;. Pouvoir dominant oblige, 2008 se devait de c&#233;l&#233;brer le Canada. Pas Qu&#233;bec porte de l'Am&#233;rique du Nord. Pas Qu&#233;bec entit&#233; politique o&#249; r&#232;gne un &#233;missaire canadien avec mandat de la rendre d&#233;pendante du Canada. Mais Qu&#233;bec simple lieudit emmur&#233; pour un party canadien festif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#199;a ne s'est pas arr&#234;t&#233; l&#224;. Apr&#232;s Qu&#233;bec, Montr&#233;al fut cibl&#233; par des coupes dans les programmes culturels. Pourquoi ? Parce que, dans cette ville, ils soudent des pi&#232;ces que le Canada veut s&#233;parer, assurent une rel&#232;ve originale et font voir &#224; l'&#233;tranger le Qu&#233;bec qui se fait. Il fallait stopper &#231;a. C'est fait. Viendront un jour de nouveaux programmes, seulement toutefois lorsque les terreaux de la soumission seront m&#251;rs et les relais locaux pr&#234;ts &#224; faire le travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; cause de &#231;a et d'autres dossiers du m&#234;me ordre, les &#233;lections f&#233;d&#233;rales de 2008 sont historiques pour le peuple qu&#233;b&#233;cois. L'objectif canadien est connu : soumettre &#224; son ordre, cette fois &#224; la mani&#232;re Harper ou Dion. L'objectif des Qu&#233;b&#233;cois est aussi connu : s'extraire de cette soumission. Ces derniers disposent du vote pour le dire en s'affichant membres, toutes origines confondues, de la nation politique qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il revient au BQ de les y inviter. C'est m&#234;me un devoir pour eux de le faire. Non pour bloquer le PC. Ni faire un pied de nez au PLC. Seulement par respect envers eux et envers le peuple dont ils font la promotion au Canada. Le reste suivra. Surtout au Qu&#233;bec, car ce sera un geste d'affirmation politique sans pr&#233;c&#233;dent. Quelque chose comme un geste fondateur, qui n'a rien de d&#233;fensif, &#224; un moment charni&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une version &#233;court&#233;e de ce texte est parue dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soleil&lt;/i&gt; du 10 octobre 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Claude Bariteau, anthropologue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Pourquoi soutenir une Constitution qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>http://www.vigile.net/Pourquoi-soutenir-une-Constitution</link>
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		<dc:date>2008-07-30T02:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Andr&#233; Savard - Chronique d'Andr&#233; Savard</dc:creator>
		


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		<description>Le but d'une Constitution qu&#233;b&#233;coise devrait &#234;tre d'aider le Qu&#233;bec &#224; se cat&#233;goriser lui-m&#234;me, &#224; d&#233;velopper ses propres r&#233;f&#233;rences, en somme obtenir les bases d'un syst&#232;me qui r&#233;pondent davantage &#224; son &#234;tre. Il n'est pas exclu qu'il puisse en d&#233;couler un r&#233;gime (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a un point important &#224; propos de la Constitution qu&#233;b&#233;coise. Cette Constitution sera soit celle d'une province, soit celle d'une nation en devenir. En parlant tr&#232;s sch&#233;matiquement, on pourrait dire que les p&#244;les de l'acte constitutionnel sont tr&#232;s variables. Ils d&#233;pendront des acteurs politiques et de la volont&#233; populaire. C'est &#224; nous qu'il incombe d'imprimer aux &#233;v&#233;nements un cours d&#233;cisif afin que cette Constitution ne soit pas une reddition mais bien l'amorce d'un bris de condition provinciale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des partisans de la constellation ind&#233;pendantiste, souvent marqu&#233;s par une fixation anti-p&#233;quiste notoire, se sont mis &#224; d&#233;blat&#233;rer la semaine derni&#232;re. Pour eux, une Constitution qu&#233;b&#233;coise ne servira &#224; rien. En fait, ceux qui la pr&#244;neraient auraient d&#233;clar&#233; forfait, pr&#233;tendent-ils. Ils joueraient un jeu crypto-f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils veulent plut&#244;t des mesures concr&#232;tes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) augmenter le nombre des ind&#233;pendantistes purs, m&#233;ticuleux, aussi droits que des docteurs de troisi&#232;me cycle ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) am&#233;liorer la formation des militants et de la population, de m&#234;me que le niveau th&#233;orique et scientifique de la th&#232;se ind&#233;pendantiste ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3) augmenter le nombre de courroies de transmission, le nombre de publications, de m&#234;me que la rectitude ind&#233;pendantiste des auteurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment faire plus d'ailleurs, puisqu'ils veulent d&#233;sinvestir les structures sociales trop entach&#233;es par le colonialisme canadien. Les f&#233;d&#233;ralistes peuvent respirer tranquillement. Le syst&#232;me canadien ne risque pas d'&#234;tre subverti par eux !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faudrait, d&#233;clarent-ils, faire avorter la Constitution qu&#233;b&#233;coise comme &#233;tant n&#233;cessairement une initiative canadienne. Autant faire les choses en grand plut&#244;t, pensent-ils. Et bient&#244;t, esp&#232;rent-ils, le Qu&#233;bec sera plein &#224; craquer de science ind&#233;pendantiste. Le Qu&#233;bec aura de quoi construire son espace et ses colonnes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils ne cesseront jamais de croire que l'ind&#233;pendantisme qu&#233;b&#233;cois est un ph&#233;nom&#232;ne endogame, un ph&#233;nom&#232;ne ne devant d&#233;pendre que de lui-m&#234;me, un ph&#233;nom&#232;ne qui ne se nourrira que de sa propre mobilisation, sans autre preuve &#224; fournir que la puret&#233; de ses th&#232;ses et la propagation de ses id&#233;es. Quoi qu'ils en pensent, si les ind&#233;pendantistes veulent jouer un r&#244;le au Qu&#233;bec, ils doivent travailler &#224; am&#233;liorer la fonctionnalit&#233; de l'Etat qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais &#224; leurs yeux, tout ceci n'est que compromission face au r&#233;gime en place. On ne l&#232;vera pas le petit doigt pour favoriser les progr&#232;s ult&#233;rieurs de l'Etat qu&#233;b&#233;cois d&#233;sormais, s&#251;rement pas avant le grand jour de l'ind&#233;pendance&#8230; s'il n'en tient qu'&#224; eux. En attendant, ils pestent contre le chaos des impressions fugitives, l'incoh&#233;rence de l'action, la conscience colonis&#233;e. Ils voudraient faire du citoyen un sp&#233;cialiste du d&#233;cryptage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on suit leur analyse, ce qui manquerait surtout ce sont de bonnes lunettes d'approche ind&#233;pendantiste, au sens strict, pour atteindre l'Av&#232;nement avec un grand A. Lorsque les ind&#233;pendantistes r&#233;p&#233;teront tous la m&#234;me th&#232;se que le premier d'entre eux aura recopi&#233; dans une brochure de vulgarisation &#233;dit&#233;e par l'Acad&#233;mie Ind&#233;pendantiste (ou ayant re&#231;u son imprimatur) les signes d'un changement de conscience collective jailliront.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le sabordage du PQ est primordial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Remarquez que ces ind&#233;pendantistes se donnent bonne conscience en disant combattre les pr&#233;jug&#233;s majoritaires des souverainistes colonis&#233;s. La Constitution, &#231;a ne vaut rien car la diversion est partout. Alors ils misent sur un pouvoir pastoral qui &#233;chappera &#224; la rationalit&#233; du pouvoir politique existant. En tissant une toile de papier et de mots, ils esp&#232;rent le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;big bang&lt;/i&gt; culturel qui fera sortir le Qu&#233;bec des strat&#233;gies judiciaires de l'Etat canadien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils esp&#232;rent &#233;tablir un courant hors des formes du pouvoir politique canadien, de par leur constellation, un pouvoir continu, atomique. Et &#231;a fera un gros boum du moment qu'on saborde le PQ et qu'on canalise les efforts dans la grande constellation. Le sabordage du PQ est primordial car, selon eux, une bonne action ind&#233;pendantiste a d&#233;pass&#233; la critique du f&#233;d&#233;ralisme mais pas celle des souverainistes jug&#233;s trop ti&#232;des. Aussi ces ind&#233;pendantistes &#233;voquent-ils &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Guignol&lt;/i&gt; qui se donne des coups de marteau sur la t&#234;te en d&#233;criant un ennemi invisible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur une telle lanc&#233;e, qu'est-ce que la population dira des partisans de la constellation ind&#233;pendantiste ? Elle dira d'abord : en voil&#224; qui, pour en finir pour de bon avec la f&#233;d&#233;ration canadienne, se sont retranch&#233;s sur leur propre toile comme des araign&#233;es de bureau. Les voil&#224; qui torpillent les nationalistes qui veulent doter le Qu&#233;bec d'une Constitution nationale, une Constitution qui se r&#233;clamerait pourtant de l'unique ressort du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une Constitution qu&#233;b&#233;coise devrait poser un principe de premier ordre : le peuple qu&#233;b&#233;cois s'appartient.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ceux qui veulent pr&#233;munir le Qu&#233;bec contre les coups de force, les abus de pouvoir et faire ultimement &#233;clater la tutelle provinciale, il y aurait pourtant un travail de soutien &#224; d&#233;ployer. La l&#233;gitimation de la nation qu&#233;b&#233;coise, sa structuration, son institutionnalisation doit s'accomplir au fil des ann&#233;es. Il n'est certes pas exclu qu'une lente &#233;volution connaisse un brusque emballement et permette au Qu&#233;bec d'acc&#233;l&#233;rer son Histoire mais&#8230; s&#251;rement pas en se soustrayant de l'actualit&#233; pour aller enrichir un mod&#232;le d'interpr&#233;tation, s&#251;rement pas en se vouant de fa&#231;on exclusive &#224; l'enseignement de sa cause.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une Constitution qu&#233;b&#233;coise bien inspir&#233;e ne signifierait pas : &#171; Il serait temps de conna&#238;tre ta place au Canada, mon coco &#187;. Rien n'oblige une Constitution qu&#233;b&#233;coise de statuer que la nation qu&#233;b&#233;coise se d&#233;finit par son appartenance au Canada. Au contraire une Constitution qu&#233;b&#233;coise devrait poser un principe de premier ordre : le peuple qu&#233;b&#233;cois s'appartient. Elle devrait d&#233;duire tout ce que cela implique en droit : la facult&#233; d'autod&#233;termination de ses instances repr&#233;sentatives, l'int&#233;grit&#233; territoriale, le droit d'initiative constitutionnelle, notamment.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agirait d'un geste de souverainet&#233;. Des ind&#233;pendantistes croient, ce geste &#233;tant r&#233;alis&#233; dans l'horizon canadien, que cela les &#233;loignera de leur t&#226;che premi&#232;re. Or, pour le moment, le Canada est le seul englobant qui soit pour le Qu&#233;bec. C'est l&#224; que notre action fera irruption. &#192; moins de cultiver l'ind&#233;pendantisme en soi, dans les airs, on ne peut faire autrement que se manifester dans cet horizon.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Remarquons que les ind&#233;pendantistes qui rejettent le r&#244;le des ind&#233;pendantistes qu&#233;b&#233;cois &#224; l'&#233;gard d'une Constitution qu&#233;b&#233;coise font &#233;cho &#224; tous les f&#233;d&#233;ralistes qui leur sugg&#232;rent depuis longtemps de prendre le maquis. Les deux discours se rapprochent dangereusement sur la place t&#233;nue d&#233;volue &#224; l'action ind&#233;pendantiste. On pourrait entendre ces mots dans la bouche d'un f&#233;d&#233;raliste bien-pensant :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Eh, l'ind&#233;pendantiste, y a des choses qui ne sont pas pour toi. Puisque tu dis que le Canada n'est qu'un nid de d&#233;faites, va jouer les farauds dans ta cour. Sinon, comme tu le dis toi-m&#234;me, on saura bien te remettre au pas. Retourne dans ta constellation ind&#233;pendantiste pr&#233;parer ta grande mutation culturelle. Va et laisse-nous r&#233;gner sur le sol des colonis&#233;s puisque tu proclames qu'on y r&#232;gne sans partage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Laisse-nous imposer nos institutions bien r&#233;elles. Nous, en revanche, on te laissera tes id&#233;es de grandeur, ton terrain propre de lib&#233;ration nationale, tes d&#233;nonciations adress&#233;es aux faux ind&#233;pendantistes et aux ren&#233;gats. Oui, tu peux t'en tenir &#224; &#171; ton vrai combat pour de vrai &#187; puisque selon toi, il rendra r&#233;trospectivement tout inutile, la Constitution autant que la participation &#224; la gouvernance tronqu&#233;e d'une province. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La transcendance des affranchis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le fil du discours ind&#233;pendantiste qui se dit &#171; vrai de vrai &#187; s'assemble prodigieusement bien en faveur du maintien de l'&#233;tat de fait actuel. Charest, par exemple, serait bien justifi&#233; de promulguer une Constitution stipulant que le Qu&#233;bec est une propri&#233;t&#233; canadienne. En effet, si le Qu&#233;bec ne peut rien affirmer dans la soci&#233;t&#233; canadienne et, en m&#234;me temps, s'en affranchir, le choix ne se pose pas. Ou le Qu&#233;bec se borne &#224; son &#233;tat normal ou il se situe dans cette constellation o&#249; on n'intervient plus que pour mieux pr&#233;parer la transcendance des affranchis. Une telle pr&#233;tention fait penser &#224; ses vieux discours gauchistes sur le saut des r&#233;volutionnaires en dehors du d&#233;sordre &#233;tabli.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est une attitude tr&#232;s r&#233;pandue que d'hypostasier le milieu ind&#233;pendantiste, la grande coalition ou la grande mobilisation : celui-ci devient en th&#233;orie l'op&#233;rateur unique et magique de la transition de province &#224; Etat souverain. Or, le Qu&#233;bec s'est construit pas &#224; pas, &#224; partir de contextes pr&#233;cis, impliqu&#233; dans des situations dont il cherchait &#224; se sortir de fa&#231;on plus efficace.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un r&#233;gime r&#233;publicain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le but d'une Constitution qu&#233;b&#233;coise devrait &#234;tre d'aider le Qu&#233;bec &#224; se cat&#233;goriser lui-m&#234;me, &#224; d&#233;velopper ses propres r&#233;f&#233;rences, en somme obtenir les bases d'un syst&#232;me qui r&#233;pondent davantage &#224; son &#234;tre. Il n'est pas exclu qu'il puisse en d&#233;couler un r&#233;gime r&#233;publicain. S'il en est ainsi, on sera sur une piste divergente, loin de l'institutionnalisation de la sph&#232;re de conduite provinciale. Et l'avenir sera ouvert plus que jamais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme ind&#233;pendantiste et surtout comme citoyen qu&#233;b&#233;cois, nous devrions &#234;tre les premiers &#224; &#233;crire aux &#233;lus pour r&#233;clamer une Constitution. La Constitution est une ext&#233;riosation de l'identit&#233; nationale, un jalon qui l'aide &#224; s'objectiver. &#192; cet &#233;gard, il peut contribuer au vaste travail de rangement des id&#233;es et &#224; la construction du nouvel ordre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En politique il n'y a pas de miracle. Mais des changements statutaires, des audaces qui secouent le pouvoir de contrainte du F&#233;d&#233;ral, peuvent montrer que le Qu&#233;bec est dans un syst&#232;me de places qui n'a rien d'&#233;vident. Ce processus, pris dans les tourmentes de l'actualit&#233;, pourrait en conduire certains &#224; s'interroger sur le &#171; comment &#187; du pouvoir. &#192; coup s&#251;r, ce serait mieux que se limiter &#224; d&#233;crire les effets du syst&#232;me canadien et &#224; peaufiner un enseignement qui se rapportera &#224; ses causes et &#224; sa nature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le miroir d'une nation</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/07/15/197700.html</link>
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		<dc:date>2008-07-15T16:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jacques-Yvan Morin - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout au cours de l'ann&#233;e politique, l'id&#233;e d'une Constitution pour le Qu&#233;bec a plusieurs fois &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e, tant par le Parti qu&#233;b&#233;cois, qui a m&#234;me propos&#233; le contenu d'un texte, que par l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec, qui croyait que l'adoption d'un texte fondateur permettrait de r&#233;sorber quelques-unes des tensions li&#233;es &#224; la &#171; crise d'identit&#233; &#187; du Qu&#233;bec. Nous publions aujourd'hui la suite d'une analyse approfondie de la question formul&#233;e par le constitutionnaliste Jacques-Yvan Morin. Ce texte, dont le premier volet fut publi&#233; hier, s'inspire d'une allocution prononc&#233;e &#224; la fin de mai, en ouverture du Congr&#232;s de l'Association qu&#233;b&#233;coise de droit constitutionnel, &#224; l'universit&#233; Laval.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est pas que Ren&#233; L&#233;vesque n'ait pas song&#233; &#224; l'id&#233;e d'une Constitution pour le Qu&#233;bec. Le sujet fut &#233;voqu&#233; devant lui en 1983 et 1984. Il demanda alors de r&#233;unir un groupe de travail compos&#233; de membres du personnel politique et de conseillers juridiques du gouvernement en vue d'&#233;laborer un avant-projet : il d&#233;sirait tout d'abord savoir &#171; &#224; quoi pourrait ressembler une nouvelle Constitution &#187;. Le 21 mai 1985 lui a &#233;t&#233; remis le texte &#233;labor&#233; par ce groupe, en lui pr&#233;cisant qu'il s'agissait d'une esquisse (une centaine d'articles) et qu'il restait bien des &#233;tapes &#224; franchir. Il se faisait tard, cependant : un mois plus tard, il quittait ses fonctions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est toujours temps de reprendre cette d&#233;marche constituante, qui continue de hanter bon nombre de Qu&#233;b&#233;cois. Ne nous est-elle pas command&#233;e par les manoeuvres f&#233;d&#233;rales autour de la tenue de nouveaux r&#233;f&#233;rendums ? L'Assembl&#233;e nationale n'a-t-elle pas &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; rappeler, en 2000, des principes qui sont virtuellement de rang constitutionnel dans la Loi sur l'exercice des droits fondamentaux et des pr&#233;rogatives du peuple qu&#233;b&#233;cois et de l'&#201;tat du Qu&#233;bec ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Droit de choisir librement le r&#233;gime politique et le statut juridique de l'&#201;tat, statut officiel de la langue fran&#231;aise, respect du droit des minorit&#233;s, int&#233;grit&#233; du territoire, dispositions sur les institutions, voil&#224; d&#233;j&#224; de quoi meubler une future Constitution formelle. M&#234;me si cette loi n'en offre pas les caract&#233;ristiques de supr&#233;matie et de protection, elle a l'allure constitutionnelle ! Philip Raworth ne s'y est pas tromp&#233; qui l'a incluse dans son ouvrage, au chapitre qu'il intitule &#171; Constitution du Qu&#233;bec &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il &#233;tait besoin d'une raison plus essentielle de mener &#224; bien ce travail fondamental, nous la trouverions dans l'existence propre du peuple qu&#233;b&#233;cois. Avec un retard fort &#233;loquent, on a bien voulu finir par reconna&#238;tre en novembre 2006, au Parlement f&#233;d&#233;ral, que les Qu&#233;b&#233;cois forment une &#171; nation &#187;, f&#251;t-ce &#171; au sein d'un Canada uni &#187;. Eh bien ! Si cette nation doit se contenter d'une autonomie au demeurant guett&#233;e par des politiques centralisatrices, il n'en devient que plus n&#233;cessaire que soit formalis&#233;e et renforc&#233;e son existence dans un &#233;nonc&#233; de valeurs, d'objectifs et de principes propres &#224; affermir l'avenir et &#224; le garder le plus ouvert possible. Pour une nation ou un peuple, existe-il un facteur d'identit&#233; qui soit plus probant que l'adoption d'une Constitution ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le contenu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quel contenu donner &#224; une Loi fondamentale du Qu&#233;bec ? Sans doute faut-il consulter en premier lieu les sources, abondantes et vari&#233;es, de la Constitution non formelle existante, en plus des lois britanniques formelles qui d&#233;finissent le statut du Qu&#233;bec. Vers 1966, alors que l'on d&#233;battait en commission parlementaire de la possibilit&#233; d'&#233;laborer une nouvelle Constitution, Mme Luce Patenaude r&#233;digea une compilation des lois qu&#233;b&#233;coises de nature constitutionnelle dans le cadre de l'Institut de recherche en droit public. La liste de ces lois britanniques, canadiennes et qu&#233;b&#233;coises, de m&#234;me que des arr&#234;t&#233;s en conseil, ne couvrait pas moins de 22 pages de format l&#233;gal ; cela sans compter les sources non &#233;crites, conventions et r&#232;gles coutumi&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De tout cela, quels sont les principes et r&#232;gles &#224; placer hors de pair dans une Constitution proprement qu&#233;b&#233;coise ? Le grand constitutionnaliste qu'&#233;tait Sir Ivor Jennings a &#233;crit que le choix des normes supr&#234;mes posait un v&#233;ritable dilemme : faut-il &#234;tre succinct, &#224; la fran&#231;aise, ou prolixe, comme le sont certains instruments d'inspiration anglaise ? La prolixit&#233; n'est gu&#232;re compatible avec la vocation que l'on peut vouloir donner &#224; une loi fondamentale. D'un autre c&#244;t&#233;, si celle-ci doit exprimer les valeurs du milieu, &#233;tablir la citoyennet&#233; et les symboles nationaux, offrir des garanties propres &#224; assurer les droits des personnes et des groupes, affermir la pr&#233;&#233;minence de la langue commune et pr&#233;ciser les pouvoirs des principaux organes de l'&#201;tat, il existe un nombre minimum de normes dignes de figurer dans une Constitution. &#192; coup s&#251;r, la sagesse constituante aurait amplement l'occasion de naviguer entre concision et prolixit&#233;, et de beaux d&#233;bats sont &#224; pr&#233;voir si l'on entend traiter des nouveaux probl&#232;mes de soci&#233;t&#233;, la protection de l'environnement, par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on ajoute &#224; cela la volont&#233; de saisir l'occasion pour rectifier ou am&#233;liorer le fonctionnement des institutions, comme le souhaitait le professeur Jean-Charles Bonenfant en 1969, devant la Commission de la Constitution, on mesure l'ampleur de la t&#226;che des constituants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Projet de loi n&#176; 196&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le projet de loi sur la Constitution d&#233;pos&#233; devant l'Assembl&#233;e nationale (n&#176; 196) par le d&#233;put&#233; de Mercier, M. Daniel Turp, on s'en tient au strict minimum, &#233;nonc&#233; en 15 articles. Le projet renvoie cependant aux 48 premiers articles de la Charte des droits et aux articles 2 &#224; 6 de la Charte de la langue fran&#231;aise, formant ainsi un ensemble de 68 dispositions d'ordre constitutionnel. Ce serait l&#224; une excellente base de discussion, mais on ne devrait pas s'&#233;tonner outre mesure que la consultation de la population, les experts et les mouvements sociaux et politiques voulussent allonger l'ordre du jour et que les constituants eussent &#224; se pencher sur des dispositions plus nombreuses que la centaine d'articles que comportait le texte remis &#224; Ren&#233; L&#233;vesque en 1985.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le contenu d'une Constitution formelle doit comprendre &#233;galement des dispositions portant sur la supr&#233;matie ou primaut&#233; de l'ensemble par rapport aux autres lois, dites parfois &#171; ordinaires &#187;, et aux r&#232;gles qui en d&#233;coulent. Cette sup&#233;riorit&#233; hi&#233;rarchique peut prendre diverses formes selon le cadre &#8212; le carcan &#8212; h&#233;rit&#233; du syst&#232;me britannique. Le minimum nous est indiqu&#233; par l'article 52 de notre Charte des droits et libert&#233;s : le l&#233;gislateur ne saurait d&#233;roger &#224; certains articles sauf par une disposition expresse selon laquelle la modification &#171; s'applique malgr&#233; la Charte &#187; : c'est une mani&#232;re de &#171; quasi-constitutionnalisation &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il vaudrait mieux, &#224; coup s&#251;r, s'inspirer du droit compar&#233; et des solutions retenues dans les Constitutions d'&#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s, celle du land de Rh&#233;nanie-Palatinat par exemple, selon laquelle toute personne a le droit de contester la constitutionnalit&#233; de toute loi et de tout acte administratif. Mais la formule la plus simple nous vient d'un modeste voisin, l'&#206;le-du-Prince-&#201;douard, qui n'a pas h&#233;sit&#233;, dans son Human Rights Act de 1975, &#224; &#233;tablir la primaut&#233; de cette Loi, qui &#171; est r&#233;put&#233;e l'emporter sur toutes les autres lois de cette province &#187; (article 1er &#167; 2).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Protection de la Constitution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autre caract&#233;ristique d'une Constitution formelle : la protection contre les modifications intempestives ou livr&#233;es aux hasards des changements de gouvernement. Cette protection est essentielle &#224; la stabilit&#233; des institutions, mais elle doit non moins permettre l'adaptation aux circonstances changeantes auxquelles sont de plus en plus expos&#233;es les soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;gime d'inspiration britannique, cela soul&#232;ve une question classique : le Parlement peut-il se lier pour l'avenir ? Transpos&#233;e ici, elle prend la forme suivante : l'Assembl&#233;e nationale a-t-elle le pouvoir de soumettre la modification d'une loi qu'elle estime &#234;tre fondamentale &#224; des conditions particuli&#232;res relatives &#224; la forme ou &#224; la proc&#233;dure de modification, comme une majorit&#233; renforc&#233;e ou une consultation populaire ? Dans l'arr&#234;t Trethowan (1932), en provenance de l'&#201;tat de la Nouvelle-Galles du Sud, la High Court d'Australie et le Conseil priv&#233; ont d&#233;cid&#233; que la l&#233;gislature ne pouvait aller &#224; l'encontre des r&#232;gles qu'elle s'&#233;tait elle-m&#234;me impos&#233;es dans une loi : elle devait donc soumettre &#224; r&#233;f&#233;rendum une loi subs&#233;quente abolissant la Chambre haute, pour se conformer &#224; ses propres r&#232;gles &#171; as to manner and form &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourra &#233;galement consid&#233;rer que sont tr&#232;s r&#233;pandues les exigences de majorit&#233; renforc&#233;e ou de consultation populaire en cas de modification de la Constitution : c'est la solution retenue, par exemple, en Bavi&#232;re, en Catalogne, en Carinthie, dans l'&#201;tat de S&#227;o Paulo et m&#234;me dans les &#201;tats de Victoria et d'Australie-M&#233;ridionale. Notons au passage que l'Assembl&#233;e nationale a tenu &#224; respecter &#224; la lettre, en 1970, la majorit&#233; sp&#233;ciale n&#233;cessaire pour l'abolition des anciens &#171; comt&#233;s prot&#233;g&#233;s &#187;. Certes, il s'agissait d'une proc&#233;dure impos&#233;e par le B.N.A. Act, mais il est permis de penser que l'Assembl&#233;e en ferait autant &#224; l'&#233;gard de restrictions qu'elle se serait elle-m&#234;me fix&#233;es, sous le regard des citoyens &#233;lecteurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le comment&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'int&#233;r&#234;t soulev&#233; par l'&#233;laboration d'une Constitution, la participation populaire et le foisonnement possible, voire probable, de propositions portant sur les nombreux projets de soci&#233;t&#233; qui alimentent (et parfois agitent) la vie publique qu&#233;b&#233;coise soul&#232;vent la question du &#171; comment &#187;, des m&#233;thodes &#224; suivre pour assurer l'aboutissement effectif du processus de constitutionnalisation et son prolongement dans l'avenir, pour le cas o&#249; le peuple choisirait de modifier le statut de l'&#201;tat autonome qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La principale question est celle de l'organisation de la d&#233;marche. Il ne s'agit pas de l'adoption d'un Constitution Act &#224; la mani&#232;re de la Colombie-Britannique, par une loi ordinaire de la l&#233;gislature, sans primaut&#233; ni protection particuli&#232;re &#224; l'encontre des modifications. Pour le Qu&#233;bec, il ne peut s'agir de galvauder ainsi la notion de Constitution, mais plut&#244;t de se doter d'un instrument formel dont l'importance appelle la participation des citoyens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cadre juridique actuel, l'initiative de la d&#233;marche revient &#224; l'Assembl&#233;e nationale ; sans elle, rien ne peut aboutir ni m&#234;me se mettre en train. Mais elle ne devrait pas agir seule et prendrait sans doute soin, comme le veut le projet de loi n&#176; 196, d'y associer des repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile, comme elle l'a fait dans le pass&#233; au sein de commissions sp&#233;ciales, avec mission de proc&#233;der &#224; une vaste consultation en parcourant toutes les r&#233;gions du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Assembl&#233;e constituante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la nouvelle Constitution formelle &#224; &#234;tre adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e, on peut songer pour l'avenir &#224; un droit d'initiative populaire, comme le pr&#233;voient nombre d'&#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s, notamment S&#227;o Paulo (1 % des &#233;lecteurs), la Catalogne (1 d&#233;put&#233; sur 5 ou 300 000 &#233;lecteurs) et la Carinthie (15 000 &#233;lecteurs pour toutes les lois), proc&#233;dures parfois compl&#233;t&#233;es par l'exigence d'un r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;e d'une assembl&#233;e constituante a &#233;t&#233; pr&#244;n&#233;e par divers groupes militants et un parti politique. Elle serait s&#251;rement &#224; examiner au moment o&#249; serait &#233;labor&#233;e la Constitution d'un Qu&#233;bec souverain. Dans le cadre actuel, cependant, une telle assembl&#233;e ne saurait &#234;tre que consultative, en raison du mode d'amendement sous l'empire duquel l'Assembl&#233;e nationale est appel&#233;e &#224; exercer son pouvoir de modification. On peut souhaiter, &#224; tout le moins, qu'elle &#233;tablisse, dans une nouvelle Constitution autonome, le principe de la consultation populaire pour toute modification ult&#233;rieure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Valeurs et objectifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut s'attendre &#224; ce que des d&#233;bats vifs et int&#233;ressants accompagnent toutes les phases de l'&#233;laboration et de l'adoption d'une Constitution formelle. Qu'il s'agisse du pour et du contre, du contenu plus ou moins d&#233;taill&#233; et contraignant ou du comment, c'est-&#224;-dire des institutions et proc&#233;dures constituantes, tout est mati&#232;re &#224; discussion, voire &#224; contestation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne faut point s'en &#233;tonner : la d&#233;marche elle-m&#234;me et ses acteurs sont en mesure d'influer sur la formulation de questions aussi fondamentales que l'&#233;tablissement, le contr&#244;le et la transmission du pouvoir, sur les valeurs sociales, culturelles et politiques, sur les droits fondamentaux et les libert&#233;s. La d&#233;marche et son organisation sont en quelque sorte de nature &#171; pr&#233;constitutionnelle &#187; et y participer devient un enjeu majeur pour les partis politiques et les composantes de la soci&#233;t&#233; civile, y compris les d&#233;fenseurs de grandes causes ou d'int&#233;r&#234;ts particuliers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Examiner avec soin tous les aspects du pourquoi, du contenu et du comment constitue un exercice pr&#233;liminaire essentiel si l'on entend aboutir au projet le plus consensuel possible dans un d&#233;lai raisonnable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, le seul fait de doter le Qu&#233;bec d'une Constitution nouvelle et formelle ne r&#232;gle pas tous les probl&#232;mes de soci&#233;t&#233; qui nous assi&#232;gent, s'il est vrai, comme l'&#233;crivait Montesquieu, que &#171; les moeurs font de meilleurs citoyens que les lois &#187; &#8212; et ajoutons : m&#234;me constitutionnelles. Si nous r&#233;ussissions, cependant, apr&#232;s quarante ans d'efforts et de tergiversations, &#224; ench&#226;sser dans une nouvelle loi fondamentale un compendium de valeurs et d'objectifs majeurs de la nation qui serait &#233;galement un pr&#233;cieux instrument d'&#233;ducation civique, alors nous pourrions esp&#233;rer doter le Qu&#233;bec d'un instrument qui en serait &#224; la fois le miroir et le portrait id&#233;al.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jacques-Yvan Morin, Professeur &#233;m&#233;rite de droit international et constitutionnel &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al et autrefois membre du gouvernement du Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Amarr&#233;, prenant l'eau, le bateau coule</title>
		<link>http://www.vigile.net/Amarre-prenant-l-eau-le-bateau</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Amarre-prenant-l-eau-le-bateau</guid>
		<dc:date>2008-06-28T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fernand Couturier - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>Si la nation qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise avait pr&#233;sent&#233; un &#233;tat de sant&#233; nationale normale et plus alerte, jamais le Rapport Bouchard-Taylor n'aurait vu le jour. Prendre acte. Maintenant qu'il est l&#224;, laisserons-nous triompher son interculturalisme d&#233;sint&#233;grateur (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis la parution du Rapport de la Commission Bouchard-Taylor, le premier
des commissaires dans l'ordre alphab&#233;tique a &#233;t&#233; nomm&#233;ment rabrou&#233;,
copieusement flingu&#233; de critiques sifflant de toutes parts. Alors que
l'autre commissaire se tient &#224; l'&#233;cart comme une v&#233;n&#233;rable ic&#244;ne intouch&#233;e.
Il doit bien y avoir des raisons &#224; cela. Comme celle-ci, par exemple,
formul&#233;e par la fondation Inamori lui accordant le prestigieux prix Kyoto,
et reprise ce 20 juin dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soleil&lt;/i&gt; : Charles Taylor aurait mis au point
une &#171; philosophie &#233;clair&#233;e qui permet aux gens de traditions et de cultures
diff&#233;rentes de pr&#233;server leur identit&#233; tout en coexistant pacifiquement. &#187;
Philosophie universellement valable ? Convenant &#224; toute situation nationale ?
Il faut voir. Pour ma part, je m'en tiendrai &#224; la seule litt&#233;rature de la
Commission. Je mentionnerai le Document de consultation (DC), la version
int&#233;grale du Rapport (RI) et sa version abr&#233;g&#233;e (RA).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; du 10 juin publiait : &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-debat-prend-une-tournure&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; G&#233;rard Bouchard r&#233;plique &#224;
ses d&#233;tracteurs. &#187;&lt;/a&gt; Ce texte transpirant la d&#233;ception, l'inqui&#233;tude et la
morosit&#233; tente de ramasser la situation ainsi : &#171; En d&#233;finitive, la question
fondamentale qui se pose est la suivante : si on rejette
l'interculturalisme comme mod&#232;le de gestion des rapports interethniques au
Qu&#233;bec, quelle formule d&#233;mocratique reste-t-il pour assurer &#224; la fois
l'avenir de la francophonie qu&#233;b&#233;coise et le respect de la diversit&#233; ? O&#249;
sont les contre-propositions r&#233;alistes et acceptables au regard du droit,
de l'&#233;thique publique et de nos traditions ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi l'auteur invite &#224; poursuivre le d&#233;bat. Je vais tenter d'esquisser
des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &#224; ses questions. Le plus bri&#232;vement possible. Il ne
faudrait pas qu'il s'inqui&#232;te s'il per&#231;oit dans mes propos un d&#233;saccord
profond avec les siens et la philosophie de Charles Taylor qui transpire
dans le Rapport.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, pour d&#233;marquer les positions, deux tableaux. Le premier essaie de
sch&#233;matiser l'architecture conceptuelle du Rapport de la Commission en
s'inspirant du texte m&#234;me. Et le second pr&#233;sentera l'articulation de ce qui
pourrait &#234;tre une contre-proposition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Premier tableau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;a. &#192; l'avant-plan, il y a la nation civique. D&#233;j&#224; le Document de
consultation, &#224; la page 43, en donnait une d&#233;finition : &#171; Mod&#232;le de soci&#233;t&#233;
qui fonde la vie collective sur les droits en rel&#233;guant &#224; l'arri&#232;re-plan la
dynamique identitaire et tout ce qui se rapporte &#224; l'identit&#233; (sentiment
d'appartenance, m&#233;moire collective, mythes nationaux&#8230; &#187;. On trouve ici, en
clair, les plans constitutifs du tableau. Et le Rapport int&#233;gral, page 288,
dit de la nation civique : &#171; Conception de la nation qui fonde son unit&#233;
uniquement sur des principes, des droits et des normes civiques plut&#244;t que
sur une culture ou une ethnicit&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; deux d&#233;finitions qui disent &#224; la fois ce qu'est la nation civique et
ce qu'elle n'est pas. Elle est le lieu des r&#232;gles d'une vie citoyenne
abstraite de la culture : structure et exigences de la d&#233;mocratie lib&#233;rale,
codes et documents d&#233;finissant lois et normes, droits et libert&#233;s, et la
langue fran&#231;aise comme langue commune ou &#171; cadre de communication et
d'&#233;changes pour la soci&#233;t&#233; &#187;. C'est &#224; ce niveau que se fonde l'unit&#233; de la
vie collective, de la soci&#233;t&#233;. Voil&#224; ce qu'est la nation civique. Et ce
qu'elle n'est pas ? C'est tout l'arri&#232;re-plan du tableau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;b. En arri&#232;re-plan, il y a la culture et l'ethnicit&#233;. Tout ce qui se
rapporte &#224; l'identit&#233; comme le sentiment d'appartenance, la m&#233;moire
collective, les mythes nationaux, et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la culture.
L'emploi fr&#233;quent de l'adjectif ethnoculturel identifie ou rapproche tr&#232;s
&#233;troitement ethnicit&#233; et culture. C'est dans cet espace que joue la
dynamique identitaire. Et cette dynamique est r&#233;gie par
l'interculturalisme. Pourquoi ? Parce qu'il y a l&#224; une multitude d'ethnies
et/ou de cultures avec lesquelles il faut composer. Ici, il faut lire la
cinqui&#232;me des onze propositions qui tentent de d&#233;finir cet
interculturalisme : &#171; Le principe des identit&#233;s multiples est reconnu, de
m&#234;me que le droit de pr&#233;server l'appartenance &#224; son groupe ethnique. &#187; (RA,
p. 43) Ainsi cet espace du tableau est peupl&#233; de groupes ethniques ou
ethnoculturels parmi lesquels se trouve le groupe ethnoculturel majoritaire
d'ascendance canadienne-fran&#231;aise. Et ce qui est vis&#233; dans la dynamique,
dans le fonctionnement interculturel, c'est l'int&#233;gration. Car, pour une
petite nation comme le Qu&#233;bec toujours pr&#233;occup&#233;e de son avenir, comme le
dit encore le Rapport, &#171; l'int&#233;gration repr&#233;sente &#8230; une condition de son
d&#233;veloppement, voire de sa survie. &#187; (RA, p.42) Int&#233;gration qui, de son
c&#244;t&#233;, s'effectue par le fran&#231;ais, langue commune de communication ou &#171; cadre
de communication et d'&#233;changes &#187; (RA p.42). Mais cette int&#233;gration, faut-il
observer, n'aurait pas pour objectif l'unit&#233; de la nation. Cette unit&#233;,
selon la d&#233;finition m&#234;me de la nation civique, ne relevant que des &#233;l&#233;ments
purement civiques tels que pr&#233;sent&#233;s ci-haut.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;c. Et pour son avenir, quel devrait &#234;tre le fonctionnement de cette
r&#233;alit&#233; nationale d&#233;coup&#233;e ? La proposition 9 sur l'interculturalisme le
r&#233;sume : &#171; Les constantes interactions entre citoyens d'origines diverses
m&#232;nent au d&#233;veloppement d'une nouvelle identit&#233; et d'une nouvelle culture.
C'est ce qui se passe au Qu&#233;bec depuis quelques d&#233;cennies, sans que cela
alt&#232;re la position culturelle du groupe majoritaire ni ne porte atteinte &#224;
la culture des groupes minoritaires. &#187; (RA p. 44) Autrement dit, une
multitude d'identit&#233;s, de groupes ethnoculturels se juxtaposent, se
croisent, se heurtent, dialoguent dans l'espace d'arri&#232;re-plan du tableau
figuratif du Rapport. Aussi c'est dans cet espace d'arri&#232;re-plan
qu'interviennent les probl&#232;mes ou exigences d'accommodements et
d'harmonisations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s lors on peut se demander ce qu'il advient de l'int&#233;gration recherch&#233;e.
Se r&#233;alise-t-elle dans la nouvelle identit&#233; qui est cens&#233;e se forger ? Si
c'est le cas, comment va-t-elle composer avec la multiplicit&#233; des autres
identit&#233;s qui l'entourent et qui demeurent inalt&#233;r&#233;es ? N'y a-t-il pas l&#224; au
moins une apparence de contradiction, ou un aveu implicite
d'incompossibilit&#233; ? Et n'y a-t-il pas l&#224; porte ouverte pour une
amplification des r&#233;clamations d'accommodements peu ou prou raisonnables,
mais allant plut&#244;t dans le sens d'&#233;riger des cl&#244;tures symboliques ou
r&#233;elles entre les groupes tous aussi motiv&#233;s les uns que les autres &#224;
d&#233;velopper et d&#233;fendre leur identit&#233; respective ? N'y a-t-il pas l&#224;
&#233;galement une mani&#232;re indirecte d'entretenir au Qu&#233;bec, volontairement ou
non, le mod&#232;le de soci&#233;t&#233; multiculturaliste canadien ? Mod&#232;le qu'on estime
inad&#233;quat pour la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et que l'interculturalisme est cens&#233;
remplacer&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et maintenant, il faut lire la proposition 7 que l'ordre interculturaliste
consacre &#224; la langue : &#171; Le plurilinguisme est encourag&#233;, parall&#232;lement au
fran&#231;ais comme langue publique commune. Le d&#233;bat qui oppose la langue
identitaire &#224; la langue v&#233;hiculaire (comme simple outil de communication)
est peu f&#233;cond. Ce qui importe d'abord, c'est la diffusion la plus large
possible du fran&#231;ais, que ce soit sous une forme ou sous une autre. &#187; Le
fran&#231;ais, langue publique commune ou cadre de communication et d'&#233;changes,
assure la coh&#233;sion sociale en permettant de participer &#224; la d&#233;lib&#233;ration
publique. Il y a beaucoup &#224; dire sur cette proposition &#233;trange. Nous y
reviendrons apr&#232;s la pr&#233;sentation du deuxi&#232;me tableau. Mais, quand m&#234;me,
sugg&#233;rons tout de suite que, dans l'hypoth&#232;se o&#249; le fran&#231;ais serait
uniquement ou avant tout un simple cadre de communication, on ne voit pas
pourquoi on le privil&#233;gierait &#224; l'anglais qui, &#224; cet &#233;gard, pr&#233;vaut
universellement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. Deuxi&#232;me tableau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, &#224; la rigueur, il n'y a pas d'avant- ni d'arri&#232;re-plan au sens spatial
des termes. Car il s'agit plut&#244;t de pr&#233;sence et de profondeur historique.
Mais le temps et l'espace &#233;tant difficilement tout &#224; fait s&#233;parables,
essayons de poursuivre en recourant &#224; la m&#234;me repr&#233;sentation picturale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;a. La nation qu&#233;b&#233;coise actuelle, dans sa concr&#233;tude et son int&#233;gralit&#233;,
occupe tout l'espace du tableau. Cet espace est celui du Qu&#233;bec concret
g&#233;ographiquement et climatiquement d&#233;termin&#233;. Espace habit&#233; par une nation
distribu&#233;e en agglom&#233;rations citadines diversifi&#233;es, en villages parsem&#233;s
dans des r&#233;gions aux visages multiples et diff&#233;renci&#233;s selon les
caract&#233;ristiques et les traits du territoire dans son ensemble. C'est la
nation telle qu'elle s'est d&#233;velopp&#233;e au fil du temps et prend place ou
appara&#238;t dans le pr&#233;sent de l'histoire. Cette nation, elle est n&#233;e et a
grandi dans la langue fran&#231;aise. C'est dans cette langue fran&#231;aise que
cette soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise s'est structur&#233;e en un monde sur le territoire du
Qu&#233;bec g&#233;ographique ; c'est dans cette langue qu'elle s'est constitu&#233; une
culture, s'est d&#233;fini un ensemble de lois, de normes r&#233;gissant la vie en
commun dont, entre autres, l'&#233;galit&#233; entre homme et femme et la la&#239;cit&#233; de
l'&#201;tat ; c'est encore en elle qu'ont &#233;t&#233; d&#233;finis et &#233;tablis les &#233;l&#233;ments
d'une structure &#233;tatique pour sa gouvernance. C'est en tout cela, dans
cette nationalit&#233; int&#233;grale et concr&#232;te que r&#233;side l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise.
Identit&#233; comprenant les Qu&#233;b&#233;cois de souche fran&#231;aise et tous ceux qui,
d'autres provenances, se sont joints &#224; eux au cours des ans pour devenir
ensemble un seul peuple qu&#233;b&#233;cois, une seule nation qu&#233;b&#233;coise, ici
pr&#233;sente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;b. Comme on le voit, il n'y a pas de place dans cette repr&#233;sentation pour
un arri&#232;re-plan proprement dit, comme c'est le cas dans le tableau sugg&#233;r&#233;
par le Rapport. Mais il y a profondeur historique. La nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise maintenant pr&#233;sente est une aire vitale qui tire son &#233;nergie de
sources profondes. Milieu unique pour tous les citoyens, pour tous les
Qu&#233;b&#233;cois. La nation qu&#233;b&#233;coise de langue fran&#231;aise est une r&#233;alit&#233;
concr&#232;te. Une r&#233;alit&#233; qui a son identit&#233; propre. Une r&#233;alit&#233; nationale qui
fonde et d&#233;veloppe sans cesse son identit&#233;. Cette approche, on le voit,
n'institutionnalise pas l'existence de groupes ethnoculturels ayant chacun
sa propre identit&#233;. Ce qui la diff&#233;rencie fondamentalement de la position
du Rapport. Mais la diversit&#233; est quand m&#234;me bienvenue. Elle est re&#231;ue de
multiples fa&#231;ons. En effet, les Qu&#233;b&#233;cois ne se privent pas et ne se sont
jamais priv&#233; d'aller voir ailleurs, d'aller puiser et emprunter ailleurs ;
tout comme ils ont toujours accueilli et accueillent encore ceux qui de
l'ext&#233;rieur d&#233;sirent se joindre &#224; eux et partager des ressources.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;c. Et comment cette nation qu&#233;b&#233;coise envisage-t-elle son d&#233;veloppement ?
Comment pense-t-elle pouvoir s'&#233;panouir ? Qu'entrevoit-elle comme projet
d'avenir ? Relativement &#224; la probl&#233;matique qui a donn&#233; lieu &#224; la
constitution de la Commission Bouchard-Taylor, la nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise se veut une soci&#233;t&#233; d'accueil bienveillante pour les immigrants.
Et c'est en son sein, en son int&#233;rieur que doit avoir cours l'int&#233;gration.
L'int&#233;gration &#224; cette r&#233;alit&#233; nationale concr&#232;te prise dans son int&#233;gralit&#233;
et non pas en une partie d'elle-m&#234;me &#233;mond&#233;e, clarifi&#233;e, d&#233;gag&#233;e, purifi&#233;e
de tout accent ou dimension ethnique ou culturel. La nation qu&#233;b&#233;coise
con&#231;oit l'int&#233;gration des immigrants comme absolument n&#233;cessaire &#224; son
unit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et de quelle int&#233;gration s'agit-il ? Processus d&#233;licat et complexe entre
tous ; mais n&#233;anmoins quelques mots pour tenter de le caract&#233;riser. En gros
traits, disons que l'int&#233;gration envisag&#233;e veut se diff&#233;rencier de
l'assimilation. Celle-ci aurait des connotations de d&#233;pouillement. Elle
signifierait pour l'immigrant une perte, un abandon de ses traits
identificateurs par contrainte ou par indiff&#233;rence. L'int&#233;gration, par
contre, rel&#232;verait pleinement de la libert&#233;. Par choix d&#233;lib&#233;r&#233; les
immigrants acceptent de participer &#224; la vie commune telle que comprise par
la soci&#233;t&#233; d'accueil. Ils acceptent de venir partager cette vie. Et il est
dans l'ordre des choses que la soci&#233;t&#233; d'accueil demande une telle
participation et un tel partage. Dans la mesure, bien s&#251;r, o&#249; les droits
proprement ou fondamentalement humains sont respect&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci &#233;tant, il est clair que l'immigrant ne peut transporter avec lui ce
qui le distinguait strictement comme membre d'une autre nation et qui
emp&#234;cherait l'inclusion normale (et norm&#233;e) aux mani&#232;res de vivre et d'&#234;tre
des gens chez qui il veut venir s'&#233;tablir. Un visiteur convi&#233; change-t-il
les us et coutumes de ses h&#244;tes en passant le seuil de leur maison ?
L'immigrant n'emm&#232;ne pas avec lui une autre nation, c'est-&#224;-dire qu'il ne
transporte pas dans ses bagages ce qui d&#233;finit en propre la nation dont il
est issu. Mais il est clair aussi que l'essentiel de ce qu'il est devenu
ailleurs comme humain demeure et doit &#234;tre respect&#233;. Cependant il doit
quand m&#234;me devenir assez semblable aux gens qui l'accueillent pour qu'il
puisse d&#233;velopper avec eux un v&#233;ritable sentiment d'appartenance. Sentiment
d'appartenance devant pouvoir &#234;tre partag&#233; par les membres de la soci&#233;t&#233;
d'accueil. Et celle-ci, de son c&#244;t&#233;, doit mettre en &#339;uvre les m&#233;canismes et
les services n&#233;cessaires pour qu'il y ait accueil efficace et chaleureux.
Elle doit aussi reconna&#238;tre et m&#234;me rechercher les apports positifs des
nouveaux arrivants qui lui permettent de changer, d'&#233;voluer favorablement
tout en demeurant fondamentalement elle-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais on entend une objection se formuler : Cette int&#233;gration n'est qu'un
r&#234;ve impossible, utopique. Car il y a dans la r&#233;alit&#233;, il existe de fait
des groupes ethnoculturels, des identit&#233;s multiples au sein de la soci&#233;t&#233;
qu&#233;b&#233;coise, particuli&#232;rement &#224; Montr&#233;al, groupes qui attirent d'embl&#233;e les
immigrants et &#224; qui il para&#238;t tout naturel de s'int&#233;grer. Oui, c'est vrai.
Et c'est dans notre nation les marques &#233;videntes d'une appartenance au
Canada multiculturaliste. C'est chez nous l'implantation non recherch&#233;e du
multiculturalisme canadien, mod&#232;le de soci&#233;t&#233; imprudemment entretenu par un
interculturalisme d&#233;j&#224; existant et dont le Rapport souhaiterait
l'institutionnalisation l&#233;gale ou constitutionnelle (RA, p. 45). Ce Rapport
tente de penser le devenir de la nation qu&#233;b&#233;coise en tablant sur les
vertus de l'interculturalisme qui conduit de fait au multiculturalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais nous proposons une autre approche pour l'avenir de notre nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que les nouveaux arrivants s'int&#232;grent &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise concr&#232;te, il faut que se fasse aussi l'int&#233;gration des personnes
impliqu&#233;es dans les regroupements ethnoculturels d&#233;j&#224; form&#233;s ou communaut&#233;s
ethniques d&#233;j&#224; existantes. Cette int&#233;gration doit se faire graduellement,
progressivement. Ces groupes doivent d'eux-m&#234;mes, en gestes libres comme le
r&#233;clame l'int&#233;gration, abandonner tout mode d'existence qui les
juxtapose, les s&#233;pare et, &#224; la limite, les ghetto&#239;se sur le
territoire du Qu&#233;bec. Mais cela n'arrivera que si la nation qu&#233;b&#233;coise
s'affirme sans &#233;quivoque dans son identit&#233; int&#233;grale. Une telle affirmation
imposera le respect. Et un message clair &#224; cet effet fera que les nouveaux
arrivants entreront d'embl&#233;e dans le processus d'int&#233;gration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une telle affirmation est-elle possible ? Oui. Mais il faut d'abord que
tout le peuple voit la n&#233;cessit&#233; de parachever son identit&#233;, son &#234;tre de
nation, jusque dans les derni&#232;res sph&#232;res de la souverainet&#233; politique et
de gouvernance. Condition essentielle pour &#234;tre ma&#238;tre de son
d&#233;veloppement, de son avenir. Car dans les conditions pr&#233;sentes de la
Constitution canadienne, les forces adverses auront toujours gain de cause.
Mais l&#224;, dans la population qu&#233;b&#233;coise, il y a manque. L&#224;, il y a
incompr&#233;hension. L&#224;, il y a n&#233;gligence et indiff&#233;rence. L&#224;, il y a
lassitude. L&#224;, il y a aussi d&#233;mission. Que faire alors ? Pour arriver &#224; la
maturit&#233; identitaire n&#233;cessaire, il faut d'abord bien saisir les enjeux
impliqu&#233;s dans la langue commune, dans la langue fran&#231;aise. Car il semble
bien que, malgr&#233; tout, ce soit le bien auquel une grande majorit&#233; de
Qu&#233;b&#233;cois tiennent le plus. Alors, il est temps, comme annonc&#233; plus haut,
de revenir &#224; l'&#233;trange septi&#232;me proposition sur l'interculturalisme qui
traite de la langue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On y dit, comme on la vu, que le plurilinguisme doit &#234;tre encourag&#233; en
parall&#232;le avec le fran&#231;ais comme langue commune. On y dit aussi que le
d&#233;bat opposant la langue identitaire et la langue v&#233;hiculaire est peu
f&#233;cond. Que ce qui compte, en bout de piste, c'est la diffusion la plus
grande possible du fran&#231;ais sous l'une ou l'autre de ces formes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fort bien, en apparence, Car comment se repr&#233;senter concr&#232;tement cette
division de la langue, identitaire et v&#233;hiculaire, pour pouvoir &#233;tablir des
programmes de diffusion diff&#233;rents ? Et qu'arrive-t-il si en pratique, comme
le texte du Rapport le laisse souvent entendre, on r&#233;duit la langue
fran&#231;aise &#224; sa seule dimension v&#233;hiculaire, simple instrument neutre ou
cadre de communication et d'&#233;changes ? Qu'advient-il si on ne voit pas la
port&#233;e identitaire de la langue ? Et, tout d'abord, que peut bien signifier
langue identitaire ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut oser une tentative d'explicitation. &#192; la rigueur, langue
identitaire est un pl&#233;onasme. Parce que c'est le propre de la langue
d'identifier. En effet, c'est dans la langue qu'une chose se manifeste
comme ce qu'elle est, que son identit&#233; est d&#233;voil&#233;e. Mieux encore :
l'identit&#233; est langagi&#232;re, parce que &#234;tre, c'est &#234;tre manifeste en langage.
Po&#232;tes et philosophes ont fait cette exp&#233;rience fondamentale du langage.
Mais essayons d'&#233;lucider ceci simplement &#224; partir du langage lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a souvent parl&#233; du g&#233;nie de la langue. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;g&#233;nie de&lt;/i&gt;, comme expression,
peut signifier l'ensemble des caract&#232;res distinctifs qui forment la nature
propre d'une chose, d'une r&#233;alit&#233; vivante ; ensemble de caract&#233;ristiques qui
d&#233;terminent son originalit&#233;, son individualit&#233;, c'est-&#224;-dire son identit&#233;.
C'est ce que dit le dictionnaire. Ainsi, attribu&#233; &#224; langue, g&#233;nie peut
signifier les particularit&#233;s d'une langue, son identit&#233;, ce qui la
diff&#233;rencie des autres. Le g&#233;nie de la langue fran&#231;aise, par exemple, est
ce qui la distingue de l'allemand, de l'italien, de l'arabe, de l'anglais,
et ainsi de suite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;g&#233;nie&lt;/i&gt; renvoie aussi &#224; gen&#232;se, production, capacit&#233; de cr&#233;er,
d'inventer. Alors g&#233;nie peut signifier le propre de la langue en g&#233;n&#233;ral,
de toute langue. Dans ce sens, la langue cr&#233;e, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pro-duit&lt;/i&gt;, am&#232;ne en avant,
dans la manifestation, fait appara&#238;tre. Elle est gen&#232;se. Et en ce sens,
donc, elle conf&#232;re l'&#234;tre, l'&#234;tre dans ses d&#233;terminations. &#202;tre, on ne le
dira jamais assez, c'est pour quelque chose &#234;tre manifeste en ce qui le
d&#233;termine, l'individualise. Manifeste en ses &#233;l&#233;ments constitutifs, en son
individualit&#233;. En son identit&#233;. C'est ainsi qu'on peut parler de langue
identitaire. Ce n'est pas un concept creux. C'est dire comment, en quoi,
toute chose arrive au jour ou acc&#232;de &#224; l'&#234;tre. Et puis, c'est pr&#233;cis&#233;ment
parce que la langue manifeste ainsi les choses, qu'elle permet &#224; ses
locuteurs de communiquer entre eux, de communiquer &#224; propos de tout ce qui
peut leur appara&#238;tre gr&#226;ce &#224; elle. Communiquer &#224; propos d'eux-m&#234;mes aussi,
bien &#233;videmment. En disant les choses, on se dit toujours soi-m&#234;me
implicitement. &#192; la rigueur et en v&#233;rit&#233;, l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ips&#233;it&#233;&lt;/i&gt; et l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;alt&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; sont
contemporaines dans l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;appara&#238;tre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est de cette mani&#232;re que le fran&#231;ais est langue identitaire pour la
nation qu&#233;b&#233;coise. La nation qu&#233;b&#233;coise acc&#232;de historiquement &#224; son &#234;tre en
fran&#231;ais. Historiquement : cela veut dire que sa gen&#232;se, son d&#233;ploiement
embrassant son pass&#233;, son pr&#233;sent et son avenir, se &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pro-duit&lt;/i&gt; en fran&#231;ais.
Il n'y a pas d'histoire en dehors du langage. Ainsi ce qu'il y a de
proprement national dans notre histoire est l'&#233;l&#233;ment langagier fran&#231;ais.
Sous peine de sombrer dans le nationalisme raciste, il faut r&#233;cuser sans
m&#233;nagement pour l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise tout recours &#224; un quelconque ADN
biologique. L'&#233;l&#233;ment langagier fran&#231;ais est &#224; la racine de notre nation ou
est l'ADN m&#233;taphorique de notre &#234;tre national. C'est de cela qu'il faut
prendre acte pour arriver &#224; la compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233; d'affirmer
clairement notre identit&#233; nationale fran&#231;aise afin de favoriser
l'int&#233;gration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le g&#233;nie du fran&#231;ais au Qu&#233;bec, fran&#231;ais qui se particularise en se
nourrissant de terre et de mer, comme dit le po&#232;te, est de conf&#233;rer
naissance et d&#233;ploiement &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise telle qu'elle prend place
dans le pr&#233;sent historique et telle qu'elle veut devenir. C'est le fran&#231;ais
en qui s'est structur&#233; le monde de cette nation, un monde particulier aux
traits europ&#233;ens, am&#233;rindiens, am&#233;ricains ; en qui s'est d&#233;velopp&#233;e sa
culture, &#8212; monde et culture ouverts aux &#233;changes, comme peut le signifier
magnifiquement le grand fleuve qui traverse le territoire &#8212;, en qui
&#233;galement se sont &#233;labor&#233;es les lois et les structures d'un &#201;tat. Une
langue concr&#232;te, une langue parl&#233;e par une nation n'est pas ou bien
identitaire ou bien v&#233;hiculaire. Elle est les deux &#224; la fois et
indissolublement. Introduire cette distinction pour favoriser dans les
faits l'une ou l'autre partie ou pour engendrer des statuts et traitements
diff&#233;rents pour l'une et l'autre est violence inflig&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233;. C'est
pourtant ce que fait le Rapport en instituant le fran&#231;ais comme &#171; cadre de
communication et d'&#233;change &#187; abstrait de l'identit&#233; culturelle, et
fonctionnant ind&#233;pendamment d'elle comme m&#233;canisme neutre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Difficult&#233;s, adversit&#233;s, intemp&#233;ries et turbulences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On dira que cette contre-proposition n'est pas r&#233;aliste. On soutiendra
aussi, pour employer les termes de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;plique&lt;/i&gt;, qu'elle n'est pas
&#171; acceptable au regard du droit, de l'&#233;thique et de nos traditions &#187;.
Effectivement, il y a des difficult&#233;s, tout ne tourne pas rond. Les voies
ne sont pas parfaitement libres. Le ciel n'est pas uniform&#233;ment azur&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, on doit souligner que la contre-proposition pr&#233;sent&#233;e ne veut
pas escamoter le caract&#232;re laborieux, sinueux, voire conflictuel du
d&#233;veloppement de la nation qu&#233;b&#233;coise. Elle ne veut pas non plus laisser
croire que cette nation est en pleine possession d'elle-m&#234;me, parfaitement
achev&#233;e, m&#234;me si elle donne l'impression d'en parler comme d'un voilier s&#251;r
de son gr&#233;ement, vent en poupe et filant sur une onde favorable. Cette
contre-proposition pr&#233;sente plut&#244;t ce qui devrait &#234;tre normalement, ce vers
quoi on devrait tendre. Car il faut prendre acte qu'il y a encore beaucoup
de Qu&#233;b&#233;cois qui ne voient pas la n&#233;cessit&#233; ni l'urgence ni la normalit&#233; de
s'affirmer comme nation souveraine et ind&#233;pendante. Envisag&#233;e dans une
approche d&#233;mocratique, comme c'est ici le cas, une telle affirmation est
pourtant un geste l&#233;gitime, &#233;thique et tout &#224; fait conforme au droit
international. Tant d'autres petits peuples se sont d&#233;clar&#233;s souverains et
ind&#233;pendants depuis quelques d&#233;cennies et ont &#233;t&#233; reconnus comme tels par
les Nations-Unies ! Difficile de comprendre cette h&#233;sitation qu&#233;b&#233;coise. Il
se pourrait peut-&#234;tre que ce soit une attitude conditionn&#233;e par un contexte
structurel prolongeant sous des traits moins abrupts et plus sinueux la
dominance colonisatrice anglaise. On s'est peut-&#234;tre habitu&#233; &#224; un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;modus
vivendi&lt;/i&gt; confortable situ&#233; entre l'indigence morale de la compl&#232;te
soumission et la prise en main responsable d'une libert&#233; nationale adulte.
&#192; cet &#233;gard, juste quelques exemples.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Depuis bient&#244;t trois d&#233;cennies, le Qu&#233;bec accepte de fonctionner &#224;
l'int&#233;rieur d'une Constitution f&#233;d&#233;rale qu'il n'a pourtant pas sign&#233;e et
qui vise l'&#233;touffement de ses pr&#233;tentions identitaires et de ses vell&#233;it&#233;s
souverainistes ou ind&#233;pendantistes. Et cela malgr&#233; les naufrages de deux
tentatives majeures de renouveler le f&#233;d&#233;ralisme &#224; la satisfaction du
Qu&#233;bec. &#201;nigme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Le gouvernement du Qu&#233;bec confie la copr&#233;sidence de la Commission de
consultation sur les pratiques d'accommodement reli&#233;es aux diff&#233;rences
culturelles &#224; deux personnes : l'une repr&#233;sentant la communaut&#233; anglophone
comptant pour 9% de la population, et l'autre repr&#233;sentant le groupe
majoritaire ethnoculturel francophone comptant pour quelque 80% de la
population. Les Qu&#233;b&#233;cois acceptent sans mot dire ce genre d'in&#233;galit&#233;. Ils
semblent habitu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Dans la perspective d'une int&#233;gration normale &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise, il appara&#238;t &#233;trange aux nouveaux arrivants que la communaut&#233;
anglophone poss&#232;de &#224; Montr&#233;al des r&#233;seaux d'&#233;coles et d'h&#244;pitaux
disproportionn&#233;s en importance par rapport &#224; la population repr&#233;sent&#233;e.
Mais le cadre constitutionnel, sanctionnant certains d&#233;veloppements
historiques, le veut ainsi. C'est comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Il appara&#238;t &#233;galement &#233;trange, voire in&#233;quitable aux yeux de plusieurs
francophones que le Gouvernement s'appr&#234;te &#224; construire un grand centre
hospitalier anglophone pareil au CHUM et &#224; c&#244;t&#233; de lui. Mais la population
acceptera que ce doublet s'&#233;rige malgr&#233; l'in&#233;galit&#233; en nombre des citoyens
&#224; desservir. On laissera faire aussi l'int&#233;gration de l'H&#244;pital francophone
de Lachine au r&#233;seau hospitalier anglophone montr&#233;alais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; La population qu&#233;b&#233;coise regimbe quelque peu devant l'anglicisation
progressive de Montr&#233;al, semble aussi s'&#233;mouvoir quelques instants devant
les statistiques montrant le passage des immigrants &#224; l'usage de l'anglais
et la descente de la proportion des Montr&#233;alais de langue maternelle
fran&#231;aise sous la barre des 50%, mais elle semble n&#233;anmoins, foi de
sondages, se satisfaire d'un gouvernement qui n'entreprend rien qui vaille
pour contrer ces tendances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Il s'en trouve pour d&#233;plorer la qualit&#233; de notre parler fran&#231;ais et la
facilit&#233; des francophones &#224; s'accommoder de l'anglais dans la vie publique
et priv&#233;e, mais la population qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise dans son ensemble ne
para&#238;t pas dispos&#233;e &#224; donner les coups de barre politiques qui s'imposent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Les souverainistes et ind&#233;pendantistes peinent &#224; s'entendre entre eux.
Ils s'&#233;parpillent en partis politiques diff&#233;rents et oppos&#233;s. Ce faisant,
ils comblent de bonheur les partis d&#233;fendant un f&#233;d&#233;ralisme d&#233;sint&#233;grateur
des &#233;l&#233;ments identitaires de notre nation, se discr&#233;ditent aupr&#232;s de la
population qui, perplexe, accorde ses faveurs &#224; ceux-l&#224; m&#234;me qui la
maintiennent dans un statut de minoritaire content.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout compte fait, la situation concr&#232;te est loin d'&#234;tre rose. Dans ces
circonstances, la perspective ouverte par la contre-proposition peut
sembler une r&#234;vasserie id&#233;aliste d&#233;sincarn&#233;e. Un voyage en bateau digne
d'une chasse-galerie. Pourtant, on est en manque de r&#234;ve. Car dans son &#233;tat
actuel, la nation qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise offre bien l'image d'un bateau
amarr&#233;, prenant l'eau et coulant sur place. Piteusement. Et en attendant de
dispara&#238;tre compl&#232;tement dans les abysses de l'anonymat, le groupe
majoritaire ethnoculturel d'origine canadienne-fran&#231;aise, pour emprunter le
langage du Rapport, charcut&#233; dans son identit&#233; au profit d'une nation
civique abstraite, se retrouve &#224; n'avoir comme r&#233;alit&#233; nationale que
l'&#233;pinglette-nation vot&#233;e cyniquement par le ratoureux gouvernement Harper.
&#201;pinglette qu'il peut porter, comme &#231;a lui chante, &#224; la boutonni&#232;re de ses
fringues multiculturalistes canadiennes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la nation qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise avait pr&#233;sent&#233; un &#233;tat de sant&#233;
nationale normale et plus alerte, jamais le Rapport Bouchard-Taylor
n'aurait vu le jour. Prendre acte. Maintenant qu'il est l&#224;, laisserons-nous
triompher son interculturalisme d&#233;sint&#233;grateur ? Peut-on esp&#233;rer que les
accents de ferveur et de fiert&#233; c&#233;l&#233;brant la langue fran&#231;ais lors de la
F&#234;te nationale du 400e soient de bon augure pour l'avenir ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fernand Couturier&lt;br&gt;
25 juin 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>De la nation &#224; la consommation, l'illusion de la libert&#233;</title>
		<link>http://www.vigile.net/De-la-nation-a-la-consommation-l</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/De-la-nation-a-la-consommation-l</guid>
		<dc:date>2008-05-05T13:04:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Lapointe - Billet de Louis Lapointe</dc:creator>
		


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		<description>En faisant clairement le choix du pays, le d&#233;bat sur le nationalisme devient d&#232;s lors secondaire, et peut-&#234;tre m&#234;me obsol&#232;te, dans la mesure o&#249; nous aurions alors atteint une certaine maturit&#233; collective. N'ayant plus besoin de nous affirmer, nous serions... Si le nationalisme est un lieu (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'origine, mon article &#171; &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Tout-oppose-nationalisme-et&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Tout oppose nationalisme et ind&#233;pendantisme&lt;/a&gt; &#187;
s'appelait &#171; De la paroisse au pays &#187;, un titre emprunt&#233; &#224; Fernand Dumont et
que les &#233;diteurs ont chang&#233;, m&#234;me s'il avait le grand avantage de pr&#233;senter
une vision plus dynamique du pays et moins critique de la nation. La
nation, sans y &#234;tre nomm&#233;e, &#233;tant d'abord per&#231;ue comme le lieu de passage
vers un objectif plus grand, le pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce texte visait essentiellement &#224; contester la th&#232;se de la
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-manque-d-epaisseur-de-la-nation&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;d&#233;nationalisation tranquille&lt;/a&gt; de Mathieu Bock-C&#244;t&#233; qui d&#233;crit la nation
ethnique comme une fin en soi. Mon postulat &#233;tant qu'en contexte canadien,
le nationalisme qu&#233;b&#233;cois est st&#233;rile s'il ne vise pas la cr&#233;ation du pays,
un peu comme des racines sans arbre qui pourrissent dans le sol. S'il est
un moyen, il ne peut &#234;tre un objectif, le simple &#233;loge de la nation ayant
le grand d&#233;faut de ne pas faire avancer le d&#233;bat sur le pays, en nous
faisant miroiter l'illusion de la s&#233;curit&#233; que nous procure notre petit
univers juste &#224; nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r, j'ai pris quelques raccourcis, puisque je ne peux nier qu'il
existe &#233;galement un nationalisme civique, mais m&#234;me celui-l&#224; est st&#233;rile
s'il ne conduit pas au pays. Je crois que mon texte &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-mensonge-des-chartes&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; Le mensonge des
chartes &#187;&lt;/a&gt; expose bien cette urgence de faire l'ind&#233;pendance si nous ne
voulons pas demeurer une minorit&#233; en p&#233;ril. Pour des raisons
essentiellement juridiques et parce qu'elles sont des outils de
normalisation, les chartes ne peuvent tout simplement pas prot&#233;ger ni notre
langue, ni notre nation. Il n'y a pas de majorit&#233; fran&#231;aise en Am&#233;rique parce qu'il n'y a pas de pays pour l'accueillir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec n'est pas une nation, c'est une province du Canada. Dire le
contraire est un mensonge, une absurdit&#233; et une insulte pour
l'intelligence. Pourtant, nos interminables d&#233;bats constitutionnels nous
ont amen&#233;s &#224; croire au fil des ann&#233;es que le Qu&#233;bec &#233;tait une soci&#233;t&#233;
distincte ou peut-&#234;tre m&#234;me une nation au sein du Canada uni sans pour
autant que cela ait un iota de cons&#233;quences juridiques. De faux d&#233;bats
qu'entretiennent &#224; dessein nos &#233;lites politiques et qui ne font qu'ajouter
&#224; la confusion qui r&#232;gne au sujet de l'identit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois, alors qu'il
s'agit d'abord d'une question de souverainet&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La vraie question nationale vise donc moins &#224; savoir si nous sommes des
nationalistes ethniques ou civiques, mais nous incite plut&#244;t &#224; choisir :
accepter notre sort de minorit&#233; au sein du Canada ou fonder un pays o&#249; nous
deviendrons clairement une majorit&#233;. Opposer la vision ethnique &#224; la vision
civique, comme le propose Bock-C&#244;t&#233;, est donc un sophisme dont le premier
r&#233;sultat ne peut &#234;tre que la division. Une division entre ceux qui voient
le Qu&#233;bec comme une soci&#233;t&#233; et ceux qui le per&#231;oivent comme une nation, une
inutile distinction et une source suppl&#233;mentaire de confusion dans le d&#233;bat
national. Tant que les Qu&#233;b&#233;cois n'auront pas accept&#233; leur sort de minorit&#233;
en p&#233;ril, ils n'auront aucun int&#233;r&#234;t &#224; faire l'ind&#233;pendance. On comprend
d&#232;s lors pourquoi cet interminable d&#233;bat sur l'identit&#233; ne conna&#238;t jamais
de conclusion. Il favorise le statu quo.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; cet &#233;gard, les nationalistes souhaitent d'abord s'affirmer comme
majorit&#233; face &#224; une autre majorit&#233;, sans n&#233;cessairement faire de
l'ind&#233;pendance une priorit&#233;. Qu'il soit ethnique ou civique, le
nationalisme entretient donc une ambigu&#239;t&#233; malsaine aupr&#232;s du peuple
lorsqu'on pose la question de l'ind&#233;pendance. Il sugg&#232;re que nous pourrions
choisir entre l'un ou l'autre sans que cela ait des cons&#233;quences sur notre
survie, alors que ces deux nationalismes conduisent tous les deux au m&#234;me
r&#233;sultat : notre lente assimilation et notre in&#233;luctable disparition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En faisant clairement le choix du pays, le d&#233;bat sur le nationalisme
devient d&#232;s lors secondaire, et peut-&#234;tre m&#234;me obsol&#232;te, dans la mesure o&#249;
nous aurions alors atteint une certaine maturit&#233; collective. N'ayant plus
besoin de nous affirmer, nous serions... Si le nationalisme est un lieu de
passage oblig&#233;, il ne peut &#234;tre un port d'attache. Nous ne saurions donc
faire son apologie sans risquer d'y perdre quelques marins indispensables &#224;
la longue travers&#233;e qui m&#232;ne au pays, justement ceux qui languissent dans
les cales de l'ADQ. Nous le voyons bien, d&#233;battre de la nation est une dangereuse diversion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, un des dangers qui nous guette, si nous demeurons une minorit&#233; au sein
d'un Canada uni, est qu'en continuant de croire que nous sommes une nation
majoritaire, nous interpr&#233;tions les ph&#233;nom&#232;nes d'effritement de notre
soci&#233;t&#233;, de notre langue et de notre &#233;conomie comme normaux en contexte
mondial, alors que dans le cas sp&#233;cifique du Qu&#233;bec, ces ph&#233;nom&#232;nes sont
exacerb&#233;s par l'insidieux colonialisme canadien. Un discours soutenu avec
vigueur par des m&#233;dias comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; qui encourage la normalisation de la
soci&#233;t&#233;, le bilinguisme et d&#233;localisation de nos principaux leviers
&#233;conomiques sous pr&#233;texte de la mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un autre grand danger qui nous guette, c'est cet individualisme nourri par
un capitalisme qui procure &#224; l'individu un faux sentiment de s&#233;curit&#233;,
celui o&#249; le citoyen est remplac&#233; par le consommateur. L'argent achetant
tout, les Qu&#233;b&#233;cois seraient libres, dans l'absolu, de tout consommer : la
sant&#233; publique ou priv&#233;e, l'&#233;cole publique ou priv&#233;e, la religion, le
fran&#231;ais, l'anglais, le nationalisme, le f&#233;d&#233;ralisme ou l'ind&#233;pendantisme.
Une vision que d&#233;fendent avec acharnement plusieurs groupes d'intellectuels
de droite comme le CIRANO et l' IEDM, Joseph Facal &#233;tant le plus flamboyant
porte-&#233;tendard de ce courant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette illusion de libert&#233; individuelle que procure notre pouvoir d'achat
sans fin, soutenu par de nombreuses sources de cr&#233;dits, ferait alors
&#233;clater d&#233;finitivement les liens qui nous unissent comme minorit&#233; nationale
et plus largement comme soci&#233;t&#233;. Gr&#226;ce &#224; cette libert&#233; individuelle de
consommer des id&#233;es, de la culture et des aspirations, comme on consomme des
bo&#238;tes de conserve ou des t&#233;l&#233;viseurs, nous deviendrions alors l&#233;gers,
d&#233;pouill&#233;s du poids de l'h&#233;ritage et des r&#234;ves de nos anc&#234;tres, l'argent
devenant alors la seule source de libert&#233;, car il peut tout payer, m&#234;me
l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une telle perspective, l'ind&#233;pendance ne serait plus une urgence ou
un enjeu collectif, mais bien le r&#233;sultat d'un choix individuel comme peut
l'&#234;tre tout autre objet de consommation que nous serions libres de
consommer. Un peu comme Sisyphe, nous pousserions alors notre pierre sans
rel&#226;che, sachant qu'une fois au sommet, elle roulerait invariablement vers
le bas. Nous serions libres d'accomplir une d&#233;marche dont la libert&#233; ne
serait jamais le r&#233;sultat, l'ind&#233;pendance devenant une gymnastique
individuelle &#224; laquelle seuls les initi&#233;s se livreraient, &#224; l'image de ceux
qui pratiquent le ta&#239;-chi ou le yoga.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#202;tre ind&#233;pendantiste serait alors un luxe bien &#224; nous, comme d'autres
s'ach&#232;tent des billets &#224; 200$ pour aller voir le Canadien jouer au centre
Bell, pouvant m&#234;me nous payer occasionnellement quelques bains de foule
pour f&#234;ter nos victoires morales de plus en plus rares, sachant que le
lendemain nous aurions le loisir de gagner l'argent n&#233;cessaire pour nous
payer quelques plaisirs &#233;ph&#233;m&#232;res afin de noyer nos peines de patriotes
d&#233;chus : cin&#233;ma, th&#233;&#226;tre, jeux vid&#233;o et peut-&#234;tre m&#234;me des vacances dans le
sud.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme le dirait certainement Christiane Charrette - cette grande pr&#234;tresse
du relativisme radio canadien - &#224; sa cour o&#249; foisonnent de nombreux ducs et
duchesses de toute all&#233;geance : vous avez le droit d'&#234;tre ind&#233;pendantistes
&#224; la condition de respecter le droit des autres d'&#234;tre f&#233;d&#233;ralistes et cela
sans dire de gros mots ! Ainsi, nos &#233;lites culturelles et intellectuelles
pourraient demeurer ind&#233;finiment dans le meilleur pays au monde et
continuer de recevoir leurs g&#233;n&#233;reux cachets pour d&#233;battre poliment et en
fran&#231;ais de notre avenir comme on parle du dernier film.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Gr&#226;ce au relativisme des chartes, nous serions alors pass&#233;s de la nation &#224;
la consommation, vivant d&#233;sormais dans le meilleur des mondes. Un univers
o&#249; nous serions enfin majoritaires, &#233;tant tous devenus des consommateurs !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Louis Lapointe&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Brossard&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Si on s'y mettait</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/03/01/178423.html</link>
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		<dc:date>2008-03-01T21:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>G&#233;rald Larose - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Au lieu d'en r&#234;ver, mettons-nous au boulot. C'est l'essence de la proposition de gouvernance souverainiste. Et quand ils se pr&#233;senteront, le peuple du Qu&#233;bec l&#232;vera les obstacles. Par r&#233;f&#233;rendum s'il le faut. Mais d'abord, extirpons le projet de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce texte sera publi&#233; dans le prochain num&#233;ro de la revue &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Action nationale&lt;/i&gt;, qui para&#238;tra en mars.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au lieu d'en r&#234;ver, mettons-nous au boulot. C'est l'essence de la proposition de gouvernance souverainiste. Et quand ils se pr&#233;senteront, le peuple du Qu&#233;bec l&#232;vera les obstacles. Par r&#233;f&#233;rendum s'il le faut. Mais d'abord, extirpons le projet de l'ind&#233;pendance nationale des griffes de la m&#233;canique r&#233;f&#233;rendaire et de son calendrier et r&#233;int&#233;grons-le totalement dans le p&#233;rim&#232;tre du politique. Les &#233;lections d'abord. La gouvernance ensuite. Autrement dit, donnons-nous un plan de match cr&#233;dible et rigoureux nous conduisant &#224; la souverainet&#233;, soumettons ce plan au d&#233;bat &#233;lectoral, cueillons le mandat d&#233;mocratique explicite &#224; cet effet et allons de l'avant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une gouvernance qui chamboule&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est vrai que dans la proposition de gouvernance souverainiste, il y a chamboulement du cadre strat&#233;gique et renversement de l'approche p&#233;dagogique. Chamboulement du cadre strat&#233;gique dans le fait que le Qu&#233;bec doit quitter son attentisme r&#233;f&#233;rendaire pour contrer le Canada qui, l'ayant bout&#233; dehors de sa constitution, loin de se mettre au neutre, s'est d&#233;ploy&#233; tous azimuts et a impos&#233; son pouvoir dans tous les domaines de responsabilit&#233;s du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Renversement de l'approche p&#233;dagogique dans le fait qu'au lieu de solliciter un OUI &#224; un &#233;ventuel Qu&#233;bec ind&#233;pendant, on s'attaque imm&#233;diatement &#224; la construction concr&#232;te des fondamentaux de la souverainet&#233;, lesquels, pour forcer leur mise en place, recevront lorsque n&#233;cessaire l'aval explicite du peuple, par voie r&#233;f&#233;rendaire ou autrement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la contribution publi&#233;e dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Action nationale&lt;/i&gt; de d&#233;cembre 2007 et intitul&#233;e &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Si-j-etais-chef-sans-pretention&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; Si j'&#233;tais chef (sans pr&#233;tention aucune au poste) &#187;&lt;/a&gt;, un plan global est esquiss&#233;, portant sur plus de 30 &#233;l&#233;ments. Certains sont structurants. D'autres davantage li&#233;s &#224; l'avenir des grandes missions de l'&#201;tat. D'autres encore illustrant mieux le type de soci&#233;t&#233; induite par le projet de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, ce projet global est perfectible. Cependant, certains de ses &#233;l&#233;ments sont prioritaires, notamment la Constitution et la citoyennet&#233;. Am&#233;nageables imm&#233;diatement et extraordinairement efficaces pour que le peuple fasse des d&#233;bats concrets sur sa r&#233;alit&#233;, ses aspirations et les d&#233;cisions cons&#233;quentes &#224; prendre pour garantir sa p&#233;rennit&#233;, s'&#233;panouir et rayonner, la Constitution et la citoyennet&#233; seront les v&#233;ritables tracteurs de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec. En prenant appui sur le cadre juridique actuel, ouvrons donc ces deux chantiers structurants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La Constitution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cadre juridique actuel, il n'y a aucune contrainte &#224; ce que le Qu&#233;bec se dote d'une Constitution. Dans le cadre d'un Qu&#233;bec souverain, elle est d'une absolue n&#233;cessit&#233;. Alors, attelons-nous &#224; la mise en place d'une Constitution int&#233;rimaire et lan&#231;ons tout de suite les travaux de la Constitution du Qu&#233;bec ind&#233;pendant. Une Constitution int&#233;rimaire pour nous garantir la stabilit&#233; et la continuit&#233; des institutions et les travaux compl&#233;mentaires pour nous emparer collectivement du sens et de la port&#233;e de la Constitution du Qu&#233;bec ind&#233;pendant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi une constitution ? D'abord pour nous d&#233;finir nous-m&#234;mes. Puis, pour nous pr&#233;senter aux autres. Et &#234;tre reconnus par tous. Nous sommes une nation compos&#233;e de tous les individus de notre territoire et non pas d'une vari&#233;t&#233; d'appartenances communautaires comme le Canada souhaite conformer sa population. Nous avons un &#201;tat qui est autre que l'entit&#233; administrative d&#233;sign&#233;e par l'anglicisme &#171; province &#187;. Cet &#201;tat lui-m&#234;me est distinct de sa gouvernance, elle-m&#234;me d&#233;sign&#233;e en langage canadien par un autre anglicisme, &#171; le gouvernement du Qu&#233;bec &#187;. Nous doter d'une Constitution, c'est rev&#234;tir nos propres habits. C'est d&#233;crire notre propre r&#233;alit&#233; dans notre propre langue, suivant notre propre g&#233;nie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous doter d'une Constitution, c'est traduire en termes politiques, c'est-&#224;-dire en relations de pouvoir, notre r&#233;alit&#233; sociologique, culturelle et identitaire. C'est nous sortir de ce &#224; quoi le Canada nous a r&#233;duits, un univers d'h&#244;pital, de nids-de-poule et de festivals, et mettre de l'avant ce &#224; quoi nous aspirons, une soci&#233;t&#233; innovante et prosp&#232;re, une nation accueillante et solidaire, un pays audacieux et moderne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous doter d'une Constitution, c'est affirmer notre identit&#233; fran&#231;aise et plurielle dans ses apports plus anciens comme plus r&#233;cents. C'est &#233;galement affirmer les grandes valeurs qui cimentent cette pluralit&#233; : la libert&#233;, la solidarit&#233;, l'&#233;galit&#233; des hommes et des femmes, la d&#233;mocratie et la la&#239;cit&#233; de l'espace &#233;tatique. En ce sens, nous doter d'une Constitution, c'est assurer le fondement de notre coh&#233;sion sociale et faire oeuvre p&#233;dagogique aupr&#232;s de celles et de ceux qui souhaitent nous rejoindre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qu'on doit y mettre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec est un &#201;tat. Il sera un pays. Globalement, sa Constitution refl&#233;tera les id&#233;aux et les pratiques de sa vie d&#233;mocratique. L'h&#233;ritage monarchiste sera liquid&#233; au profit des aspirations r&#233;publicaines qui, depuis Papineau, &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle, jusqu'&#224; la Loi sur l'exercice des droits fondamentaux et des pr&#233;rogatives du peuple qu&#233;b&#233;cois et de l'&#201;tat du Qu&#233;bec (loi 99 en 2000), se sont toujours exprim&#233;es. Sa Constitution en t&#233;moignera. Comment ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle affirmera qu'en r&#233;gime qu&#233;b&#233;cois, le fondement de tous les pouvoirs est le peuple qu&#233;b&#233;cois qui choisit ses &#233;lus. Elle affirmera aussi que la ventilation des pouvoirs ex&#233;cutif, l&#233;gislatif, judiciaire et territorial sera modifi&#233;e par la cr&#233;ation d'une pr&#233;sidence de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois qui incarnera l'institution, la repr&#233;sentera, proc&#233;dera aux arbitrages n&#233;cessaires &#224; son bon fonctionnement et garantira sa continuit&#233;. Elle affirmera &#233;galement l'exclusivit&#233; de la Charte qu&#233;b&#233;coise des droits de la personne, dont l'existence pr&#233;c&#232;de la Charte canadienne et dont l'envergure des protections est sup&#233;rieure. De m&#234;me, sera cr&#233;&#233; un tribunal supr&#234;me qu&#233;b&#233;cois pour entendre toute cause sollicitant une d&#233;cision relative &#224; l'exclusivit&#233; de l'application de la Charte qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce possible ? Oui. Dans le cadre juridique actuel qu'il n'a jamais accept&#233;, l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois peut cr&#233;er une pr&#233;sidence de l'&#201;tat. Pour l'application exclusive de la Charte qu&#233;b&#233;coise, il peut se pr&#233;valoir de la clause d&#233;rogatoire suspendant les articles 2 et 5 &#224; 17 de la Charte canadienne. Et pour arbitrer les litiges en d&#233;coulant, il peut cr&#233;er la Cour supr&#234;me du Qu&#233;bec. [...]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Citoyennet&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La citoyennet&#233; aussi se pr&#233;sente comme un chantier majeur. Dans le cadre juridique actuel, il n'y a aucune contrainte juridique &#224; ce que le Qu&#233;bec se dote d'une citoyennet&#233;. Dans le cadre d'un Qu&#233;bec souverain, cette citoyennet&#233; s'impose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors attelons-nous &#224; &#233;tablir imm&#233;diatement une citoyennet&#233; qui, d'abord, sera un geste fort concr&#233;tisant l'appartenance &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise de tous les individus actuels de son territoire et qui, d'avance, indiquera &#224; ceux et &#224; celles qui veulent s'y joindre les conditions &#224; remplir pour ce faire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi la citoyennet&#233; ? Parce qu'elle nomme chacun d'entre nous, nous nomme tous et nous distingue des autres. Accord&#233;e, elle exprime l'&#233;galit&#233;. D&#233;tenue, elle affirme l'appartenance. Existante, elle participe &#224; la richesse sociale, culturelle et politique de la plan&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le contexte canadien, elle signifie l'aboutissement d'une trajectoire amorc&#233;e par une rupture consomm&#233;e &#224; l'occasion des grands travaux des &#201;tats g&#233;n&#233;raux du Canada fran&#231;ais qui, au milieu des ann&#233;es 1960, tir&#232;rent la conclusion que l'avenir de la r&#233;alit&#233; fran&#231;aise en Am&#233;rique et au Canada serait qu&#233;b&#233;cois, l&#224; o&#249; les masses critiques sont suffisantes, les institutions fonctionnelles et o&#249; l'on peut compter sur un &#201;tat, m&#234;me incomplet, pour livrer le combat de la survie, de l'&#233;panouissement et du rayonnement. [...]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Concurrence identitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rien de cela ne s'est fait sans r&#233;sistance farouche de la part du Canada. L'acharnement de ce dernier &#224; d&#233;construire les acquis de la Charte de la langue fran&#231;aise, l'adoption pour lui-m&#234;me d'une Constitution enlevant &#224; l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec des pouvoirs qui lui &#233;taient jusque-l&#224; r&#233;serv&#233;s et l'invasion totale de ses champs de responsabilit&#233;s en sont l'illustration patente. [...]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;tablir la citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise, c'est affirmer le caract&#232;re original de cet ensemble social. Original par sa composition plurielle : un groupe majoritaire dont la langue identitaire est la langue commune, des minorit&#233;s nationales am&#233;rindienne et anglaise dont les droits collectifs et les institutions sp&#233;cifiques sont reconnus, et de riches apports culturels en provenance du monde entier. &#201;tablir la citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise, c'est composer le &#171; nous &#187; de tous les habitants du territoire qu&#233;b&#233;cois et l'inscrire dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pour faire nation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autant la loi 101 visait &#224; enrayer la machine infernale de l'assimilation par l'int&#233;rieur, autant l'&#233;tablissement de la citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise vise &#224; casser l'assimilation par l'ext&#233;rieur. Celle induite par le d&#233;clin des Fran&#231;ais d'Am&#233;rique inscrit dans la structure politique du Canada. Sur le territoire canadien, nous &#233;tions majoritaires au d&#233;but du XIXe. Trente-cinq pour cent au d&#233;but du XXe. Vingt-deux pour cent au d&#233;but du XXIe. Et pr&#232;s de la moiti&#233; de celles et de ceux qui, &#224; leur arriv&#233;e, n'ont ni le fran&#231;ais, ni l'anglais comme langue d'origine s'int&#232;gre toujours &#224; l'anglais. L'&#233;tablissement d'une citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise aux conditions pr&#233;cises quant &#224; l'histoire, &#224; la culture et &#224; la langue est incontournable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce possible ? Oui. La citoyennet&#233; int&#233;rieure existe dans plusieurs pays du monde. La Suisse. La Finlande. La France. Les &#201;tats-Unis. Le Canada lui-m&#234;me reconna&#238;t la citoyennet&#233; des Nisga'a de la Colombie-Britannique. Le Qu&#233;bec est un &#201;tat. Il a ses institutions propres, son code juridique particulier (Code civil), ses politiques publiques distinctes, ses conditions pour la pratique d&#233;mocratique, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au surplus, il est une nation. Le Canada dit la reconna&#238;tre ! Le Qu&#233;bec a tous les attributs d'un peuple qui peut s'identifier lui-m&#234;me, nommer les siens et se pr&#233;senter au monde sous son vrai nom. Il le fera certes &#224; son ind&#233;pendance. Mais il peut le faire imm&#233;diatement. Pour accro&#238;tre sa coh&#233;sion sociale. Pour affermir sa trajectoire globale. Pour dissiper les zones d'incertitudes outrageusement exploit&#233;es par les adversaires de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec. Et pour faciliter le travail de pr&#233;paration de la reconnaissance internationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Changer la dynamique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La citoyennet&#233; et la Constitution : deux chantiers pour changer radicalement la dynamique du d&#233;bat et de l'action conduisant &#224; la souverainet&#233; du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est concr&#232;tement que le peuple qu&#233;b&#233;cois en discutera et tout aussi concr&#232;tement qu'il la fera. Il en d&#233;battra d'abord dans le cadre d'une &#233;lection. Puis, mandatant un gouvernement d'&#233;tablir la citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise et de r&#233;diger une Constitution int&#233;rimaire, il s'engagera &#224; nouveau dans l'&#233;lection d'une constituante qui r&#233;digera la Constitution du Qu&#233;bec ind&#233;pendant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, de bout en bout, le peuple qu&#233;b&#233;cois sera dans le coup. Si, au surplus, ces deux chantiers &#233;voluent dans le cadre d'une gouvernance radicalement branch&#233;e sur les choix d'avenir pour le Qu&#233;bec, [...] rapidement, la souverainet&#233; du Qu&#233;bec s'imposera aussi comme une n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, fiscale et sociale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;G&#233;rald Larose, Copr&#233;sident du Conseil de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec (le propos n'engage que lui-m&#234;me)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le Kosovo et nous</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Kosovo-et-nous</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Joseph Facal - www.josephfacal.org</dc:creator>
		


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		<description>Depuis des ann&#233;es, on cherche &#224; faire croire aux Qu&#233;b&#233;cois qu'il n'existerait, &#224; travers le monde, qu'une seule et unique fa&#231;on d'acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance. On voit maintenant que cette question est infiniment plus (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est savoureux de voir le z&#232;le avec lequel nos &#233;lites f&#233;d&#233;ralistes nous expliquent que le Kosovo et le Qu&#233;bec n'ont rien, mais strictement rien &#224; voir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les diff&#233;rences entre le Qu&#233;bec et le Kosovo sont effectivement nombreuses et profondes. Mais l'int&#233;r&#234;t du cas kosovar est ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis des ann&#233;es, on cherche &#224; faire croire aux Qu&#233;b&#233;cois qu'il n'existerait, &#224; travers le monde, qu'une seule et unique fa&#231;on d'acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance. On voit maintenant que cette question est infiniment plus complexe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Les fausses &#233;vidences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par exemple, on nous a longtemps dit que ceux qui voulaient partir devaient obtenir la permission de l'&#201;tat qu'ils d&#233;siraient quitter, ce qui excluait par d&#233;finition une d&#233;claration unilat&#233;rale d'ind&#233;pendance. Le Kosovo illustre qu'une autre voie est th&#233;oriquement possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis des lunes, on nous pr&#233;sente comme une v&#233;rit&#233; d'&#233;vangile qu'il faudrait une reconnaissance presque unanime de la communaut&#233; internationale. Rien de tel ici. M&#234;me des puissances comme la Chine et la Russie s'opposent &#224; l'ind&#233;pendance du Kosovo.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pas de r&#233;f&#233;rendum au Kosovo non plus. &#201;videmment, ce serait pure folie de commencer &#224; soutenir qu'un r&#233;f&#233;rendum ne serait pas n&#233;cessaire dans le cas du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On voit en revanche &#224; quel point il est intellectuellement malhonn&#234;te de poser le seuil de 55% sugg&#233;r&#233; par l'Union europ&#233;enne dans le cas du r&#233;f&#233;rendum tenu au Mont&#233;n&#233;gro comme un pr&#233;c&#233;dent ayant d&#233;sormais force de loi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; chacun son contexte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant longtemps, on nous a dit aussi que le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes ne pouvait &#234;tre invoqu&#233; que dans les cas des peuples en situation coloniale, ou lorsque l'&#201;tat que l'on veut quitter n'est pas une d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Kosovo n'est pourtant pas une colonie, et la Serbie d'aujourd'hui est une incontestable d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ah, mais les kosovars, eux, ont souffert, nous dit-on. C'est vrai, mais quel est le degr&#233; de souffrance requis pour se qualifier ? Et qui en juge ultimement ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au-del&#224; des aspects l&#233;gaux, on entend parfois dire que la petite taille et la mondialisation rendent n&#233;gligeable le statut d'&#201;tat souverain. Les kosovars ne semblent pas &#234;tre de cet avis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Deux conditions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Kosovo est-il un cas &#171; particulier &#187; ? Oui et non. Les ind&#233;pendances survenues r&#233;cemment dans le monde sont toutes si diff&#233;rentes l'une de l'autre qu'on pourrait raisonnablement plaider que chacune est un cas &#171; particulier &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce &#224; dire qu'il n'y a pas de r&#232;gles, que le vide juridique est absolu ? Non plus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe bien quelques principes de droit international g&#233;n&#233;ralement admis en mati&#232;re de s&#233;cession. Mais l'essentiel est que le droit s'ajuste habituellement &#224; la r&#233;alit&#233; politique, plut&#244;t que l'inverse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au fond, deux crit&#232;res essentiels font foi de tout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux qui d&#233;clarent l'ind&#233;pendance ont-ils un contr&#244;le effectif sur le territoire qu'ils revendiquent ? Et y a-t-il une volont&#233; politique nette de la part d'une majorit&#233; de la population concern&#233;e d'acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ces mati&#232;res, il y a g&#233;n&#233;ralement plus de gris que de noir et de blanc. Il faut simplement en &#234;tre conscient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.josephfacal.org/le-kosovo-et-nous/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La construction de la cage </title>
		<link>http://www.vigile.net/La-construction-de-la-cage</link>
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		<dc:date>2008-01-05T22:49:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Que se passe-t-il depuis le milieu des ann&#233;es 1990 ? On assiste &#224; un cycle qui, au lieu de nous lib&#233;rer, semble nous excentrer, c'est-&#224;-dire nous isoler. Les grands r&#234;ves, ceux qui doivent guider le peuple, l'affranchir, sont-ils derri&#232;re nous ? On dirait que le Qu&#233;bec, jadis (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=right&gt;&#171; Il n'y a que deux conduites avec la vie : &lt;br&gt;
ou on la r&#234;ve ou on l'accomplit &#187;&lt;br&gt;
Ren&#233; CHAR&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec a assist&#233; &#224; la fermeture de l'a&#233;roport ultramoderne de Mirabel.
Il a vu celui de Dorval prendre le nom de P.-E. Trudeau. Les navires
peuvent se rendre en Ontario sans s'arr&#234;ter au Port de Montr&#233;al. Des
compagnies n'h&#233;sitent plus &#224; transf&#233;rer leurs si&#232;ges sociaux vers la
capitale du Canada. Vu la tendance de la centralisation canadienne, il
n'est pas surprenant que la Bourse de Montr&#233;al passe dans le giron du TSX
de Toronto. Les ventes du Mont Tremblant, d'Alcan et des Canadiens de
Montr&#233;al, sans compter toutes les autres, continuent de nous hanter. Sur le
plan sportif d'ailleurs, les Nordiques ont gagn&#233; au Colorado, tandis que
les Expos - qui arboraient aussi le lys sur leur uniforme - poursuivent
leur r&#234;ve &#224; Washington. Devrions-nous nous inqui&#233;ter pour l'Impact ? On
peut former d&#233;sormais des &#233;quipes nationales canadiennes sans membres du
Qu&#233;bec, autre signe avant-coureur que le Qu&#233;bec s'affaiblit, qu'il a moins
de poids dans le Canada, qu'il se retrouve davantage isol&#233; et qu'il
continue de voir ses joyaux passer aux mains des int&#233;r&#234;ts concurrents
canadiens, am&#233;ricains et &#233;trangers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut nommer ce ph&#233;nom&#232;ne &#171; la
satellisation &#187; de Montr&#233;al et du Qu&#233;bec. Sur le plan culturel, ce
ph&#233;nom&#232;ne se reconna&#238;t dans le recul du fran&#231;ais, mais aussi dans le fait
que les m&#233;dias (stations de radio et journaux) sont t&#233;l&#233;guid&#233;s de l'ouest
canadien et que nos plus grands artistes cherchent &#224; faire carri&#232;re &#224;
l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec, un peu comme s'ils &#233;touffaient et qu'ils ne
pouvaient plus exprimer leur cr&#233;ativit&#233; sur l'immense territoire. Ces
faits, qui ne demandent qu'&#224; &#234;tre interpr&#233;t&#233;s, semblent nous dire quelque
chose. Mais quoi ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici une hypoth&#232;se parmi d'autres : on doit se demander en effet si nous
n'assistons pas &#224; la cr&#233;ation d'une grande r&#233;serve pour le Qu&#233;bec, un peu &#224;
l'image des nouveaux autochtones que sont les Qu&#233;b&#233;cois devenus ? Que se
passe-t-il depuis le milieu des ann&#233;es 1990 ? On assiste &#224; un cycle qui, au
lieu de nous lib&#233;rer, semble nous excentrer, c'est-&#224;-dire nous isoler. Les
grands r&#234;ves, ceux qui doivent guider le peuple, l'affranchir, sont-ils
derri&#232;re nous ? On dirait que le Qu&#233;bec, jadis prosp&#232;re et actif, ressemble
toujours plus &#224; un territoire. Passons-nous lentement de la satellisation &#224;
la territorialisation du Qu&#233;bec ? Soyons encore plus pr&#233;cis : on dirait que
nous participons, malgr&#233; nous, &#224; la construction d'une cage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;crit en souvenir du po&#232;te et r&#233;sistant Ren&#233; Char, ce texte fait suite au
lendemain d'une nuit cauchemardesque. Il anticipe le r&#233;cit d'un Qu&#233;bec
devenu un &#171; territoire &#187; &#224; l'int&#233;rieur du Canada, une terre abandonn&#233;e, un
espace de d&#233;solation. Mauvais r&#234;ve certes, il projette, &#224; partir
d'aujourd'hui, la r&#233;alit&#233; de demain. C'est pour ainsi dire un mauvais r&#234;ve
de futurologie politique. Les r&#234;ves, disait Freud, s'appuient sur le pass&#233;
et concernent l'avenir : ils sont des manifestations de l'inconscient, de
forces qui d&#233;sirent. Les r&#234;ves traduisent des peurs, des d&#233;sirs refoul&#233;s et,
bien interpr&#233;t&#233;s, ils peuvent nous en apprendre beaucoup sur nous-m&#234;mes,
sur nos aspirations et nos &#233;checs. Pour Freud d'ailleurs, le cauchemar
traduit une angoisse et un rapport &#224; la mort, fut-elle symbolique. &#192; la
suite d'un mauvais r&#234;ve enfin, l'on sursaute et l'on se r&#233;veille... Voici
le petit r&#233;cit de cette malheureuse exp&#233;rience onirique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une futurologie politique reposant sur la r&#233;alit&#233; linguistique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on se couche en pensant aux chiffres du dernier recensement du
gouvernement f&#233;d&#233;ral, on risque de faire un cauchemar et de trouver le
r&#233;veil p&#233;nible. En effet, si le nombre de francophones hors Qu&#233;bec diminue,
si le Qu&#233;bec conna&#238;t une lente anglicisation et que les Qu&#233;b&#233;cois n'ont pas
assez d'enfants, il convient de se demander ce qui attend l'ensemble des
francophones du Canada. Actuellement, chez les immigrants et les jeunes, la
tendance est &#224; l'apprentissage de l'anglais. Quand on se rapporte &#224;
l'&#233;chelle mondiale, la tendance se voit confirm&#233;e : l'aplanissement des
diff&#233;rences, la standardisation du mode de vie, la &#171; sinologisation &#187; de la
production industrielle et la mise en march&#233; de l'&#233;conomie triomphante se
font &#224; partir de l'anglais, nouvelle &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;franca lingua&lt;/i&gt;. Mais quelles seront les
cons&#233;quences pr&#233;visibles de ces faits r&#233;els ? Pour le Qu&#233;bec, il est ais&#233;,
dans la prospective n&#233;gative d'abord, d'en pr&#233;voir trois : la mont&#233;e de la
solitude, la p&#233;riode du &#171; sursaut &#187; et l'accomplissement du repliement dans
la d&#233;solation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;	L'angoisse et la mont&#233;e de la solitude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand notre langue dispara&#238;t lentement, nous connaissons l'angoisse.
Quand les moyens de communications et de d&#233;veloppement de la culture ne
sont plus prot&#233;g&#233;s, mais appartiennent aux &#233;trangers, la solitude cro&#238;t et
le sentiment d'&#233;tranget&#233; cro&#238;t &#233;galement. La solitude, c'est le fait de se
sentir seul chez soi ou abandonn&#233; loin de la maison. On peut ressentir la
solitude dans une soci&#233;t&#233; aussi, puisque c'est un sentiment
d'incompr&#233;hension et d'isolement moral. La solitude, pour le dire
autrement, c'est l'anticipation de limites &#224; notre capacit&#233; de vivre dans
le monde. On peut tr&#232;s facilement s'imaginer ce que repr&#233;sente la solitude
quand on pense au sentiment de l'animal qui, sous peu, sera enferm&#233; dans
une cage&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le &#171; sursaut &#187; : la lutte contre la cage et le saut dans l'Histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Confront&#233;s &#224; l'angoisse, &#224; la mont&#233;e de la solitude et la d&#233;connexion
d'avec le monde, les individus conscients connaissent le sursaut. La
p&#233;riode de sursaut correspond au r&#233;veil devant la mauvaise nouvelle. Le
sursaut, c'est la volont&#233; de sortir de soi correspondant &#224; la rencontre
p&#233;nible avec la r&#233;alit&#233;. Il s'agit d'un choc entre l'a&#233;rien, le r&#234;ve, la
magie et le monde des causes et des effets. Si l'individualisme acc&#233;l&#232;re le
sentiment de solitude et la construction de la cage, le sursaut est v&#233;cu
individuellement mais peut se transmettre dans un groupe ou une soci&#233;t&#233;. Il
s'agit, mais c'est encore une image imparfaite, de la situation bien connue
de l'animal qui r&#233;agit dans sa cage, r&#233;alisant soudainement les limites de
ses possibilit&#233;s. Le sursaut, quand il prend l'expression du combat contre
la cage, est n&#233;gatif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, il y a une bonne nouvelle pour nous, car le sursaut peut s'exprimer
positivement. En effet, il peut donner lieu &#224; la forme positive de la
r&#233;volte contre une situation &#233;touffante, mais toujours &#224; l'int&#233;rieur des
limites et des possibilit&#233;s restantes. On peut toujours tirer profit de la
rencontre avec la r&#233;alit&#233;, s'il n'est pas d&#233;j&#224; trop tard. Un peuple par
exemple peut se r&#233;veiller et d&#233;cider de transmettre le go&#251;t de l'avenir par
la d&#233;fense de sa culture et de ses int&#233;r&#234;ts. Cela est toujours possible et,
&#224; ce titre, nous enchante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, l'anthropologie, mais aussi toutes les &#233;tudes d'ethologie
servant au progr&#232;s de la m&#233;decine v&#233;t&#233;rinaire, nous obligent &#224; pr&#233;ciser que
l'animal enferm&#233; r&#233;agit, sursaute, se r&#233;veille, se cogne contre sa cage,
mais peut apprendre aussi, avec le temps, &#224; apprivoiser sa nouvelle
r&#233;alit&#233;. Dans une cage que nous avons nous-m&#234;mes contribu&#233; &#224; construire,
on a beau crier, on se sent tout de m&#234;me chez soi. R&#233;veil et r&#233;action &#224; la
r&#233;alit&#233;, la p&#233;riode du sursaut correspond finalement &#224; la derni&#232;re charge
de l'animal contre sa cage, c'est-&#224;-dire aux r&#233;actions instinctives, aux
confins du conscient, de l'animal confront&#233; &#224; son isolement et sa possible
disparition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais existe encore la possibilit&#233; du saut. Comme mouvement qui se r&#233;alise
&#224; partir du sentiment incontr&#244;lable de peur, le saut peut conduire &#224; la
sortie de la cage, mais &#224; une seule condition, &#224; savoir que l'animal ait
appris les dimensions de la cage et qu'il soit encore capable du minimum de
recul pour sauter. Sans possibilit&#233; de recul ou de redressement, l'animal
peut dire adieu &#224; sa libert&#233;, &#224; l'ext&#233;riorit&#233;. L'histoire se produit donc,
dans les peuples, lorsque les individus ont r&#233;ussi &#224; comprendre, lors du
sursaut, que la libert&#233; est possible uniquement dans un saut assum&#233; par la
volont&#233; g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;De l'abandon &#224; la r&#233;signation : la question du langage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1440 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:188px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.litterature.org/detailauteur.asp?numero=338&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_5-miron-gaston.jpg' width=&quot;188&quot; height=&quot;260&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Osons pousser un peu plus loin cette r&#233;flexion sur les effets du saut
r&#233;sultant du &#171; sursaut &#187; d'un peuple. Si l'animal (ou le peuple par
analogie) r&#233;ussit &#224; sortir de la cage, c'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il s'est
redress&#233; et qu'il a su sauter au bon moment. En suivant le mouvement du
redressement, il a saut&#233; pour gagner sa libert&#233; et, par ce mouvement m&#234;me,
il a retrouv&#233; le monde. Le redressement, c'est le travail que l'on prend
avec son langage. On se redresse, pensons ici au travail po&#233;tique de Gaston
Miron, lorsque l'on renomme correctement, et dans la limite de ses propres
mots, les choses, et que l'on affronte la r&#233;alit&#233;. L'&#233;lan du saut visant &#224;
nous lib&#233;rer se perd en g&#233;n&#233;ral lorsque nous empruntons les mots des
autres, des mots qui, inadapt&#233;s &#224; notre situation, d&#233;forment notre r&#233;alit&#233;
et nous rendent victimes de nous-m&#234;mes. Quand on tient le discours des
autres, quand on se voit emprunter la langue des autres, l'on se perd
lentement, on perd son &#233;lan et l'on croule au fond de sa cage en tentant
d'imiter ceux que l'on consid&#232;re comme nos ma&#238;tres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, posons la question en sens contraire : que se passe-t-il si, apr&#232;s
l'&#233;pisode pour le moins douloureux du sursaut, l'animal (ou le peuple) ne
saute pas ou qu'il ne r&#233;ussit pas le saut vers sa libert&#233; ? R&#233;ponse : la
nature veut qu'il s'abandonne lentement lui-m&#234;me en d&#233;couvrant la
r&#233;signation, laquelle conduit directement vers la d&#233;solation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet encha&#238;nement d'id&#233;es m&#233;rite des explications suppl&#233;mentaires. Quand on
vit dans une cage, c'est-&#224;-dire un espace qui par essence ne peut
s'accro&#238;tre, on parvient &#224; l'aimer cette cage et &#224; la nommer avec le peu de
mots qu'il nous reste. Nos mots nomment notre monde, qui est d&#233;sormais
r&#233;duit &#224; la grandeur de ce que l'on est devenu. C'est &#224; ce moment pr&#233;cis,
au moment de la r&#233;signation, que les Qu&#233;b&#233;cois se voient, par la force d'un
cycle assez puissant, forc&#233;s de m&#233;langer le fran&#231;ais et l'anglais,
c'est-&#224;-dire de parler davantage avec des mots anglais pour faire bilingues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;signation correspond au d&#233;but de la d&#233;possession de sa langue, une
langue qui n'a pas &#233;t&#233; assez soign&#233;e et valoris&#233;e. Quand la langue se perd
et qu'elle ne devient qu'un simple outil de survivance, alors la
communication d'avec le monde se perd : les locuteurs ne parlent plus que
pour eux-m&#234;mes, car ils ne peuvent plus &#234;tre compris de l'ext&#233;rieur. Sans
langue, sans rh&#233;torique politique, sans capacit&#233; de communication
internationale, l'&#233;tape de la r&#233;signation conduit &#224; &#224; la cr&#233;olisation, &#224;
savoir une forme linguistique de la d&#233;solation &#224; l'&#233;gard de nous-m&#234;mes et
de notre survivance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;solation : la d&#233;faite et l'apr&#232;s-guerre&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;solation correspond enfin &#224; ce regard d&#233;vast&#233; sur nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Politiquement parlant, la d&#233;solation s'av&#232;re la p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre.
On la reconna&#238;t lorsque les hommes et les femmes cherchent leurs biens dans
les ruines et les ravages. Ils cherchent en m&#234;me temps leurs mots. On peut
dire par extension que la d&#233;solation, c'est aussi le regard que l'on porte
sur les ruines que nous sommes devenus pour nous-m&#234;mes, des humains au
langage malade. Est d&#233;sol&#233; celui qui regarde les ravages que la guerre,
cette guerre men&#233;e contre lui-m&#234;me, a provoqu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;solation et disparition
sont les mots qui s'appliquent &#224; l'animal politique qui, en grande partie
par sa faute, n'a pas r&#233;ussi le saut hors de la cage qu'il a contribu&#233; &#224;
construire. Quand il n'a pas r&#233;ussi le saut qu'impliquait le sursaut, il
peut, dans un dernier geste de rage, tenter de d&#233;truire tous les biens qui
devaient servir &#224; sa lib&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;... C'est &#224; ce moment d'ailleurs, lorsqu'il est question de d&#233;solation, que je
me r&#233;veille, que je sursaute dans la nuit et que je suis fier de r&#233;aliser
que ce r&#233;cit, chaotique et improbable, est le r&#233;sultat d'un bien mauvais
r&#234;ve.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;partement de philosophie / Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Le Qu&#233;bec : une soci&#233;t&#233; distincte &#224; reconna&#238;tre et une identit&#233; collective &#224; consolider</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebec-une-societe-distincte-a</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-Quebec-une-societe-distincte-a</guid>
		<dc:date>2008-01-05T21:01:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Simon Langlois - L'Action nationale&lt;br&gt;www.action-nationale.qc.ca</dc:creator>
		


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		<description>L'Action nationale Vol. LXXXI, no 4, avril 1991 R&#233;sum&#233; Le partage actuel des pouvoirs entre le gouvernement f&#233;d&#233;ral et le gouvernement provincial n'est plus adapt&#233; pour r&#233;pondre aux besoins sociaux nouveaux, n&#233;s des mutations et des changements observables dans la soci&#233;t&#233;. Il y a (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Action nationale
&lt;br&gt;Vol. LXXXI, no 4, avril 1991&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le partage actuel des pouvoirs entre le gouvernement f&#233;d&#233;ral et le gouvernement provincial n'est plus adapt&#233; pour r&#233;pondre aux besoins sociaux nouveaux, n&#233;s des mutations et des changements observables dans la soci&#233;t&#233;. Il y a un hiatus grandissant entre la constitution et la soci&#233;t&#233;. Il faut, de plus, reconna&#238;tre que le Qu&#233;bec a des caract&#233;ristiques et des aspirations distinctes qui exigent aussi des changements majeurs en mati&#232;re constitutionnelle. Il est n&#233;cessaire de tirer une cons&#233;quence claire et sans &#233;quivoque de la situation actuelle de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise : seule la souverainet&#233; compl&#232;te permettra de fixer un cadre nouveau et appropri&#233; dans lequel pourront &#234;tre effectu&#233;s des choix politiques neufs, mieux articul&#233;s pour r&#233;pondre aux besoins d&#233;j&#224; existants ou en &#233;mergence et aussi mieux ajust&#233;s aux aspirations des qu&#233;b&#233;cois. Il faudra ensuite proposer au Canada anglais non pas une association (terme p&#233;joratif associ&#233; &#224; la police d'assurance), mais plut&#244;t une alliance entre pays souverains et &#233;troitement unis, une alliance profitable &#224; tous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le foss&#233; entre la constitution et la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La constitution d'un pays sanctionne une r&#233;alit&#233; sociologique. Si l'&#233;cart entre les deux s'agrandit, c'est le fondement m&#234;me de la soci&#233;t&#233; civile qui vacille. On observe au Canada un divorce croissant, un foss&#233; grandissant entre le pays r&#233;el et la constitution qui r&#233;partit et am&#233;nage les pouvoirs des niveaux respectifs de gouvernement. Le partage actuel des pouvoirs et des responsabilit&#233;s entre les niveaux de gouvernement f&#233;d&#233;ral et provincial n'est plus adapt&#233; pour r&#233;pondre aux attentes sp&#233;cifiques du Qu&#233;bec, c'est un fait connu. Le Qu&#233;bec est devenu et s'affirme maintenant comme une soci&#233;t&#233; distincte avec des besoins propres et des aspirations sp&#233;cifiques, et une majorit&#233; grandissante de Qu&#233;b&#233;cois a peine &#224; se reconna&#238;tre symboliquement dans le Canada tel qu'il s'est lui-m&#234;me transform&#233;. Mais ce qui a moins attir&#233; l'attention, c'est le fait que les pouvoir du f&#233;d&#233;ral et des provinces, tels qu'ils sont actuellement partag&#233;s, ne correspondent plus aux besoins nouveaux qui sont n&#233;s des changements et des mutations sociales observables dans la soci&#233;t&#233; contemporaine.
(...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous ces changements n&#233;cessitent un nouveau partage des pouvoirs, soit, mais aussi un nouveau cadre juridique et constitutionnel qui permettra au Qu&#233;bec de se r&#233;aliser comme soci&#233;t&#233; globale. Ce cadre nouveau devra &#234;tre &#233;labor&#233; d'abord pour corriger le hiatus entre constitution et soci&#233;t&#233; signal&#233; plus haut, mais aussi pour rendre possible l'affirmation de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. La soci&#233;t&#233; distincte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux creusets&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Canadiens anglais ont probablement raison de reprocher aux Qu&#233;b&#233;cois de ne pas percevoir clairement les transformations r&#233;centes et les mutations qu'a connues le Canada sans le Qu&#233;bec et d'avoir encore une perception trop globale des Canadiens. En dehors du Qu&#233;bec, l'origine ethnique des Canadiens est tr&#232;s diversifi&#233;e. Les descendants des Britanniques sont minoritaires (43,2%) et on y observe une forte proportion de personnes d'origine multiple, &#224; la suite de mariages interethniques (pr&#232;s du quart de la population). Le quart des Canadiens ont une origine ethnique unique autre que fran&#231;aise ou britannique. La situation est fort diff&#233;rente au Qu&#233;bec. Le caract&#232;re ethnique du Qu&#233;bec est beaucoup moins prononc&#233; qu'il ne l'est au Canada et l'origine ethnique multiple, beaucoup moins fr&#233;quente. La minorit&#233; ayant une origine unique autre que fran&#231;aise ou britannique est aussi beaucoup plus faible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le contraste est encore plus frappant, lorsqu'on examine les langues. Rappelons - pour m&#233;moire - des faits connus. La langue maternelle est majoritairement l'anglais (80%) au Canada sans le Qu&#233;bec et majoritairement le fran&#231;ais (82,8%) au Qu&#233;bec. La langue d'usage est encore plus fortement l'anglais au Canada sans le Qu&#233;bec (88,7%) et la proportion des individus ayant comme langue d'usage une langue autre que le fran&#231;ais ou l'anglais est m&#234;me le double de celle des individus d&#233;clarant le fran&#231;ais (7,7% contre 3,6%). Enfin, moins de 10% des Canadiens se disent bilingues en dehors du Qu&#233;bec (et cela comprend les Acadiens ... ) contre 34,5% au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada des deux nations s'estompe. La notion des deux peuples fondateurs ne tient plus, puisque le Canada est devenu un ensemble multiethnique (avec une proportion grandissante de minorit&#233;s visibles), dont les citoyens ont adopt&#233; massivement l'anglais. Ce creuset est tellement fort qu'il entra&#238;ne m&#234;me une partie des francophones hors Qu&#233;bec &#224; adopter l'anglais. Le Qu&#233;bec s'est aussi, plus tardivement, engag&#233; sur la voie du creuset. L'immigration y a &#233;t&#233; moins importante, mais les Qu&#233;b&#233;cois tentent maintenant d'imposer le fran&#231;ais comme langue d'enseignement et langue d'usage sur le territoire, avec un succ&#232;s encore incertain. Les dix prochaines ann&#233;es seront, de ce point de vue, d&#233;terminantes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada des deux nations r&#234;v&#233; par Henri Bourassa ou Georges Grant n'est plus. La dualit&#233; linguistique qui a servi de point d'ancrage aux politiques de Pierre Trudeau est aussi en voie de dispara&#238;tre. Consid&#233;rons l'origine ethnique fran&#231;aise (y inclus l'origine multiple dont une des composantes est fran&#231;aise), la langue maternelle et la langue d'usage : le fait fran&#231;ais r&#233;gresse comme une peau de chagrin en dehors du Qu&#233;bec. En lieu et place des deux nations et de la dualit&#233; linguistique canadienne, on retrouve maintenant deux soci&#233;t&#233;s, l'une d&#233;j&#224; fortement multiethnique et l'autre, qui tend aussi &#224; l'&#234;tre, mais surtout deux soci&#233;t&#233;s s&#233;gr&#233;g&#233;es qui ont choisi ou d&#233;cid&#233; de vivre dans une langue majoritaire diff&#233;rente. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'identit&#233; canadienne-fran&#231;aise, ou ce qui en reste, se fonde sur des liens de descendance, de filiation, de consanguinit&#233;. L'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise n'est pas avant tout ethnique et elle le sera de moins en moins. Pour les Qu&#233;b&#233;cois, la langue fran&#231;aise est le moyen privil&#233;gi&#233; permettant l'int&#233;gration de personnes de diverses origines &#224; un m&#234;me ensemble. Le fran&#231;ais joue ici le m&#234;me r&#244;le que l'anglais au &#201;tats-Unis ou au Canada. La langue ne marque pas l'appartenance &#224; un groupe ethnique pr&#233;cis ; elle est le moyen de marquer l' appartenance &#224; une soci&#233;t&#233; globale. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une soci&#233;t&#233; globale sp&#233;cifique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, on a trop restreint la sp&#233;cificit&#233; du Qu&#233;bec &#224; des questions de langue et d'ethnicit&#233;. Or, le Qu&#233;bec est aussi devenu peu &#224; peu une soci&#233;t&#233; globale, pour reprendre un concept de la sociologie, avec un ensemble d'institutions sp&#233;cifiques, une organisation sociale propre, une culture propre et un genre de vie sp&#233;cifique, des objectifs nationaux et politiques diff&#233;rents, qui en ont fait bien davantage un pays qu'une province, qui en ont fait bien davantage une soci&#233;t&#233; civile qu'un groupe ethnique. C'est cette sp&#233;cificit&#233; qu&#233;b&#233;coise qu'il faut reconna&#238;tre dans le d&#233;bat constitutionnel actuel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Canadiens per&#231;oivent encore les francophones comme une minorit&#233; ; les Qu&#233;b&#233;cois se per&#231;oivent comme une majorit&#233;. La sp&#233;cificit&#233; qu&#233;b&#233;coise s'est affirm&#233;e au fil des ans, alors que s'&#233;moussait l'identit&#233; canadienne-fran&#231;aise, parce qu'elle a su s'appuyer sur un ensemble d'institutions fortes et sur l'existence d'un &#201;tat qui a assur&#233; la promotion collective de ses citoyens, mais aussi des institutions pour reconna&#238;tre et donner tous les services &#224; sa minorit&#233; historique anglophone, pour affirmer le visage fran&#231;ais de la soci&#233;t&#233; civile qu&#233;b&#233;coise, des institutions pour atteindre des objectifs sociaux donn&#233;s (services sociaux, etc.) et des institutions pour accueillir et int&#233;grer les immigrants &#224; la majorit&#233; francophone. Comme tous les &#201;tats du monde, le Qu&#233;bec a &#233;tabli des r&#232;gles du jeu pour constituer une soci&#233;t&#233; civile originale et sp&#233;cifique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un d&#233;calage politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a toujours eu un d&#233;calage politique entre le Qu&#233;bec et le Canada, comme si les deux soci&#233;t&#233;s n'&#233;voluaient pas sur la m&#234;me longueur d'ondes, n'&#233;voluaient pas au m&#234;me rythme. Au d&#233;but du si&#232;cle, Henri Bourassa plaidait la th&#232;se des deux nations, luttait pour la reconnaissance du fait fran&#231;ais dans les institutions du pays. Lorsque l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral a enfin accept&#233; de reconna&#238;tre vraiment la composante fran&#231;aise du Canada, il &#233;tait trop tard : l'&#201;tat du Qu&#233;bec s'&#233;tait d&#233;j&#224; constitu&#233; comme le principal appareil politique des francophones de ce pays. Les Canadiens fran&#231;ais ont beaucoup lutt&#233; pour le bilinguisme ; quand ce dernier est arriv&#233; au Canada, le Qu&#233;bec &#233;tait d&#233;j&#224; bien engag&#233; dans la promotion du fait fran&#231;ais, en allant m&#234;me jusqu'&#224; tasser quelque peu l'anglais et en proclamant le Qu&#233;bec province unilingue fran&#231;aise. Les Canadiens fran&#231;ais ont &#233;t&#233; les premiers &#224; revendiquer la s&#233;paration d'avec l'Angleterre ; le rapatriement de la constitution est venu tardivement (sans encore briser les liens symboliques avec cette derni&#232;re). M&#234;me chose avec les symboles nationaux. Les Canadiens fran&#231;ais ont longtemps propos&#233; au Canada l'adoption d'un hymne national et d'un drapeau canadiens. Ce dernier est arriv&#233; plus de vingt ans apr&#232;s l'adoption du fleur-de-lys&#233;, devenu entre-temps symbole de ralliement au Qu&#233;bec. Quand le Canada anglais s'est mis &#224; envoyer ses enfants dans les &#233;coles d'immersion fran&#231;aise, le plus souvent avec la r&#233;elle conviction de servir l'unit&#233; nationale et dans un geste d'ouverture envers le fran&#231;ais, le Qu&#233;bec fermait l'acc&#232;s de ses &#233;coles anglaises aux francophones et aux nouveaux arrivants. La liste des exemples &#224; l'appui de ce d&#233;calage pourrait se multiplier longuement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les propositions du Qu&#233;bec ou du Canada fran&#231;ais ont souvent heurt&#233; le reste du Canada. Quand ce dernier a fini par s'y rallier tardivement, le Qu&#233;bec &#233;tait pass&#233; &#224; autre chose. Le dernier exemple, peut-&#234;tre le plus important, est le refus de reconna&#238;tre la soci&#233;t&#233; distincte qu&#233;b&#233;coise dans la Constitution. A notre avis, c'est ce d&#233;calage qui est la source de l'&#233;chec du lac Meech. Or, ce d&#233;calage dans les perceptions et les actions augure mal pour de futures n&#233;gociations avec le Canada dans le cadre actuel. Quand on n&#233;gocie avec un partenaire, il faut &#234;tre sur la m&#234;me longueur d'onde, ne serait-ce que pour s'entendre sur la nature du conflit, que pour identifier les enjeux et les points de d&#233;saccord. Or, ce n'est pas le cas entre le Qu&#233;bec et le reste du Canada actuellement. Certains, au Qu&#233;bec, avancent l'id&#233;e d'une n&#233;gociation &#224; deux, apr&#232;s l'&#233;chec de la n&#233;gociation &#224; onze. Le reste du Canada, et notamment les neuf autres provinces, a refus&#233; ce cadre de n&#233;gociation, du moins pouvons-nous le pr&#233;voir, pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de ce d&#233;calage dans les repr&#233;sentations collectives dont nous venons de faire l'hypoth&#232;se.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a d&#233;j&#224; longtemps que l'on d&#233;crit le Qu&#233;bec comme une soci&#233;t&#233; distincte, depuis le Rapport pr&#233;liminaire, de la Commission royale d'enqu&#234;te sur le bilinguisme et le biculturalisme (1965), dont le paragraphe 104 est justement intitul&#233; &#171; la soci&#233;t&#233; distincte &#187;, jusqu'au texte de l'Accord du Lac Meech. Mais on n'a pas encore r&#233;ussi &#224; en tirer les implications et les cons&#233;quences sur le plan constitutionnel, notamment parce que cette perception du Qu&#233;bec comme soci&#233;t&#233; distincte globale, comme nouveau creuset, est tr&#232;s floue dans le reste du Canada. On y per&#231;oit le fran&#231;ais comme une langue ethnique, &#224; prot&#233;ger pour des raisons historiques, alors que le Qu&#233;bec revendique plus de pouvoirs pour consolider son identit&#233;. Voil&#224; le noeud du probl&#232;me actuel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;II. Balises pour un choix politique et constitutionnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une forte majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois s'entendent pour apporter des changements majeurs - sinon radicaux - &#224; la Constitution actuelle. Les discussions en la mati&#232;re tournent vite &#224; l'examen des m&#233;rites et des inconv&#233;nients des diverses options constitutionnelles, mais on parle moins des orientations fondamentales qu'il ne faudrait pas manquer aussi d'examiner. Quel type de soci&#233;t&#233; voulons-nous b&#226;tir ? Pour quel type de soci&#233;t&#233; voulons-nous une nouvelle constitution ? Ce sont l&#224; des questions pr&#233;alables qui appelleront des r&#233;ponses au moment de fixer le statut constitutionnel du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le lien froid de l'argent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs observateurs ont critiqu&#233; le biais &#233;conomiste ou affairiste du d&#233;bat sur l'avenir du Qu&#233;bec. Marx est mort (de m&#234;me que meurent sous nos yeux bien des r&#233;gimes qui s'en sont r&#233;clam&#233;s), mais le &#171; lien froid de l'argent &#187; dont il parlait est bien vivant. Il est m&#234;me en train de devenir fort important dans les pays de l'Est qui se tournent vers l'&#233;conomie de march&#233;. Il n'en va pas autrement dans les d&#233;bats sur l'avenir du Qu&#233;bec. Le R&#233;f&#233;rendum de 1980 a &#233;t&#233; marqu&#233; par les discussions comptables sur le bilan des &#233;changes, la rentabilit&#233; du f&#233;d&#233;ralisme ou le co&#251;t de l'ind&#233;pendance. Dix ans plus tard, on a r&#233;solument plac&#233; les travaux de la Commission sur l'avenir politique et constitutionnel du Qu&#233;bec sur le terrain de l'&#233;conomie, des affaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut ramener cette perspective &#224; sa juste dimension et ne pas enfermer le d&#233;bat sur l'avenir du Qu&#233;bec dans cette seule approche. Elle est importante, certes, mais elle n'est pas la seule. Le spectre du dollar &#224; 70 cents a fait peur &#224; bien des gens en 1980. Pourtant, lorsque le dollar a atteint un creux de 69,8 cents am&#233;ricains quelques ann&#233;es plus tard, sous un r&#233;gime f&#233;d&#233;raliste est-il besoin de le souligner, on a pr&#233;tendu que c'&#233;tait bon pour l'&#233;conomie exportatrice et cette ann&#233;e-l&#224;, des centaines de milliers de Qu&#233;b&#233;cois ont de nouveau pass&#233; leurs vacances d'hiver et d'&#233;t&#233; aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut mettre le d&#233;bat sur un autre terrain. Quand on discute de l'avenir d'un pays, il faut savoir compter, c'est s&#251;r, mais il faut aussi &#234;tre capable d'esp&#233;rer. Il faut savoir ouvrir des voies nouvelles et s'engager dans leur consolidation ou dans leur construction si n&#233;cessaire. Il faut savoir compter aussi sur la capacit&#233; d'ajustement, sur la comp&#233;tence &#224; faire face &#224; l'inconnu et au nouveau. D'autres pays nous offrent en ce moment des exemples &#224; suivre, des exemples de situations qui impliquent des changements radicaux : r&#233;unification de l'Allemagne de l'Est &#224; l'Allemagne de l'Ouest, l'adh&#233;sion de la Gr&#232;ce ou du Portugal au march&#233; commun, le passage de la Pologne &#224; l'&#233;conomie de march&#233;. Il n'en va pas diff&#233;remment du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Plus de nationalit&#233;, moins de nationalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme a fait beaucoup de d&#233;g&#226;t, au XXe si&#232;cle, et il continue d'en faire dans certains coins du monde. Les &#233;trangers qui nous visitent lorsque notre pays conna&#238;t certaines pouss&#233;es de fi&#232;vre nationalistes ne sont pas sans ressentir quelques malaises devant la mar&#233;e des drapeaux qu&#233;b&#233;cois qui envahit nos rues. Ils ne peuvent faire autrement que d'associer ces d&#233;bordements &#224; d'autres qui ont d&#233;rap&#233; ailleurs, s'appuyant au hasard sur une pancarte malheureuse qui donne parfois le ton &#224; leur perception. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il y a dans le nationalisme une autre face, celle de l'affirmation de soi : &#171; Volont&#233; de puissance chez les grands peuples, le nationalisme, chez les petits, est une volont&#233; d'&#234;tre. &#187; (Jean Bouthillette, Le Canadien fran&#231;ais et son double, Montr&#233;al, L'Hexagone, 1972, 2e &#233;dition, 1989, p. 54.). Le nationalisme qu&#233;b&#233;cois a souvent &#233;t&#233; caricatur&#233; par ses adversaires qui l'ont associ&#233; &#224; cette volont&#233; de puissance, alors qu'en r&#233;alit&#233; il entend d'abord exprimer une volont&#233; d'&#234;tre. Peut-&#234;tre vaudrait-il mieux, &#224; la suite de Raymond Aron, appeler &#171; nationalit&#233; &#187; le sentiment d'appartenance &#224; une communaut&#233; culturelle, pour le distinguer du nationalisme, ce mot trop charg&#233; de connotations p&#233;joratives ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mouvement nationalitaire qu&#233;b&#233;cois est une puissante force de rassemblement. Il doit aussi accueillir et faire une place aux nouveaux Qu&#233;b&#233;cois qui choisissent et choisiront encore le Qu&#233;bec, dans le respect et l'acceptation des institutions et des r&#232;gles du jeu du pays d'accueil, tout comme il doit continuer de reconna&#238;tre et de respecter sa minorit&#233; anglophone qui est l&#224; pour rester.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Plus de culture, moins de multiculture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada est un pays sans identit&#233; propre. Il a, pendant quelque temps, appuy&#233; son identit&#233; sur son caract&#232;re biculturel et bilingue. Cette voie est de moins en moins privil&#233;gi&#233;e pour les raisons &#233;voqu&#233;es plus haut : une majorit&#233; croissante de Canadiens ne se reconnaissent pas dans l'id&#233;ologie des deux peuples fondateurs, le fait fran&#231;ais se concentre de plus en plus au Qu&#233;bec, sans parler du d&#233;veloppement d'institutions parall&#232;les. Le bilinguisme des institutions d'un oc&#233;an &#224; l'autre impos&#233; par Trudeau n'a pas r&#233;ussi &#224; souder une nouvelle identit&#233; canadienne. Sans identit&#233; propre, le Canada s'est engag&#233; &#224; fond dans le multiculturalisme au point d'en faire un absolu incontournable. Le Canada a &#233;rig&#233; en politique officielle non seulement le respect, mais aussi la promotion des diff&#233;rences, parce qu'il &#233;tait lui-m&#234;me incapable d'offrir une culture originale susceptible de servir de mod&#232;le int&#233;grateur. Les Canadiens, d'ailleurs, commencent &#224; se demander si on n'a pas trop mis l'accent sur les diff&#233;rences et le respect des diverses cultures au Canada, au d&#233;triment de la construction d'une identit&#233; commune canadienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec a choisi une voie diff&#233;rente de la voie canadienne pour affirmer son rapport avec ses immigrants, une voie qui s'apparente davantage &#224; ce qui se fait aux &#201;tats-Unis ou en France. Il doit poursuivre dans cette direction, en proposant aux nouveaux arriv&#233;s l'int&#233;gration dans la soci&#233;t&#233; d'accueil. Celle-ci leur sera ouverte, et en retour ces derniers l'enrichiront de leur apport. Il ne s'agit pas ici de nier la sp&#233;cificit&#233; culturelle des immigrants, mais plut&#244;t de leur faire une place. Int&#233;gration ne signifie pas assimilation pure et simple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La culture exprime d'abord l'id&#233;e de partage, l'id&#233;e d'un vouloir-vivre en commun. Elle s'appuie sur un h&#233;ritage, mais elle le transforme et le remod&#232;le sans cesse. C'est ce qui diff&#233;rencie une culture vivante d'une culture morte. La culture n'a pas de fronti&#232;re, mais elle a des racines. Elle s'alimente de partout, elle s'impr&#232;gne du monde, mais elle le retraduit &#224; partir d'un ici concret et non dans l'abstrait. Cette culture-l&#224;, qui d&#233;bouche sur l'universel et qui s'y alimente, le Qu&#233;bec a mis du temps &#224; la construire. Ses artisans ont beaucoup puis&#233; &#224; l'ext&#233;rieur, principalement en France, en Angleterre et aux &#201;tats-Unis, destinations privil&#233;gi&#233;es pour les &#233;tudes, les voyages, les visites de ressourcement. Ont aussi particip&#233; &#224; l'&#233;laboration de cette culture qu&#233;b&#233;coise tous ceux qui se sont joints &#224; nous en cours de route, cette fois d'horizons plus divers. Sait-on qu'une partie importante de nos artistes, de nos &#233;crivains et de nos intellectuels sont de souche r&#233;cente ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois francophones de vieille souche ont longtemps v&#233;cu dans une soci&#233;t&#233; tricot&#233;e serr&#233;e, selon l'expression de Marcel Rioux. Ce sera de moins en moins le cas, dans un Qu&#233;bec d&#233;j&#224; plus ouvert sur le monde. Il leur faudra, dans ce contexte nouveau, refuser l'id&#233;alisation du &#171; pass&#233;-antiquaire &#187; dont parlait Nietzsche. Le Qu&#233;bec de demain va se construire aussi avec ceux qui &#233;taient jusque-l&#224; &#233;trangers &#224; la majorit&#233; francophone. Par ailleurs, les nouveaux immigrants devront reconna&#238;tre qu'ils s'&#233;tablissent dans un pays de langue fran&#231;aise, dans une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente du Canada ou des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un projet pour tous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Hubert Guindon a bien montr&#233; comment les classes moyennes avaient profit&#233; de la modernisation du Qu&#233;bec et de l'intervention accrue de l'&#201;tat. La garde montante et les gens d'affaires ont aussi profit&#233; de l'appui de l'&#201;tat. N'en soyons pas surpris : chaque pays, y compris les Etats-Unis, a ses fa&#231;ons propres d'appuyer le d&#233;veloppement de ses entreprises et de son appareil de production. Le r&#233;am&#233;nagement des pouvoirs doit aussi se faire, non seulement pour assurer une meilleure formation de la main-d'oeuvre au moyen de politiques int&#233;gr&#233;es, non seulement pour assurer des instruments et des politiques de d&#233;veloppement de nos entreprises, il doit se faire aussi pour assurer une meilleure redistribution des revenus, une plus grande justice sociale et &#233;conomique. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;III. Le statut politique du Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada est un pays incapable de modifier sa constitution, un pays qui s'est av&#233;r&#233; incapable de l'amender pour y apporter les corrections que n&#233;cessitent l'&#233;volution sociale ou un nouvel environnement. Les discussions constitutionnelles y ont &#233;t&#233; pourtant nombreuses. La premi&#232;re eut lieu en 1897 et depuis 1927, pas moins de 35 conf&#233;rences constitutionnelles ont &#233;t&#233; convoqu&#233;es. Les diagnostics sur la crise canadienne se sont succ&#233;d&#233; au fil des enqu&#234;tes royales et des commissions d'enqu&#234;te (...).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut tirer une le&#231;on de toutes ces tentatives rat&#233;es, de tous ces rendez-vous manqu&#233;s, de tous ces &#233;checs en mati&#232;re constitutionnelle. Le partage actuel des comp&#233;tences n'est plus fonctionnel pour faire face aux d&#233;fis nouveaux pos&#233;s par les changements sociaux profonds observ&#233;s durant les derni&#232;res d&#233;cennies. Il ne correspond pas non plus aux aspirations qui se sont d&#233;velopp&#233;es de part et d'autre, et notamment aux aspirations des Qu&#233;b&#233;cois. Ces deux constats doivent guider la recherche de solutions et l'&#233;laboration de nouvelles propositions sur le statut politique du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'option de la souverainet&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec et le Canada ont &#233;volu&#233; dans des directions diff&#233;rentes, qui exigent maintenant plus que du bricolage ou du rafistolage constitutionnels ad hoc. Nous voil&#224; en pr&#233;sence de soci&#233;t&#233;s qui sont &#224; la fois proches l'une de l'autre, mais fort diff&#233;rentes, un peu comme les fr&#232;res et soeurs qui se retrouvent, &#224; l'&#226;ge de cinquante ans, &#224; la fois li&#233;s pour l'enfance v&#233;cue en commun, mais &#233;trangers les uns aux autres &#224; la suite des d&#233;cisions qu'ils ont prises tout au long de leur vie. Or, nous sommes en pr&#233;sence de soci&#233;t&#233;s dans lesquelles les diff&#233;rences sont en voie d'escamoter les liens communs, liens qui sont cependant toujours &#233;voqu&#233;s avec une certaine nostalgie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'agissant du statut du Qu&#233;bec, le regard doit se tourner r&#233;solument vers le futur. Ce futur doit &#234;tre pens&#233; en fonction du pr&#233;sent tel qu'il est ou tel qu'il est devenu au fil des ans et des choix que l'on veut renforcer. La souverainet&#233; du Qu&#233;bec appara&#238;t comme un choix logique qui d&#233;coule de l'analyse propos&#233;e plus haut et comme un choix politique et strat&#233;gique pour sortir de l'impasse canadienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les opposants &#224; l'option souverainiste du Qu&#233;bec critiquent ce choix en soutenant qu'il va &#224; contre-courant de l'histoire. Certains vont m&#234;me jusqu'&#224; traiter cette option de retour &#224; la grande noirceur et de recul au XIXe si&#232;cle, ou encore la consid&#232;rent comme une id&#233;e r&#233;trograde et obscurantiste, &#224; l'heure o&#249; se construit la communaut&#233; europ&#233;enne, r&#233;f&#233;rence oblig&#233;e de ces commentateurs critiques. Ces critiques sont non fond&#233;es et abusives.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;fl&#233;chissons un peu sur l'exp&#233;rience europ&#233;enne. Se reconnaissant une identit&#233; commune, les Europ&#233;ens affirment en m&#234;me temps leurs particularismes locaux et r&#233;gionaux. Les r&#233;gions profiteront du march&#233; commun vraiment ouvert pour affirmer leur particularit&#233;, leur identit&#233; propre. Voil&#224; un paradoxe apparent sur lequel on n'a pas assez r&#233;fl&#233;chi : l'ouverture &#224; un ensemble plus large redonne aux citoyens le go&#251;t, et les moyens, de reconstruire et de renforcer des identit&#233;s particuli&#232;res, plus locales. L'identit&#233; europ&#233;enne qui s'affirme avec plus de force n'efface pas ni ne remplace les identit&#233;s nationales. Les Fran&#231;ais et les Allemands vont rester fran&#231;ais et allemands, mais en partageant plus de choses, en acceptant de se faire concurrence encore plus que par le pass&#233;, notamment en ouvrant leurs march&#233;s du travail respectifs. Sur bien des plans, ils iront m&#234;me plus loin que le Canada actuel qui a &#233;rig&#233; de nombreuses fronti&#232;res entre ses provinces. L'engagement dans une communaut&#233; supranationale suppose d'abord que chaque pays dispose de moyens pour affirmer sa sp&#233;cificit&#233;, &#224; partir de laquelle ils peuvent s'ouvrir sur l'ext&#233;rieur. Il en va de m&#234;me pour le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;De l'association &#224; l'alliance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucoup de Canadiens per&#231;oivent l'association avec le Canada propos&#233;e par les souverainistes qu&#233;b&#233;cois comme une fa&#231;on commode de minimiser les risques de la souverainet&#233; tout en retirant les avantages. Bien des Qu&#233;b&#233;cois pensent aussi de m&#234;me : r&#234;vant de souverainet&#233;, mais craintifs devant les risques qu'elle comporte, ils se donnent comme police d'assurance l'association avec le reste du Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut revoir cette perception, de part et d'autre. Le Qu&#233;bec ne pourra pas chercher &#224; obtenir &#224; la fois les avantages de l'appartenance &#224; la f&#233;d&#233;ration canadienne et ceux de la souverainet&#233;. Le nouveau lien avec le Canada doit &#234;tre une alliance avec un voisin qui profitera &#224; tous, et non une police d'assurance. Le mot association est en ce moment tr&#232;s p&#233;joratif au Canada anglais ; c'est un terme charg&#233; de connotations qui le rapprochent de la police d'assurance car la perception que le Qu&#233;bec tire profit du Canada y est largement r&#233;pandue. Le mot association doit &#234;tre abandonn&#233;, &#224; notre avis, pour d&#233;crire le nouveau lien du Qu&#233;bec avec le Canada. Appelons un chat, un chat, et la souverainet&#233;, la souverainet&#233;. Ceci dit, la position du Qu&#233;bec aura l'avantage de la clart&#233;, ce qui facilitera les discussions avec le reste du Canada. Plut&#244;t que de proposer l'association le Qu&#233;bec devrait proposer au reste du Canada une nouvelle alliance entre partenaires souverains, ce qui est diff&#233;rent. Des partenaires qui feront des affaires ensemble, qui partageront des politiques, qui rechercheront en commun l'atteinte de certains objectifs. Il y aura un grand travail &#224; faire pour changer la perception et les repr&#233;sentations sociales au Canada anglais, peu enclin en ce moment &#224; envisager les relations avec le Qu&#233;bec sur cette nouvelle base.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La souverainet&#233;, un cadre constitutionnel plus appropri&#233; pour des choix politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La souverainet&#233; seule permet de faire des choix, de proposer des alliances. Elle se distingue de la recherche d'une plus grande autonomie parce que cette derni&#232;re ne donne pas le contr&#244;le sur la prise de d&#233;cision. La souverainet&#233; n'est pas une fin en soi. Elle n'est pas non plus importante seulement sur le plan symbolique, pour permettre aux diplomates et politiciens du Qu&#233;bec de se promener l'&#233;tranger &#171; avec le flag qu&#233;b&#233;cois sur le hood de leur char &#187; pour reprendre les mots de Jean Chr&#233;tien. Elle est plut&#244;t un cadre privil&#233;gi&#233; pour des choix politiques. &#201;vitons, au passage, la r&#233;f&#233;rence au concept flou de &#171; choix de soci&#233;t&#233; &#187;. Une soci&#233;t&#233; ne choisit pas d'&#234;tre ; elle existe, marqu&#233;e par des conflits et des oppositions, avec une histoire et dans un environnement qui lui imposent leurs contraintes ; elle existe comme le r&#233;sultat des actions libres et contraintes de ses citoyens. On peut faire des choix politiques, certes, mais on ne peut pas vraiment choisir ce que sera une soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quels sont ces choix politiques ? Il faut d'abord &#233;viter de dresser une liste d'&#233;picerie remplie de bonnes intentions et de g&#233;n&#233;reuses mesures pour tous, liste qui ne nous m&#232;nera pas tr&#232;s loin. Le Qu&#233;bec a besoin de plus de pouvoirs pour trouver ici des solutions aux probl&#232;mes qui se posent et pour atteindre des objectifs, d&#233;cisifs pour son avenir en Am&#233;rique. Donnons quelques exemples pour illustrer ce point de vue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous les &#201;tats g&#232;rent leur population. Certains ferment leurs fronti&#232;res aux &#233;trangers (le Japon), d'autres ne reconnaissent pas la nationalit&#233; aux enfants des &#171; travailleurs invit&#233;s &#187; pourtant n&#233;s dans le pays (l'Allemagne), plusieurs &#201;tats cherchent &#224; limiter la f&#233;condit&#233; pendant que d'autres ont des politiques natalistes (la France, par exemple). Le Qu&#233;bec et le Canada ont effectu&#233; des choix politiques diff&#233;rents, tr&#232;s diff&#233;rents m&#234;me, en ce domaine. Le Canada pr&#233;f&#232;re ouvrir plus largement ses portes &#224; l'immigration dans le but d'augmenter sa population, alors que le Qu&#233;bec a une strat&#233;gie mixte, ax&#233;e sur la mise en place d'une politique nataliste (en fait, un embryon de politique, compar&#233;e &#224; ce qui se fait en France, par exemple) et sur le maintien de l'immigration. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est peut-&#234;tre sur les plans culturel et linguistique que le Qu&#233;bec a effectu&#233; des choix politiques qui le distinguent le plus du reste du Canada. Le Qu&#233;bec fran&#231;ais a r&#233;ussi l&#224; o&#249; le Canada fran&#231;ais a &#233;chou&#233;, parce qu'il disposait de pouvoirs propres. Ce n'est pas l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral qui a assur&#233; le d&#233;veloppement d'institutions vivantes, fonctionnant en fran&#231;ais. Ce dernier a fait des efforts louables pour dispenser des services dans leur langue aux francophones, c'est certain, mais c'est d'abord l'existence d'un pouvoir politique provincial important qui a permis au fran&#231;ais d'&#234;tre plus qu'une langue de minoritaire parl&#233;e avant tout dans la famille. L'exp&#233;rience pass&#233;e montre que le Qu&#233;bec doit conserver et obtenir le plus de pouvoirs possibles pour adopter des politiques de d&#233;veloppement culturel appropri&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ne pas oublier les cousins canadiens-fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La minorit&#233; anglophone du Qu&#233;bec pourra compter sur l'appui de tout l'environnement nord-am&#233;ricain pour assurer son d&#233;veloppement. Il en va diff&#233;remment de la minorit&#233; canadienne-fran&#231;aise. Celle-ci ne devra pas &#234;tre laiss&#233;e &#224; l'abandon par le Qu&#233;bec, qui aura &#224; son &#233;gard un r&#244;le historique &#224; jouer. Devant un Qu&#233;bec souverain, le Canada va red&#233;finir radicalement ses politiques officielles de bilinguisme. Dans ce contexte, le Qu&#233;bec devra apporter un soutien accru aux communaut&#233;s francophones, notamment en mati&#232;re d'enseignement, de culture et de communication.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'une des principales difficult&#233;s qui surgira dans l'&#233;tablissement de nouveaux rapports avec les Canadiens fran&#231;ais sera sans doute la mont&#233;e des identit&#233;s francophones r&#233;gionales, d&#233;crites et analys&#233;es plus haut. Les francophones des autres provinces ne sont pas des Qu&#233;b&#233;cois en exil et les Qu&#233;b&#233;cois se sentent de moins en moins Canadiens-fran&#231;ais. A la recherche d'un nouveau statut constitutionnel pour eux-m&#234;mes, les Qu&#233;b&#233;cois devront aussi pr&#234;ter attention aux cons&#233;quences qu'il impliquera pour leurs cousins francophones qui ne manqueront pas d'&#234;tre affect&#233;s, quelle que soit la solution retenue, comme on l'a vu au moment des discussions sur l'Accord du Lac Meech.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Simon LANGLOIS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Professeur. D&#233;partement de sociologie.&lt;br&gt;
Universit&#233; Laval&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Le Qu&#233;bec devant la glace : entre l'ajournement et l'abandon</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebec-devant-la-glace-entre-l</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-Quebec-devant-la-glace-entre-l</guid>
		<dc:date>2007-12-07T20:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


[()


		<description>Envisager aujourd'hui la r&#233;alit&#233; du pire, c'est savoir qu'il faut changer soi-m&#234;me quelque chose de son vivant, et cela dans la mesure du possible. Envisager le pire, c'est vivre encore. Quand on s'est bien regard&#233; dans la glace, il faut se pr&#233;parer &#224; sortir (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=right&gt;&#171; Pourquoi nous retirer et abandonner la partie, &lt;br&gt;
quand il nous reste tant d'&#234;tres &#224; d&#233;cevoir ? &#187;&lt;br&gt;
&#201;mile Cioran, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Syllogismes de l'amertume&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise se regarde dans un miroir. Si sa maturit&#233; politique
tarde &#224; venir, elle se regarde via les autres et s'inqui&#232;te. Car le
mouvement affirmatif qui a pr&#233;sid&#233; &#224; sa modernit&#233; et qui l'a rendue fi&#232;re
d'elle-m&#234;me, la R&#233;volution tranquille, conna&#238;t ses effets et ses limites.
Les acquis de cette r&#233;volution sont sans cesse remis en question et
nombreux sont les jeunes et moins jeunes qui ne semblent gu&#232;re comprendre
pourquoi le Qu&#233;bec s'est modernis&#233;. Quelque chose ne passe pas entre les
combats des plus vieux et les int&#233;r&#234;ts des plus jeunes : un lien s'est
bris&#233;. Les luttes n'int&#233;ressent plus ceux qui veulent faire de l'argent
imm&#233;diatement et qui sont pr&#234;ts &#224; tout pour suivre le discours dominant.
Trop de nos jeunes, insensibles au travail de l'histoire, ignorant presque
tout des batailles du pass&#233;, ne cherchent qu'&#224; s'&#233;tourdir dans la
technologie et &#224; oublier. C'est ainsi que le Qu&#233;bec se regarde lui-m&#234;me,
mais n'appr&#233;cie pas l'image que le miroir lui renvoie. Son pass&#233; difficile,
religieux et humiliant, revient le hanter souvent. On dirait que le Qu&#233;bec paie le prix fort de son &#171; ajournement &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce texte veut r&#233;fl&#233;chir aux effets de l'ajournement de soi-m&#234;me dans la
r&#233;alit&#233; de l'abandon. En clair : il envisage le pire. Par artifice de
m&#233;thode, il accepte d'envisager le pire pour une soci&#233;t&#233;, &#224; savoir son
d&#233;clin. L'image traumatisante d'un viaduc qui s'effondre implique plus que
la chute d'une structure : elle renvoie aussi l'image de l'&#233;rosion de ce
que les Qu&#233;b&#233;cois ont construit de plus solide durant les d&#233;cennies
1960-70. Or pourquoi nos constructions tombent-elles ? Sommes-nous capables
de les entretenir ? Il ne faut pas &#234;tre un grand clerc pour voir que les &#171; constructions &#187; qu&#233;b&#233;coises sont mises &#224; rude &#233;preuve, vacillent et parfois
s'effondrent. Malgr&#233; certaines r&#233;ussites, il faut voir les faits. Qu'on
pense aux grands symboles : la sortie du Cardinal Ouellet t&#233;moignant d'une
&#201;glise qui se perd, les probl&#232;mes financiers de l'UQAM, la mont&#233;e du priv&#233;
en sant&#233;, les &#233;checs du syst&#232;me d'&#233;ducation, les scandales &#233;conomiques et
politiques, le laxisme s'infiltrant dans les institutions, le d&#233;clin
d&#233;mographique, le recul progressif et irr&#233;versible du fran&#231;ais &#224; Montr&#233;al,
la mise sur pied de la culpabilisante Commission Bouchard-Taylor sur les
accommodements par un gouvernement irresponsable et incapable de d&#233;fendre la
la&#239;cit&#233; de son r&#233;seau public, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait dire que tout ne va pas si mal, mais notre th&#232;se dit que
refuser la responsabilit&#233; que l'on a envers soi-m&#234;me et envers les autres
s'appelle l'abandon. Que celui-ci est pr&#233;c&#233;d&#233; par l'angoisse de la perte.
Les questions peu agr&#233;ables qu'il faut se poser aujourd'hui sont les
suivantes : le Qu&#233;bec, qui a opt&#233; pour l'ajournement, est-il en train de
s'abandonner lui-m&#234;me ? Si oui, quelles sont les causes ? Et si le Qu&#233;bec
s'abandonne lentement, cela signifie-t-il qu'il ira in&#233;luctablement vers sa
fin ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Disparition de la figure d'autorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On rel&#232;vera d'abord que la R&#233;volution tranquille, qui devait lib&#233;rer les
citoyens opprim&#233;s par la religion, a produit, sur 40 ans, un effet pervers : la disparition de la figure d'autorit&#233;. En effet, en chassant tous les
pr&#234;tres de la vie publique, l'on a chass&#233; du m&#234;me coup toutes les figures
symboliques d'autorit&#233;. Nous avons choisi la libert&#233; et nous r&#233;coltons
aujourd'hui les fruits de ce renversement ultra-rapide de la tradition dans
la modernit&#233;. La figure d'autorit&#233;, que ce soit celle du p&#232;re, du
professeur ou du policier, a disparu au profit d'un rel&#226;chement, d'un
laxisme, d'un &#171; chacun pour soi &#187;. Toute autorit&#233; au Qu&#233;bec est suspecte,
ce qui entra&#238;ne un manque de respect envers les lois et les principes et la
soci&#233;t&#233; dans son ensemble. Ce n'est pas &#234;tre de droite, &#171; r&#233;actionnaire &#187;
ou moralisateur que de relever l'absence de civisme et d'entraide dans
notre soci&#233;t&#233;. Qui aujourd'hui peut dire sans rire que notre soci&#233;t&#233; est
respectueuse, polie, prometteuse, juste et &#233;quitable ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;chec de la fonction paternelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La disparition de la figure de l'autorit&#233; trouve sa correspondance dans
l'&#233;chec de la fonction paternelle. En psychologie, la fonction paternelle
est d&#233;cisive puisque c'est la fonction de l'interdit incarn&#233; par les
parents que doivent int&#233;rioriser progressivement les enfants durant leur
d&#233;veloppement. L'interdit est d&#233;cisif puisqu'il permet de tracer des
limites aux pulsions afin de favoriser l'apprentissage de la vie sociale.
Un enfant qui ne respecte pas ses parents (ou l'autorit&#233;) conna&#238;tra
in&#233;vitablement des probl&#232;mes sociaux, car il n'aura pas int&#233;rioris&#233; la loi,
l'interdit, c'est-&#224;-dire ce qu'il ne faut pas faire. Il conna&#238;tra des
difficult&#233;s &#224; devenir adulte. Il ne pourra pas se choisir lui-m&#234;me et
envisager son avenir, car il attendra que quelqu'un d'autre lui indique la
bonne direction. Si la fonction paternelle est affaiblie, alors les jeunes
auront besoin de &#171; policiers &#187; pour tracer &#224; leur place des limites&#8230; Et,
incapables de choisir, n'agissant que par l'autre, ils attendront&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'ajournement de soi-m&#234;me &#224; l'infini&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il appert que la disparition de toute autorit&#233; et l'&#233;chec de la fonction
paternelle &#224; inculquer le sens de la loi rendent la soci&#233;t&#233; vuln&#233;rable,
instable et immature. Or, que fait l'individu immature et instable ? Il se
regarde mais il est incapable de se prendre en main, de respecter les
autres et de relever les d&#233;fis de la responsabilit&#233;. Il pense construire,
mais il ne se sent pas impliqu&#233; dans l'avenir. En politique, devant le
grand miroir, les citoyens form&#233;s dans l'ajournement auront tendance &#224;
banaliser l'instant du choix. Ils riront de ce qui importe pour les grands.
L'ajournement est le nom que l'on doit donner &#224; la position de repli de
celui qui ne veut pas choisir lui-m&#234;me son avenir et qui remet &#224; plus tard
l'obligation de s'assumer. L'ajournement, ce n'est pas une d&#233;mission ni un
renoncement, c'est plut&#244;t une mise entre parenth&#232;ses ou une suspension du
choix. L'int&#233;ressant, c'est que lorsque l'on s'ajourne soi-m&#234;me, les autres
ont un int&#233;r&#234;t soudain &#224; choisir pour nous et &#224; poursuivre leur
d&#233;veloppement. L'ajournement repose sur la peur de l'&#233;chec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alit&#233; de l'angoisse et du sentiment d'abandon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand une soci&#233;t&#233; s'ajourne sans fin et refuse de s'assumer, elle court
le risque de s'abandonner. Il s'agit du dernier et du pire sc&#233;nario, bien
s&#251;r, d'une sorte de pulsion de mort &#171; sociale &#187;. Le signal clair de cette
possibilit&#233; se trouve dans l'angoisse du choix. L'angoisse est un sentiment
d'&#233;tranget&#233; devant la possibilit&#233;, c'est-&#224;-dire d'un vertige devant les
hauteurs exig&#233;es par l'avenir. Ce qui angoisse, c'est pr&#233;cis&#233;ment la
libert&#233; du choix, celle qui veut qu'en agissant l'on puisse choisir le mal.
La possibilit&#233; du retour du mal, &#224; l'int&#233;rieur d'une soci&#233;t&#233; sans religion,
revient &#171; hanter &#187; la conscience de jadis et affoler la raison. On ressent
l'angoisse devant la peur d'une perte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or la r&#233;alit&#233; de l'abandon est v&#233;cue lorsque l'on refuse un destin trop
lourd pour soi et que l'on reconna&#238;t son incapacit&#233; &#224; changer les choses.
L'abandon, qui est renoncement, concession, capitulation, se produit
lorsque l'on se d&#233;solidarise lentement des siens. Est abandonn&#233;e la
personne seule ; la personne sans famille. Est abandonn&#233;e la personne
pauvre, sans langue ; la personne qui critique sans comprendre. Est
abandonn&#233;e la personne qui a peur de parler et d'agir ; la personne qui
pr&#233;f&#232;re le pass&#233; rassurant au futur engageant. La personne, &#233;lev&#233;e dans
l'abandon, n'aura pas de difficult&#233; &#224; abandonner les autres en retour.
L'abandon, c'est un peu le mot de la fin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Contre la pens&#233;e de la fin et du pire&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise conna&#238;t-elle les effets de son ajournement dans
l'abandon ? Le repliement identitaire tire-t-il &#224; sa fin ou commence-t-il ?
O&#249; en sommes-nous pr&#233;cis&#233;ment dans le cycle des hauteurs, nous qui ne
voyons plus l'int&#233;r&#234;t de faire des enfants, de d&#233;fendre notre culture et de
prot&#233;ger l'environnement ? Si certaines de nos infrastructures tombent, si
plusieurs de nos jeunes ne comprennent plus leurs parents et leurs
grands-parents, si nos jeunes adultes n'ont plus d'enfants, si les petites
familles ne voient plus l'int&#233;r&#234;t d'inculquer la politesse, si les
institutions publiques ne prot&#232;gent plus les principes universels, la&#239;ques
et d&#233;mocratiques, si les quartiers ne favorisent plus l'int&#233;gration des
arrivants, si le fran&#231;ais ne m&#233;rite plus de protection, si l'histoire est
devenue trop compliqu&#233;e &#224; raconter, etc&#8230; la pens&#233;e nous oblige &#224; envisager
la fin et le pire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1358 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:141px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.radio-canada.ca/radio/profondeur/gastonmiron/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_7-miron.jpg' width=&quot;141&quot; height=&quot;239&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Mais il y a tout de m&#234;me dans ce sc&#233;nario de d&#233;clin appr&#233;hend&#233; une bonne
nouvelle : le pire implique la possibilit&#233; de l'espoir, du meilleur et du
redressement. Gaston Miron, dans un po&#232;me tir&#233; de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Homme rapaill&#233;&lt;/i&gt;, &#233;crit
ces vers peu cit&#233;s :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; aujourd'hui debout droit&lt;br&gt;
demain couch&#233; bris&#233;&lt;br&gt;
je mourrai d'avoir &#233;t&#233; le m&#234;me&lt;br&gt;
je serai une ligne &#224; m&#234;me la terre&lt;br&gt;
n'ayant plus d'ombre&lt;br&gt;
&#244; mort &lt;br&gt;
pays possible &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Envisager aujourd'hui la r&#233;alit&#233; du pire, c'est savoir qu'il faut changer
soi-m&#234;me quelque chose de son vivant, et cela dans la mesure du possible.
Envisager le pire, c'est vivre encore. Quand on s'est bien regard&#233; dans la
glace, il faut se pr&#233;parer &#224; sortir dehors...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il me semble que le temps, justement, devrait &#234;tre au travail, &#224; l'effort
collectif et &#224; la construction d'une petite soci&#233;t&#233; plus responsable
d'elle-m&#234;me, aujourd'hui pour demain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;br&gt; D&#233;partement de philosophie / Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
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	</item>



	<item>
		<title>L'ind&#233;pendance larv&#233;e</title>
		<link>http://www.vigile.net/L-independance-larvee</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/L-independance-larvee</guid>
		<dc:date>2007-11-03T11:45:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Raymond Poulin - Chronique de Raymond Poulin</dc:creator>
		


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		<description>Tant que ces conditions ne seront pas r&#233;unies, je demeure convaincu qu'on pataugera dans les m&#234;mes eaux, entre bouff&#233;es d'espoir et r&#233;signation. Et ce n'est pas la multiplication des organisations et des partis, chacun tirant &#224; hue et &#224; dia, qui cr&#233;era un climat (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le dernier sondage CROP nous apprend que la fibre souverainiste a r&#233;tr&#233;ci
au lavage, du moins en apparence : 37%, soit une baisse de 19% depuis juin
2005, et des variations incessantes depuis et avant. On serait port&#233; &#224;
croire que plus ils se sentent menac&#233;s, moins les Qu&#233;b&#233;cois optent pour
l'ind&#233;pendance. On peut tirer deux conclusions de ces variations : les
v&#233;ritables ind&#233;pendantistes sont moins nombreux qu'on s'est plu &#224; le
croire, et plusieurs Qu&#233;b&#233;cois oscillent, selon une conjoncture &#224; tr&#232;s
court terme, entre le coup de sang et le coup de pompe depuis tr&#232;s
longtemps puisqu'en 1978, 54% pr&#233;tendaient favoriser la
souverainet&#233;-association alors qu'en 1980, seulement 40% avaient vot&#233; oui,
m&#234;me si la question portait sur un simple mandat de n&#233;gocier avec le
f&#233;d&#233;ral &#8212; on pr&#233;tend parfois que beaucoup d'ind&#233;pendantistes auraient alors
vot&#233; non justement parce que &#231;a n'allait pas assez loin : que quelques-uns
aient agi de la sorte, c'est certain, mais &#224; ce point, j'ai toujours pens&#233;
qu'il s'agit d'un argument purement rh&#233;torique servi, bien apr&#232;s les
&#233;v&#233;nements, par ceux qui voulaient d&#233;truire l'influence n&#233;faste de la
strat&#233;gie &#233;tapiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quoi qu'il en soit des causes r&#233;elles, il faut bien constater que la cause
de l'ind&#233;pendance est loin d'&#234;tre gagn&#233;e ; elle n'obtient m&#234;me pas, sur le
long terme, la faveur de la moiti&#233; des Qu&#233;b&#233;cois d'ascendance
canadienne-fran&#231;aise, soit l'assise de la nation, sauf lorsque la
conjoncture leur permet de s'opposer directement &#224; Ottawa : presque
toujours, le pourcentage d'opinions ind&#233;pendantistes augmente sensiblement
lorsque le f&#233;d&#233;ral pose un geste interpr&#233;t&#233; comme un sale coup ou comme le
r&#233;sultat d'un complot anti-qu&#233;b&#233;cois, ce qui conforte ma conviction de
longtemps : un peuple, quel qu'il soit, n'agit massivement que tr&#232;s rarement
en vue d'un objectif positif en soi mais r&#233;agit plut&#244;t devant ce qu'il
per&#231;oit comme une menace externe : il lui faut identifier un ennemi
dangereux, pas seulement une n&#233;cessit&#233; logique ; bref, le bon vieux r&#233;flexe
du mammif&#232;re, qui ne devient agressif que lorsqu'il se sent, &#224; tort ou &#224;
raison, attaqu&#233; ou menac&#233; : son imagination passe alors au r&#233;gime pol&#233;mique
de la repr&#233;sentation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela explique sans doute pourquoi tout le brouhaha actuel sur l'identit&#233;,
la langue et l'immigration, qui dure tout de m&#234;me depuis plusieurs mois, ne
semble avoir aucune incidence sur le choix ou non de l'ind&#233;pendance. La
seule relation entre les d&#233;bats actuels et l'appui &#224; l'ind&#233;pendance se
trouve l&#224; o&#249; l'on peut d&#233;montrer, et surtout faire ressentir, une relation
de cause &#224; effet entre le syst&#232;me f&#233;d&#233;ral unitaire et multiculturaliste et
ce qui est consid&#233;r&#233; probl&#233;matique dans le compos&#233;
immigration-langue-identit&#233;. C'est justement, il me semble, ce que
visaient les propositions de Pauline Marois, dont l'importance a peu &#224; voir
avec leur possibilit&#233; de mener ou non &#224; des changements r&#233;els mais beaucoup
&#224; voir avec la d&#233;monstration qu'elles permettent de faire quant au pi&#232;ge
mortel que constituent la nature du r&#233;gime canadien et la constitution de
1982. Voil&#224; donc un objet qui, m&#234;me s'il se pr&#233;sente en principe comme une
contestation dans le r&#233;gime, pourrait contribuer &#224; augmenter la
contestation sur le r&#233;gime. Cela explique peut-&#234;tre pourquoi les
f&#233;d&#233;ralistes s'acharnent &#224; ce point sur cet objet : les pr&#233;dateurs d&#233;testent
que leur proie lance un leurre susceptible de r&#233;v&#233;ler leur pi&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r, une seule action de ce genre ne suffit pas &#224; modifier
substantiellement la donne, et il n'est pas du tout &#233;vident que l'affaire
ait &#233;t&#233; men&#233;e habilement, d'autant plus que beaucoup de ceux qui, chez les
commentateurs qu&#233;b&#233;cois en principe favorables &#224; l'ind&#233;pendance, auraient
pu en profiter pour &quot;embarquer&quot; dans cette tactique, se sont content&#233;s
na&#239;vement d'interpr&#233;ter ces propositions au premier degr&#233;, comme si leur
exp&#233;rience des dessous de l'action politique ne leur avait pas appris
grand-chose... ou comme si le clou colonialiste et annexionniste canadien
&#233;tait durablement enfonc&#233; dans leur cerveau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains s'&#233;l&#232;vent contre toute &quot;p&#233;dagogie&quot; de l'ind&#233;pendance qui ne se
limiterait pas &#224; convaincre rationnellement les Qu&#233;b&#233;cois, par le discours
argumentatif et la connaissance de l'Histoire, de la n&#233;cessit&#233; de
l'ind&#233;pendance, seule mani&#232;re, pr&#233;tend-on, de les rendre conscients de leur
annexion et de leur colonisation. Ces moyens ne sont certes pas &#224; n&#233;gliger
mais ne constitueront jamais un arsenal d&#233;cisif &#224; eux seuls, ce n'est pas
ainsi que les populations fonctionnent. Il leur faut un ennemi, des gestes
motivateurs, des leaders cr&#233;dibles et une organisation stable tout aussi
cr&#233;dible dot&#233;e de moyens de communication efficaces dans les deux sens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tant que ces conditions ne seront pas r&#233;unies, je demeure convaincu qu'on
pataugera dans les m&#234;mes eaux, entre bouff&#233;es d'espoir et r&#233;signation. Et
ce n'est pas la multiplication des organisations et des partis, chacun
tirant &#224; hue et &#224; dia, qui cr&#233;era un climat favorable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Raymond Poulin&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Le choc planifi&#233; de deux projets : le canadian et le qu&#233;b&#233;cois</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-choc-planifie-de-deux-projets</link>
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		<dc:date>2007-10-30T12:45:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Bernard Frappier - Vigile</dc:creator>
		


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		<description>30 octobre 1998 (3e anniversaire d'un c&#233;l&#232;bre r&#233;f&#233;rendum) Ti-Jean-l&#233;ger en spectacle Le chef lib&#233;ral du Qu&#233;bec, Jean Charest, qualifiait M. Chr&#233;tien d'obstacle au changement, ajoutant que ce dernier devait partir s'il ne pouvait s'adapter au vent de changement que (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;30 octobre 1998 (3e anniversaire d'un c&#233;l&#232;bre r&#233;f&#233;rendum)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ti-Jean-l&#233;ger en spectacle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chef lib&#233;ral du Qu&#233;bec, Jean Charest, qualifiait M. Chr&#233;tien d'obstacle au changement, ajoutant que ce dernier devait partir s'il ne pouvait s'adapter au vent de changement que r&#233;clament les provinces.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il a fait de gros yeux, le Ti-Jean-l&#233;ger de Sherbrooke. M&#226;choires serr&#233;es, frisettes h&#233;riss&#233;es, il a montr&#233; le doigt et affich&#233; la mine d'un homme d&#233;termin&#233; &#224; ne pas se laisser marcher sur les pieds. Dress&#233; sur ses ergots, il affronte le Gros-Jean-lourd d'Ottawa. &quot;Si le premier ministre canadien Jean Chr&#233;tien veut bloquer les changements au Qu&#233;bec, il va trouver Jean Charest sur son chemin, a averti hier le chef du Parti lib&#233;ral.&quot; S'il bloque le changement, qu'il s'en aille. C'est pas lui qui va m'arr&#234;ter dans mon projet d'un Qu&#233;bec fort dans un Canada uni... &#199;a c'est une trouvaille...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#199;a, c'est le spectacle. Derri&#232;re la sc&#232;ne, on ne rit plus. C'est la survie du Canada qui est en jeu ! Et l&#224;, Gros-Jean-lourd ou un autre, rien n'est chang&#233;. Le vent du changement, il a pris une direction bien d&#233;termin&#233;e... et pas enracin&#233;e du tout !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Canada nouveau&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce &quot;Canada nouveau&quot;, c'est le Canada du multiculturalisme et de la centralisation. Un Canada qui doit se d&#233;fendre contre les forces centrifuges, qui tendent &#224; &#233;loigner du centre. Au premier chef : se d&#233;fendre contre le Qu&#233;bec. Pas la province de Qu&#233;bec, mais le peuple du Qu&#233;bec. D'abord, nier son existence, puis l'affaiblir financi&#232;rement, enfin, barrer le chemin de sa pr&#233;tention &#224; la souverainet&#233;. Et les &quot;collaborateurs&quot; ne manquent pas. Le tr&#233;sor de guerre non plus. Le Canada, le plus-meilleur-pays-du-monde, c'est une mosa&#239;que de groupes ethniques, de minorit&#233;s culturelles, dont le groupe qu&#233;b&#233;cois-fran&#231;ais n'est que le plus important et le plus homog&#232;ne sur &quot;son&quot; territoire... Qu'on se le dise ! Or, ce groupe aurait tort de croire qu'il n'est pas constitu&#233; de citoyens canadians, comme les autres... S'il cherche &#224; se &quot;distinguer&quot;, &#224; se diff&#233;rencier comme groupe, c'est qu'il est mauvais joueur, habit&#233; qu'il est encore par le &quot;ressentiment&quot;, un complexe form&#233; par le &quot;souvenir&quot; historique d'un tort subi et dont on voudrait se venger. &quot;Je me souviens&quot;, c'est la devise des faibles... vous voyez la chose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le plus fort de l'histoire, c'est que le tort subi, ce n'est pas pour le peuple qu&#233;b&#233;cois d'avoir &#233;t&#233; le peuple domin&#233;, c'est pour le &quot;peuple canadian&quot; d'avoir &#224; subir la menace de la s&#233;cession... i.e. de n'&#234;tre plus le dominant... Bref, en niant l'existence m&#234;me du peuple qu&#233;b&#233;cois, en faisant du Canada une simple collection d'individus d'origines diverses, en niant le principe des droits collectifs, en faisant du projet souverainiste qu&#233;b&#233;cois une &quot;affaire int&#233;rieure canadian&quot;, le &quot;Canada nouveau&quot; se montre r&#233;solu &#224; livrer bataille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il y a plus. Plus que livrer bataille. Il est r&#233;solu &#224; gagner la guerre. Une bonne fois pour toutes. &#201;craser ce projet. Et s'il ne peut en effacer la cause, il peut toujours tenter d'en emp&#234;cher la r&#233;alisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cas du Qu&#233;bec, blocage juridique d'abord et avant tout. On sait l'histoire du renvoi &#224; la Cour supr&#234;me et la r&#233;ponse des juges de Sa Majest&#233;. C'est clairement un texte dont le laxisme et l'impr&#233;cision ouvrent le champ &#224; tous les abus d'autorit&#233; possible... et suffisamment, croit le &quot;Canada nouveau&quot;, pour contenir l'ennemi et le r&#233;duire &#224; l'impuissance politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cas des provinces, blocage financier. L&#224;, le &quot;Canada nouveau&quot; ne l&#233;sine pas. Le ministre des Finances a r&#233;ussi &#224; atteindre l'objectif majeur : assainir les finances f&#233;d&#233;rales sur le dos des provinces. Le f&#233;d&#233;ral s'est amass&#233; un tr&#233;sor de guerre financier ! Par ses compressions, puis par le pillage, &#224; coups de milliards, de la caisse de l'assurance-emploi... Ce qui a un double effet : enrichir le f&#233;d&#233;ral et appauvrir les provinces ! Les provinces sont &#224; genoux et le f&#233;d&#233;ral tient haut sa bourse bien garnie. Alors, quand on conna&#238;t la r&#232;gle du qui-paye-d&#233;cide..., on peut anticiper sur le r&#233;sultat des n&#233;gociations, entre les provinces, unies ou non, et le f&#233;d&#233;ral, &#224; propos de l'&quot;union sociale et &#233;conomique&quot;. Le &quot;Canada nouveau&quot; sera un Canada fort, aux d&#233;pens des provinces... Le Centre doit triompher des forces centrifuges ou dispara&#238;tre, telle semble &#234;tre la ligne de force de toute cette strat&#233;gie de changement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant &#224; la l&#233;galit&#233; de l'op&#233;ration, on introduira des lois n&#233;cessaires... r&#233;troactivement... La primaut&#233; du droit, &#231;a, les f&#233;d&#233;raux, ils savent l'adapter &#224; leurs besoins. L'in&#233;narrable Sheila n'a-t-elle pas reconnu que, quand il s'agit de la survie de son pays, faut pas se g&#234;ner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; le contexte principal. Je passe sur les strat&#233;gies de salissage diplomatique anti-Qu&#233;bec, sur le support ind&#233;fectible des phalanges canadians, riches et puissantes, qui y mettront toutes leurs &#233;nergies, sur les vell&#233;it&#233;s militaristes qui ne tarderont pas &#224; suivre la victoire du PQ dans quelques jours...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le choc planifi&#233; de deux projets : le canadian et le qu&#233;b&#233;cois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui se joue ici, ce n'est pas tant la carri&#232;re politique de celui-ci ou celui-l&#224;. C'est le choc planifi&#233; de deux projets : le canadian et le qu&#233;b&#233;cois. Un choc si bien programm&#233; qu'il ne pourra avoir qu'un seul r&#233;sultat : le terrassement de l'un ou de l'autre ! Et parce qu'ils ont pris l'initiative les premiers, qu'ils ont un personnel plus nombreux et plus aguerri, et qu'ils ont eu l'audace d'accumuler, par tous les moyens, un tr&#233;sor de guerre, les f&#233;d&#233;raux croient dans la victoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ils oublient deux choses : ils n'ont pas la l&#233;gitimit&#233; de refuser la libert&#233;, s'il la veut, au peuple qu&#233;b&#233;cois, qu'ils en nient ou non l'existence. Cette existence, c'est d'abord en lui-m&#234;me qu'elle s'enracine et ensuite, dans le regard des nations du monde qui le reconnaissent comme peuple. Et ils n'ont pas la puissance d'effacer dans l'&#226;me du peuple qu&#233;b&#233;cois le &quot;ressentiment&quot;, si l'on entend ainsi les choses, ressentiment qu'ils ont mis 238 ans &#224; produire. Si l'on doit parler plut&#244;t de l&#233;gitime d&#233;fense, ce qui est plus &#224; propos, c'est de celle du peuple qu&#233;b&#233;cois qu'il s'agit. L'histoire ne s'efface pas. Ce qui a &#233;t&#233; fait, m&#234;me les dieux ne peuvent le d&#233;truire.
&#171; Je me souviens &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Complexe de la victime ? Non, non, non. Refusons ces d&#233;tournements de sens. Les mots sont des armes, alors refusons les mots r&#233;pressifs de notre libert&#233;. Complexe de survie, aspiration &#224; exister en soi-m&#234;me et par soi-m&#234;me. Voil&#224; le fond des choses. Go&#251;t vital de l'autonomie politique pour cette colonie du St-Laurent que le sort des armes a emp&#234;ch&#233; de se lib&#233;rer, comme les autres colonies am&#233;ricaines en leur temps, des contraintes de la m&#233;tropole.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, dans ce contexte d'un renforcement du Centre, dites-moi quel est le poids de Ti-Jean-l&#233;ger ? Et dites-moi quelle est l'importance de Gros-Jean-lourd ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dites-moi aussi quel est le sens de la lutte pour le renforcement du Qu&#233;bec au sein du &quot;Canada nouveau&quot; ? Sinon, celui de l'inconscience historique et politique de collaborateurs qui ignorent que ce &quot;Canada nouveau&quot; a d&#233;cid&#233;, pour assurer sa survie, d'appauvrir les provinces et de les subordonner au pouvoir central...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les temps nouveaux, le vent de changement, tant applaudis par le chef lib&#233;ral qu&#233;b&#233;cois, c'est bien le temps du d&#233;nouement final de cette lutte s&#233;culaire entre deux peuples partenaires-rivaux. Pour les n&#244;tres qui collaborent &#224; cette agression, qu'ils le fassent au nom d'un id&#233;al f&#233;d&#233;raliste ang&#233;lique, d'une morale politique sup&#233;rieure, ou dans un int&#233;r&#234;t plus prosa&#239;quement carri&#233;riste, c'est bien le temps de la soumission fatale, le temps du reniement de la m&#233;moire, de l'oubli de nos racines, du sang vers&#233; par nos anc&#234;tres, et c'est le temps du refus d'assumer nos responsabilit&#233;s envers nous-m&#234;mes, nos enfants, et nos petit-enfants...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et &#231;a, c'est un projet suicidaire, qu'il nous faut, comme peuple, pouss&#233; au pied du mur, refuser de toutes nos forces... Certains ont dit que ce n'est pas la libert&#233;, mais la n&#233;cessit&#233; qui conduit le monde. Peut-&#234;tre n'ont-ils pas tout &#224; fait tort. Si le peuple qu&#233;b&#233;cois &quot;veut&quot; survivre et s'&#233;panouir, il doit reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; de le faire maintenant, devant l'urgence de cette agression finale, et du &quot;nettoyage ethnique canadian&quot; d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233; par la &quot;Clique d'Ottawa&quot;.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bernard Frappier&lt;br&gt;
Vigile&lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/ds-edito/bf/bf-98-10-30-choc.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;30.10.98&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le Qu&#233;bec, une construction artificielle</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebec-une-construction</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-Quebec-une-construction</guid>
		<dc:date>2007-10-29T13:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>L&#233;once Naud - Le Soleil (Opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Les m&#233;moires de Jean Chr&#233;tien rappellent l'importance qu'a rev&#234;tue, lors du dernier r&#233;f&#233;rendum, la question du maintien de l'int&#233;grit&#233; du territoire en cas de geste concret du Qu&#233;bec vers l'ind&#233;pendance. En mati&#232;re de r&#233;flexions territoriales, il est int&#233;ressant de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les m&#233;moires de Jean Chr&#233;tien rappellent l'importance qu'a rev&#234;tue, lors du dernier r&#233;f&#233;rendum, la question du maintien de l'int&#233;grit&#233; du territoire en cas de geste concret du Qu&#233;bec vers l'ind&#233;pendance. En mati&#232;re de r&#233;flexions territoriales, il est int&#233;ressant de rappeler aujourd'hui ce qu'&#233;crivait d&#232;s 1980 le politologue qu&#233;b&#233;cois bien connu Daniel Latouche dans un livre remarquable : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la remorque des transports&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon Latouche : &#171; L'espace qu&#233;b&#233;cois n'est pas un espace &quot;naturel&quot;. &#192; regarder une carte, on a l'impression que c'est un territoire qui va de soi, puisque la grande majorit&#233; de ses fronti&#232;res sont maritimes : baie James, baie d'Hudson, d&#233;troit d'Hudson, baie d'Ungava, oc&#233;an Atlantique. Pourtant, au sud, o&#249; se concentre la population, rien ne vient distinguer le Qu&#233;bec du Nouveau-Brunswick, du Maine ou de l'Ontario, si ce n'est une ligne sur la carte &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec, une construction artificielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le Qu&#233;bec, comme la majeure partie des entit&#233;s politiques d'Am&#233;rique du Nord, est une construction artificielle : il n'est pas donn&#233; de toute &#233;ternit&#233;. Nous n'occupons pas cette terre depuis le plus recul&#233; des temps et le fait que nos anc&#234;tres s'y soient install&#233;s un si&#232;cle avant ceux des autres provinces canadiennes ne devrait pas constituer un titre de gloire. De plus, les &#233;tudes d'ethnologie et d'arch&#233;ologie nous enseignent que le Qu&#233;bec ne constituait pas non plus un territoire distinct pour les tribus indiennes qui y &#233;taient install&#233;es avant l'arriv&#233;e des colonisateurs europ&#233;ens. C'&#233;tait pour elles un territoire p&#233;riph&#233;rique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Sur le plan politique, rien n'a &#233;t&#233; plus instable que les fronti&#232;res du Qu&#233;bec. En 1763, le Qu&#233;bec &#233;tait r&#233;duit &#224; sa plus simple expression, un rectangle courant le long des deux rives du Saint-Laurent, tandis que Terre-Neuve se voyait confier le Labrador, l'&#206;le d'Anticosti et la Compagnie de la baie d'Hudson, tout le Nord-Ouest. Par contre, en 1774, on vit &#233;merger un Qu&#233;bec imp&#233;rial qui r&#233;cup&#233;rait tous ses anciens territoires et qui s'&#233;tendait vers l'ouest jusqu'aux Grands Lacs et au sud-ouest jusqu'au Mississippi et &#224; la Pennsylvanie. Jamais l'espace politique qu&#233;b&#233;cois n'avait atteint une telle ampleur &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; En 1791, cet espace fut de nouveau ramen&#233; &#224; des proportions plus modestes et m&#234;me scind&#233; en deux pour donner naissance &#224; un autre espace politique, celui du Haut-Canada. En 1840, cette juxtaposition se transforma en une Union, &#224; son tour transform&#233;e en une int&#233;gration pure et simple, vingt-sept ans plus tard. D'un seul Canada, on &#233;tait pass&#233; &#224; deux Canada, puis au Canada &#224; deux et plus tard au Canada &#224; cinq, &#224; neuf et &#224; dix &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours quelqu'un pour d&#233;cider &#224; notre place...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le territoire qu&#233;b&#233;cois s'est donc fait et d&#233;fait au fil des ann&#233;es et surtout au gr&#233; des volont&#233;s ext&#233;rieures, mais toujours avec cette constante : jamais ces modifications n'ont &#233;t&#233; &#233;dict&#233;es par les Qu&#233;b&#233;cois seuls. Il s'est toujours trouv&#233; quelqu'un, quelque part, pour d&#233;cider &#224; notre place de la dimension et de l'organisation de notre territoire &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; En termes de transport, les co&#251;ts d'une telle domination ont &#233;t&#233; &#233;normes. Une grille nationale de transport ne s'&#233;tablit pas en quelques ann&#233;es. Il a fallu des d&#233;cennies &#224; la Grande-Bretagne, &#224; la France et aux &#201;tats-Unis pour se donner des r&#233;seaux de transports int&#233;gr&#233;s et efficaces. Dans tous les cas, une relation &#233;troite s'est &#233;tablie d&#232;s le d&#233;part entre le projet et le syst&#232;me politique. Aujourd'hui encore, la nature d'une soci&#233;t&#233; politique, son mode de fonctionnement, son degr&#233; de centralisme s'expliquent autant par son syst&#232;me de transport qu'&#224; partir de d&#233;cisions constitutionnelles &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Il suffit de comparer la carte ferroviaire et routi&#232;re de la France et de l'Italie pour comprendre que jamais la France ne pourra &#233;chapper au centralisme. Quel que soit le degr&#233; d'autonomie dont dispose la sph&#232;re politique, c'est souvent &#224; travers des consid&#233;rations de transport que s'&#233;tablissent les liens &#233;troits qui unissent le politique &#224; l'&#233;conomique. En Am&#233;rique du nord, la politique a &#233;t&#233; pendant longtemps r&#233;duite &#224; des d&#233;cisions affectant les transports &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pour contr&#244;ler les transports, contr&#244;ler l'espace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le Qu&#233;bec, qu'il soit pays ou province, ne constitue pas un espace politique d&#233;limit&#233; de fa&#231;on d&#233;finitive. C'est un espace sur lequel planent bien des incertitudes. Les Qu&#233;b&#233;cois ne peuvent disposer de ce territoire comme ils le souhaiteraient. Pas surprenant dans ces conditions qu'ils ne se soient jamais donn&#233; de politique int&#233;gr&#233;e et coh&#233;rente des transports. Pas surprenant non plus que la d&#233;finition d'une telle politique soit un des dossiers les plus chauds du contentieux Ottawa - Qu&#233;bec. Qui veut contr&#244;ler les transports doit au pr&#233;alable contr&#244;ler l'espace. On n'y &#233;chappe pas &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut &#234;tre d'accord, ou non, avec cette analyse de Daniel Latouche. On ne peut, cependant, comme le font certains nationalistes qu&#233;b&#233;cois et non des moindres, &#233;carter du revers de la main une telle r&#233;flexion. Il est &#233;vident qu'un pays tel le Canada, qui fait face &#224; une menace de s&#233;cession d'une de ses provinces constituantes, fondatrice de surcro&#238;t et d&#233;tentrice d'une partie de sa propre identit&#233;, fera tout en son pouvoir pour c&#233;der dans l'affaire le moins qu'il pourra de son territoire actuel et de ses populations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De plus, il n'attendra pas une &#233;ventuelle d&#233;claration d'ind&#233;pendance pour conforter des irr&#233;dentismes ethniques et territoriaux, surtout aux p&#233;riph&#233;ries de sa province rebelle. Tout ceci dans l'espoir que, si cette derni&#232;re fait &#233;ventuellement s&#233;cession, le territoire affect&#233; soit alors r&#233;duit au strict minimum. Il s'agit l&#224; de l'enfance de l'art du maintien de l'unit&#233; nationale et de l'int&#233;grit&#233; territoriale des nations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&#233;once Naud&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;G&#233;ographe&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca/article/20071029/CPSOLEIL/71025070/6732/CPOPINIONS&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Lettre ouverte aux nouveaux Qu&#233;b&#233;cois</title>
		<link>http://www.vigile.net/Lettre-ouverte-aux-nouveaux</link>
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		<dc:date>2007-10-19T15:15:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Paul-&#201;mile Roy - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Quand le pays sera un pays ind&#233;pendant, la situation des immigrants sera beaucoup plus facile, beaucoup plus claire, mais en attendant, s'ils veulent se faire accepter, ils doivent &#233;viter de contrecarrer la volont&#233; politique de la majorit&#233; des (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le d&#233;bat qui se produit ces temps-ci au Qu&#233;bec autour des &#171; accommodements raisonnables &#187;, je comprends que la situation des n&#233;o-Qu&#233;b&#233;cois n'est pas toujours tr&#232;s confortable, mais je souhaiterais qu'ils essaient de comprendre que celle des Canadiens fran&#231;ais du Qu&#233;bec, soit celle de la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois, ne l'est pas elle non plus, et qu'ils doivent intervenir dans cette affaire avec beaucoup de prudence et de discernement. Je dirais m&#234;me : attendez donc avant de prendre parti, avant de vous prononcer. Commencez par regarder ce qui se passe. Essayez de comprendre le contexte historique dans lequel se situe le Qu&#233;bec actuel, quelles sont les forces en pr&#233;sence, quel est le malaise qui habite les Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous ne le savez sans doute pas, vous qui venez d'arriver, mais les Qu&#233;b&#233;cois n'ont jamais accept&#233; le rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution de 1982, un acte politique qui a &#233;t&#233; rejet&#233; par l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec &#224; l'unanimit&#233;. Vous ne savez sans doute pas non plus qu'en 1995, un r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; tenu sur la question de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et que ce r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; vol&#233;, ou du moins c'est ce que croient beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois, et m&#234;me s'il s'av&#233;rait qu'ils se trompent, il faudrait tenir compte du malaise que leur scepticisme affiche, mais personne n'a jusqu'ici r&#233;fut&#233; les arguments de ceux qui soutiennent que le r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; vol&#233;. Et il y en a eu un premier en 1980. Et l&#224; non plus les r&#233;sultats n'&#233;taient pas tout &#224; fait patents. Et il y a eu l'affaire du Lac Meech. Vous ne savez pas de quoi il s'agit. Instruisez-vous et vous verrez que les Qu&#233;b&#233;cois l&#224; encore ont &#233;t&#233; bafou&#233;s par le reste du Canada et par le Premier ministre du Qu&#233;bec lui-m&#234;me qui avait promis que si le Canada n'acceptait pas les recommandations de Meech, il tiendrait un r&#233;f&#233;rendum sur notre lien au Canada, ce qu'il s'est empress&#233; d'oublier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que vous devez comprendre, c'est que la relation du Qu&#233;bec avec le Canada se vit dans un malaise qui dure depuis deux si&#232;cles et demi. Vous vous dites, c'est du pass&#233;, il faut oublier. Pour vous, cela rel&#232;ve de l'histoire, pour nous, cela fait partie de notre &#234;tre. Vous ne le savez pas, mais le Canada a combattu le fran&#231;ais partout, au Manitoba, en Ontario, au Nouveau-Brunswick, au Qu&#233;bec m&#234;me. Savez-vous ce que la Cour Supr&#234;me du Canada a fait de la Loi 101 qui a &#233;t&#233; promulgu&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec ? Vous devez comprendre ceci : Quand vous arrivez au Qu&#233;bec, si vous vous identifiez au Canada anglais, vous &#234;tes per&#231;us comme une menace pour nous. Ne soyez pas surpris si la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois ne sont pas tr&#232;s contents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ajoute que vous ne devez pas prendre &#224; la l&#233;g&#232;re l'h&#233;ritage historique des Canadiens fran&#231;ais. Vous ne pouvez pas prendre &#224; la l&#233;g&#232;re les blessures que l'histoire a inflig&#233;es &#224; la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois, car cela fait partie de leur &#234;tre, de leur identit&#233;. Les Qu&#233;b&#233;cois qui sont ici depuis quatre si&#232;cles, se rappellent confus&#233;ment, mais fermement, &#8211;- cela fait partie de leur &#234;tre &#8211;-, qu'ils ont &#233;t&#233; exclus des affaires publiques pendant une d&#233;cennie, au d&#233;but de l'occupation anglaise, &#224; cause de leur identit&#233; religieuse, ce qui a permis aux envahisseurs d'occuper les places dont il ne serait pas facile de les d&#233;loger par la suite. Ils se rappellent confus&#233;ment que lorsqu'ils ont combattu pour le respect des r&#232;gles d&#233;mocratiques, dans la premi&#232;re moiti&#233; du XIXe si&#232;cle, ils ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s violemment, de fa&#231;on barbare, par l'arm&#233;e du conqu&#233;rant et qu'on a ex&#233;cut&#233; plusieur Patriotes dont le seul crime &#233;tait de d&#233;fendre les libert&#233;s d&#233;mocratiques. Ils se rappellent qu'on leur a impos&#233; dans le m&#233;pris le plus ignoble l'Union des deux Canadas en 1840, qu'on les a int&#233;gr&#233;s &#224; la Conf&#233;d&#233;ration canadienne en 1967 sans les consulter parce qu'on savait tr&#232;s bien qu'ils n'auraient pas accept&#233; le statut qu'on leur imposait. Ne nous dites pas que tout cela est du pass&#233;. Ce sont ces actes d'hier qui commandent la r&#233;alit&#233; d'aujourd'hui, et tout cela cr&#233;e un malaise dont les Qu&#233;b&#233;cois ne pourront se d&#233;barrasser que si un jour ils r&#233;ussissent &#224; se prendre en main.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Tous des immigrants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je n'aime pas non plus entendre dire par des n&#233;o-Qu&#233;b&#233;cois que nous sommes tous des immigrants. Encore une fois, de telles all&#233;gations constituent une n&#233;gation de l'histoire, de l'identit&#233; du peuple qu&#233;b&#233;cois. Une insulte &#224; l'endroit de deux qui ont construit ce pays. Je dis aux nouveaux arrivants : nous ne sommes pas arriv&#233;s au pays hier. Mes parents sont au pays depuis quatre si&#232;cles. Et on ne peut m&#234;me pas dire qu'ils &#233;taient des immigrants. Ils &#233;taient au d&#233;but des colons. Ils s'installaient dans des r&#233;gions &#224; peu pr&#232;s inoccup&#233;es, &#8211;- les auteurs de l'&#233;poque parlent de &#171; d&#233;sert &#187;. Puis certains s'adonn&#232;rent au commerce dans tout l'int&#233;rieur du continent et d'autres devinrent des &#171; habitants &#187; . C'est ainsi qu'ils construisirent un pays nouveau parmi les Premi&#232;res Nations qui &#233;taient dispers&#233;es dans ce qui s'appelle maintenant l'Am&#233;rique. Quand vous affirmez l&#233;g&#232;rement, comme cela, qu'apr&#232;s tout, nous sommes tous des immigrants, je rage int&#233;rieurement, j'y vois du m&#233;pris pour les miens et tous ceux qui ont fait ce pays que nous habitons. Vous ne le savez pas, mais ces vastes plaines qui longent le Saint-Laurent &#233;taient autrefois des for&#234;ts. Ce sont mes anc&#234;tres qui les ont d&#233;frich&#233;es, cultiv&#233;es au prix d'efforts incroyables et innombrables. Ils n'&#233;taient pas des immigrants mais des constructeurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;S'ouvrir aux autres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais puisque je suis parti &#224; exprimer le malaise des Qu&#233;b&#233;cois et le mien en particulier, je vous dirais encore ceci : je me h&#233;risse quand j'entends dire que les Qu&#233;b&#233;cois doivent s'ouvrir aux autres, qu'ils doivent cesser de se replier sur eux-m&#234;mes, comme s'ils avaient &#233;t&#233; confin&#233;s &#224; leurs terres et &#224; leurs paroisses. Je sais que beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois ent&#233;rinent ces jugements car ils sont habitu&#233;s &#224; subir leur sort, &#224; encaisser tout ce qui se dit &#224; leur sujet, mais je rappelle que les Canadiens fran&#231;ais et leurs anc&#234;tres les Fran&#231;ais ont &#233;t&#233; les d&#233;couvreurs de l'int&#233;rieur de l'Am&#233;rique du Nord. Ce sont eux qui ont explor&#233; le continent de Qu&#233;bec &#224; la Nouvelle-Orl&#233;ans, des Grands Lacs aux Rocheuses. Et un peu plus tard, jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, ce sont eux qui ont envoy&#233; des missionnaires partout dans le monde, pour pr&#234;cher l'&#201;vangile, certes, pour rencontrer d'autres peuples et les aider. C'est ainsi que les Canadiens fran&#231;ais ont construit des &#233;coles, des coll&#232;ges et m&#234;me des universit&#233;s, et des dispensaires dans tous les pays du monde. Et on nous pr&#233;sente les Qu&#233;b&#233;cois comme des &#234;tres antisociaux et repli&#233;s sur eux-m&#234;mes. S'il y a en Am&#233;rique un peuple chauvin et repli&#233; sur lui-m&#234;me qui ignore tout de ce qui se passe dans le monde, c'est bien notre voisin du sud...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois en ont assez&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je serais donc heureux si les immigrants essayaient de comprendre les Qu&#233;b&#233;cois. Je sais d'ailleurs que certains le font, mais malheureusement, ceux qui parlent le plus fort, ce ne sont pas n&#233;cessairement ceux qui comprennent et aiment le Qu&#233;bec. Et il se trouve chez nous des intellectuels frustr&#233;s qui pr&#233;tendent qu'il faut oublier qui nous sommes, qui recommandent de &#171; br&#251;ler les souches &#187;. Tout cela explique que la relation des Qu&#233;b&#233;cois avec les arrivants est parfois p&#233;nible, comme l'ont laiss&#233; entendre certains intervenants au cours des sessions de la Commission Bouchard-Taylor.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois en ont assez de toutes les vexations qu'ils ont subies depuis deux si&#232;cles et demi. Ils ne sont pas du tout contents quand, par exemple, &#224; la veille d'un r&#233;f&#233;rendum portant sur l'avenir du pays, des milliers d'immigrants qui viennent d'arriver obtiennent en toute h&#226;te la citoyennet&#233; &#171; canadienne &#187; et se prononcent sur l'avenir du pays qu'ils ne connaissent pas encore. C'est ma conviction que les arrivants devraient attendre quelques d&#233;cennies avant de prendre parti dans les querelles politiques entre le Qu&#233;bec et le Canada. Ils devraient s'int&#233;grer lentement &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, regarder, apprendre l'histoire, prendre conscience du probl&#232;me politique qui alimente un profond malaise chez les Qu&#233;b&#233;cois. S'&#8216;ils ne saisissent pas que les Qu&#233;b&#233;cois forment un peuple, qu'ils ne sont pas une minorit&#233; mais un peuple dans ce qui devrait &#234;tre une f&#233;d&#233;ration, s'ils prennent parti pour le Canada, ils nient la nation qu&#233;b&#233;coise et ils contribuent &#224; empoisonner le climat politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand le pays sera un pays ind&#233;pendant, la situation des immigrants sera beaucoup plus facile, beaucoup plus claire, mais en attendant, s'ils veulent se faire accepter, ils doivent &#233;viter de contrecarrer la volont&#233; politique de la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Seul le national mobilise </title>
		<link>http://www.vigile.net/Seul-le-national-mobilise</link>
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		<dc:date>2007-10-18T15:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Robert Laplante - L'Action nationale&lt;br&gt;www.action-nationale.qc.ca</dc:creator>
		


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		<description>Les partis tournent en rond en s'imaginant que la rh&#233;torique identitaire puisse fournir un succ&#233;dan&#233; de combat national. Notre combat, il se m&#232;ne d&#233;sormais avec un peuple rompu aux subterfuges de la politique des lamentations et conscient de la ruine du langage, un peuple mieux inform&#233; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi donc les choses se d&#233;font. La modernisation canadian s'acc&#233;l&#233;rant, les partis politiques de la bourgade s'en trouvent atteints de vieillissement acc&#233;l&#233;r&#233;, frapp&#233;s de v&#233;tust&#233; et rel&#233;gu&#233;s au rayon des accessoires surann&#233;s. L'ordre ancien ne tient plus que pour eux, rong&#233; par l'insignifiance, min&#233; par l'inefficience corrosive des vieux alibis. Les mots manquent actuellement. Les vieux discours tournent &#224; vide et personne n'ose se risquer &#224; nommer le r&#233;el. Les partis provinciaux restent convaincus qu'ils peuvent encore prendre le pouvoir en vendant du simulacre. L'&#233;lectorat d&#233;croche, les pr&#233;f&#233;rences &#233;lectorales sont volatiles au point de donner des vertiges aux sondeurs, mais rien n'y fait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1074 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:151px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.action-nationale.qc.ca&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/17-action-nationale.png' width=&quot;151&quot; height=&quot;229&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Toute la classe politique se cramponne au client&#233;lisme &#224; courte vue et s'emp&#234;tre dans le langage de la diversion, des faux-fuyants. C'est la restriction mentale qui charpente tous les discours. La politique provinciale tourne &#224; vide, elle n'est plus qu'une joute sans enjeu, une ar&#232;ne de figurants. Tout le monde fait semblant de croire que le Qu&#233;bec est encore en mesure de se fa&#231;onner un avenir alors que c'est la logique de la p&#233;nurie &#8211; de la p&#233;nurie fabriqu&#233;e par Ottawa - qui fixe l'ordre des choses. For&#234;t, sant&#233;, environnement, agriculture, &#233;ducation, financement universitaire, la liste s'allonge des dossiers qui s'embrasent pendant que le gouvernement tente de se faire prendre au s&#233;rieux en posant au capitaine des pompiers qui chasse la fum&#233;e en attendant que la pluie f&#233;d&#233;rale ne vienne remplir son arrosoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant qu'Ottawa raffermit son emprise, engrange des surplus pharamineux et poursuit son usurpation jusqu'&#224; confisquer le 400e anniversaire de Qu&#233;bec, la province continue de se penser dans la politique de l'indigence. Pendant que la politique canadian continue de disloquer la coh&#233;sion de nos institutions et de notre &#233;conomie, les politiciens provinciaux cherchent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment refuge dans le r&#233;formisme niais, t&#226;tonnant pour trouver les bons slogans, les gadgets &#233;lectoraux et les cr&#233;atures m&#233;diatiques qui pourraient leur donner bonne bouche, revamper la vieille camelote et leur redonner l'assurance du vendeur de voitures d'occasion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les politiciens f&#233;d&#233;raux ne sont &#233;videmment pas en reste. Eux aussi souffrent de l'usure des vieux fonds de commerce. Le Parti lib&#233;ral du Canada ne sait plus quoi inventer pour g&#233;rer les d&#233;g&#226;ts. Un congr&#232;s chaotique lui a coll&#233; une esp&#232;ce de fort en th&#232;me qui n'est bon au Qu&#233;bec qu'&#224; rappeler jusqu'&#224; quel reniement sont pr&#234;ts les inconditionnels du Canada. Il est path&#233;tique, par ailleurs, de voir s'agiter les carri&#233;ristes autour du Parti conservateur, &#233;moustill&#233;s par les succ&#232;s d'un notable du Lac St-Jean qui a laiss&#233; croire, le temps d'une partielle, que le Qu&#233;bec est entre bonnes mains avec une bande de d&#233;put&#233;s trop heureux de se d&#233;couvrir utiles &#224; brasser les vraies affaires pour mieux fuir celles de la nation. &#192; la bourse des parvenus, ils ne seront pas les premiers &#224; se trouver combl&#233;s d'&#234;tre pay&#233;s en monnaie de singe ou, comme d'autres, &#224; se pavaner &#224; Outremont pour mieux &#234;tre utile en Ontario&#8201; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le vieil ordre politique se meurt dans la province. Les politiciens se cramponnent aux ruines, le regard tourn&#233; vers le pass&#233; r&#233;cent pour ne pas voir le bulldozer canadian en train de paver l'avenir. Mais rien n'y fera. Il n'y a plus de destin sp&#233;cifique pour le Qu&#233;bec dans le Canada, et tout ceux-l&#224; qui font semblant de ne pas voir l'&#233;vidence se font servir de grands ricanements sceptiques par une part croissante de la nation. M&#234;me Gesca qui n'en finit plus de conscrire ses scribes pour tenter de faire scintiller les mirages ne parvient plus &#224; contrer l'&#233;vidence&#8201; : l'horizon canadian s'efface. Le Canada ne nourrit rien au Qu&#233;bec, ni projet, ni projection. Il n'est plus possible de faire autre chose que d'en sortir ou de se soumettre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La politique provincialis&#233;e ne signifie rien d'autre que de prendre le Canada tel qu'il est. Gouverner la province, la proposer comme voie d'avenir, c'est se contenter des moyens que le Canada nous laisse. C'est accepter de tenir la place qu'Ottawa nous assigne, de s'y cramponner en qu&#233;mandant des miettes et en s'arrangeant des finalit&#233;s qu'il nous impose. Solliciter un mandat &#233;lectoral dans le consentement au cadre provincial, c'est cela que &#231;a signifie. Et rien d'autre. &#192; cette nuance pr&#232;s, que les arrivistes peuvent toujours soutenir qu'ils seront plus pr&#232;s des mangeoires en se trouvant du c&#244;t&#233; du vrai pouvoir, celui qui se trouve &#224; Ottawa.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les politiciens de cet ordre r&#233;volu s'entendent autour d'un statu quo qu'aucun parti ne veut pourtant pr&#244;ner tout en cherchant &#224; continuer de le g&#233;rer. C'est ce qui explique ce consensus si ferme autour de la n&#233;cessit&#233; de se rapprocher d'un certain discours nationaliste. Tout le monde cherche &#224; para&#238;tre, &#224; faire comme si, pour mieux se d&#233;filer aux exigences de l'agir vrai. La nation existe, ses r&#233;actions se font sentir partout sur toutes les questions d'importance et ce sont les manifestations de ce r&#233;flexe national qui leur rendent si difficile la t&#226;che de produire un programme politique stimulant. Seul le national mobilise. L'acceptation de l'ordre canadian, par calcul ou par r&#233;signation, les condamne &#224; faire semblant, &#224; s'&#233;puiser dans la recherche des meilleurs moyens de ne pas aller au fond des choses. Il est path&#233;tique de les voir s'&#233;chiner &#224; rester superficiels, &#224; se barbouiller l'intelligence pour mieux masquer la d&#233;mission. L'&#233;lectorat regimbe devant le r&#233;chauff&#233;. Les plat&#233;es de consolation n'apportent aucun r&#233;confort, les miettes canadian ne stimulent aucune gourmandise. Le Qu&#233;bec, lui, est &#224; la recherche de quelque chose de substantiel &#224; se mettre sous la dent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour l'instant, c'est le client&#233;lisme qui domine la sc&#232;ne politique. Cela pourra peut-&#234;tre encore marcher pour une &#233;lection ou deux, le temps que tout le monde r&#233;alise qu'on ne rembobine pas l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;habilitation de l'identitaire, comme disent les bonimenteurs, ne rapportera rien de durable. C'est du frelat&#233;, une mani&#232;re de chercher &#224; habiller la r&#233;gression politique, celle de l'autonomisme d&#233;sarm&#233;, ce discours de la protestation sans cons&#233;quence, qui refuse de revendiquer en fixant des seuils de rupture. C'est la doctrine politicienne des temps mi&#232;vres, un esprit de r&#233;signation toujours pr&#234;t &#224; minimiser les pertes et pour qui rien n'est jamais trop cher pay&#233; pour ne pas faire de chicane avec Ottawa. C'est la posture du consentement &#224; l'impuissance, celle que le Canada appr&#233;cie, celle des nationalistes rousp&#233;teurs et petits faiseurs. C'est l'&#233;ternelle qu&#234;te du fruit qui ne m&#251;rit jamais, la patience des non moins &#233;ternels &#171; &#8201;petits gains qui font grandir&#8201; &#187;. C'est le soupir embarrass&#233; d'une autre g&#233;n&#233;ration qui s'appr&#234;te &#224; se d&#233;charger de sa t&#226;che sur les &#233;paules de sa prog&#233;niture&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nation pourtant s'&#233;prouve comme telle, en d&#233;pit des ambivalences identitaires dont usent contre elles toutes les forces adverses, celles de la fatalit&#233; d&#233;mographique comme celles de la domination politique ou de la l&#226;chet&#233; politicienne. Et c'est parce qu'elle s'&#233;prouve s'assumant que les formulations politiques qui cherchent &#224; composer avec l'acceptation de sa minorisation ne suscitent aucun enthousiasme. S'accommoder de la province n'inspire plus aucun mouvement de fond dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les partis tournent en rond en s'imaginant que la rh&#233;torique identitaire puisse fournir un succ&#233;dan&#233; de combat national. Notre combat, il se m&#232;ne d&#233;sormais avec un peuple rompu aux subterfuges de la politique des lamentations et conscient de la ruine du langage, un peuple mieux inform&#233; que jamais du travestissement des aspirations &#224; l'&#233;mancipation par la mise en march&#233; du r&#234;ve. Ses inqui&#233;tudes, fond&#233;es dans le concret de la domination qui s'exerce sur lui, sont de celles qui nourrissent les grands gestes de d&#233;passement et qui ne s'apaisent que dans les grands accomplissements. La r&#233;signation de l'autonomisme pseudo-identitaire, celle du retour au nous mou pour mieux s'endurer canadian, celle du qu&#233;mandage perp&#233;tuel et de la recherche du r&#233;confort dans les compromis et les victoires factices, c'est termin&#233;. Frissonner en d&#233;clinant toutes les nuances de la signification du &#171; &#8201;nous&#8201; &#187; pour mieux refuser de tirer un trait, c'est termin&#233;. Le film a d&#233;j&#224; jou&#233;. Les partis peuvent bien chercher un arr&#234;t sur image, cela ne changera rien au sc&#233;nario. Notre peuple s'&#233;prouve dans une conscience de lui-m&#234;me contre laquelle se dresse sa classe politique faiblarde. Nos &#233;lites politiciennes r&#234;vent de g&#233;rer une minorit&#233; geignarde alors que la nation aspire &#224; ce qu'on lui propose de donner le meilleur d'elle-m&#234;me. La sc&#232;ne politique est morose parce qu'on n'y sait plus lire les moindres signes de la grandeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'espace politique du Qu&#233;bec ne se d&#233;finit plus que par le combat pour l'ind&#233;pendance. Tout le reste est condamn&#233;. Notre avenir sera qu&#233;b&#233;cois ou notre d&#233;rive sera canadian. Nous serons acteurs de notre histoire ou figurants dans le destin que le Canada nous r&#233;serve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le Bloc qu&#233;b&#233;cois, un ph&#233;nom&#232;ne</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Bloc-quebecois-un-phenomene</link>
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		<dc:date>2007-10-18T14:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Pierre Vadeboncoeur - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Le Qu&#233;bec n'a pas de meilleur atout politique que ce parti qui, un jour, s'est introduit dans le parlementarisme canadien et a alt&#233;r&#233; la dynamique des partis f&#233;d&#233;ralistes et du f&#233;d&#233;ralisme lui-m&#234;me. L'adversaire est dans la place ! On ne saurait le corrompre, car il (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bloc qu&#233;b&#233;cois est une cr&#233;ation politique tout &#224; fait originale et sans mod&#232;le, une innovation parlementaire dont on mesure cependant assez mal la singuli&#232;re utilit&#233;, surtout depuis un an ou deux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bloc est un facteur d'opposition absolument libre, libre de toute attache suspecte et de toute ambition gr&#226;ce &#224; sa position tr&#232;s particuli&#232;re dans la vie politique. Il est entr&#233; comme par effraction au Parlement, un parlement conformiste et ali&#233;n&#233; aux int&#233;r&#234;ts d'argent par les lib&#233;raux et les conservateurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bloc et aussi le NPD troublent et d&#233;stabilisent une vie parlementaire plus ou moins confisqu&#233;e par les deux gros partis. Ils forment une opposition v&#233;ritable, la seule qui &#233;chappe &#224; l'alternance trompeuse des partis dominants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bloc est ind&#233;pendant par son origine purement qu&#233;b&#233;coise et surtout par le fait qu'il ne peut pas aspirer au pouvoir... Il est libre de penser la politique sans rien devoir &#224; personne et sans avoir &#224; m&#233;nager des bailleurs de fonds du monde des affaires. Il est une force d'opposition pr&#233;cieuse et sans autre pr&#233;occupation que celle d'avoir &#224; d&#233;fendre le Qu&#233;bec et le bien commun. Il pr&#233;vient le d&#233;tournement de l'opposition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est sans doute pas toujours &#224; la hauteur, par exemple sur la question de l'Afghanistan, o&#249; sa faiblesse a d&#233;&#231;u. Mais enfin, n'ayant pas d'ambition et, au surplus, n'ayant pas &#224; se laisser tenter par les combines si fr&#233;quentes dans la politique ordinaire, il n'a au fond rien d'autre &#224; faire que de prendre fait et cause pour des politiques conformes &#224; ses principes et &#224; sa mission particuli&#232;re. C'est ce qui le pr&#233;serve plus que tout autre parti.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bloc peut &#224; volont&#233; d&#233;ranger les calculs des conservateurs comme des lib&#233;raux par son poids &#233;lectoral et par son franc-parler. Il n'attend rien du pouvoir, aucune r&#233;compense, aucun profit. Par sa situation m&#234;me, par son r&#244;le, il est largement pr&#233;muni contre les d&#233;rapages. &#192; cause d'une conjoncture historique tr&#232;s sp&#233;ciale, voil&#224; donc la d&#233;mocratie pourvue d'un instrument qui n'existe probablement nulle part ailleurs. C'est comme si la d&#233;mocratie avait enfin trouv&#233; le moyen d'opposer au pouvoir, institutionnellement, un contrepoids dont ce serait l'exclusive raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est tr&#232;s particulier, tout comme les circonstances uniques qui ont amen&#233; cette nouveaut&#233;. Et on se d&#233;ferait de cet outil d&#233;mocratique proprement incomparable pour des consid&#233;rations quelconques comme celles qu'on invoque, par exemple que le Bloc devrait dispara&#238;tre apr&#232;s un certain temps, son r&#244;le, para&#238;t-il, n'ayant plus lieu de se poursuivre dans une p&#233;riode de relative atonie comme celle de 2007 ? Il est tr&#232;s dangereux d'en arriver &#224; des conclusions irr&#233;fl&#233;chies comme celle-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Repr&#233;senter le Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bloc n'est pas compromis avec le pouvoir et ne peut pas l'&#234;tre. Il repr&#233;sente le Qu&#233;bec et peut le d&#233;fendre comme nul autre parti ne le ferait. L'action sur le front f&#233;d&#233;ral est son domaine exclusif. Les lib&#233;raux, les conservateurs, &#224; l'&#233;gard du Qu&#233;bec, se trouvent toujours plac&#233;s sur une pente qui les fait pencher vers le reste du Canada. Le Bloc est &#224; l'&#233;preuve d'un tel glissement. C'est pourquoi on veut absolument l'abattre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait citer cent exemples de ses actions pass&#233;es. Les plus voyantes furent celles qui ont eu trait aux commandites, et elles ont mis le Parti lib&#233;ral par terre, en tout cas au Qu&#233;bec. Le Bloc est une force redoutable et on ne le dit pas assez. Comme les commandites visaient le Qu&#233;bec, son attention s'est concentr&#233;e naturellement sur cette histoire. Le scandale a &#233;clat&#233; gr&#226;ce &#224; ses interventions insistantes et r&#233;p&#233;t&#233;es. La pertinence de cette action a &#233;t&#233; confirm&#233;e par la v&#233;rificatrice g&#233;n&#233;rale, qui a fini par examiner l'affaire et par reconna&#238;tre le bien-fond&#233; des critiques lanc&#233;es contre le gouvernement. Seul un parti vou&#233; aux int&#233;r&#234;ts qu&#233;b&#233;cois et enti&#232;rement libre pouvait, semble-t-il, r&#233;ussir ce tour de force. Et voil&#224; que nous pourrions nous passer de sa pr&#233;sence et de son action ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bloc d&#233;range. Il fausse le jeu bien orchestr&#233; des partis traditionnels. C'est un corps &#233;tranger dans une machine aussi harmonieuse que trompeuse. Il n'est pas assimilable. On ne peut pas le transformer en alli&#233; du pouvoir ni l'introduire dans le cercle complaisant de ceux qui gravitent autour de celui-ci. Dans l'histoire d&#233;mocratique, il est parfaitement atypique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec n'a pas de meilleur atout politique que ce parti qui, un jour, s'est introduit dans le parlementarisme canadien et a alt&#233;r&#233; la dynamique des partis f&#233;d&#233;ralistes et du f&#233;d&#233;ralisme lui-m&#234;me. L'adversaire est dans la place ! On ne saurait le corrompre, car il n'attend pas de r&#233;compense, f&#251;t-ce m&#234;me sous la forme d'un pouvoir partag&#233; avec ceux qui dominent la sc&#232;ne mais qui, &#224; cause de lui, ne la dominent pas totalement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La formule du parti ind&#233;pendant, son statut d'exception, une trouvaille, et son confinement &#224; l'opposition s'opposent, par leur nature m&#234;me, aux louvoiements politiciens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bloc, comme tous les groupements humains, est expos&#233; aux influences d&#233;l&#233;t&#232;res de l'int&#233;r&#234;t purement individuel, mais, dans son cas, il y a un cran d'arr&#234;t : ses buts m&#234;mes et sa dr&#244;le de situation sur l'&#233;chiquier politique interdisent au militant de se laisser s&#233;duire ailleurs, &#224; moins qu'il ne d&#233;croche, s'en aille et renie carr&#233;ment son pass&#233;. Comme Lapierre. Comme Garon par rapport au PQ. Ce n'est pas glorieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bloc est un authentique produit de la d&#233;mocratie, le plus direct qu'on puisse imaginer. La fonction d'opposition, inh&#233;rente au syst&#232;me d&#233;mocratique, est assur&#233;e par lui d'une mani&#232;re certes impr&#233;vue, et il est ainsi post&#233; qu'il ne peut pas s'y soustraire. Le Bloc est un d&#233;veloppement institutionnel inattendu. Il ne faut pas laisser se perdre cet avantage, qui inqui&#232;te toute la machine. Le Bloc occupe une position strat&#233;gique unique. Il serait insens&#233; de d&#233;laisser un tel cr&#233;neau, de brader un tel pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Vadeboncoeur, Essayiste&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2007/10/18/160879.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>L'instant du vertige. Notes sur le repliement identitaire qu&#233;b&#233;cois</title>
		<link>http://www.vigile.net/L-instant-du-vertige-Notes-sur-le</link>
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		<dc:date>2007-10-17T15:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Sans d&#233;tour : la th&#232;se de ce court article est que la population du Qu&#233;bec, prise de vertige devant son avenir, a choisi la position du repli identitaire. Ainsi convient-il de se demander si cette position de repli, provisoire ou non, favorisera la reprise des projets qu&#233;b&#233;cois. Pacifiques et (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton9597.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;294&quot; height=&quot;204&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Texte publi&#233; en partie dans Le Soleil du dimanche 21 octobre 2007 sous le titre &quot;&lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca/article/20071021/CPSOLEIL/71018109/6732/CPOPINIONS&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Une crise identitaire ? Oui ! Le fran&#231;ais recule &#224; Montr&#233;al...&lt;/a&gt;&quot; (Photo : Le Soleil)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;br clear=all&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=right&gt;&#171; Celui qui est cause qu'un autre &lt;br&gt;
devient puissant se ruine lui-m&#234;me &#187;&lt;br&gt;
Machiavel, Le prince&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jamais neutre, la mar&#233;e peut monter ou descendre. Si elle se retire, le
sable s'avancera progressivement. La mar&#233;e est l'histoire des oscillations,
des forces et r&#233;actions. La mar&#233;e puise dans un cycle sa hauteur. Ainsi en
va-t-il &#233;galement dans les sports de combat et la vie politique : si l'un
des adversaires choisit le repli, l'autre, sentant la possibilit&#233;, en
profitera pour contre-attaquer. La logique veut que la contre-attaque vise
&#224; reprendre le territoire qui, perdu plus t&#244;t, s'ouvre &#224; nouveau devant
lui. Si la force est l'histoire d'un cycle, peut-on en vouloir &#224; celui qui
attaque de ne pas profiter de la faille qui s'ouvre dans le jeu de
l'adversaire ? Lorsque l'un des adversaires d&#233;cide de regarder l'&#233;tat de
son armure, ne doit-il pas s'attendre &#224; &#234;tre attaqu&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans d&#233;tour : la th&#232;se de ce court article est que la population du
Qu&#233;bec, prise de vertige devant son avenir, a choisi la position du repli
identitaire. Ainsi convient-il de se demander si cette position de repli,
provisoire ou non, favorisera la reprise des projets qu&#233;b&#233;cois. Pacifiques
et sensibles, les Qu&#233;b&#233;cois &#233;tudient-ils leur armure pour la replacer ou la
d&#233;poser enfin ? Pour tenter de comprendre le moment pr&#233;sent, pr&#233;sentons les
grandes lignes de la th&#232;se du repli identitaire qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le recul du fran&#231;ais &#224; Montr&#233;al &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le marcheur attentif aux sons ou le voyageur rentrant d'un long
s&#233;jour &#224; l'&#233;tranger, le premier signe de repli qu&#233;b&#233;cois se trouve dans
l'affaiblissement du fran&#231;ais &#224; Montr&#233;al. L'anglicisation croissante de
l'&#238;le de Montr&#233;al est, en effet, un ph&#233;nom&#232;ne ind&#233;niable depuis les ann&#233;es
1990. Non seulement le fran&#231;ais a-t-il perdu beaucoup de terrain par
rapport &#224; l'anglais, mais la raison s'en trouve en partie chez les
francophones eux-m&#234;mes qui r&#233;pondent directement en anglais, non pas aux
touristes, mais aux Montr&#233;alais de l'Ouest de l'&#238;le. Cela est si &#233;vident
que les citoyens, trop souvent, loin de s'en formaliser, ne s'en rendent
m&#234;me plus compte. Qui a relev&#233; au demeurant que l'on entend d&#233;sormais
parler la langue de Shakespeare &#224; l'Est de la rue Saint-Denis, ce qui &#233;tait
exceptionnel en 1990 ? Personne. Pourquoi ? Parce que les effets sont
pass&#233;s dans les m&#339;urs, surtout chez les jeunes, et que la mode est &#224;
l'anglais, ce qui vient culpabiliser les personnes qui ne s'expriment pas
tr&#232;s bien dans l'autre langue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or le recul du fran&#231;ais comme langue de travail t&#233;moigne aussi de ce repli
identitaire. &#192; Montr&#233;al, par exemple, la moiti&#233; des immigrants travaillent
en anglais. Et cela n'est aucunement surprenant puisque 40% d'entre eux,
apr&#232;s leurs &#233;tudes primaires et secondaires, optent pour des &#233;tudes
sup&#233;rieures en anglais. Les allophones, pour leur part, choisissent
l'anglais &#224; 54 %. Outre les consid&#233;rations d'int&#233;gration et de
linguistique, il n'est pas inutile de pr&#233;ciser que l'informatisation et la
standardisation croissantes &#224; l'&#339;uvre dans les institutions, les bureaux et
les usines, la perc&#233;e rapide du vocabulaire n&#233;olib&#233;ral (et les slogans
justifiant une mondialisation de l'&#233;conomie) chez le commun ainsi que
l'absence de budget peuvent expliquer, au moins en partie, les raisons qui
incitent les employeurs &#224; tol&#233;rer, accepter, sinon valoriser le travail en
anglais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me de l'affichage illustre bien s&#251;r l'ampleur du probl&#232;me. Les
citoyens consommateurs plient rapidement l'&#233;chine et acceptent sans
broncher les affiches r&#233;dig&#233;es en anglais exclusivement, sinon en d'autres
langues que le fran&#231;ais. Partout sur l'&#238;le de Montr&#233;al, mais surtout dans
l'Ouest, le fran&#231;ais est devenu une langue seconde. Si les commerces
n'h&#233;sitent plus &#224; bafouer la loi sur l'affichage, c'est qu'ils savent tr&#232;s
bien que ce genre d'infractions, devenues banales &#224; la longue, n'entra&#238;nera
pas de sanction, ni de pertes &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux raisons sociales, le probl&#232;me n'est pas qu&#233;b&#233;cois : il est
mondial. De plus en plus d'entreprises, souvent pour des raisons
n&#233;olib&#233;rales, refusent de traduire, pour la communaut&#233; d'accueil, leurs
noms. Si la liste de ces entreprises est trop longue pour &#234;tre donn&#233;e ici,
il faut au moins tenter d'expliquer le ph&#233;nom&#232;ne. On dit que cette
traduction, bien que souhaitable, entra&#238;ne des co&#251;ts et obligent &#224; faire
des efforts ; si tout &#233;tait r&#233;dig&#233; en anglais de deuxi&#232;me secondaire,
disent les compagnies, le commerce irait plus vite&#8230; La cons&#233;quence de ce
genre de raisonnement est simple : la culture, dans une soci&#233;t&#233; de
concurrence mondiale, passe apr&#232;s les consid&#233;rations bassement &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'ali&#233;nation par le discours dominant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un autre fait tr&#232;s int&#233;ressant, ou assez r&#233;v&#233;lateur, pour comprendre le
repli de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise est la nouvelle ali&#233;nation par le discours &#224;
la mode. Cette nouvelle ali&#233;nation est produite par l'acceptation du
discours dominant, souvent d'origine anglophone. En effet, on assiste de
plus en plus &#224; des sc&#232;nes troublantes chez les francophones quand ceux-ci,
sans comprendre les lois, insistent pour envoyer leurs enfants &#224; l'&#233;cole
anglaise. La chose est selon nous riche d'enseignement sur le plan
historique et culturel : confront&#233;s au discours mondialisant, de nombreux
Qu&#233;b&#233;cois estiment d&#233;sormais que l'anglais est la langue de l'avenir et que
le fran&#231;ais, pourtant une langue internationale parl&#233;e sur tous les
continents, n'est plus &#224; m&#234;me d'assurer leur libert&#233; et leur destin.
Certains r&#233;sidents du Sud-ouest de l'&#238;le, qui avaient peur de l'Union
sovi&#233;tique et du bloc de l'Est en 1970, insistent pour que leurs enfants
apprennent le mandarin d&#232;s le primaire&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, puisque nous ne sommes pas &#224; une contradiction pr&#232;s et qu'il ne
nous revient pas de relever la pl&#233;iade d'incoh&#233;rences d'un peuple, nous
nous limiterons &#224; rappeller la signification de ce ph&#233;nom&#232;ne. Les peuples
conquis ont, souvent pour des raisons de survie, le r&#233;flexe d'adh&#233;rer au
discours que le dominant leur impose. Minoritaires et menac&#233;s en Am&#233;rique,
de nombreux r&#233;sidents du Qu&#233;bec, loin de se d&#233;nationaliser, s'ali&#232;nent plus
ou moins consciemment en croyant que l'anglais viendra les sauver. Pour qui
sait voir globalement, il n'est pas tant question d'un naufrage ou d'une &#171; d&#233;mission identitaire &#187;, mais d'un repli, d'une mise entre parenth&#232;ses :
dans la sph&#232;re publique, on accepte l'anglais et les valeurs que cette
langue v&#233;hicule et, dans la sph&#232;re priv&#233;e, on parle en fran&#231;ais,
honteusement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La critique simpliste du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte nouveau d'ali&#233;nation, il ne sera pas surprenant de voir
une multitude de Qu&#233;b&#233;cois embrasser la critique du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois, un
mod&#232;le qui, reconnaissons-le, a fait passer le Qu&#233;bec de province colonis&#233;e
&#224; un &#201;tat moderne ouvert sur le monde. Si le mod&#232;le les a si bien servis
pendant quarante ans, il n'en demeure pas moins victime de son succ&#232;s :
puisque nous avons des probl&#232;mes, ils doivent tous provenir de ce mod&#232;le
national...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce genre de raisonnement, un raisonnement d'humoriste en fait, fleurit
actuellement au Qu&#233;bec ; &#224; tous les jours un certain nombre de Qu&#233;b&#233;cois,
assez souvent des &#233;ditorialistes t&#233;l&#233;guid&#233;s par le milieu des affaires,
pourfendent les syndicats au profit des patrons, critiquent les
polyvalentes publiques et d&#233;fendent l'&#233;cole priv&#233;e, se moquent de nos
routes et louangent celles de nos voisins imm&#233;diats, s'en prennent &#224; nos
h&#244;pitaux pour vanter les cliniques priv&#233;es des &#201;tats-Unis, etc. C'est que
la mode propre au discours dominant est &#224; la remise en question des id&#233;aux
universalistes de l'&#201;tat-Providence, c'est-&#224;-dire l'appel au cong&#233;diement
de l'&#201;tat et &#224; la promotion de fameux PPP.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, soyons encore plus pr&#233;cis si c'est possible : la &#171; convergence &#187; la
plus int&#233;ressante est sans doute la critique des syndicats jumel&#233;e &#224; la
volont&#233; de privatisation des soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat (SAQ, Loto-Qu&#233;bec,
Hydro-Qu&#233;bec). La cons&#233;quence la plus f&#226;cheuse de ce r&#233;flexe, qui souhaite
la fin des syndicats et la vente de feu des r&#233;seaux publics, c'est la
volont&#233; de refouler l'histoire du Qu&#233;bec moderne, un Qu&#233;bec qui s'est
construit sur l'&#233;galit&#233;, le partage de la richesse collective et la d&#233;fense
de la d&#233;mocratie. On trouvera derri&#232;re cette convergence le refrain
n&#233;olib&#233;ral emprunt&#233; au mod&#232;le anglo-saxon : plus de libert&#233; individuelle,
plus de libert&#233; d'entreprise, plus de d&#233;r&#232;glementations, donc plus de
profits. Le plus triste dans ce nouveau type d'ali&#233;nation &#233;conomique, c'est
que les Qu&#233;b&#233;cois, plut&#244;t que d'imiter les Su&#233;dois et les autres
Scandinaves en r&#233;novant eux-m&#234;mes leur mod&#232;le &#201;tat-Providentiel, se
soumettent au discours &#233;conomique des autres. Quand l'autre a raison sur
nous, nous connaissons la peur et nous faisons ce qu'il dit, bref : nous
nous replions d&#233;fensivement. En jouant le jeu des autres (qui sont souvent
des adversaires&#8230;), en refusant de relever le d&#233;fi de la cr&#233;ativit&#233;, le
Qu&#233;bec en vient &#224; se replier sur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;dulcoration progressive du &#171; nous &#187; civique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si deux et deux font quatre, il est logique que l'ali&#233;nation croissante et
la critique pour le moins simpliste du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois conduisent les
Qu&#233;b&#233;cois &#224; &#234;tre m&#233;fiants envers eux-m&#234;mes d'abord, envers leurs propres
r&#233;alisations, et &#234;tre m&#233;fiants envers les autres ensuite. D&#232;s lors,
l'interminable &#171; autopsychanalyse sauvage &#187; et souffrante que constitue la
Commission Bouchard-Taylor sur les &#171; accomodements raisonnables &#187; et la
diversit&#233; culturelle s'impose comme le sympt&#244;me d'une jeune soci&#233;t&#233; qui se
cherche, s'inqui&#232;te et se questionne. Or, peu de commentateurs le rel&#232;vent,
mais l'histoire de la provocation sans fin des acommodements peu
raisonnables &#171; voile &#187; le vrai probl&#232;me politique du Qu&#233;bec : construire un
&#171; nous &#187; politique inclusif et ouvert sur le monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'int&#233;ressant, ce n'est pas tant la composition postmoderne de ce &#171; nous &#187;, mais ce qu'il peut apporter &#224; des projets concrets de soci&#233;t&#233;. Car le
Qu&#233;bec contemporain, on le voit bien, est constitu&#233; par une pluralit&#233;
d'appartenances. Or ces groupes doivent avoir la langue fran&#231;aise en
partage et d&#233;fendre des valeurs universelles et des int&#233;r&#234;ts communs. La
question du &#171; nous &#187; n'est pas ethnocentriste, elle dit ceci : une soci&#233;t&#233;
est plus que la somme de ses individus, pour reprendre ici les mots de
Rousseau. Une soci&#233;t&#233;, c'est une mosa&#239;que qui, loin de se baser sur
l'individualisme, se tient, tout en partageant une culture &#224; vocation
universelle. Or la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, au lieu de regarder dehors et de
participer &#224; l'avenir du monde, semble avoir choisi la voie int&#233;rieure,
c'est-&#224;-dire le monologue conservateur plut&#244;t que le dialogue d'avenir, ce
qui illustre &#224; nouveau, s'il le faut, la th&#232;se du repliement identitaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, certains diront sans doute que la jeune soci&#233;t&#233; ne montre pas la
maturit&#233; n&#233;cessaire pour s'affranchir de sa position culpabilisante &#224;
l'&#233;gard de l'autre. Prise au pi&#232;ge, la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise &#233;couterait le
discours des nouveaux venus et chercherait dans le pass&#233; une solution qui
ne s'y trouve pas. Cela n'est pas enti&#232;rement faux. Cependant, ce qu'il
faut retenir, c'est que les attaques contre le &#171; nous &#187; qu&#233;b&#233;cois ne visent
pas &#224; am&#233;liorer la politique qu&#233;b&#233;coise : elles veulent forcer les citoyens
du Qu&#233;bec &#224; accepter le mod&#232;le multiculturel canadien. Si le &#171; nous &#187; est
une force politique, le &#171; je &#187; juridique le d&#233;truit&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Devons-nous rire des fant&#244;mes du pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre th&#232;se du repli identitaire en arrive ici &#224; ses conclusions. &#192;
l'heure du triomphe de la mondialisation et du non-dit entourant la
diversit&#233; culturelle, certains qu&#233;b&#233;cois reviennent instinctivement en
arri&#232;re. Comment ? Certains reviennent &#224; la religion catholique dans
l'espace public, d'autres se disent eux-m&#234;mes immigrants en terre
qu&#233;b&#233;coise, d'autres enfin veulent remettrent le crucifix dans la cuisine
ou se convertir &#224; d'autres religions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En v&#233;rit&#233;, n'approfondissant plus leur histoire, plusieurs Qu&#233;b&#233;cois,
surtout les jeunes, ont peur de ce qu'ils sont devenus. D&#233;sabus&#233;s, se
disant lucides, craignant le poids d&#233;mographique et tenant &#224; profiter des
progr&#232;s technologiques d'une modialisation &#224; la mode, nos jeunes h&#233;ritiers
refoulent les acquis de l'&#201;tat moderne et les forces sociales de la
coop&#233;ration. Tout se passe comme si le futur propri&#233;taire de la maison en
crise, refusant sa responsabilit&#233; re&#231;ue, d&#233;sirait devenir le valet de
lui-m&#234;me ! Plut&#244;t que de s'affirmer, les Qu&#233;b&#233;cois paraissent avoir choisi
de r&#233;sister secr&#232;tement, silencieusement, pacifiquement. Las des efforts de
r&#233;novation exig&#233;s par les effets de la R&#233;volution tranquille, on dirait
qu'ils ne veulent plus s'assumer. Refusant de se choisir eux-m&#234;mes, ils
pr&#233;f&#232;rent rire&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soit dit en passant, la place d&#233;mesur&#233;e que l'humour joue chez nous peut
peut-&#234;tre s'expliquer par l'incapacit&#233; d'un peuple &#224; jouer le r&#244;le
historique qui lui revient. Coinc&#233; entre quelques &#233;checs historiques et de
grandes r&#233;alisations rapides, le peuple conna&#238;t le vertige, il h&#233;site,
tergiverse. Voil&#224; pourquoi la culture qu&#233;b&#233;coise trouve dans l'humour son
expression privil&#233;gi&#233;e. Nous passons au comique et &#224; l'humour, on le sait,
quand nous ne croyons plus avoir les moyens de changer s&#233;rieusement les
choses. V&#233;hicule d&#233;mocratique par excellence de la d&#233;sillusion politique,
l'humour, avec le hockey, s'impose d&#233;sormais comme le lien social, le
ciment des conquis, c'est-&#224;-dire une marque de sa r&#233;signation ou
l'acceptation de ses propres limites.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais l'humour est signe de repli et comme Machiavel l'a montr&#233; d&#232;s le XVe
si&#232;cle, la position du repli peut conduire &#224; la ruine si le peuple s'av&#232;re
incapable de reconqu&#233;rir sa libert&#233;. Honteux et d&#233;pass&#233;s par les &#233;v&#233;nements
r&#233;cents, reconnaissant l'instant du choix entre l'avenir difficile et le
pass&#233; de la r&#233;sistance, beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois ont d&#233;cid&#233; de revenir &#224; la
politique de salon. Le vertige correspond &#224; la peur des hauteurs, la peur
de l'avenir. Une image l'illustre assez bien : faute de choisir, nous
revivons lentement les descriptions du Montr&#233;al anglophone des ann&#233;es 1950
qui font l'int&#233;r&#234;t des premiers romans de Michel Tremblay. L'identit&#233;
qu&#233;b&#233;coise, bien que construite sur une histoire territoriale, religieuse
et civique, demeure fragile et sujette &#224; une reconqu&#234;te : elle n'a pas
l'&#226;ge de la fran&#231;aise ni le mythe de l'am&#233;ricaine. Actuellement en crise,
suspendue au-dessus de l'ab&#238;me, elle se replie d&#233;fensivement. Si cela est,
&#233;vitons cependant de juger ou de condamner trop vite les effets d'un repli
identitaire, quel qu'il soit. Si le jugement moral n'est pas notre affaire,
il nous faut rappeler une &#233;vidence : le vertige appara&#238;t lorsque l'avenir
se pointe et qu'il exige de nous un choix. S'ils persistent dans la
position du repli identitaire, les Qu&#233;b&#233;cois redeviendront lentement des &#171; Canadiens fran&#231;ais &#187;. La question suivante se pose ainsi : serait-ce ce
qu'ils d&#233;sirent au plus profond d'eux-m&#234;mes ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;br&gt;
D&#233;partement de philosophie&lt;br&gt;
Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Le g&#233;nie qu&#233;b&#233;cois</title>
		<link>http://www.vigile.net/Nous-sommes-Quebecois</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Nous-sommes-Quebecois</guid>
		<dc:date>2007-10-05T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Bernard Frappier - Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Retour sur le Nous Peut-&#234;tre avez-vous l'appartenance &#224; g&#233;om&#233;trie variable, Qu&#233;b&#233;cois le 24 juin, Canadian le 1er juillet et Fran&#231;ais le 14. Moi, pas. Le 24 juin, c'est la F&#234;te nationale des Qu&#233;b&#233;cois. Le 1er juillet, c'est le jour le plus long de l'ann&#233;e, comme un mal (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton9428.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;98&quot; height=&quot;115&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-&#234;tre avez-vous &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/ds-souv/docs3/02-6-22-dion-nation.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'appartenance &#224; g&#233;om&#233;trie variable&lt;/a&gt;, Qu&#233;b&#233;cois le 24 juin, Canadian le 1er juillet et Fran&#231;ais le 14. Moi, pas. Le 24 juin, c'est la F&#234;te nationale des Qu&#233;b&#233;cois. Le 1er juillet, c'est le jour le plus long de l'ann&#233;e, comme un mal de dents. Le 14 juillet, un jour sympathique. Vous cumulez, je concentre. Vous incluez, j'exclus. Vous clarifiez, je tranche. &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/pol/partitionGQ/thuotmorale.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Vous exhibez une &#233;thique sup&#233;rieure&lt;/a&gt;, je me contente d'&#234;tre transparent, sans fard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne suis pas Canadian. Je suis Qu&#233;b&#233;cois. Le Qu&#233;bec, c'est ma Patrie, la terre de mes p&#232;res. Et, tr&#232;s bient&#244;t, ce sera mon Pays, la terre de mes concitoyens, anciens et nouveaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec, c'est mon chez moi, le territoire o&#249; le g&#233;nie qu&#233;b&#233;cois a produit la culture qui a fa&#231;onn&#233; mon identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada, c'est l'obstacle &#224; ma libert&#233;. C'est le NON perp&#233;tuel &#224; mon identit&#233;. C'est le cumul de mon indiff&#233;renciation. C'est la menace &#224; mon existence. Un principe d'agression permanente. Et cela a un nom !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et je le dis sans ressentiment. Sans agressivit&#233;. Sans &#233;motion suspecte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand vous promenez vos discours d'un bout &#224; l'autre de la plan&#232;te, aur&#233;ol&#233; de votre titre de ministre et de conseiller de la Reine, vous avez l'&#233;motion tranchante. Vos discours grandissent l'appartenance au Canada en caricaturant l'appartenance au Qu&#233;bec. Vous associez ma passion du Qu&#233;bec aux pires catastrophes identitaires - &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/01-4/vastel-dion.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;fascisme, nazisme&lt;/a&gt;, et mettez-en, il n'y a pas de limite &#224; la boursoufflure. Ceux qui &#233;crivent vos discours ne manquent pas d'imagination. Malheureusement, ils ont coup&#233; tout lien avec la r&#233;alit&#233; historique qui a fa&#231;onn&#233; les rapports Canada-Qu&#233;bec. Ils souffrent de d&#233;mesure. &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Hybris&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Hybris&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. D&#233;lire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand vous vous adressez aux Qu&#233;b&#233;cois, vos discours tentent toujours d'oblit&#233;rer la conscience qu'ils ont d'&#234;tre Qu&#233;b&#233;cois avant d'&#234;tre Canadians. &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/ds-souv/docs2/01-4-5-dion-ethnicisation.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Ils chantent la sup&#233;riorit&#233; d'une &#233;thique de l'inclusion, de l'ouverture, de la solidarit&#233;&lt;/a&gt;. Quel bonheur d'appartenir au plus-meilleur-pays-du-monde... Ils portent sur la grandeur et la noblesse associ&#233;es &#224; l'appartenance canadian... et sur la petitesse et la mesquinerie de ces m&#234;mes valeurs quand elles se disent de l'appartenance qu&#233;b&#233;coise. Allez comprendre...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ces hauteurs, on jouit d'entendre la puret&#233; de ses paroles, lyrisme narcissique qui pr&#233;tend &#233;chapper au prosa&#239;sme. On peut faire illusion. Cacher la plomberie mise en place par le gouvernement dont vous faites partie pour forcer la loyaut&#233; des Qu&#233;b&#233;cois &#224; ce pays qui les nie. Les plombiers d'Ottawa, dont vous &#234;tes un des contrema&#238;tres, ont pouss&#233; le forage de l'&#226;me qu&#233;b&#233;coise, pour y introduire le mal canadian, au del&#224; des limites raisonnables et acceptables dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratiquement saine. La corruption dont souffre votre gouvernement &#233;tale au grand jour la corruption des principes qui l'animent. Est-il donc si &quot;plus-meilleur&quot;, ce pays, qui recourt &#224; la propagande massive, au conditionnement de l'opinion publique pour consolider le lien d'appartenance de ceux qu'il entend subordonner, lien dont on constate, chaque jour, qu'il s'effrite toujours davantage chez ceux qui ont compris votre man&#232;ge...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Votre mani&#232;re d'inclure, nous la connaissons. Votre cumul identitaire, nous le connaissons. Et le monde en est t&#233;moin. La mascarade approche de sa fin. (&quot;Le ch&#226;timent de l'hybris est la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Hybris&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;n&#233;m&#233;sis&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (&#171; destruction &#187;), le ch&#226;timent des dieux qui a pour effet de faire se r&#233;tracter l'individu &#224; l'int&#233;rieur des limites qu'il a franchies.&quot;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non, mon pays r&#234;v&#233; n'inclut pas le Canada, il l'exclut. Comme le Canada exclut les USA... Non, je ne me paye pas de mots creux, non je ne mets pas l'&#233;thique au service du politique. J'ai trop de respect pour les valeurs qui font l'humanit&#233; pour me permettre de les instrumentaliser &#224; la d&#233;fense d'un &#201;tat dont on voit bien, depuis quelques ann&#233;es, qu'il n'est plus que la caricature du discours qu'il tient sur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je le dis sans &#233;branlement int&#233;rieur, sans turbulence &#233;motionnelle. Car dans mon esprit, les choses ont pris leur place. Et je ne ressens pas monter en moi la puissante force des conflits anciens non r&#233;solus. Je suis ce que je suis, je vis dans le pr&#233;sent. Et je parie sur la libert&#233;. Et &#231;a me suffit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant &#224; vous, je suis d&#233;sol&#233; de vous le dire, les choses paraissent autrement plus t&#233;n&#233;breuses. Faut-il s'&#233;tonner que vos postures laissent transpirer les &#233;motions non-contr&#244;l&#233;es quand vous vous adressez aux Qu&#233;b&#233;cois ? Hier, vous n'avez pas craint d'affirmer haut et fort que les lois linguistiques du Qu&#233;bec n'&#233;taient pas racistes. Il y a presque dix ans, alors que vous n'&#233;tiez pas encore ministre..., &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/pol/racisme/dionfranco.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;vous vous portiez &#224; la d&#233;fense du droit du Qu&#233;bec d'exister comme soci&#233;t&#233; fran&#231;aise contre ceux qui l'accusaient de toutes les intol&#233;rances&lt;/a&gt;. Aujourd'hui, vous faites partie d'un gouvernement qui multiplie ces accusations, et qui met tous les efforts requis pour diluer cette identit&#233;, pour en interdire le cumul... jusqu'&#224; ce que, r&#233;duite &#224; l'insignifiance, elle ne soit plus que &quot;foyer francophone&quot;, &quot;r&#233;gion linguistique&quot;, ou &quot;n'importe quoi d'autre&quot; qui brouille sa pr&#233;tention et &#233;crase sa volont&#233; d'&#234;tre ce qu'elle est.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dion-l'ancien travaille la conscience de Dion-le-nouveau... Tant pis pour les deux... C'est le destin de &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/ds-souv/docs/bariteau-rule.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'indirect ruler&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je termine en vous souhaitant &quot;Bonne f&#234;te, Canada&quot;, comme je le ferai pour les Am&#233;ricains, le 4 juillet et pour les Fran&#231;ais le 14, avec sympathie, n'&#233;tant ni l'un ni l'autre, mais &#233;tant ouvert sur l'universalit&#233;, avec une sympathie donc d'autant plus sinc&#232;re que je suis conscient de faire partie d'une nation qu&#233;b&#233;coise qui n'est sans doute pas la &quot;plussss-meilleure-des-nations&quot; mais la premi&#232;re dans mon coeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Titre original - suivi de commentaires : &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/ds-edito/bf/bf-02-7-1.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Bonne f&#234;te, Canada - Lettre ouverte &#224; St&#233;phane Dion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bernard Frappier, 1.7.2002&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
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	</item>



	<item>
		<title>De l'affirmation &#224; l'ind&#233;pendance : un continuum</title>
		<link>http://www.vigile.net/De-l-affirmation-a-l-independance</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/De-l-affirmation-a-l-independance</guid>
		<dc:date>2007-10-05T08:03:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Raymond Poulin - Chronique de Raymond Poulin</dc:creator>
		


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		<description>Il nous faut r&#233;apprendre ce que nous oublions souvent : le temps historique ne fonctionne pas au gr&#233; de nos projets mais &#224; celui de la maturation collective qui repose, sauf accident acc&#233;l&#233;rateur, sur la dur&#233;e.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucoup d'ind&#233;pendantistes se m&#233;fient des nationalistes ; on pr&#233;tend m&#234;me
qu'il s'agit de deux contraires, le nationalisme qu&#233;b&#233;cois constituant
une position purement d&#233;fensive ou r&#233;sistante &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me
canadien, donc ne menant nulle part puisqu'on y est &#224; la fois nationaliste
et f&#233;d&#233;raliste, au mieux conf&#233;d&#233;raliste. &#8212; Au sens du dictionnaire, notre
usage du terme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nationaliste&lt;/i&gt; est incorrect puisqu'un nationaliste vise &#224; la
fondation d'un &#201;tat ind&#233;pendant ; je le remplace donc par un n&#233;ologisme
d'ici, mieux appropri&#233;, soit &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;affirmationniste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, presque tous les ind&#233;pendantistes sont d'abord pass&#233;s par une
p&#233;riode affirmationniste, m&#234;me si tous les affirmationnistes n'ont pas
franchi le pas et qu'un certain nombre ne le franchira jamais. Il n'en
demeure pas moins qu'il s'agit de la premi&#232;re &#233;tape d'une prise de
conscience, mais o&#249; l'on n'a pas encore saisi que la seule d&#233;fensive
condamne &#224; terme au pi&#233;tinement, &#224; l'&#233;ternel recommencement et enfin &#224; la
d&#233;faite : le Qu&#233;bec &#233;quivalant pr&#233;sentement &#224; 23,6% de la population
canadienne et les Qu&#233;b&#233;cois d'ascendance fran&#231;aise, &#224; 20%, alors que ces
proportions repr&#233;sentent un d&#233;clin de plus du tiers en quarante ans, il va
de soi que jamais la vision canadienne d'un &#201;tat unitaire ne s'infl&#233;chira
davantage qu'elle ne l'a fait jusqu'&#224; maintenant ; notre rapport de force &#224;
l'int&#233;rieur de la structure politique canadienne n'existe, sporadiquement
et marginalement, que lorsqu'il permet d'exploiter une situation
&#233;lectorale, donc temporaire, o&#249; l'un des partis f&#233;d&#233;raux a besoin de notre
appui pour remporter les &#233;lections. Et aucun de ces partis ne peut poser un
geste &#224; longue port&#233;e qui lui ali&#233;nerait le reste du pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La condamnation en bloc et sans appel des affirmationnistes &#233;quivaudrait &#224;
se priver d'un potentiel ind&#233;pendantiste n&#233;cessaire, justement, &#224;
l'atteinte de l'objectif. Ce serait non seulement st&#233;rile mais
contre-productif, une attitude ne tenant pas compte de la psychologie
sociale ; on exige que tous soient d&#233;j&#224; rendus l&#224; o&#249; en sont arriv&#233;s ceux
qui ont d'abord connu le m&#234;me cheminement. Le doctrinaire nie aux autres
ce qui fut sa propre n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelles qu'en soient les raisons, l'ind&#233;pendantisme, jusqu'&#224; la fin des
ann&#233;es soixante, a pratiquement toujours &#233;t&#233; marginal, y compris au temps
des Patriotes. Affaire de contexte : on aurait bien aim&#233; que..., mais on
croyait la chose impossible et, &#224; toutes fins utiles, elle l'&#233;tait. On
s'est donc rabattu sur une forme de nationalisme de survie, conservateur ou
&#233;clair&#233; au gr&#233; des circonstances et de la mentalit&#233;. Depuis les ann&#233;es
soixante-dix, diverses phases se sont succ&#233;d&#233; rapidement : &#233;mergence et
mont&#233;e ind&#233;pendantiste, repli, affirmationnisme, forte pouss&#233;e
ind&#233;pendantiste, repli, remont&#233;e affirmationniste, petit sursaut
ind&#233;pendantiste &#233;ph&#233;m&#232;re. Pr&#233;sentement, autant au PQ qu'&#224; l'ADQ, et m&#234;me
chez une partie des membres du PLQ, l'affirmationnisme domine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On aura beau se d&#233;soler de ce terrain mouvant, le r&#233;alisme nous oblige &#224;
faire avec lui. C'est entendu, rien ne doit emp&#234;cher les ind&#233;pendantistes
de clamer haut et fort la &quot;bonne parole&quot;, mais notre attitude, loin de
traiter de haut le courant affirmationniste, doit s'y allier &#8212;
ind&#233;pendamment de l'id&#233;ologie des partis, on y reviendra &#8212;chaque fois que
cela permet d'enfoncer le clou et chaque fois que les circonstances
facilitent la d&#233;monstration, &#224; terme, que tout effort &#224; l'int&#233;rieur du
syst&#232;me canadien ne m&#232;ne au mieux qu'&#224; un gain limit&#233; jamais assur&#233; de sa
p&#233;rennit&#233; et, au pire, &#224; un mur. Entre-temps, cependant, toute victoire
collective temporaire est bonne &#224; prendre, car elle finit toujours par
susciter le d&#233;sir d'aller plus loin sauf chez ceux qui, de toute mani&#232;re,
n'iront jamais nulle part sinon l&#224; o&#249; le vent les pousse. L'ind&#233;pendantisme
s'est implant&#233; pour de bon au Qu&#233;bec, faut-il le rappeler, apr&#232;s les sept
premi&#232;res ann&#233;es de la d&#233;cennie 1960, soit alors que le Qu&#233;bec n'avait
jamais arrach&#233; autant &#224; Ottawa, surtout sous le gouvernement Pearson, alors
minoritaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il nous faut r&#233;apprendre ce que nous oublions souvent : le temps historique
ne fonctionne pas au gr&#233; de nos projets mais &#224; celui de la maturation
collective qui repose, sauf accident acc&#233;l&#233;rateur, sur la dur&#233;e. Et il ne
nous donne pas la possibilit&#233; de conna&#238;tre &#224; coup s&#251;r, et encore moins de
fixer arbitrairement, le moment o&#249; le d&#233;sir d'ind&#233;pendance sera tellement
r&#233;pandu qu'il deviendra une &#233;vidence dont il ne restera qu'&#224; d&#233;cider de ses
modalit&#233;s concr&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au fond, les possibilit&#233;s sont multiples, le choix d&#233;pendra du contexte de
r&#233;alisation. &#201;lection r&#233;f&#233;rendaire &#224; la majorit&#233; absolue des si&#232;ges et des
voix &#224; la suite d'une alliance entre plusieurs partis politiques ? R&#233;f&#233;rendum apr&#232;s &#233;lection &#224; majorit&#233; relative ou absolue d'un seul parti
ind&#233;pendantiste ? Autre modalit&#233; ? La solution ne d&#233;pend ni du nombre de
partis ind&#233;pendantistes ni du nombre de leurs membres mais du plus grand
nombre possible de citoyens convaincus et d&#233;cid&#233;s. Il existe tout de m&#234;me
des modalit&#233;s risqu&#233;es au point d'en devenir dangereuses, par exemple celle
d'une proclamation d'ind&#233;pendance par un parti qui aurait rafl&#233; la majorit&#233;
absolue des si&#232;ges mais seulement une majorit&#233; relative des suffrages et ne
serait pas soutenu par une coalition comptant cette majorit&#233; absolue des
votes. Sur les plans politique et diplomatique, voil&#224; une d&#233;faite assur&#233;e,
un ratage dont les cons&#233;quences s'av&#233;reraient bien plus graves qu'un
r&#233;f&#233;rendum avort&#233;. On comprend que beaucoup d'ind&#233;pendantistes de longue
date soient impatients, mais lorsqu'impatience rime avec imprudence au
point de devenir de la t&#233;m&#233;rit&#233;, voici le temps venu de se calmer un peu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce travail d'accouchement des consciences et de persuasion, il
importe de ne pas plomber la dynamique ind&#233;pendantiste par une id&#233;ologie. L'av&#232;nement d'un &#201;tat souverain transcende les id&#233;ologies, toujours
transitoires, qu'une population, au fil des ans, peut favoriser ou rejeter
quand bon lui semble. Les id&#233;ologies passent mais les nations demeurent. La nation n'est ni un concept de gauche ni un concept de droite mais une
r&#233;alit&#233; charnelle d'abord incarn&#233;e dans la culture collective et
l'histoire, presque toujours, d'un noyau ethnique majoritaire sur un
territoire donn&#233;, et dont la n&#233;cessit&#233; et la volont&#233; de ma&#238;triser son
destin l'enjoignent de se donner un &#201;tat souverain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, aucune
nation ne peut vivre en vase clos &#224; une &#233;poque de grandes migrations comme
on n'en avait pas vues depuis quinze cents ans, et il va alors de soi qu'elle
finisse par englober tous les habitants de son territoire, d'o&#249; qu'ils
viennent. Le noyau culturel et ethnique ne constitue qu'une armature de
d&#233;part, une matrice sociale assurant coh&#233;rence au projet collectif. Les
empires seuls &#233;chappent &#224; cette n&#233;cessit&#233; mais se maintiennent par la
contrainte jusqu'&#224; leur d&#233;sagr&#233;gation. Alors pourquoi ne pas le dire
clairement et sans honte ? Le futur &#201;tat qu&#233;b&#233;cois ind&#233;pendant repose
d'abord sur l'existence de la nation qu&#233;b&#233;coise, et l'armature de la nation
qu&#233;b&#233;coise, ce sont les descendants des colons de la Nouvelle-France,
nagu&#232;re nomm&#233;s Canadiens fran&#231;ais, ainsi que tous ceux qui, au cours des
ann&#233;es, se sont int&#233;gr&#233;s, voire assimil&#233;s &#224; eux. Il repose ensuite sur tous
ceux qui, habitant &#224; demeure le territoire, en acceptent les lois et les
valeurs fondamentales. Tous sont citoyens qu&#233;b&#233;cois au m&#234;me titre, sans
exclusive, et se fondent dans la nation avec la suite des g&#233;n&#233;rations. Il
ne s'agit, en somme, que du processus naturel le plus universel dans la
d&#233;termination des ensembles humains formant des entit&#233;s politiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur ce plan, le fameux &quot;nous&quot; dont on d&#233;bat tellement varie, dans le
langage, au gr&#233; du contexte et de la situation, mais il comprend chaque
fois tous ceux qui se reconnaissent dans une m&#234;me conscience, soit la m&#234;me
aspiration &#224; vivre ensemble et &#224; pr&#233;parer un devenir collectif. Seuls les
adversaires de son av&#232;nement utilisent le &quot;nous&quot; avec une connotation
hypocritement exclusiviste, dans l'espoir de nous donner mauvaise
conscience et surtout de dresser une barri&#232;re entre nous et les arrivants
de fra&#238;che date sur notre territoire. Cela fait tout simplement partie de
la panoplie des moyens employ&#233;s par les tenants d'un Canada unitaire
englobant le Qu&#233;bec, un &#233;l&#233;ment psychologique de pol&#233;risation dans la
strat&#233;gie du rapport des forces : vicieux mais de bonne guerre, et
l'indignation morale &#224; ce sujet ne m&#232;ne nulle part.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il va de soi que ce
d&#233;tournement de terme oblige les ind&#233;pendantistes et m&#234;me les
affirmationnistes &#224; rassurer les minorit&#233;s qu&#233;b&#233;coises, mais, ce faisant,
commettent une erreur absolument nocive ceux qui croient simplifier et
faciliter la chose en substituant au concept classique de nation celui de
nation civique, qui revient &#224; la consid&#233;rer comme un agglom&#233;rat d'individus
strictement reli&#233;s non par leur appartenance &#224; une communaut&#233; partageant
des valeurs collectives fondamentales mais seulement soumis aux m&#234;mes lois
civiles et p&#233;nales et disposant des m&#234;mes droits formels. La nation
civique n'a aucune r&#233;sonance collective et par cons&#233;quent aucune solidarit&#233;
nationale. C'est un patchwork multiculturel o&#249; chaque groupe clanique
maquignonne perp&#233;tuellement des privil&#232;ges : la tour de Babel, &#224; la rigueur
un march&#233; de &quot;souverainet&#233;s&quot; locales, bancales et concurrentes. En ce
domaine, la rectitude politique et les contorsions lexicales pour &#233;viter le
&quot;nous&quot; ne m&#232;nent qu'&#224; la d&#233;liquescence de la nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes ce que nous sommes, et si nous n'osons pas l'affirmer, alors abandonnons le terrain : une nation qui n'ose pas se nommer et se rapailler n'existe pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Raymond Poulin&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
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	</item>



	<item>
		<title>Pourquoi les Qu&#233;b&#233;cois cherchent-ils dedans, alors que tout se passe dehors ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Pourquoi-les-Quebecois-cherchent</link>
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		<dc:date>2007-09-28T15:40:04Z</dc:date>
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		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>&#171; Tant pis pour les faits &#187; Peter Sloterdijk Le Qu&#233;bec conna&#238;t une nouvelle remise en question de son identit&#233;. En effet, les pr&#233;occupations actuelles traduisent une critique puissante des id&#233;aux produits par la R&#233;volution tranquille. Qu'on me permette de donner quelques (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=right&gt;&#171; Tant pis pour les faits &#187;&lt;br&gt;
Peter Sloterdijk&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec conna&#238;t une nouvelle remise en question de son identit&#233;. En
effet, les pr&#233;occupations actuelles traduisent une critique puissante des
id&#233;aux produits par la R&#233;volution tranquille. Qu'on me permette de donner
quelques exemples illustrant la fin d'un cycle : les r&#233;flexions sur la
dur&#233;e de vie de nos infrastructures, la vente des joyaux qu&#233;b&#233;cois aux
&#233;trangers, la crise financi&#232;re du r&#233;seau universitaire public, le retour
sur les trente ans de la loi 101, l'&#233;pisode pour le moins douleureux de la
Commission sur les &#171; accommodements raisonnables &#187; (et ses effets dans
l'int&#233;r&#234;t soudain de l'Assembl&#233;e nationale pour l'int&#233;gration des
immigrants et le retour du catholicisme dans certaines r&#233;gions du
Qu&#233;bec...), le 40e anniversaire du r&#233;seau coll&#233;gial, la privatisation
l&#233;gale et progressive du syst&#232;me de sant&#233;, etc. Ces exemples montrent &#224;
l'&#233;vidence que si les Qu&#233;b&#233;cois cherchent &#224; mieux se comprendre eux-m&#234;mes,
ils ne le font pas en cherchant leur place dans le monde, mais en
questionnant plut&#244;t leur identit&#233;. Mais pourquoi les Qu&#233;b&#233;cois
cherchent-ils dedans, alors que tout se passe dehors ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;	Un monde nouveau, des pays neufs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, pendant que les Qu&#233;b&#233;cois se voient forc&#233;s de jouer dans leurs
blessures historiques, &#224; s'autopsychanalyser sauvagement en quelque sorte,
des ph&#233;nom&#232;nes politiques nouveaux et dignes d'int&#233;r&#234;t se produisent dans
le monde. Ces ph&#233;nom&#232;nes devraient pourtant les int&#233;resser au plus haut
point. La situation de l'&#201;cosse, par exemple, devrait les interpeller, car
un parti officiellement souverainiste a pris la direction du gouvernement.
&#192; suivre la nouvelle situation &#233;cossaise, on ne peut manquer de se dire que
le monde change et que les revendications nationales, en Europe, dureront
encore plusieurs ann&#233;es. La Belgique aussi conna&#238;t une crise sans prec&#233;dent : la partie flamande, moins populeuse mais plus riche que la wallone,
menace de quitter le f&#233;d&#233;ration. Ces deux exemples illustrent une v&#233;rit&#233;
simple : la jeune construction politique qu'est l'Union europ&#233;enne ne sera
pas exempte de crises mineures ou majeures prochainement. &#192; n'en pas
douter, le monde entend continuer &#224; se donner des pays neufs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais cette id&#233;e des pays &#171; neufs &#187; semble correspondre &#224; un moment
important de l'histoire contemporaine, &#224; savoir la chute du mur de Berlin
et le d&#233;mant&#232;lement de l'empire sovi&#233;tique. Apr&#232;s cette chute m&#233;morable, on
a assist&#233; au d&#233;veloppement de nouvelles entit&#233;s nationales : la naissance
politique de l'Estonie, de la Lituanie, de la Letonie et de l'Ukraine
notamment. Dans le m&#234;me sens, on ne pourra s'emp&#234;cher de rappeler la
fragmentation de l'ex-Yougoslavie en plusieurs petits pays selon les
Accords de Dayton (2003) : la Bosnie-Herz&#233;govine, la Croatie, la Mac&#233;doine,
la Serbie, le Mont&#233;n&#233;gro et la Slov&#233;nie. Certains ajouteront que le go&#251;t
pour les pays neufs n'est pas si r&#233;cent puisqu'on le retrouve depuis
longtemps au Pays basque, en Bretagne et en Catalogne. D'une mani&#232;re plus
globale, comme l'indique d'ailleurs le site web du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Foreign Policy&lt;/i&gt;, le
Kosovo, la Palestine, le Sud-Soudan et le Kurdistan entendent obtenir dans
un d&#233;lais acceptable le statut de pays. Le Qu&#233;bec, on s'en doute,
n'appara&#238;t m&#234;me pas sur la liste des candidats &#224; l'obtention du titre de
nouveaux pays de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Foreign Policy&lt;/i&gt;&#8230; Cependant, force est de constater que
les grands empires et les pays qui les composent peuvent, sous l'effet de
l'Histoire, se fragmenter et favoriser l'&#233;mergence de pays neufs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;	Qu'est-ce qu'un pays &#171; neuf &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s la fragmentation d'un grand ensemble ou d'un grand pays, on assiste
&#224; la construction de pays neufs, c'est-&#224;-dire &#224; la reconnaissance par la &#171; communaut&#233; internationale &#187; de nouvelles entit&#233;s politiques souveraines.
Par la naissance du pays neuf, on voit le passage d'une nation au rang
d'&#201;tat politique ind&#233;pendant. Ce nouveau pays prend sa place dans le monde
pour des raisons historiques, culturelles et &#233;conomiques. Ainsi, le propre
du pays neuf est de r&#233;sulter d'une affirmation nationale forte et de la
rupture avec un ensemble reposant sur la force. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, le pays
neuf se propose une nouvelle libert&#233;, se construit sur la d&#233;fense d'une
langue commune et un ensemble de valeurs universelles qu'il cherche &#224;
prot&#233;ger. Souvent, ce pays est petit, mais &#233;conomiquement viable et
autonome. Il veut profiter &#224; fond de ses propres leviers &#233;conomiques. Voil&#224;
pourquoi, de m&#233;moire d'homme, le passage au pays se fait &#224; sens unique : le
pays neuf ne revient jamais au statut ant&#233;rieur de province ou de
territoire. S'il est d&#233;mocratique, il r&#233;sultera d'une d&#233;marche de
l&#233;gitimation populaire (un r&#233;f&#233;rendum, une &#233;lection r&#233;f&#233;rendaire par
exemple), c'est-&#224;-dire qu'il sera le produit l&#233;gitime d'un gouvernement
respectant un cadre juridico-politique pr&#233;cis. Pour des raisons de
l&#233;gitimit&#233; et de stabilit&#233;, les nouveaux pays se votent rapidement une
constitution sur laquelle reposent leurs lois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La g&#233;opolitique &#171; post-changements climatiques &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arriv&#233;e de pays neufs devrait int&#233;resser les Qu&#233;b&#233;cois parce que les
changements climatiques bouleverseront les rapports entre les hommes et
leurs territoires. Si le r&#233;chauffement concerne d'abord les pays nordiques,
le Canada et le Qu&#233;bec &#233;tudieront divers sc&#233;narios relatifs &#224; la grande
route du Nord et les effets de la fonte de la banquise. Au moment d'&#233;crire
ces lignes, le Danemark, la Norv&#232;ge, la Russie, les &#201;tats-Unis et le Canada
se trouvent engag&#233;s dans une lutte &#224; finir pour obtenir des quartiers de
l'Arctique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on prend tr&#232;s au s&#233;rieux la fonte des glaces (et ses cons&#233;quences
terribles par l'immersion de villes c&#244;ti&#232;res et les d&#233;placements importants
de populations), il appert que les possibilit&#233;s de redessiner la carte du
monde sont bien r&#233;elles. Le Qu&#233;bec, qui a d&#233;j&#224; perdu le Labrador au profit
de Terre-Neuve, est directement concern&#233; par cette nouvelle &#171; guerre froide &#187; (au sens &#233;minent) de l'Arctique. &#192; l'&#232;re du r&#233;chauffement, il est logique
que les grands ensembles &#233;voluent. Et ce ne sera pas n&#233;cessairement au plus
gros pays de d&#233;cider, car nous sommes tous &#233;galement confront&#233;s aux limites
de la plan&#232;te. Les petits pays seront appel&#233;s &#224; jouer de cr&#233;ativit&#233; pour
assurer &#224; leurs populations un avenir meilleur. La stabilit&#233; du monde se
trouvera &#233;branl&#233;e, car les richesses du nord attireront de nouveaux
immigrants. Si la &#171; repolarisation &#187; des puissances ne pourra plus se faire
de mani&#232;re traditionnelle, c'est-&#224;-dire par la force et la guerre, alors
comment s'op&#233;reront ces entorses g&#233;ographiques ? Comment s'organisera la &#171; repolarisation environnementale &#187; ? On le voit : le d&#233;fi g&#233;opolitique
post-climatique sera grand : il consistera &#224; faire de la politique
sym&#233;trique, donc d'inventer une politique &#224; la faveur de laquelle les pays
n&#233;gocieront &#171; &#224; &#233;galit&#233; &#187;, &#224; destin &#233;gal pour ainsi dire. Mais sera-t-il
possible, demanderont les r&#233;alistes, que des pays n&#233;gocient &#224; &#233;galit&#233; sous
le coup de la panique ? La question est bonne, excellente m&#234;me. Parfois, la
pens&#233;e a recours &#224; des concepts utopiques pour progresser&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;	Le concept utopique de &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#233;tatique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face &#224; ces bouleversements climatiques annonc&#233;s, lesquels remettront en
question dans un d&#233;lais relativement court l'avenir de l'homme sur Terre,
nous plaiderons pour une nouvelle mani&#232;re de voir la politique. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;S'il ne
s'agit plus de mener des guerres de conqu&#234;te, d'affaiblir les autres pays
et de gouverner par la raison d'&#201;tat, un nouveau concept hyperpolitique
pourra enfin voir le jour, celui de &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#233;tatique &#187;. Il s'agit,
notons-le, d'un concept utopique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En admettant que le politique demeure fond&#233; sur les rapports de force et
que la raison d'&#201;tat reste l'ultime explication des choix politiques, alors
nous pouvons pronostiquer imm&#233;diatement la disparition prochaine de
l'Homme. Car dans un monde o&#249; la temp&#233;rature se r&#233;chauffe rapidement, o&#249;
les esp&#232;ces sont toutes menac&#233;es, o&#249; se produit une mondialisation des
d&#233;sastres naturels et o&#249; la limitation des ressources engendre une &#171; civilisation panique &#187;, il convient d'&#233;viter la guerre. Si on accepte la
nouvelle r&#233;alit&#233; en face, une conclusion appara&#238;t : il faut changer notre
mani&#232;re de faire la politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le concept de g&#233;n&#233;rosit&#233; &#233;tatique appara&#238;t dans ce contexte. Il signifie
qu'&#224; l'heure du r&#233;chauffement plan&#233;taire et des limites de la
mondialisation &#233;conomique, les grands pays, contre la raison d'&#201;tat
moderne, devront reconna&#238;tre leurs int&#233;r&#234;ts mutuels et laisser agir la
cr&#233;ativit&#233; qui seule pourra sauver l'homme de sa fin prochaine. Loin de
l'inutile guerre, la cr&#233;ativit&#233; politique consistera &#224; accepter
l'affirmation des petites nations qui entendent choisir une &#171; voie
diff&#233;rente &#187; pour leur &#233;panouissement. Face &#224; la terreur, les pays devront
reconna&#238;tre la diff&#233;rence. La viabilit&#233; des grands ensembles politiques ne
peut plus reposer sur la n&#233;gation des petits pays, lesquels sont mieux
arm&#233;s qu'eux pour affronter les d&#233;fis de l'avenir. Car la force des petites
nations (et des pays neufs) est de porter des valeurs communes et de
profiter d'un dynamisme qui a disparu des grands ensembles construits sur
l'histoire des dominations. La solidarit&#233;, l'entraide, la coop&#233;ration sont
des valeurs surtout partag&#233;es dans les petits pays. Les valeurs
communautaires et la cr&#233;ativit&#233; constituent la cl&#233; pour sortir des impasses
de la pauvret&#233; et des menaces &#224; venir. Devant un r&#233;el &#233;touffant, la
r&#233;flexion utopique nous oblige &#224; penser l'avenir en valorisant les &#171; petites communaut&#233;s politiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dispara&#238;tre ou relever le d&#233;fi de la cr&#233;ativit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec, pour sa part, sera forc&#233; de s'occuper de lui-m&#234;me. S'il le
veut, il pourra r&#233;clamer le statut de &#171; pays neuf &#187; afin d'assurer son
plein d&#233;veloppement. Et dans ce monde &#171; repolaris&#233; &#187; suivant
l'environnement, le Canada ne devrait plus avoir d'int&#233;r&#234;t pour le Qu&#233;bec
qui, s'il n'est pas d&#233;j&#224; disparu en raison de la menace qui p&#232;se sur sa
d&#233;mographie, deviendra un pays du monde. L'avenir appartiendra alors aux
pays neufs, c'est-&#224;-dire aux pays cr&#233;atifs, aux souverainet&#233;s capables de
d&#233;cider par elles-m&#234;mes de ce qui est bon pour elles. Mais cela, je
m'empresse de le rappeler &#224; mon patient lecteur, ne se r&#233;alisera que dans
le cadre d'une &#171; utopie &#187;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;br&gt; D&#233;partement de philosophie&lt;br&gt; Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Rompre avec la d&#233;mission identitaire</title>
		<link>http://www.vigile.net/Rompre-avec-la-demission</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Rompre-avec-la-demission</guid>
		<dc:date>2007-09-27T18:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator> Collectif - Le Devoir (opinions)</dc:creator>, <dc:creator>Claude Villeneuve - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Rompre avec la d&#233;mission identitaire, c'est rompre avec la peur de la controverse. C'est ainsi que le Qu&#233;bec d'aujourd'hui s'est construit : en prouvant qu'il pouvait gagner ses combats, en faisant des gestes audacieux. C'est l&#224; l'essence (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le malaise dure depuis longtemps. Il s'est incarn&#233; davantage avec le r&#233;f&#233;rendum de 1995. Ce n'est qu'aujourd'hui que le Parti qu&#233;b&#233;cois comprend ce qu'il lui en aura co&#251;t&#233; d'avoir &#233;rig&#233; un tabou autour des enjeux de la langue et de l'identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vider le projet souverainiste de son aspect identitaire : c'est l&#224; une des plus grandes victoires f&#233;d&#233;ralistes. Paralys&#233;s par la peur d'&#234;tre qualifi&#233;s de x&#233;nophobes ou de racistes, les leaders ind&#233;pendantistes ont adopt&#233; une vision trudeauiste du projet souverainiste, pleine de vertus mais totalement d&#233;connect&#233;e du Qu&#233;bec r&#233;el.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ce que nous ont dit les Qu&#233;b&#233;cois le 26 mars dernier. Il aura fallu une catastrophe pour que le PQ se rappelle que le projet souverainiste n'a pas de sens s'il n'est pas &#233;galement nationaliste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Langue et immigration, des enjeux indissociables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En adoptant la Charte de la langue fran&#231;aise, le Parti qu&#233;b&#233;cois a cr&#233;&#233; un mod&#232;le qui rejette la ghetto&#239;sation des individus et des groupes. Paradoxalement, les &#233;checs r&#233;f&#233;rendaires qu'il a connus l'ont rendu frileux sur ce point. Afin de ne pas nuire &#224; l'option, il aurait fallu &#233;viter d'agiter les questions de la langue et de l'immigration, ce qui a desservi autant le Qu&#233;bec que le PQ lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les d&#233;veloppements juridiques r&#233;cents et la comm&#233;moration du trenti&#232;me anniversaire de la loi 101 auront au moins servi &#224; nous r&#233;apprendre &#224; dire que s'il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre n&#233; ici pour se dire qu&#233;b&#233;cois, il est illusoire de penser que la citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise peut s'exercer sans la ma&#238;trise de la langue fran&#231;aise. La question de la langue n'est pas une lutte folklorique : elle est un fondement de la coh&#233;sion sociale et du pluralisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, il y a des combats que le Parti qu&#233;b&#233;cois doit reprendre apr&#232;s les avoir abandonn&#233;s par rectitude politique. Par exemple, l'&#233;cole anglaise subventionn&#233;e est accessible &#224; tous ceux qui ont &#233;t&#233; instruits en anglais au Canada plut&#244;t que d'&#234;tre r&#233;serv&#233;e &#224; la communaut&#233; anglophone historique du Qu&#233;bec. Voil&#224; une situation qui doit &#234;tre corrig&#233;e par un parti qui gouverne en souverainiste plut&#244;t qu'en provincialiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'immigration au-del&#224; des lieux communs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La politique d'immigration du Qu&#233;bec a &#233;galement besoin d'une r&#233;vision. Si le rapatriement de tous les pouvoirs en la mati&#232;re nous appara&#238;t n&#233;cessaire, il serait inutile si nous ne r&#233;fl&#233;chissons pas d'abord &#224; ce qui pourrait &#234;tre am&#233;lior&#233; et &#224; ce que nous contr&#244;lons d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut abandonner une vision utilitaire qui voit l'immigration comme une solution aux d&#233;fis d&#233;mographiques et &#233;conomiques. En effet, aucune &#233;tude s&#233;rieuse ne d&#233;montre qu'elle peut contrer le vieillissement de la population ou encore r&#233;gler les probl&#232;mes &#233;conomiques. Cette conception bancale stipulerait &#233;galement qu'un pays doit fermer ses fronti&#232;res d&#232;s lors qu'il n'a pas de probl&#232;mes d&#233;mographiques ou &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, les pays qui ont fond&#233; leurs politiques migratoires uniquement sur l'asile politique et le regroupement familial ont tous connu de graves probl&#232;mes d'int&#233;gration, notamment la mont&#233;e de l'int&#233;grisme au sein des communaut&#233;s migrantes et du racisme au sein de la population d'accueil.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait, plut&#244;t que de tenter de lui trouver des vertus surnaturelles et caricaturales, il est temps de consid&#233;rer l'immigration comme un ph&#233;nom&#232;ne naturel. Les soci&#233;t&#233;s d'aujourd'hui sont toutes les fruits de m&#233;tissages lointains ou r&#233;cents. Or le succ&#232;s du m&#233;tissage a toujours &#233;t&#233; de trouver un maximum de raisons communes qui pouvaient souder les nouveaux arrivants et les habitants locaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, si le Qu&#233;bec doit rejeter toute forme de racisme ou de discrimination afin de permettre aux immigrants et aux membres des minorit&#233;s de se fondre dans le reste de la nation, il ne doit absolument pas h&#233;siter &#224; &#233;tablir clairement les conditions minimales d'int&#233;gration en mati&#232;re de langue, de valeurs sociales et d'insertion socio&#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les crit&#232;res et les modalit&#233;s des tests de s&#233;lection devraient &#234;tre revus afin de tenir compte de la capacit&#233; v&#233;ritable des candidats &#224; apprendre le fran&#231;ais et &#224; int&#233;grer le march&#233; du travail. Ainsi, tous les candidats aux programmes d'immigration &#233;conomique devraient r&#233;ussir un test uniforme de fran&#231;ais avant d'&#234;tre s&#233;lectionn&#233;s. Dans tous les cas, les candidats devraient signer un contrat de citoyennet&#233; dans lequel seraient &#233;num&#233;r&#233;s non seulement leurs droits mais &#233;galement leurs responsabilit&#233;s, notamment leur adh&#233;sion aux valeurs fondamentales du Qu&#233;bec comme l'&#233;galit&#233; des hommes et des femmes ainsi que le caract&#232;re la&#239;que de l'espace public.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des institutions qui refl&#232;tent nos valeurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a eu des d&#233;rapages autour de la question des accommodements raisonnables parce que les politiciens qu&#233;b&#233;cois se sont limit&#233;s &#224; traiter l'affaire comme une question juridique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or nous avons le droit d'utiliser la clause d&#233;rogatoire pour invalider une d&#233;cision inacceptable de la Cour supr&#234;me du Canada qui contreviendrait &#224; nos valeurs : cessons d'inf&#233;oder la distinction qu&#233;b&#233;coise &#224; des textes qui ont &#233;t&#233; con&#231;us express&#233;ment pour la briser. Le Qu&#233;bec r&#233;el attend de ses politiciens qu'ils apportent des solutions aux questions d&#233;licates, pas qu'ils s'en remettent aux tribunaux ou &#224; des commissions pour masquer leur couardise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'adoption d'une charte de la la&#239;cit&#233; permettrait d'&#233;tablir d&#233;finitivement la primaut&#233; des lois et des valeurs civiles sur les pratiques et les coutumes religieuses. &#192; ce sujet, il semble &#233;vident qu'au sein des institutions publiques, les pratiques et les signes religieux ostensibles doivent &#234;tre proscrits. Ici, il faut savoir faire la diff&#233;rence entre ce qui a toujours eu une fonction religieuse, comme la pri&#232;re avant les conseils municipaux, et les t&#233;moignages historiques comme la croix sur le mont Royal ou la pr&#233;sence &#224; Montr&#233;al d'un h&#244;pital g&#233;n&#233;ral &#171; juif &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette loi pourrait &#234;tre int&#233;gr&#233;e &#224; une constitution nationale comprenant la Charte qu&#233;b&#233;coise des droits et libert&#233;s de la personne, la Charte de la langue fran&#231;aise et la Loi sur l'exercice des droits fondamentaux et des pr&#233;rogatives du peuple qu&#233;b&#233;cois et de l'&#201;tat du Qu&#233;bec. Dans cette foul&#233;e, il serait pertinent d'aborder les th&#232;mes de la cr&#233;ation d'une citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise et de la r&#233;forme des institutions d&#233;mocratiques. Le Qu&#233;bec doit &#233;tablir qu'il est ma&#238;tre de son destin en rendant ses institutions conformes &#224; son caract&#232;re distinct.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Cessons d'avoir peur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Parti qu&#233;b&#233;cois se d&#233;finit comme &#233;tant souverainiste et social-d&#233;mocrate. Ses r&#233;centes difficult&#233;s ne sont pas &#233;trang&#232;res &#224; l'abandon de son identification nationaliste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il a fallu beaucoup de courage &#224; Camille Laurin et &#224; Ren&#233; L&#233;vesque pour adopter la loi 101, que certains qualifiaient de d&#233;cision autoritaire ou m&#234;me raciste. Trente ans plus tard, cette politique repr&#233;sente un consensus qu&#233;b&#233;cois fort et est partag&#233; par la plupart des Qu&#233;b&#233;cois non francophones. Cessons donc d'avoir peur d'opposer notre nationalisme r&#233;publicain aux ghettos du multiculturalisme canadien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rompre avec la d&#233;mission identitaire, c'est rompre avec la peur de la controverse. C'est ainsi que le Qu&#233;bec d'aujourd'hui s'est construit : en prouvant qu'il pouvait gagner ses combats, en faisant des gestes audacieux. C'est l&#224; l'essence d'une vraie gouvernance souverainiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les auteurs, militants du Parti qu&#233;b&#233;cois, s'expriment en leur nom personnel :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mario Aguirre, Martin Barab&#233;, Caroline Bonin, S&#233;bastien Cloutier, Alexandre Th&#233;riault-Marois, Simon Domingue, Jennifer Drouin, Marie-Mich&#232;le Dubeau, Beno&#238;t Dubreuil, Alexis Gagn&#233;-Lebrun, Marc-Andr&#233; Gosselin, Fran&#231;ois Lemay, Guillaume Paradis, Jo&#235;lle Qu&#233;rin, David Tardif, Mathieu Traversy, Yannick Vaillancourt et Claude Villeneuve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Bock-C&#244;t&#233;, citoyen pol&#233;miste</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2007/09/21/157728.html</link>
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		<dc:date>2007-09-21T18:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Antoine Robitaille - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Il y aurait un grand paradoxe avec la Commission sur les accommodements raisonnables : un de ses copr&#233;sidents, G&#233;rard Bouchard, est appel&#233; &#224; r&#233;soudre une crise qu'il a, au fond, contribu&#233; &#224; cr&#233;er. C'est du moins ce que croit fermement le sociologue Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, jeune pol&#233;miste (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton9102.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;223&quot; height=&quot;167&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y aurait un grand paradoxe avec la Commission sur les accommodements raisonnables : un de ses copr&#233;sidents, G&#233;rard Bouchard, est appel&#233; &#224; r&#233;soudre une crise qu'il a, au fond, contribu&#233; &#224; cr&#233;er. C'est du moins ce que croit fermement le sociologue Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, jeune pol&#233;miste hyperactif &#8212; n&#233; l'ann&#233;e du premier r&#233;f&#233;rendum &#8212;, qui publie cette semaine &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La D&#233;nationalisation tranquille&lt;/i&gt; (Bor&#233;al), un premier essai attendu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au dire de Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, G&#233;rard Bouchard est le chef de file d'une cohorte d'intellectuels &#171; politiquement corrects &#187; et coupables, depuis 1995 &#8212; l'ann&#233;e de la fameuse phrase de Jacques Parizeau &#8212;, d'avoir vid&#233; le nationalisme qu&#233;b&#233;cois de sa substance, &#171; criminalis&#233; &#187; tout sentiment majoritaire des Qu&#233;b&#233;cois et d&#233;construit l'esprit national. Rien de moins.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette intelligentsia craignait tellement d'&#234;tre associ&#233;e &#224; la d&#233;claration honnie (&#171; sociologiquement vraie mais politiquement maladroite &#187;, note Bock-C&#244;t&#233;) de Parizeau qu'elle a enfonc&#233; le bouchon le plus loin possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'autre extr&#234;me, celui de la &#171; d&#233;nationalisation &#187;. L'histoire, l'&#171; exp&#233;rience historique &#187; francophone, le &#171; nous &#187;, la &#171; survivance &#187;, les anc&#234;tres et m&#234;me la d&#233;fense de la langue fran&#231;aise : tout cela et bien d'autres choses &#233;voquant les racines et les souches ont &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;s suspects de contamination &#171; ethnique &#187;. Le concept de &#171; majorit&#233; francophone &#187; ? Infr&#233;quentable. &#171; Vous vous souvenez, dit Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, c'&#233;tait l'&#233;poque o&#249; on assimila le nationalisme historique &#224; un nationalisme &quot;ethnique&quot; ferm&#233; sur les autres, auquel on a tout de suite oppos&#233; le nationalisme &quot;civique&quot;, seul compatible avec l'exigence d&#233;mocratique. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une &#233;poque &#8212; de 1996 &#224; 2003 &#8212; &#171; un peu folle &#187;, marqu&#233;e par ces querelles des anciens et des postmodernes que furent notamment l'affaire Michaud et la liquidation, par le Bloc qu&#233;b&#233;cois, de la notion des &#171; deux peuples fondateurs &#187;. Et ce n'est pas tout, poursuit l'inarr&#234;table Bock-C&#244;t&#233; : les intellectuels, au premier chef G&#233;rard Bouchard, ont tent&#233; depuis une d&#233;cennie &#171; d'implanter de force une nouvelle identit&#233; qu&#233;b&#233;coise fabriqu&#233;e par eux &#187;. Le seul et unique socle en &#233;tait les chartes des droits. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Cahiers du 27 juin&lt;/i&gt; (revue nomm&#233;e ainsi en r&#233;f&#233;rence au 27 juin 1975, date &#224; laquelle la Charte qu&#233;b&#233;coise des droits et libert&#233;s de la personne fut adopt&#233;e) sont une publication qu'aime bien critiquer Mathieu Bock-C&#244;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#232;re postr&#233;f&#233;rendaire, la nation devait au plus vite devenir une pure affaire de proc&#233;dures. Selon les plus z&#233;l&#233;s, c'est la nation, carr&#233;ment, qui devait dispara&#238;tre de notre vocabulaire. &#171; Pourquoi ne pas parler de soci&#233;t&#233; ? &#187;, a d&#233;j&#224; dit l'historien Jocelyn L&#233;tourneau, auquel Bock-C&#244;t&#233; consacre un chapitre critique de son essai. Le vieux monde, issu de la Grande Noirceur, suspect de &#171; fermeture, de x&#233;nophobie et de haine de l'autre &#187;, devait &#234;tre rejet&#233; au plus vite avant qu'il ne fasse d'autres dommages. Il fallait reprogrammer le patriotisme pour le rendre strictement constitutionnel, &#171; J&#252;rgen Habermas l'avait dit &#187;, raille Bock-C&#244;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les cercles intellectuels, ces mondes si perm&#233;ables aux modes et o&#249; la vertu se porte &#171; &#224; la boutonni&#232;re &#187;, ont rapidement fait consensus : &#171; Tous les intellectuels du Qu&#233;bec sont d'accord, le peuple qu&#233;b&#233;cois ne peut que se rallier &#187;, a m&#234;me lanc&#233; un jour sans rire un de ces philosophes de l'identit&#233;, se souvient Mathieu Bock-C&#244;t&#233; en rigolant. &#171; &#199;a me fait penser &#224; la phrase de Brecht : &quot;Ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d'en &#233;lire un autre ?&quot; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le tournant du 26 mars&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, le 26 mars dernier, le peuple a refus&#233; d'&#234;tre r&#233;form&#233; ou dissous, se r&#233;jouit le sociologue. &#171; Il a refus&#233; le r&#244;le qu'on lui assignait dans le grand laboratoire cosmopolite &#224; ciel ouvert pour ing&#233;nieurs sociaux maladroits qu'&#233;tait devenu le Qu&#233;bec &#187;, dit Bock-C&#244;t&#233;. En propulsant l'ADQ au rang d'opposition officielle, ce peuple a rappel&#233; qu'il ne voulait pas n&#233;cessairement de la nouvelle identit&#233; qu&#233;b&#233;coise abstraite et d&#233;sincarn&#233;e, nettoy&#233;e civiquement par les &#171; &#233;lites pluralistes &#187;. &#171; Une identit&#233;, ce n'est pas le r&#233;sultat d'une s&#233;rie de colloques mais le fruit d'une exp&#233;rience historique ! &#187;, tonne-t-il.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ADQ, &#224; la faveur du d&#233;bat sur les accommodements raisonnables, &#171; s'&#233;tait r&#233;appropri&#233; le th&#232;me de la d&#233;fense de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise &#187;. &#192; partir de ce moment, le Parti qu&#233;b&#233;cois a d&#251; prendre conscience qu'en &#171; dissociant le projet souverainiste de la d&#233;fense de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise &#187;, il est pass&#233; bien pr&#232;s de la disparition. Ses r&#233;flexes h&#233;rit&#233;s de la &#171; mauvaise conscience &#187; de 1995 &#233;taient si bien int&#233;gr&#233;s, dit le sociologue, que tout ce que son &#171; chef d&#233;nationalis&#233; &#187; Andr&#233; Boisclair a r&#233;ussi &#224; dire pendant la controverse sur les accommodements raisonnables, c'est ceci : &#171; Confiance, nous avons des chartes. &#187; Selon Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, depuis des ann&#233;es, le PQ se refusait de voir les signaux d'alarme : la controverse sur le kirpan, celle sur le programme d'histoire. &#171; Ce parti ne semblait pas vouloir de l'&#233;lectorat qu'il avait. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mathieu Bock-C&#244;t&#233; &#8212; qui revendique l'&#233;tiquette de &#171; conservateur &#187; et aime pester contre le &#171; progressisme &#187;&#8212; remercie l'ADQ d'avoir &#171; fait sauter le loquet qui interdisait le d&#233;bat public &#187; sur la question de l'identit&#233;. Il loue Mario Dumont d'avoir fait le choix d'un &#171; nationalisme majoritaire plut&#244;t conservateur &#187; qui rejoignait le peuple, &#171; d&#233;poss&#233;d&#233; sur le plan identitaire &#187; depuis 1995. Notamment lorsqu'il a &#233;crit que les Qu&#233;b&#233;cois &#171; se sont battus avec trop d'acharnement &#224; porter [leur] langue et [leur] identit&#233; &#224; travers les si&#232;cles sur ce continent pour que tout cela s'estompe b&#234;tement au fil d'un d&#233;clin d&#233;mographique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;II y a un hic, toutefois : l'ADQ a beau &#171; avoir de bons instincts &#187;, note Bock-C&#244;t&#233;, elle ne semble pas &#234;tre capable de les traduire &#171; en vision &#224; moyen et &#224; long terme &#187;. Cet admirateur de Charles de Gaulle per&#231;oit en ce parti une &#171; petitesse provinciale d&#233;plorable &#187;. S'il est prompt &#224; condamner le souverainisme sans identit&#233; du PQ de l'&#233;poque Boisclair et du Bloc de Duceppe (o&#249; il a d&#233;j&#224; milit&#233;), il souligne que &#171; l'identit&#233; sans la souverainet&#233; &#187;, comme &#224; l'ADQ, produit une forme de &#171; r&#233;gionalisme incapable de penser le Qu&#233;bec dans ses aspects institutionnels &#187;. Les laudateurs exalt&#233;s de &#171; Montr&#233;al-pluri-multi-centre-du-monde &#187; l'&#233;nervent. Mais ce nouveau et atypique r&#233;sidant du Plateau &#8212; fier natif du 450, plus pr&#233;cis&#233;ment de Lorraine &#8212; d&#233;plore la tentation ad&#233;quiste de ne pas &#171; vraiment penser l'int&#233;gration des immigrants &#187; en se disant, selon une &#171; mentalit&#233; de bourgade &#187;, que &#171; la vraie identit&#233; qu&#233;b&#233;coise se trouve &#224; Saint-Hyacinthe et pas &#224; Montr&#233;al &#187;. Le risque, c'est &#171; d'abandonner la m&#233;tropole &#224; son sort &#187; en ne cherchant m&#234;me plus &#224; la &#171; r&#233;int&#233;grer dans l'espace national &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, qui a d&#233;j&#224; travaill&#233; dans l'entourage de Bernard Landry, a bien appr&#233;ci&#233; le grand retour du &#171; nous &#187; chez Pauline Marois. &#171; Elle met le doigt sur la bonne chose. Mais va-t-elle le dire, le redire, l'assumer et l'incarner ? &#187; En plus, ce changement de discours correspond &#224; l'int&#233;r&#234;t &#233;lectoral du PQ, dont la t&#226;che, apr&#232;s des ann&#233;es de d&#233;nationalisation, consiste &#224; convaincre de nouveau les Qu&#233;b&#233;cois qu'il veut d&#233;fendre leur identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux questions, enfin. La majorit&#233; a des droits, certes, mais ne peut-elle pas devenir tyrannique, comme Tocqueville nous en avait avertis ? &#171; Il fut un temps o&#249; on pouvait parler ainsi de mani&#232;re sens&#233;e, mais j'ai l'impression aujourd'hui qu'il y a une esp&#232;ce d'hyperbole autour de cette question &#187;, r&#233;pond le doctorant. Cela nous porterait &#224; oublier que les &#171; minorit&#233;s peuvent l'&#234;tre aussi [tyranniques] &#187;, ajoute-t-il. &#171; On donne spontan&#233;ment tort &#224; la majorit&#233; de nos jours, il suffit de lire les textes de la commission Bouchard-Taylor. Il y a un soup&#231;on qui tra&#238;ne toujours autour des majorit&#233;s. On veut les d&#233;construire, les d&#233;manteler, les d&#233;senclaver. On veut se mettre &#224; l'abri de la souverainet&#233; populaire &#187;, fulmine-t-il.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et le racisme ? L'antiracisme est sans doute excessif parfois, mais cela signifie-t-il que le racisme ait disparu ? Certes, &#171; il y en a dans les marges &#187;, reconna&#238;t Bock-C&#244;t&#233;. &#171; Mais est-ce qu'on est pour autant une soci&#233;t&#233; ayant un probl&#232;me majeur de racisme ? Non. Je refuse cette vision qui consiste &#224; cat&#233;goriser sous le signe du racisme toute forme de critique du multiculturalisme. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La D&#233;nationalisation tranquille&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;ditions du Bor&#233;al, 211 pages&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>&#171; Eux &#187; Canada, &#171; nous &#187; Qu&#233;bec !</title>
		<link>http://www.vigile.net/Eux-Canada-nous-Quebec</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Eux-Canada-nous-Quebec</guid>
		<dc:date>2007-09-20T18:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>G&#233;rald Larose - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Deux conceptions s'affrontent. Deux pratiques politiques et judiciaires se t&#233;lescopent. Sans en avoir une connaissance explicite, le peuple qu&#233;b&#233;cois sent que de gros enjeux sont en cause. Peut-&#234;tre appr&#233;hende-t-il qu'ils ne lui &#233;chappent de plus en plus. D'o&#249; son inqui&#233;tude, (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La diversit&#233; au Qu&#233;bec, c'est une majorit&#233; fran&#231;aise, une minorit&#233; anglaise, dix nations am&#233;rindiennes et la nation inuite. C'est &#233;galement 45 000 nouveaux arrivants par ann&#233;e, qui parlent 150 langues, qui proviennent de 180 pays et pratiquent 200 religions. Objectivement, pour toute nation qui a les pouvoirs d'un pays, l'int&#233;gration d'une telle diversit&#233; repr&#233;sente un grand d&#233;fi. Pour celle qui n'a pas ces pouvoirs, le d&#233;fi est gigantesque. Et pour une nation comme le Qu&#233;bec, qui promeut une approche contraire &#224; celle de la nation tut&#233;laire, le Canada, le d&#233;fi devient himalayen.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'aucuns pr&#233;tendent qu'une commission sur les accommodements raisonnables est parfaitement inutile : &#171; Y a rien l&#224; ! &#187;, entend-on dans certains milieux. Que quelques incidents, que quelques incendiaires et un peu trop de populisme ! H&#233;rouxville ? Des &#233;pais ! D'autres estiment par ailleurs que la r&#233;alit&#233; de l'immigration ayant chang&#233;, en diversit&#233; et en volume, les institutions, les pratiques et les mentalit&#233;s n'ont pas r&#233;ussi &#224; tout apprivoiser et &#224; tout absorber. &#171; Il est bon d'en parler. Surtout, il faudra davantage de ressources &#187;, disent ceux-l&#224;. D'autres encore soutiennent qu'il y a un os dans le fromage ; politique, celui-l&#224;. Que les projets canadien et qu&#233;b&#233;cois sont en totale contradiction, l'un &#233;tant ethnique, l'autre civique. Et que, selon le projet, la ligne s&#233;parant le &#171; nous &#187; du &#171; eux &#187; ne se trouve pas au m&#234;me endroit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le &#171; nous &#187; territorial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant d'&#234;tre des Qu&#233;b&#233;cois, nous avons &#233;t&#233; ces Canadiens fran&#231;ais qui poursuivaient un projet d'&#233;galit&#233; d'un oc&#233;an &#224; l'autre. Le &#171; nous &#187; &#233;tait ethnique, canadien-fran&#231;ais, et la ligne faisant office de d&#233;marcation avec le &#171; eux &#187;, les Canadiens anglais, passant &#224; travers le Canada, divisait aussi le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1968, lors des &#201;tats g&#233;n&#233;raux du Canada fran&#231;ais, aux prises avec l'&#233;vident cul-de-sac de l'avenir de la r&#233;alit&#233; fran&#231;aise en Am&#233;rique et au Canada, les Canadiens fran&#231;ais du Qu&#233;bec ont rompu avec cette approche pour &#8212; sur le seul territoire et avec le seul demi-&#201;tat qu'ils contr&#244;laient dans la foul&#233;e de la R&#233;volution tranquille &#8212; proc&#233;der &#224; une relance tous azimuts de leurs institutions, de leur langue et de leur culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est alors que s'est amorc&#233;e l'affirmation d'un &#171; nous &#187; territorial et civique qu&#233;b&#233;cois. Et le Qu&#233;bec allait consacrer de gigantesques efforts pour faire de sa collectivit&#233; une nation fran&#231;aise moderne, progressiste, accueillante et solidaire, prot&#233;geant la minorit&#233; anglaise (respect int&#233;gral de ses institutions), dialoguant avec les nations am&#233;rindiennes (convention de la Baie-James, paix des Braves et approche commune) et int&#233;grant les nouveaux arrivants (loi 101, comp&#233;tence partielle en mati&#232;re d'immigration). Le tout avec un certain bonheur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Entre-temps, en 1982, le Canada changeait sa constitution et &#233;laborait de nouveaux textes : la Charte des droits. C'&#233;tait essentiellement pour censurer le Qu&#233;bec, qui s'&#233;tait donn&#233; la loi 101, en lui enlevant des pouvoirs de l&#233;gif&#233;rer &#224; nouveau en mati&#232;re de culture et de langue. Ce qui devait conduire tous les gouvernements du Qu&#233;bec, tant f&#233;d&#233;ralistes que souverainistes, &#224; refuser de reconna&#238;tre ces textes et de les signer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malheureusement, dans la r&#233;alit&#233; de tous les jours, ces textes ont de plus en plus valeur de loi, &#224; travers les institutions canadiennes comme les tribunaux, &#201;lections Canada et plusieurs autres. Cela donne comme r&#233;sultat un travail de sape &#224; l'endroit de l'orientation civique et fran&#231;aise que le Qu&#233;bec moderne essaie de donner &#224; sa collectivit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un Qu&#233;bec sans contr&#244;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sous la tutelle canadienne, le Qu&#233;bec n'a la pleine ma&#238;trise d'aucun secteur n&#233;vralgique de sa vie quotidienne et de son avenir : immigration, &#233;galit&#233; des droits, la&#239;cit&#233;, langue, culture, etc. Pire, en application des textes de 1982 li&#233;s au projet de domestication du fait fran&#231;ais, les organes du pouvoir f&#233;d&#233;ral ach&#232;vent d'&#233;masculer la loi 101, r&#233;ins&#232;rent le religieux dans l'espace public, banalisent l'&#233;quit&#233; dans la pratique d&#233;mocratique et, bient&#244;t, pourraient prendre des libert&#233;s dans la pratique de l'&#233;galit&#233; des droits hommes-femmes. Ce sont toutes des d&#233;cisions qui vont &#224; l'encontre de la marche r&#233;cente du Qu&#233;bec moderne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada ne craint pas de d&#233;rive dans sa propre soci&#233;t&#233; puisque sa masse critique est telle que, dans le contexte nord am&#233;ricain, l'int&#233;gration de sa diversit&#233; se fait presque automatiquement. Sur le plan linguistique, en dehors du Qu&#233;bec, le taux des transferts &#224; l'anglais est de 99,7 %. Au Qu&#233;bec, le transfert en faveur du fran&#231;ais n'est que de 46 %. Pr&#233;cis&#233;ment parce que les obstacles &#224; l'affirmation d'un &#171; nous &#187; civique en fran&#231;ais n'ont pas encore &#233;t&#233; lev&#233;s. Au contraire, les d&#233;cisions des tribunaux et des organismes f&#233;d&#233;raux les ont multipli&#233;s. Pour installer de nouveau et si possible &#224; demeure la bonne vieille vision ethniciste du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La difficult&#233; est d'ordre structurel. D&#233;coulant du nouvel ADN du Canada (Constitution et Charte), les &#233;tats d'&#226;me des uns et les discours politiciens des autres n'y changeront rien. La vraie nature du Qu&#233;bec, telle que voulue par le Canada, a encore &#233;t&#233; d&#233;crite r&#233;cemment en Australie par le premier ministre Stephen Harper. Parlant du Qu&#233;bec, il a de nouveau utilis&#233; l'expression &#171; Qu&#233;b&#233;cois nation &#187;. Pour lui comme pour l'ensemble de la classe politique canadienne, le Qu&#233;bec n'est pas une nation civique mais bien une nation ethnique, comme le sont le peuple acadien ou les nations am&#233;rindiennes et inuite. &#192; cette diff&#233;rence pr&#232;s que, contrairement &#224; ces derni&#232;res, elle n'est m&#234;me pas reconnue dans la Constitution canadienne et encore moins int&#233;gr&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux conceptions s'affrontent. Deux pratiques politiques et judiciaires se t&#233;lescopent. Sans en avoir une connaissance explicite, le peuple qu&#233;b&#233;cois sent que de gros enjeux sont en cause. Peut-&#234;tre appr&#233;hende-t-il qu'ils ne lui &#233;chappent de plus en plus. D'o&#249; son inqui&#233;tude, son d&#233;sir de prendre la parole et, vraisemblablement, sa volont&#233; de redevenir un acteur politique. De ce point de vue, cette commission Bouchard-Taylor fait oeuvre d&#233;mocratique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;G&#233;rald Larose, Copr&#233;sident du Conseil de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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