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	<title>Vigile.net - Culture qu&#233;b&#233;coise</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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	<item>
		<title>Le chef-d'oeuvre m&#233;connu</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2009/10/31/274544.html</link>
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		<dc:date>2009-10-31T08:03:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>St&#233;phane Baillargeon - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>La grande Toile, telle que nous la connaissons, a environ deux d&#233;cennies. Depuis ce temps, le projet californien Internet Archives a engrang&#233; 67 millions de sites en 37 langues totalisant des milliards et des milliards de pages. Dans ce lot, franchement, combien de productions qu&#233;b&#233;coises (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;La grande Toile, telle que nous la connaissons, a environ deux d&#233;cennies. Depuis ce temps, le projet californien Internet Archives a engrang&#233; 67 millions de sites en 37 langues totalisant des milliards et des milliards de pages. Dans ce lot, franchement, combien de productions qu&#233;b&#233;coises peuvent pr&#233;tendre au titre de chefs-d'oeuvre (...) - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2009/10/31/274544.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Ces sourds qui donnent l'exemple</title>
		<link>http://www.vigile.net/Ces-sourds-qui-donnent-l-exemple</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Lapointe - Billet de Louis Lapointe</dc:creator>
		


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		<description>On a parfois l'impression que, pour de nombreux Qu&#233;b&#233;cois, le fait de ne pas parler la langue anglaise, seulement le fran&#231;ais, constituerait une g&#234;nante infirmit&#233;. Un complexe que n'ont pas les sourds qui consid&#232;rent souvent leur handicap comme une culture parce qu'ils se sont (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Encore une fois, les sourds auront fait preuve d'avant-garde. Ceux que l'on consid&#232;re comme des handicap&#233;s, parce qu'ils ne peuvent pas entendre ce que leurs cong&#233;n&#232;res disent tout haut, ont invent&#233; une langue sign&#233;e leur permettant de communiquer entre eux et avec les autres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce qu'ils l'ont fait en silence, peu de Qu&#233;b&#233;cois savent que plusieurs sourds en connaissent plus qu'eux en mati&#232;re de traduction simultan&#233;e et d'interpr&#233;tariat. Au Qu&#233;bec, il existe plusieurs langages sign&#233;s, dont la LSQ, une vraie langue avec sa propre grammaire. Parce qu'ils ont leur langue, plusieurs sourds croient volontiers qu'ils partagent une culture commune plut&#244;t qu'un handicap.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mes lecteurs le savent probablement, je suis administrateur d'un &#233;tablissement public pour personnes sourdes. Il n'y a pas une r&#233;union &#224; laquelle j'assiste en compagnie de ces personnes sans qu'il y ait un service de traduction simultan&#233;e et un syst&#232;me de transmission &#233;lectronique de la voix pour les malentendants qui soient offerts aux participants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En lisant &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Mechante-langue&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;l'article de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Christian Rioux&lt;/i&gt; dans le&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Devoir&lt;/i&gt; de vendredi dernier - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;chante langue&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; - et le &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Vous-avez-dit-traduction&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;commentaire qu'en a fait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Th&#233;r&#232;se-Isabelle Saulnier&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; hier dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;tribune libre de Vigile&lt;/i&gt;, j'ai r&#233;alis&#233; que ce qui &#233;tait pour moi une &#233;vidence depuis une dizaine d'ann&#233;es, n'avait pas encore &#233;t&#233; d&#233;couvert par la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La traduction simultan&#233;e est un merveilleux outil qui facilite la communication entre personnes de langues diff&#233;rentes. Le Qu&#233;bec offre &#224; sa population sourde un r&#233;seau d'interpr&#232;tes gestuels et des moyens &#233;lectroniques pour faciliter la communication, comme la vid&#233;o, pour ceux qui pratiquent la lecture labiale ; la transmission FM pour les malentendants et les implants cochl&#233;aires pour les sourds profonds.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les sourds se sont donn&#233; au fil des ann&#233;es des moyens modernes de communiquer entre eux et avec les autres, profitant des avanc&#233;es technologiques en audiologie, en audio-visuel et en informatique. Des outils qu'ils sont nombreux &#224; utiliser.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On se demande bien pourquoi dans le m&#234;me pays, les Qu&#233;b&#233;cois continuent d'agir en v&#233;ritables colonis&#233;s quand il s'agit de communiquer dans une langue qu'ils connaissent peu ou pas, de fa&#231;on intelligible et intelligente, alors que les personnes sourdes ont r&#233;solu de semblables probl&#232;mes de communication en utilisant les technologies les plus avanc&#233;es, sans que cela ne suscite la moindre honte chez elles, comme cela devrait &#234;tre le cas pour Louise Harel et Pauline Marois et plusieurs Qu&#233;b&#233;cois qui ne ma&#238;trisent pas la langue de Shakespeare.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a parfois l'impression que, pour de nombreux Qu&#233;b&#233;cois, le fait de ne pas parler la langue anglaise, seulement le fran&#231;ais, constituerait une g&#234;nante infirmit&#233;. Un complexe que n'ont pas les sourds qui consid&#232;rent souvent leur handicap comme une culture parce qu'ils se sont invent&#233; une langue commune et donn&#233; des outils de communication modernes. Tout &#224; fait le contraire de plusieurs Qu&#233;b&#233;cois qui croient que leur langue et leur culture sont devenues de s&#233;rieux handicaps, m&#234;me au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>MOJ KRAJ</title>
		<link>http://www.vigile.net/MOJ-KRAJ</link>
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		<description>J'ai trouv&#233; cette petite merveille sur youtube. Monique Leyrac chantant Moj Kraj, &quot;Mon pays&quot; de Vigneault, &#224; Sopot en... 1965 ! Interpr&#233;tation remarquable de la grande Monique qui lui avait valu le premier Prix. Ts&#233;, le Qu&#233;bec chantait avant C&#233;line, Ren&#233;. (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai trouv&#233; cette petite merveille sur youtube. Monique Leyrac chantant Moj Kraj, &quot;Mon pays&quot; de Vigneault, &#224; Sopot en... 1965 ! Interpr&#233;tation remarquable de la grande Monique qui lui avait valu le premier Prix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ts&#233;, le Qu&#233;bec chantait avant C&#233;line, Ren&#233;.&lt;/p&gt; &lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/4KWH7loCnyA&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/4KWH7loCnyA&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=4KWH7loCnyA&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=4KWH7loCnyA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Notre certificat d'excommunication s'il vous pla&#238;t</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2009/04/01/243014.html</link>
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		<dc:date>2009-04-01T13:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator> Collectif</dc:creator>
		


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		<description>http://www.ledevoir.com/2009/04/01/...De plus en plus, l'&#201;glise catholique prend des positions qui d&#233;montrent son manque de compassion envers les &#234;tres humains, ainsi que le peu d'importance que plusieurs de ses pr&#233;lats accordent au respect des droits humains les plus fondamentaux. (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;http://www.ledevoir.com/2009/04/01/...De plus en plus, l'&#201;glise catholique prend des positions qui d&#233;montrent son manque de compassion envers les &#234;tres humains, ainsi que le peu d'importance que plusieurs de ses pr&#233;lats accordent au respect des droits humains les plus fondamentaux. R&#233;cemment, deux &#233;v&#233;nements ont retenu notre (...) - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2009/04/01/243014.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>L'&#171; aculture &#187; am&#233;ricaine</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/10/11/210204.html</link>
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		<dc:date>2008-10-11T14:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Olivier D. Asselin - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Les compressions dans le secteur culturel sont l'aboutissement naturel d'un syst&#232;me d&#233;connect&#233; de sa propre r&#233;alit&#233; qui ne carbure qu'&#224; l'offre et &#224; la demande. C'est donc moins l'industrie culturelle qui se meurt que la culture (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Les compressions dans le secteur culturel sont l'aboutissement naturel d'un syst&#232;me d&#233;connect&#233; de sa propre r&#233;alit&#233; qui ne carbure qu'&#224; l'offre et &#224; la demande. C'est donc moins l'industrie culturelle qui se meurt que la culture (...) - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2008/10/11/210204.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Culture, soutien et solidarit&#233;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Culture-soutien-et-solidarite</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Culture-soutien-et-solidarite</guid>
		<dc:date>2008-10-04T13:43:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Bruno Roy - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le m&#233;rite actuel des pr&#233;sentes &#233;lections &#8722; nonobstant ce qui a suscit&#233; le d&#233;bat (les coupures en mati&#232;re de programmes culturels) &#8722;, c'est qu'on a jamais tant parl&#233; de culture. On veut faire croire que cela divise, alors que c'est exactement le contraire qui se (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de faire le d&#233;bat &#224; savoir qui est artiste ou non, et pourquoi la culture est si n&#233;cessaire, il faudrait admettre l'id&#233;e m&#234;me de culture, ce qui serait admettre, entre autres, l'id&#233;e de la profession d'artiste. Ces temps-ci, nos politiciens f&#233;d&#233;raux sont plut&#244;t sourds. Ils confondent cr&#233;ation et divertissement, culture et syst&#232;me de vedettariat. Certains croient m&#234;me que les artistes ont perdu la guerre de l'opinion publique concernant les coupes dans le domaine de la culture. M&#233;fions-nous. C'est une fausse g&#233;n&#233;ralisation. De la m&#234;me mani&#232;re, il est vrai, il ne faut pas centrer uniquement sur les artistes la situation de pauvret&#233; dans notre soci&#233;t&#233;. Malheureusement, nous sommes dans une &#233;poque o&#249; toute la soci&#233;t&#233; s'appauvrit. Cela dit, autant l'artiste a besoin de s'exprimer, autant le public a besoin de lui. Dans le d&#233;bat actuel, on tente de les diviser. Quoi de mieux qu'un contexte &#233;lectoral pour le faire. On croirait Machiavel en train de conseiller le Premier ministre canadien, joueur de piano &#224; l'occasion : diviser pour r&#233;gner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il est vrai que un dollar investit dans la culture rapporte onze fois plus. Comment expliquer que cette logique &#233;conomique n'&#233;claire pas M. Harper dans la prise de ses d&#233;cisions. Lui qui vante tant ses propres m&#233;rites et ses comp&#233;tences en mati&#232;res &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut nier, par ailleurs, que la reconnaissance du cr&#233;ateur et le succ&#232;s &#233;conomique d'une &#339;uvre reposent sur sa circulation, sa diffusion et sa distribution la plus large possible. C'est ce que refusent de comprendre les Harper et Verner de ce bas-monde politique. Car le d&#233;fi est aussi de prot&#233;ger la capacit&#233; des artistes de poursuivre la cr&#233;ation de leurs &#339;uvres, de les faire circuler et de vivre de leur art en &#233;tant pr&#233;sents aux &#233;v&#233;nements d'ici et d'ailleurs afin de profiter des relais que sont les institutions locales, nationales et internationales. Entre l'intime et l'universel, nos oeuvres t&#233;moignent de l'&#233;volution des pens&#233;es et des mentalit&#233;s de ce monde.
L'image de marque que projette un pays sur la sc&#232;ne internationale demeure incontournable. Ce sont les artistes qui donnent une personnalit&#233; &#224; leur communaut&#233; et qui lui donnent son caract&#232;re universel. C'est pourquoi, le soutien aux artistes doit se fonder sur les liens &#224; tisser sur le plan international avec les autres groupes d'artistes qui participent &#224; la d&#233;finition des grands courants culturels et artistiques. C'est en ce sens que leurs &#339;uvres &#233;rigent au rang de patrimoine commun de la communaut&#233;, voire de l'humanit&#233;, leur contribution originale. Les arts donnent un &#233;lan de civilisation &#224; un pays qui recherche la plus haute expression de son existence. Ce sont eux qui portent &#224; bout de bras le d&#233;veloppement culturel de leur soci&#233;t&#233;. Une soci&#233;t&#233; s'inscrit dans l'Histoire et dans la m&#233;moire collective par ses arts et par sa capacit&#233; de se repr&#233;senter &#224; travers des &#339;uvres fortes et originales qui lui conf&#232;rent son caract&#232;re unique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; pourquoi les gouvernements doivent aspirer &#224; une plus grande solidarit&#233; fond&#233;e sur le besoin des arts dans une soci&#233;t&#233; afin d'assurer que les institutions culturelles demeurent vivantes et stables. Je vous dirais aussi qu'il y va du prestige d'un pays de mieux soutenir ses artistes et ses cr&#233;ateurs. Le soutien aux diff&#233;rentes formes de la culture est un imp&#233;ratif &#233;thique, ins&#233;parable du travail de l'artiste dans sa soci&#233;t&#233;. Monsieur Harper n'a pas encore compris qu'il doit traiter le d&#233;veloppement culturel comme une grande mission de l'&#201;tat. L'actuel premier ministre canadien devrait mieux lire Machiavel : &#171; Le Prince doit avoir &#224; droite un &#233;conomiste pour montrer sa puissance, et &#224; sa gauche un po&#232;te, pour montrer son rayonnement. &#187; Il nous faut bien l'admettre, les artistes &#8722; plus facilement que les politiciens &#8722; transmettent mieux ce qui nous rassemble. Leur solidarit&#233; est r&#233;elle. En effet, l'acte m&#234;me de cr&#233;er n'est jamais un acte isol&#233;. Tout artiste a besoin d'une profonde int&#233;gration dans la soci&#233;t&#233; pour que l'&#339;uvre de beaut&#233; qu'il veut proposer rejoigne la conscience de chaque individu. L'artiste cr&#233;e parce qu'il croit que quelque chose est menac&#233; l&#224; o&#249; il vit. C'est pourquoi, imaginer une &#339;uvre ne suffit pas, il faut la dire, l'exprimer, la faire entendre, afin que le peuple ne soit pas divorc&#233; de sa culture. Les politiciens doivent comprendre que l'artiste ne fait pas juste &#233;blouir, il &#233;claire. Gr&#226;ce &#224; l'art, toutes nos vies sont faites de transmissions qui nous aident &#224; vivre. L'art ne change pas le bonheur de vivre, il l'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Porteur d'identit&#233; et de valeurs, l'acc&#232;s &#224; la culture d&#233;veloppe l'ouverture, la tol&#233;rance, la curiosit&#233; et le d&#233;sir. En effet, les arts prot&#232;gent les identit&#233;s multiples parce qu'ils assurent la multiplicit&#233; des regards sur une soci&#233;t&#233;. Cette diversit&#233; fait partie du patrimoine humain ; elle est un droit fondamental de l'humanit&#233;. Les arts donnent le go&#251;t du pluriel. Je n'ose pas penser que le Premier ministre du Canada et sa ministre du Patrimoine s'inqui&#232;tent des effets de la libert&#233; d'expression. Ils doivent comprendre et admettre que toute cr&#233;ation d'une &#339;uvre atteste d'un suppl&#233;ment de sens qui &#233;chappe au contr&#244;le social. Car les rencontres de l'artiste avec son public sont une condition de l'&#233;panouissement des arts dans une soci&#233;t&#233;. Les activit&#233;s artistiques sont essentielles pour cr&#233;er un esprit de solidarit&#233; et b&#226;tir des collectivit&#233;s dynamiques. La culture contribue &#224; la qualit&#233; de vie des citoyens et constitue un &#233;l&#233;ment dominant du rayonnement. Malheureusement, les gouvernements, accordant peu de cr&#233;dit aux bienfaits des arts, n'agissent pas en cons&#233;quence. Porteuse de la qualit&#233; de vie, la culture valorise la coh&#233;sion et la solidarit&#233; sociales. L'investissement dans les arts am&#233;liore la vie des personnes ou de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble. C'est ainsi que l'investissement dans les arts cr&#233;e une valeur sociale tr&#232;s &#233;lev&#233;e. Car la culture est un bien commun qui ne se r&#233;duit pas &#224; une op&#233;ration comptable. Ces temps-ci, il est vrai, l'avenir annonce peu d'&#233;claircies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela dit, il peut para&#238;tre paradoxal que les artistes qu&#233;b&#233;cois, particuli&#232;rement les ind&#233;pendantistes, s'adressent au gouvernement f&#233;d&#233;ral pour d&#233;fendre le soutien &#224; ce qu'il convient d'appeler la culture qu&#233;b&#233;coise. Tant et aussi longtemps que nous paierons des taxes &#224; Ottawa, nous n'avons pas le choix de nous adresser &#224; ce pallier de gouvernement. Par ailleurs, il ne faudrait pas que cela donne bonne conscience aux &#233;lus qu&#233;b&#233;cois. Le m&#233;rite actuel des pr&#233;sentes &#233;lections &#8722; nonobstant ce qui a suscit&#233; le d&#233;bat (les coupures en mati&#232;re de programmes culturels) &#8722;, c'est qu'on a jamais tant parl&#233; de culture. On veut faire croire que cela divise, alors que c'est exactement le contraire qui se produit. On peut discuter longtemps sur les moyens pour soutenir la culture, mais sauf pour Harper qui a le m&#233;pris facile pour les artistes qu&#233;b&#233;cois, tous s'entendent sur sa n&#233;cessit&#233;. Cette solidarit&#233; doit trouver une r&#233;ponse le 14 octobre prochain, jour d'&#233;lection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bruno Roy, &#233;crivain&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>La vitalit&#233; litt&#233;raire des N&#233;o-Qu&#233;b&#233;cois</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-vitalite-litteraire-des-Neo</link>
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		<description>Terre de mots et de papier, fief de paroles lues, chant&#233;es, cont&#233;es, port&#233;es sur une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre, le Qu&#233;bec conna&#238;t une impressionnante vitalit&#233; &#233;ditoriale, surtout rapport&#233;e au nombre d'habitants et &#224; la fragilit&#233; de la langue fran&#231;aise, parl&#233;e par 2 % seulement de la population (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Terre de mots et de papier, fief de paroles lues, chant&#233;es, cont&#233;es, port&#233;es sur une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre, le Qu&#233;bec conna&#238;t une impressionnante vitalit&#233; &#233;ditoriale, surtout rapport&#233;e au nombre d'habitants et &#224; la fragilit&#233; de la langue fran&#231;aise, parl&#233;e par 2 % seulement de la population nord-am&#233;ricaine. La province compte une centaine de (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-vitalite-litteraire-des-Neo"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Pour en finir avec Daniel Lapr&#232;s</title>
		<link>http://www.lecourrier.qc.ca/blog/18/</link>
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		<dc:date>2008-04-03T14:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Paul-Henri Freni&#232;re - www.lecourrier.qc.ca/</dc:creator>
		


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		<description>Parlant de tribunes, Monsieur Lapr&#232;s, laissez-moi vous prendre par la main, &#224; mon tour, pour vous mettre gentiment &#224; la porte de mon blogue. Cet espace est ouvert &#224; tous ceux qui veulent s'exprimer sauf ceux, peut-&#234;tre, qui s'en serviraient comme d'un canal pour d&#233;verser leur (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Parlant de tribunes, Monsieur Lapr&#232;s, laissez-moi vous prendre par la main, &#224; mon tour, pour vous mettre gentiment &#224; la porte de mon blogue. Cet espace est ouvert &#224; tous ceux qui veulent s'exprimer sauf ceux, peut-&#234;tre, qui s'en serviraient comme d'un canal pour d&#233;verser leur propagande. Vous avez l'art d'ins&#233;rer (...) - &lt;a href="http://www.lecourrier.qc.ca/blog/18/"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le B&#233;otien de Saint-Hyacinthe</title>
		<link>http://lapresd.blogspot.com/2008/04/le-botien-de-saint-hyacinthe-comme.html</link>
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		<dc:date>2008-04-02T22:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Daniel Lapr&#232;s - Blogue de l'auteur</dc:creator>
		


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		<description>M&#233;thode Lapr&#232;s : tout en finesse... Comme plusieurs de mes amis ont pu le voir, j'ai eu ces derniers temps quelques escamourches assez amusantes avec un certain Paul-Henri Freni&#232;re, chroniqueur et blogueur au journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, qui s'&#233;tait permis d'&#233;crire (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;M&#233;thode Lapr&#232;s : tout en finesse... Comme plusieurs de mes amis ont pu le voir, j'ai eu ces derniers temps quelques escamourches assez amusantes avec un certain Paul-Henri Freni&#232;re, chroniqueur et blogueur au journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, qui s'&#233;tait permis d'&#233;crire des propos diffamants &#224; mon &#233;gard, au lendemain (...) - &lt;a href="http://lapresd.blogspot.com/2008/04/le-botien-de-saint-hyacinthe-comme.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Bloguer est-il un loisir hivernal ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Bloguer-est-il-un-loisir-hivernal</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Bloguer-est-il-un-loisir-hivernal</guid>
		<dc:date>2008-04-01T13:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator> Zylag - www.aprestout.blogspot.com</dc:creator>
		


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		<description>au sujet de la campagne politique am&#233;ricaine : tous les sondages indiquant que l'opinion du peuple am&#233;ricain va contre la guerre en Irak, pour une meilleure couverture du syst&#232;me de sant&#233; et pour la protection de l'environnement, il est &#233;trange de constater que les &#171; mainstream &#187; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton13172.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;208&quot; height=&quot;248&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;au sujet de la campagne politique am&#233;ricaine : tous les sondages indiquant que l'opinion du peuple am&#233;ricain va contre la guerre en Irak, pour une meilleure couverture du syst&#232;me de sant&#233; et pour la protection de l'environnement, il est &#233;trange de constater que les &#171; mainstream &#187; m&#233;dias et la classe politique am&#233;ricaine d&#233;fendent (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Bloguer-est-il-un-loisir-hivernal"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Conversation nationale avec Chafik</title>
		<link>http://www.cyberpresse.ca/article/20080311/CPARTS03/803110705/6741/CPOPINIONS</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.cyberpresse.ca/article/20080311/CPARTS03/803110705/6741/CPOPINIONS</guid>
		<dc:date>2008-03-11T12:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marc Cassivi - www.cyberpresse.ca</dc:creator>
		


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		<description>Mais la souverainet&#233;, ce n'est pas un projet &#233;conomique, c'est un projet culturel. Il existe un certain &#171; nous &#187;. Ce &#171; nous &#187; est totalement inclusif. Il inclut ma m&#232;re (l'&#233;crivaine Abla Farhoud), qui est n&#233;e au Liban. Il inclut mon grand-p&#232;re qui ne parle m&#234;me pas fran&#231;ais (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton12343.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;287&quot; height=&quot;195&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;Mais la souverainet&#233;, ce n'est pas un projet &#233;conomique, c'est un projet culturel. Il existe un certain &#171; nous &#187;. Ce &#171; nous &#187; est totalement inclusif. Il inclut ma m&#232;re (l'&#233;crivaine Abla Farhoud), qui est n&#233;e au Liban. Il inclut mon grand-p&#232;re qui ne parle m&#234;me pas fran&#231;ais mais qui a vot&#233; &#171; Oui (...) - &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080311/CPARTS03/803110705/6741/CPOPINIONS"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Du P'tit Qu&#233;bec au riopelle de l'Isle</title>
		<link>http://www.cyberpresse.ca/article/20080303/CPOPINIONS02/803030726/6732/CPOPINIONS</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.cyberpresse.ca/article/20080303/CPOPINIONS02/803030726/6732/CPOPINIONS</guid>
		<dc:date>2008-03-03T12:44:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marcel Groleau - www.cyberpresse.ca (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Vous souvenez-vous des fromages qu&#233;b&#233;cois il y a 25 ans ? &#192; part le P'tit Qu&#233;bec, le Cheez-Whiz et le Oka, c'&#233;tait maigre. Aujourd'hui, le Qu&#233;bec peut se vanter d'avoir le plus beau plateau de fromages en Am&#233;rique du Nord. Pr&#232;s de 350 fromages, dont plus de 200 fromages (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton12159.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;293&quot; height=&quot;194&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;Vous souvenez-vous des fromages qu&#233;b&#233;cois il y a 25 ans ? &#192; part le P'tit Qu&#233;bec, le Cheez-Whiz et le Oka, c'&#233;tait maigre. Aujourd'hui, le Qu&#233;bec peut se vanter d'avoir le plus beau plateau de fromages en Am&#233;rique du Nord. Pr&#232;s de 350 fromages, dont plus de 200 fromages artisanaux : bios ou r&#233;guliers, lait cru ou (...) - &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080303/CPOPINIONS02/803030726/6732/CPOPINIONS"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Nos fromages bien nomm&#233;s</title>
		<link>http://www.vigile.net/Nos-fromages-bien-nommes</link>
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		<dc:date>2008-02-03T15:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		
		


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		<description>Les fromages qu&#233;b&#233;cois ont souvent des noms fantaisistes, alors que leurs &#233;quivalents fran&#231;ais reprennent g&#233;n&#233;ralement des noms de lieux. (Le Soleil, Erick Labb&#233;) Annie Morin - Les Qu&#233;b&#233;cois ont peut-&#234;tre appris &#224; faire de bons fromages artisanaux en regardant travailler leurs cousins (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton11571.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;296&quot; height=&quot;193&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;Les fromages qu&#233;b&#233;cois ont souvent des noms fantaisistes, alors que leurs &#233;quivalents fran&#231;ais reprennent g&#233;n&#233;ralement des noms de lieux. (Le Soleil, Erick Labb&#233;) Annie Morin - Les Qu&#233;b&#233;cois ont peut-&#234;tre appris &#224; faire de bons fromages artisanaux en regardant travailler leurs cousins fran&#231;ais, mais quand est venu le temps de baptiser leurs (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Nos-fromages-bien-nommes"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Mon anc&#234;tre, ce h&#233;ros</title>
		<link>http://www.vigile.net/Mon-ancetre-ce-heros</link>
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		<dc:date>2008-02-03T14:04:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		
		


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		<description>De gauche &#224; droite, Kelly Lalibert&#233;-Baillargeon, Mathieu Colpron et Laurence B&#233;gin de l'&#233;cole L'&#201;tincelle &#224; Sainte-Marguerite de Beauce Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve *** Isabelle Mathieu - Un a&#239;eul qui tue Wolfe pour venger Montcalm. Un autre qui conseille le gouverneur (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton11572.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;296&quot; height=&quot;180&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;De gauche &#224; droite, Kelly Lalibert&#233;-Baillargeon, Mathieu Colpron et Laurence B&#233;gin de l'&#233;cole L'&#201;tincelle &#224; Sainte-Marguerite de Beauce Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve *** Isabelle Mathieu - Un a&#239;eul qui tue Wolfe pour venger Montcalm. Un autre qui conseille le gouverneur Jean-Baptiste Colbert. Un troisi&#232;me plus courageux que (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Mon-ancetre-ce-heros"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>2008 - au hasard de l'internet</title>
		<link>http://www.vigile.net/2008-au-hasard-de-l-internet</link>
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		<dc:date>2008-02-03T12:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		
		


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		<description>Le ballon gonfl&#233; de vent - Jacques Attali, L'express 29 janvier</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Le ballon gonfl&#233; de vent - Jacques Attali, L'express 29 janvier - &lt;a href="http://www.vigile.net/2008-au-hasard-de-l-internet"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le Qu&#233;bec : une identit&#233; en p&#233;ril</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebec-une-identite-en-peril</link>
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		<dc:date>2008-01-12T13:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Catherine Bertho Lavenir - www.cerium.ca</dc:creator>
		


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		<description>&#192; d&#233;faut de croyances partag&#233;es pour les inscrire dans la dur&#233;e et de projet politique pour les projeter dans l'avenir, les dispositifs identitaires entrent en crise. Alors, les initiatives communautaires, culturelles ou artistiques de la soci&#233;t&#233; civile semblent se disperser, orphelines (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; d&#233;faut de croyances partag&#233;es pour les inscrire dans
la dur&#233;e et de projet politique pour les projeter dans
l'avenir, les dispositifs identitaires entrent en crise. Alors,
les initiatives communautaires, culturelles ou artistiques
de la soci&#233;t&#233; civile semblent se disperser, orphelines du
grand r&#233;cit qui leur donnerait du sens. L'exemple du
Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les groupes humains ont besoin d'un projet collectif pour se projeter
dans la dur&#233;e et assurer leur p&#233;rennit&#233;. Dans les soci&#233;t&#233;s occidentales,
l'&#201;tat, depuis l'&#233;poque moderne, prend en charge l'&#233;laboration symbolique
et la transmission de tout ce qui se rapporte au r&#233;cit d'un devenir commun.
Drapeaux, hymnes et c&#233;r&#233;monies, enseignement de l'histoire et &#233;rection de
statues, fabrication de monuments et organisation d'expositions, concourent
depuis des d&#233;cennies &#224; la cr&#233;ation d'un imaginaire collectif&#8230; Or, en ce d&#233;but
de XXIe si&#232;cle, ces dispositifs anciens sont en crise. Dans la vieille Europe
comme dans ses extensions du Nouveau Monde, passer de l'&#201;tat national &#224;
l'&#201;tat post-national met en tension les syst&#232;mes symboliques existants et
perturbe les outils de la transmission.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec, &#224; cet &#233;gard, est dans une position particuli&#232;rement d&#233;licate.
Malgr&#233; quarante ans de combat politique t&#234;tu, la &#171; belle province &#187; n'est
toujours pas un &#201;tat ind&#233;pendant, et rien n'indique qu'elle doive le devenir un
jour. L'id&#233;e m&#234;me de r&#233;f&#233;rendum sur l'autod&#233;termination est en train d'&#234;tre
abandonn&#233;e, et le gouvernement provincial est sur la d&#233;fensive dans les autres
domaines de la vie collective. Il peine, par exemple, &#224; d&#233;fendre le mod&#232;le
social-d&#233;mocrate qui caract&#233;risait le pays. L'expression d'un projet collectif
qui souderait ses habitants dans un &#171; d&#233;sir d'avenir &#187; commun est devenue
difficile. Crise des institutions, crise symbolique, il n'en faut pas plus pour
que le d&#233;sordre s'installe dans les lieux et formes du d&#233;bat public ainsi que
dans les c&#233;l&#233;brations et solennit&#233;s nationales. Et cela d'autant plus que l'&#201;tat
f&#233;d&#233;ral veille, habile &#224; profiter des failles pour imposer ses propres formes de
repr&#233;sentation et son propre agenda comm&#233;moratif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;UN DISPOSITIF DE COMBAT POUR UNE IDENTIT&#201; &#192; CONQU&#201;RIR&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, tout semblait bien parti. Pendant quarante ans, le Qu&#233;bec a
v&#233;cu un projet politique fort appuy&#233; sur un projet &#233;conomique et social clair :
construire une soci&#233;t&#233; francophone, la&#239;que, moderne, autonome, et lui donner
des bases &#233;conomiques inspir&#233;es par la social-d&#233;mocratie. Le projet politique,
l'ind&#233;pendance, &#233;tait intimement li&#233; &#224; un projet culturel. Imposer l'usage
de la langue fran&#231;aise comme vecteur d'une appartenance commune, c'&#233;tait
construire une litt&#233;rature, un cin&#233;ma, un th&#233;&#226;tre et une culture populaire
&#8211;- la chanson, la t&#233;l&#233;vision -&#8211; qui donneraient une forme contemporaine et
attrayante &#224; l'h&#233;ritage devenu d&#233;suet des Canadiens fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;th&#233;ocratique dans laquelle l'&#201;glise catholique contr&#244;lait les institutions,
la vie collective et les comportements priv&#233;s. Cette rupture fondatrice,
baptis&#233;e &#171; r&#233;volution tranquille &#187;, a donn&#233; naissance, en m&#234;me temps qu'elle
advenait, &#224; un grand r&#233;cit fondateur qui avait ses m&#233;diateurs -&#8211; les &#233;crivains,
les chanteurs, les dramaturges -&#8211; et ses milieux de transmission -&#8211; le th&#233;&#226;tre et
la chanson, le cin&#233;ma et les mus&#233;es&#8230; Le Qu&#233;bec francophone, &#233;merveill&#233; de sa
propre hardiesse, s'est ainsi inlassablement racont&#233; &#224; lui-m&#234;me, quarante ans
durant, la saga de son &#233;mancipation politique, avec ses &#233;v&#233;nements fondateurs
et ses h&#233;ros.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;V&#201;NEMENTS FONDATEURS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier &#233;v&#233;nement fondateur, l'Exposition universelle de Montr&#233;al
en 1967. Cette ann&#233;e-l&#224;, l'Expo fait entrer le Qu&#233;bec dans une modernit&#233;
technique re&#231;ue comme un cadeau. Les films d'archives ressortis &#224; l'occasion
du quaranti&#232;me anniversaire de l'&#233;v&#233;nement, tout comme les t&#233;moignage
des visiteurs d'hier, en t&#233;moignent : l'Expo fut v&#233;cue comme une f&#234;te. Les
Qu&#233;b&#233;cois d&#233;couvraient qu'ils existaient aux yeux du monde. Qu'ils &#233;taient
capables de r&#233;aliser quelque chose de grand. Que la modernit&#233; &#233;tait un plaisir,
un projet &#233;conomique et un projet de soci&#233;t&#233;, le tout dans un d&#233;cor de plastique
orange.Second &#233;v&#233;nement fondateur, le discours du g&#233;n&#233;ral de Gaulle au balcon
de l'h&#244;tel de ville de Montr&#233;al, le 24 juillet de la m&#234;me ann&#233;e. L'h&#244;tel de ville,
il faut l'avouer, n'est pas un bien grand &#233;difice. Et le G&#233;n&#233;ral, agac&#233; pour des
tas de raisons par ses alli&#233;s anglais, &#233;mu, aussi, par le cheminement triomphal
qui lui avait &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; tout au long du &#171; chemin du Roi &#187;, pavois&#233; en son
honneur entre Qu&#233;bec et Montr&#233;al, a un tantinet exag&#233;r&#233;. Mais quand m&#234;me !
&#171; Vive le Qu&#233;bec libre &#187;, &#224; l'heure des d&#233;colonisations, cela sonnait comme un
projet collectif mobilisateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;H&#201;ROS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un projet qui avait d&#233;j&#224; ses h&#233;ros et ses h&#233;rauts. H&#233;ros que Ren&#233;
L&#233;vesque, qui nationalise l'&#233;lectricit&#233; &#224; la barbe des grandes compagnies, qui
la&#239;cise et rapatrie au Qu&#233;bec l'aide sociale et la protection m&#233;dicale. Premier
ministre du Qu&#233;bec de 1976 &#224; 1985, toute sa vie politique est un combat pour la
souverainet&#233;, tendu vers un point unique : le r&#233;f&#233;rendum pour l'ind&#233;pendance.
Rien ne manque &#224; sa figure de grand homme, pas m&#234;me la trahison sournoise
des Premiers ministres des provinces canadiennes, se r&#233;unissant &#224; son insu
pour comploter derri&#232;re son dos un accord fatal&#8230; C'est ainsi, en tout cas,
que se raconte l'histoire lorsqu'en 2006 la cha&#238;ne francophone de la t&#233;l&#233;vision
publique r&#233;alise un t&#233;l&#233;film intelligent et sensible &#224; sa gloire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des figures h&#233;ro&#239;ques plus famili&#232;res peuplent aussi la grande saga de la
modernisation du Qu&#233;bec. Celles, par exemple, des travailleurs qui ont construit,
le long des fleuves indompt&#233;s du Grand Nord, des barrages immenses. La
chanson en fait les h&#233;ritiers directs des b&#251;cherons durs &#224; la t&#226;che, partis, pour
la saison, travailler sur les &#171; chantiers &#187; et rapporter l'argent n&#233;cessaire &#224; la
survie de tous. Sous la plume de Georges Dor, chanteur et po&#232;te, le travailleur
de la manic' (le grand barrage de la Manicouagan) s'identifie ainsi &#224; la figure des
pionniers isol&#233;s loin des leurs et confront&#233;s &#224; l'hiver hostile. Les travailleurs
d'Hydro-Qu&#233;bec, la soci&#233;t&#233; nationale g&#233;ante et protectrice qui veille pendant
l'hiver sur la pr&#233;cieuse alimentation des grandes villes en &#233;lectricit&#233; sont
d'autres figures du m&#234;me h&#233;ro&#239;sme tranquille. Et lorsque, dans l'hiver 1998,
l'ensemble du r&#233;seau &#233;lectrique flanche brutalement sous un amas de verglas
et un blizzard terrible, c'est tout le Qu&#233;bec qui se sent vuln&#233;rable et solidaire.
Dans ce pays qui n'a pas connu de guerre et d'occupation depuis deux si&#232;cles,
&#171; la grande panne &#187; d'&#233;lectricit&#233; fait figure d'invasion, d'exode, de malheur
v&#233;cu et surmont&#233; en commun. Et la figure embl&#233;matique du combattant se
sacrifiant pour la survie de tous s'incarne dans la photographie, maintes fois
reproduite, d'un employ&#233; d'Hydro-Qu&#233;bec, dangereusement suspendu &#224; un
pyl&#244;ne au-dessus du fleuve glac&#233; pour r&#233;parer dans le blizzard et au p&#233;ril de
sa vie l'art&#232;re &#233;lectrique vitale qui alimente la capitale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#201;DIATEURS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;cit national et populaire de la marche vers la modernit&#233; et la
souverainet&#233; a ses m&#233;diateurs. Comme il s'agissait de rompre avec le mod&#232;le
cl&#233;rical ancien, ce n'est pas l'&#233;cole, longtemps contr&#244;l&#233;e par l'&#201;glise, qui est le
vecteur principal du r&#233;cit national, mais ceux qui cultivent la langue autrement :
&#233;crivains, dramaturges et surtout chanteurs populaires. Au premier rang
des dramaturges qui construisent l'identit&#233; nouvelle du Qu&#233;bec, on trouve
Michel Tremblay, dont la pi&#232;ce Les Belles-Soeurs est jou&#233;e pour la premi&#232;re
fois en 1968 &#224; Montr&#233;al. Par un renversement d&#233;lib&#233;r&#233; des conventions, ce
sont des femmes issues du petit peuple francophone de Montr&#233;al, d'habitude
doublement oubli&#233;es et m&#233;pris&#233;es, du fait de leur sexe et de leur appartenance,
qui deviennent, les h&#233;ro&#239;nes de la pi&#232;ce. Et leur langue, le joual, m&#233;lange
(d&#233;tonnant) de fran&#231;ais archa&#239;que et d'anglais prol&#233;taire, est brutalement
projet&#233;e dans l'espace de la culture cultiv&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LA SC&#200;NE MUSICALE, MILIEU DE TRANSMISSION&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les chanteurs, en mettant en musique leur po&#233;sie, donnent &#224; leur langue
&#224; la fois des lettres de noblesse et un public populaire. Nulle part peut-&#234;tre
autant qu'au Qu&#233;bec la chanson, cousine de la po&#233;sie, n'est porteuse d'une
lancinante interrogation sur soi. Il y a bien s&#251;r, parmi les p&#232;res fondateurs,
F&#233;lix Leclerc, auquel un mus&#233;e est aujourd'hui consacr&#233; dans son &#238;le
d'Orl&#233;ans natale, quelque part au milieu du Saint-Laurent. Apr&#232;s lui vinrent
les chanteurs engag&#233;s des ann&#233;es 70, les Gilles Vigneault, Robert Charlebois,
que le combat pour l'ind&#233;pendance rassemble pour de grands concerts qui
sont des &#233;v&#233;nements &#224; la fois artistiques et politiques. Et puis les filles, les
Linda Lemay, Ariane Moffatt, Marie-Annick L&#233;pine, qui explorent les mille et
une contradictions du f&#233;minisme moderne. Et C&#233;line Dion elle-m&#234;me, ic&#244;ne
ambigu&#235; et r&#233;v&#233;r&#233;e. M&#234;me quand on est branch&#233;, altermondialiste, musicologue
ou bourgeois, on ne dit pas de mal de C&#233;line Dion parce que, millionnaire &#224;
Las Vegas, C&#233;line est rest&#233;e gentille et fid&#232;le au pays&#8230; et qu'il y a toujours un
Canadien fran&#231;ais humili&#233; qui sommeille dans un Qu&#233;b&#233;cois moderne. Mais la
chanson populaire, ce n'est pas seulement une brochette de chanteurs connus
de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique. C'est une myriade de petits groupes financ&#233;s par
les retomb&#233;es de la politique publique de soutien &#224; la langue fran&#231;aise, par
exemple les quotas de diffusion. Ils ont pour noms Les Cow-Boys fringants
ou Les Chaudronniers de l'enfer et hantent les festivals et les f&#234;tes locales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;fendant aussi bien la country francophone (si ! si ! &#231;a existe) que le rock
garage, ils forment un r&#233;seau serr&#233; de producteurs, de tourn&#233;es, de festivals.
Tous ces chanteurs se citent, se chantent, reprennent des chansons anciennes,
rappellent la saga des concerts militants (au Qu&#233;bec, un concert peut &#234;tre,
sans abus de langage, qualifi&#233; d'&#171; historique &#187;). L'ensemble fonctionne comme
un milieu de transmission qui permet aux mille et une formes d'un r&#233;cit de soi
sans cesse recommenc&#233; de se propager.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LE SYST&#200;ME DES MUS&#201;ES&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le syst&#232;me des mus&#233;es aussi peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un milieu
de transmission qui a v&#233;hicul&#233; durant ces quarante derni&#232;res ann&#233;es la
bonne nouvelle du Qu&#233;bec nouveau. &#171; Mus&#233;es de civilisation &#187; ou &#171; Centre
d'interpr&#233;tation &#187;, ils sont forc&#233;ment beaux, bien pens&#233;s et bien con&#231;us, et leur
contenu n'est jamais anodin. National sans en avoir l'air, le grand mus&#233;e de la
Civilisation, dans la capitale provinciale, raconte ainsi la conqu&#234;te agricole du
territoire, la construction d'une soci&#233;t&#233; catholique et francophone, et se cl&#244;t
sur les grands moments de la r&#233;volution tranquille ; dans la p&#233;nombre d'une
salle, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, sur un petit &#233;cran, c&#233;l&#232;bre en boucle le Qu&#233;bec
libre&#8230; D'autres mus&#233;es exaltent ce que Michel de Certeau appelait &#171; la beaut&#233;
du mort &#187;, enfermant une fois pour toutes dans leurs vitrines les signes d'un
monde disparu, celui-l&#224; m&#234;me que liquida la r&#233;volution tranquille. Et c'est au
mus&#233;e des Ursulines, &#224; Qu&#233;bec toujours, qu'est d&#233;volue la fonction de faire
&#233;l&#233;gamment le deuil de quatre cents ans de culture catholique. &#192; Montr&#233;al,
la d&#233;fense d'une identit&#233; francophone doit composer avec les r&#233;alit&#233;s d'une
vieille m&#233;tropole commerciale. Le multiculturel s'impose. Le mus&#233;e Pointe-&#224;-Calli&#232;re -&#8211; qui a adopt&#233; un nom g&#233;ographique, faute de savoir &#233;noncer son
projet exact -&#8211; c&#233;l&#232;bre ainsi la fa&#231;on dont on cohabite depuis quelques si&#232;cles
dans la vall&#233;e du Saint-Laurent, et insiste, dans ses derni&#232;res salles, sur
la beaut&#233; multiculturelle de la ville. Un peu plus loin, le Mus&#233;e municipal
illustre la saga des Irlandais et des &#201;cossais, des Italiens, des Juifs pieux et
des Ha&#239;tiens qui ont afflu&#233; dans la ville portuaire. Am&#233;rindiens et Inuits sont,
pour leur part mus&#233;ifi&#233;s &#224; Hull, sur les bords de la rivi&#232;re des Outaouais, dans
le plus beau &#171; mus&#233;e de civilisation &#187; du monde, sis, et ce n'est sans doute pas
un hasard, juste en face du Parlement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;COMBAT POUR LA LANGUE&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais c'est bien s&#251;r le combat pour la langue qui a &#233;t&#233; au coeur de la
reconqu&#234;te d'une identit&#233; collective moderne. En quarante ans, Montr&#233;al, o&#249;
l'on parlait majoritairement anglais, dans le centre-ville du moins, est devenue
une ville francophone. &#192; la source de la transformation, il y a une loi qui
engage toute la puissance de l'&#201;tat derri&#232;re un projet culturel et politique.
Contraignante, la loi 101 n'est ni consensuelle ni aimablement culturelle. La
Charte de la langue fran&#231;aise &#8211; c'est son nom officiel &#8211; reprend un texte vot&#233;
en 1977, au temps du premier gouvernement L&#233;vesque, et fait obligation &#224;
tous, services publics et commer&#231;ants, d'offrir des services en fran&#231;ais dans la
ville. La moindre boutique a d&#251; obtemp&#233;rer. L'application aux &#233;coles est plus
drastique encore : l'enseignement doit &#234;tre donn&#233; en fran&#231;ais, et seuls peuvent
b&#233;n&#233;ficier d'un enseignement &#8211; public &#8211; en anglais ceux dont les parents ont
eux-m&#234;mes &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;s en anglais. Les immigrants ont donc d&#251; s'y plier :
leurs enfants &#233;tudient en fran&#231;ais. Pour couronner le tout, et fournir des cadres
&#224; la nation, de grandes universit&#233;s publiques francophones se sont mises en
place. Elles sont les h&#233;riti&#232;res directes des universit&#233;s cr&#233;&#233;es au d&#233;but du
si&#232;cle par les ordres religieux catholiques, qui savaient, eux, qu'une universit&#233;
assure la transmission d'une vision du monde. Aujourd'hui, l'universit&#233; Laval
&#224; Qu&#233;bec, l'universit&#233; de Montr&#233;al et l'universit&#233; de Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, mais
aussi l'universit&#233; Concordia, d&#233;livrent leurs cours en fran&#231;ais. Il y a des gens
qui avaient compris, il y a quarante ans, que l&#224; o&#249; il n'y a pas institution, il n'y
a pas transmission.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pourtant, ce dispositif de combat est aujourd'hui en crise. Dans la
soci&#233;t&#233; postmoderne, ni le projet nationaliste ni le discours identitaire n'arrivent
plus &#224; s'&#233;noncer dans des formes recevables, et, en l'absence d'un &#201;tat fort, les
m&#233;diations anciennes n'arrivent plus &#224; proposer un futur collectif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;FLOTTEMENT DANS LA SOUVERAINET&#201;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier &#233;l&#233;ment de l'h&#233;ritage &#224; se d&#233;faire, l'ind&#233;pendance n'est plus
aujourd'hui un horizon politique cr&#233;dible. Un deuxi&#232;me r&#233;f&#233;rendum sur la
souverainet&#233;, perdu de justesse et dans des conditions contestables en 1995,
a sonn&#233; le glas de l'autonomie politique du Qu&#233;bec. Le Canada, d'ailleurs,
n'aurait sans doute pas tol&#233;r&#233; que l'une des provinces fondatrices quitte la
f&#233;d&#233;ration. Douze ans plus tard, sondages et r&#233;sultats &#233;lectoraux sont formels :
l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec n'est plus un projet politique d&#233;fendable &#224; court
terme. Son plus solide soutien, le Parti qu&#233;b&#233;cois, a d&#251;, apr&#232;s une cinglante
d&#233;faite &#233;lectorale, remettre l'organisation d'un troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum &#224; des
temps ult&#233;rieurs. C'est son challenger, la populiste Alliance d&#233;mocratique
du Qu&#233;bec, qui a repris le flambeau de la recherche d'une forme nationale
qu&#233;b&#233;coise en d&#233;fendant la notion ambigu&#235; d'association au Canada. Deuxi&#232;me
point de rupture : le mod&#232;le &#233;conomique social-d&#233;mocrate peine aujourd'hui,
dans le monde entier, &#224; imposer sa l&#233;gitimit&#233; dans le d&#233;bat public, face aux
th&#233;oriciens du lib&#233;ralisme classique. Or les souverainistes avaient fermement
associ&#233; un projet &#233;conomique social-d&#233;mocrate &#224; leur projet politique. Le
Qu&#233;bec occupe encore &#224; cet &#233;gard une position originale en Am&#233;rique du Nord.
Il prolonge une conception de l'&#201;tat providence paradoxalement h&#233;rit&#233;e de
l'Angleterre d'avant Mme Thatcher : l'enseignement sup&#233;rieur y est public et
presque gratuit, la sant&#233; est financ&#233;e collectivement, et certaines ressources,
comme l'hydro&#233;lectricit&#233;, sont nationalis&#233;es. Or ce mod&#232;le tout impr&#233;gn&#233;
d'interventionnisme est aujourd'hui symboliquement d&#233;valoris&#233; sur l'Ancien
comme sur le Nouveau Continent. Il appara&#238;t aujourd'hui comme un archa&#239;sme
de plus, qui serait associ&#233; &#224; l'archa&#239;sme du projet politique souverainiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MENACES SUR LA NATION&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Troisi&#232;me difficult&#233; : le souverainisme n'est plus ce qu'il &#233;tait. Ou
plut&#244;t, la nation telle que la concevaient Ren&#233; L&#233;vesque et Gilles Vigneault
il y a quarante ans a subi, elle aussi, une s&#233;rieuse d&#233;valuation symbolique.
Nationalistes et catholiques &#8211; tout au moins de culture &#8211;, les Qu&#233;b&#233;cois ne
s'inscrivent pas dans l'air du temps. Apr&#232;s les guerres des Balkans et celles
du Liban, &#234;tre nationaliste et de culture chr&#233;tienne, c'est se rapprocher
dangereusement dans l'imaginaire collectif des bandes de Milo&#353;evic ou des
milices chr&#233;tiennes du Liban. Mauvais calcul.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, la conception de la nation qui domine aujourd'hui
a chang&#233;. Lorsque Ren&#233; L&#233;vesque, en 1977, associait nation et &#201;tat, il
s'inscrivait, au-del&#224; de la r&#233;f&#233;rence coloniale, dans l'imaginaire de l'Europe des
&#201;tats-nations de 1848, revivifi&#233;e par les trait&#233;s de paix de 1918. Dans cette
perspective, chaque peuple, compris comme l'ensemble des citoyens partageant
une origine commune, une langue, une histoire et un projet, repr&#233;sent&#233; par
des &#233;lites d&#233;sireuses de prendre en charge le destin collectif, avait le droit de
se doter d'un &#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette conception de la nation est aujourd'hui en concurrence avec des
notions toute diff&#233;rentes, issues de la culture politique anglaise, et d&#233;fendues
par les f&#233;d&#233;ralistes d'Ottawa. Par exemple, lorsque le Premier ministre
canadien conservateur, Stephen Harper, demande &#224; son Parlement, comme il
l'a fait en 2007, de reconna&#238;tre la &#171; nation &#187; qu&#233;b&#233;coise, ce n'est pas l'image de
la nation de 1848 qu'il a en t&#234;te. C'est tout autre chose. La nation qu&#233;b&#233;coise
ainsi &#171; reconnues &#187; est du m&#234;me ordre que la nation iroquoise ou que la nation
huronne. Le mot d&#233;signe alors un groupe partageant une origine ethnique,
une langue, parfois une religion, un pan d'histoire, qui a vocation &#224; &#234;tre
respect&#233; dans ses sp&#233;cificit&#233;s et comme minorit&#233;, mais pas &#224; &#234;tre dot&#233; d'une
autonomie politique. Et les Qu&#233;b&#233;cois, qui ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment substitu&#233; le nom
de Qu&#233;b&#233;cois &#224; celui de Canadiens fran&#231;ais pour marquer leur d&#233;sir d'acc&#233;der
au statut de nation-&#201;tat, sont ici aux prises avec une contradiction centrale :
ils ne sont ni les premiers ni les seuls habitants du territoire qu'ils occupent
aujourd'hui. La minorit&#233; menac&#233;e, ce n'est pas ou ce n'est plus eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#171; Premi&#232;res Nations &#187; ont conquis, en effet, une place de plus en plus
importante dans l'&#233;conomie des repr&#233;sentations symboliques en Am&#233;rique
du Nord au cours des quatre derni&#232;res d&#233;cennies. Les Inuits ont obtenu du
Canada la reconnaissance d'un territoire transnational qui leur est propre, le
Nunavut, qui couvre une partie du Grand Nord qu&#233;b&#233;cois. Les diverses nations
am&#233;rindiennes, quoique encore tr&#232;s faibles num&#233;riquement et cantonn&#233;es dans
des territoires marginaux, commencent &#224; acqu&#233;rir une identit&#233; politique. Par
ailleurs, le Qu&#233;bec est, depuis le XVIIIe si&#232;cle, peupl&#233; de non-francophones de
toutes origines : colons anglais, bien s&#251;r, mais aussi loyalistes de la Nouvelle-
Angleterre fuyant la r&#233;volution am&#233;ricaine, ou encore Irlandais &#8211; papistes et
parfois antianglais &#8211;, &#201;cossais &#8211; ils contr&#244;laient la banque &#224; Montr&#233;al &#8211;, Juifs
r&#233;fugi&#233;s d'Europe centrale, Italiens et Grecs arriv&#233;s entre les deux guerres,
Ha&#239;tiens, Libanais et Maghr&#233;bins francophones, Vietnamiens... Il faudrait
m&#234;me y ajouter, aux bordures nord-est de la province et dans les &#238;les de la
Madeleine, une petite population acadienne francophone dont l'histoire est
diff&#233;rente de celle des Qu&#233;b&#233;cois. Bref, il y a des minorit&#233;s dans la minorit&#233;. Et
le mainstream politique pr&#244;ne aujourd'hui la d&#233;fense de la minorit&#233;. Lorsque
les Qu&#233;b&#233;cois s'&#233;crient, &#224; l'adresse d'Ottawa : &#171; Respectez-nous, nous sommes
la minorit&#233; ! &#187;, la capitale f&#233;d&#233;rale a beau de jeu de r&#233;pondre : &#171; Pas du tout !
C'est vous qui opprimez vos minorit&#233;s, par exemple en les obligeant &#224; parler
fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;CATHOLICISME, LA&#207;CIT&#201;, ISLAM&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autres minorit&#233;s aujourd'hui respectables &#8211; et d&#233;cid&#233;es &#224; le faire
savoir &#8211; les minorit&#233;s religieuses posent un autre probl&#232;me aux Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le projet national port&#233; par la r&#233;volution tranquille &#233;tait clairement et de
fa&#231;on militante celui d'une soci&#233;t&#233; la&#239;que. Dans les ann&#233;es 70, le Qu&#233;bec
moderne a d&#233;confessionnalis&#233; en force et sans m&#233;nagements son syst&#232;me de
sant&#233; et d'assistance, de m&#234;me que son syst&#232;me scolaire. Dans son &#233;lan, il a
aussi fait dispara&#238;tre l'&#201;glise catholique. Les religieuses ont d&#251; quitter leur
voile, les religieux, abandonner leurs chaires d'enseignement. Les fid&#232;les ont
d&#233;sert&#233; les &#233;glises, et l'on a mis en vente les b&#226;timents eccl&#233;siastiques. Les
mouvements f&#233;ministes ont &#233;t&#233; au premier rang d'un mouvement v&#233;cu par
eux comme une &#233;mancipation. Le r&#233;sultat est net : le Qu&#233;bec est aujourd'hui
la contr&#233;e d'Am&#233;rique du Nord o&#249; il y a le nombre le plus &#233;lev&#233; de gens se
disant &#171; sans religion &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La m&#233;moire encore fra&#238;che de cette r&#233;volte contre la th&#233;ocratie
catholique rend particuli&#232;rement vifs les d&#233;bats autour des revendications
des communaut&#233;s religieuses d'aujourd'hui, musulmans et juifs orthodoxes de
la communaut&#233; Loubavitch. La situation est d'autant plus compliqu&#233;e que le
Qu&#233;bec doit respecter un texte fondamental du Canada dit Charte des droits
et des libert&#233;s de la personne. Inspir&#233;e par le droit anglais &#8211; donc am&#233;ricain
&#8211; et parfaitement en phase avec les sensibilit&#233;s contemporaines dominantes,
ce texte garantit &#224; tout citoyen canadien le libre exercice de sa pratique
religieuse. Lorsque ce libre exercice entre en conflit avec d'autres droits, l'on
doit chercher &#224; trouver ce que la langue qu&#233;b&#233;coise appelle officiellement
un &#171; accommodement raisonnable &#187;, compromis trouv&#233; pour chaque cas
particulier et qui ne vaut que pour celui-ci. Il est interdit, par exemple, de faire
entrer une arme dans un &#233;tablissement scolaire. Mais leur religion prescrit
aux jeunes sikhs de porter un poignard &#224; leur ceinture. L'accommodement
raisonnable autorisera le poignard mais demandera qu'il soit cousu dans un
&#233;tui&#8230; On imagine facilement la prolif&#233;ration des cas particuliers, les subtilit&#233;s
des argumentaires. Les controverses autour de la question du voile port&#233; par
les femmes de confession islamique ont ainsi occup&#233; une place importante dans
les m&#233;dias populaires lors de la campagne &#233;lectorale de 2007, provoquant un
travail de red&#233;finition de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise&#8230; et la mise au jour des failles
qui la traversent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;H&#201;ROUXVILLE, NOUVEAU H&#201;RAUT DE LA NATION ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans une sorte de Bethl&#233;em qu&#233;b&#233;coise, l'improbable municipalit&#233;
d'H&#233;rouxville, situ&#233;e &#224; une centaine de kilom&#232;tres au nord de Montr&#233;al, que
s'est allum&#233; au printemps 2007 un d&#233;bat significatif des contradictions dans
lesquelles se sentent enferm&#233;s les Qu&#233;b&#233;cois &#171; de souche &#187; et de leur difficult&#233;
&#224; exprimer en des termes aujourd'hui acceptables ce qu'ils ressentent comme
leur identit&#233;. Le conseil municipal de ce gros bourg rural, connu jusqu'alors
pour le festival de musique country voisin, a adopt&#233; une d&#233;claration pr&#233;cisant,
&#224; l'intention d'immigr&#233;s potentiels et pour l'heure inexistants, les valeurs, us
et coutumes de la communaut&#233;. Le texte, fort bien r&#233;dig&#233; et que l'on trouve
sur Internet, &#233;tablit une liste d'usages associ&#233;s globalement &#224; l'islam (port
du voile, refus de la mixit&#233; dans les espaces publics, limitation du statut de
la femme, mais aussi lapidation&#8230;) dont il est dit explicitement qu'ils ne sont
pas acceptables &#224; H&#233;rouxville. Les usages et valeurs d&#233;finis au contraire
comme qu&#233;b&#233;cois sont ceux de la r&#233;volution tranquille &#8211; &#233;galit&#233; entre
hommes et femmes, mixit&#233; des activit&#233;s sportives et scolaires, la&#239;cisation de
la soci&#233;t&#233; &#8211;, mais donnent une place &#224; l'h&#233;ritage catholique dans sa version
patrimonialis&#233;e. Le conseil municipal d'H&#233;rouxville affirme en effet son droit
&#224; d&#233;penser l'argent public pour entretenir les croix de chemin et &#224; utiliser le
mot No&#235;l, contest&#233;s parce qu'il s'agirait l&#224; d'usages relatifs &#224; une communaut&#233;
religieuse particuli&#232;re (les catholiques) qui ne sauraient &#234;tre impos&#233;s &#224; tous. Sa
position se fonde cependant non pas sur une appartenance catholique mais sur
l'aspect patrimonial de ces vestiges. Les r&#233;dacteurs (locaux) du &#171; r&#232;glement &#187;
d'H&#233;rouxville ont rapidement obtenu ce qu'ils souhaitaient : l'attention
des m&#233;dias nationaux et le lancement d'un d&#233;bat public &#224; partir de leurs
positions. Bien s&#251;r, les gens branch&#233;s de Montr&#233;al ont stigmatis&#233; le populisme
r&#233;actionnaire des habitants d'H&#233;rouxville&#8230; et les habitants des r&#233;gions ont
stigmatis&#233; le multiculturalisme d&#233;cadent de Montr&#233;al, consacrant la coupure
imaginaire entre une capitale cosmopolite et son arri&#232;re-pays traditionaliste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui est le plus significatif, dans cette affaire, n'est pas tant le
discours tenu que la fa&#231;on dont il est entr&#233; dans le d&#233;bat public. C'est d'un
point marginal g&#233;ographiquement et politiquement &#8211; une petite municipalit&#233;
perdue quelque part au nord de la rivi&#232;re Saint-Maurice &#8211; qu'est parti le conflit.
Ce dernier s'est ensuite d&#233;velopp&#233; essentiellement &#224; la t&#233;l&#233;vision autour
d'intervenants peu connus : le maire d'H&#233;rouxville, un conseiller municipal,
de jeunes musulmanes venues manifester sur place, bref, des &#171; vraies gens &#187;,
porteurs d'une parole v&#233;cue comme authentique et relay&#233;e directement par
les m&#233;dias populaires. Autre sympt&#244;me : le vieux parti de Ren&#233; L&#233;vesque,
traditionnellement porteur du discours identitaire, n'a pas su prendre position
dans ce d&#233;bat. Il a laiss&#233; son &#171; jeune &#187; rival, l'Alliance d&#233;mocratique du Qu&#233;bec,
capitaliser sur le d&#233;sir d'une partie des populations &#171; historiques &#187; du Canada
fran&#231;ais de trouver un parti capable de revendiquer un h&#233;ritage culturel, un
ancrage chr&#233;tien, une appartenance territoriale, et de d&#233;fendre une s&#233;curit&#233;
&#233;conomique sans que ces choix soient d&#233;valoris&#233;s symboliquement comme un
retour au discours r&#233;actionnaire ant&#233;rieur &#224; la r&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MES A&#207;EUX ET &#171; D&#201;G&#201;N&#201;RATION &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des discours incroyablement r&#233;actionnaires, au sens propre du terme,
apparaissent en effet l&#224; o&#249; on ne les attendrait a priori pas. Par exemple dans
la chanson populaire, dont on a vu plus haut qu'elle avait &#233;t&#233; l'un des vecteurs
majeurs du projet national qu&#233;b&#233;cois. En 2006, un groupe folk, Mes A&#239;eux,
comme il en existe des dizaines au Qu&#233;bec et form&#233; de jeunes gens de moins
de trente ans, a &#233;crit et enregistr&#233; une chanson appel&#233;e D&#233;g&#233;n&#233;ration. Le
propos, adress&#233; &#224; l'auditeur en usant du tutoiement usuel qui affirme d'embl&#233;e
la proximit&#233; et la connivence, est d&#233;capant. Il r&#233;habilite la terre comme
seule possession qui vaille, fait l'&#233;loge du d&#233;fricheur et du paysan, exprime la
nostalgie des grandes fratries, des m&#232;res nourrici&#232;res et des f&#234;tes de famille. Il
fait le proc&#232;s de la ville, de l'individualit&#233;, de la libert&#233; sexuelle, des conqu&#234;tes
du f&#233;minisme. Bref, c'est mot pour mot l'inverse du projet de la r&#233;volution
tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or cette chanson n'est pas demeur&#233;e marginale. La pression des
auditeurs l'a impos&#233;e aux stations de radio, qui, au d&#233;part, n'en voulaient pas,
puis elle s'est install&#233;e durablement en t&#234;te des ventes. Le groupe lui-m&#234;me
a fini par &#234;tre invit&#233; un dimanche soir dans la grande &#233;mission de soci&#233;t&#233;
de la t&#233;l&#233;vision publique, successeur impr&#233;vu des chanteurs historiques de la
r&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;F&#202;TE NATIONALE &#192; CAUSAPSCAL&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le petit br&#251;lot folk s'est m&#234;me immisc&#233; dans le rituel officiel de la f&#234;te
nationale. La chose est moins surprenante qu'il n'y para&#238;trait au premier abord.
La f&#234;te nationale, au Qu&#233;bec, n'est en effet pas exclusivement &#171; nationale &#187;
&#8211; et pour cause &#8211;, et les rituels politiques qui accompagnent usuellement
l'&#233;v&#233;nement dans les nations-&#201;tats anciennement constitu&#233;es sont ici r&#233;cents,
fragiles et controvers&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'usage d'organiser une manifestation civique &#224; l'intention des
Canadiens fran&#231;ais remonte au milieu du XIXe si&#232;cle, c'est en 1977 que le
gouvernement L&#233;vesque instaure la Saint-Jean-Baptiste comme f&#234;te nationale.
Cette derni&#232;re emprunte des formes multiples qui l'inscrivent dans les rituels
de la culture populaire urbaine. La manifestation centrale, par exemple, est
depuis les ann&#233;es 70 un concert, associ&#233; &#224; un discours, organis&#233; sur les plaines
d'Abraham, vaste esplanade situ&#233;e pr&#232;s du Parlement provincial de Qu&#233;bec et
qui vit la victoire d&#233;cisive des soldats du g&#233;n&#233;ral anglais Wolfe en 1759. Par
ailleurs, des f&#234;tes et concerts sont organis&#233;s dans les villages, o&#249; ils co&#239;ncident
avec les festivit&#233;s traditionnelles li&#233;es au solstice d'&#233;t&#233;. &#192; leur initiative, les
particuliers pavoisent avec le drapeau bleu aux fleurs de lys. L'arm&#233;e est
absente ou peu pr&#233;sente. La responsabilit&#233; de la f&#234;te, en effet, n'est pas confi&#233;e
&#224; l'&#201;tat mais prise en charge par des associations. Si en 1977 c'est la soci&#233;t&#233;
Saint-Jean-Baptiste, d&#233;positaire de l'h&#233;ritage du mouvement d'&#233;mancipation
des Canadiens fran&#231;ais, qui en avait la charge, depuis quelques ann&#233;es une
autre organisation, jug&#233;e plus repr&#233;sentative de l'ensemble des communaut&#233;s
culturelles du Qu&#233;bec, lui a &#233;t&#233; substitu&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est donc une sorte de transplantation du domaine politique vers le
domaine culturel qui permet &#224; la f&#234;te d'exister. Ce d&#233;calage est visuellement
illustr&#233; par le fait que c'est autour d'une sc&#232;ne musicale que s'organise la
relation entre le discours, les drapeaux et la foule, les chanteurs occupant sur
la sc&#232;ne la place d&#233;volue dans les c&#233;r&#233;monies civiques aux repr&#233;sentants de
l'autorit&#233;. En 2006, par exemple, c'est &#224; un acteur qu'est attribu&#233;e la charge
d'&#233;crire et de lire le discours officiel. Le site de l'association responsable insiste
d'ailleurs sur la participation de la soci&#233;t&#233; civile aux c&#233;l&#233;brations. On n'attend
pas des b&#233;n&#233;voles qu'ils carburent uniquement &#224; l'enthousiasme national, et,
comme dans toute entreprise soucieuse de motiver ses troupes, un concours
et des cadeaux r&#233;compensent les plus efficaces producteurs de la symbolique
nationale. L'ensemble est parrain&#233; par une marque de bi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'y a rien d'&#233;tonnant alors &#224; ce que l'on observe dans les c&#233;l&#233;brations non
pas la rigueur et l'unit&#233; &#8211; dans le c&#233;r&#233;monial et les discours &#8211; qui caract&#233;risent
les f&#234;tes des &#201;tats anciennement centralis&#233;s, mais une adaptation aux formes
nouvelles de la vie collective. Ainsi, &#224; Causapscal, bourgade de Gasp&#233;sie situ&#233;e
&#224; plus de mille kilom&#232;tres de Montr&#233;al, le discours officiel de la f&#234;te &#233;tait-il,
en ce mois de juin 2007, compos&#233; &#224; la fois de propos tenus par des &#233;lus, en
l'occurrence le maire et la d&#233;put&#233;e &#8211; ce qui rel&#232;ve du mod&#232;le classique &#8211;, et
de deux chansons, ins&#233;r&#233;es entre les discours et le feux d'artifice, comme si
elles &#233;taient elles-m&#234;mes un discours. Et, de fait, elles en faisaient fonction.
La premi&#232;re &#233;tait D&#233;g&#233;n&#233;ration, du groupe Mes A&#239;eux, cit&#233;e plus haut, qui
quittait ainsi clairement le registre du spectacle pour entrer dans celui de la
repr&#233;sentation politique. Quant &#224; la seconde, intitul&#233;e Lettre &#224; Ren&#233; L&#233;vesque
et due au groupe de papys militants Les Cow-Boy fringants, elle portait, elle
aussi, un message explicitement politique : un appel aux jeunes g&#233;n&#233;rations
pour qu'elles rel&#232;vent l'h&#233;ritage de Ren&#233; L&#233;vesque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;HEURTS ET MALHEURS DU 400E&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le conseil municipal d'H&#233;rouxville, Mes A&#239;eux et Les Cow-Boys
fringants&#8230; ces porteurs de discours apparemment marginaux n'occupent le
devant de la sc&#232;ne qu'autant que les vecteurs traditionnels de la transmission
d'une identit&#233; nationale peinent &#224; remplir leur r&#244;le. En t&#233;moignent les
difficult&#233;s dans l'organisation des c&#233;r&#233;monies du 400e anniversaire de Qu&#233;bec.
En 2008, cela fera quatre cents ans &#8211; ou &#224; peu pr&#232;s &#8211; que Samuel de Champlain
a abord&#233; le site de Qu&#233;bec. L'anniversaire appelle une c&#233;l&#233;bration, et depuis
quelques dizaines de mois on s'agite autour de la question, tant &#224; Qu&#233;bec
qu'&#224; Ottawa et Paris. Les anniversaires &#224; Qu&#233;bec sont choses complexes et
politiques. Le 300e anniversaire, en 1908 avait donn&#233; lieu &#224; un magistral
tour de passe-passe par lequel Ottawa avait r&#233;cup&#233;r&#233;, pour le plus grand
profit symbolique de l'empire, l'initiative, &#224; l'origine modeste, des bourgeois
francophones de Qu&#233;bec. Le programme de 2008 est, lui aussi, objet de
controverses et sujet &#224; volte-face et transformations. Ottawa a un projet clair
et astucieux : c&#233;l&#233;brer l'arriv&#233;e via le port de Qu&#233;bec des centaines de milliers
d'immigrants qui ont fait le Canada multiculturel d'aujourd'hui. La ville de
Qu&#233;bec, dans cette perspective, est ramen&#233;e exclusivement &#224; sa fonction de
port. Son r&#244;le de capitale administrative et religieuse d'un territoire rural,
agricole et essentiellement francophone dispara&#238;t purement et simplement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais peut-on tenir un autre discours sans r&#233;veiller les flammes
du souverainisme ou encourir le reproche de nationalisme ethnique et
religieux ? La question donne des cauchemars au gouvernement provincial
lib&#233;ral de Jean Charrest, qui entend contenir toute vell&#233;it&#233; souverainiste et
qui cherche une voie moyenne entre l'enthousiasme multiculturel d'Ottawa
et l'inopportune c&#233;l&#233;bration d'un h&#233;ritage embarrassant. Comment c&#233;l&#233;brer
les Canadiens fran&#231;ais sans en parler tout en en parlant ? Ainsi, la grande
exposition sur l'Am&#233;rique fran&#231;aise pr&#233;vue &#224; l'origine ne se fera pas, ou plus
tard, ou autrement. &#192; la place, la France pr&#234;tera une exposition du mus&#233;e
du quai Branly, zappant les Canadiens fran&#231;ais au profit d'une c&#233;l&#233;bration
plus au go&#251;t du jour des cultures autochtones. Quant au Qu&#233;bec proprement
dit, son discours national s'engloutit dans les initiatives spectaculaires ou
sympathiques mais, au sens propre, insignifiantes. Le Cirque du Soleil, grande
entreprise du show-business, qu&#233;b&#233;coise et mondialis&#233;e, assurera l'essentiel
du spectacle, et, si ses managers le veulent bien, on aura C&#233;line Dion, autre
ic&#244;ne du succ&#232;s plan&#233;taire. Des chorales franco-qu&#233;b&#233;coises renoueront dans
la bonne humeur le lien social transatlantique. Quant &#224; la Saint-Jean-Baptiste
sur les plaines d'Abraham, elle repr&#233;sente un vrai probl&#232;me. Trop charg&#233;
de souvenirs, cet endroit ! Et s'il venait &#224; l'id&#233;e de quelques jeunes zozos de
se prendre pour F&#233;lix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois et de
rejouer la Superfrancof&#234;te de 1974 ? On a vu ce que &#231;a donnait lorsqu'on
laissait des chanteurs parler politique. Mieux vaut rester raisonnable et confier
aux f&#233;d&#233;rations de g&#233;n&#233;alogistes une exposition sur les &#171; familles-souches &#187;
(celles qui se sont install&#233;es au Qu&#233;bec au XVIIe si&#232;cle) et les &#171; familles-racines &#187;
(celles qui sont rest&#233;es en France, toujours au XVIIe si&#232;cle). Id&#233;e charmante,
certes, et sans danger politique imm&#233;diat, mais qui t&#233;moigne d'un repli frileux&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;sur la tradition. Crise symbolique, crise des institutions, avons-nous dit.
Pour la regarder sous un angle nouveau, on peut consid&#233;rer ce que dit de la
question des institutions Denis Moni&#232;re, politiste et partisan historique du
projet souverainiste. Le Qu&#233;bec, dit-il, a un &#201;tat faible, et &#231;a n'est pas bon.
Dans le cas particulier du Qu&#233;bec, un &#201;tat fort, paradoxalement, lib&#233;rerait les
individus. Certes, le projet souverainiste aujourd'hui ne consiste plus &#224; suivre
le mod&#232;le des d&#233;colonisations des ann&#233;es 70. Mais, si les Canadiens fran&#231;ais ont
surv&#233;cu comme groupe, c'est au prix d'une discipline individuelle et collective
s&#233;v&#232;re, encadr&#233;e par l'&#201;glise. C'est parce que les femmes avaient quatorze
enfants que le groupe a perdur&#233;. C'est parce que les familles parlaient fran&#231;ais
&#224; leurs enfants m&#234;me si cela avait un prix en termes de promotion sociale et
&#233;conomique que la langue, elle aussi, s'est maintenue dans un environnement
pourtant d&#233;favorable. Aujourd'hui, il n'est bien s&#251;r plus question de demander
aux familles d'assurer la survie du groupe, et le r&#244;le r&#233;gulateur de l'&#201;glise
s'est &#233;vanoui. Et si la langue subsiste, face &#224; la pression renouvel&#233;e de l'anglais,
c'est seulement gr&#226;ce &#224; la protection des pouvoirs publics exprim&#233;e par la loi
101 et aux politiques publiques de soutien &#224; la culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un &#201;tat souverain d&#233;livrerait, dit Denis Moni&#232;re, les individus de la
charge d'assurer la d&#233;fense de la langue et la p&#233;rennit&#233; du groupe en assumant
les fonctions symboliques et en veillant &#224; la transmission. On peut &#234;tre d'accord
ou non avec cette opinion, exprim&#233;e ici de fa&#231;on peut-&#234;tre trop sommaire. Il
n'en demeure pas moins qu'il y a l&#224; une cl&#233; pour comprendre la confusion
id&#233;ologique dans laquelle se d&#233;bat le Qu&#233;bec aujourd'hui. Confier la charge
de la production symbolique au th&#233;&#226;treux et aux chanteurs, c'est s'assurer,
en p&#233;riode de hautes eaux id&#233;ologiques, un fort potentiel de cr&#233;ativit&#233; et un
&#233;cho maximal dans la soci&#233;t&#233;. Mais, en p&#233;riode de reflux, c'est s'exposer &#224;
des d&#233;rives bizarres, &#224; la fragmentation des repr&#233;sentations, aux distorsions
des appartenances. Bref, il n'est pas anodin de ne pas r&#233;ussir &#224; organiser un
grand anniversaire, une f&#234;te nationale ou un grand mus&#233;e. C'est plut&#244;t un
sujet d'inqui&#233;tude.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;CATHERINE BERTHO-LAVENIR est professeur d'histoire contemporaine &#224; l'universit&#233;
Paris III-Sorbonne nouvelle. Elle s'est occup&#233;e, en 2006, de la chaire &#171; &#201;tude de la
France contemporaine &#187; &#224; l'universit&#233; de Montr&#233;al. Son dernier livre : Histoire des
m&#233;dias, de Diderot &#224; Internet, avec Fr&#233;d&#233;ric Barbier, Armand Colin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.cerium.ca/IMG/pdf/Quebec_Medium1.pdf&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Le probl&#232;me du Qu&#233;bec - Une crise d'adolescence qui se prolonge</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-probleme-du-Quebec-Une-crise-d</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-probleme-du-Quebec-Une-crise-d</guid>
		<dc:date>2007-12-15T20:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Paul-&#201;mile Roy - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>Le temps n'est pas &#224; la fiert&#233; mais il devrait &#234;tre &#224; la lucidit&#233; et &#224; la fermet&#233;. Ne me parlez pas de fiert&#233;, mais de d&#233;termination, de volont&#233; d'ind&#233;pendance, de d&#233;fis &#224; relever. C'est lorsque nous nous serons pris en main que nous aurons raison d'&#234;tre fiers. (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;8 - Le probl&#232;me du Qu&#233;bec - Une crise d'adolescence qui se prolonge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; a publi&#233; r&#233;cemment quelques textes de moi sur le Qu&#233;bec dans le contexte du d&#233;bat encadr&#233; par la Commission Bouchard-Taylor. L'accueil sympathique accord&#233; &#224; ces textes ainsi que l'encouragement de quelques amis m'ont d&#233;cid&#233; &#224; publier les pages suivantes qui forment le huiti&#232;me chapitre d'un livre sur la chr&#233;tient&#233; et l'av&#232;nement de la modernit&#233; que j'esp&#232;re publier dans les mois qui viennent. La conviction qui m'habite, c'est qu'il n'est pas suffisant d'effleurer les questions qui se posent &#224; notre esprit. Il faut d&#233;passer le d&#233;foulement, les impressions vagues et la censure que nous impose une rectitude politique asphyxiante, et replacer les questions et les probl&#232;mes dans un contexte plus large. Je remercie &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; de son hospitalit&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les nations sont un peu comme les individus. Elles naissent, elles ont leur enfance, leur adolescence, leur maturit&#233;, leur mort. Il est bien des nations de l'Antiquit&#233; qui sont disparues &#224; jamais. D'autres, comme la nation fran&#231;aise ou la nation am&#233;ricaine, pour n'en nommer que deux, sont &#224; leur apog&#233;e. Tiendront-elles le coup devant l'&#233;veil des grandes puissances asiatiques ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec, que m&#234;me le F&#233;d&#233;ral reconna&#238;t comme nation, s'appelait d'abord la Nouvelle-France, puis le Canada, puis enfin, le Qu&#233;bec, dont &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/spip.php?page=archives&amp;u=/archives/pol/culture/riouxquebecois1.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Marcel Rioux a bien fix&#233; les traits dans son beau petit livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, paru dans les ann&#233;es soixante. Mais ce peuple, malheureusement, contrairement aux autres peuples d'Am&#233;rique, n'arrive pas &#224; se prendre en main. Les &#201;tats-Unis se sont &#233;mancip&#233;s de la m&#233;tropole anglaise, &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle. Les colonies espagnoles et portugaises de l'Am&#233;rique ont pris leur envol, mais le Qu&#233;bec, qui &#233;tait une colonie fran&#231;aise, est tomb&#233; sous la coupe de l'Angleterre d'abord, et ensuite du Canada qui n'est que le prolongement de l'Empire britannique. Cela fait un dr&#244;le d'amalgame, cr&#233;e une ambigu&#239;t&#233; qu'il est difficile de dissiper. Le grand &#233;crivain fran&#231;ais Alexis de Tocqueville, qui vint en Am&#233;rique au XIXe si&#232;cle, se rendit &#224; Qu&#233;bec, en 1831, o&#249; il visita un tribunal civil. Le spectacle auquel il assista lui fit &#233;crire : &#171; L'ensemble du tableau a quelque chose de bizarre, d'incoh&#233;rent, de burlesque m&#234;me. Le fond de l'impression qu'il faisait na&#238;tre &#233;tait cependant triste. Je n'ai jamais &#233;t&#233; plus convaincu qu'en sortant de l&#224; que &lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/classiques/De_tocqueville_alexis/au_bas_canada/au_bas_canada_Vallee.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le plus grand et plus irr&#233;m&#233;diable malheur pour un peuple c'est celui d'&#234;tre conquis&lt;/a&gt; &#187;1.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Tocqueville revenait aujourd'hui, que dirait-il ? Que penserait-il de la situation qui nous est faite par le rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution, par l'&#233;chec de deux r&#233;f&#233;rendums ? Que penserait-il du manque de fermet&#233; de nos hommes politiques ? De la perplexit&#233; qui caract&#233;rise notre vie politique, sociale et culturelle ? Le Qu&#233;bec semble avoir perdu le go&#251;t de vivre, il se dissipe dans mille activit&#233;s futiles, vulgaires, bruyantes. Nous avons au Qu&#233;bec le plus haut taux de suicides au monde chez les jeunes. Le taux de natalit&#233; est un des plus bas au monde lui aussi. Nous d&#233;tenons des records dans plusieurs domaines. Le d&#233;crochage scolaire est une plaie. Et l'on pourrait allonger la liste de nos d&#233;boires...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que se passe-t-il au Qu&#233;bec ? Qu'arrive-t-il des descendants de ces gens qui autrefois ont explor&#233; l'Am&#233;rique du Nord en tous sens, des descendants de ces b&#226;tisseurs qui ont d&#233;frich&#233; la for&#234;t et b&#226;ti le pays sur les rives du Saint-Laurent ? Ce qui pour moi d&#233;crit le mieux le malaise dans lequel nous nous retrouvons actuellement, c'est la notion de crise d'adolescence. Le Qu&#233;bec conna&#238;t une crise d'adolescence dont il ne r&#233;ussit pas &#224; se sortir. On sait que beaucoup d'adolescents sont malheureux, perplexes, ind&#233;cis, vivent en r&#233;action contre leurs parents mais ne r&#233;ussissent pas &#224; s'en s&#233;parer, pensent au suicide et souvent se suicident.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution tranquille avait toutes les caract&#233;ristiques de l'adolescent qui prend conscience qu'il existe, qui croit que rien n'a exist&#233; avant lui, qui s'imagine que le monde va changer avec lui. La R&#233;volution tranquille a &#233;clat&#233; dans l'enthousiasme pour se transformer peu &#224; peu en une capitulation tranquille, &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/_Bock-Cote-Mathieu_&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;une &#171; d&#233;nationalisation tranquille &#187;, dit Mathieu-Bock C&#244;t&#233;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vers 1960, on pouvait penser que l'adolescent allait s'affranchir, qu'il allait quitter la maison paternelle, ou plut&#244;t la maison de la belle-m&#232;re. On lui signifia m&#234;me, en 1982, qu'il n'&#233;tait pas le bienvenu, on le mit &#224; la porte, mais il persista dans son ent&#234;tement &#224; rester &#224; la maison. Lors des deux r&#233;f&#233;rendums de 1980 et 1995, lors de Meech, on lui expliqua qu'il s'&#233;tait fait avoir mais il s'empressa d'oublier ces escroqueries. Cela l'excusait de rester au foyer, de ne pas se prendre en main.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sombrons toujours un peu plus dans l'informe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation du Qu&#233;bec dans le Canada est &#233;trange. Le Canada fait tout pour que le Qu&#233;bec le quitte et en m&#234;me temps, il ne veut pas le laisser partir. C'est qu'il croit qu'il finira par l'assimiler, le fondre dans le tout canadien. Il faut comprendre que le Qu&#233;bec pourrait bien se passer du Canada mais pas le Canada du Qu&#233;bec. Ne serait-ce qu'au point de vue purement g&#233;ographique, un Canada coup&#233; en deux par le Qu&#233;bec, comme le reconna&#238;t un anglophone, Thomas Sloan, ne serait pas viable. Advenant l'ind&#233;pendance compl&#232;te du Qu&#233;bec, il arriverait au Canada ce qui est arriv&#233; au Pakistan qui s'est rapidement disloqu&#233;, apr&#232;s la partition de l'Inde, pour former deux pays distincts, le Pakistan et le Bengladesh. On voit ainsi que le Qu&#233;bec est vou&#233; &#224; maintenir le Canada qui veut l'avaler.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais plus pr&#233;cis&#233;ment, ce qu'il faut comprendre, c'est que le Canada est fondamentalement construit sur l'hypoth&#232;se de l'assimilation &#224; longue dur&#233;e du Qu&#233;bec par le Canada. En 1867, l'int&#233;gration du Qu&#233;bec au Canada ne s'est pas faite de fa&#231;on d&#233;mocratique, par voie de r&#233;f&#233;rendum, par exemple. Cette int&#233;gration a &#233;t&#233; faite par le moyen de l'action politique et se perp&#233;tuera comme un rouage bien huil&#233; par le moyen de la petite loterie qu'a si bien d&#233;crite St&#233;phane Kelly dans son livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://archives.vigile.net/auteurs/k/kellys.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;La Petite loterie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, ou par ce que Andr&#233; Laurendeau avait appel&#233; le recours au &#171; roi n&#232;gre &#187;. Les Trudeau, les Chr&#233;tien et compagnie ne manqueront jamais. Jamais un Canadien anglais n'aurait pu traiter le Qu&#233;bec comme l'ont fait Trudeau et Chr&#233;tien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'en r&#233;alit&#233;, la Conf&#233;d&#233;ration a priv&#233; le Qu&#233;bec de tout pouvoir politique v&#233;ritable, de tout pouvoir politique national. Les d&#233;cisions politiques canadiennes se prennent &#224; Ottawa. Nous y sommes en minorit&#233;. C'est ainsi, comme le montre tr&#232;s bien Pierre Vadeboncoeur, dans son excellent petit livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=F1ARTF0002237&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;La Derni&#232;re heure et la premi&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, que nous avons &#233;t&#233; mis en marge de l'histoire. On comprend que le Qu&#233;bec soit mal &#224; l'aise dans le Canada, qu'il s'y sente menac&#233;, et qu'il entretienne des vell&#233;it&#233;s de s'&#233;manciper. Lester B. Pearson avait compris la situation, me semble-t-il, et il avait jug&#233; qu'apr&#232;s cent ans, il fallait remanier le pacte conf&#233;d&#233;ratif. Si, &#224; ce moment-l&#224;, on avait corrig&#233; l'Acte de l'Am&#233;rique du Nord Britannique de 1867, pour faire du Canada une vraie f&#233;d&#233;ration, disons &#224; l'europ&#233;enne, la situation du Qu&#233;bec aurait &#233;t&#233; tout &#224; fait diff&#233;rente, mais on sait ce qui est arriv&#233;. C'est le petit roi n&#232;gre Trudeau qui prit le pouvoir et s'empressa d'imposer les vues imp&#233;rialistes de la m&#233;tropole.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La grande majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois d'aujourd'hui semblent oublier que le rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution par Trudeau en 1982, a &#233;t&#233; rejet&#233; par l'Assembl&#233;e nationale &#224; l'unanimit&#233;, que d'une certaine fa&#231;on, le Qu&#233;bec n'est pas dans le Canada, tout en y &#233;tant. Ajoutez &#224; cela le scandale des commandites, le vol du r&#233;f&#233;rendum de 1995. J'&#233;cris ceci en octobre 2007. Je lis dans les journaux que Jean Charest se maintient au pouvoir gr&#226;ce au vote des Anglos et des n&#233;o-Qu&#233;b&#233;cois. Il n'a besoin que de 15 &#224; 20% des Canadiens fran&#231;ais qui forment la tr&#232;s grande majorit&#233; du peuple qu&#233;b&#233;cois pour se maintenir au pouvoir. C'est une situation frustrante pour ceux qui ont fait ce pays mais on n'en a pas trop conscience, cela est confus, on s'accommode d'une non-existence d&#233;bilitante. Ce &#224; quoi nous assistons au Qu&#233;bec, c'est &#224; la d&#233;liquescence d'un long acquis historique, d'une culture, d'une conviction, d'une volont&#233; d'&#234;tre et de durer. Nous sombrons toujours un peu plus dans l'informe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Et on voudrait que les Qu&#233;b&#233;cois soient fiers d'&#234;tre Qu&#233;b&#233;cois !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et qu'arrive-t-il de nos hommes politiques dans ce contexte ? Ils regardent passer la procession. Ils assistent au spectacle. On nous impose une Constitution que nous ne voulons pas ? Il n'y a rien l&#224;. La vie continue. On nous vole un r&#233;f&#233;rendum. Chut ! Pas de vagues s'il vous pla&#238;t ! Etc., etc. D&#233;j&#224; Lionel Groulx, autrefois, affirmait que nos hommes politiques, qui acceptaient les ententes comprises dans le pacte conf&#233;d&#233;ratif ne savaient pas en tirer tous les avantages qu'ils auraient pu. Quand j'observe la conduite de nos hommes politiques ces derni&#232;res d&#233;cennies, je me dis que nous n'avons pas tellement &#233;volu&#233; depuis le temps de Duplessis. Quand j'&#233;coute nos hommes politiques , je me dis que nous sommes encore au nationalisme du temps de Duplessis que Pierre Vadeboncoeur a si bien d&#233;crit : &#171; Le nationalisme, chez nous, est une faible &#233;bauche de mouvement vers le pouvoir. Il ne convoite cependant pas le pouvoir ; il existe comme un pouvoir abstrait et m&#233;ditatif en marge du pouvoir r&#233;el et actif, et chacune de ses recrudescences repr&#233;sente un mouvement instinctif, mais aveugle et tout &#224; fait irr&#233;solu vers le pouvoir &#187;. Ce texte est de 1952, il est cit&#233; par Yvan Lamonde2, qui cite de nouveau Vadeboncoeur &#224; la page suivante : &#171; Vaincus, trop incertains de notre destin&#233;e, minorit&#233;, nous avons contract&#233; le pli de ne pas aller au bout de notre volont&#233;. &#187; C'est d&#233;j&#224; le Parti qu&#233;b&#233;cois dans toute sa v&#233;rit&#233; ! Plus loin, apr&#232;s avoir affirm&#233; qu'il faut rompre, Vadeboncoeur affirme : &#171; Mais rompre est un acte violent, au-del&#224; duquel il y a risque de ne pas retrouver d'assiette &#187;3. Ce qui est bien le probl&#232;me du Qu&#233;bec depuis les bouleversements de la R&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec actuel offre tous les signes de la crise d'adolescence. Il voudrait s'affranchir mais n'ose pas. Il s'affirme et se nie en m&#234;me temps. Le Qu&#233;bec se sent &#233;tranger dans son propre pays comme l'adolescent dans la maison de sa belle-m&#232;re. Il est insatisfait mais ne sait ce qu'il veut. Il est aussi mal &#224; l'aise envers son pass&#233; qu'envers son avenir. C'est qu'il ne sait pas qui il est finalement, il n'a pas de statut stable. Il fait des lois et d'autres les tripotent &#224; leur aise. Pensez &#224; la loi 101. On lui impose dans le continent un statut qu'il n'a jamais accept&#233;. Et on voudrait que les Qu&#233;b&#233;cois soient fiers d'&#234;tre Qu&#233;b&#233;cois !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne comprends pas le sens d'un certain discours nationaliste ax&#233; sur la fiert&#233;. Je pense &#224; cet &#233;tudiant qui ne voulait pas &#233;tudier l'histoire du Qu&#233;bec parce qu'elle &#233;tait constitu&#233;e d'une s&#233;rie d'&#233;checs. Il pr&#233;f&#233;rait l'ignorer, et en un sens, je le comprends car notre histoire, depuis 1760, n'est pas de nature &#224; susciter de la fiert&#233;. Je ne dis pas qu'il ne faille pas l'&#233;tudier, bien au contraire, mais pas par fiert&#233;, pour comprendre ce qui se passe actuellement. De quoi les Qu&#233;b&#233;cois seraient-ils fiers ? De l'&#233;chec de deux r&#233;f&#233;rendums ? Des commandites ? Du rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution contre la volont&#233; unanime de l'Assembl&#233;e nationale ? De d&#233;mant&#232;lement de Mirabel ? De la pi&#232;tre performance de notre syst&#232;me de sant&#233; ? De la crise qui secoue le syst&#232;me d'&#233;ducation ? Du d&#233;labrement de la langue fran&#231;aise au Qu&#233;bec ? Du saccage de la Loi 101 par la Cour supr&#234;me du Canada ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et si nous remontons plus loin encore, pouvons-nous &#234;tre fiers de l'&#233;crasement des Patriotes par des gouverneurs et des militaires sanguinaires ? Je pense aux Patriotes. C'est presque &#234;tre sadiques que d'&#234;tre fiers de gens qui se font tuer pour avoir combattu pour le respect des droits d&#233;mocratiques. J'ai beaucoup de compassion pour eux, leur &#233;chec est le mien et ce n'est que lorsque le combat qu'ils ont entrepris arrivera &#224; son terme que nous pourrons &#234;tre fiers de ce qu'ils ont entrepris. Est-ce que je peux &#234;tre fier de l'imposition de l'Acte d'Union qui nous for&#231;ait &#224; acquitter les dettes de l'Ontario, qui nous imposait le m&#234;me nombre de d&#233;put&#233;s que l'Ontario alors que nous &#233;tions plus nombreux qu'eux ? De la Conf&#233;d&#233;ration qui nous a &#233;t&#233; impos&#233;e sans r&#233;f&#233;rendum, sans consultation populaire ? Et l'on pourrait continuer longtemps. Le temps n'est pas &#224; la fiert&#233; mais il devrait &#234;tre &#224; la lucidit&#233; et &#224; la fermet&#233;. Ne me parlez pas de fiert&#233;, mais de d&#233;termination, de volont&#233; d'ind&#233;pendance, de d&#233;fis &#224; relever. C'est lorsque nous nous serons pris en main que nous aurons raison d'&#234;tre fiers. C'est alors que nous sortirons de la crise de l'adolescence. &#171; Si nous voulons devenir souverains, comme l'explique Louis Bernard, &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Pourquoi-le-Quebec-libre&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;c'est d'abord pour nous-m&#234;mes&lt;/a&gt;. Non pour nous lib&#233;rer des autres, mais pour &#234;tre libres de nos choix &#187;4.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre R&#233;volution tranquille est complexe parce qu'elle a deux dimensions qui s'influencent. Elle a &#233;t&#233; pour nous le passage de la soci&#233;t&#233; traditionnelle &#224; la soci&#233;t&#233; industrielle et postmoderne, et en m&#234;me temps une d&#233;marche vers l'autonomie politique ou vers l'ind&#233;pendance. Elle &#233;tait une r&#233;volution nationale, l'aboutissement d'un long effort historique. Elle devait marquer la fin de la domination du Canada sur le Qu&#233;bec. Elle &#233;tait le moment que l'histoire offrait au Qu&#233;bec de se prendre en main. Le Canada anglais a aussi fait son passage de la soci&#233;t&#233; traditionnelle &#224; la soci&#233;t&#233; postmoderne, mais il n'avait pas besoin de mener le m&#234;me combat politique que nous. Notre situation &#233;tait donc beaucoup plus difficile que celle du reste du Canada, et elle continue &#224; &#234;tre extr&#234;mement probl&#233;matique. En 1960, le moment &#233;tait venu de corriger le d&#233;sastre de 1760. L'op&#233;ration a &#233;chou&#233; &#224; cause du manque de d&#233;termination de nos hommes politiques. La tentative timide de se prendre en main s'est transform&#233;e en refus de soi, en refus de son identit&#233;, et sp&#233;cialement de son identit&#233; profonde, son identit&#233; religieuse. Les cons&#233;quences d'une telle d&#233;mission sont d&#233;sastreuses. Un peuple n'existe pas, s'il n'a pas une certaine conscience de son identit&#233;. Et comme dit Jacques Grandmaison, &#171; &lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/contemporains/grandmaison_jacques/questions_interdites/questions_interdites.pdf&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;on ne se cr&#233;e pas une nouvelle identit&#233; &#224; partir de z&#233;ro&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je m'arr&#234;te ici quelque peu &#224; cette perte de son identit&#233; religieuse qui affecte le Qu&#233;bec dans le sillage de la R&#233;volution tranquille. Je note d'abord que je suis mal &#224; l'aise dans ce Qu&#233;bec qui refuse son identit&#233; chr&#233;tienne, qui en a fait une esp&#232;ce d'interdit. Dans notre Qu&#233;bec &#171; &#233;volu&#233; &#187;, &#171; lib&#233;r&#233; &#187;, il faut faire comme si nous n'&#233;tions pas de culture chr&#233;tienne, il ne faut pas parler de cela. On peut parler de l'islam, du zen, du bouddhisme, mais pas du christianisme, et surtout pas du catholicisme. Cela fait ringard, r&#233;actionnaire, de &#171; droite &#187;, conservateur. Dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, des &#233;crivains, des gens des m&#233;dias se sont occup&#233;s &#224; d&#233;molir la culture chr&#233;tienne, &#224; ridiculiser la pr&#233;sence de l'&#201;glise dans la soci&#233;t&#233; et dans l'histoire, et nous subissons actuellement les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de cette entreprise de d&#233;molition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je comprends que des gens n'aient pas la foi et je respecte tout &#224; fait les options spirituelles de chacun. Mais je parle ici de culture. Les Qu&#233;b&#233;cois, les Canadiens fran&#231;ais du Qu&#233;bec, qu'ils le veuillent ou non , qu'ils l'admettent ou non, qu'ils aient la foi ou qu'ils ne l'aient pas, sont de culture chr&#233;tienne. Ils ne sont pas de culture indouiste ou bouddhiste ou musulmane, ils sont de culture chr&#233;tienne ou ils ne sont rien au point de vue culturel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Encore une fois, je ne parle pas ici de la foi, je parle de la culture dans le sens o&#249; je l'ai consid&#233;r&#233;e au chapitre cinq. La culture n'est pas que jeu d'esprit ou raffinement. Elle assume et consacre la relation de l'homme au monde, la relation de l'individu aux autres individus, &#224; la collectivit&#233;, la relation de l'homme &#224; l'Univers, &#224; la transcendance. La culture comporte un aspect religieux, tout comme la nation, parce qu'elle implique l'homme et son destin. Je ne parle pas de foi chr&#233;tienne ou autre. Je parle de principes, de valeurs, de convictions, de croyances qui sont le produit d'une longue exp&#233;rience de la foi chr&#233;tienne. La culture, on pourrait prendre ici le mot au sens de civilisation, est toujours pour une part un h&#233;ritage. M&#234;me si l'h&#233;ritier renie ses parents, il ne reste pas moins qu'il dispose d'un bien dont il a h&#233;rit&#233;. Mais s'il refuse cet h&#233;ritage, il est d&#233;muni. La culture qu&#233;b&#233;coise est le produit d'une longue exp&#233;rience chr&#233;tienne et la n&#233;gation de cette donn&#233;e est assimilable &#224; une forme de suicide.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La culture implique l'id&#233;e de cr&#233;ation de sens, d'int&#233;gration de l'homme &#224; l'univers, d'une certaine mani&#232;re pour les hommes de vivre ensemble. Or une nation, c'est un groupement humain qui a une histoire commune, des valeurs communes, une certaine culture commune. C'est pourquoi la nation comporte une dimension religieuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui s'est pass&#233; au Qu&#233;bec dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, c'est ce qui s'est pass&#233; en Occident, dans la chr&#233;tient&#233; occidentale, au m&#234;me moment, mais cette mutation s'est conjugu&#233;e chez nous &#224; une d&#233;marche d'affranchissement nationale, ce qui compliquait &#233;norm&#233;ment le processus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Prenons l'exemple d'un pays musulman, disons le Maroc, qui est un de la soixantaine de pays qui ont fait leur ind&#233;pendance dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle. L'islam ne conna&#238;t pas &#224; ce moment la profonde mutation que conna&#238;t la chr&#233;tient&#233;. Le Maroc s'affranchit de la domination d'une puissance &#233;trang&#232;re pour se prendre en main, pour retrouver son autonomie. Cette d&#233;marche est en m&#234;me temps qu'une d&#233;marche de lib&#233;ration, une affirmation, une consolidation de son identit&#233; religieuse. Je ne dis pas que toutes les lib&#233;rations nationales qui se sont produites au vingti&#232;me si&#232;cle sont des r&#233;ussites, mais je suis d'avis que le mouvement de lib&#233;ration du Qu&#233;bec avait une caract&#233;ristique particuli&#232;re qui devait rendre le processus confus, ambigu, et qui explique que la d&#233;marche de lib&#233;ration se soit transform&#233;e en une d&#233;marche de refus, de n&#233;gation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai essay&#233; de d&#233;crire dans mon sixi&#232;me chapitre &#171; Feu la chr&#233;tient&#233; &#187;, la transformation qui a affect&#233; la chr&#233;tient&#233; occidentale au seuil de la modernit&#233;. C'&#233;tait une transformation radicale qui devait affecter la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise car non seulement nous faisions partie de la chr&#233;tient&#233;, mais la religion chr&#233;tienne &#233;tait pour nous le ch&#226;teau fort de la r&#233;sistance. En 1760, la colonie canadienne est d&#233;capit&#233;e. Les cadres, la bourgeoisie, l'arm&#233;e retournent en France. Ils sont remplac&#233;s par le conqu&#233;rant qui s'empresse d'exclure les Canadiens de la vie publique en imposant le Serment du Test. Le pouvoir nous &#233;chappe. L'&#201;glise d&#232;s lors appara&#238;t comme la gardienne du peuple canadien qui s'organisera en marge du pouvoir politique. Un Canadien anglais, Thomas Sloan, affirme que le contexte de la Conqu&#234;te fera de l'&#201;glise canadienne une &#201;glise &#171; authentiquement nationale &#187;. Que l'&#201;glise sera &#171; le facteur d&#233;cisif d'une r&#233;elle survivance de la culture fran&#231;aise en Am&#233;rique du Nord &#187;. Il explique que &#171; le monolithisme dont le Canada fran&#231;ais catholique a fait preuve au xxe si&#232;cle exprime la r&#233;action imm&#233;diate d'un peuple menac&#233; face aux dangers de l'assimilation et de l'extinction. L'&#201;glise, dit-il, et la nationalit&#233; se rapproch&#232;rent l'une de l'autre dans un but de protection mutuelle &#187;5.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sens de la R&#233;volution tranquille c'est de mettre fin &#224; cette p&#233;riode historique pendant laquelle l'&#201;glise a en quelque sorte jou&#233; un r&#244;le de suppl&#233;ance. Les gens du Qu&#233;bec s'appellent maintenant les Qu&#233;b&#233;cois. Ils ont conscience de former un peuple, une nation, ce que le F&#233;d&#233;ral refuse d'abord mais finit par accepter, ne pouvant faire autrement. L'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois prend le pouvoir. L'&#201;glise se d&#233;met de ses fonctions de suppl&#233;ance dans le monde de l'&#233;ducation et de la sant&#233;. C'est une nouvelle &#233;poque qui commence et qui devrait d&#233;boucher sur l'ind&#233;pendance. Cette &#233;ch&#233;ance tarde &#224; se r&#233;aliser et ce retard explique la perplexit&#233; dans laquelle se retrouvent les Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ce que je veux consid&#233;rer ici, c'est la crise religieuse ou spirituelle qui affecte les Qu&#233;b&#233;cois dans cette d&#233;marche d'affirmation et d'&#233;mancipation. Il faut rappeler que l'&#201;glise n'&#233;tait pas oppos&#233;e &#224; la d&#233;marche de fond de la R&#233;volution tranquille. Elle en &#233;tait plut&#244;t un agent inspirateur actif. Comment expliquer d&#232;s lors que la R&#233;volution tranquille a entra&#238;n&#233; une profonde d&#233;saffection de la religion catholique, une d&#233;saffection profonde du Qu&#233;bec &#224; l'&#233;gard de son h&#233;ritage spirituel ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je vois deux causes &#224; cette d&#233;saffection qui prend l'allure d'une d&#233;bandade. La premi&#232;re est ce que j'ai appel&#233; pr&#233;c&#233;demment le refus de soi du colonis&#233;, le refus de son identit&#233;. C'est ce qui explique pour une part que le Qu&#233;b&#233;cois ne s'int&#233;resse pas &#224; son histoire, qu'il se soucie tr&#232;s peu de respecter la langue fran&#231;aise. Le colonis&#233; se m&#233;prise lui-m&#234;me comme l'ont expliqu&#233; si &#233;loquemment les penseurs comme Jacques Berque, Jean-Paul Sartre, Frantz Fanon et tant d'autres, et il ne peut &#233;chapper &#224; cette ali&#233;nation qu'en acc&#233;dant &#224; l'autonomie, &#224; l'ind&#233;pendance. Ce qui est assez &#233;trange, c'est que le Parti qu&#233;b&#233;cois qui voulait faire l'ind&#233;pendance ne se soit pas souci&#233; d'am&#233;liorer l'enseignement de l'histoire et de la langue fran&#231;aise qui constituent pourtant des facettes importantes de notre identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La deuxi&#232;me cause est li&#233;e &#224; la conjoncture occidentale. Au moment o&#249; le Qu&#233;bec connaissait sa r&#233;volution historique, la chr&#233;tient&#233; occidentale, dont fait partie le Qu&#233;bec, connaissait elle aussi une profonde mutation. Nous &#233;tions au Qu&#233;bec en pleine chr&#233;tient&#233;. Or voici qu'en Europe, la chr&#233;tient&#233; se remet en question, se d&#233;sagr&#232;ge. La crise est en quelque sorte reconnue et accr&#233;dit&#233;e par le Concile Vatican II qui reconna&#238;t que la vie chr&#233;tienne doit se moderniser. Vatican II reconna&#238;t en quelque sorte que la chr&#233;tient&#233;, au sens o&#249; je l'ai d&#233;crite pr&#233;c&#233;demment, est p&#233;rim&#233;e, que la vie chr&#233;tienne doit se donner une nouvelle expression. Le Qu&#233;bec s'ins&#232;re dans ce mouvement et on peut dire que chez nous, la R&#233;volution tranquille, tout en &#233;tant un effort de nous prendre en main est aussi une tentative de nous d&#233;faire d'une certaine image de nous-m&#234;mes. Reprenons cette consid&#233;ration de fa&#231;on plus explicite. Le colonis&#233; musulman ou indou se lib&#232;re du colonisateur pour retrouver son identit&#233;. La r&#233;volution se fait contre l'autre. Au Qu&#233;bec, la R&#233;volution tranquille se fait contre le colonisateur et en m&#234;me temps contre une image de nous-m&#234;mes, ce qui chez plusieurs se transforme en un rejet de notre identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On comprend que cette d&#233;marche pouvait se pr&#234;ter &#224; beaucoup de confusion, et de fait, elle s'est envelopp&#233;e de confusion.. Les esprits chagrins et but&#233;s avaient beau jeu de tabler sur un malaise qui n' &#233;tait que trop &#233;vident, d'aviver des frustrations persistantes, de proposer les interpr&#233;tations les plus fantaisistes. Dans cette op&#233;ration, la lucidit&#233; n'a pas &#233;t&#233; au rendez-vous. Certes il fallait faire la critique de la soci&#233;t&#233; traditionnelle mais il fallait &#233;viter de provoquer chez le Qu&#233;b&#233;cois le rejet de son identit&#233;, le rejet de lui-m&#234;me. Il fallait rejeter un v&#234;tement, on a rejet&#233; une identit&#233;. &#192; l'&#232;re des &#171; lib&#233;rations &#187;, il fallait se &#171; lib&#233;rer &#187; de tout et de n'importe quoi !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait consid&#233;rer l'op&#233;ration sous l'angle du proc&#232;s. D'ailleurs, dans le contexte de la modernit&#233;, la &#171; mentalit&#233; de proc&#232;s &#187;, comme l'appelle Milan Kundera, sied tr&#232;s bien aux grandes mutations de soci&#233;t&#233;. C'est tout naturellement que le d&#233;bat public prit la forme d'un proc&#232;s de la soci&#233;t&#233; traditionnelle qu'on se plaisait &#224; accuser sans consid&#233;rer les nuances et les pr&#233;cisions qu'un v&#233;ritable esprit critique aurait pu produire. Dans un contexte historique comme celui qui est le n&#244;tre, les simplifications grossi&#232;res passent souvent pour des oracles et les grossi&#232;ret&#233;s pour des gestes courageux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut aussi consid&#233;rer l'op&#233;ration sous l'angle du d&#233;roulement de l'histoire. &#171; Celui qui est libre du pass&#233; est lib&#233;r&#233; &#187;, &#233;crit Andr&#233; Comte-Sponville6 . Il me semble que la plupart de nos nouveaux clercs seraient d'accord avec une telle affirmation. Pourtant, s'il est vrai qu'on ne peut tra&#238;ner avec soi les frasques du pass&#233;, il n'en reste pas moins qu'on ne peut se d&#233;barrasser du pass&#233; comme on le voudrait. Le pass&#233; n'est pas une fiction, il est en nous, il fait partie de nous, nous sommes son oeuvre pour une part. Nous ne sommes pas encore dans l'&#233;ternit&#233;. C'est le temps qui donne &#224; notre &#234;tre sa consistance. Rejeter son pass&#233;, c'est se refuser soi-m&#234;me et ce refus peut &#234;tre catastrophique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La relation des Qu&#233;b&#233;cois &#224; leur pass&#233; est lourde de malentendus, de frustrations et de souffrances. Leur m&#233;moire, comme celle de tous les peuples colonis&#233;s, est une m&#233;moire malade. Elle consid&#232;re l'histoire pour essayer d'expliquer le malheur qui lui est arriv&#233;, elle excuse les uns, accuse les autres. Autant tout oublier, ou essayer d'oublier. Je suis toujours &#233;tonn&#233; de voir avec quelle facilit&#233;, quelle rapidit&#233; les Qu&#233;b&#233;cois se sont accommod&#233;s du rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution, du refus des Accords du Lac Meech, des Commandites, du vol du r&#233;f&#233;rendum de 1995, et je ne remonte pas &#224; l'Union qui nous a &#233;t&#233; impos&#233;e dans le m&#233;pris, de m&#234;me que la Conf&#233;d&#233;ration. Les Qu&#233;b&#233;cois gardent le silence sur leur pass&#233;, ce qui ne veut pas dire qu'ils l'oublient mais qu'ils ne peuvent supporter le regard sur leur pass&#233;. Ils ont conscience qu'il s'est pass&#233; quelque chose d'injuste. Ils ne savent pas trop quoi. Mieux vaut oublier. Mais ce n'est pas possible. On n'oublie pas une blessure, m&#234;me si on ne sait trop comment elle s'est produite. Elle est toujours l&#224;, et elle rend la vie inconfortable, elle compromet le bonheur. Le Qu&#233;b&#233;cois ne peut oublier son pass&#233;, et il le porte comme une blessure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;labrement profond de l'armature spirituelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution tranquille, cela est bien &#233;vident, &#233;tait n&#233;cessaire. Le Qu&#233;bec devait sortir de ce que j'appelle l'&#233;poque de la survivance qui &#233;tait &#233;tay&#233;e par l'&#201;glise. Mais c'&#233;tait une op&#233;ration d&#233;licate. Il fallait &#233;viter, dans cette op&#233;ration de correction, de tout bazarder. Or elle s'est faite de fa&#231;on aveugle, anarchique, en m&#234;me temps que se produisait la r&#233;volution technologique, l'av&#232;nement de la postmodernit&#233;, et la grande mue de la chr&#233;tient&#233;. Tout ce qui existait devenait caduc. Il fallait s'accrocher &#224; du nouveau, quel qu'il soit, se r&#233;inventer &#224; partir de rien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Celui qui a le mieux d&#233;crit la nature et les implications de cette mutation me semble bien &#234;tre Pierre Vadeboncoeur dans son livre magistral &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Pierre_Vadeboncoeur&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les Deux royaumes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Il est clair pour moi qu'il touchait au coeur m&#234;me du probl&#232;me, et si son ouvrage fut accueilli si s&#233;v&#232;rement par certains, c'est parce qu'il mettait le doigt sur des fourvoiements qui n'&#233;taient que trop &#233;vidents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vadeboncoeur &#233;crit par exemple : &#171; &#202;tre moderne, aujourd'hui, ce n'est pas &#234;tre quelque chose, c'est n'&#234;tre rien, pr&#233;alablement. C'est &#234;tre avant ce qui sera ... C'est le no man's land de l'histoire, de la philosophie, de la politique, de la morale, de la culture, et aussi de l'humain... &#187; Et plus loin : &#171; Mais en r&#233;alit&#233;, non seulement a-t-on d&#233;truit le pass&#233;, mais ce faisant, on a d&#233;truit aussi quantit&#233;s de passages vers l'avenir &#187;7. La soci&#233;t&#233; s'est en quelque sorte vid&#233;e de son &#226;me. Elle n'offre plus de &#171; justification de la beaut&#233; &#187;, ni de l'amour, ni de la vertu, ni de l'esprit8. Vadeboncoeur met cette d&#233;perdition en relation avec l'apparition du scepticisme qui est un produit du dix-huiti&#232;me si&#232;cle, ce qui me semble tr&#232;s juste, et du ph&#233;nom&#232;ne concomitant qui est la dissolution de la chr&#233;tient&#233;. Avec la chr&#233;tient&#233; se sont &#233;vanouis les &#171; dogmes &#187; qui avaient &#233;t&#233; &#171; une forme de m&#233;moire, un moyen de conservation et de transmission des symboles les plus &#233;lev&#233;s &#187;. Ce sont eux qui &#171; soutenaient la vo&#251;te du ciel de l'homme &#187;9. C'est la chr&#233;tient&#233; qui, en Occident et dans le monde, la chr&#233;tient&#233; comme institution culturelle, historique qui portait les raisons supr&#234;mes, les &#171; dogmes &#187;. En s'&#233;vanouissant, en quelque sorte, la chr&#233;tient&#233; a emport&#233; avec elle les &#171; dogmes &#187;, les valeurs, je dirais m&#234;me les &#171; raisons &#187; qu'elle portait. On ne remplace pas du jour au lendemain cette armature spirituelle, cette structure culturelle. J'&#233;cris ceci en novembre 2007. Les m&#233;dias d&#233;crivent jusqu'&#224; sati&#233;t&#233; la perplexit&#233; de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, le d&#233;labrement du syst&#232;me d'&#233;ducation. Ces fl&#233;trissures sont le signe d'un d&#233;labrement profond de l'armature spirituelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment, la chr&#233;tient&#233; disparaissant, assurer la pr&#233;sence des &#171; dogmes &#187; &#224; la conscience des humains ? Une soci&#233;t&#233; sans &#171; dogmes &#187; est comme un bateau non lest&#233;. Le monde o&#249; s'&#233;tait d&#233;ploy&#233;e la &#171; chr&#233;tient&#233; &#187; se trouve, au moment o&#249; celle-ci d&#233;p&#233;rit, dans la m&#234;me situation que celle o&#249; se trouvaient les premiers chr&#233;tiens. Il a &#224; inventer une nouvelle culture qui sera produite par l'exp&#233;rience du monde nouveau, exp&#233;rience inspir&#233;e et transfigur&#233;e par la foi. Ce processus est d&#233;j&#224; en marche et se perp&#233;tuera jusqu'&#224; la fin des temps. D&#233;j&#224; les signes de la post-chr&#233;tient&#233; se manifestent. L'&#201;glise se renouvelle lentement mais s&#251;rement. Ce que les discussions de la Commission Bouchard-Taylor nous ont peut-&#234;tre r&#233;v&#233;l&#233; de plus pr&#233;cieux, c'est que le Qu&#233;bec populaire n'est pas ce que l'on imaginait. Les m&#233;dias nous avaient habitu&#233;s &#224; penser que le peuple qu&#233;b&#233;cois avait compl&#232;tement rompu avec son pass&#233;, avait reni&#233; son identit&#233; chr&#233;tienne. Or ce qui est apparu plusieurs fois au cours des discussions publiques, c'est que le vieux fond catholique qu&#233;b&#233;cois ne s'est pas &#233;vanoui. C'est ce que confirment les auteurs Raymond Lemieux et Jean-Paul Montminy : &#171; ... le catholicisme qu&#233;b&#233;cois, &#224; l'instar des autres confessions chr&#233;tiennes dans l'Occident s&#233;cularis&#233;, est loin d'&#234;tre moribond. Ses v&#233;rit&#233;s, paradoxales, restent dans l'ombre, contrairement aux oeuvres encadrant la culture autrefois. Elles n'en demeurent pas moins actives et profond&#233;ment ancr&#233;es dans les terreaux humains &#171; 10.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C&#8216;est ma conviction que la foi chr&#233;tienne ne peut mourir. Elle reste vivante dans les cendres m&#234;mes de la chr&#233;tient&#233; et inspirera une nouvelle culture. Il ne s'agit pas de rafistoler des structures anciennes, de coudre des pi&#232;ces nouvelles dans de vieux v&#234;tements, de mettre le vin nouveau dans de vieilles outres. Dans l'ordre de la foi, l'histoire n'ob&#233;it pas aux r&#232;gles du progr&#232;s continu mais &#224; celles de la mort et de la r&#233;surrection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15 d&#233;cembre 2007 Paul-&#201;mile Roy&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;NOTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1 - Cit&#233; par Marcel Rioux, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un peuple dans le si&#232;cle&lt;/i&gt;, Bor&#233;al, 1990, p. 276-277.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2 - Yvan Lamonde, &#171; Est-on quitte envers le pass&#233; ? Borduas, Vadeboncoeur et le d&#233;nouement de &#171; Notre ma&#238;tre le pass&#233; &#187;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Cahiers des dix&lt;/i&gt;, No 60, 2006, p. 221.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3 - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 225.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4 - Louis Bernard, &#171; Pourquoi le Qu&#233;bec libre &#187;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 21 ao&#251;t, 2007.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5 - Thomas Sloan, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une r&#233;volution tranquille ?&lt;/i&gt; Traduit par Michel van Schendel, Montr&#233;al, HMH, 1965, p. 48, 49, 47.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6 - Andr&#233; Comte-Sponville, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Esprit de l'ath&#233;isme&lt;/i&gt;, Albin Michel, 2006, p. 197&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7 - Pierre Vadeboncoeur, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux royaumes&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, L'Hexagone, 1978, p. 183.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8 - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 192.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9 - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 48.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10 - Raymond Lemieux, Jean-Paul Montminy, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Catholicisme qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, Les &#201;ditions de l'IQRC, 2000, p. 122.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>&lt;i&gt;L'horizon de la culture. Hommage &#224; Fernand Dumont&lt;/i&gt;</title>
		<link>http://www.vigile.net/L-horizon-de-la-culture-Hommage-a</link>
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		<dc:date>2007-11-16T11:04:00Z</dc:date>
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		<description>http://www.bibl.ulaval.ca/doelec/pu... Remerciements Nombreuses et spontan&#233;es furent les r&#233;ponses &#224; l'invitation que nous avons lanc&#233;e &#224; des coll&#232;gues et amis de Fernand Dumont &#224; participer &#224; cet hommage devant souligner sa longue carri&#232;re d'intellectuel et de professeur. Nul plus (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;http://www.bibl.ulaval.ca/doelec/pu... Remerciements Nombreuses et spontan&#233;es furent les r&#233;ponses &#224; l'invitation que nous avons lanc&#233;e &#224; des coll&#232;gues et amis de Fernand Dumont &#224; participer &#224; cet hommage devant souligner sa longue carri&#232;re d'intellectuel et de professeur. Nul plus que lui sans doute n'a exerc&#233; une influence (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/L-horizon-de-la-culture-Hommage-a"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Lire pour penser</title>
		<link>http://www.vigile.net/Lire-pour-penser</link>
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		<dc:date>2007-08-25T17:26:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>&#202;tes-vous plut&#244;t du genre Bourgault ou Chr&#233;tien ? Dans un cas comme dans l'autre, vous ne vous ennuierez pas cette saison puisque les deux personnages feront beaucoup parler d'eux. Tr&#232;s attendu, le Bourgault de Jean-Fran&#231;ois Nadeau, chez Lux, suscitera assur&#233;ment de vives (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&#202;tes-vous plut&#244;t du genre Bourgault ou Chr&#233;tien ? Dans un cas comme dans l'autre, vous ne vous ennuierez pas cette saison puisque les deux personnages feront beaucoup parler d'eux. Tr&#232;s attendu, le Bourgault de Jean-Fran&#231;ois Nadeau, chez Lux, suscitera assur&#233;ment de vives discussions. Il en ira de m&#234;me des M&#233;moires que Jean (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Lire-pour-penser"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>F&#234;te ou amusement colonial ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Fete-ou-amusement-colonial</link>
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		<dc:date>2007-06-28T12:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Hubert Larocque - Le Droit</dc:creator>
		


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		<description>Ce n'est pas sans un certain serrement de coeur que nous avons suivi les F&#234;tes de la Saint-Jean. L'astuce du r&#233;gime f&#233;d&#233;ral est de louer et de promouvoir la mise en veilleuse du politique de fa&#231;on &#224; ce que la F&#234;te nationale du Qu&#233;bec devienne un insignifiant party parmi (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Ce n'est pas sans un certain serrement de coeur que nous avons suivi les F&#234;tes de la Saint-Jean. L'astuce du r&#233;gime f&#233;d&#233;ral est de louer et de promouvoir la mise en veilleuse du politique de fa&#231;on &#224; ce que la F&#234;te nationale du Qu&#233;bec devienne un insignifiant party parmi d'autres, tout juste une occasion de s'amuser et (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Fete-ou-amusement-colonial"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Drapeaux du Qu&#233;bec comme essuie-pieds... </title>
		<link>http://www.vigile.net/Drapeaux-du-Quebec-comme-essuie</link>
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		<dc:date>2007-06-25T19:11:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Camille Rony - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Qu'en serait-il s'il s'&#233;tait agi de symboles musulmans ou juifs au lieu du drapeau du Qu&#233;bec ? Je vois d'ici les toll&#233;s, les interpellations &#224; l'Assembl&#233;e nationale et les journalistes tout excit&#233;s et fr&#233;tillants d'avoir une autre croustille &#224; se mettre (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_730 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/25-carpettes-2.png' width=&quot;748&quot; height=&quot;523&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; &lt;br clear=all&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Respect d&#251; au Drapeau du Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur le Pr&#233;sident,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ce 23 juin 2007, permettez-moi respectueusement de vous faire part d'un incident choquant v&#233;cu ce matin, lequel vient m'interpeller et nous rappeler collectivement notre devoir de vigilance envers le respect d&#251; en tout temps au Fleurdelis&#233;, notre Drapeau du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_729 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:210px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.canac-marquis.com/Canac-Marquis-Grenier/client/fr/Accueil/Accueil.asp&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/25-marquis.png' width=&quot;210&quot; height=&quot;119&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Ce matin &#224; l'entr&#233;e d'une succursale d'une quincaillerie bien qu&#233;b&#233;coise s'il en est encore, - Canac Marquis Grenier coin rue Jean-Gauvin &#224; Sainte-Foy, - quelle ne fut pas ma surprise d'&#234;tre accueillie par une pile de carpettes de portique &#224; l'effigie pleine grandeur de la reproduction du Drapeau du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Surprise, &#233;berlu&#233;e, choqu&#233;e, insult&#233;e je me dis que &#231;a ne se peut pas en pleine c&#233;l&#233;bration de notre F&#234;te nationale un tel manque de sensibilit&#233; et de perspicacit&#233; de la part des services de mise en march&#233; d'une entreprise. Non &#231;a ne passera pas me suis-je dit. J'interpelle la premi&#232;re caissi&#232;re pour lui communiquer mes protestations et lui faire des remarques qu'on ne s'essuie pas les pieds sur un drapeau de quelque pays que ce fut. Nullement &#233;branl&#233;e elle trouve &#231;a tout &#224; fait normal puisque le magasin offrira aussi des tapis du Canada !!!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'exige donc de parler &#224; un repr&#233;sentant de la g&#233;rance de la succursale. La g&#233;rante &#224; qui j'expose mes dol&#233;ances concernant le manque de sensibilit&#233; de son entreprise en tant que qu'entreprise qu&#233;b&#233;coise et de surcro&#238;t un 23 juin et &#224; qui j'explique qu'on ne s'essuie pas impun&#233;ment les pieds sur le symbole d'aucun pays et que ces objets contreviennent possiblement &#224; la Loi sur le drapeau me donne raison et me sugg&#232;re d'intervenir aussi aupr&#232;s de la haute direction de l'entreprise. Avant ma sortie du magasin, les carpettes avaient &#233;t&#233; retir&#233;es des tablettes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je d&#233;cide en suite de sensibiliser la salle des nouvelles de la SRC- radio &#224; Qu&#233;bec concernant la vente de ces objets pour le moins ind&#233;licats. La personne qui me r&#233;pond, un homme, est d'accord avec moi mais ne juge pas utile d'alerter la population &#233;tant donn&#233; que &#171; la g&#233;rante avait retir&#233; les carpettes &#187;. Je lui fais remarquer que cette marchandise doit aussi se retrouver dans les autres succursales et s&#251;rement dans d'autres grandes surfaces. Qu'en serait-il s'il s'&#233;tait agi de symboles musulmans ou juifs au lieu du drapeau du Qu&#233;bec ? Je vois d'ici les toll&#233;s, les interpellations &#224; l'Assembl&#233;e nationale et les journalistes tout excit&#233;s et fr&#233;tillants d'avoir une autre croustille &#224; se mettre sous la dent et un ballon &#224; gonfler sur les tous les RDI et LCN de nos &#233;crans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela me rappelle aussi, monsieur le Pr&#233;sident, d'avoir vu ces derni&#232;res semaines, dans quelques grandes des serviettes de plage &#224; l'effigie des drapeaux du Qu&#233;bec et du Canada. Cela m'a agac&#233;e et je suis pass&#233;e perplexe devant autant de mauvais go&#251;t... mais l&#224; l'inconvenance des carpettes, je ne tol&#232;re plus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; tous les remous du printemps concernant les sensibilit&#233;s en mati&#232;re de symboles identitaires et culturels et d'accommodements raisonnables, les incidents de la matin&#233;e me ram&#232;nent &#224; une question de fond, comment pouvons-nous faire dol&#233;ance aux autres de soi-disant empi&#233;ter sur nos us et coutumes, quand nous-m&#234;mes avons si peu de respect de ce que nous sommes, si peu de conscience concernant nos propres manquements, un tel d&#233;ficit de vigilance et de perspicacit&#233; devant les d&#233;rives insidieuses dont nous sommes &#224; la fois sujets et objets.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il a lieu en ce jour de F&#234;te nationale, comme en tout autre occasion, de manifester notre fiert&#233; comme Qu&#233;b&#233;cois, encore faudrait-il savoir de quoi faut-il l'&#234;tre, pourquoi le devons-nous, et r&#233;fl&#233;chir s&#233;rieusement &#224; la mani&#232;re de manifester et de faire partager cette fiert&#233;. Ce n'est certainement pas en nous avilissant nous-m&#234;mes puis en nous offusquant devant ceux qui, plus conscients d'eux-m&#234;mes, tentent l&#233;gitimement de s'imposer &#224; nous que nous nous d&#233;marquerons et inciterons les autres &#224; nous rejoindre pour partager l'avenir de notre espace national.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je me permets donc de sugg&#233;rer que, syst&#233;matiquement, &#224; chaque ann&#233;e, quelques semaines avant la F&#234;te nationale, l'Assembl&#233;e nationale m&#232;ne une campagne de sensibilisation particuli&#232;re aupr&#232;s des d&#233;cideurs et acheteurs des entreprises de commerce sur le protocole et le respect de nos symboles nationaux afin que ceux-ci soient respect&#233;s dans leurs commerces. Une campagne s'impose aussi aupr&#232;s de la population sur le respect du Drapeau qui subit aussi bien des outrages et des offenses dans la mani&#232;re o&#249; souvent, en toute bonne foi, il est trait&#233; lors des f&#234;tes de la Saint-Jean et autres manifestations estivales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Camille RONY&lt;br&gt;
Saint-Augustin-de Desmaures&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le MNQ entre satisfaction et craintes</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-MNQ-entre-satisfaction-et</link>
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		<description>Photo Bernard Brault, La Presse - Le Mouvement national des Qu&#233;b&#233;cois se f&#233;licite du succ&#232;s des diff&#233;rentes c&#233;l&#233;brations de la St-Jean-Baptiste, malgr&#233; un temps maussade en plusieurs endroits et un sous-financement qui l'inqui&#232;te pour l'avenir. En tra&#231;ant le bilan pr&#233;liminaire de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton7411.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;301&quot; height=&quot;200&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;Photo Bernard Brault, La Presse - Le Mouvement national des Qu&#233;b&#233;cois se f&#233;licite du succ&#232;s des diff&#233;rentes c&#233;l&#233;brations de la St-Jean-Baptiste, malgr&#233; un temps maussade en plusieurs endroits et un sous-financement qui l'inqui&#232;te pour l'avenir. En tra&#231;ant le bilan pr&#233;liminaire de l'&#233;v&#233;nement, ce lundi, le Mouvement a r&#233;clam&#233; (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Le-MNQ-entre-satisfaction-et"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Ode &#224; la culture qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>http://www.vigile.net/Ode-a-la-culture-quebecoise</link>
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		<dc:date>2007-06-25T14:15:18Z</dc:date>
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		<description>Photo La Presse - Violaine Ballivy - Les uns en ont profit&#233; pour croquer le premier bl&#233; d'Inde de l'&#233;t&#233;. Les autres pour taper du pied sur un air de musique traditionnelle. Quarante ans apr&#232;s l'Expo 67, qui avait ouvert le Qu&#233;bec sur le monde, c'est d'abord en se (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Photo La Presse - Violaine Ballivy - Les uns en ont profit&#233; pour croquer le premier bl&#233; d'Inde de l'&#233;t&#233;. Les autres pour taper du pied sur un air de musique traditionnelle. Quarante ans apr&#232;s l'Expo 67, qui avait ouvert le Qu&#233;bec sur le monde, c'est d'abord en se replongeant dans leurs racines que les Qu&#233;b&#233;cois (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Ode-a-la-culture-quebecoise"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>L'&#233;tat de la nation</title>
		<link>http://www.vigile.net/L-etat-de-la-nation</link>
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		<dc:date>2007-06-24T22:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Bernard - site de l'auteur</dc:creator>
		


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		<description>Au contraire, l'accession du Qu&#233;bec &#224; sa souverainet&#233; sera l'occasion d'une transformation radicale du Qu&#233;bec que nous connaissons aujourd'hui.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La c&#233;l&#233;bration de la F&#234;te nationale est une bonne occasion de faire le point sur l'&#233;tat de la nation. O&#249; en est le Qu&#233;bec ? Est-il en bonne forme ? Est-il en progr&#232;s, en stagnation, en recul ? Qu'en est-il de ses projets d'avenir, de ses espoirs, de ses r&#234;ves ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec actuel est n&#233; de l'&#233;lan que lui a donn&#233;, il y a plus de quarante ans, la R&#233;volution tranquille par laquelle les Qu&#233;b&#233;cois ont d&#233;cid&#233; de se prendre en main. L'objectif &#233;tait de cr&#233;er ici une soci&#233;t&#233; moderne sur le mod&#232;le du welfare state de l'apr&#232;s-guerre, o&#249; un &#201;tat interventionniste, aid&#233; d'une fonction publique de carri&#232;re, assurerait &#224; la fois un d&#233;veloppement stable de l'&#233;conomie et une redistribution de la richesse. Pour certains, cette modernisation devait se faire sans remettre en cause le cadre constitutionnel f&#233;d&#233;ral ; pour d'autres, il fallait que cette prise en main devienne globale dans un Qu&#233;bec souverain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis, le monde a chang&#233;. Le mod&#232;le du welfare state a &#233;t&#233; remis en cause par le progr&#232;s technologique et la mondialisation qui en a d&#233;coul&#233;. M&#234;me si les deux d&#233;fis fondamentaux, celui de la cr&#233;ation de la richesse et celui de sa redistribution, sont rest&#233;s les m&#234;mes, les conditions dans lesquelles ils se posent d&#233;sormais ont &#233;t&#233; compl&#232;tement transform&#233;es. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de revoir le r&#244;le de l'&#201;tat, du march&#233; et des diff&#233;rents acteurs sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; cet &#233;gard, le Qu&#233;bec actuel est perplexe et cherche sa voie. Il n'est pas d'ailleurs le seul. Sur le plan international, la mondialisation et le d&#233;veloppement ont produit des r&#233;sultats ambivalents : cr&#233;ation d'une richesse certaine, mais mal r&#233;partie entre les riches (pays et individus) qui deviennent plus riches, et les pauvres qui deviennent plus pauvres ; am&#233;lioration des conditions de vie, certes, mais d&#233;t&#233;rioration acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'environnement plan&#233;taire. Par ailleurs, sur le plan interne, et notamment au Qu&#233;bec, l'augmentation du co&#251;t des programmes et la lourdeur de l'appareil administratif ont suscit&#233; une remise en question du fardeau fiscal et des acquis sociaux, en particulier la gratuit&#233; des soins de sant&#233; et de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; mon sens, le Qu&#233;bec aura beaucoup de difficult&#233; &#224; sortir de cette perplexit&#233; et &#224; trouver sa voie s'il ne se donne pas de nouveaux horizons capables de mobiliser toutes les &#233;nergies de la nation, comme il avait r&#233;ussi &#224; le faire au moment de la R&#233;volution tranquille. Ayant personnellement connu le Qu&#233;bec des ann&#233;es '50, je ressens, &#224; l'heure actuelle, le m&#234;me blocage que j'ai connu &#224; cette &#233;poque. Aussi, crois-je que, pour &#233;viter de redevenir une soci&#233;t&#233; bloqu&#233;e et renouveler la probl&#233;matique de son agir collectif, le Qu&#233;bec a besoin d'un &#233;largissement radical de ses perspectives et de son terrain d'action. C'est ce que permettrait la souverainet&#233; du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On est souvent port&#233; &#224; croire qu'un Qu&#233;bec souverain ne serait, en d&#233;finitive, qu'un Qu&#233;bec-province plus gros. Que se sera le m&#234;me Qu&#233;bec, mais un peu plus costaud. Que le passage du Qu&#233;bec de l'&#233;tat de province &#224; l'&#233;tat de pays ne sera qu'une simple &#233;volution lin&#233;aire. Que ce sera comme si on mettait un peu plus d'air dans un ballon, qui deviendrait certes plus volumineux mais qui resterait essentiellement le m&#234;me. Ce n'est pourtant absolument pas le cas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au contraire, l'accession du Qu&#233;bec &#224; sa souverainet&#233; sera l'occasion d'une transformation radicale du Qu&#233;bec que nous connaissons aujourd'hui. Ce sera la naissance d'un Qu&#233;bec nouveau, tout comme la R&#233;volution tranquille des ann&#233;es '60 a donn&#233; naissance &#224; un nouveau Qu&#233;bec. Pour s'en rendre compte, il suffit d'examiner les principaux changements qui marqueront la diff&#233;rence entre le Qu&#233;bec-province et le Qu&#233;bec-pays. J'en mentionne quelques-uns uns.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; Le Qu&#233;bec, apr&#232;s quatre cents ans d'efforts, deviendra un pays fran&#231;ais, d&#233;finitivement et irr&#233;vocablement &#8211; ce qu'il n'est pas &#224; l'heure actuelle. Assur&#233; de son identit&#233; fran&#231;aise, il pourra, avec plus de confiance, mettre en valeur sa propre diversit&#233; : nations autochtones, minorit&#233;s anglaise et communaut&#233;s culturelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; Le Qu&#233;bec deviendra pleinement responsable de lui-m&#234;me faisant toutes ses lois et percevant tous ses imp&#244;ts. Par contre, aucun argent ne viendra plus du gouvernement f&#233;d&#233;ral ou des autres provinces. Donc, nous serons pleinement responsables de ce qui nous arrive, de nos succ&#232;s comme de nos &#233;checs. Ce changement aura des r&#233;percussions psychologiques consid&#233;rables : il faut voir l'importance qu'a, dans tous les pays, la fiert&#233; nationale. Ceux qui pourraient en douter n'ont qu'&#224; se r&#233;f&#233;rer au cas de l'Irlande, pays de quatre millions d'habitants, qui, en quelques ann&#233;es, est pass&#233; de la position de queue &#224; la position de t&#234;te des pays d'Europe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; Le Qu&#233;bec aura, au m&#234;me titre que les autres nations, son r&#244;le &#224; jouer sur la sc&#232;ne internationale, r&#244;le que, &#224; l'heure actuelle, il ne peut jouer que dans le cadre limit&#233; de la Francophonie ou d'une mani&#232;re officieuse. Cela permettra non seulement au Qu&#233;bec d'&#234;tre pr&#233;sent au monde, mais, surtout, au monde d'&#234;tre pr&#233;sent au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; Le Qu&#233;bec r&#233;cup&#233;rera un grand nombre de pouvoirs qui pr&#233;sentement lui &#233;chappent m&#234;me s'ils touchent au fonctionnement de sa propre soci&#233;t&#233;, ce qui l'emp&#234;che de se donner les r&#232;gles correspondant &#224; ses valeurs et a ses besoins. On pense, par exemple, au droit criminel et &#224; des sujets comme le contr&#244;le des armes &#224; feu, le suicide assist&#233;, les conditions de la lib&#233;ration conditionnelle, l'&#226;ge minimal de la responsabilit&#233; criminelle, le traitement de la d&#233;linquance juv&#233;nile, la lutte au crime organis&#233;, l'usage de la marijuana, et j'en passe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et il y a ainsi plusieurs autres domaines importants qui ne rel&#232;vent pas de notre Assembl&#233;e nationale et qui, par cons&#233;quent, n'y sont jamais discut&#233;s. Il y a, notamment, celui des t&#233;l&#233;communications, de la radiodiffusion et des communications de masse. Celui des ondes hertziennes et la t&#233;l&#233;phonie sans fil. Celui du transport a&#233;rien, maritime ou ferroviaire ; des brevets et du droit d'auteur ; des banques et du commerce bancaire ; de la protection de la concurrence et la pr&#233;vention des monopoles ; de la p&#234;che et des p&#234;cheries ; des autochtones et des terres qui leur sont r&#233;serv&#233;es. Sans parler des forces arm&#233;es et de la d&#233;fense, ni des alliances qui en d&#233;coulent, ni des industries qui en d&#233;pendent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; Le Qu&#233;bec ne pourra faire autrement que de proc&#233;der &#224; une v&#233;ritable d&#233;centralisation en cr&#233;ant des gouvernements r&#233;gionaux d&#233;mocratiquement &#233;lus et exer&#231;ant des pouvoirs &#233;tendus. Il est &#233;vident, en effet, que l'Assembl&#233;e nationale ne pourra prendre la rel&#232;ve du Parlement f&#233;d&#233;ral sans se d&#233;lester d'un certain nombre de pouvoirs qu'elle exerce actuellement : autrement, non seulement serait-elle d&#233;bord&#233;e mais le Qu&#233;bec serait excessivement centralis&#233;. On peut penser que des mati&#232;res comme le d&#233;veloppement &#233;conomique r&#233;gional ; l'implantation et la gestion des &#233;quipements culturels, r&#233;cr&#233;atifs et de support aux activit&#233;s industrielles ou commerciales ; l'&#233;ducation pr&#233;scolaire, primaire et secondaire ; la sant&#233; de premi&#232;re ligne et les politiques sociales, pourraient &#234;tre confi&#233;es aux gouvernements r&#233;gionaux &#8211; avec, naturellement, les ressources fiscales et financi&#232;res requises.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; Le Qu&#233;bec pourra, pour la premi&#232;re fois, s'approprier sa constitution et ses institutions politiques. Le Qu&#233;bec n'a jamais eu l'occasion d'&#233;laborer sa propre constitution, ni de d&#233;cider de la nature de ses institutions politiques, car il en a h&#233;rit&#233; de l'Angleterre. Ce qui veut dire que les Qu&#233;b&#233;cois n'ont jamais pu poser eux-m&#234;mes cet acte fondateur par lequel les citoyens d'une nation se donnent, collectivement, un contrat politique fondamental sur lequel ils acceptent de b&#226;tir leur avenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On voit donc que le Qu&#233;bec souverain sera bien diff&#233;rent du Qu&#233;bec-province que nous connaissons maintenant. Chacun des six changements que j'ai mentionn&#233;s &#8211; et il y a en certainement plusieurs autres &#8211; aura, en lui-m&#234;me, des r&#233;percussions importantes sur l'&#233;tat actuel des choses. Mais c'est lorsqu'on les met tous ensemble que l'on peut appr&#233;cier la transformation radicale qu'apportera la souverainet&#233; au Qu&#233;bec d'aujourd'hui. Ce sera, litt&#233;ralement, un autre pays, aussi diff&#233;rent, sinon plus, du Qu&#233;bec actuel que celui-ci est diff&#233;rent du Qu&#233;bec d'avant la R&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce sera un pays pleinement responsable de lui-m&#234;me, qui n'aura d'autres lois que les siennes, qui ne devra compter que sur ses propres moyens mais qui aura la pleine ma&#238;trise de toutes ses ressources. Un pays fran&#231;ais, ma&#238;tre de son immigration et o&#249; les immigrants s'int&#232;greront naturellement &#224; la culture dominante ; donc un pays enfin s&#251;r de sa p&#233;rennit&#233; culturelle et, par cons&#233;quent, moins craintif de sa diversit&#233;. Un pays complet o&#249; rien ne lui est &#233;tranger et qui a le contr&#244;le de tous les domaines de sa vie nationale. Un pays pr&#233;sent au monde, solidaire des autres nations et pr&#234;t &#224; faire sa part pour la solution des probl&#232;mes plan&#233;taires et la lutte &#224; la pauvret&#233; dans les nations plus d&#233;munies. Un pays d&#233;centralis&#233;, o&#249; les r&#233;gions jouissent des pouvoirs et des ressources leur permettant de se prendre en main. Un pays qui s'est appropri&#233; sa constitution et ses institutions politiques. En un mot : un pays, un vrai.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; qui est de nature &#224; renouveler la dynamique qu&#233;b&#233;coise et &#224; permettre au Qu&#233;bec de se fixer de nouveaux horizons, &#224; la mesure de ses capacit&#233;s et de ses r&#234;ves.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bonne F&#234;te Nationale &#224; tous !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous pouvez commenter les textes en visitant le site &lt;a href=&quot;http://www.LouisBernard.org&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;LouisBernard.org.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<description>Alexandre Vigneault - Notre F&#234;te nationale, lointain &#233;cho des f&#234;tes pa&#239;ennes du solstice d'&#233;t&#233;, tombe au moment de l'ann&#233;e o&#249; les jours sont longs et les nuits, tr&#232;s courtes. Est-ce parce que la noirceur ne dure pas assez longtemps pour donner asile au myst&#232;re que notre folklore ne (...)</description>

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