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	<title>Vigile.net - Arts</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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		<title>35 millions de dollars chez le diable !</title>
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		<dc:creator>Serge-Andr&#233; Guay - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Guy Lalibert&#233; a perdu toute cr&#233;dibilit&#233; &#224; mes yeux en annon&#231;ant qu'il venait de se payer un voyage de 35 millions de dollars dans l'espace. Depuis mon adolescence, toutes les escapades de l'homme dans l'espace m'apparaissent comme un mauvais placement face aux (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Guy Lalibert&#233; a perdu toute cr&#233;dibilit&#233; &#224; mes yeux en annon&#231;ant qu'il venait de se payer un voyage de 35 millions de dollars dans l'espace. Depuis mon adolescence, toutes les escapades de l'homme dans l'espace m'apparaissent comme un mauvais placement face aux mis&#232;res de l'homme ici bas. Je n'ai jamais pu r&#233;concilier cette image de l'enfant victime de la famine avec celle du premier pas de l'homme sur la Lune.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Combien de puits d'eau potable creuse-t-on avec 35 millions de dollars ? Des milliers !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Guy Lalibert&#233; souffre du syndrome du spectacle, comme bon nombre de donateurs. Ces gens pr&#233;f&#232;rent mettre en sc&#232;ne leurs dons dans un spectacle o&#249; ils tiennent le premier r&#244;le au lieu de prendre le chemin le plus court pour aider autrui, remettre tout simplement l'argent &#224; ceux qui en ont besoin, sans d&#233;tour et sans artifice. On m'a enseign&#233; chez les scouts que le vrai philanthrope agit avec humilit&#233; et dans l'anonymat, c'est-&#224;-dire sans rechercher ni les honneurs ni les feux de la rampe pour sa &#171; bonne action &#187; (B.A.). La vantardise, m&#234;me au nom d'une bonne cause, n'a pas sa place. Mon fils Beno&#238;t a bien compris la le&#231;on en r&#233;pondant par cette question &#224; ceux et celles qui se vantent de leurs B.A. quotidiennes : &#171; Veux-tu une m&#233;daille ? &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; 35 millions chez le diable ! &#187; peut dire l'enfant malade en manque d'eau propre. Qu'est-ce qui est le plus urgent ? Faire le tour de la Terre dans l'espace ou aider cet enfant sans plus tarder !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a des centaines de fondations d'entraide &#224; travers le monde, les deux pieds sur Terre, qui travaillent depuis des dizaines d'ann&#233;es pour am&#233;liorer le sort de millions d'hommes, de femmes et d'enfants indigents. Pourquoi mettre sur pied une autre fondation plut&#244;t que de venir en aide &#224; celles qui existent d&#233;j&#224; ? Le temps nous manque nous dit-on. Alors, pourquoi le perdre en cr&#233;ant une administration de plus et ainsi diviser les forces en pr&#233;sence ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est pas logique &#224; moins de vouloir s'inscrire dans ce que je nomme &#171; l'industrie de la pauvret&#233; &#187;. L'aide aux pauvres est devenue une v&#233;ritable industrie au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es. Je serais curieux de conna&#238;tre le nombre de personnes qui gagnent grassement leur vie sur le dos de l'aide aux pauvres. Jadis, les gouvernements croyaient que leur aide financi&#232;re rejoindrait davantage les n&#233;cessiteux en supportant les organismes sur le terrain. Mais est-ce toujours le cas aujourd'hui avec la multiplication des membres du personnel permanent de ces organismes subventionn&#233;s ? Car avec l'id&#233;e qu'il faut du personnel permanent pour encadrer le travail de b&#233;n&#233;voles, certains organismes d'entraide sont devenus de v&#233;ritables industries de la pauvret&#233;. Autrement dit, la pauvret&#233; est devenue au fil des ans une simple &#171; mati&#232;re premi&#232;re &#187; pour plusieurs intervenants salari&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne suis pas anarchiste. Je comprends tr&#232;s bien les besoins structurels. Mais je suis d'avis qu'il y a trop de structures ou, si vous pr&#233;f&#233;rez, qu'il n'y a pas aucun besoin pour de nouvelles structures, y compris la Fondation de Guy Lalibert&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le clich&#233; de la fausse &#233;conomie. Un tableau saisissant de v&#233;rit&#233; par d&#233;faut.</title>
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		<dc:date>2009-04-07T17:49:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Luc Archambault - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le bris de tradition dans la coutume voulant qu'un tableau soit command&#233; &#224; un artiste peintre du Qu&#233;bec pour honorer le passage de ses Pr&#233;sidents &#224; l'Assembl&#233;e nationale t&#233;moigne de ce que repr&#233;sente cette &#233;poque. C'est la beaut&#233;, la force et la grandeur de la repr&#233;sentation (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le bris de tradition dans la coutume voulant qu'un tableau soit command&#233; &#224; un artiste peintre du Qu&#233;bec pour honorer le passage de ses Pr&#233;sidents &#224; l'Assembl&#233;e nationale t&#233;moigne de ce que repr&#233;sente cette &#233;poque. C'est la beaut&#233;, la force et la grandeur de la repr&#233;sentation iconographique. Ce qui est repr&#233;sent&#233;, la mani&#232;re de le faire, l'&#233;criture picturale et les supports et le cadre choisis parlent.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_3669 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/IMG/jpg_fre_ld_070409.jpg&quot; title='JPG - 49.9 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/local/cache-vignettes/L151xH200/jpg_fre_ld_070409-0472d.jpg' width='151' height='200' alt='JPG - 49.9 ko' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Photo &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2009/04/07/244299.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le Devoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette ann&#233;e, sous tous pr&#233;textes - trop cher, pas assez repr&#233;sentatif, modernit&#233; et commodit&#233; oblige&#8230; - on a choisi le bris de tradition, le faux-semblant et le mensonge pour honorer tel Pr&#233;sident. On a choisi de participer au recul et &#224; l'appauvrissement des Arts et m&#233;tiers d'arts visuels d'ici, d&#233;j&#224; le parent pauvre des arts qu&#233;b&#233;cois. On s'attaque aux arts pauvres et aux sous-d&#233;velopp&#233;s, un signe des temps peut-&#234;tre !?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une photo entoil&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'entoilage de photos est le triomphe de la falsification et du mensonge, le summum du bling bling sans valeur, mais qui ne co&#251;te pas rien pour autant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme si la Pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e nationale se trouvait &#234;tre &#224; l'exact diapason d'un gouvernement du faux-fuyant et du mensonge &#224; la Jean Charest. Chaque toile d'un Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale est parlante et en faisant le parcours de cette galerie s&#233;culaire, on entre en quelques secondes au centre de chaque &#233;poque telle que figur&#233;e par les artistes et leur &#233;criture plastique qui t&#233;moigne volontairement ou pas, mais toujours de mani&#232;re vibrante on ne peut plus &#233;vidente, ce qu'ils ont voulu monter ou cacher de leur &#233;poque. Celle de Cl&#233;ment Richard peinte par Jean-Paul Lemieux a fait scandale par son prix, mais se r&#233;v&#232;le &#234;tre l'une des plus int&#233;ressantes et profitables de ce patrimoine l&#233;gu&#233; par nos devanciers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sous pr&#233;texte d'&#233;conomies de bout-de-chandelle qui paraitront d&#233;risoires plus les ann&#233;es passeront, la Pr&#233;sidence lib&#233;rale de l'Assembl&#233;e nationale en cette ann&#233;e de cache-cache &#233;lectoral et de l'insaisissable imputabilit&#233; &#224; l'&#233;gard de la crise financi&#232;re &#224; la CDPQ, nous fait cette ann&#233;e l&#233;guer &#224; celles et ceux qui nous suivent un h&#233;ritage de la parure fausse. Le portrait est saisissant de v&#233;rit&#233; par d&#233;faut.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Expatrier nos talents... nos capitaux, nos dipl&#244;m&#233;(e)s...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout se tient et l'invitation vient d'en haut. Ce d&#233;saveu des arts et m&#233;tiers d'art visuels du Qu&#233;bec, parent pauvre des arts du Qu&#233;bec, m&#233;riterait plut&#244;t non pas un recul, mais une consolidation &#224; d&#233;faut d'un rattrapage... Or ce d&#233;saveu est bel et bien &#224; l'image des choix politiques qui ont privil&#233;gi&#233; les riches au d&#233;triment des pauvres &#233;pargnants qui aujourd'hui payent la note. Sous pr&#233;texte de leur &#233;pargner des miettes, ou de maximiser leurs profits, on appauvrit l'actif collectif en d&#233;pensant en lieu et place d'investir dans des titres de valeur. Non pas que l'art photographique ne soit pas noble, mais l'entoiler pour faire &#171; tableau &#187; alors que c'est une photo, est le comble du faux-semblant...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour une fois que la peinture avait ici droit de cit&#233; &#224; valeur de symbole - c'est mieux que rien - ce bris de tradition est le symbole d'un tr&#232;s mauvais signal pour les artistes et cr&#233;ateurs d'ici. Il faut expatrier nos investissements semble-t-on nous dire cependant que d'aucuns parlent plut&#244;t de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Rapatrier les Plaines&lt;/strong&gt;. ( &lt;a href=&quot;http://www.jesignequebec.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;jesignequebec.com&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut renoncer &#224; de tels faux-semblants pour l'avenir et renouer l'an prochain avec la tradition de l'investissement de valeur v&#233;ritable. Il faut investir dans la cr&#233;ativit&#233; qui ne soit pas que sp&#233;culative &#224; court terme. Il nous faut constituer un actif qui soit solide et vrai, et ce n'est pas une d&#233;pense, c'est notre patrimoine qu'on enrichit...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pour toujours dans cette galerie de portrait, cette ann&#233;e restera affich&#233;e pour nos h&#233;ritiers, le parfait expos&#233; d'une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;annus horribilis&lt;/i&gt; du maquillage radin et mesquin, &#224; l'image de son gouvernement... qui par son incurie irresponsable a laiss&#233; le march&#233; en folie et ses riches sp&#233;culateurs se saouler jusqu'&#224; se rouler par terre au bar ouvert du capitalisme de sp&#233;culation, cela au d&#233;triment de l'&#233;conomie r&#233;elle de production. Ici on a sp&#233;cul&#233; sur le succ&#232;s d&#233;magogique du faux-semblant qui d&#233;pare, d&#233;value, discr&#233;dite l'ensemble de l'actif patrimonial qui est le n&#244;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, on est devant l'image exacte du contrecourant d'un d&#233;veloppement sans limites qui encourage et participe &#224; la disparition des esp&#232;ces. La bio-diversit&#233; va de pair avec la diversit&#233; culturelle et la diversit&#233; des pratiques. Encourager la disparition de hauts-savoirs anciens au profit de la technique nouvelle accroit l'appauvrissement de la diversit&#233; essentielle &#224; un d&#233;veloppement vraiment profitable et durable. Il faut revenir dans les meilleurs d&#233;lais &#224; ce qui est en mesure d'encourager autre chose que la production de biens et d'&#233;quipements sans valeur, parce que fabriqu&#233;s avec des composantes falsificatrices artificiellement attrayantes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les tableaux des Pr&#233;sidents de l'Assembl&#233;e nationale doivent &#234;tre de vrais tableaux. Des photos, on en a des milliers, des tableaux, c'est plus rare&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir-2009 04 07-Antoine Robitaille-&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2009/04/07/244299.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Rupture artistique &#224; l'Assembl&#233;e nationale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.jesignequebec.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;jesignequebec.com&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; | Site citoyen d'expression solidaire&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;P&#233;titions - Lettres ouvertes - Propositions et projets&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Tonnerre de Brest !</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/12/05/221067.html</link>
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		<dc:date>2008-12-05T13:42:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Christian Rioux - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Vu de l'&#233;tranger, on pourrait avoir l'impression &#233;trange que depuis une semaine le parlement canadien s'est soudainement transport&#233; au royaume de la Syldavie. Vous connaissez peut-&#234;tre ce pays mythique invent&#233; par Herg&#233;. Ne riez pas ! Comme le Canada, la Syldavie est une (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Vu de l'&#233;tranger, on pourrait avoir l'impression &#233;trange que depuis une semaine le parlement canadien s'est soudainement transport&#233; au royaume de la Syldavie. Vous connaissez peut-&#234;tre ce pays mythique invent&#233; par Herg&#233;. Ne riez pas ! Comme le Canada, la Syldavie est une monarchie. Au lieu de se nommer Micha&#235;lle Jean, son (...) - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2008/12/05/221067.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le monde selon Babine</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/11/22/217814.html?fe=5460&amp;fp=71418&amp;fr=118601</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Odile Tremblay - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>La grosse production qu&#233;b&#233;coise de la saison &#224; saveur fantastique, r&#233;alis&#233;e par Luc Picard sur un sc&#233;nario du conteur Fred Pellerin, gagnera une foule d'&#233;crans vendredi prochain</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;La grosse production qu&#233;b&#233;coise de la saison &#224; saveur fantastique, r&#233;alis&#233;e par Luc Picard sur un sc&#233;nario du conteur Fred Pellerin, gagnera une foule d'&#233;crans vendredi prochain - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2008/11/22/217814.html?fe=5460&amp;fp=71418&amp;fr=118601"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>&#202;tre r&#233;alisateur aujourd'hui</title>
		<link>http://www.vigile.net/Etre-realisateur-aujourd-hui</link>
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		<dc:date>2008-11-09T15:32:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Claude Jacqueline Herdhuin - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Je m'voyais d&#233;j&#224; en haut de l'affiche... Le c&#339;ur l&#233;ger et le bagage mince J'&#233;tais certain de conqu&#233;rir les spectateurs Mais voil&#224;, il me fallait un producteur Avant de devenir un r&#233;alisateur. *** Les artistes ont beaucoup fait parler d'eux derni&#232;rement. Ils (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je m'voyais d&#233;j&#224; en haut de l'affiche... &lt;br&gt;
Le c&#339;ur l&#233;ger et le bagage mince&lt;br&gt;
J'&#233;tais certain de conqu&#233;rir les spectateurs&lt;br&gt;
Mais voil&#224;, il me fallait un producteur &lt;br&gt;
Avant de devenir un r&#233;alisateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les artistes ont beaucoup fait parler d'eux derni&#232;rement. Ils sont
descendus dans la rue, ont organis&#233; des spectacles et &#233;crit des lettres
ouvertes. Non par narcissisme, mais pour pouvoir continuer leur m&#233;tier qui
est de faire r&#234;ver leurs cong&#233;n&#232;res. M. Harper et son gouvernement n'aiment
pas les artistes, ils l'ont prouv&#233; en sabrant dans les programmes d'aide
aux artistes et en pr&#233;f&#233;rant augmenter leur budget pour la guerre en
Afghanistan. Devant cette t&#244;l&#233;e g&#233;n&#233;rale, les r&#233;actions du public ont &#233;t&#233;
vari&#233;es : d'un c&#244;t&#233; ceux qui pensent que les artistes &#339;uvrent pour leur
pays et (m&#234;me) pour l'humanit&#233; et, de l'autre ceux, qui hurlent au scandale
devant ces &#233;nergum&#232;nes en paillettes et smoking qui se plaignent le ventre
plein, une coupe de champagne &#224; la main et un petit canap&#233; au caviar dans
l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La vie d'un artiste aujourd'hui, au Qu&#233;bec, est loin des tapis rouges et
des feux. Elle se passe en grande partie dans les cuisines. Que vous le
croyez ou pas, les artistes sont pauvres. Les chiffres seront certainement
plus convaincants que les mots. Les chiffres et les faits.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Francis van den Heuvel et moi travaillons depuis quatre ans sur un projet
documentaire intitul&#233; au d&#233;but &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mensonges d'&#201;tat et aujourd'hui An American
Story&lt;/i&gt; (Une histoire am&#233;ricaine). Francis en qualit&#233; de r&#233;alisateur, moi en
tant que sc&#233;nariste, intervieweuse et assistante-r&#233;alisatrice. Quatre
longues ann&#233;es pour un projet (toujours) d'actualit&#233; passionnant, qui a su
interpeler et int&#233;resser de nombreuses personnes et personnalit&#233;s, mais pas
le producteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cr&#233;er au Qu&#233;bec est la chose la plus difficile. Je parle bien s&#251;r de
cr&#233;ation artistique car si vous d&#233;cidez de fonder une compagnie de
recyclage, il y a de fortes chances que vous trouviez rapidement des fonds
et un soutien m&#233;diatique. Vous &#234;tes &#224; la mode, le prix Nobel de la paix a
bien &#233;t&#233; octroy&#233; &#224; Al Gore, en 2007. Je n'ai rien contre quiconque
travaille pour prot&#233;ger l'environnement mais, en tant que personnalit&#233;
politique (vice-pr&#233;sident de 1993 &#224; 2001, il s'est pr&#233;sent&#233; aux &#233;lections
pr&#233;sidentielles de 2000 contre Bush), AL Gore devrait consacrer son &#233;nergie
&#224; d'autres causes. L'h&#233;g&#233;monie machiav&#233;lique de l'Occident, par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cr&#233;er, aujourd'hui au Qu&#233;bec, rel&#232;ve de l'exploit. Vous me direz que la
vie d'artiste est difficile partout. Et vous aurez raison. Mais c'est
encore plus vrai ici qu'ailleurs. Nous ne sommes qu'une poign&#233;e de
francophones perdus dans les Am&#233;riques... Mais ce qui est pire, c'est le
m&#233;pris dont nous faisons l'objet. Je ne parle pas du gouvernement Harper
(assez d'encre a coul&#233; &#224; ce sujet), je parle des personnes avec lesquelles
nous traitons directement : nos producteurs. Certes, il y en a d'honn&#234;tes,
de respectueux, de talentueux, qui aiment le cin&#233;ma et ceux sans lesquels
il n'y aurait pas de films, vos humbles serviteurs r&#233;alisateurs et
r&#233;alisatrices. Mais ils y a les autres (trop nombreux). Ces hommes
d'affaires qui, faute de mieux, ont opt&#233; pour le cin&#233;ma. Pour eux, c'est
facile et &#231;a rapporte. Ils se contentent de g&#233;rer (plus ou moins bien) les
fonds publics et ils ont l'illusion du pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais revenons aux faits. Un jour, le r&#233;alisateur (dans le cas qui nous
int&#233;resse, Francis van den Heuvel) a une id&#233;e. De cette id&#233;e, il veut faire
un film. Francis a vingt-cinq ans d'exp&#233;rience comme monteur et des
ambitions. Nombre de monteurs ont saut&#233; le pas avant lui&#8230; Alain Resnais,
Jacques Doillon, et bien d'autres. Mais pour faire un film, il faut un
producteur. Il faut donc, avant toute chose, le persuader que votre id&#233;e
est bonne. Le producteur, vous explique que cela va &#234;tre tr&#232;s difficile
mais qu'il pourra vous aider si vous changez cela et ceci. Il faut &#233;crire
des textes que le producteur approuvera puis soumettra &#224; un t&#233;l&#233;diffuseur
afin d'obtenir une licence. Avec la licence, il ira chez T&#233;l&#233;film et chez
d'autres institutions. Il vous fait comprendre que vous lui devez la vie de
votre projet (et la v&#244;tre) et une reconnaissance &#233;ternelle. Lui seul sait
comment votre projet peut &#171; passer &#187;. Depuis vingt-quatre ans qu'il
travaille dans le milieu, il a son carnet d'adresses. Bref, il est dans le
secret des Dieux. Cela prend des mois, un an ou plus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pendant ce temps-l&#224;, pas de salaire pour notre r&#233;alisateur. Un jour la
bonne nouvelle arrive : ILS ont accept&#233;, mais il faudrait que vous changiez
quelques petites choses, rassurez-vous trois fois rien, juste question de &#171; passer &#187; (pour de bon)&#8230; Encore quelques semaines (ou mois) d'attente. Cette
fois, &#231;a y est. Votre projet sera financ&#233;. Vous osez parler salaire,
contrat. Le producteur vous octroie royalement 37 000 dollars comme cachet
de r&#233;alisateur. Payable par tranches, quand il aura re&#231;u les fonds. Si
votre producteur fait partie de ceux qui aiment leur m&#233;tier et les gens
avec lesquels il travaille (il y en a), cette attente ne sera pas trop
p&#233;nible. Mais Francis van den Heuvel n'a pas eu cette chance. Son
producteur a bien d'autres soucis en t&#234;te. Francis, le chanceux, gagnent un
salaire de 37 000 dollars pour quatre ans (dont 15 000 dollars lui sont
encore dus), comment ose-t-il se plaindre ? Pire encore, il semble heureux
et in&#233;puisable. Notre producteur va lui montrer qui est le boss, et met
tout en &#339;uvre pour saper le moral de son r&#233;alisateur ingrat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre producteur, appelons-le Bingo, ne voit pas d'un tr&#232;s bon &#339;il les
tentatives de Francis de comprendre ce qui se passe. Pourquoi ne re&#231;oit-il
pas de ch&#232;que alors que le t&#233;l&#233;diffuseur a accept&#233; le montage final ?
Pourquoi Bingo refuse-t-il de lui montrer le budget ? Pourquoi Bingo
refuse-t-il (sabote-t-il) une coproduction avec l'&#233;tranger et les 60 000 $
que cela rapporterait au film ? Pourquoi... Le r&#233;alisateur s'ent&#234;te, demande
des comptes, apr&#232;s tout c'est son film. Bingo voit rouge devant tant
d'impertinence. Il utilise sa derni&#232;re cartouche : retarder la
postproduction du film et par cons&#233;quent sa sortie. Plut&#244;t suicidaire pour
un producteur. Il pr&#233;tend qu'il n'y a plus d'argent mais refuse toujours de
montrer le budget. Une mise en demeure de payer son cachet au r&#233;alisateur,
adress&#233;e par les avocats de l'ARRQ, n'a pour effet que de redoubler sa
rage. Impulsif, il oublie qu'on r&#233;pond par &#233;crit &#224; un avocat. Il d&#233;croche
son t&#233;l&#233;phone, appelle l'avocat et se contente de dire : &#171; Il n'y a plus
d'argent &#187;. Bingo n'est pas &#224; une bourde pr&#232;s. Depuis vingt-quatre ans, il
profite de la loi de l'omert&#224;, de son statut de producteur et d'une quasi
protection divine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut comprendre Bingo, vingt-quatre ans de bien-&#234;tre social de luxe, &#231;a
ne se laisse pas tomber comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Claude Jacqueline Herdhuin&lt;br&gt;
Sc&#233;nariste, assistante-r&#233;alisatrice, auteure&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>L'&#171; aculture &#187; am&#233;ricaine</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/10/11/210204.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.ledevoir.com/2008/10/11/210204.html</guid>
		<dc:date>2008-10-11T14:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Olivier D. Asselin - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Les compressions dans le secteur culturel sont l'aboutissement naturel d'un syst&#232;me d&#233;connect&#233; de sa propre r&#233;alit&#233; qui ne carbure qu'&#224; l'offre et &#224; la demande. C'est donc moins l'industrie culturelle qui se meurt que la culture (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Les compressions dans le secteur culturel sont l'aboutissement naturel d'un syst&#232;me d&#233;connect&#233; de sa propre r&#233;alit&#233; qui ne carbure qu'&#224; l'offre et &#224; la demande. C'est donc moins l'industrie culturelle qui se meurt que la culture (...) - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2008/10/11/210204.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Culture, soutien et solidarit&#233;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Culture-soutien-et-solidarite</link>
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		<dc:date>2008-10-04T13:43:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Bruno Roy - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le m&#233;rite actuel des pr&#233;sentes &#233;lections &#8722; nonobstant ce qui a suscit&#233; le d&#233;bat (les coupures en mati&#232;re de programmes culturels) &#8722;, c'est qu'on a jamais tant parl&#233; de culture. On veut faire croire que cela divise, alors que c'est exactement le contraire qui se (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de faire le d&#233;bat &#224; savoir qui est artiste ou non, et pourquoi la culture est si n&#233;cessaire, il faudrait admettre l'id&#233;e m&#234;me de culture, ce qui serait admettre, entre autres, l'id&#233;e de la profession d'artiste. Ces temps-ci, nos politiciens f&#233;d&#233;raux sont plut&#244;t sourds. Ils confondent cr&#233;ation et divertissement, culture et syst&#232;me de vedettariat. Certains croient m&#234;me que les artistes ont perdu la guerre de l'opinion publique concernant les coupes dans le domaine de la culture. M&#233;fions-nous. C'est une fausse g&#233;n&#233;ralisation. De la m&#234;me mani&#232;re, il est vrai, il ne faut pas centrer uniquement sur les artistes la situation de pauvret&#233; dans notre soci&#233;t&#233;. Malheureusement, nous sommes dans une &#233;poque o&#249; toute la soci&#233;t&#233; s'appauvrit. Cela dit, autant l'artiste a besoin de s'exprimer, autant le public a besoin de lui. Dans le d&#233;bat actuel, on tente de les diviser. Quoi de mieux qu'un contexte &#233;lectoral pour le faire. On croirait Machiavel en train de conseiller le Premier ministre canadien, joueur de piano &#224; l'occasion : diviser pour r&#233;gner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il est vrai que un dollar investit dans la culture rapporte onze fois plus. Comment expliquer que cette logique &#233;conomique n'&#233;claire pas M. Harper dans la prise de ses d&#233;cisions. Lui qui vante tant ses propres m&#233;rites et ses comp&#233;tences en mati&#232;res &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut nier, par ailleurs, que la reconnaissance du cr&#233;ateur et le succ&#232;s &#233;conomique d'une &#339;uvre reposent sur sa circulation, sa diffusion et sa distribution la plus large possible. C'est ce que refusent de comprendre les Harper et Verner de ce bas-monde politique. Car le d&#233;fi est aussi de prot&#233;ger la capacit&#233; des artistes de poursuivre la cr&#233;ation de leurs &#339;uvres, de les faire circuler et de vivre de leur art en &#233;tant pr&#233;sents aux &#233;v&#233;nements d'ici et d'ailleurs afin de profiter des relais que sont les institutions locales, nationales et internationales. Entre l'intime et l'universel, nos oeuvres t&#233;moignent de l'&#233;volution des pens&#233;es et des mentalit&#233;s de ce monde.
L'image de marque que projette un pays sur la sc&#232;ne internationale demeure incontournable. Ce sont les artistes qui donnent une personnalit&#233; &#224; leur communaut&#233; et qui lui donnent son caract&#232;re universel. C'est pourquoi, le soutien aux artistes doit se fonder sur les liens &#224; tisser sur le plan international avec les autres groupes d'artistes qui participent &#224; la d&#233;finition des grands courants culturels et artistiques. C'est en ce sens que leurs &#339;uvres &#233;rigent au rang de patrimoine commun de la communaut&#233;, voire de l'humanit&#233;, leur contribution originale. Les arts donnent un &#233;lan de civilisation &#224; un pays qui recherche la plus haute expression de son existence. Ce sont eux qui portent &#224; bout de bras le d&#233;veloppement culturel de leur soci&#233;t&#233;. Une soci&#233;t&#233; s'inscrit dans l'Histoire et dans la m&#233;moire collective par ses arts et par sa capacit&#233; de se repr&#233;senter &#224; travers des &#339;uvres fortes et originales qui lui conf&#232;rent son caract&#232;re unique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; pourquoi les gouvernements doivent aspirer &#224; une plus grande solidarit&#233; fond&#233;e sur le besoin des arts dans une soci&#233;t&#233; afin d'assurer que les institutions culturelles demeurent vivantes et stables. Je vous dirais aussi qu'il y va du prestige d'un pays de mieux soutenir ses artistes et ses cr&#233;ateurs. Le soutien aux diff&#233;rentes formes de la culture est un imp&#233;ratif &#233;thique, ins&#233;parable du travail de l'artiste dans sa soci&#233;t&#233;. Monsieur Harper n'a pas encore compris qu'il doit traiter le d&#233;veloppement culturel comme une grande mission de l'&#201;tat. L'actuel premier ministre canadien devrait mieux lire Machiavel : &#171; Le Prince doit avoir &#224; droite un &#233;conomiste pour montrer sa puissance, et &#224; sa gauche un po&#232;te, pour montrer son rayonnement. &#187; Il nous faut bien l'admettre, les artistes &#8722; plus facilement que les politiciens &#8722; transmettent mieux ce qui nous rassemble. Leur solidarit&#233; est r&#233;elle. En effet, l'acte m&#234;me de cr&#233;er n'est jamais un acte isol&#233;. Tout artiste a besoin d'une profonde int&#233;gration dans la soci&#233;t&#233; pour que l'&#339;uvre de beaut&#233; qu'il veut proposer rejoigne la conscience de chaque individu. L'artiste cr&#233;e parce qu'il croit que quelque chose est menac&#233; l&#224; o&#249; il vit. C'est pourquoi, imaginer une &#339;uvre ne suffit pas, il faut la dire, l'exprimer, la faire entendre, afin que le peuple ne soit pas divorc&#233; de sa culture. Les politiciens doivent comprendre que l'artiste ne fait pas juste &#233;blouir, il &#233;claire. Gr&#226;ce &#224; l'art, toutes nos vies sont faites de transmissions qui nous aident &#224; vivre. L'art ne change pas le bonheur de vivre, il l'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Porteur d'identit&#233; et de valeurs, l'acc&#232;s &#224; la culture d&#233;veloppe l'ouverture, la tol&#233;rance, la curiosit&#233; et le d&#233;sir. En effet, les arts prot&#232;gent les identit&#233;s multiples parce qu'ils assurent la multiplicit&#233; des regards sur une soci&#233;t&#233;. Cette diversit&#233; fait partie du patrimoine humain ; elle est un droit fondamental de l'humanit&#233;. Les arts donnent le go&#251;t du pluriel. Je n'ose pas penser que le Premier ministre du Canada et sa ministre du Patrimoine s'inqui&#232;tent des effets de la libert&#233; d'expression. Ils doivent comprendre et admettre que toute cr&#233;ation d'une &#339;uvre atteste d'un suppl&#233;ment de sens qui &#233;chappe au contr&#244;le social. Car les rencontres de l'artiste avec son public sont une condition de l'&#233;panouissement des arts dans une soci&#233;t&#233;. Les activit&#233;s artistiques sont essentielles pour cr&#233;er un esprit de solidarit&#233; et b&#226;tir des collectivit&#233;s dynamiques. La culture contribue &#224; la qualit&#233; de vie des citoyens et constitue un &#233;l&#233;ment dominant du rayonnement. Malheureusement, les gouvernements, accordant peu de cr&#233;dit aux bienfaits des arts, n'agissent pas en cons&#233;quence. Porteuse de la qualit&#233; de vie, la culture valorise la coh&#233;sion et la solidarit&#233; sociales. L'investissement dans les arts am&#233;liore la vie des personnes ou de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble. C'est ainsi que l'investissement dans les arts cr&#233;e une valeur sociale tr&#232;s &#233;lev&#233;e. Car la culture est un bien commun qui ne se r&#233;duit pas &#224; une op&#233;ration comptable. Ces temps-ci, il est vrai, l'avenir annonce peu d'&#233;claircies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela dit, il peut para&#238;tre paradoxal que les artistes qu&#233;b&#233;cois, particuli&#232;rement les ind&#233;pendantistes, s'adressent au gouvernement f&#233;d&#233;ral pour d&#233;fendre le soutien &#224; ce qu'il convient d'appeler la culture qu&#233;b&#233;coise. Tant et aussi longtemps que nous paierons des taxes &#224; Ottawa, nous n'avons pas le choix de nous adresser &#224; ce pallier de gouvernement. Par ailleurs, il ne faudrait pas que cela donne bonne conscience aux &#233;lus qu&#233;b&#233;cois. Le m&#233;rite actuel des pr&#233;sentes &#233;lections &#8722; nonobstant ce qui a suscit&#233; le d&#233;bat (les coupures en mati&#232;re de programmes culturels) &#8722;, c'est qu'on a jamais tant parl&#233; de culture. On veut faire croire que cela divise, alors que c'est exactement le contraire qui se produit. On peut discuter longtemps sur les moyens pour soutenir la culture, mais sauf pour Harper qui a le m&#233;pris facile pour les artistes qu&#233;b&#233;cois, tous s'entendent sur sa n&#233;cessit&#233;. Cette solidarit&#233; doit trouver une r&#233;ponse le 14 octobre prochain, jour d'&#233;lection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bruno Roy, &#233;crivain&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Dur coup pour les Franco-ontariens</title>
		<link>http://www.vigile.net/Dur-coup-pour-les-Franco-ontariens</link>
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		<description>Le peuple franco-ontarien d'Ottawa est en deuil aujourd'hui. Le grand spectacle th&#233;&#226;tral historique, l'&#201;cho d'un peuple a fait faillite cette semaine, victime de plusieurs facteurs. Et il y a l&#224; une le&#231;on pour les organisateurs de festivals du (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton14766.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;166&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;Le peuple franco-ontarien d'Ottawa est en deuil aujourd'hui. Le grand spectacle th&#233;&#226;tral historique, l'&#201;cho d'un peuple a fait faillite cette semaine, victime de plusieurs facteurs. Et il y a l&#224; une le&#231;on pour les organisateurs de festivals du (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Dur-coup-pour-les-Franco-ontariens"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Warren, Paul</title>
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		<dc:creator>Paul Warren</dc:creator>
		


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		<title>Th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais, Trust am&#233;ricain et &#201;glise catholique : une lutte &#224; trois sur fond de culture, d'affaires et de nationalisme</title>
		<link>http://www.vigile.net/Theatre-canadien-francais-Trust</link>
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		<dc:creator>Simon Roy - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>L'art et le nationalisme canadiens-fran&#231;ais ont toujours &#233;t&#233; intimement li&#233;s. Au Qu&#233;bec, la musique, la peinture, le th&#233;&#226;tre, le cin&#233;ma s'assurent, depuis fort longtemps, d'&#234;tre un v&#233;hicule efficace pour les id&#233;es porteuses de grands changements. Ce travail s'int&#233;resse &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'art et le nationalisme canadiens-fran&#231;ais ont toujours &#233;t&#233; intimement li&#233;s. Au Qu&#233;bec, la musique, la peinture, le th&#233;&#226;tre, le cin&#233;ma s'assurent, depuis fort longtemps, d'&#234;tre un v&#233;hicule efficace pour les id&#233;es porteuses de grands changements. Ce travail s'int&#233;resse &#224; la situation du th&#233;&#226;tre et du nationalisme canadiens-fran&#231;ais au lendemain de l'Acte d'Union jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des premiers cr&#233;ateurs canadiens-fran&#231;ais populaires. Cette p&#233;riode est une intense lutte &#224; trois pour la domination culturelle et commerciale du th&#233;&#226;tre au Qu&#233;bec. L'&#201;glise catholique, depuis toujours, veut conserver ses valeurs bien en place pour assurer son emprise sur le peuple, mais diff&#233;rents &#233;v&#233;nements la forceront &#224; changer son fusil d'&#233;paule. Le Trust, venu en terre qu&#233;b&#233;coise pour incorporer Montr&#233;al et Qu&#233;bec &#224; son r&#233;seau, semble s'en prendre &#224; un public gagn&#233; d'avance, mais son ing&#233;rence et son indiff&#233;rence face aux besoins des Canadiens fran&#231;ais causeront sa perte. Et le nationalisme canadien-fran&#231;ais, lui, rena&#238;t de ses cendres suite &#224; l'&#233;veil du peuple quant &#224; sa capacit&#233; de faire son propre th&#233;&#226;tre, dans lequel il se reconna&#238;t mieux que dans le th&#233;&#226;tre europ&#233;en ou am&#233;ricain qu'on lui enfonce dans la gorge depuis trop longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1338 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:97px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.puq.ca/fr/repertoire_fiche.asp?titre=discipline&amp;titre2=090&amp;noProduit=S1231&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_4-theatre.jpg' width=&quot;97&quot; height=&quot;144&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;	Ce sujet, avec son contexte et ses acteurs captivants, soul&#232;ve une grande question : &#171; Comment l'influence de l'&#201;glise et le monopole du th&#233;&#226;tre au Qu&#233;bec d&#233;tenu par le Trust am&#233;ricain entre 1890 et 1903 causent une renaissance du th&#233;&#226;tre et une remont&#233;e du nationalisme canadiens-fran&#231;ais ? &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs auteurs se sont pench&#233;s sur la question du th&#233;&#226;tre et du nationalisme canadiens-fran&#231;ais &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, mais toujours en les s&#233;parant l'un de l'autre. La plupart des ouvrages offrent une analyse compl&#232;te sur la renaissance du th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais, en se contentant de seulement effleurer au passage le nationalisme qui en ressurgit. Bref, les liens entre la renaissance du th&#233;&#226;tre et la remont&#233;e du nationalisme ne demandent qu'&#224; &#234;tre faits, les questions qu'&#224; &#234;tre soulev&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il semble que l'&#233;veil du peuple canadien-fran&#231;ais quant &#224; sa capacit&#233; de faire lui-m&#234;me son th&#233;&#226;tre provienne &#224; la fois d'un ras-le-bol face &#224; l'oppression que lui fait subir l'&#201;glise quant &#224; ce qui est acceptable ou non, ce qui est bien ou mal, et d'un &#233;c&#339;urement face au th&#233;&#226;tre &#224; la Broadway qui, au d&#233;part, comble un vide, mais qui, rapidement, prend trop de place et ne se pr&#233;occupe pas suffisamment des exigences du peuple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour d&#233;montrer l'hypoth&#232;se propos&#233;e, ce travail est divis&#233; en trois grandes parties. Premi&#232;rement, la dualit&#233; entre l'&#201;glise catholique et le th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais est expos&#233;e et analys&#233;e. Cette premi&#232;re partie d&#233;montre comment une situation perp&#233;tuelle de dominant-domin&#233; m&#232;ne &#224; un ras-le-bol du domin&#233; face au dominant. La deuxi&#232;me partie &#233;nonce l'arriv&#233;e du Trust am&#233;ricain et ses m&#233;thodes pour acqu&#233;rir et maintenir son monopole. On voit dans cette partie que le th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais, fra&#238;chement &#171; libre &#187; de l'influence eccl&#233;siastique se retrouve &#224; nouveau sous l'emprise d'une entit&#233; sup&#233;rieure. Une seconde dualit&#233; na&#238;t de ce ph&#233;nom&#232;ne et conduit au sujet de la troisi&#232;me et derni&#232;re partie : le changement de position de l'&#201;glise catholique, la renaissance du th&#233;&#226;tre et la remont&#233;e du nationalisme canadiens-fran&#231;ais. Ces th&#232;mes seront &#233;galement mis en relation avec le th&#232;me int&#233;grateur : &#171; l'impact de la modernisation sur les institutions culturelles traditionnelles &#187;, en d'autres mots, ce travail tente de d&#233;montrer comment le Trust am&#233;ricain, porteur d'une modernit&#233; autant culturelle que technologique, cause un changement de position chez l'&#201;glise et un &#233;veil du peuple canadien-fran&#231;ais face &#224; la prise en main de leur culture et de leurs affaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La dualit&#233; entre le th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais et l'&#201;glise catholique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au d&#233;but de la p&#233;riode qui nous int&#233;resse, le th&#233;&#226;tre professionnel et commercial francophone n'existe pas. En fait, le th&#233;&#226;tre francophone au Qu&#233;bec se limite &#224; des adaptations de pi&#232;ces fran&#231;aises, anglaises et am&#233;ricaines. En d'autres mots : &#171; l'institution th&#233;&#226;trale [&#8230;] en fut une d'importation &#187;(1) et, en ce sens, les premi&#232;res tourn&#233;es &#224; venir visiter le Qu&#233;bec sont europ&#233;ennes, surtout anglaises. &#192; par l'exp&#233;rience que poss&#232;dent ces troupes, elles pr&#233;sentent tous les d&#233;savantages possibles : elles co&#251;tent tr&#232;s cher, elles sont souvent &#233;puis&#233;es par leurs longues tourn&#233;es et, surtout, elles sont form&#233;es de com&#233;diens dont l'accent agace l'oreille canadienne-fran&#231;aise. C'est en r&#233;action &#224; ces troupes &#233;trang&#232;res qu'apparaissent, vers 1860, &#224; Montr&#233;al et &#224; Qu&#233;bec, les premi&#232;res troupes locales. Les troupes, elles, n'ont pas trop de difficult&#233; &#224; jouer les adaptations europ&#233;ennes, mais le principal probl&#232;me est que, jusqu'en 1900, au Qu&#233;bec, &#171; il n'existe pas d'&#233;diteur ni m&#234;me de collection sp&#233;cialis&#233;e dans l'&#233;dition du texte dramatique &#187;(2). Les rares auteurs dramatiques canadiens-fran&#231;ais doivent donc financer eux-m&#234;mes leur &#233;dition et leur publication, ce qui est bien au-dessus des moyens de la plupart d'entre eux. Alors comment les auteurs dramatiques canadiens-fran&#231;ais s'y prennent-ils pour rendre leurs &#339;uvres accessibles au public ? Ils vont voir ceux qui les m&#233;prisent et les censurent depuis plus d'un si&#232;cle : l'&#201;glise catholique. Et pourquoi l'&#201;glise changerait-elle sa position face au th&#233;&#226;tre qu'elle per&#231;oit depuis toujours comme immoral, trop l&#233;ger et r&#233;pandant les mauvaises valeurs ? Dans ce cas-ci, l'on peut dire que la vieille expression &#171; l'ennemi de mon ennemi est mon ami &#187; s'applique. Devant l'importance grandissante de la pr&#233;sence europ&#233;enne et, bient&#244;t, am&#233;ricaine, l'&#201;glise catholique ne peut que constater qu'un important morceau de la culture qu&#233;b&#233;coise est en danger et n'a d'autre choix que de permettre la diffusion, dans ses revues et dans ses circulaires, d'&#339;uvres d'auteurs canadiens-fran&#231;ais comme Louis-Honor&#233; Fr&#233;chette (Papineau), Anne-Marie Gleason-Huguenin (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'adieu au po&#232;te&lt;/i&gt;), ou encore Rodolphe Girard (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la conqu&#234;te d'un baiser&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1339 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:120px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://books.google.ca/books?id=xbXMf07jfr8C&amp;dq=L%E2%80%99%C3%89glise+et+le+Th%C3%A9%C3%A2tre+au+Qu%C3%A9bec&amp;hl=fr&amp;pgis=1&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_4-tourangeau.jpg' width=&quot;120&quot; height=&quot;184&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Mais il ne faut pas croire que l'&#201;glise supporte le th&#233;&#226;tre. Elle daigne diffuser les auteurs d'ici, mais elle s'assure de les garder &#224; un bas niveau : amateur et m&#234;me scolaire, de pr&#233;f&#233;rence. Le fait est que l'&#201;glise approuverait bien le th&#233;&#226;tre s'il voulait parler de patriotisme et de vertu, mais comme les pi&#232;ces viennent majoritairement d'Angleterre et de France, m&#234;me si elles sont quelques fois jou&#233;es par des Canadiens fran&#231;ais, elles ne sont pas adapt&#233;es au contexte Qu&#233;b&#233;cois de l'apr&#232;s-Acte d'Union. Comme le d&#233;crivent Laflamme et Tourangeau : &#171; Elle [l'&#201;glise] ne lui accorde pas sa b&#233;n&#233;diction [au th&#233;&#226;tre], mais elle lui laisse tout de m&#234;me une paix relative &#187; (3). Cependant, Montr&#233;al fait exception &#224; cette r&#232;gle cl&#233;ricale. De 1836 &#224; 1876, Monseigneur Bourget, &#233;v&#234;que du dioc&#232;se de Montr&#233;al, paralyse presque compl&#232;tement le th&#233;&#226;tre et toutes autres formes de manifestations artistiques dans sa &#171; politique du juste milieu &#187; (4). Cette politique, bien plus rigide que son nom l'indique, stipule qu'&#171; on ne peut, sous peine de p&#233;ch&#233; mortel, concourir &#224; aucune repr&#233;sentation notablement ind&#233;cente [&#8230;], ni par abonnement ou souscription, ni par applaudissement &#187; (5). Ainsi, d'un c&#244;t&#233;, il limite grandement le d&#233;veloppement du th&#233;&#226;tre francophone &#224; Montr&#233;al et, d'un autre c&#244;t&#233;, il pousse la jeunesse franco-canadienne vers le th&#233;&#226;tre montr&#233;alais anglophone. Puisque ce th&#233;&#226;tre est r&#233;git par les protestants plut&#244;t que par les catholiques, il offre des pi&#232;ces &#171; d'une morale g&#233;n&#233;ralement beaucoup plus rel&#226;ch&#233;e que celle du th&#233;&#226;tre fran&#231;ais &#187; (6), c'est-&#224;-dire des pi&#232;ces dans lesquelles apparaissent notamment des femmes. Bref, cette censure par l'&#201;glise catholique fait pratiquement mourir le peu de th&#233;&#226;tre francophone qui se fait au Qu&#233;bec &#224; la fin du XIXe si&#232;cle au profit du th&#233;&#226;tre anglophone et europ&#233;en.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s plus de trente-six ans &#224; la t&#234;te du dioc&#232;se de Montr&#233;al, Monseigneur Bourget se retire et nomme Monseigneur Fabre pour le remplacer. Cependant, Monseigneur Bourget laisse un h&#233;ritage tr&#232;s lourd et son spectre semble toujours &#234;tre omnipr&#233;sent autour des relations entre l'&#201;glise et le th&#233;&#226;tre. En cons&#233;quence, m&#234;me si l'on croyait que le d&#233;part de Monseigneur Bourget allait aider les choses, jusqu'en 1893, les journaux des trois grandes villes qu&#233;b&#233;coises, presque tous sous contr&#244;le eccl&#233;siastique, mart&#232;lent les th&#233;&#226;tres francophones et &#233;trangers pour leur manque de moralit&#233;, leur caract&#232;re trop l&#233;ger, et y vont de s&#233;v&#232;res mises en garde &#224; l'intention de ceux qui voudraient s'y adonner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La dualit&#233; entre le th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais et le Trust am&#233;ricain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme mentionn&#233; dans la partie pr&#233;c&#233;dente, la substitution des troupes de tourn&#233;es pour des troupes locales permet au moins &#224; quelques Canadiens fran&#231;ais de vivre du th&#233;&#226;tre. Par contre, l'arriv&#233;e des troupes locales entra&#238;ne un ph&#233;nom&#232;ne qui se r&#233;v&#232;lera plus tard comme regrettable : les troupes europ&#233;ennes, forc&#233;es de limiter leurs pr&#233;sences en sol qu&#233;b&#233;cois, laissent la porte grande ouverte &#224; l'h&#233;g&#233;monie New-Yorkaise qui ne prend que quelques ann&#233;es &#224; incorporer le Qu&#233;bec dans son r&#233;seau. Le Trust am&#233;ricain, ce monstre &#233;conomique et, par la bande, culturel, fait son entr&#233;e au Qu&#233;bec vers 1890. Puisque le peuple canadien-fran&#231;ais a soif de nouveaut&#233; mais est encore incapable de palier lui-m&#234;me &#224; ses propres besoins, l'ouverture est b&#233;ante pour un envahissement d&#233;guis&#233; en sauvetage. Le plus grand monopole de l'industrie du loisir et de la culture au monde semble invincible parce qu'il est &#171; une association tactique entre quelques puissants producteurs new-yorkais et divers directeurs de petites cha&#238;nes r&#233;gionales exasp&#233;r&#233;s par la situation th&#233;&#226;trale &#187; (7). Parmi les producteurs, on retrouve Marcus Klaw et A.L. Erlanger qui poss&#232;dent la majorit&#233; des salles de th&#233;&#226;tre du sud des &#201;tats-Unis ; les millionnaires et g&#233;ants de la production Al Hayman et Charles Frohman ; ainsi que Samuel F. Nixon et Fred Zimmerman, deux importants producteurs new-yorkais. En moins de sept ans, &#171; tous les &#233;tablissements montr&#233;alais et qu&#233;b&#233;cois de quelque importance pass&#232;rent progressivement sous le contr&#244;le du groupe new-yorkais &#187; (8). Au d&#233;part, l'arriv&#233;e d'un groupe aussi puissant ne peut que servir la cause du th&#233;&#226;tre au Qu&#233;bec : le Trust assure la r&#233;gularit&#233; des spectacles et, surtout, met enfin Montr&#233;al sur le circuit des grandes tourn&#233;es. Cette grande vague de modernisation qui souffle sur l'industrie du th&#233;&#226;tre au Qu&#233;bec fait en sorte que Montr&#233;al n'accuse plus aucun retard sur les autres grandes villes mondiales quant &#224; la pr&#233;sentation des grands succ&#232;s de Broadway et &#224; l'utilisation des nouvelles techniques et technologies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pourquoi les Canadiens fran&#231;ais, lass&#233;s du th&#233;&#226;tre &#224; l'europ&#233;enne tombent-ils litt&#233;ralement en amour avec le th&#233;&#226;tre &#224; l'am&#233;ricaine ? Legris l'explique tr&#232;s simplement dans &#171; Le th&#233;&#226;tre au Qu&#233;bec : 1825-1980 &#187; :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de partir en tourn&#233;e, un spectacle devait d'abord passer le test new-yorkais. Alors, aur&#233;ol&#233;e du prestige de la r&#233;ussite, la production menait, parfois pendant des ann&#233;es, de grandes tourn&#233;es continentales. Quand le succ&#232;s obtenu sur Broadway &#233;tait plus triomphal encore, on pouvait envoyer en tourn&#233;e jusqu'&#224; cinq ou six troupes affubl&#233;es du m&#234;me nom et des m&#234;mes &#233;pith&#232;tes ronflantes que l'originale. Des centaines de milliers de spectateurs eurent ainsi la conviction de voir dans les th&#233;&#226;tres les plus recul&#233;s du continent les grands triomphes de New York tels que les avaient acclam&#233;s la foule et la critique new-yorkaises. Le subterfuge dura (9).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ainsi, avec le reste du continent, que les Canadiens fran&#231;ais sont entra&#238;n&#233;s dans un mouvement grandiose et prestigieux comme seuls les Am&#233;ricains sont capables de cr&#233;er. Ce nouveau monopole d&#233;tenu par le Trust p&#232;se tr&#232;s lourd sur le dos des auteurs et des troupes d'expression francophone. Les auteurs sont maintenant condamn&#233;s &#224; demeurer mineurs et amateurs parce que les Am&#233;ricains &#233;crivent leurs propres pi&#232;ces, et les troupes, si elles veulent jouer plus que du religieux ou du scolaire, doivent parvenir &#224; se faire engager par le Trust am&#233;ricain pour jouer des pi&#232;ces new-yorkaises. Et la domination du Trust n'a pas d'effets n&#233;gatifs que sur les auteurs et les troupes locales : elle accro&#238;t &#233;galement &#171; la centralisation des affaires th&#233;&#226;trales dans la m&#233;tropole am&#233;ricaine et ne [tient] aucun compte des disparit&#233;s r&#233;gionales &#187; (10). Donc, d'un c&#244;t&#233;, la haute bourgeoisie anglaise est m&#233;contente parce qu'elle d&#233;teste voir Montr&#233;al perdre de son pouvoir &#233;conomique aux mains de New York, et d'un autre c&#244;t&#233;, les francophones ne tardent pas &#224; s'apercevoir qu'ils se reconnaissent encore moins dans le th&#233;&#226;tre &#224; la Broadway que dans le th&#233;&#226;tre europ&#233;en qu'ils ont mis &#224; la porte. Sans compter que le Trust se soucie encore moins que ses pr&#233;d&#233;cesseurs de savoir si l'accent, l'apparence ou m&#234;me l'histoire racont&#233;e conviennent ou non au public qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Renaissance du th&#233;&#226;tre et remont&#233;e du nationalisme canadiens-fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, malgr&#233; l'admiration que le public canadien-fran&#231;ais a, au d&#233;part, pour le th&#233;&#226;tre &#224; la Broadway, la volont&#233; d'avoir enfin un th&#233;&#226;tre bien &#224; lui se fait sentir plus que jamais. Devant la situation &#233;conomique et culturelle alarmante du th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais, l'&#201;glise permet progressivement aux auteurs canadiens-fran&#231;ais de diffuser un peu plus librement et largement leurs &#339;uvres dans les revues et dans les circulaires des diff&#233;rentes paroisses. Ainsi, tout aussi progressivement, les troupes locales commencent &#224; avoir des pi&#232;ces canadiennes-fran&#231;aises sous la main et les jouent dans les &#233;glises et dans les &#233;coles. Bref, il ne leur manque qu'une sc&#232;ne majeure sur laquelle jouer parce qu'il est &#233;videment que le Trust am&#233;ricain ne les laisseront jamais jouer sur les siennes. Et c'est &#224; partir de ce moment que le th&#233;&#226;tre qui ne faisait que survivre et que le nationalisme pr&#233;sent mais domin&#233; se fondent l'un dans l'autre : &#171; il suffit, pour s'en convaincre, de relire les multiples appels &#224; la cr&#233;ation d'un th&#233;&#226;tre national qui jalonnent notre histoire th&#233;&#226;trale &#187; (11). Toutefois, le Th&#233;&#226;tre National ne sera inaugur&#233; que dans un quart de si&#232;cle et c'est maintenant que le th&#233;&#226;tre et le nationalisme canadiens-fran&#231;ais demandent &#224; &#233;clore.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devant la grogne grandissante du public qu&#233;b&#233;cois, le 30 septembre 1898, Elz&#233;ar Roy et la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste mettent sur pied les &#171; Soir&#233;es de famille &#187;. Avec l'approbation et m&#234;me l'aide du clerg&#233;, ce qui ne devait &#234;tre qu'un m&#233;lange d'exercice th&#233;&#226;tral et de cours d'&#233;locution devient rapidement une troupe r&#233;guli&#232;re. Les trois ann&#233;es d'efforts mises par Elz&#233;ar Roy sont, au bout du compte, &#171; &#224; la fois une r&#233;compense pour les &#233;l&#232;ves [des deux sexes] et une aubaine pour les spectateurs pour suivre avec int&#233;r&#234;t le succ&#232;s des jeunes acteurs et jouir d'un bon spectacle fran&#231;ais &#187; (12). Toutefois, il ne faut pas se leurrer ; les Soir&#233;es de famille ne sont pas l'&#233;v&#233;nement ni l'av&#232;nement que les Canadiens fran&#231;ais attendent. En effet, des soixante-quatorze pi&#232;ces jou&#233;es par la troupe, aucune n'est qu&#233;b&#233;coise ; &#224; l'exception de Juliette B&#233;liveau, aucun membre de la troupe ne poursuit une carri&#232;re professionnelle apr&#232;s la fermeture de 1901 ; les Soir&#233;es deviennent rapidement officieusement exclusives &#224; la petite bourgeoisie canadienne-fran&#231;ais et le peuple la boude. Bref, les Soir&#233;es ne sont pas aussi rayonnantes qu'esp&#233;r&#233;, mais au moins, le mouvement est lanc&#233;. Comme le d&#233;crit clairement Ren&#233;e Legris : &#171; Tout le monde, &#224; l'&#233;poque, comprit bien l'esprit qui les animait [les Soir&#233;es] et le sens profond du consensus historique qui pr&#233;sida &#224; leur cr&#233;ation. Le &#171; mal &#187;, c'&#233;tait l'assimilation et tout ce qui pouvait la ralentir &#233;tait &#171; bon &#187; ou acceptable &#187; (13). Devant cet &#233;veil de conscience, certains membres de la petite bourgeoisie canadienne-fran&#231;ais rejoigne le mouvement. Par exemple, le 21 novembre 1898, Godeau, un ing&#233;nieur, fonde le Th&#233;&#226;tre des Vari&#233;t&#233;s qui donnera naissance un peu plus tard au Th&#233;&#226;tre de la Renaissance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Arrive ensuite la p&#233;riode des caf&#233;s-concerts ; une formule directement import&#233;e de Paris. Les caf&#233;s-concerts sont de petites salles fr&#233;quent&#233;es autant par le peuple que par la petite bourgeoisie o&#249; l'on pr&#233;sente des pi&#232;ces francophones et, surtout, o&#249; l'on peut consommer de l'alcool. Le concept conna&#238;t un succ&#232;s sans pr&#233;c&#233;dant chez le petit peuple canadien-fran&#231;ais parce que, pour une rare fois, il s'y reconna&#238;t parfaitement, comme en t&#233;moigne la premi&#232;re revue locale d'Alfred Durantel, pr&#233;sent&#233;e le 31 mars 1899 au caf&#233;-concert l'El-Dorado :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au lieu d'entendre parler constamment d'un vicomte millionnaire ou d'un baron d&#233;cav&#233;, nous sommes en pr&#233;sence de T&#233;lesphore Pigeonneau, un dur &#224; cuire qu'a [sic] du poil aux pattes, de la gaiet&#233; au c&#339;ur et du courage au ventre. Au lieu de parcourir les grands boulevards parisiens, il est question de la C&#244;te-Saint-Lambert ou de la Place Jacques-Cartier ; au lieu d'entendre crier Br&#233;bant, ou Bignon, ou le caf&#233; des Vari&#233;t&#233;s de Paris, on entend parler de Jos Riendeau, et cela sonne bien &#224; nos oreilles attentives (14).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Maintenant que la petite bourgeoisie et le peuple canadiens-fran&#231;ais sont sur la m&#234;me longueur d'onde, le mouvement nationaliste peut poursuivre sa pouss&#233;e dans le milieu th&#233;&#226;tral. Les deux derni&#232;res ann&#233;es du XIXe si&#232;cle sont les plus importantes de l'histoire th&#233;&#226;trale du Qu&#233;bec : elles marquent la naissance et l'aboutissement du projet de Julien Daoust de cr&#233;er le Th&#233;&#226;tre National. Encore une fois, Ren&#233;e Legris d&#233;crit parfaitement l'effet qu'a le National sur toute l'industrie : &#171; Ce que ne r&#233;ussissent pas &#224; faire ni les &#171; Soir&#233;es de famille &#187;, ni les autres &#233;tablissements &#233;ph&#233;m&#232;res de l'&#233;poque, le Th&#233;&#226;tre National le r&#233;alisa avec &#233;clat et fulgurance. Il parvint &#224; puiser dans la client&#232;le francophone des th&#233;&#226;tres anglais et sut se l'attacher. Son succ&#232;s prit de court le Trust qui, jusqu'&#224; ce moment, n'avait gu&#232;re &#224; s'inqui&#233;ter des entrepreneurs locaux, et pour cause &#187; (15).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Paul Cazeneuve, &#224; la t&#234;te du Th&#233;&#226;tre National, sait tr&#232;s bien comment continuer et achever le changement d&#233;sir&#233; par le public canadien-fran&#231;ais. &#192; ses d&#233;buts, il se contente de poursuivre la tradition &#224; laquelle le public s'est habitu&#233; : pr&#233;senter des versions traduites en fran&#231;ais de pi&#232;ces am&#233;ricaines ou anglaises. Cependant, les m&#233;thodes de Cazeneuve r&#233;volutionnent la cr&#233;ation th&#233;&#226;trale canadienne-fran&#231;aise : pour la pr&#233;paration des spectacles, il fait appel &#224; des talents locaux pour traduire et adapter les textes. De cette fa&#231;on, il met de nombreux jeunes auteurs en contact intime avec des &#339;uvres &#224; succ&#232;s. Gr&#226;ce &#224; ce geste en apparence anodin, d&#232;s 1903, plusieurs jeunes auteurs canadiens-fran&#231;ais &#233;crivent et voient leurs pi&#232;ces &#234;tre jou&#233;es sur les planches du Th&#233;&#226;tre National. Cazeneuve, peut-&#234;tre malgr&#233; lui, lance ainsi la premi&#232;re vague d'auteurs canadiens-fran&#231;ais populaires. Les Canadiens fran&#231;ais r&#233;alisent enfin qu'ils savent &#233;crire, produire et jouer un th&#233;&#226;tre dans lequel ils se retrouvent, et ce, mieux que les Europ&#233;ens ou les Am&#233;ricains. Finalement, comme le d&#233;crit Larrue : &#171; la derni&#232;re d&#233;cennie tranche nettement avec l'&#233;volution tranquille et prudente qui avait caract&#233;ris&#233; le XIXe si&#232;cle dramatique &#187; (16).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En conclusion, la pression et l'oppression constante que subissent le th&#233;&#226;tre et le public canadiens-fran&#231;ais aux mains de l'&#201;glise catholique causent un v&#233;ritable ras-le-bol face &#224; cette institution que plusieurs surnomment &#171; le dernier bastion de la culture canadienne-fran&#231;aise &#187;. Devant son besoin grandissant d'autonomie, le th&#233;&#226;tre d'ici parvient &#224; se lib&#233;rer partiellement de l'h&#233;g&#233;monie cl&#233;ricale qui r&#233;git pratiquement toute la culture canadienne-fran&#231;aise, mais tout cela simplement pour retomber sous l'influence d'une nouvelle institution qui, elle, repr&#233;sente la modernit&#233; et la modernisation. Devant cette nouvelle menace &#224; la culture canadienne-fran&#231;ais, l'&#201;glise catholique et le th&#233;&#226;tre doivent mettre leurs vieilles querelles de c&#244;t&#233;s pour &#233;viter l'assimilation du milieu th&#233;&#226;tral, du moins. Gr&#226;ce &#224; l'initiative de certains membres de la petite bourgeoisie, du milieu artistique, du peuple et &#224; la coop&#233;ration des &#233;v&#234;ques et autres membres du clerg&#233;, le th&#233;&#226;tre d'ici peut &#233;voluer parall&#232;lement au th&#233;&#226;tre am&#233;ricain. Finalement, en 1903, avec la mise en marche du Th&#233;&#226;tre National et l'arriv&#233;e des premiers auteurs canadiens-fran&#231;ais populaires, le th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais prouve au grand public qu'il peut tr&#232;s bien, m&#234;me mieux que le th&#233;&#226;tre &#224; la Broadway, combler le vide caus&#233; par l'&#233;vincement presque total des productions et des troupes europ&#233;ennes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malheureusement, l'histoire ne demeure pas aussi brillante pour le reste du XXe si&#232;cle. Maintenant que le th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais n'est plus en danger, l'&#201;glise revient sur ses positions d'apr&#232;s-Acte d'Union : l'industrie du th&#233;&#226;tre est &#224; nouveau mal vue et d&#233;nigr&#233;e par le clerg&#233;. Cependant, puisque le th&#233;&#226;tre canadien-fran&#231;ais devient plus qu'un simple divertissement, mais &#233;galement un v&#233;hicule pour la culture et l'identit&#233; canadienne-fran&#231;aise, l'&#201;glise ne r&#233;ussira jamais &#224; contenir et &#224; limiter son rayonnement comme elle le faisait il y a quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;NOTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1 Christian Beaucage, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le th&#233;&#226;tre &#224; Qu&#233;bec au d&#233;but du XXe si&#232;cle : Une &#233;poque flamboyante&lt;/i&gt;, 1996, p. 55&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2 H&#233;l&#232;ne Beauchamp et al., &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Th&#233;&#226;tres qu&#233;b&#233;cois et canadiens-fran&#231;ais au XXe si&#232;cle : Trajectoires et territoires&lt;/i&gt;, 2003, p. 90&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3 Jean Laflamme et R&#233;mi Tourangeau, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#201;glise et le Th&#233;&#226;tre au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, 1979, p. 128&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4 Jean Laflamme et R&#233;mi Tourangeau, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 127&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;loc. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6 Jean Laflamme et R&#233;mi Tourangeau, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 131&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7 Ren&#233;e Legris et al., &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le th&#233;&#226;tre au Qu&#233;bec : 1825-1980&lt;/i&gt;, 1988, p. 41&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8 Ren&#233;e Legris et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al., op. cit&lt;/i&gt;., p. 42&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9 Ren&#233;e Legris et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al., op. cit.&lt;/i&gt;, p. 29&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10 Ren&#233;e Legris et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al., op. cit.&lt;/i&gt;, p. 43&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;11 Ren&#233;e Legris et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al., op. cit.&lt;/i&gt;, p. 30&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;12 Ren&#233;e Legris et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al., op. cit&lt;/i&gt;., p. 49&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;13 Ren&#233;e Legris et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al., op. cit.&lt;/i&gt;, p. 50&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;14 Sylvio, &#171; chronique de la quinzaine &#187;, 1899, p.66.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15 Ren&#233;e Legris et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al., op. cit.,&lt;/i&gt; p.53&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;16 Jean-Marc Larrue, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le th&#233;&#226;tre &#224; Montr&#233;al &#224; la fin du XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, 1981, p. 12&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucage, Christian (1996). &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le th&#233;&#226;tre &#224; Qu&#233;bec au d&#233;but du XXe si&#232;cle : Une &#233;poque flamboyante&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Nuit blanche &#233;diteur, 302 pages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beauchamp, H&#233;l&#232;ne et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al&lt;/i&gt;. (2003). &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Th&#233;&#226;tres qu&#233;b&#233;cois et canadiens-fran&#231;ais au XXe si&#232;cle : Trajectoires et territoires&lt;/i&gt;, Sainte-Foy, Presses de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec, 436 pages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Laflamme, Jean et R&#233;mi Tourangeau (1979). &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#201;glise et le Th&#233;&#226;tre au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Fides, 355 pages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Larrue, Jean-Marc (1981). &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le th&#233;&#226;tre &#224; Montr&#233;al &#224; la fin du XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Fides, 141 pages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Legris, Ren&#233;e et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al&lt;/i&gt;. (1988). &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le th&#233;&#226;tre au Qu&#233;bec : 1825-1980&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, VLB &#233;diteur, 205 pages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sylvio, &#171; chronique de la quinzaine &#187;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le Passe-Temps&lt;/i&gt;, vol. 5, no 105, 1er avril 1899, p.66.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Herg&#233;, Belge francophone ambigu</title>
		<link>http://www.vigile.net/Herge-Belge-francophone-ambigu</link>
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		<dc:date>2007-03-03T13:54:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jos&#233; Fontaine - Chronique de Jos&#233; Fontaine</dc:creator>
		


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		<description>J'ai lu avec plaisir quand j'&#233;tais enfant les albums d'Herg&#233; mais le monde de ce personnage est compl&#232;tement &#233;tranger &#224; ce qu'ont v&#233;cu 99% des Wallons pendant la guerre, et non seulement &#233;tranger mais parfaitement contradictoire avec ce (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_313 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:177px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://atheles.org/aden/lagrandebibliothequedaden/lesguerresdherge/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/3-herge.png' width=&quot;177&quot; height=&quot;251&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Herg&#233; a &#233;crit plusieurs aventures de Tintin et Milou dans &#171; Le Soir vol&#233; &#187;, le journal &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soir&lt;/i&gt; (toujours le plus grand quotidien francophone) dont la direction fut remplac&#233;e par les Allemands en 1940-1944 et occup&#233;e par des partisans de l'Ordre Nouveau. C'est un livre qui vient de para&#238;tre aux &#233;ditions Aden &#224; Bruxelles et sign&#233; par Beno&#238;t-Jannin qui revient sur cette question : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les guerres d'Herg&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Comment juger Herg&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-on juger un auteur et mettre en cause la valeur de son oeuvre sur la seule base de sa biographie ? Beno&#238;t-Jannin abandonne cet &#233;nervant ton de procureur et cet auteur fran&#231;ais a pris la peine de se faire relire avant que son livre ne soit &#233;dit&#233;, de telle sorte qu'on ne trouve nulle part dans ce volume les erreurs que nos amis fran&#231;ais semblent parfois commettre par plaisir sur les situations belges. En outre, il instruit &#224; charge et &#224; d&#233;charge. Il n'a pas tort de dire que &#171; L'univers d'Herg&#233; est propre, aseptis&#233;, voire constip&#233;. Mais optimiste. &#187; (p.16). Il a aussi raison de mettre en cause la pr&#233;sentation courante d'Herg&#233; comme un &#171; g&#233;nie &#187;, ce que fait quelqu'un comme Michel Serres, estimant qu'Herg&#233; contient &#171; De Brosses, Comte, Marx et Freud &#187;. Cela vaudrait d'ailleurs la peine de se poser la question de savoir pourquoi l'oeuvre d'Herg&#233; est &#224; ce point &#233;lev&#233;e sur des pavois o&#249; elle ne semble vraiment avoir que peu de choses &#224; faire. Comment comparer &#224; Marx par exemple une oeuvre qui, tout en passant largement &#224; c&#244;t&#233; de l'Histoire, en est profond&#233;ment impr&#233;gn&#233;e, mais justement de mani&#232;re na&#239;ve, voire m&#234;me &#171; imb&#233;cile &#187; (le mot est d'Herg&#233; lui-m&#234;me).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nuances et mises au point&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Herg&#233; avoue lui-m&#234;me parfois &#224; propos de celle-ci qu'il s'est &#171; arrang&#233; pour ne pas savoir &#187; lors des ann&#233;es d'Occupation (citation du livre de Beno&#238;t Peeters, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tintin fils d'Herg&#233;&lt;/i&gt;, Flammarion, Paris, 2000). Herg&#233; est aussi tr&#232;s dur vis-&#224;-vis de la R&#233;sistance : &#171; Je d&#233;testais le genre R&#233;sistant. On m'a quelquefois propos&#233; d'en faire partie, mais je trouvais cela contraire aux lois de la guerre. Je savais pour chaque acte de la r&#233;sistance, on allait arr&#234;ter des otages et les fusiller. &#187; (cit&#233; p.50). Voil&#224; des d&#233;clarations qui g&#234;nent car elles coexistent avec la reconnaissance du caract&#232;re &#171; h&#233;ro&#239;que &#187; de L&#233;on Degrelle (fasciste wallon) dans la L&#233;gion Wallonie (troupe SS) fait au magazine &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Humo&lt;/i&gt; en 1973. Elles g&#234;nent aussi dans un pays o&#249; les fameuses &#171; lois de la guerre &#187; ont &#233;t&#233; invoqu&#233;es pour justifier les pires massacres en 1914, il est vrai que c'&#233;tait toujours assez loin de Bruxelles o&#249; Herg&#233; semble vraiment demeur&#233; cantonn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Herg&#233; et Rex&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rex, c'est le nom de ce parti fasciste wallon que pr&#233;sida Degrelle. On est vraiment convaincu par les rapprochements entre les grands th&#232;mes des dessins d'Herg&#233; avant 1940 et le rexisme, d'autant plus que le rexisme a &#233;t&#233; d'abord un certain &#233;tat d'esprit, une volont&#233; de puret&#233; et de vie qui ont tent&#233; pas mal de jeunes catholiques &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est &#224; cette p&#233;riode qu'intervient le personnage de Rastapopoulos, v&#233;ritable incarnation du Mal. Dans son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mythe Herg&#233;&lt;/i&gt;, Beno&#238;t-Jannin se cite lui-m&#234;me &#171; Par son nom, Rastapopoulos est un concentr&#233; de toutes les tares que les mouvements antiparlementaires et antir&#233;publicains stigmatisent dans leurs journaux. Et puis, &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, le mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;rastaquou&#232;re&lt;/i&gt; vise les &#233;trangers &#224; la richesse ostentatoire, forc&#233;ment suspecte, les parvenus vulgaires et bruyants. On l'a raccourci assez vite en &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;rasta&lt;/i&gt;. Popoulos qu'Herg&#233; a ajout&#233; &#224; rasta indique que son personnage a des origines grecques et populaires. &#187; ( p.88).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui est int&#233;ressant aussi, c'est le fait que ce personnage a un correspondant dans la r&#233;alit&#233;. Beno&#239;t Peeters le reconna&#238;t lui-m&#234;me : &#171; Le grand th&#232;me des Aventures de Tintin pendant les ann&#233;es trente n'est pourtant pas si loin de certains arguments de campagne de Degrelle. A sa mani&#232;re Herg&#233; cherche lui aussi &#224; d&#233;monter les faux-semblants, les collusions et les trafics. &#187; (cit&#233; p. 89).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beno&#238;t-Jannin &#233;crit que sa d&#233;nonciation, Herg&#233; &#171; l'adapte &#224; l'univers enfantin. Il transpose les conflits de la soci&#233;t&#233; adulte afin qu'ils soient lisibles pour des enfants de dix ans. Mais son imaginaire et ses moyens sont ceux d'un homme d'extr&#234;me droite. Car pourquoi, sinon, faire d'un apatride aux origines grecques, un m&#233;t&#232;que, selon la terminologie maurrassienne, un symbole du mal ? &#187; (Ibidem)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a une r&#233;elle connivence entre Herg&#233; et Degrelle. Dans des bandes dessin&#233;es &#233;galement de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quick et Flupke&lt;/i&gt;, Hitler est parfois pr&#233;sent&#233; comme un homme de paix. Quant &#224; Herg&#233;, on cite souvent de lui les deux vignettes antis&#233;mites de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Etoile myst&#233;rieuse&lt;/i&gt;, mais il s'agit de dessins r&#233;currents : Beno&#238;t-Jannin signale des ic&#244;nes semblables dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tintin au pays des soviets&lt;/i&gt;, dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;veillon&lt;/i&gt; premi&#232;re BD d'Herg&#233; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Sifflet&lt;/i&gt; du 30 d&#233;cembre 1928.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1925 dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Effort&lt;/i&gt; (dirig&#233; par celui qui dirigera &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soir vol&#233;&lt;/i&gt; Raymond De Becker), il existe m&#234;me un dessin intitul&#233; &#171; Le Juif &#187;. On retrouve le m&#234;me antis&#233;mitisme dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'oreille cass&#233;e&lt;/i&gt; (le brocanteur de cet album). Il semble assez fond&#233; que Beno&#238;t-Jannin &#233;crive : &#171; A l'approche de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, Herg&#233; (&#8230;) appartient &#224; un groupe informel d'individus venant de l'Action catholique belge ou de nulle part, qui va servir l'Ordre nouveau. C'est l'effondrement de 1940, cataclysme mettant &#224; bas l'&#233;difice politique et social construit depuis 1830 et fond&#233; sur le lib&#233;ralisme, qui permettra &#224; cette poign&#233;e d'id&#233;ologues et fascisants et d'opportunistes de tenir tout &#224; coup le haut du pav&#233;. On retrouvera, avec les sp&#233;cificit&#233;s d'origine tenant aux diff&#233;rences entre les pays, leurs homologues &#224; l'oeuvre dans toute l'Europe occup&#233;e, quelles que soient par ailleurs les modalit&#233;s de cette occupation. &#187; (p.101)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Herg&#233;, la Collaboration et la R&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Herg&#233; est mobilis&#233; puis d&#233;mobilis&#233; pour raisons de sant&#233;. Il fuit l'arm&#233;e allemande comme tout le monde, mais regagne la Belgique d&#232;s le 30 juin. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les aventures de Tintin au Congo&lt;/i&gt; sont publi&#233;s dans des journaux flamands collaborateurs d&#232;s septembre. Quand le suppl&#233;ment du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Soir&lt;/i&gt; &#171; jeunesse &#187; se met en place, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soir vol&#233;&lt;/i&gt; accuse les adultes de ne pas avoir pu sauver la Belgique de la d&#233;faite et du d&#233;sordre et appel est fait &#224; la nouvelle g&#233;n&#233;ration. Beno&#238;t Peeters signale un &#233;dito sign&#233; cette fois du pseudo dont se sert Herg&#233; et o&#249; il est question de l'Europe qui se transforme et de l'Ordre nouveau (p.120). Une rubrique encourage les jeunes lecteurs &#224; envoyer des histoires (anti) juives&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans les premiers mois de l'attaque de l'URSS par le Reich que paraissent les premi&#232;res vignettes de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Etoile myst&#233;rieuse&lt;/i&gt;. Il y a vraiment correspondance parfaite sinon id&#233;ologique, du moins g&#233;opolitique entre le th&#232;me de cet album et la situation internationale puisque l'exp&#233;dition internationale &#224; laquelle participe Tintin ne compte que des pays neutres ou membres de l'Axe (le Doktor Schulze de l'universit&#233; d'I&#233;na). Leur d&#233;loyal concurrent est sous pavillon am&#233;ricain et financ&#233; par un certain Blumenstein, nom &#224; la f&#226;cheuse - vu le contexte &#8211; connotation juive (le nom de Blumenstein sera dans des versions ult&#233;rieures remplac&#233; par Bohlwinkel et le pavillon am&#233;ricain par celui d'un pays imaginaire). Tintin l'emporte et ses compagnons du &#171; bon &#187; camp. Le financier Blumenstein apprend par la radio qu'il va &#234;tre &#171; puni &#187;. Bien que Beno&#238;t-Jannin ne le dise pas, cette annonce de la &#171; punition &#187; d'un Juif, dans le contexte de l'&#233;poque &#8211; qu'Herg&#233; s'en soit rendu compte ou non &#8211; fait songer aux allusions &#224; la solution finale qu'Hitler &#233;mit dans ses fameux discours o&#249; il l'annonce de fa&#231;on voil&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beno&#238;t-Jannin fait aussi remarquer que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'oreille cass&#233;e&lt;/i&gt;, par exemple, qui va para&#238;tre en 1943, met en cause derri&#232;re la guerre que se font Alcazar et Tapioca, les manigances d'Am&#233;ricains et d'Anglais marchands d'armes. En outre, l'un des Am&#233;ricains s'appelle Mazarof, allusion limpide au financier Basil Zaharoff qui, dans un pamphlet allemand, avait &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme l'un des marionnettistes de la politique mondiale. De ce livre, Victor Klemperer a &#233;crit en 1942 : &#171; C'est exactement la conception historique d'Hitler : la guerre mondiale, ce sont les industriels de l'armement qui la font pour en profiter. Sauf qu'Hitler dit : derri&#232;re les marchands de canons, il y a le Juif, et tout &#231;a, c'est l'affaire des &#8221; d&#233;mocraties &#8221;, pas de l'Allemagne. &#187; (cit&#233; p.155).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sauf &#224; consid&#233;rer Herg&#233; comme totalement inconscient, il est difficile de donner tort &#224; l'auteur quand il dit que le r&#233;cit de ces manigances anglo-saxonnnes en Am&#233;rique latine &#171; vise &#224; convaincre les jeunes lecteurs de la nocivit&#233; des Am&#233;ricains du Nord et des Anglais qui manipulent les dirigeants des pays d'Am&#233;rique du Sud, n'h&#233;sitant pas &#224; les lancer dans des guerres sanglantes. &#187; (p.156). Ici, il ne s'agit plus de simples correspondances g&#233;opolitiques (quand Herg&#233; se rangeait dans le camp de l' &#171; Europe &#187; contre l' &#171; Am&#233;rique &#187;), mais vraiment id&#233;ologiques entre Herg&#233; et la lecture hitl&#233;rienne de l'histoire. On retrouve dans cette version de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'oreille cass&#233;e&lt;/i&gt; le prototype de la caricature du Juif telle que la montre aussi l'exposition &#171; Voici les Soviets ! &#187; &#224; Bruxelles en 1943 en mars et avril.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'auteur &#233;crit encore : &#171; D'octobre 1941 &#224; mai 1942, soit sept mois, le temps de la parution de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Etoile myst&#233;rieuse&lt;/i&gt; en bande dessin&#233;es (&#8230;) co&#239;ncide avec les mesures les plus radicales prises &#224; l'encontre des Juifs. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Etoile&lt;/i&gt; est, comme par hasard, l'histoire la plus militante d'Herg&#233;. &#187; (p.159).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui est &#233;tonnant, c'est qu'Herg&#233; ait lui-m&#234;me dit qu'il &#233;tait un m&#233;dium, que ses albums portent la trace du temps o&#249; ils ont &#233;t&#233; dessin&#233;s. Quand les choses tournent mal pour l'Allemagne &#224; partir de 1943, avec &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Secret de la Licorne&lt;/i&gt;, Herg&#233; s'&#233;loignera de l'actualit&#233; politique. C'est peut-&#234;tre cela le fond du probl&#232;me : ni Marx ni Leibniz ne se seraient dits des m&#233;diums.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Herg&#233; critique de la Lib&#233;ration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beno&#238;t-Jannin estime que la R&#233;sistance en Wallonie et &#224; Bruxelles se compare &#224; celle de la France. Il n'y a rien de cette dimension essentielle de notre histoire dans la vie ni l'oeuvre d'Herg&#233;. Il y a, par contre, une d&#233;testation du climat d'intol&#233;rance &#224; la Lib&#233;ration, ce qui est quand m&#234;me un peu injuste quand l'on compare les rigueurs de la r&#233;pression nazie (et m&#234;me de l'extermination nazie), et, &#224; c&#244;t&#233; d'actes r&#233;pugnants (les femmes tondues etc.), la quasi mansu&#233;tude (tous comptes faits) de la R&#233;sistance et de l'Etat belge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Herg&#233; a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par la R&#233;sistance pour sa collaboration au &#171; Soir vol&#233; &#187; mais avec impr&#233;cision sur son identit&#233;. Ce qui, &#224; bon droit, r&#233;vulse Beno&#238;-Jannin c'est ceci :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Pendant qu'Herg&#233; collabore &#224; la presse pro-allemande et travaille tranquillement chez lui, avenue Delleur, &#224; Boitsfort, pendant que le principal domicile de De Becker, avenue Emile Max, est prot&#233;g&#233; par la police, il faut se souvenir que d'autres r&#233;sistent, &#233;chappent de peu &#224; l'arrestation, ou sont arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s par la Gestapo qui a son si&#232;ge 453, avenue Louise. C'est &#224; ces r&#233;sistants et militants, je m'en voudrais de ne pas le pr&#233;ciser encore, m&#234;me si l'on s'en doute un peu maintenant, que va ma sympathie. &#187; (p.65).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Encore une fois, il nous semble que ce n'est pas seulement de sympathie (ni m&#234;me de jugement moral qu'il devrait s'agir, du moins pas seulement).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Herg&#233; apr&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Treize albums de Tintin ont &#233;t&#233; publi&#233;s avant 1945 ou commenc&#233;s avant : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tintin au pays des Soviets&lt;/i&gt; (1929), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tintin au Congo&lt;/i&gt; (1931),&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tintin en Am&#233;rique&lt;/i&gt; (1932), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Cigares du pharaon&lt;/i&gt; (1934), Le Lotus bleu, (1936), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Oreille cass&#233;e&lt;/i&gt; (1937), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#206;le noire&lt;/i&gt; (1938), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Sceptre d'Ottokar&lt;/i&gt; (1939), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Crabe aux pinces d'or&lt;/i&gt; (1941), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#201;toile myst&#233;rieuse&lt;/i&gt; (1942), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Secret de la Licorne&lt;/i&gt; (1943), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Tr&#233;sor de Rackham le Rouge&lt;/i&gt;, (1944), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les 7 Boules de cristal&lt;/i&gt; (1948, mais commenc&#233; durant la guerre). Et on doit y ajouter &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tintin au pays de l'or noi&lt;/i&gt;r (1950), qui a &#233;t&#233; con&#231;u avant la guerre, remani&#233; ensuite, ce qui am&#232;ne &#224; bien des contorsions en fonction de l'actualit&#233; et de ce qui &#233;tait ou n'&#233;tait plus politiquement correct avant et apr&#232;s la guerre. Ce qui fait quatorze dans ce que l'on pourrait appeler la p&#233;riode &#171; Ordre Nouveau &#187; d'Herg&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y en aura ensuite neuf autres : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Temple du Soleil&lt;/i&gt; (1949), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Objectif Lune&lt;/i&gt; (1953), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;On a march&#233; sur la Lune&lt;/i&gt;, (1954), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Affaire Tournesol&lt;/i&gt;, (1956), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Coke en stock&lt;/i&gt; (1958), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tintin au Tibet&lt;/i&gt; (1960), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Bijoux de la Castafiore&lt;/i&gt;, (1963), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vol 714 pour Sydney&lt;/i&gt;, (1968), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tintin et les Picaros&lt;/i&gt;, (1976), enfin le posthume et inachev&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tintin et l'Alph-Art&lt;/i&gt; (1986), r&#233;&#233;dit&#233; en 2004.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Que penser ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a parfois dit &#8211; et l'auteur le rappelle &#8211; que Tintin est un mythe belge de remplacement (Jo&#235;l Kotek), mais de remplacement d'un pays qui n'est pas r&#233;ellement parvenu &#224; signifier son unit&#233; dans son histoire et la repr&#233;sentation de celle-ci. Le mythe est &#224; l'usage surtout des Wallons et des Bruxellois francophones, et Herg&#233;-Tintin est au sommet des cartes de visite des D&#233;l&#233;gations Wallonie-Bruxelles dans le monde, avec Jacques Brel (notamment &#224; Qu&#233;bec).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1980, c'est le capitaine Haddock qui illustre la couverture du num&#233;ro sp&#233;cial de la revue de l'ULB intitul&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Belgique malgr&#233; tout&lt;/i&gt; qui lancera la &#171; belgitude &#187;. Sans parler ici de la valeur de l'oeuvre d'Herg&#233;, on ne peut que se poser des questions sur un personnage et ses albums qui, en des p&#233;riodes dramatiques de notre histoire (1940-1945), ont &#233;t&#233; compl&#232;tement en porte-&#224;-faux &#224; l'&#233;gard de la population, wallonne et bruxelloise en tout cas : un Herg&#233; qui b&#226;tit sa fortune pendant la guerre (600.000 albums vendus), dans un journal au service des Allemands.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r, Herg&#233; n'a d&#233;nonc&#233; personne et n'a pas directement soutenu les ignominies. Il a &#233;t&#233; prot&#233;g&#233; par le statut mineur &#224; l'&#233;poque de la Bande dessin&#233;e. Mais il est clair aussi qu'il ne s'est jamais vraiment repenti de ses orientations, allant jusqu'&#224; invoquer son imb&#233;cillit&#233;. Luc Courtois a bien montr&#233; &#224; quel point la Bande dessin&#233;e wallonne est pleine de la Wallonie : les charbonnages, la sid&#233;rurgie, les paysages, l'immigration, la soci&#233;t&#233; multiculturelle, mille et un symboles enracin&#233;s dans cette exp&#233;rience historique et pointant vers l'esprit de r&#233;sistance, la solidarit&#233;, l'humour. En ce sens, en d&#233;pit de la popularit&#233; d'Herg&#233; en Wallonie, les valeurs qu'il a d&#233;fendues jusqu'&#224; la fin de la guerre (et apr&#232;s aussi), ne sont pas celles de ce peuple. Le monde d'Herg&#233; est vraiment &#233;tranger &#224; ce que nous sommes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne met pas ici en cause la valeur de l'oeuvre, mais on s'interroge &#224; bon droit sur son lien avec notre exp&#233;rience historique parce que la raison d'&#234;tre des pi&#233;destaux qu'on lui &#233;l&#232;ve chez nous est li&#233;e justement au fait que beaucoup le revendiquent comme Belge et Belge francophone.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Maxime Benoit-Jannin a plusieurs m&#233;rites dans ce livre. Il conna&#238;t bien le pays (ainsi il oppose l'attitude d'Arthur Masson pendant la guerre, catholique comme Herg&#233; et Herg&#233; lui-m&#234;me). Il instruit &#224; charge et &#224; d&#233;charge, avoue son admiration pour des albums comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le lotus bleu&lt;/i&gt; ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le sceptre d'Ottokar&lt;/i&gt;. Beno&#238;t-Jannin &#233;crit :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; A partir de Bruxelles, centre dicret et de second plan, par rapport &#224; Londres et Paris, d'un empire colonial riche et puissant, il a tr&#232;s naturellement pris fait et cause durant toute sa vie pour l'Occident &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Lotus bleu&lt;/i&gt; constituant une exception notable qu'il ne faut pas se lasser de souligner. On peut certes s'amuser avec Herg&#233; et son oeuvre, ce que font la plupart des commentateurs. Mais pour ma part je pr&#233;f&#232;re, apr&#232;s avoir attaqu&#233; de front le mythe tintinesque, analyser ce qui le fonde, de mani&#232;re &#224; d&#233;gager sa politique. &#187; (p.249).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_314 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:200px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.tintin.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/3-tintin.png' width=&quot;200&quot; height=&quot;179&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Il serait aussi int&#233;ressant de comprendre pourquoi exactement &#8211; l'auteur ne le fait pas &#8211; on tente de d&#233;fendre cette oeuvre au-del&#224; de ses engagements politiques noirs (et certes, on pourrait le comprendre, cela&#8230;), mais aussi de son caract&#232;re souvent vraiment infantile (infantilisme d'autant plus probl&#233;matique que la sup&#233;riorit&#233; de l'Europ&#233;en y est constamment r&#233;affirm&#233;e), mais surtout pourquoi certains en arrivent &#224; voir dans l'oeuvre d'Herg&#233; la grande philosophie de notre temps qu'elle ne contient pas &#224; l'&#233;vidence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait, de ce point de vue, ce qui a sauv&#233; Herg&#233; de toute condamnation en 1944 et 1945 demeure, malgr&#233; l'importance donn&#233;e aujourd'hui &#224; la BD : les histoires d'Herg&#233; sont amusantes et bien faites, bien dessin&#233;es. Ce qui imbibe cette oeuvre, c'est une certaine id&#233;ologie r&#233;actionnaire, et parfois pire, mais l'id&#233;ologie c'est ce dont le simplisme et le sch&#233;matisme nous traversent quand nous ne cherchons pas &#224; faire retour sur nous-m&#234;mes, &#224; nous critiquer, &#224; nous informer. On pourrait se demander si pour aller jusqu'au bout de sa d&#233;mystification, Beno&#238;t-Jannin ne devrait pas insister sur l'insignifiance de cette oeuvre quand on veut en faire l'&#233;gale de celle de Leibniz ou de Marx...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai lu avec plaisir quand j'&#233;tais enfant les albums d'Herg&#233; mais le monde de ce personnage est compl&#232;tement &#233;tranger &#224; ce qu'ont v&#233;cu 99% des Wallons pendant la guerre, et non seulement &#233;tranger mais parfaitement contradictoire avec ce v&#233;cu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jos&#233; Fontaine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>&#171; Banane g&#233;ante &#187; : rendre &#224; C&#233;sar...</title>
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		<description>Alain*Dany&#232;le - On fait grand cas de la &#171; Banane g&#233;ante &#187; dans certains medias m&#233;diocrement intentionn&#233;s. Ici, point d'&#233;thique journalistique, mais un vulgaire acharnement m&#233;diatique sur un projet artistique dont la d&#233;marche est occult&#233;e pour d&#233;noncer les subventions qui ont &#233;t&#233; octroy&#233;es (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Alain*Dany&#232;le - On fait grand cas de la &#171; Banane g&#233;ante &#187; dans certains medias m&#233;diocrement intentionn&#233;s. Ici, point d'&#233;thique journalistique, mais un vulgaire acharnement m&#233;diatique sur un projet artistique dont la d&#233;marche est occult&#233;e pour d&#233;noncer les subventions qui ont &#233;t&#233; octroy&#233;es &#224; l'artiste. Classique, pr&#233;visible et (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Banane-geante-rendre-a-Cesar"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Ceci n'est pas une banane</title>
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		<description>Voici que s'ouvre un autre d&#233;bat sur l'art, avec l'annonce de la nouvelle que l'artiste qu&#233;b&#233;cois C&#233;sar Saez a re&#231;u des subventions de 65000 dollars pour installer une banane g&#233;ante g&#233;ostationnaire dans le ciel du Texas. Est-ce un bon projet ? Vaut-il 65 000$ ou un (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Voici que s'ouvre un autre d&#233;bat sur l'art, avec l'annonce de la nouvelle que l'artiste qu&#233;b&#233;cois C&#233;sar Saez a re&#231;u des subventions de 65000 dollars pour installer une banane g&#233;ante g&#233;ostationnaire dans le ciel du Texas. Est-ce un bon projet ? Vaut-il 65 000$ ou un million ? Est-ce l'argent des contribuables ? On (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Ceci-n-est-pas-une-banane"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>&#171; Les artistes, un rempart insolite dans un monde de plates r&#233;alit&#233;s &#187; &#8212; Claude Jasmin, &#233;crivain</title>
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		<dc:creator>Claude Jasmin - Le Soleil</dc:creator>
		


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		<description>Les cr&#233;ateurs, le plus souvent, sont des lunatiques &#224; lubies folichonnes. Qu'importe, c'est ce qui nous anime. R&#234;ver. Croire un peu, un certain temps, qu'on a du g&#233;nie et puis accepter que le r&#233;el nous claque la gueule de plein fouet. Se coucher et puis se redresser et, de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Les cr&#233;ateurs, le plus souvent, sont des lunatiques &#224; lubies folichonnes. Qu'importe, c'est ce qui nous anime. R&#234;ver. Croire un peu, un certain temps, qu'on a du g&#233;nie et puis accepter que le r&#233;el nous claque la gueule de plein fouet. Se coucher et puis se redresser et, de nouveau, se jeter dans la qu&#234;te enthousiaste (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Les-artistes-un-rempart-insolite"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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