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	<title>Vigile.net - Fran&#231;ois Deschamps</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Du bon usage de la crise</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>UNE CIBLE DE SUBSTITUTION La r&#233;action de Jean Charest &#224; la remarque incidente de Jacques Parizeau &#224; propos de l'id&#233;e de &#171; crise &#187; semble, au premier abord, une manifestation hyst&#233;rique assez banale. Mais, en y regardant de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit qu'elle rel&#232;ve en fait de la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;UNE CIBLE DE SUBSTITUTION&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;action de Jean Charest &#224; la remarque incidente de Jacques Parizeau &#224; propos de l'id&#233;e de &#171; crise &#187; semble, au premier abord, une manifestation hyst&#233;rique assez banale. Mais, en y regardant de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit qu'elle rel&#232;ve en fait de la compulsion de r&#233;p&#233;tition ou &#171; acting out &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors du d&#233;bat des chefs en 2003, l'aspirant Premier ministre Charest avait, en effet, jou&#233; le m&#234;me num&#233;ro. Cette fois-ci, le retour de l'affect d'indignation n'est pas accompagn&#233; cependant de sa composante active qui avait permis &#224; Charest de porter un coup vicieux &#224; l'endroit de Bernard Landry en se servant de Parizeau comme cible de substitution. Certains se souviendront que l'attaque avait constitu&#233; le &#171; tournant d&#233;cisif &#187; de la campagne &#233;lectorale, ce par quoi on peut justement traduire &#171; crise &#187;. Fait significatif, la plupart des m&#233;dias avaient par la suite docilement embo&#238;t&#233; le pas au chef lib&#233;ral. On viendra dire apr&#232;s que ce sont les id&#233;es qui gouvernent le monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;RUER DANS LES BRANCARDS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le terme de &#171; crise &#187; vient tout bonnement du grec. Il se rapporte &#224; un moment o&#249;, dans des dossiers complexes, le &#171; jugement &#187; s'av&#232;re difficile et le temps de la d&#233;lib&#233;ration extr&#234;mement limit&#233; avant d'agir. Il semble s'&#234;tre appliqu&#233; d'abord &#224; la m&#233;decine. Tout le monde conna&#238;t l'adage hippocratique : &#171; La vie est courte, l'art est long, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;kairos&lt;/i&gt; aigu (ou pointu), l'exp&#233;rience tr&#233;buchante, la crise difficile &#187; - conf&#232;re sur ce point le livre inspirant et &#233;rudit de Jackie Pigeaud (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La crise&lt;/i&gt;, &#201;ditions C&#233;cile Defaut, 2006).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'appuyant sur Aristote, Pigeaud indique que de la m&#233;decine, le concept a trouv&#233; de nombreuses applications dans la culture grecque, notamment dans l'art militaire, la politique, la rh&#233;torique, l'art de gouverner en bateau, etc. On pourrait en relever la pertinence aussi dans la fa&#231;on par exemple dont se nouent et se d&#233;nouent les relations affectives. Rien en somme pour se ruer dans les brancards et jouer les incendiaires offens&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;RETOUR P&#201;RIODIQUE DU M&#202;ME&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je me demande ce qu'il y a de r&#233;pr&#233;hensible ou d'offensant dans l'usage qu'a fait Jacques Parizeau de &#171; crise &#187;. Les relations Qu&#233;bec/Ottawa n'ont-elles pas &#233;t&#233; ponctu&#233;es par le retour p&#233;riodique de tels moments ? Que l'on songe &#224; la nuit des longs couteaux, &#224; l'&#233;chec de Meech en juin 1990 suivi imm&#233;diatement de la &#171; crise &#187; d'Oka ou d'un certain soir d'octobre 1995. Comme la vie collective est assez comparable &#224; la vie individuelle et puisque aucune solution n&#233;goci&#233;e n'a &#233;t&#233; apport&#233;e au coup de force de Trudeau, on peut mettre un petit deux sur le retour in&#233;vitable d'un tel moment dans un avenir plus ou moins rapproch&#233;. Il n'y manque qu'une occasion, souvent fortuite et impr&#233;visible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LA MALADIE INFANTILE DES P&#201;QUISTES&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On aurait int&#233;r&#234;t &#224; bien &#233;couter l'allocution de monsieur Parizeau. Prenant acte du fait que, dans la vie publique, il est toujours avantageux de ne pas appeler les choses par leur nom, en bon &#171; critique &#187;, il met le doigt avec humour sur la formule de compromis r&#233;f&#233;rendaire, sympt&#244;me de la maladie infantile des P&#233;quistes, partag&#233;s depuis 1974 entre l'app&#226;t du pouvoir ou le consensus sur un programme &#233;lectoral simple et clair ax&#233; sur l'ind&#233;pendance. Ce qui manque d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; leur programme, ce sont des dossiers qui nous m&#232;neraient au c&#339;ur du probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils serait peut-&#234;tre temps maintenant qu'ils arr&#234;tent de niaiser avec la puck et qu'ils se comportent enfin en adultes responsables et pr&#233;voyants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Les Patriotes dans le miroir des torys montr&#233;alais (suite et fin)</title>
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		<description>Anticipant les grandes lignes du Rapport du comit&#233; ex&#233;cutif de l'Association constitutionnelle, le Herald conclut de la &#171; r&#233;bellion de la Chambre d'assembl&#233;e &#187; de 1837 : &#171; Though individual punishment can be inflicted only for individual crimes, yet the collective punishment of (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Anticipant les grandes lignes du Rapport du comit&#233; ex&#233;cutif de l'Association constitutionnelle, le Herald conclut de la &#171; r&#233;bellion de la Chambre d'assembl&#233;e &#187; de 1837 : &#171; Though individual punishment can be inflicted only for individual crimes, yet the collective punishment of collective offences is not incompatible either with human or with divine laws &#187; (Herald Abstract, 15 d&#233;cembre 1837).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et ce n'est pas sans la satisfaction du devoir accompli, qu'en avril 1838 le journal de la rue Saint-Gabriel, porte-parole exclusif comme on sait du Doric Club, prononcera la mort de la d&#233;funte Chambre d'assembl&#233;e :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; The House of Assembly of Lower Canada, that was, was composed of 88 members ; of this number there have been at least 21, (we count from memory, says L'ami du Peuple,) known as rebels. Of these 21, only one is not alive, (and he was killed at St. Denis, running away,) &#8211; the rest are either fugitives, or in prison. Of the remainder, we should like to know how many would be out of prison or residing in the province, &quot;if every man had his due.&quot; But as Judge Rolland says, if you punish all the rebels, you will have to punish the whole country. 21, however, show tolerably well as a &#8220;minority of a minority.&#8221; The following are their names, but our cotemporary says there are others whose names he does not recollect &#187; (Kadwell, avril 1838).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1.	Louis Joseph Papineau
2.	C. S. Cherrier
3.	L. M. Viger
4.	Dr. Dorion
5.	L. Lacoste
6.	P. Amiot
7.	W. H. Scott
8.	A. B. Papineau
9.	J. J. Girouard
10.	J. Drolet
11.	L. Duvernay
12.	E. Knight
13.	Proulx
14.	H&#233;bert
15.	L. H. Lafontaine
16.	O. Perreault
17.	E. E. Rodier
18.	C. O. Cote
19.	Rob. Nelson
20.	A. N. Morin
21.	E. B. O'Callaghan&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Piste int&#233;ressante, que l'on a n&#233;glig&#233; de suivre en raison de l'aura qui entoure toujours le chef patriote dans la m&#233;moire et l'imagination collective, les &#233;ditorialistes du Montreal Herald ne voient pas exactement du m&#234;me &#339;il le clivage que l'on discerne d'habitude dans le parti patriote, &#224; partir de 1835, entre l'aile mod&#233;r&#233;e profitant des largesses de Londres et une autre suppos&#233;ment plus &#171; extr&#233;miste &#187;, bien que celle-ci, &#224; partir de l'automne 1837, se voit d&#233;bord&#233;e &#224; son tour par les &#233;l&#233;ments les plus radicaux. Ils discernent, en effet, une alliance objective entre les deux branches, de sorte que les r&#233;formistes de tous poils, &#224; l'exception du Conseil l&#233;gislatif, occupent de fait presque tout le terrain politique &#8211; chaque victoire obtenue par ceux install&#233;s aux postes de commande &#233;tant vers&#233;e au b&#233;n&#233;fice de ceux qui militent dans l'opposition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Herald en veut pour preuve, rappelle un &#233;ditorial du 1er f&#233;vrier 1838, le banquet de la Saint-Jean de juin 1835 pr&#233;sid&#233; par Denis-Benjamin Viger o&#249; se trouvait tout le gratin de &#171; la Grande Nation Canadienne &#187; : Papineau, Debartzsch, Duvernay, de Bleury, Leblanc de Marconnay, monsieur le maire Jacques Viger, P. Dunn, etc. Or, fait notable, bien plus que les insurg&#233;s ayant pris les armes, le Herald craignait comme la peste ces patriotes recycl&#233;s repr&#233;sentant la voie m&#233;diane que tentait d'&#233;tablir la politique de conciliation &#8211; en particulier le double conseiller Debartzsch, qu'il &#224; voue aux g&#233;monies apr&#232;s l'&#233;clatement de la guerre civile :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; [&#8230;] what are we to think of a government, which cherishes in its bosom the very viper, that has stung it ? Let our gallant citizens, who are now arming for the contest and preparing to hazard their lives for the government, demand with one voice the expulsion of the untamed monster from that government's councils. &#8211; Every Englishman in the province owes the proprietor, publisher and editor of the bloodthirsty Echo du Pays a debt of vengeance for having stopt short in his carrer of treason on this side of the scaffold. If a simultaneous effort is not made to cast off the savage incubus, our miserable rulers will heap still richer rewards on this double traitor besides. Vigorous action on this head can alone save the country from the clutches of the creeping, dastardly, interested neutrals of both races, and shield the brave men, who are now ready to shed their blood in the public cause, from the damning imputation of political partisanship. &#187; (Herald Abstract, 25 novembre 1837).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Debartzsch entendait entra&#238;ner et former notamment des paysans de la vall&#233;e du Richelieu en cas d'attaque am&#233;ricaine ; il avait m&#234;me mis sur pied, apprend-on dans un num&#233;ro de juillet 1838, la Compagnie Volontaire Canadienne de Saint-Charles. Un examen approfondi de ces patriotes mod&#233;r&#233;s devrait aussi nous amener &#224; questionner le sort de la compagnie de carabiniers de Sabrevois de Bleury, de m&#234;me que le sort des magistrats mod&#233;r&#233;s (Louis Guy, W. B. Donegani, J. Quesnel, O. Berthelet, etc.) et des miliciens francophones rest&#233;s fid&#232;les au gouvernement. Gosford comptait toujours sur eux en vue de former une &#171; force polici&#232;re auxiliaire &#187;, un corps que le Herald couvrira de ses sarcasmes dans les ann&#233;es &#224; venir en le d&#233;signant de l'expression infamante &#171; Gosford Guards &#187;. C'est &#224; eux que fait allusion un &#233;ditorial particuli&#232;rement ulc&#233;r&#233; &#233;crit peu apr&#232;s la reculade de l'arm&#233;e &#224; Saint-Denis :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Who will now talk of conciliation ? Who so infatuated, so insane, as to advocate appeals to the French Canadians for the maintenance of good order, submission to the laws, and loyalty to the Empire ? It is true the French magistrates did so, but they are not of us ! &#8211; The name of D. B. Viger was at the head of the list, he the proprietor of the very press which has fulminated against Britons, the British Government and British institutions, until the present crisis has been produced, - he who is the author of the inflammatory counsels to the French population conveyed through that press ; - he who is known to all of us to be as much a rebel as any who are in arms at St. Denis or St. Charles ; - his name was at the head of the list of magistrates who advised their deluded fellow countrymen [concitoyens induits en erreur] to cease from rebellious acts ! &#8211; Infamous and insulting impertinence. &#8211; His countrymen are not deluded ! they are not Britons, they are Frenchmen ! their hostility to England is ingrained ; they are our enemies ! - let them be treated as such, - let every man found in arms, be destroyed, and every house and village from which a shot is fired, be committed to the flames &#187; (Herald Abstract, 25 novembre 1837).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Leur cas revient encore &#224; la surface dans l'&#233;dition suivante :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Another remedy is likely to be recommended to your Lordship, namely to call out and arm the militia. In other words, traitors, who are more to be dreaded and infinitely more to be scorned than the cattle-stealers of St. Charles, may gravely advise your Lordship to put arms into the hands of the bitterest enemies of England &#187; (Herald Abstract, 2 d&#233;cembre 1837).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion Dans son &#233;dition hebdomadaire de fin d'ann&#233;e, le Herald redouble de sarcasmes &#224; propos de l'image idyllique que le gouverneur s'&#233;tait faite de la masse des paysans canadiens-fran&#231;ais : &#171; [...] he will do all in his power to persuade the Government that his former descriptions of the habitants are still true and that they are all he has ever represented them, ignorant but loyal and moral and religious. In proof of their loyalty he can advert to their being in arms against the Queen ; in proof of their morality, he can give a list of the robberies they have committed on loyal old country farmers ; and in proof of their religious feeling, he can tell how they imprisoned their loyal clergy, and converted the altars of the God they profess to serve, into fortresses and strongholds to secure their plunder and defend themselves from the strong arm of the law &#187; (Herald Abstract, 30 d&#233;cembre 1837).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une derni&#232;re touche doit &#234;tre apport&#233;e &#224; l'image de ces insurg&#233;s patriotes dans le miroir des torys montr&#233;alais. Ce n'est pas en termes de vainqueurs/vaincus qu'il convient d'appr&#233;cier la valeur de ceux qui, parmi les supporteurs les plus r&#233;solus du parti de la majorit&#233; au Qu&#233;bec, ont sacrifi&#233; leur vie et m&#233;ritent, &#224; ce titre, d'&#234;tre rappel&#233;s &#224; notre m&#233;moire, mais plut&#244;t en termes de courage face &#224; la perspective de mort violente. On en trouve le pendant exact dans le camp ennemi. La devise des membres asserment&#233;s du Doric Club, la police secr&#232;te clandestine de Colborne, &#233;tait en effet &#171; Do-or-Die &#187; (cf., Robert Bruce's March to Bannockburn). Un &#233;ditorial d'avril 1838 en provenance de l'&#201;tat-major en fait foi &#224; sa fa&#231;on :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; It was thought last October that our amiable and smooth-mannered Enfants-du-Sol would not fight ; the merest drum boy would have turned up his military nose at an army of &#8220;toques bleues&#8221;, yet those amiable people have shewn a very fair development of the combative bump. If a few roving phrenologists had been employed by his dear, departed Excellency, last summer, perhaps we would have had no rebellion after all : his Excellency might have brought the three regiments from the Lower Provinces in November, and their presence might have &quot;tee-totally&quot; disarranged the plans of the &quot;Provisional-Government&quot;. Yes we have found out that the &quot;toques bleues&quot; will not only fight, but that they are quite hot for it &#187; (Kadwell, Universit&#233; McGill, s.d., 1838).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son livre posthume, Sydney Bellingham, un magistrat tory mod&#233;r&#233;, va m&#234;me encore plus loin. Il relate avec sobri&#233;t&#233;, plus de cinquante ans apr&#232;s son engagement, comment les compagnies d&#233;tach&#233;es par Colborne sous le commandement de Wetherall &#233;taient vou&#233;es &#224; un massacre certain si l'ordre de retraite avait atteint son destinataire. On peut m&#234;me conjecturer la d&#233;route des Redcoats si, au lieu de livrer bataille, Brown avait eu la pr&#233;sence d'esprit simplement d'esquiver le coup en coupant les bases de ravitaillement de l'arm&#233;e &#224; Saint-Hilaire : &#171; We heard subsequently that Sir John Colborne, commander-in-chief, had, after the news of Colonel's Gore's repulse, sent twelve despatches, by different routes, by confidential messengers, recalling Colonel Wetherall ; but none one of those despatches had reached the Colonel. If any had come to hand, and a retreat had been ordered, the force under Colonel Wetherall must have been overwhelmed and annihilated. To attempt to traverse thirty miles of hostile country late in November, with demoralized and retreating troops, would have insured disaster and the insurrection would have burst out wherever a chance of success presented itself &#187; (1901, Recollections, 16).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; sa mani&#232;re, il rend hommage &#224; la bravoure des habitans en raison m&#234;me de leur inexp&#233;rience, du d&#233;faut de formation et des moyens de fortune dont ils disposasient &#224; Saint-Charles :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[&#8230;] They [the rebels] received the soldiers with a few bayonets, old muskets, old fowling pieces, pikes, and long poles, and fought with wonderful courage as long as there was hope, but the English bayonets cowed them and made short work of them. [&#8230;] Had they been under even ordinary command, their fate might have been more cheering. The armed rebels appeared to be fighting without organization, and without a commander of ordinary savoir faire. It was notorious that if they had a general, he kept himself in safe quarters, so that he &#8220;might run away to fight another day.&#8221; [&#8230;] No French-Canadian man was to be seen, either in the houses, in the stables, or in the barns. Women and children were left to do their own chores and to feed and care fo their cattle. The dead bodies of the unfortunates who fought for their runaway and heartless leaders, were to be seen in all directions, some of them were lying at full length on their backs, with their arms stretched out, others were to be seen with their knees in their mouths, and their hands and arms tightly pressed upon them, showing that they must have struggled with death and expired in the utmost pain and agony. Such is war in one of its most hideous phases. All were frozen stiff. No patriot was there to lend a helping hand to house or gather together until a dishonored grave was prepared for them, apart from consecrated ground (1901, 18 ;21).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est &#224; la bravoure de ces &#171; habitans &#187; qu'un toast est port&#233; au nom du &#171; peuple du Vermont &#187;, dans un banquet organis&#233; &#224; Montpelier, en juin 1838, en vue d'honorer Robert Nelson et C.-O.-C. C&#244;t&#233; &#171; in token of the estimation in which their private characters, as well as the noble part they have taken in the cause of civil liberty in Canada &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The Martyrs of St. Denis, St. Charles and St. Eustache &#8211; May every drop of blood there shed, like the sown teeth of the fabled dragon, spring up an armed man to avenge the wrongs of his country. (16 juin 1838).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand &#224; savoir si les maux et l'injustice contre lesquels ils se sont battus avec courage ont &#233;t&#233; r&#233;par&#233;s, je reste de ceux qui sont persuad&#233;s que seules la sortie des mailles de la tutelle f&#233;d&#233;rale et l'accession du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance politique en constituent le rem&#232;de. &#192; nous de choisir nos armes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N.B. Toutes les citations du Herald Abstract proviennent de la bobine archiv&#233;e de ce journal &#224; la Biblioth&#232;que nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Des &quot;dupes&quot; et des &quot;voleurs de b&#233;tail&quot;</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>La participation d'anglophones &#224; l'insurrection &#233;tant une simple aberration, restait aux yeux des tories &#224; appuyer la n&#233;gation de son caract&#232;re &#171; purement &#187; politique en la rabaissant dans ce que l'on appelerait aujourd'hui l'identitaire. Voici l'une des (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La participation d'anglophones &#224; l'insurrection &#233;tant une simple aberration, restait aux yeux des tories &#224; appuyer la n&#233;gation de son caract&#232;re &#171; purement &#187; politique en la rabaissant dans ce que l'on appelerait aujourd'hui l'identitaire. Voici l'une des raisons pourquoi, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, on a eu tendance &#224; croire que les &#171; habitans &#187; n'&#233;taient pas responsables des d&#233;bordements survenus. D'apr&#232;s les r&#233;dacteurs du Herald, ils ne sont au mieux que des &#171; dupes &#187; et des &#171; voleurs de b&#233;tail &#187; manipul&#233;s par des d&#233;magogues ambitieux les ayant laiss&#233;s tomb&#233;s &#224; l'heure du danger. &#192; travers ces insurg&#233;s toutefois, c'est &#224; la mise en accusation des Canadiens-Fran&#231;ais dans leur ensemble qu'on assiste, toutes couleurs politiques confondues. La r&#233;bellion de 1837 appara&#238;t ainsi comme un &#171; crime collectif &#187;, clame le Herald, appelant la condamnation de tous les d&#233;put&#233;s patriotes, la fin de la politique de conciliation pr&#233;conis&#233;e par Londres depuis 1828, la fermeture du Parlement de Qu&#233;bec commandit&#233; &#224; m&#234;me les taxes pr&#233;lev&#233;es sur les marchands et, but ultime, l'abrogation de l'Acte constitutionnel de 1791, origine de tous les maux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s septembre 1837, le gouverneur Gosford avait relev&#233; d'ailleurs que&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; The violent and unjustifiable attacks which have been made by the ultra Tory party upon the French Canadians generally have caused an animosity which Mr. Papineau does not fail to turn to account &#187; (Montreal Herald, 2 avril 1838).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On aura not&#233; le renvoi, ici aussi, aux Canadiens-Fran&#231;ais &#171; dans leur ensemble &#187;, &#171; the great body of the people &#187; comme les d&#233;signait Gosford, le mal-aim&#233;. Il ne faut pas trop se surprendre dans ces conditions l'&#233;pith&#232;te peu flatteuse que lui d&#233;cochait la feuille orangiste : &#171; l&#232;che-cul &#187; ou &#171; rampant &#187; [&#171; truckling &#187;]. L'interpr&#233;tation correcte de sa Proclamation &#171; paternelle &#187; du 29 novembre 1837 requiert un examen attentif. On a mal &#233;valu&#233; les vrais motifs de sa promulgation. &#171; L'Hydre de la r&#233;bellion &#187; levant partout de nouvelles t&#234;tes, elle allait interdire &#224; la junte militaire qui s'installe la semaine suivante dans le district de Montr&#233;al de proc&#233;der de fa&#231;on unilat&#233;rale et exp&#233;ditive &#224; des &#171; meurtres l&#233;gaux &#187; en mettant sur pied une Cour martiale. Elle anticipe l'amnistie g&#233;n&#233;rale prononc&#233;e par Durham en juin 1838. &#192; l'exception d'une poign&#233;e de meneurs, la troisi&#232;me Proclamation de Gosford exon&#232;re en effet les insurg&#233;s patriotes de la vall&#233;e du Richelieu de toutes poursuites judiciaires &#233;ventuelles, et ce apr&#232;s la victoire de Saint-Denis et la boucherie de Saint-Charles. La lib&#233;ration de bon nombre de prisonniers &#171; politiques &#187; consternera les r&#233;dacteurs du Herald. Une proc&#233;dure de destitution &#224; l'endroit du commandant des forces arm&#233;es lui pendait m&#234;me au bout du nez en cas de d&#233;sob&#233;issance. Les dessous du bras de fer Gosford/Colborne ne deviendront publics cependant qu'au printemps suivant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Adresse du 13 d&#233;cembre 1837 sign&#233;e par McGill et Badgley au nom de la Montreal Constitutional Association offre &#224; cet &#233;gard un parall&#232;le int&#233;ressant. Elle est un plaidoyer vigoureux en faveur de l'Union l&#233;gislative du Haut et du Bas-Canada &#8211; &#171; union &#187; l&#233;gislative o&#249; naturellement les Canadiens-Fran&#231;ais dans leur ensemble se verraient d&#233;pourvus de repr&#233;sentation au moins pendant dix ans au Parlement en guise de punition du crime de r&#233;bellion. Bien qu'il ne repr&#233;sente dans la plus favorable des hypoth&#232;ses que 300 individus au total, parlant au nom de la communaut&#233; britannique de Montr&#233;al et des environs, le puissant lobby de marchands y accusent lui aussi les meneurs patriotes d'avoir infl&#233;chi les luttes parlementaires &#224; l'anglaise entre &#171; factions &#187; en une question d'origine et de nationalit&#233;. Les points essentiels de la circulaire se ram&#232;nent &#224; ceci :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;a)	les francophones du district de Montr&#233;al ne sont pas directement responsables du bain de sang qui vient de se produire : ils ont &#233;t&#233; massivement entra&#238;n&#233;s par des d&#233;magogues sans scrupules dans une spirale de revendications, alors que d'eux-m&#234;mes - mis&#233;rables ilotes sans &#233;ducation -, ils ne peuvent rien concevoir ni entreprendre ; b)	leur d&#233;fense apparente des institutions populaires et du r&#233;publicanisme est donc fallacieuse, contraire m&#234;me &#224; tout ce que l'on sait des habitudes, des sentiments et du caract&#232;re des Canadiens-Fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Rapport du 30 d&#233;cembre de la MCA est encore plus explicite. Ne manifestant aucune confiance dans les professions de foi loyalistes des Canadiens-Fran&#231;ais survenues apr&#232;s l'&#233;crasement de la r&#233;volte populaire spontan&#233;e &#8211; le Herald d&#233;signe ces patriotes mod&#233;r&#233;s par le syntagme color&#233; &#171; Anti-British lip-loyalists &#187; -, le Comit&#233; ex&#233;cutif affirme lui aussi que, toutes tendances politiques confondues, le sentiment de leur origine nationale distincte est la seule cause r&#233;elle des d&#233;sordres civils r&#233;cents :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; the growth of a population in Lower Canada, who with a few exceptions, have retained and cherished the distinctive characteristics of a separate people, without sympathies, attachments, or interests in common with their British fellow subjects [&#8230;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Envisageant l'avenir sombre qui se profile &#224; l'horizon, ce caract&#232;re distinct, poursuit le Rapport, m&#232;nera in&#233;vitablement &#224; &#171; la ruine compl&#232;te et l'extermination des ressortissants britanniques &#8211; voire un tel &#233;tat lamentable et d&#233;sesp&#233;r&#233; que la force des armes et la sagesse ne pourront ni pr&#233;venir, ni soigner &#187; [&#171; that distinctiveness will inevitably end in the utter ruin and extermination of the British provincial inhabitants and in a desolation beyond the power of arms or wisdom to prevent or cure &#187;]. On est ici au croisement de ce que Romney appelle le mythe de l'oppression &#233;trang&#232;re doubl&#233; du mythe d'une subversion interne. Or, de conclure le comit&#233; de direction, jamais la croissance de cette nationalit&#233; canadienne-fran&#231;aise n'aurait pris une proportion aussi alarmante, pour ne pas dire monstrueuse, sans le s&#233;paratisme institutionnel qu'autorise la Constitution de 1791. Il faut donc la saborder.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps
&#192; suivre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Des rebelles en nombre illimit&#233;</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>On a encore pas mal de cro&#251;tes &#224; manger avant de reconna&#238;tre la juste valeur des Patriotes dont on se flatte d'honorer la m&#233;moire. Prenez L&#233;tourneau par exemple : dans Que veulent vraiment les Qu&#233;b&#233;cois ? (2006), apr&#232;s avoir justement relev&#233; les lacunes de la &#171; direction politique &#187; de &#171; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a encore pas mal de cro&#251;tes &#224; manger avant de reconna&#238;tre la juste valeur des Patriotes dont on se flatte d'honorer la m&#233;moire. Prenez L&#233;tourneau par exemple : dans Que veulent vraiment les Qu&#233;b&#233;cois ? (2006), apr&#232;s avoir justement relev&#233; les lacunes de la &#171; direction politique &#187; de &#171; l'illustre Papineau &#187;, il enfonce le clou du cerceuil sur les &#171; radicaux devenus insurg&#233;s &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Il faut voir &#224; quel point ils sont, compte tenu de la strat&#233;gie extr&#234;me qu'ils pr&#233;conisent, souvent appuy&#233;s uniquement en d&#233;sespoir de cause ou par crainte d'intimidation, puis carr&#233;ment d&#233;cri&#233;s ou rapidement reni&#233;s apr&#232;s l'&#233;chec des soul&#232;vements plut&#244;t que pl&#233;bicit&#233;s ou soutenus sans condition par la population &#187; (42).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je laisse au lecteur le soin de m&#233;diter l'appareil critique des trois notes jointes &#224; cette phrase &#8211; ou plut&#244;t, cette p&#233;tition de principe &#8211; celle-ci ne reposant en fait sur aucune base documentaire solide. On est aux antipodes de la conclusion &#224; laquelle parvient Paul Romney (la r&#233;f&#233;rence historique sur laquelle repose la motion unanime vot&#233;e au Parlement f&#233;d&#233;ral &#224; propos de la &#171; Qu&#233;b&#233;cois nation &#187; : au terme de son analyse du mouvement r&#233;formiste ontarien, comparable &#224; plusieurs &#233;gards au cas bas-canadien, il consid&#232;re &#171; the ensuing rebellion virtually an act of self-defence &#187; (Mr Attorney, 1986, 157).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon avis est que tant qu'on restera enferm&#233; dans le trauma identitaire, tant qu'on ne prendra pas le temps d'&#233;valuer et de sonder la diversit&#233; du point de vue des Britanniques d'ici ou d'ailleurs, on s'interdit la connaissance d'un point de vue v&#233;ritablement &#171; autre &#187; sur le sens de notre combat politique dans les premi&#232;res d&#233;cennies du 19e si&#232;cle et non pas &#233;mamant de je ne sais quel fantasme sp&#233;culaire post-machin orient&#233; vers je ne sais quel chim&#233;rique et indigeste &#171; intention nationale &#187;. Que &#231;a nous plaise ou non, l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise est aussi, en partie du moins, une cr&#233;ation anglo-saxonne, ne serait-ce qu'&#224; titre r&#233;actionnel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut dire que ce d&#233;faut d'&#233;rudition et l'enlisement identitaire chronique est largement compens&#233; chez L&#233;tourneau par l'esp&#232;ce de raffinement sado-anal avec lequel il s'applique &#224; empailler les motivations qui ont pouss&#233; les paysans &#224; prendre les armes en les rabaissant au niveau bassement trivial d'un carri&#233;riste en mal d'&#233;mancipation. Rien &#224; voir avec les complaisances dans le syndrome victimaire, ind&#233;niables et bien r&#233;elles, mais qui viennent seulement apr&#232;s-coup.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est une des id&#233;es-force de nos intellecuels patent&#233;s. &#192; l'exception peut-&#234;tre de Jean-Paul Bernard, Maurice S&#233;guin et quelques autres, de Garneau &#224; Fernand Ouellet en passant par le chanoine Groulx et G&#233;rard Filteau, toute la couche pensante qu&#233;b&#233;coise d&#233;sapprouve en effet, dans un bel &#233;lan unanimiste, la violence et le recours aux armes. Le fait d'avoir brad&#233; la soutane pour les vestes de tweed et la BMW ne semble pas avoir &#233;t&#233; un facteur d&#233;cisif dans la constance du ph&#233;nom&#232;ne depuis cent cinquante ans. Le pli rejoint le mythe contractualiste faisant &#233;cran au ph&#233;nom&#232;ne pourtant irr&#233;cusable de la guerre, fondement refoul&#233; et objet de d&#233;ni des institutions politiques canadiennes. Mais cela on ne veut pas le voir ou en rire comme la position r&#233;cente de la Montreal Gazette l'illustre bien. On pr&#233;f&#232;re de loin s'en tenir &#224; des versions &#233;dulcor&#233;es. Comme dit Shakespeare des messagers dans le Prologue de la deuxi&#232;me partie de Henry the Fourth :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; ils apportent les flatteuses consolations du mensonge, plus cruelles que la rigoureuse v&#233;rit&#233; &#187; [&#171; they bring smooth conforts false, worse than true wrongs &#187; ].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je propose dans ce qui suit un tr&#232;s bref aper&#231;u de ce vers quoi tend l'analyse s&#233;rieuse de la mentalit&#233; des paysans qu&#233;b&#233;cois du district de Montr&#233;al vue &#224; travers les yeux des &#171; autres &#187;. &#192; la fin par exemple de Getting It Wrong (1999), glosant un article de J&#233;r&#244;me-Forget paru en 1997, Paul Romney nie que les R&#233;bellions de 1837-38 et le spectre de l'assimilation sanctionn&#233;e par Durham rel&#232;vent d'un clivage strictement identitaire entre francophones et anglophones :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; neither was a matter between the French-and English speaking inhabitants of British North America. English Canadians also rebelled and suffered repression, and some united with francophones to ensure that Durham's policy was abandoned almost before it was implemented &#187; (290).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'affaire n'est pas nouvelle. Dans son &#233;dition hebdomadaire du 23 d&#233;cembre 1837, le Montreal Herald d&#233;j&#224; rench&#233;rissait sur un article de la Quebec Gazette dans lequel l'auteur pr&#233;tendait que les vrais instigateurs du soul&#232;vement populaire dans le district de Montr&#233;al n'&#233;taient pas des Canadiens-Fran&#231;ais. En plus de figures connues, O'Callaghan, Brown et Scott, l'&#233;diteur du Herald en rajoutait &#8211; la fallace consistant &#224; prouver que le conflit n'en &#233;tait pas un opposant deux nationalit&#233;s, mais uniquement des &#171; principes &#187; politiques abstraits :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Even with the bare truth, to say nothing of the national taste for fiction, a very plausible tale may be constructed. What happened at the riot in Montreal ? The destruction of the types and press of an English newspaper. Who hoisted the standard of revolt at St. Charles ? Brown, a man of English origin. Who first resisted Her Majesty's regular troops ? Nelson, a man of English origin. Who commanded the party, that captured the bearers of Sir John Colborne's despatches and thus cut off the communications between Lieut. Col. Wetherall and Montreal ? Dillon, a man of English origin. Who took the lead in the country of Two Mountains ? Scott and Girod, respectively ruffians of English and Swiss origin. Who went to Quebec to patch up a compromise ? One French-Canadian [Lafontaine] and two English accomplices [Leslie et W. Walker]. Those facts, ingeniously stated and honestly backed by the Quebec Gazette's unfortunate admission, will make the &#8220;loyal and peaceable&#8221; French-Canadians look as innocent as Lord Gosford can wish, and furnish him and the other patrons of ignorance and ferocity with an admirable pretext for not making this province thoroughly English. In proof, also, of the &#8220;foreign&#8221; character of the recent insurrection may be adduced the fact, that there simultaneously existed in Upper Canada a purely political insurrection.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; suivre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Bon d&#233;barras</title>
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		<description>Morosit&#233; &#192; l'exception de Vincent Marissal, qui a mis avec raison le doigt sur la part croissante du budget de l'&#201;tat en sant&#233; (et les phobies concomitantes des baby boomers que l'usure implacable du temps transforme en val&#233;tudinaires poussifs), l'humeur &#233;tait &#224; la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Morosit&#233;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'exception de Vincent Marissal, qui a mis avec raison le doigt sur la part croissante du budget de l'&#201;tat en sant&#233; (et les phobies concomitantes des baby boomers que l'usure implacable du temps transforme en val&#233;tudinaires poussifs), l'humeur &#233;tait &#224; la morosit&#233; hier &#224; la derni&#232;re de Bazo. Au moins, Joseph Facal a fini par d&#233;couvrir que le syst&#232;me f&#233;d&#233;ral, depuis bient&#244;t 150 ans, cr&#233;e (et recr&#233;e interminablement) les bases institutionnelles de la double all&#233;geance des Qu&#233;b&#233;cois, condamn&#233;s dans leur schizophr&#233;nie binationale &#224; se percevoir sous les frocs d'Arlequin, serviteur de deux ma&#238;tres. C'est toujours &#231;a de pris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &#171; disparition &#187; annonc&#233;e du peuple qu&#233;b&#233;cois&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le clou de la soir&#233;e revient sans contredit &#224; Fabienne Larouche qui, en plus de se prendre pour un &#171; petit dieu &#187;, s'est (com)plu &#224; jouer les Cassandre. Ces j&#233;r&#233;miades sur la &#171; disparition &#187; annonc&#233;e du peuple qu&#233;b&#233;cois laissent perplexe. En d&#233;pit d'une &#171; carri&#232;re &#187; florissante, il ne se d&#233;gage pas de sa personne les signes d'&#233;panouissement, de sagesse et de maturit&#233; auxquels on aurait pu s'attendre : syntaxe d&#233;faillante (qu'elle stigmatise chez les amuseurs publics de 110% qu'elle &#233;coute cependant le soir avant de se coucher), absence de franchise dans le regard, bec sec qu'entrecoupent &#224; l'occasion les crispations du rictus, etc. En fait de body language, on ne saurait trouver plus &#233;loquent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un genre soporifique et archiconventionnel&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Madame, en plus, a trouv&#233; le courage n&#233;anmoins de nous parler de la mis&#232;re des &#171; cr&#233;ateurs &#187;&#8230; La mis&#232;re des cr&#233;ateurs ? Parlons-en. Je lui sugg&#232;re de relire par exemple la correspondance de Diderot et Falconet sur le fantasme d'immortalit&#233; des artistes. Quelqu'un d'autre part peut-il me dire ce qu'il y a de cr&#233;ateur dans un genre soporifique et archiconvenntionel invent&#233; dans les ann&#233;es 1950 pour vendre de la lessive &#224; des m&#233;nag&#232;res surmen&#233;es ? Ce n'est que la force d'inertie qui tient debout encore le mis&#233;rable et interminable feuilleton qu'elle signe depuis dix ans dans l'indiff&#233;rence totale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les vertus de l'oubli&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;F. Larouche aurait d&#251; nous expliquer pourquoi, &#224; de rares et notables exceptions, toute la culture du divertissement de masse &#224; laquelle elle a consacr&#233; toute son &#233;nergie depuis vingt ans est promise au m&#234;me destin : l'enfouissement instantan&#233; dans l'oubli ou je ne sais trop quel espace virtuel que ne visiteront pas, dans les g&#233;n&#233;rations futures &#8211; on peut en faire le pari -, ni les grues m&#233;caniques, ni les mouettes aux cris aigus et aigres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le maillage des r&#233;seaux traditionnels&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec l'&#233;mergence de la nouvelle culture mondiale, c'est tout le maillage des r&#233;seaux traditionnels qui se trouve en pleine mutation &#8211; et avec lui le magist&#232;re et monopole discret que ses thurif&#233;raires exer&#231;aient. Bon d&#233;barras. Moi, quand je vois dans un caf&#233; ou dans l'autobus un jeune de quinze ans le nez enfoui dans un livre, je me dis que le sort de notre civilisation repose entre bonnes mains et qu'il y a tout encore &#224; esp&#233;rer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Les Plaines d'Abraham dans le Montreal Herald (1834-1839) : droit de conqu&#234;te et appel &#224; la guerre civile</title>
		<link>http://www.vigile.net/Les-Plaines-d-Abraham-dans-le</link>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Tout au long des ann&#233;es 1830, la r&#233;f&#233;rence dans la feuille tory aux Plaines d'Abraham n'a rien &#224; voir avec un happening soporifique : la victoire des troupes anglaises sur les Plaines d'Abraham est, pour eux, associ&#233;e essentiellement aux droits de conqu&#234;te par les armes (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les Plaines d'Abraham dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald&lt;/i&gt; (1834-1839) : droit de conqu&#234;te et guerre civile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;bat actuel autour de la r&#233;cup&#233;ration de la comm&#233;moration de la bataille des Plaines d'Abraham r&#233;active un brasier jamais compl&#232;tement &#233;teint de notre histoire. Ce d&#233;bat toutefois concerne surtout, &#224; mon avis, non pas la reconstitution du pass&#233; en soi mais la fa&#231;on dont la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, emmaillot&#233;e dans les programmes de commandite des institutions f&#233;d&#233;rales, envisage son propre avenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_544 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:147px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/06-6/1849-bell.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/24-elgin.png' width=&quot;147&quot; height=&quot;194&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; D&#233;j&#224;, par exemple, au d&#233;but des ann&#233;es 1830, sous l'administration Aylmer, le monument de Wolfe et Montcalm entendait c&#233;l&#233;brer &#224; travers la pseudo r&#233;conciliation le double h&#233;ritage fran&#231;ais et anglais des institutions bas-canadiennes. C'est en ce sens qu'en 1842, lors de son passage &#224; Qu&#233;bec, qu'il compare &#224; la &#171; Gibraltar de l'Am&#233;rique &#187;, Charles Dickens &#233;crit :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; That is a noble Monument too, and worthy of two great nations, which perpetuates the memory of both brave generals, and on which their names are jointly written. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fait &#224; noter, le vernis consensuel de la bataille des Plaines d'Abraham se trouvait contest&#233; depuis des d&#233;cennies non pas par les partisans radicaux du parti de la majorit&#233; dirig&#233; par Louis-Joseph Papineau, mais plut&#244;t par l'oligarchie tory de Montr&#233;al.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les extraits de coupures que je propose proviennent de l'organe de diffusion de leur id&#233;ologie, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald&lt;/i&gt;, glan&#233;s entre 1834 et 1839. Tout au long des ann&#233;es 1830, la r&#233;f&#233;rence dans la feuille tory aux Plaines d'Abraham n'a rien &#224; voir avec un happening soporifique : la victoire des troupes anglaises sur les Plaines d'Abraham est, pour eux, associ&#233;e essentiellement aux droits de conqu&#234;te par les armes incluant ultimement la suppression des droits politiques des vaincus et le recours &#224; la guerre civile en cas de contestation. Un lecteur s'y r&#233;f&#232;re dans l'&#233;dition du 16 d&#233;cembre 1834 quand il demande ce qui existait avant la Constitution de 1791 :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;What was that state ? a state of conquest. The Province had been won by force of arms, and was ruled by a Governor and Council.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la section &#171; Commercial &#187; de l'&#233;dition du 20 octobre 1835, on trouve &#224; ce chapitre ceci :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;We are far, immeasurably far, behind our republican neighbours in deeds of enterprise and public spirit. Descended from a common stock, we are naturally of similar habits of thought and action ; but the artificial incubus with which our House of Assembly bads us cramps our energies, moral, physical and mental. We are bowed to the dust by ignorant minions, we are vassals where we ought to be lords, hewers of wood and drawers of water where we ought to be taskmasters. The vanquished have, by cunning and stratagem, conquered those who were victorious over them on the Plains of Abraham, and the British Government has warmed a serpent in its bosom which is now gnawing its vitals. In vain did the immortal Wolfe purchase with its dearly bought blood this splendid appendage to the British territory, if through ministerial weakness and imbecility, it is to be virtually a French democracy ! He expired, as warrior ought to expire, in the arms of victory, with the proud consciousness, that he had nobly done his duty to his king and to his country who mingled sorrow for his loss with rejoicings for the victory that he had won ; and he was spared witnessing the humiliating spectacle that he might now behold, of the descendants of those whom he had humbled to the dust becoming the fawning sycophants at a vice-regal table, and the especial favourites of a representative of the Majesty of England !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne faut pas se surprendre que de 1834 &#224; 1837, &#224; rebours de la version officielle qui pr&#233;vaut encore dans l'historiographie, ce que les tories montr&#233;alais verront &#224; l'horizon, c'est la guerre larv&#233;e contre le cabinet Whig en Angleterre et la politique de conciliation envers le Parlement de Qu&#233;bec. &#192; leurs yeux, cette divergence fondamentale de vue ne pourra se r&#233;soudre que par la violence et le recours ultime aux armes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://archives.vigile.net/hist/histnat/rebellions/cauchyloyalistes2.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Dans l'une de ses fameuses &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Anti-Gallic Letters&lt;/i&gt; adress&#233;es &#224; Lord Gosford, Adam Thom fait appel lui aussi aux manes de Wolfe&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The British government, my lord, was instituted in this country on the Plain of Abraham ; and little did those, who there instituted it with their blood, imagine, that a cabinet of liberal traitors was to prostitute that blood into an offering at the unholy shrine of an anti-national faction. Your lordship has heard of the immortal Wolfe. What, my lord, would have been that patriotic warrior's present feelings, had his body been as immortal as his memory. Read the following lines, my lord, and say, whether Wolfe had not, according to the sentiment of the last line, reason to thank the gods for dying the proud death of a hero instead of living the inglorious life of a conquered conqueror (26 novembre 1835).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autre r&#233;f&#233;rence &#224; la bataille des Plaines d'Abraham dans l'&#233;dition du 14 septembre 1838 au moment de l'acquittement &#224; Montr&#233;al des meurtriers pr&#233;sum&#233;s de l'indicateur Chartrand par un jury civil :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;All that our countrymen desire, is, that they be trusted as Britons are treated in Britain, and not as aliens in a land won by the hands of their fathers. The same free born spirit which animated the heroes of the Plains of Abraham, still animates their descendants.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le jour anniversaire de la bataille des Plaines d'Abraham est soulign&#233; par ailleurs dans l'&#233;dition du 13 septembre 1839 :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On this day eighty years ago the battle of the Plains of Abraham was fought and the British standard floated proudly in the breeze from the citadel of Quebec. The reminiscence of an event which is so associated with national glory and renown must ever awaken in the bosoms of British subjects sentiments and feelings of an honest pride. Had that victory been properly taken advantage of, the Canadas might have presented a far different appearance to what they at present do, and their inhabitants, both English and French, would have been in the possession of unbroken peace and unbounded prosperity. They are now at war with each other, and the contest is characterized by deeds of violence and blood, at the bare recital of which the heart shudders.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_542 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:330px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-Parlement-brule&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/25-parlement-brule.png' width=&quot;330&quot; height=&quot;227&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Le rappel des Plaines d'Abraham dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald&lt;/i&gt; au cours de la d&#233;cennie 1830 est ins&#233;parable de la perspective de la guerre civile en gestation dont le journal de la rue Saint-Gabriel ne se lasse pas de relever les sympt&#244;mes, quand il n'en favorise pas lui-m&#234;me l'&#233;closion. Or, avec la suppression de la Chambre d'Assembl&#233;e et la criminalisation des d&#233;put&#233; patriotes, la mise en vigueur de la loi martiale en d&#233;cembre 1837 signifiera, pour eux, en quelque sorte, le retour inesp&#233;r&#233; &#224; la case d&#233;part.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;bellion providentielle est pour le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Herald&lt;/i&gt; une &#171; seconde conqu&#234;te &#187;, le district de Montr&#233;al, un territoire occup&#233; : triomphe de la mentalit&#233; de garnison analys&#233;e par Murray Greenwood. Tel est le pilier de force (&#224; quoi se r&#233;f&#232;re l'&#233;pith&#232;te &#171; dorique &#187; sur lequel repose tout l'&#233;difice constitutionnel canadian. Pour ce qui est du consentement des gouvern&#233;s, on repassera. T&#233;moin l'extrait suivant du 2 d&#233;cembre 1837 au moment de la double insurrection (celle des patriotes radicaux et celle de l'&#233;lite tory de m&#232;che avec la caste militaire contre le gouvernement) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The martial law, as your lordship is well aware, would enable the troops systematically to disarm every actual or suspected rebel ; and your lordship may rest assured, that nothing but a general disarming of the French Canadians can long preserve Lower Canada to England. So long as the traitors have arms at command, your Lordship's &#8220;English inhabitants of this province&#8221; must feel as if encamped in a hostile country, a state of things too grievous to be borne, while Frenchmen of all parties, gnashing their teeth as they now do under the humiliating infliction of a second conquest, would have one motive more for goading incredibly ignorant countrymen into rebellion. Nothing but Martial Law can prevent such evils.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Le printemps de l'Am&#233;rique fran&#231;aise</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-printemps-de-l-Amerique</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-printemps-de-l-Amerique</guid>
		<dc:date>2009-01-24T17:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>Pour le dire sans d&#233;tour, la r&#233;publique qu&#233;b&#233;coise sans les armes, sans services secrets, servie sur un plateau d'argent, est une belle chim&#232;re que nos souverainistes cultivent toujours, semble-t-il, avec une belle candeur.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Louis-Georges Harvey, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le printemps de l'Am&#233;rique fran&#231;aise : am&#233;ricanit&#233;,
anticolonialisme et r&#233;publicanisme, 1805-1837&lt;/i&gt;, Bor&#233;al, 2005.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout naturellement est une question d'insistance, de perspective et&#8230; de
mise en march&#233;. Sous le titre attrayant de Le printemps de l'Am&#233;rique
fran&#231;aise, la relecture du pass&#233; qu&#233;b&#233;cois que propose Louis-Georges Harvey
d&#233;coule de sa dissidence par rapport au courant principal de
l'historiographique canadian issu en ligne droite de la vision &#171; lib&#233;rale &#187;
du vice-roi Durham. Textes &#224; l'appui, l'auteur vise &#224; restituer la
dimension progressiste, agricole, pluraliste, civique, vertueuse et
territoriale de l'id&#233;ologie du parti de la majorit&#233; bas-canadien. En
r&#233;sonance avec le titre m&#234;me de son ouvrage, il oppose plus pr&#233;cis&#233;ment au
&#171; grand mythe de la douceur de l'hiver colonial &#187; (10), l'effervescence du
discours d'&#233;mancipation patriote dont l'anticolonialisme constitue, &#224; son
avis, la souche principale &#224; laquelle se rattachent l'am&#233;ricanisme et le
r&#233;publicanisme [1]. Rien &#224; voir donc, de prime abord, avec un nationalisme
ethnique &#8211; le terme &#171; nation &#187; &#233;tant soigneusement censur&#233; au profit de
l'appellation plus neutre de &#171; collectivit&#233; &#187; [2] . Un certain flottement
dans la pens&#233;e est n&#233;anmoins perceptible. Se positionnant face &#224; &lt;a href=&quot;http://www.erudit.org/revue/haf/2005/v59/n1-2/012737ar.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la th&#232;se
d&#233;fendue par Yvan Lamonde&lt;/a&gt;, Harvey cherche &#224; extraire le filon &#171; nationalitaire &#187; de &#171; la complexit&#233; des courants lib&#233;raux dans leur
incarnation &#171; radicale &#187; et &#171; r&#233;formiste &#187; (27). Ce faisant, Harvey
paradoxalement s'inscrit dans la lign&#233;e de ceux qui, &#224; l'instar de Fernand
Ouellet, remettent en question le lib&#233;ralisme du discours patriote, non pas
toutefois en vue de condamner sa dimension ethnique, qu'il retourne
d'ailleurs dans un mouvement iconoclaste contre Durham lui-m&#234;me (234)[3] ,
mais en valorisant sa port&#233;e civique, r&#233;publicaine et &#233;galitaire inspir&#233;e
par le mod&#232;le jacksonien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://archives.vigile.net/06-archives/6-8.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2933 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:188px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_25-amer-fr.jpg' width=&quot;188&quot; height=&quot;331&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;Un peu en porte-&#224;-faux quant au titre du livre, la th&#232;se du livre&lt;/a&gt;, &#224; mon
avis, porte surtout sur la lutte entre deux conceptions de la politique &#171; dans le contexte de l'in&#233;galit&#233; croissante des richesses et surtout devant
l'influence de l'argent &#187; (28) : d'un c&#244;t&#233;, on a la conception d'une &#171; d&#233;mocratie participative &#187; (18) ou d'un &#171; pouvoir populaire &#187; (21) d&#233;fendue
par le parti de la majorit&#233; cherchant tout au long des ann&#233;es 1820 et 1830
&#224; assurer &#171; le contr&#244;le du peuple sur ses institutions politiques &#187; (168),
ses ressources, son commerce (246) et le budget, puisqu'en derni&#232;re analyse
&#171; l'autorit&#233; politique devait d&#233;pendre du consentement des gouvern&#233;s &#187; (11)
[4] ; de l'autre, se regroupent sous l'&#233;pith&#232;te fourre-tout de &#171; constitutionnel &#187;, &#171; la classe des marchands alli&#233;e au pouvoir ex&#233;cutif &#187;
(56) cherchant &#224; exercer leur &#171; mainmise sur l'appareil gouvernemental &#187;
(18), ainsi que les Bureaucrates et les patriotes recycl&#233;s par Westminster
(Debartzch, B&#233;dard, D.-B. et J. Viger, etc).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Loin de nous pr&#233;senter une vue platement &#233;v&#233;nementielle, la p&#233;riode
couverte par lui pr&#233;sente des temporalit&#233;s diverses selon la th&#233;matique
abord&#233;e. Ainsi, en ce qui a trait &#224; l'am&#233;ricanit&#233;, une lecture attentive
fait ressortir le retournement qu'a subi ce th&#232;me dans le discours
bas-canadien apr&#232;s la guerre anglo-am&#233;ricaine de 1812. Lest&#233;e au d&#233;part
d'un coefficient n&#233;gatif, la perception du r&#233;publicanisme am&#233;ricain bascule
alors du tout au tout, fermente dans les ann&#233;es 1820 et s'&#233;panouit &#224; l'or&#233;e
de l'&#233;clatement de ce qu'il faut bien se r&#233;soudre &#224; d&#233;signer comme la
guerre civile canadienne (1832-1849). Sous un vernis quelque peu idyllique
se trouve ainsi valoris&#233; l'&#233;galitarisme des petits producteurs agricoles
qui, de Jefferson &#224; Jackson, formaient la base la plus solide sur laquelle
s'est &#233;tay&#233; le r&#233;gime r&#233;publicain &#171; &#233;tasunien &#187;. Pas un mot cependant sur
le mouvement antima&#231;onnique &#224; une rare &#233;poque de tripartisme (1828-1836).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les th&#232;mes qu'il aborde dans la section IV (R&#233;publique) sont r&#233;v&#233;lateurs :
anticatholicisme et &#233;meutes populaires (141-149), r&#233;forme du syst&#232;me
scolaire et carc&#233;ral, distribution des terres (150-156 + 162), esclavagisme
(156-160), ainsi que prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique et vertus r&#233;publicaines
(160-168) &#8211; on est au c&#339;ur ici de sa d&#233;monstration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien que Harvey ne s'arr&#234;te pas au probl&#232;me crucial de la &#171; transition
vers le capitalisme commercial &#187; (112), c'est-&#224;-dire en fait &#224; la rivalit&#233;
entre Montr&#233;al et New York en tant que pivot du commerce maritime
transcontinental [5], il a tendance &#224; opposer de mani&#232;re tranch&#233;e les
int&#233;r&#234;ts de nos braves &#171; habitans &#187; &#224; ceux des marchands et du club s&#233;lect
des entrepreneurs capitalistes. Autre rebondissement ou retour du refoul&#233; :
&#224; la faveur de la scission &#224; l'int&#233;rieur du bloc patriote &#171; sans faille &#187;
(22), le discours anti-am&#233;ricain refait surface en 1836 sous la plume du &#171; transfuge &#187; qu&#233;b&#233;cois &#201;tienne Parent, associ&#233; cette fois &#224; la pr&#233;carit&#233; de
la culture fran&#231;aise et aux vis&#233;es expansionnistes des Am&#233;ricains
revivifi&#233;es par l'annexion du Texas en 1836 par une bande de miliciens
pleins d'audace.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le th&#232;me de l'anticolonialisme re&#231;oit quant &#224; lui un traitement diff&#233;rent.
On se trouve plut&#244;t en pr&#233;sence ici d'une marche progressive. La question
est de savoir si le programme politique des patriotes et &#171; la refonte des
institutions politiques du Bas-Canada par le moyen d'une convention &#233;lue
par le peuple &#187; (246) &#233;tait compatible avec l'id&#233;e de responsabilit&#233;
minist&#233;rielle ou si, pour y parvenir, la cassure avec la monarchie anglaise
constituait un passage oblig&#233;. L'auteur oscille entre deux types
concurrents d'explication : une logique du tout ou rien (par quoi le
mouvement d'&#233;mancipation de la &#171; collectivit&#233; nationale &#187; (16) appara&#238;t
incompatible &#224; l'int&#233;rieur du Rule of Law anglais) et une interpr&#233;tation
plus nuanc&#233;e o&#249; l'accent est mis sur la coexistence d'&#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes
(discours &#224; la fois anticolonial et loyaliste). L'affaire m&#233;riterait un
apart&#233; sur les fameuses ruses de la parole dans le discours et l'asym&#233;trie
du rapport action/discours. Si on ne fait pas tout ce que l'on dit, on dit
rarement tout ce qu'on fait. &#192; vrai dire, chaque m&#233;daille a son revers, et
il semble assez difficile de d&#233;m&#234;ler le passage d'un anticolonialisme
r&#233;formiste &#224; son expression la plus radicale des formes concurrentes et
convenues de loyalisme envers la Couronne britannique. Le n&#339;ud du probl&#232;me
en ce qui a trait &#224; l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise, c'est que le r&#233;f&#233;rent am&#233;ricain
s'intensifie justement en proportion de la &#171; radicalisation du mouvement
patriote &#187; (53), soit apr&#232;s seulement la publication des R&#233;solutions
Russell en avril 1837, alors qu'en Angleterre, au m&#234;me moment, les
patriotes bas-canadiens jouissaient des faveurs de la presse lib&#233;rale au
d&#233;triment des incendiaires tory accus&#233;s d'&#234;tre des &#171; bloodsucking
leviathans &#187; ! Une analyse plus serr&#233;e tendrait &#224; montrer que, loin de
cautionner &#171; l'immobilisme des autorit&#233;s imp&#233;riales &#187; (196), la politique
de conciliation pr&#233;conis&#233;e par Londres d&#232;s 1828 s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e m&#234;me sous
Gosford &#224; la plus grande consternation des tories.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;sum&#233; donc, le titre du livre encapsule parfaitement la th&#232;se de
l'auteur. Sa d&#233;monstration est grev&#233;e n&#233;anmoins par quelques d&#233;ficiences.
L'opposition entre r&#233;publicanisme et constitutionnalisme (39-43) dans le
discours patriote me semble trop cat&#233;gorique. Une analyse plus pointue
montrerait comment, en raison m&#234;me de la scission &#224; l'int&#233;rieur du parti
patriote entre r&#233;formistes et mod&#233;r&#233;s (conclusion &#224; laquelle arrivaient &#224;
la fin des ann&#233;es 1820 James Stuart et Jonathan Sewell), les principaux
leaders ont pu jouer sur les deux tableaux [6]. L'analyse b&#226;cl&#233;e de
l'&#233;volution interne du parlementarisme anglais dans les ann&#233;es 1830 exige
d'autre part d'&#234;tre reprise &#224; nouveaux frais. L'auteur sous-estime l'esprit
et l'arri&#232;re-fond insurrectionnel du Reform Bill de 1832. Avec le retour du
cabinet Melbourne aux commandes, ce sont tous les privil&#232;ges de la Couronne
qui sont rel&#233;gu&#233;s d&#233;sormais &#224; un r&#244;le purement d&#233;coratif [7]. On a plut&#244;t
l'impression qu'il surfe sur la probl&#233;matique essentielle quand il traite
de la responsabilit&#233; minist&#233;rielle (62-64 et 102 entre autres).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le paradoxe peut-&#234;tre le plus manifeste qui ressort dans le titre de
l'ouvrage porte sur la d&#233;signation m&#234;me de &#171; printemps &#187; que l'auteur croit
discerner et qui d&#233;bouche sur l' &#171; &#233;t&#233; meurtrier &#187; ou l' &#171; hiver de force &#187;
de la r&#233;pression militaire suivie de l'&#233;tablissement d'&#171; un gouvernement
consulaire &#187; (233). En mettant l'accent sur le caract&#232;re fran&#231;ais du
continent am&#233;ricain dans le titre du livre de Harvey, la pertinence de la
p&#233;riode &#224; l'int&#233;rieur de laquelle se d&#233;ploient ses analyses pourrait
d'autre part &#234;tre mise &#224; la question. L'&#233;tude de la milice &#171; canadienne &#187;,
par exemple, telle qu'elle appara&#238;t dans Eccles ou Macleod [8], d&#233;montre
clairement que les id&#233;es de jeunesse, de vigueur et de renouvellement
associ&#233;es habituellement au printemps ne cadrent pas du tout avec la
p&#233;riode couverte par Harvey. Il ne faut peut-&#234;tre pas se surprendre, dans
ces conditions, que la question du recours aux armes et de la violence ne
soit trait&#233;e que de mani&#232;re incidente dans les chapitres &#171; R&#233;volution &#187; et
&#171; R&#233;pression &#187; [9]. Elle me semble pourtant au c&#339;ur des repr&#233;sentations du
r&#233;publicanisme am&#233;ricain. Pour le dire sans d&#233;tour, la r&#233;publique
qu&#233;b&#233;coise sans les armes, sans services secrets, servie sur un plateau
d'argent, est une belle chim&#232;re que nos souverainistes cultivent toujours,
semble-t-il, avec une belle candeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NOTES&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[1] La &#171; pouss&#233;e anticoloniale &#187; est le &#171; trait saillant de ce printemps
anticolonial du Qu&#233;bec &#187; (237).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[2] Une perspective diff&#233;rente se trouve au chapitre V de Gen&#232;se de la
soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise de Fernand Dumont, justement intitul&#233; &#171; La Nation &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[3] L' &#171; ethnocentrisme &#187; boutiquier de Durham est fond&#233; sur une vision
antiquaire des Old Charts anglaises comme le montre clairement sa lettre du
8 ao&#251;t 1838 (PAC, 1923). Ce qu'il conc&#232;de volontiers aux insurg&#233;s de 1776,
coupables de haute-trahison, il le r&#233;cuse aux Canadiens (197).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[4] Cette conception culmine par la victoire &#233;clatante de Papineau aux
&#233;lections de 1834 o&#249; le parti patriote re&#231;oit, selon le Daily Advertiser de
Chapman, l'appui majoritaire des anglophones. On peut consulter ce journal
radical bas-canadien &#224; la Rare Books Division de McGill.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[5] &#192; contre-courant de tout le tapage autour de la convergence
id&#233;ologique des r&#233;volutions fran&#231;aise et am&#233;ricaine, la th&#232;se magistrale de
Talleyrand (1797) sur les int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs du commerce anglo-am&#233;ricain
garde toute sa fra&#238;cheur (48).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[6] Une bonne partie des analyses de Harvey s'appuie sur L'&#201;cho du Pays,
un journal constitutionnel pr&#233;conisant la formation militaire des paysans
de la vall&#233;e du Richelieu en cas d'attaque am&#233;ricaine !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[7]Voir &#171; La voie anglaise &#187;, dans Marcel Gauchet, La R&#233;volution des
pouvoirs. La souverainet&#233;, le peuple et la repr&#233;sentation, 1789-1799, 1995,
p. 259-266. La pierre angulaire de l'argumentation tory se trouvait du m&#234;me
coupe mise hors jeu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[8] W. J. Eccles, The French in North America, 1500-1783, 1998. Peter D.
Macleod, Northern Armageddon : the Battles of the Plains of Abraham, 2008.
[9] Ces chapitres sont, &#224; mon avis, les moins convaincants. L'auteur tombe
dans le m&#234;me panneau que Bernard et Laporte dans l'&#233;valuation du ph&#233;nom&#232;ne
de &#171; polarisation exceptionnelle &#187; par quoi est reconduite la fable &#171; d'une
intervention conjointe du gouvernement civil et de l'arm&#233;e &#187;. Cf.,
Assembl&#233;es publiques, r&#233;solutions et d&#233;clarations de 1837-1838, p. 15,
ainsi que Habits rouges et Patriotes, 1997, p. 7. Ce que la lecture du
Montreal Herald r&#233;v&#232;le est une r&#233;pression militaire planifi&#233;e de longue
date doubl&#233;e d'une mise en demeure de l'&#233;lite tory montr&#233;alais (&#171; la
minorit&#233; de la minorit&#233; &#187;, comme les d&#233;signent les lib&#233;raux du Morning
Courier) au Parlement imp&#233;rial en vue de renverser la constitution,
criminaliser tous les d&#233;put&#233;s patriotes (surtout et y compris les plus
mod&#233;r&#233;s) et casser la pr&#233;dominance de l'ex&#233;cr&#233; Parlement de Qu&#233;bec dans le
d&#233;veloppement de toutes les colonies britanniques d'Am&#233;rique du Nord &#8211; on a
ici le germe des institutions f&#233;d&#233;rales canadiennes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Garantie constitutionnelle et d&#233;monstration publique de la force</title>
		<link>http://www.vigile.net/Garantie-constitutionnelle-et</link>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>La discussion sur le s&#233;paratisme des Anglo-Qu&#233;b&#233;cois et les fantasmes de partition oriente le d&#233;bat national dans la bonne direction. Il soul&#232;ve &#224; mon avis le point tr&#232;s sensible de la pertinence, &#224; l'heure de la &#171; global cosmopolitain society &#187;, de la d&#233;monstration publique de la force (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La discussion sur le s&#233;paratisme des Anglo-Qu&#233;b&#233;cois et les fantasmes de partition oriente le d&#233;bat national dans la bonne direction. Il soul&#232;ve &#224; mon avis le point tr&#232;s sensible de la pertinence, &#224; l'heure de la &#171; global cosmopolitain society &#187;, de la d&#233;monstration publique de la force &#8211; hors de laquelle les arguties l&#233;gales des juristes et autres experts en paperassie constitutionnelle n'auraient pas de terme - et appelle l'exploration du dossier historique. On a une tout une c&#244;te &#224; remonter avant d'aborder les choses de fa&#231;on sereine. De Garneau &#224; Groulx en passant par Filteau jusqu'&#224; Fernand Dumont et L&#233;tourneau, la r&#233;pugnance des intellectuels &#224; prendre le taureau par les cornes illustre l'esp&#232;ce d'ang&#233;lisme de nos intellectuels sur la question, qu'ils portent des soutanes ou des vestes de tweed. Je tire de l'&#233;vocation du Pacte de 1291 (&#171; Foedus aeternum fratum &#187;) de Jean Starobinski mon axe argumentatif :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici ce que savaient les hommes de 1291 d'une connaissance imm&#233;diate dont ils ont eu le courage de tirer les cons&#233;quences : les hommes sont violents, et il faut d&#233;passer cette violence. Ce n'est pas en ignorant la violence qu'on la surmontera, mais en prenant contre elle toutes les mesures appropri&#233;es. Pour repousser l'assaut dess violents contra impetus malignorum, il faut commencer par s'entraider dans la r&#233;sistance. Mais la violence interne n'est pas moins &#224; craindre que l'agression venue du dehors. Les contractants de 1291 prennent des mesures communes contre les meurtriers et les incendiaires. &#187; (La lettre internationale, 32, Printemps 1992, 69).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ce qui a trait &#224; nos racines historiques - la guerre civile canadienne (1832-1849), la source m&#234;me de nos institutions -, ce n'est qu'avec une extr&#234;me r&#233;ticence que le grand Papineau envisagera le recours aux armes, tandis que l'oligarchie tory, forte de ses liens avec des bandes de casseurs urbains que le film Gangs of New York rappelle (Axe Handle Guards, British Rifle Corps, Doric Club, etc.) et l'&#233;tat-major, y &#233;tait r&#233;solue. Veut-on une illustration de ce pacifisme parlementaire ? Prenons le cas d'un des porte-parole du parti patriote, A.-N. Morin. M&#234;me s'il faut toujours faire la part de la rh&#233;torique dans le discours, par son entremise, la plupart des supporteurs du parti de Papineau s'imaginaient encore na&#239;vement, en ao&#251;t 1837, prendre appui &#171; on the highest metropolitain authorities from who we looked for justice and protection &#187; (Christie, 1866, IV, 383). Les f&#233;d&#233;ralistes ne pensent pas autrement aujourd'hui. Benjamin Constant, grand admirateur du Rule of Law ne dit pas lui aussi autre chose :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Vainement compterait-on sur la force d'une majorit&#233; raisonnable, si cette majorit&#233; n'avait pas de garantie dans un pouvoir constitutionnel hors de l'assembl&#233;e. &#187; (&#201;crits politiques, 1991, 341).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'optique de Constant, c'est la Chambre haute des Lords qui seule, incarnant les int&#233;r&#234;ts permanents du pays, doit endiguer l'&#233;l&#233;ment passionnel instable et la turbulence propres aux Communes. Mais, &#224; l'encontre de sa propre th&#232;se sur l'&#233;quilibre tant vant&#233; du constitutionnalisme anglais, Constant ajoute quelques lignes plus loin :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Une minorit&#233; bien unie, qui a l'avantage de l'attaque, qui effraie ou s&#233;duit, argumente ou menace tour &#224; tour, domine t&#244;t ou tard la majorit&#233; &#187; (ib., 343). Et Constant de conclure qu'en cas de paralysie entre les instances, &#171; la force vient toujours &#224; l'appui de la n&#233;cessit&#233; &#187; (ib., 343).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je pense que dans l'hypoth&#232;se d'un bras de fer entre Qu&#233;bec et Ottawa, les corps policiers d&#233;j&#224; constitu&#233;s (Fraternit&#233; des policiers notamment et la SQ) seraient parfaitement aptes &#224; assurer la s&#233;curit&#233; publique. Ce qui ne veut pas dire qu'un travail d'infiltration des agences f&#233;d&#233;rales au plus haut niveau ou la formation de milices volontaires soient &#224; n&#233;gliger. Au lieu d'alller se faire descendre en Afghanistan dans une guerre inutile, leur &#233;nergie serait beaucoup mieux canali&#233;es ici.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ce qui est de la communaut&#233; anglophone, les souverainistes ne devraient pas rechigner &#224; y trouver des interlocuteurs dispos&#233;s &#224; discuter d'une meilleure repr&#233;sentation &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. Ce dossier est au c&#339;ur des motivations historiques qui les ont pouss&#233;s dans les ann&#233;es 1830 soit &#224; promouvoir l'Union l&#233;gislative, l'annexion pure et simple de Montr&#233;al &#224; l'Ontario ou m&#234;me la constitution d'une province s&#233;par&#233;e &#224; Montr&#233;al sur le mod&#232;le de l'&#206;le-du-Prince-&#201;douard. Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Joindre un fichier&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/ecrire/?exec=forms_telecharger&amp;id_donnee=7347&amp;champ=fichier_1&amp;retour=spip.php%3Faction%3Dforms_exporte_reponse_article%26amp%3Barg%3D7347%26amp%3Bhash%3D60c37a7459dd515580c1f09fb0fc18fb%26amp%3Bredirect%3D%253Fexec%253Dforms_reponses%2526amp%253Bid_form%253D28%2526amp%253Bretour%253D%2525253Fexec%2525253Dforms_tous%2526amp%253Bsupp_reponse%253D7362&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;IMG/protege/form28/De_la_garantie_dans_un_pouvoir_constitutionnel_hors_de_l_assemblee.docx &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Qu&#233;bec/Vermont : une fronti&#232;re poreuse</title>
		<link>http://www.vigile.net/Quebec-Vermont-une-frontiere</link>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>170 ans nous s&#233;parent de l'extrait de l'&#233;dition hebdomadaire du Montreal Herald que je pr&#233;sente. Il s'agit du compte rendu d'un banquet offert en juin 1838 &#224; Montpellier en l'honneur du &#171; mouvement r&#233;volutionnaire &#187; conduit par les patriotes maintenant exil&#233;s aux (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;170 ans nous s&#233;parent de l'extrait de l'&#233;dition hebdomadaire du Montreal
Herald que je pr&#233;sente. Il s'agit du compte rendu d'un banquet offert en
juin 1838 &#224; Montpellier en l'honneur du &#171; mouvement r&#233;volutionnaire &#187;
conduit par les patriotes maintenant exil&#233;s aux &#201;tats-Unis suite &#224;
l'agression pr&#233;ventive (et largement improvis&#233;e) de novembre et d&#233;cembre
1837 sous l'autorit&#233; du commandant Colborne contre l'avis du Gouverneur et
de l'Ex&#233;cutif. Ce banquet illustre combien, d'une certaine fa&#231;on, la
fronti&#232;re entre le Qu&#233;bec et le Vermont &#233;tait poreuse. On notera que les
&#233;l&#233;ments essentiels du discours d'appui &#224; l'endroit des patriotes ne
portent pas sur la d&#233;fense de &#171; notre langue, nos droits et nos
institutions &#187;, &#233;tant entendu qu'il s'agit d'un combat en faveur des &#171; libert&#233;s politiques et civiques &#187; et, n'en d&#233;plaise aux monomanes qui, &#224;
l'instar de l'ex speakerine de Radio-Canada, fantasment encore sur
l'ind&#233;passable androgynie de la nation canadian, l'usage g&#233;n&#233;rique &#171; Canada &#187; coexiste avec la d&#233;signation plurielle &#171; Canadas &#187;. Gageons que la forme
double - m&#226;le et femelle si l'on veut - doit allumer encore d'un sombre
d&#233;sir ceux qui, dans la classe politique et journalistique actuelle,
s'identifiant &#224; cet hermaphrodisme politique, se per&#231;oivent &#224; la fois comme
&#171; canadien &#187; et comme &#171; qu&#233;b&#233;cois &#187;. On sait que depuis &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Some like it hot&lt;/i&gt;
(1959), la bisexualit&#233; est porteuse dans la culture g&#233;n&#233;rale. Pour ma part,
je pr&#233;f&#232;re nettement, quant &#224; y &#234;tre, m'identifier aux dents du dragons de
la fable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Public dinner to Dr. Nelson&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Agreeable to the arrangements made at a previous meeting assembled for
the purpose of inviting Dr. Nelson and Doctor Cote to partake of a public
dinner in token of the estimation in which their private characters, as
well as the noble part they have taken in the cause of civil liberty in
Canada, is holden by the people of Vermont, a very large number of the most
respectable citizens of Montpelier and vicinity sat down, on the eve of the
25th instant [1838], to an excellent table, prepared by Messrs. Church &amp;
Sherman, of the Union House, in this village &#8211; John P. Miller, late agent
of the Americans in Greece, presiding, assisted by Arannah Waterman,
William Upham, J. Y. Vail, Cyrus Ward and Doctors Lamb and Burnham, as
vice-presidents. The company having been seated at the table, Dr. Nelson,
the distinguished guest, (Dr. Cot&#233; having been prevented by the situation
of his domestic affairs from accepting the invitation,) was introduced by
William Upham, Esq.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;After the dinner had been partaken, and the tables cleared, the
following set of toasts, prepared and delivered by the gentlemen whose
names are respectively prefixed, were drunk, accompanied by appropriate
airs from the Montpelier band and the discharge of guns : By William K. Upham &#8211; Liberty and Canada &#8211; Though clouds may darken their
prospects for a time, yet the sun of their prosperity will soon arise in
its glory, shedding its genial and refreshing rays upon a free and happy
people.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The spirit of civil liberty &#8211; Tyrants and oppressors may curb and
restrain it for a time, but it is as unconquerable as the lightnings of
heaven, and co-existent with virtue and intelligence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The exiled Canadians &#8211; The name of &#8220;rebels&#8221; applied to those struggling
for the inestimable privileges of civil and political liberty, shall never
deter freemen from extending the hospitality due our fellow men, whether of
our own or of a foreign land.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;River Raisin and St. Eustache &#8211; They remain, and will ever remain, as
lasting memorials of British horror and British cruelty, and British
brutality.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lount and Matthews &#8211; Patriots and martyrs ! May the &#8220;tree of liberty&#8221;
spring from the soil with which their blood is mingled, and overshadow with
its luxuriant branches the united provinces of Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sir Francis Bond Head and Sir John Colborne &#8211; Worthy compatriots, and
fit instruments to desecrate the temple of liberty and pollute her sacred
altars.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;By L. L. Lamb &#8211; Green Mountain Juries &#8211; They inherit too much of the
spirit, intelligence and incorruptible firmness of their sires, to fine and
imprison a man for no worse a crime than that of contending for a
republican government.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The Vermont Presses &#8211; Nobly have they spoken in the cause of Canadian
liberty &#8211; Good speed the day when they will have the pleasure of announcing
the independence of the Canadas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;By D. P. Thompson &#8211; The oppressed Canadians &#8211; Let them rest assured that
the prayers and sympathies of the Green Mountain boys will ever be theirs,
so long as they shall be struggling for freedom with the foot of a lord on
their necks and the head of a priest in their pockets.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The martyrs of St. Denis, St. Charles and St. Eustache &#8211; May every drop
of blood, there shed, like the sown teeth of the fable dragon, spring up an
armed man to avenge the wrongs of his country.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The haughty oppressors of the Canadian Patriots &#8211; They may exult now ;
but let them remember,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;That Freedom's battle once begun,&lt;br&gt;
Bequeath'd from bleeding sire to son,&lt;br&gt;
Tho' baffled oft, is always won.&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The projector of the &#8220;gallant affair of the steamer Caroline&#8221; &#8211; The Hon.
Col. McNab, recently knighted by the Queen fore his matchless bravery and
skill in murdering a dozen unarmed American citizens &#8211; In his example and
reward we are taught the exact price of a British title.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;After the regular toast had been drunk, the President rose and gave :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Our guest, Dr. Robert Nelson. Driven from his country and his home by
the iron hand of oppression &#8211; may he ever find in the United States &#8220;the
asylum of the exile, and the home of the oppressed.&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;As soon as the enthusiastic and reiterated applause, with which the toast
given by the speaker at the close of his remarks was received, had
subsided, Dr. Nelson rose, and with visible emotion, proceeded in a very
appropriate and handsome manner, to return his thanks to the company for
the present testimony of their esteem and respect ; after which he gave a
succinct and lucid statement of the grievances which had forced his
countrymen to resort to arms in defence of their rights, together with a
detail of the leading features of their late revolutionary movement,
followed by a touching picture of their present situation and future
prospects, under the iron hand of a government, witch, more than ever, was
now grinding them in the dust. And, after again expressing the
gratification he felt, not simply on account of the honour done him
personally on the occasion, but because he read in it a proof that the
motives, which had actuated his compatriots, were rightly appreciated by so
intelligent a community, he closed by offering the following sentiment : -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vermont &#8211; May her principles of republicanism, and cherished feelings of
liberty, pass into the hearts of her posterity and there remain firmly
fixed as the mountains of her state [&#8230;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>La rh&#233;torique anticolonialiste</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-rhetorique-anticolonialiste</link>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>La semaine qui vient de s'&#233;couler est l'une de celles qu'on va sans doute se rappeler. Pas seulement &#224; cause des effets pervers du &#171; cleavage &#187; de madame Couillard. La mont&#233;e de lait de VLB et Falardeau y est aussi pour quelque chose. Elle discr&#233;dite &#224; mon avis le combat (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La semaine qui vient de s'&#233;couler est l'une de celles qu'on va sans doute
se rappeler. Pas seulement &#224; cause des effets pervers du &#171; cleavage &#187; de
madame Couillard. La mont&#233;e de lait de VLB et Falardeau y est aussi pour
quelque chose. Elle discr&#233;dite &#224; mon avis le combat souverainiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Allons droit au but : la rh&#233;torique anticolonialiste au Qu&#233;bec est
pass&#233;e date. Elle ne colle plus au contexte international actuel et la
critique du f&#233;d&#233;ralisme implicite qu'elle sous-tend devient, sous leur
plume, un exercice de bitchage confinant &#224; une st&#233;rile querelle de
personnalit&#233;s (ou, pour mieux dire, d'egos malades dignes de la Petite
vie). On en oublie les raisons qui appelaient une critique du manque de
colonne du gouvernement Charest face &#224; la poign&#233;e de dollars d'Ottawa dans
le dossier du 400i&#232;me de Qu&#233;bec et la petite pointe fielleuse lanc&#233;e &#224;
l'endroit de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise par l'ex speakrine de Radio-Canada lors
de son passage en France.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux petits rappels historiques ne seront peut-&#234;tre pas superflus. Si,
au d&#233;part, la grille d'interpr&#233;tation anticolonialiste rendait compte de la
situation d'apr&#232;s-guerre en Asie et en Afrique, souligner les aspects
honteux des r&#233;gimes &#224; la t&#234;te desquels se sont retrouv&#233;s l'Empereur
Bokassa, Mobutu ou &#171; la crapule &#224; Omar Bongo &#187;, revient &#224; sugg&#233;rer au fond
qu'ind&#233;pendance, tribalisme et corruption font bon m&#233;nage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, au Qu&#233;bec, le discours anticolonialiste dans les ann&#233;es
1950-1960 a eu une r&#233;sonance profonde dans la culture d'avant-garde -
jusques et y compris chez certains amuseurs publics felquistes jouant les
gu&#233;rilleros -, mais, retournant un peu plus haut et plus loin dans notre &#171; champ d'exp&#233;rience &#187; historique et nos &#171; horizons d'attentes &#187; (Reinhardt
Koselleck), force est d'admettre que le r&#233;gime colonial consenti par l'Acte
constitutionnel (1791-1838) n'a pas seulement eu des effets n&#233;gatifs sur la
formation identitaire des &#171; Canadiens-fran&#231;ais &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les kamikazes du tout ou rien devraient en prendre bonne note :
l'ambivalence des &#171; Qu&#233;b&#233;cois de souche &#187; en d&#233;rive en ligne droite. Je ne
vois pas comment on pourrait en faire l'&#233;conomie au nom de la puret&#233; des
principes ou de l'inconditionnalit&#233; de l'engagement. Que &#231;a nous plaise ou
pas, le r&#233;gime colonial anglais, particuli&#232;rement avec l'arriv&#233;e au pouvoir
des Whigs (des lib&#233;raux si l'on veut) &#224; Westminster dans les ann&#233;es 1830 a
grandement encourag&#233; non seulement les aspirations d&#233;mocratiques des
francophones, mais aussi, l&#233;gitim&#233; l'aspiration &#224; l'ind&#233;pendance nationale
&#171; of the great body of the people &#187; &#8211; aspirations, faut-il ajouter, ayant
&#233;t&#233; contrecarr&#233;es, bafou&#233;es et r&#233;prim&#233;es dans le sang et la terreur par nos
braves tories montr&#233;alais regroup&#233;s dans leur colonne de soutien mutuelle.
Ils savaient tr&#232;s bien d'ailleurs ce qu'impliquait l'id&#233;e de donner le
pouvoir, au parlement de Qu&#233;bec, &#224; la majorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Amalgamer l'appui d'anglophones au combat patriote &#224; la d&#233;fense du
d&#233;funt &#171; nationalisme civique &#187; est d'autre part de la mauvaise pol&#233;mique.
Le jour o&#249; les Qu&#233;b&#233;cois auront l'audace de montrer &#224; l'&#233;cran ce que
c'&#233;tait pour un modeste paysan ayant r&#233;cup&#233;r&#233; des mains raidies d'un
compatriote une vieille carabine encrass&#233;e face &#224; la ligne de feu
assourdissante de l'arm&#233;e britannique avant de se retrouver lui-m&#234;me &#233;tendu
au sol, la face convuls&#233;e par l'angoisse et les visc&#232;res &#233;clat&#233;es, on
pourra un peu mieux se repr&#233;senter le sens que peut encore avoir pour nous
le corset f&#233;d&#233;raliste et la permanente actualit&#233; du combat pour
l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Sur le trauma identitaire actuel</title>
		<link>http://www.vigile.net/Sur-le-trauma-identitaire-actuel</link>
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		<dc:date>2008-05-28T15:57:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Les commentaires que m'a inspir&#233;s l'allocution de Samuel Revans lors du banquet de la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste tenu &#224; l'H&#244;tel Nelson en juin 1837 ont suscit&#233; une r&#233;action symptomatique de la part de monsieur Luc Potvin. Le topo anticolonialiste, anglophobe et (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les commentaires que m'a inspir&#233;s l'allocution de Samuel Revans lors du
banquet de la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste tenu &#224; l'H&#244;tel Nelson en juin
1837 ont suscit&#233; une r&#233;action symptomatique de &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Evoquer-les-Patriotes-pour&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;la part de monsieur Luc
Potvin&lt;/a&gt;. Le topo anticolonialiste, anglophobe et anti-individualiste de
l'auteur donne l'impression de revenir cinquante ans en arri&#232;re, &#224; moins
qu'il ne soit un lecteur assidu du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;. Pas facile en tout
cas de se sentir &#224; l'aise dans le corset identitaire canadien-fran&#231;ais. Je
serais pass&#233; outre s'il n'&#233;tait pas utile de rectifier deux ou trois &#171; perceptions &#187; erron&#233;es concernant la permanente actualit&#233; du discours
ind&#233;pendantiste auquel je me rallie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je n'ai jamais avanc&#233; que la &#171; multitude &#187; pourrait un jour donner son
appui &#224; un discours expurg&#233; de toute &#171; dimension identitaire &#187;, ni qu'on
puisse en &#171; faire l'&#233;conomie &#187;. Je serais bien sot d'ailleurs. Tout le
monde sacrifie &#224; l'idole qu&#233;b&#233;coise, m&#234;me les lib&#233;raux les plus
cosmopolites, le temps au moins d'une &#233;lection ou de vendre leur salade.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si je comprends bien, son argument d&#233;coule de la distinction radicale
qu'il &#233;tablit entre &#171; civique &#187; et &#171; identitaire &#187;. Ou bien l'on appartient
&#224; la premi&#232;re cat&#233;gorie (alors on est un Qu&#233;b&#233;cois at large), ou bien l'on
appartient &#224; l'autre (alors on est un Canadien-fran&#231;ais), mais l'on ne
saurait appartenir aux deux. On suppose que c'est seulement par l'entremise
d'un lent travail d'assimilation, malgr&#233; l'exposition &#224; la programmation de
Radio-Canada) &#233;tal&#233; sur quelques g&#233;n&#233;rations que les ressortissants de la
premi&#232;re cat&#233;gorie, promus dans le club s&#233;lect de la seconde cat&#233;gorie,
pourront participer pleinement &#224; l'histoire, la culture et au trauma
identitaire des Canadiens-fran&#231;ais. &#201;tant donn&#233; que je suis un pur
Canadien-fran&#231;ais issu de la lign&#233;e du patriarche Toussaint Huneault dit
Deschamps &#233;tabli &#224; Montr&#233;al en 1653, force est d'admettre que, ren&#226;clant &#224;
m'identifier &#224; mes pairs, je suis potentiellement un tra&#238;tre &#224; la patrie,
un f&#233;d&#233;raliste en germe en voie de conversion, &#224; coup s&#251;r, un gibier de
potence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Venons-en &#224; l'essentiel. J'ai dit et pr&#233;cise que les discussions
interminables sur l'identit&#233; collective des Qu&#233;b&#233;cois ne m&#232;neront nulle
part tant qu'elles ne seront pas orient&#233;es de fa&#231;on ad&#233;quate vers la
r&#233;alisation d'objectifs politiques fondamentaux et, n'en d&#233;plaise &#224; Beno&#238;t
Pelletier, rassembleurs, c'est-&#224;-dire, en gros, la capacit&#233; pour eux,
quelle que soit leur provenance &#8211; et non pas les seuls Canadiens-fran&#231;ais
de souche dont je suis - de cr&#233;er leurs propres institutions et se donner
leurs propres lois sans que la Cour supr&#234;me, les Communes &#224; Ottawa ou
madame la Gouverneur g&#233;n&#233;rale viennent mettre le nez dans nos affaires ou
s'amusent &#224; y l&#226;cher leur fiente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout le paragraphe sur les patriotes des ann&#233;es 1830 est truff&#233; de
grossi&#232;res g&#233;n&#233;ralit&#233;s. Un examen s&#233;rieux de la p&#233;riode am&#232;ne par exemple &#224;
affirmer sans aucune h&#233;sitation que le cens &#233;lectoral consenti par la
Constitution de 1791 et l'administration Whig &#224; Londres a grandement
favoris&#233; l'aspiration d&#233;mocratique des Canadiens-fran&#231;ais, contrecarr&#233;e et
bafou&#233;e par l'antiparlementarisme des torys montr&#233;alais. Travaillant &#224;
l'&#233;dition critique du Montreal Herald and Daily Commercial Advertiser
(1834-1840), je puis assurer mon aimable contradicteur que l'&#233;lite tory
montr&#233;alaise &#8211; deux cents individus gros max &#8211; qui avaient la pr&#233;tention de
se croire les &#171; gardiens provisoires &#187; du British North America, n'ont
cess&#233;, jour apr&#232;s jour, de peaufiner le pi&#232;ge identitaire dans lequel il
est emp&#234;tr&#233; : pas question de donner le contr&#244;le du Saint-Laurent &#224; une
bande de culs-terreux francophones repli&#233;s sur eux-m&#234;mes et hant&#233;s par leur
survie. D'o&#249; le propos iconoclaste de Revans sur les &#171; diff&#233;rences
nationales &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le jour o&#249; les individus qui partagent le m&#234;me profil id&#233;ologique que
monsieur Potvin s'apercevront que le repli identitaire frileux qui les
caract&#233;rise a, de tout temps, fait le jeu des f&#233;d&#233;ralistes et des tenants
du multiculturalisme, ils auront fait un pas dans la bonne direction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>1837-38 - La lutte du parti de la majorit&#233; n'a rien &#224; voir avec les &#171; distinctions nationales &#187;</title>
		<link>http://www.vigile.net/1837-38-La-lutte-du-parti-de-la</link>
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		<dc:date>2008-05-22T13:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Les P&#233;quistes devraient en prendre bonne note. Tant qu'ils ne feront pas &#233;lire dans des comt&#233;s francophones deux ou trois anglophones destin&#233;s &#224; des fauteuils minist&#233;riels, le d&#233;faut de repr&#233;sentation de nos concitoyens de langue anglaise &#224; l'Assembl&#233;e nationale ne sera jamais (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise : un faux d&#233;bat &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me s'ils ont l'avantage de vendre de la copie, les d&#233;bats interminables
r&#233;sultent souvent de questions mal pos&#233;es. Les variations infinies sur le
th&#232;me de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise en sont un exemple probant. Les psychiatres
nous diraient peut-&#234;tre qu'elles confinent au ressassement maniaque. De
quoi en avoir la naus&#233;e. Comme on peut le constater, les f&#233;d&#233;ralistes
qu&#233;b&#233;cois participent pleinement de ce ph&#233;nom&#232;ne de compulsion, non sans
d&#233;lectation faut-il ajouter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un cas flagrant d'autocensure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2140 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:145px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.unites.uqam.ca/arche/alaq/index.php?nomLien=7&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_22-mminerve.jpg' width=&quot;145&quot; height=&quot;232&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Comme antidote, je propose un retour aux sources &#8211; le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;caput Nili&lt;/i&gt; de notre
n&#233;vrose nationale. Il s'agit d'un extrait tir&#233; d'un compte rendu du banquet
organis&#233; par la Soci&#233;t&#233; Saint Jean-Baptiste. Il a &#233;t&#233; publi&#233; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La
Minerve&lt;/i&gt; du 29 juin&#8230; 1837. Le document en question serait connu depuis
longtemps si, dans son Histoire de la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste, Rumilly
n'en avait pas effac&#233; la trace. Cas flagrant d'autocensure que la
connaissance historique a le devoir de corriger.
&lt;br clear=all&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une &#171; presse corrompue et corruptrice &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On comprend pourquoi. Non seulement l'orateur en question est un
Britannique, Samuel Revans qui, suite au toast port&#233; en l'honneur des
r&#233;formistes anglais, y est all&#233; d'une allocution dans laquelle il se montre
partisan de la &#171; s&#233;paration imm&#233;diate &#187;, mais, en plus, il affirme que le
sens de la lutte du parti de la majorit&#233;, contrairement &#224; ce que laisse
entendre une &#171; presse corrompue et corruptrice &#187;, n'a rien &#224; voir avec les
&#171; distinctions nationales &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Client&#232;le captive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les P&#233;quistes devraient en prendre bonne note. Tant qu'ils ne feront pas
&#233;lire dans des comt&#233;s francophones deux ou trois anglophones destin&#233;s &#224; des
fauteuils minist&#233;riels, le d&#233;faut de repr&#233;sentation de nos concitoyens de
langue anglaise &#224; l'Assembl&#233;e nationale ne sera jamais surmont&#233; et le parti
lib&#233;ral continuera &#224; garder cette client&#232;le captive.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les lecteurs de Vigile pourront &#233;valuer aussi comment, depuis bient&#244;t
deux si&#232;cles, &lt;a href=&quot;http://archives.vigile.net/3e/irreformable/vadeboncpensee.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;c'est au fond toujours la m&#234;me rengaine qui nous casse les
oreilles.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Allocution de Samuel Revans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'allusion aux &#171; r&#233;solutions monstres &#187; se rapportent au refus du
gouvernement imp&#233;rial &#224; Londres d'acc&#233;der aux demandes contenues dans les
92 r&#233;solutions de 1834 ayant valu au parti de la majorit&#233; une victoire
&#233;lectorale &#233;clatante &#8211; y compris dans le bastion anglophone du Quartier
ouest &#224; Montr&#233;al. Apr&#232;s le libell&#233; du toast se trouve le compte rendu de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La
Minerve&lt;/i&gt; que je reproduis tel quel :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; 8. Roebuck, O'Connell, Hume, Leader, Molesworth, Brougham et ces
r&#233;formistes qui ont &#233;lev&#233; leurs voix &#233;loquentes en faveur des droits de la
colonie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2139 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:204px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Samuel_Revans&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_22-revans.jpg' width=&quot;204&quot; height=&quot;206&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;D&#232;s que ce toast fut port&#233;, le nom de Mr. Revans retentit de toute part
simultan&#233;ment. C&#233;dant aux vives sollicitations de l'auditoire, il prit la
parole, et dans un discours aussi &#233;loquent qu'&#233;nergique, d&#233;non&#231;a les
r&#233;solutions monstres, en fit sentir tout l'odieux et dit, d'apr&#232;s sir
William Molesworth et tous nos amis en Angleterre, que les Canadiens
&#233;taient moralement tenus de s'opposer &#224; la co&#235;rcition dont on les menace.
Il nous est impossible de donner un rapport fid&#232;le de son discours, mais
nous allons en esquisser quelques parties saillantes du mieux qu'il nous
sera possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s avoir parl&#233; des efforts des radicaux anglais en notre faveur
l'orateur dit en se r&#233;sumant : Ils ont fait pour vous tout ce qu'ils
pouvaient, c'est &#224; vous de faire le reste. Ils s'attendent &#224; vous voir
prendre la position qui convient &#224; des hommes opprim&#233;s et qui veulent &#234;tre
libres. Ils verront si vous faites votre devoir, si vous faites ce que vous
vous devez &#224; vous-m&#234;mes et &#224; votre post&#233;rit&#233;. Mais avant-tout, calculez
bien l'espace que vous avez &#224; franchir, consid&#233;rez m&#251;rement ce que vous
avez &#224; faire, et si vous croyez que vous n'&#234;tes pas de la p&#226;te dont on fait
des esclaves, &#224; la bonne heure, essuyez la poussi&#232;re de vos fronts et
relevez la t&#234;te fi&#232;rement et dites &#224; vos tyrans qu'ils gardent leurs
cha&#238;nes. Mais si, contrairement aux esp&#233;rances de vos d&#233;fenseurs et &#224; vos
amis, vous &#233;tiez dispos&#233;s &#224; tendre un cou docile au joug qu'on vous
pr&#233;sente, si, plus complaisans encore, vous alliez baiser le pied qui vous
repousse, alors n'accusez plus la rigueur d'un sort que vous vous serez
pr&#233;par&#233; vous-m&#234;mes ; d&#233;pouillez-vous de tous droits, de toutes pr&#233;tentions
&#224; la libert&#233; et rivez vous-m&#234;mes vos fers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais heureusement que ceci n'est qu'une hypoth&#232;se : je connais trop les
r&#233;formistes de ce pays pour leur faire l'injure de croire un instant qu'ils
puissent m&#233;conna&#238;tre leur devoir. Si tout le monde avait comme moi entendu
le premier discours de lord John Russell dans la chambre des communes
lorsqu'il pr&#233;senta ses atroces r&#233;solutions ; si l'on pouvait &#233;prouver le
sentiment que j'&#233;prouvai alors, on demanderait une s&#233;paration imm&#233;diate.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je sais bien, continue M. Revans, que des individus &#233;gar&#233;s et fanatis&#233;s
par une mauvaise presse, une presse corrompue et corruptrice, font tout ce
qu'ils peuvent pour vous nuire. Ces gens se parent effront&#233;ment du nom de
constitutionnels, et comme ils se disent d'origine bretonne, ils font
croire &#224; ceux qui ne connaissent pas mieux que la lutte a son principe dans
des distinctions nationales ; c'est l&#224; leur seule arme et, il faut le dire, ils s'en servent courageusement et &#224; tout propos. Les Canadiens ont si
souvent prouv&#233; la fausset&#233; de cette assertion, qu'il n'y a que des hommes
imbus des pr&#233;jug&#233;s les plus enracin&#233;s qui puissent y croire. Mais leurs
efforts seront impuissants. Le parti officiel n'est et ne sera jamais
activ&#233; que par le m&#234;me motif, l'int&#233;r&#234;t personnel. Si vous montrez de la
fermet&#233;, si vous adh&#233;rez strictement aux r&#233;solutions prises d&#233;j&#224; par une
grande partie du pays, les partisans des abus seront forc&#233;s de r&#233;unir leurs
voix &#224; la voix du peuple pour demander justice.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vu l'heure avanc&#233;e de la soir&#233;e, dit-il en terminant, je crois devoir
ici clore mes observations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Alors que devons-nous faire ?</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Regardons les choses en face. Si l'objectif ultime n'a pas &#233;t&#233; atteint, ce n'est pas la faute des maudits Anglais, de l'argent sale, de la malhonn&#234;tet&#233; des f&#233;d&#233;raux ou des votes ethniques. C'est tout simplement &#224; cause de l'id&#233;ologie boiteuse du parti et de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Que-faire-du-Parti-quebecois&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; a publi&#233; en fin d'ann&#233;e un texte de Denis Moni&#232;re&lt;/a&gt;, un ind&#233;pendantiste de longue date. Saluons l'&#233;v&#233;nement, qui contraste avec une pratique journalistique parfois douteuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cet article, Denis Moni&#232;re semble d'avis que les ind&#233;pendantistes n'ont gu&#232;re d'avenir au sein du PQ, &#233;tant donn&#233; les risques d'enlisement du parti sous la gouverne de madame Marois quant &#224; la poursuite effective de l'objectif ultime : l'&#233;ch&#233;ancier r&#233;f&#233;rendaire ayant &#233;t&#233; mis sous le boisseau, c'est &#224; la gestion autonomiste de la Belle Province et la d&#233;fense rab&#226;ch&#233;e de &#171; l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise &#187; qu'il se consacrera.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Moni&#232;re a raison : la question du statut du Qu&#233;bec est centrale sur notre &#233;chiquier politique, mais, fait &#224; souligner, puisqu'elle n'est plus l'apanage des p&#233;quistes, les allusions folkloriques au &#171; pays &#187; d&#233;clam&#233;es sur tous les tons ne pourront leur tenir lieu de programme encore bien longtemps. Tant qu'&#224; y &#234;tre, les &#233;lecteurs seront peut-&#234;tre plus enclins de donner sa chance au petit Mario qui, lui, apr&#232;s sa participation remarqu&#233;e au r&#233;f&#233;rendum de 95, table d&#233;sormais sur l'am&#233;nagement tranquille de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise &#224; l'int&#233;rieur du cadre canadien. Il y a belle lurette que sa r&#233;volte &#339;dipienne est termin&#233;e : en vieillissant m&#234;me, ne prend-il pas de plus en plus des airs de Robert Bourassa ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut le redire : la dilution de l'article 1 du PQ voue cette formation &#224; l'insignifiance. Le PQ n'a d'autre choix que de s'en tenir &#224; une position ferme. Madame Marois, qui tient le Premier ministre convalescent sous la tente d'oxyg&#232;ne (le patient prend du mieux, dit-on), a le privil&#232;ge de choisir le moment des prochaines &#233;lections. 42 ou 43% des suffrages suffisent pour prendre le pouvoir. Comme dit le proverbe : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;where there's a will, there's a way&lt;/i&gt;. Juste avec le potentiel &#233;nerg&#233;tique dans les dossiers du fran&#231;ais et de l'immigration, il y a de quoi suivre un courant ascendant dans la bonne direction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le faux-pas originel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne suis pas d'accord cependant avec Denis Moni&#232;re quant aux sources du coma id&#233;ologique dans lequel s'enlise le PQ. Le probl&#232;me ne date pas des derni&#232;res &#233;lections. Le coup de marketing op&#233;r&#233;e par madame Marois, l'automne dernier, ne dispensera pas son parti d'une r&#233;vision critique en profondeur. Il faut remonter en fait beaucoup plus loin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s le d&#233;part, en 1968, le projet ind&#233;pendantiste a &#233;t&#233; parasit&#233; par l'illusion d'une possible &#171; association &#187; avec le f&#233;d&#233;ral sur une base consensuelle et &#233;galitaire, alors que l'on sait tr&#232;s bien que, dans la logique du f&#233;d&#233;ralisme canadien, il n'y a absolument rien &#224; n&#233;gocier. Rappelons le mot c&#233;l&#232;bre du grand architecte de Meech : &#171; It doesn&#8216;t mean dick &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; ce faux-pas originel a succ&#233;d&#233; le pi&#232;ge r&#233;f&#233;rendaire de 1974. L'&#233;chec cuisant de 1980 a montr&#233; que, dans l'esprit des Qu&#233;b&#233;cois, il n'y a pas de lien oblig&#233; entre &#171; bon gouvernement &#187; et souverainet&#233;. Le bon sens m&#234;me serait plut&#244;t dans l'avis contraire. Comme dans les coups de foudre &#224; r&#233;p&#233;tition, l'insanit&#233; consisterait &#224; r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes erreurs en s'imaginant obtenir des r&#233;sultats diff&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Incomp&#233;tence et d&#233;fection des chefs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Regardons les choses en face. Si l'objectif ultime n'a pas &#233;t&#233; atteint, ce n'est pas la faute des maudits Anglais, de l'argent sale, de la malhonn&#234;tet&#233; des f&#233;d&#233;raux ou des votes ethniques. C'est tout simplement &#224; cause de l'id&#233;ologie boiteuse du parti et de l'incomp&#233;tence de la plupart des chefs qui n'ont pas su anticiper les occasions en or qui se sont pr&#233;sent&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; cet &#233;gard, la maladie infantile des P&#233;quistes a toujours consist&#233; &#224; se laisser b&#234;tement hypnotiser par le charisme de leurs chefs. La d&#233;fection du P&#232;re fondateur ne leur a pas suffi ; c'est sur les traces de son idole qu'a march&#233; Lucien Bouchard, accueilli en v&#233;ritable sauveur. Le grand n&#233;gociateur patronal aura r&#233;ussi le tour de force de tenir successivement le r&#244;le du tra&#238;tre dans les deux camps. On ne saurait trouver d'exemple plus &#233;clatant d'un caract&#232;re irr&#233;solu et branlant. Rien que de &#171; normalement &#233;quivoque &#187; dirait Lowry - disposition qui ne va pas, faut-il ajouter, sans une dose de perversit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par chance, madame Marois n'est pas l'objet de l'attachement plein de v&#233;n&#233;ration que les Qu&#233;b&#233;cois, par m&#233;dias interpos&#233;s, semblent avoir d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin d'&#233;prouver envers leurs vaches sacr&#233;es. Tant mieux.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mouvement pendulaire&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La vison plut&#244;t simpliste que d&#233;fend Denis Moni&#232;re l'am&#232;ne par ailleurs &#224; voir l&#224; o&#249; il n'y en a pas une contradiction insurmontable entre les possibilit&#233;s d'action &#224; l'int&#233;rieur du cadre provincialiste actuel et la mise en op&#233;ration de l'ind&#233;pendance ; comme l'a soulign&#233; un &#233;ditorial r&#233;cent de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gazette&lt;/i&gt;, il reste aveugle face au potentiel explosif d'une fusion des votes de l'ADQ et du PQ.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est sur ce terrain que se mesureront les deux formations rivales. Le calcul est tr&#232;s simple : qui va se rallier &#224; l'autre. L'avantage de l'initiative appartient aujourd'hui, sans conteste, aux mod&#233;r&#233;s qui pr&#233;conisent une approche conciliante avec le f&#233;d&#233;ral. On n'a pas &#224; s'en inqui&#233;ter outre mesure. Depuis les ann&#233;es 1960, trois axes d&#233;terminent les grandes orientations de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise dans ses rapports avec le f&#233;d&#233;ral : statu quo, conciliation, souverainet&#233;-association. Aucun consensus stable n'ayant pu &#234;tre d&#233;gag&#233;, c'est &#224; un mouvement pendulaire entre ces trois p&#244;les qu'on assiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#8230; et conversion d'affect&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Moni&#232;re passe &#224; c&#244;t&#233; d'une autre v&#233;rit&#233; &#233;l&#233;mentaire : comme en psychoth&#233;rapie, l'art en politique consiste &#224; convertir &#224; ses propres fins l'&#233;nergie de ses adversaires. Je ne vois rien de dramatique, quant &#224; moi, dans les &#171; illusions &#187; des f&#233;d&#233;ralistes qui s'imaginent de bonne foi &#171; conqu&#233;rir des parcelles de pouvoir dans le cadre du f&#233;d&#233;ralisme &#187;. La d&#233;monstration reste &#224; faire. Si l'on se fie aux pr&#233;c&#233;dents (Meech et Charlottetown), la d&#233;sillusion la plus am&#232;re les attend. On n'a pas &#224; s'inqui&#233;ter : si le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; ne surgit pas du Qu&#233;bec, il viendra du reste du Canada. Justin Trudeau ne r&#234;ve pas &#224; autre chose dans ses phases paroxystiques de sommeil. Tout le monde sait bien que l'imbroglio actuel est d&#251; en partie &#224; la vision r&#233;actionnaire et parfaitement orthodoxe de son papa : tout projet de conciliation envers le Qu&#233;bec, m&#234;me dilu&#233; &#224; l'extr&#234;me, court le haut risque d'&#234;tre per&#231;u dans le reste du Canada comme une trahison. Et puisque les Communes ont vot&#233; unanimement sur la motion de la reconnaissance des Qu&#233;b&#233;cois en tant que nation, il n'y a qu'&#224; taper sur ce clou.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autre part, on ne se le cachera pas, ce n'est que par d&#233;pit que bien des f&#233;d&#233;ralistes mod&#233;r&#233;s au Qu&#233;bec se rallieront &#224; la th&#232;se souverainiste. Le ph&#233;nom&#232;ne se produit quand il n'y a plus de fuite possible dans le d&#233;ni ou lorsqu'il n'est plus possible de rester accroch&#233; &#224; des mensonges consolants. Ne manquent que les circonstances propices &#224; une telle conversion d'affect qui, selon les mouvements du pendule ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, la compulsion de r&#233;p&#233;tition qui gouverne les soci&#233;t&#233;s comme les individus, ne manqueront pas de revenir. Vous pouvez mettre un petit deux l&#224;-dessus. Inutile pr&#233;dire le moment o&#249; elles se pr&#233;senteront. Beaucoup d'eau risque de couler encore sous les ponts. Une chose pourtant, &#224; ce stade-ci, est s&#251;re : les seules chances que Stephen Harper a de former un gouvernement majoritaire r&#233;sident chez les sectaires x&#233;nophobes et r&#233;trogrades que la presse anglophone bien-pensante voit non sans m&#233;pris chez les &#233;lecteurs des &#171; r&#233;gions &#187; et des comt&#233;s ruraux &#224; travers le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le mythe de l'assomption de l'ind&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a un dernier point dans le texte de Moni&#232;re qui m&#233;rite d'&#234;tre abord&#233;. Au fond de la posture de certains de nos soi-disant &#171; purs et durs &#187; r&#233;side le mythe de l'assomption de l'ind&#233;pendance, quelque chose comme &#171; le degr&#233; z&#233;ro &#187; du politique &#224; partir duquel s'op&#233;rera la rupture radicale, la transmutation des valeurs ou, comme dirait Bock-C&#244;t&#233;, l'h&#233;g&#233;lien de service de T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec, le retour int&#233;gral au pur esprit de la nation. Il y a l&#224;, je crois, une excellente illustration d'une tournure d'esprit dont on trouve &#224; profusion des exemples d'Althusser &#224; Marx en passant par tous les amateurs de table rase.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne pense pas qu'il faille jeter le discr&#233;dit sur la gestion provincialiste. Enseigner la science politique et faire de la politique sont deux choses. Les ind&#233;pendantistes devraient maintenant savoir que ce n'est qu'apr&#232;s des efforts soutenus &#224; l'int&#233;rieur des structures actuelles, sans d&#233;vier de leur trajectoire, qu'ils parviendront &#224; des r&#233;sultats satisfaisants. C'est par l'entremise d'une gestion provincialiste bien comprise et le secours impr&#233;visible de l'actualit&#233; que la promotion de l'ind&#233;pendance a des chances d'&#234;tre men&#233;e &#224; terme. C'est ce que Maurice S&#233;guin appelle dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Normes&lt;/i&gt; &#171; la politique du &quot;possible&quot; &#187; (1987, 169) &#224; quoi l'on doit, par exemple, l'imp&#244;t provincial.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La gu&#234;pe et la chenille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une m&#233;taphore zoologique en terminant. Quand vient le temps de la reproduction, la gu&#234;pe investit une chenille dans laquelle elle inocule sa semence ; celle-ci y trouvant un milieu propice, son d&#233;veloppement se poursuit jusqu'au moment o&#249;, ayant atteint son terme, le rejeton l'abandonne derri&#232;re soi pour enfin prendre son envol.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question reste donc enti&#232;re : alors que devons-nous faire ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>&#171; John &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>http://www.septentrion.qc.ca/catalo... Voici un document &#224; ma connaissance in&#233;dit dans lequel les lecteurs de Vigile trouveront un r&#233;cit &#233;mouvant sur les d&#233;buts de la guerre civile canadienne. Il provient du cours sur les R&#233;bellions que Jean-Paul Bernard donnait &#224; la fin des ann&#233;es 1980 &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1256 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:147px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/livre.asp?id=2150&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/16-laporte.png' width=&quot;147&quot; height=&quot;198&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Voici un document &#224; ma connaissance in&#233;dit dans lequel les lecteurs de
Vigile trouveront un r&#233;cit &#233;mouvant sur les d&#233;buts de la guerre civile
canadienne. Il provient du cours sur les R&#233;bellions que Jean-Paul Bernard
donnait &#224; la fin des ann&#233;es 1980 &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je le
pr&#233;sente tel quel. Un passage biff&#233; et quelques additions ont &#233;t&#233; plac&#233;s
entre crochets. Le t&#233;moignage crois&#233; de Driscoll ci-contre (&#171; L'hydre de la
r&#233;bellion &#187;) permet de cerner le moment d&#233;cisif du conflit, le &#171; &#954;&#945;&#953;&#961;&#959;&#962; &#187;, o&#249; tout bascule. Il est survenu
apr&#232;s la victoire des Patriotes &#224; Saint-Denis : tandis que Colborne, pris
de panique, envoie des courriers ordonnant le retrait imm&#233;diat de Wetherall
(aucun ne parviendra &#224; destination), celui-ci, au m&#234;me moment, conseill&#233;
par Gugy, entreprenait par le truchement du clerg&#233; une op&#233;ration de
d&#233;stabilisation de l'ennemi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec &#171; John &#187;, c'est la voix de la trag&#233;die qui perce dans la conscience historique des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* (Importante)&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mr Jacques Langlois, arpenteur&lt;br&gt;
Nouvelle Orl&#233;ans&lt;br&gt;
Louisiana&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cher ami,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai re&#231;u ta lettre dat&#233;e de la N[ouvelle] O[rl&#233;ans] le 4 d&#233;cembre
ultimo [1837]. Je t'aurais repondu avant ce tems, si y eut possibilit&#233; de
faire passer une lettre au dela des lignes ; tu es peut &#234;tre surpris de
m'entendre tenir ce langage, mais si tu connaissais l'espionage &amp; la duret&#233;
des autorit&#233;s, tu imaginerois alors combien notre sort est malheureux.
&#201;crire quelques lignes sur la politique ou plut&#244;t sur la tyrannie du
gouvernement anglais, c'est se rendre coupable de haute trahison. J'ignore
si tu as appris l'&#233;tat de nos affaires publiques &amp; c'est pourquoi je
m'efforcerai de t'en donner un apper&#231;u. Pour te mettre au fait des
&#233;v&#232;nemens qui ont eu lieu depuis quelques mois &amp; te signaler la marche qu'a
tenu le parti democratique ou Papineautiste, je commencerai par te dire ce
qui a precipit&#233; l'insurrection les malheurs du peuple &amp; les vues du parti
oligarchique ou anglais. &#8211; Voici donc comment ont commenc&#233; les troubles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Messieurs Morin, - Legar&#233;, Lachance, Chasseur &amp; Trudeau qui conduisaient
le Lib&#233;ral, l'un commme &#201;diteur, les autres comme directeurs de
l'&#233;tablissement, furent arr&#234;t&#233;s &amp; mis en prison le 11 novembre dernier pour
sedition. Les Chefs du parti populaire &#224; Montr&#233;al s'imaginant qu'ils
auroient le m&#234;me sort &amp; qu'ils ne seroient pas plus respect&#233;s crurent
prudents de se tenir &#224; l'&#233;cart pendant quelque tems. Brown, qui ecrit mieux
qu'il ne se bat, avoit comme tu sais, form&#233; une soci&#233;t&#233; sous le nom des
fils de la libert&#233;. Son projet r&#233;ussisoit &#224; merveille, chaque jour ce corps
augmentoit en nombre, &amp; deja de pareilles soci&#233;t&#233;s se formaient dans les
campagnes. Le 6 nov., comme ces braves revenoient tranquillement de
parader, ils furent attaqu&#233;s par les hommes du Doric Club : ceux ci ayant
ete mis en d&#233;route, les premiers s'en retourn&#232;rent dans leurs foyers,
pensant bien que la le&#231;on qu'ils venoient de donner &#224; leurs adversaires,
leur apprendroit &#224; ne pas insulter personne. Ils ne furent pas plutot
separ&#233;s que les Dorics revinrent &amp; ne trouvant personne, ils saccag&#232;rent &amp;
pill&#232;rent les propri&#233;t&#233;s des patriotes. Les troupes furent appel&#233;s pour
intervenir, mais loin de faire leur devoir, ils laiss&#232;rent les turbulens se
porter &#224; tous les exc&#232;s imaginables. Le lendemain, les autorit&#233;s se
rendirent avec une force arm&#233;e au lieu o&#249; les fils de la libert&#233; tenoient
leurs s&#233;ances &amp; l&#224; ils s'empar&#232;rent des recors &amp; correspondances de la
soci&#233;t&#233;. Il paroit que plusieurs s'&#233;toient impliqu&#233;s [dans les proc&#233;d&#233;s ou
r&#232;glemens de] c'est ce qui fit que plusieurs des principaux laiss&#232;rent la
ville. O'Callaghan, Brown &amp; quelques autres se rendirent sur les bords du
Richelieu. Ayant d&#233;lib&#232;re sur ce qu'ils avoient &#224; faire, ils convoqu&#232;rent
des assembl&#233;es publiques &amp; expliquerent au peuple le danger qui
l'envirronnait. Les Canadiens qui connaissaient leurs chefs pour des hommes
qui s'&#233;toient sacrifi&#233;s pour eux, promirent de ne pas les abandonner au
moment du p&#233;ril &amp; que si on venoit pour les arr&#234;ter, ils mourraient en les
d&#233;fendant &#8211;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Chefs voyant le peuple sympathiser avec eux, se prepar&#232;rent &#224;
opposer les troupes de la reine, si elles paroissoient. Wolfred Nelson eut
le commandement des patriotes de St-Denis &amp; T. S. Brown celui des patriotes
de St-Charles. Un d&#233;tachement de troupes partit de Sorel sous Col. Gore &amp;
un autre de Chambly sous Wetherall. Les patriotes firent prisonnier un
messager de Gore qui fit connaitre &#224; Nelson le nombre de troupes qu'il
aurait &#224; combattre. Il les attendit avec fermet&#233; &amp; le 23 de Novembre &#224; neuf
heures du matin les troupes au nombre de 450 arriverent au village de
St-Denis. Le signal ayant &#233;t&#233; donn&#233;, la bataille commen&#231;a &amp; continua
jusqu'&#224; deux heures et demi de l'apr&#232;s-midi. L'activit&#233;, le courage &amp; la
bravoure se montraient des deux cot&#233;s, mais vers midi et demi les
patriotes, voyant venir du renfort &#224; quelque distance, se mirent &#224; crier en
avant &amp; forc&#232;rent les soldats anglais &#224; abandonner leurs positions,
laissant 112 morts &amp; 4 bless&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils &#233;taient a environ un demi arpent les uns des autres et chaque coup
etoit mortel. Les patriotes ne perdirent que 10 hommes &amp; s'empar&#232;rent d'un
canon non enclou&#233;, - 3 caisses remplies d'ammunitions &amp; de 116 fusils.
Brown ne fut pas aussi heureux &#224; St-Charles, il avoit imprudemment envoy&#233;
une partie de son monde, n'attendant pas que Wetherall arriveroit aussi
vite ; lorsque l'ennemi parut quoique bien plus foible, il s'obstina a
livrer bataille, &amp; malgr&#233; cela les patriotes disput&#232;rent pied &#224; pied le
terrain aux soldats &amp; ce ne fut que lorsqu'ils virent que c'&#233;toit folie
pour eux de resister, ils retrait&#232;rent apr&#232;s avoir tu&#233; 150 soldats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il m'est impossible de te dire quelle fut la barbarie des bretons (traduction de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Britons&lt;/i&gt; - les Anglais. - ndlr ***), ils
ont assasin&#233; les bless&#233;s, vol&#233;, pill&#233; &amp; brul&#233; tout ce qu'ils rencontr&#232;rent,
sans distinguer si les gens avoient pris part &#224; l'insurrection. L'eglise,
les femmes et les filles ne furent aucunemment respect&#233;es, car on se servit
d'une pour &#233;curie, &amp; les femmes furent trait&#233;es comme des prostitu&#233;es. Les
anglais des villes fremissent eux-m&#234;mes, lorsqu'ils connaissent les
traitemens qu'ont eprouv&#233; les innocens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1257 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:148px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/livre.asp?id=350&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/16-histoiredespatriotes.png' width=&quot;148&quot; height=&quot;195&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Mais tu me demanderas, que faisait Nelson, que ne venoit-il au secours,
je vais te le dire. Aussit&#244;t qu'il apprit les desastres, il mit ses hommes
en rang &amp; leur dit ce dont il s'agissait, tous jur&#232;rent de venger leurs
fr&#232;res et voulurent partir instanter. Le chef qui se croyait plus fort dans
ses fortifications, leur dit qu'il falloit attendre les troupes qui
devoient descendre &#224; St-Denis. Le samedi &amp; le dimanche se pass&#232;rent sans
que les soldats parurent, mais h&#233;las pendant ce temps, bien des intrigues
avoient eu lieu. Wetherall, qui voyait qu'il n'avait pas &#224; faire &#224; des
enfants, envoya chercher le cur&#233; de St-Denis &amp; lui dit d'ecrire aux
habitans de St-Denis que s'ils ne se rendoient pas, il les vouait aux
tourmens de l'enfer et qu'il leur refuseroit la sepulture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Eh bien que dira-t-on de la conduite d'un homme qui se dit l'apotre de
Dieu. Il vend son troupeau &#224; un protestant &amp; le livre par l'influence qu'il
poss&#232;de sur lui. Oh ! quel malheur pour les Canadiens de se voir ainsi
trait&#233;s. Le plan form&#233; par le Col[onel] anglais reussit &#224; merveille &amp; sur
500 hommes que commandait Nelson le dimanche au soir, il ne s'en trouve
plus que 50 lundi au matin qui ont pu resister aux menaces de leur cur&#233;.
Nelson abandonn&#233;, congedie les braves qui l'entourent &amp; qui veulent mourir
avec lui, mais les troupes n'osent pas se pr&#233;senter devant les Canadiens,
ils ont connu leur valeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils aim&#232;rent mieux reprendre le chemin de Montr&#233;al. Telle fut donc la
malheureuse influence qu'eut sur les Canadiens, le grand vicaire Demers,
qui aima mieux voir ses compatriotes enchain&#233;s, plut&#244;t que de les laisser
obtenir la libert&#233;. Les chefs voyant qu'ils avoient &#233;t&#233; trahis par des
membres du clerg&#233;, gagn&#232;rent les &#201;tats-Unis, esperant y trouver des amis.
Ils y furent bien re&#231;us, mais ce n'&#233;toit pas tout ce qu'on esperoit de la
nation am&#233;ricaine qui dit certainement connoitre l'avantage qui resulteroit
pour elle si les Canadas devenoient ind&#233;pendants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'apr&#232;s ce que nous pouvons juger, le Congr&#232;s est contre nous &amp; &#224; moins
de quelques changemens subis, le peuple Canadien va &#234;tre opprim&#233; &amp; devenir
esclave pour toujours. Oh ! que les Fran&#231;ais ne sont-ils pas nos voisins,
alors on verroit des hommes venir genereusement nous porter main forte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il donc que 600,000 Canadiens soient subjugues par une poign&#233;e de
Bretons. Tu connois notre nombre &amp; nos droits, ainsi juge donc quelles
doivent &#234;tre nos pens&#233;es. On demandera peut &#234;tre, si vous &#234;tes si nombreux
&amp; vos adversaires si foibles, que n'exterminez vous vos tyrans. &#192; cela je
r&#233;ponds, c'est ce qui se fera tot ou tard, mais nous ne pouvons le faire
aujourd'hui ; car il existe parmi nous une classe d'hommes qui poss&#233;dant
beaucoup d'influence sur les masses, en usent mal. Je veux parler du
clerg&#233; catholique. Ah ! Ces messieurs, que veulent ils &amp; qu'ont-ils &#224;
craindre en se reunissant au peuple. Helas, mon cher ami, ils ont beaucoup
d'int&#233;r&#234;t &#224; voir exister le m&#234;me ordre de choses, ce sont les dimes qui les
inqui&#232;tent, &amp; ils auroient peur de voir le peuple demander &#224; &#234;tre d&#233;charg&#233;
du fardeau le plus on&#233;reux &amp; le plus injuste qu'il ait &#224; supporter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La libert&#233; n'existe plus maintenant pour personne de nous, celui qui est
aujourd'hui libre &amp; cherchant &#224; vivre de son industrie, sera jett&#233; sans
qu'il en sache la raison, en prison &amp; train&#233; devant un tribunal pour &#234;tre
jug&#233; dans un district s&#233;par&#233; de celui qu'il habite, t&#233;moin l'emprisonnement
de messieurs H&#233;bert &amp; Proulx, MPP. Ils demeuroient &#224; Nicolet, district des
trois Rivi&#232;res &amp; en supposant qu'ils puissent &#234;tre arr&#234;t&#233;s, au moins on
auroit du les envoyer aux Trois Rivi&#232;res. Mais non, on les m&#232;ne &#224; Montr&#233;al
afin qu'ils y soient jug&#233;s par des militaires. Les Canadiens ont
aujourd'hui le meme sort des milliers d'Irlandais que tu as vu d&#233;barquer de
nos quais, ils vont etre oblig&#233;s d'emigrer &amp; de s'expatrier. Deja plus de
300 personnes marquantes sont dans les &#201;tat Unis &amp; il seroit impossible de
te dire combien il en emigrera sous peu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arrogance des bretons est &#224; son comble, ils insultent &amp; maltraitent
m&#234;me &#224; Qu&#233;bec tous ceux qui portent un nom fran&#231;ais. Le nomm&#233; Symes que tu
connais fouille partout &amp; ne respecte pas plus le domicile de la veuve que
d'autre personne. La Chambre d'assembl&#233;e, ce bel edifice construit &amp; pay&#233;
avec l'argent du peuple est maintenant une caserne pour les troupes. Il n'y
avoit pas assez de voir le college des j&#233;suites dont les anglois se sont
empar&#233;s sans voir la batisse o&#249; s'assembloient les repr&#233;sentants du peuple
souill&#233; par des gens sns honneur &amp; sans principes. On soup&#231;onne et &#224; juste
droit que Lindsay, le greffier, a offert le batiment en question. Il existe
d'autres batisses pour loger les troupes, sans insulter le peuple en
violant un bien qui doit etre regard&#233; comme sacr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai vu ta famille qui se porte bien. Je n'ai pas re&#231;u ta lettre pour
Suzanne que tu dois oublier, car elle ne m&#233;rite pas ton amiti&#233;. J'oubliois
de te dire &amp; te prier de tacher de faire publier sur l'Abeille une partie
ou toute cette lettre. S'il falloit implorer ou avoir l'influence de
quelqu'un, je pense que M. Belanger pourrait nous rendre ce service. Il est
utile &amp; avantageux que les Fran&#231;ais qui sympathisent avec tous les
malheureux, connoissent nos malheurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai trac&#233; ces lignes &#224; la h&#226;te &amp; tu dois consequemment m'excuser. Je
t'ecrirai sur le printems. Ne m'ecris rien sur la politique car tu pourrais
me compromettre aux yeux du gouvernement &amp; tu m'excusera de ne signer que
mon nom de Bapteme qui est celui d'un ami sinc&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quebec 22 F&#233;vrier 1838&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;John&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fais mes respects &#224; Eus&#232;be, dis lui qu'ils sont bien chez lui mais qu'on
ignore ce qu'est devenu Collect, nous pensons qu'il est naufrag&#233; mais qu'il
est sauv&#233;. &#8211; Si tu vois Paquet dis lui que j'ai vu son fr&#232;re &#224; Deschambault
qui est bien ainsi que sa femme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;John&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*** &#171; Durant toute cette p&#233;riode, &lt;a href=&quot;http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/debuts_dual_ling/eveil_nationalisme&amp;language=fr&amp;updatemenu=true&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;les anglophones ne se consid&#233;raient pas encore comme des Canadians&lt;/a&gt;. Ils s'affirmaient fi&#232;rement comme des Britons (en fran&#231;ais : Bretons) &#173; ce qui signifiait alors &#171; Anglais &#187; &#173; et n'avaient d'autre appartenance qu'&#224; la nation britannique, non &#224; la &#171; nation canadienne &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(Pr&#233;cision sugg&#233;r&#233;e par Claude Bariteau)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>&#171; Un peuple deux fois conquis &#187;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Un-peuple-deux-fois-conquis</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Un-peuple-deux-fois-conquis</guid>
		<dc:date>2007-11-16T14:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>Qu'on arr&#234;te donc de nous conter des histoires avec la reconnaissance bidon de la &#171; nation qu&#233;b&#233;coise &#187; par les Feds &#224; Ottawa : le Canada s'est form&#233; pr&#233;cis&#233;ment en &#233;crasant son aspiration et son droit &#224; &#234;tre ind&#233;pendante. Rien &#224; voir avec le beau r&#234;ve de professeurs ou (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1254 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:295px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/clefs/circuits/tourID/GE_P1_1_FR&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/16-37-38-1.png' width=&quot;295&quot; height=&quot;271&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &#192; rebours du discours dominant, le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre &#8211; de l'esp&#232;ce
qu'on appelle &#171; civile &#187; - doit &#234;tre replac&#233; au c&#339;ur de l'analyse des
R&#233;bellions. D&#232;s d&#233;cembre 1834, apr&#232;s sa victoire &#233;clatante, Papineau avait
avanc&#233; que la constitution, ayant &#171; cess&#233; d'exister de droit [&#8230;] ne
pourrait donc plus &#234;tre conserv&#233;e de fait que par la force et la violence &#187;
(Lamonde, 1998, 327). Le gouverneur Gosford reconna&#238;tra lui-m&#234;me en ao&#251;t
1837 qu'&#224; peine amorc&#233;e, l'abrogation de la session &#233;quivalait &#224; &#171; l'annihilation virtuelle de la constitution de laquelle le parlement d&#233;rive
son existence &#187; (Christie, 1865-1866 ; IV, 392 ; ma traduction). Et de
fait, le r&#233;gime militaire qui s'installe, trois mois plus tard, &#224; Montr&#233;al
et dans les environs, ne reprendra ses fonctions subalternes d'appoint aux
autorit&#233;s civiles qu'en 1841. &#171; Un peuple deux fois conquis &#187;, claironnera
le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald and Daily Commercial Advertiser&lt;/i&gt; dans son &#233;dition
hebdomadaire du 2 f&#233;vrier 1838.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma th&#232;se est que les leaders du parti de la majorit&#233; n'ont pas pr&#233;vu
le coup, tandis que les tories, cumulant les postes dans l'arm&#233;e (leur
chasse gard&#233;e), les milices volontaires, la magistrature et une bonne
partie du milieu des affaires, y &#233;taient r&#233;solus depuis longtemps. Qui plus
est, en d&#233;pit de toutes les tentatives d'occultation dont elle est encore
l'objet, la r&#233;pression aveugle de &#171; l'hydre de la r&#233;bellion &#187;, en partie
seulement improvis&#233;e, est le r&#233;sultat d'un putsch maquill&#233; en &#171; agression
pr&#233;ventive &#187; (Aron, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Guerre et paix&lt;/i&gt;, 1962, 93).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne r&#233;crimine pas contre la l&#233;gitimit&#233; de la man&#339;uvre : m&#234;me s'il est
pass&#233; &#224; un cheveu de perdre sa mise apr&#232;s Saint-Denis, Colborne, le &#171; vieux
br&#251;lot &#187;, a fait ce qu'il devait faire. Une &#171; yafei nefesh &#187;, une &#171; &#194;me
sensible &#187;, trouvera certes &#224; redire &#224; propos de &#171; l'odieux brigandage &#187; des lois et de l'autorit&#233; civile (Rousseau, Lettres &#233;crites de la
montagne), etc. Le point essentiel reste qu'il s'agit en fait d'un &#171; double
soul&#232;vement &#187; (Maurice S&#233;guin, 1962) &#8211; th&#232;se dont on trouve les lin&#233;aments
dans le tr&#232;s beau livre de l'abb&#233; Dubois, Le feu de la rivi&#232;re du ch&#234;ne
(1937). Ce que je r&#233;cuse, ce sont les versions anesth&#233;siantes grand public
qui ont cours aujourd'hui. L'&#233;moi r&#233;cent autour de l'idole Durham nous le
rappelle : la d&#233;fense du f&#233;d&#233;ralisme canadien est bas&#233;e sur une m&#233;moire
tronqu&#233;e, voire frauduleuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sens du r&#232;glement de comptes que nos bons vieux tories pr&#233;m&#233;ditaient
se r&#233;sume en deux points, qu'on peut lire, noir sur blanc, dans le
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Blackwood Edinburgh Magazine&lt;/i&gt; de juin 1835 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) mettre la cl&#233; dans la porte de l'ex&#233;cr&#233; Parlement de Qu&#233;bec (l'arm&#233;e
r&#233;quisitionnera le b&#226;timent en d&#233;cembre 1837) ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) r&#233;unir au plus sacrant le Haut et le Bas-Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour y parvenir, rien de mieux ne s'est offert &#224; eux qu'un bon vieux
psychodrame d'all&#233;geance typiquement anglo-saxon &#8211; centr&#233; d'abord sur une
poign&#233;e de &#171; d&#233;magogues &#187;, mais &#233;largi bient&#244;t, par la force insoup&#231;onn&#233;e
des choses, &#224; l'ensemble d'un peuple de &#171; rebelles &#187; et de &#171; tra&#238;tres &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Partisans de la mani&#232;re forte, ces respectables &#171; citoyens du monde &#187;, pour
la plupart &#171; past masters &#187; &#224; St. Paul, la fameuse loge ma&#231;onnique qui
c&#233;l&#233;brera son deux centi&#232;me anniversaire en 1970, parviendront &#224; d&#233;capiter
le parti patriote de ses dirigeants par la criminalisation de tous les
d&#233;put&#233;s &#233;lus, la s&#233;questration arbitraire de leurs militants au moindre
soup&#231;on et un syst&#232;me de terreur g&#233;n&#233;ralis&#233;e bas&#233; sur la d&#233;lation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, seul l'&#233;tablissement d'une junte militaire &#171; hors de toute
obligation juridique contractuelle &#187; (Starobinski, 1999, 288) pouvait leur
permettre d'arriver &#224; leurs fins. Les proc&#232;s ult&#233;rieurs des prisonniers
politiques devaient le montrer : les tribunaux ordinaires, soumis au
jugement par jury, allaient absoudre, un apr&#232;s l'autre, tous les militants
patriotes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e simpliste, l' &#171; ascension aux extr&#234;mes &#187; qui
caract&#233;rise le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre (Aron, ibid, 57), n'est pas le fait
seulement de la &#171; petite clique &#187; &#224; Papineau. &#192; l'intensification de la
strat&#233;gie d'obstruction des patriotes r&#233;pond, en effet, &#224; partir de 1835,
le sabotage syst&#233;matique par les tories du &#171; grand &#339;uvre de la conciliation &#187; sous le couvert de &#171; loyaut&#233; &#187; aux pr&#233;rogatives de la Couronne, alors que
celles-ci, au m&#234;me moment, avec le retour de Melbourne et des Whigs au
pouvoir, &#233;taient r&#233;duites, d&#233;sormais, &#224; une fonction purement d&#233;corative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au-del&#224; des discours d'apparat, se dissimule donc, pour la direction de
l'&#201;tat et le contr&#244;le du Saint-Laurent, une lutte &#224; trois opposant un
groupe minoritaire tr&#232;s actif domin&#233; par les &#171; High flown Tories &#187;
montr&#233;alais, le parti de Papineau auquel une majorit&#233; de citoyens
am&#233;ricains et britanniques adh&#233;raient &#8211; parti rel&#233;gu&#233; cependant &#224;
perp&#233;tuit&#233; au r&#244;le d'opposition officielle - et le Parlement imp&#233;rial.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Erreur fatale : par l'effet d'une sorte d'ind&#233;crottable bonhomie, la
plupart des dirigeants patriotes ont n&#233;glig&#233; les pr&#233;paratifs militaires,
convaincus que les tories, &#224; Montr&#233;al, n'auraient pas l'audace de recourir
aux grands moyens. Par l'entremise de leur porte-parole, A.-N. Morin, le
parti de la majorit&#233; croyait na&#239;vement, en ao&#251;t 1837, pouvoir toujours
trouver une garantie constitutionnelle solide &#224; Westminster. Benjamin
Constant, grand admirateur du Rule of Law, ne dit pas autre chose :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Vainement compterait-on sur la force d'une majorit&#233; raisonnable, si
cette majorit&#233; n'avait pas de garantie dans un pouvoir constitutionnel hors
de l'assembl&#233;e &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;crits politiques&lt;/i&gt;, 1991, 341).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'optique de Constant, c'est la Chambre Haute des Lords qui, seule,
incarnant les int&#233;r&#234;ts permanents du pays, doit endiguer l'&#233;l&#233;ment
passionnel instable et la turbulence propres aux Communes, exactement comme
dans l'optique f&#233;d&#233;raliste actuelle, le parti majoritaire &#224; la Chambre des
Communes a le pouvoir de r&#233;primer les d&#233;rapages possibles des succursales
provinciales dans leurs vell&#233;it&#233;s autonomistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, &#224; l'encontre de sa propre th&#232;se sur l'&#233;quilibre tant vant&#233; du
constitutionnalisme anglais, Constant ajoute quelques paragraphes plus bas
(les ind&#233;pendantistes devraient en prendre bonne note) :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Une minorit&#233; bien unie, qui a l'avantage de l'attaque, qui effraie ou
s&#233;duit, argumente ou menace tour &#224; tour, domine t&#244;t ou tard la majorit&#233; &#187;
(343). Et Constant de conclure qu'en cas de paralysie entre les instances,
&#171; la force vient toujours &#224; l'appui de la n&#233;cessit&#233; &#187; (343).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le&#231;on classique : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;silent leges inter arma&lt;/i&gt; (&#171; les lois se taisent au
milieu des armes &#187;). Elle nous ram&#232;ne en ligne droite &#224; John Molson Jr.
qui, d&#232;s d&#233;cembre 1834, apr&#232;s le balayage patriote aux &#233;lections, affirmait
&#224; mots &#224; peine couverts que les tories montr&#233;alais &#233;taient r&#233;solus &#224; se
s&#233;parer de l'Empire, plut&#244;t que de se soumettre honteusement &#224; la tyrannie
d'une majorit&#233; de langue fran&#231;aise. &#192; partir de ce moment, jusqu'au
paroxysme de la crise trois ans plus tard, la notion de &#171; guerre civile &#187;,
telle un mantra, ne cessera de hanter la puissante Association
constitutionnelle de Montr&#233;al, qui pr&#233;tendait, &#224; elle seule, former &#171; the
first collective organ of the English inhabitants of this province &#187;, sinon
&#171; the temporary guardians of the interests of Lower Canada and even British
America &#187;. (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald and Daily Commercial Gazette&lt;/i&gt;, 25 juin 1836). En
ao&#251;t 1836, la r&#232;gle de l'unanimit&#233; am&#232;nera la s&#233;cession des &#233;l&#233;ments
lib&#233;raux group&#233;s autour d'Adam Ferrie et du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Morning Courier&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;meute du 6 novembre 1837 &#224; Montr&#233;al constitue, &#224; cet &#233;gard, une sorte
de r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale avant le jour J. Se campant chacun dans son r&#244;le,
les diff&#233;rents intervenants (magistrats, jeunes loups du Doric Club,
officiers sup&#233;rieurs, journalistes, agents double, etc.) auront l'occasion
de m&#233;moriser et de coordonner leurs mouvements qui s'apparentent &#224; une
v&#233;ritable chor&#233;graphie. Tout devait &#234;tre r&#233;gl&#233; au quart de tour. Plus
personne ne devrait &#234;tre dupe d'une man&#339;uvre aussi grossi&#232;re : au moment o&#249;
les d&#233;tachements de l'arm&#233;e refoulaient les &#233;meutiers rassembl&#233;s devant le
domicile de Papineau (le &#171; Robespierre canadien &#187; &#233;crit le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Herald&lt;/i&gt;),
d'autres &#233;meutiers saccageaient, quelques rues &#224; peine plus loin, les
presses du Vindicator - journal r&#233;formiste de langue anglaise &#8211; objectif
ultime qu'avait fix&#233; son Excellence elle-m&#234;me, Sir John Colborne, deux mois
plus t&#244;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1255 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:418px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.histoirequebec.qc.ca/publicat/vol3num2/v3n2_3je.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/16-37-38-stbenoit.png' width=&quot;418&quot; height=&quot;284&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Jusqu'&#224; la fin persistera une inconnue : l'ampleur de la r&#233;sistance des
paysans. Contre toute attente, &#224; l'heure du danger, les &#171; Habs &#187; se
r&#233;v&#233;leront, en d&#233;pit du manque d&#233;sastreux d'armes, de discipline et de
direction, de valeureux combattants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour parvenir &#224; leurs fins, les tories devaient, mine de rien,
court-circuiter les r&#232;gles de proc&#233;dure que tentait d'observer &#171; her
Majesty's Attorney &#187;, le procureur g&#233;n&#233;ral - un &#171; vaurien &#187; et un &#171; charlatan &#187;, &#233;crit charitablement le journal tory de la rue Saint-Gabriel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, contrairement &#224; ce qui s'est pass&#233; &#224; Qu&#233;bec, Gosford n'a
pas proc&#233;d&#233; &#224; la mobilisation g&#233;n&#233;rale des loyalistes &#224; Montr&#233;al. C'est une
l&#233;gende urbaine. Une lecture bien faite de la r&#233;ponse du secr&#233;taire civil &#224;
McGill, en date du 15 novembre 1837, ne laisse subsister aucun doute :
petit chef-d'&#339;uvre de diplomatie, il s'agit bel et bien d'une fin de
non-recevoir. L'enjeu est de taille. Comme le dit si bien Shakespeare : &#171; If the matter of this paper be certain, you have mighty business in hand &#187;
(&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;King Lear&lt;/i&gt;, III, v, 13-14).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non seulement, comme le reconna&#238;tra le lieutenant-colonel J. S. McCord
en mai 1838, le gouverneur a-t-il menac&#233; de lancer une proclamation contre
les miliciens tory sous ses ordres, mais, en plus, chose absolument
inconcevable et d&#233;risoire &#224; leurs yeux, pour &#233;viter tout d&#233;bordement,
Gosford entendait confier &#224; des compagnies compos&#233;es de Canadiens-Fran&#231;ais,
les &#171; Gosford Guards &#187;, la t&#226;che de soutenir les magistrats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Gazette&lt;/i&gt; ne s'y trompera pas, qui cite Colborne lui-m&#234;me :
ayant &#224; ses risques et p&#233;rils arm&#233; 8,000 civils en proie &#224; la panique, le
commandant s'est de son propre chef plac&#233; au-dessus des lois, &#171; in the
presumption of future ratification &#187; comme l'&#233;crivait Hobbes &#224; la fin de
son c&#233;l&#232;bre livre anti-r&#233;publicain. Il s'agissait simplement de mettre
Gosford et l'Ex&#233;cutif devant le fait accompli. La chose faite - et achev&#233;
le sale boulot de r&#233;pression -, Colborne, promu sur les entrefaites au rang
d'Administrateur, remettra le 20 mars 1838 &#224; McCord sa pr&#233;cieuse commission
antidat&#233;e que l'honorable juge a eu la coquetterie de conserver. On peut la
consulter au Mus&#233;e qui porte son nom. Le monde &#224; l'envers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Gosford, qu'on &#233;vince avec trop d'empressement, n'aura d'autre choix que
de menacer Colborne de de destitution s'il proc&#233;dait, comme l'y autorisait
la loi martiale instaur&#233;e le 5 d&#233;cembre, &#224; des pendaisons de d&#233;tenus
entass&#233;s &#224; Montr&#233;al sous l'inculpation fourre-tout de &#171; Haute trahison &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s le saccage, le pillage, les invasions de domicile, les arrestations
arbitraires, les viols et les incendies criminels perp&#233;tr&#233;s par les
miliciens tory et l'arm&#233;e, le Herald r&#233;clamera &#224; hauts cris la mort des &#171; tra&#238;tres &#187;. Il s'indignera lorsque, dans la Westminster Review de janvier
1838, John Stuart Mill demandera qu'on traite avec dignit&#233; les &#171; prisonniers de guerre &#187; patriotes. Les &#171; gibets voraces &#187; attendaient qu'on
les alimente, faute de quoi les miliciens, gracieusement arm&#233;s par les bons
soins de Sir John, se chargeraient eux-m&#234;mes d'abattre &#171; on the spot &#187; tout
contrevenant. Le silence et l'inaction du chef de l'&#201;tat-major accentueront
le malentendu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sort des prisonniers sera remis entre les mains de Durham &#224; son
arriv&#233;e. Sa trop grande cl&#233;mence pr&#233;cipitera sa perte : d&#233;nonc&#233; par le
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Herald&lt;/i&gt;, il sera d&#233;savou&#233; par ses &#171; amis &#187; r&#233;formistes &#224; Londres sur une
simple technicalit&#233;. Mais quand McCord et les cinq autres
lieutenants-colonels des milices volontaires tenteront de lui refiler la
facture pour leur &#171; loyaux services &#187;, Durham les enverra pa&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Herald&lt;/i&gt; de reprendre la m&#234;me rengaine rageuse sur le sort cruel de
ces pauvres loyalistes montr&#233;alais qui &#171; sentent &#224; pr&#233;sent la pleine mesure
de leur d&#233;gradation ; le fer est entr&#233; dans leur &#226;me, persuad&#233;s qu'un
changement fondamental doit s'op&#233;rer dans leurs rapports avec les
Canadiens, que ce soit par l'entremise vigoureuse et impartiale du
Gouvernement britannique ou par leurs propres efforts. Ils connaissent &#224;
pr&#233;sent leur force et savent aussi comment s'en servir &#187; (septembre 1838,
ma traduction).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'on arr&#234;te donc de nous conter des histoires avec la reconnaissance bidon de la &#171; nation qu&#233;b&#233;coise &#187; par les Feds &#224; Ottawa : le Canada s'est form&#233; pr&#233;cis&#233;ment en &#233;crasant son aspiration et son droit &#224; &#234;tre ind&#233;pendante. Rien &#224; voir avec le beau r&#234;ve de professeurs ou d'artistes d&#233;sabus&#233;s en qu&#234;te d'&#233;motion. Et si l'on veut y parvenir, ce n'est certainement pas juste de patience qu'il faudra s'armer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;br&gt;
Montr&#233;al&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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]

		

	</item>



	<item>
		<title>Le point de vue des &#171; loyaux &#187;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-point-de-vue-des-loyaux</link>
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		<dc:date>2007-11-16T14:20:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Pour d&#233;fendre le point de vue des &#171; loyaux &#187;, j'ai retenu l'allocution qu'a prononc&#233;e Henry Driscoll en mai 1838 lors d'un banquet offert pour souligner le d&#233;part de Colborne &#224; Qu&#233;bec. Outre Driscoll, officier dans le 2i&#232;me bataillon des milices volontaires &#224; Montr&#233;al (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour d&#233;fendre le point de vue des &#171; loyaux &#187;, j'ai retenu l'allocution
qu'a prononc&#233;e Henry Driscoll en mai 1838 lors d'un banquet offert pour
souligner le d&#233;part de Colborne &#224; Qu&#233;bec. Outre Driscoll, officier dans le
2i&#232;me bataillon des milices volontaires &#224; Montr&#233;al (quartier est), P.
McGill, J. S. McCord et A. Thom y ont aussi pris la parole. L'allocution a
&#233;t&#233; reproduite dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald and Daily Commercial Gazette&lt;/i&gt; qu'on
retrouve dans une abondante revue de presse &#224; la Rare Books Division de
l'Universit&#233; McGill.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait souhaitable qu'un &#233;diteur qu&#233;b&#233;cois publie
la traduction des meilleurs articles de ce journal. Curieusement, tous les
exemplaires de la p&#233;riode 1834-1841 ont longtemps &#233;t&#233; introuvables en
Am&#233;rique du Nord, comme si l'on avait voulu effacer les traces
compromettantes d'un crime parfait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Proposition de Samuel Gerrard, appuy&#233;e par ma&#238;tre Driscoll, conseiller de
la Reine.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Que nous devons &#224; la pr&#233;voyance, au jugement et au caract&#232;re d&#233;cid&#233; de
son Excellence, chef des forces arm&#233;es de Sa Majest&#233; en cette partie de
l'Empire de la pr&#233;servation - sous le regard de la Providence &#8211; de tout ce
qui nous tient &#224; c&#339;ur : nos vies, nos libert&#233;s, nos foyers, nos autels,
notre bonheur et notre paix, que mena&#231;ait de d&#233;truire la r&#233;cente
insurrection immotiv&#233;e. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma&#238;tre Driscoll (C. R.) a dit qu'en appuyant cette proposition, il
s'acquittait d'un geste superflu envers ceux &#224; qui il avait l'honneur de
s'adresser, car, bien que cette proposition &#233;non&#231;ait une v&#233;rit&#233; que tous
ceux pr&#233;sents connaissaient, il importait de faire savoir &#224; ceux qui vivent
au loin quels p&#233;rils nous avons connus et celui qui nous a guid&#233;s &#224; travers
ces tribulations, tel que le relate la proposition. Nous connaissons tous,
et devons faire conna&#238;tre au peuple de Grande-Bretagne, la situation qui
pr&#233;valait dans cette province lorsque les &#233;v&#233;nements ont plac&#233; Sir John
Colborne au premier plan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une politique de conciliation, poursuivie avec les meilleures
intentions, avait produit les r&#233;sultats les plus funestes. D&#233;voy&#233;s par des
d&#233;magogues intrigants, les Canadiens-Fran&#231;ais &#8211; attribuant &#224; la peur ce qui
proc&#233;dait de la g&#233;n&#233;rosit&#233; &#8211; se sont imagin&#233; qu'ils en imposaient au
Minist&#232;re et &#224; l'&#201;tat britanniques et ont pr&#233;par&#233; une r&#233;volte qu'ils
esp&#233;raient &#8211; en vain &#8211; mener &#224; bien. Ils avaient divis&#233; le pays en
arrondissements, chacun dot&#233; d'un Comit&#233; en correspondance avec le Comit&#233;
Central ici &#224; Montr&#233;al ; s'&#233;taient pourvus d'armes et de munitions et ne
semblaient nullement manquer de ressources en argent ; leurs meneurs
avaient prononc&#233; et continuaient de d&#233;clamer les harangues les plus
incendiaires au portail des &#233;glises le jour du sabbat ; leurs journaux
avaient contenu et continuaient de contenir, &#224; peine voil&#233;s, des appels &#224;
la r&#233;bellion ; - que dis-je ! - ils avaient pouss&#233; l'audace au point qu'une
de leurs associations s'intitulant &#171; les fils de la libert&#233; &#187;, dont les
membres portaient sur eux des armes, paradaient en plein jour dans les rues ; quelques centaines de m&#233;contents avaient pris l'habitude de faire &#224; la
vue de tous des exercices militaires sur une butte, d'o&#249; un canon &#224; bout
portant pouvait atteindre la ville et sa garnison.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour couronner le tout, le clerg&#233; semblait avoir perdu son influence ;
on se moquait des seigneurs ; on avait, &#224; plusieurs endroits hiss&#233; le
drapeau tricolore ; &#224; Saint-Charles, surmontant un autel sur lequel
plusieurs centaines s'&#233;taient engag&#233;s &#224; se r&#233;volter, on avait sculpt&#233; le
bonnet phrygien de la libert&#233; ; tout pr&#233;sageait la r&#233;it&#233;ration voulue des
sc&#232;nes sanguinaires de la R&#233;volution fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusque-l&#224;, le commandant en chef s'&#233;tait tenu en retrait, attentif
certes au cours des &#233;v&#233;nements, mais ne s'ing&#233;rant pas, en apparence, dans
les affaires du gouvernement civil. Toutefois, lorsqu'il est devenu patent
qu'une r&#233;volte &#233;tait imminente, il s'est install&#233; au c&#339;ur m&#234;me de
l'agitation, a fait froidement ses pr&#233;paratifs et a attendu de pied ferme
la temp&#234;te sur le point d'&#233;clater.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sa position n'&#233;tait pas encourageante ; le district, o&#249; presque tous
avaient fait d&#233;fection et o&#249; l'on d&#233;nombrait 240,000 Canadiens-Fran&#231;ais,
pouvait &#233;quiper une arm&#233;e de 30,000 hommes ; les loyaux, en comparaison,
assez peu nombreux, &#233;taient entour&#233;s par une population hostile &#8211; ici m&#234;me,
&#224; Montr&#233;al, les d&#233;loyaux formaient la grande majorit&#233;, il n'y avait qu'une
poign&#233;e de troupes r&#233;guli&#232;res et, en cette saison de l'ann&#233;e, on ne pouvait
y apporter des renforts de la province s&#339;ur que par un chemin p&#233;nible, ardu
et d&#233;sert. En r&#233;sum&#233;, l'&#233;tat d&#233;favorable aux man&#339;uvres et aux mouvements
des troupes, de la m&#233;t&#233;o et des routes &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment celui qu'aurait
souhait&#233; une paysannerie insurg&#233;e se proposant de s'opposer &#224; une force
disciplin&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier acte des hostilit&#233;s a sembl&#233; plein de promesse aux insurg&#233;s,
dont un d&#233;tachement a attaqu&#233; pr&#232;s de Longueuil une petite troupe de
cavalerie de franc tenanciers, alors qu'elle ramenait en ville deux des
meneurs rebelles arr&#234;t&#233;s sous le chef de haute trahison : le d&#233;tachement
les fit battre pr&#233;cipitamment en retraite, puis lib&#233;ra les prisonniers. Il
est vrai que l'avantage du nombre, la position et la nature du terrain
avaient favoris&#233; l'assaillant aux d&#233;pens de l'assailli ; mais le grand
objectif des chefs rebelles &#233;tait atteint : ayant montr&#233; &#224; la paysannerie
qu'il est des circonstances o&#249; une force arm&#233;e indisciplin&#233;e peut avoir le
dessus, celle-ci, d&#233;sormais, s'&#233;tant engag&#233;e, ne pouvait plus se retirer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La flamme de la guerre ayant &#233;t&#233; ainsi attis&#233;e, les chefs n'esp&#233;raient plus
qu'elle gagne rapidement la mati&#232;re qu'ils avaient rendu si inflammable. Et
en cela, ils ne se sont pas tromp&#233;s : l'allumage a &#233;t&#233; instantann&#233;, mais
c'est &#224; Saint-Denis que la flamme s'est &#233;lev&#233;e au point qu'il est devenu
n&#233;cessaire de l'&#233;teindre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&#224; aussi les rebelles ont &#233;t&#233; victorieux contre une exp&#233;dition conduite,
certes, avec courage, mais sans la prudente attention aux d&#233;tails qui
n'aurait pas fait d&#233;faut si l'on s'&#233;tait attendu &#224; pareille r&#233;sistance. Les
effets de cette d&#233;convenue ne se sont pas limit&#233;s aux seules pertes
encourues, &#224; cette occasion, des effectifs : ses r&#233;sultats sur le moral ont
&#233;t&#233; consid&#233;rables et promettaient d'&#234;tre d&#233;vastateurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; Longueuil, une force de volontaires avait &#233;t&#233; dissip&#233;e ; &#224;
Saint-Denis, des troupes r&#233;guli&#232;res de l'Arm&#233;e britannique, disciplin&#233;es au
plus haut point et command&#233;es par des officiers courageux et exp&#233;riment&#233;s,
ont &#233;t&#233; repouss&#233;es et forc&#233;es de battre en retraite avec des pertes
humaines consid&#233;rables et &#8211; chose inhabituelle pour une force britannique &#8211;
la perte d'un canon.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'effet fut &#233;lectrisant : tous les rebelles sont devenus anim&#233;s et
confiants ; on a observ&#233; chez eux une effervescence g&#233;n&#233;rale ; une foule
d'aventuriers &#233;trangers, assoiff&#233;s de rapine, se sont mass&#233;s aux fronti&#232;res ; les loyaux sont devenus anxieux ; toute l'attention de la province s'est
avidement port&#233;e sur l'exp&#233;dition dont le succ&#232;s ou l'&#233;chec d&#233;terminerait
l'issue du conflit, semblait-on convenir, du moins jusqu'au printemps ; car
si elle &#233;chouait, l'insurrection se serait g&#233;n&#233;ralis&#233;e et cette ville,
soutenue par ses habitants rebelles (qui d&#233;passent en nombre les loyaux)
aurait &#233;t&#233; encercl&#233;e par un ennemi trop nombreux pour &#234;tre attaqu&#233; : la
famine, l'assaut, le feu et l'assassinat auraient, pour un temps, &#233;teint le
nom de Britannique dans ce pays (acclamation).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais quel sort &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; cette exp&#233;dition, priv&#233;e du support qu'on
avait envoy&#233; &#224; Saint-Denis ? Aucun loyaliste &#224; Montr&#233;al ne le savait. Le
Commandant en chef d&#233;p&#234;chait l'un apr&#232;s l'autre messagers et agents de
liaison qui, ou bien se faisaient capturer, ou bien revenaient bredouille ;
la mar&#233;e d'une population hostile encerclant cette exp&#233;dition nous l'avait
d&#233;rob&#233;e du regard et l'on ne pouvait supposer son itin&#233;raire que d'apr&#232;s
les fus&#233;es nocturnes de l'ennemi d'autant plus impressionnantes qu'elles
d&#233;notaient chez lui vigilance et organisation, ainsi que la pr&#233;sence dans
leur camp d'officiers &#233;trangers, tel que rapport&#233; par les services de
renseignements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Maintenant, d&#233;pla&#231;ons nos regards de la sc&#232;ne d'un int&#233;r&#234;t plus imm&#233;diat
et embrassons l'ensemble du tableau pour examiner la position de Sir John.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout le Richelieu en armes, une arm&#233;e rebelle consid&#233;rable &#224; la fronti&#232;re,
attendant des renforts au prochain succ&#232;s ; les basses classes des
Etats-Unis en &#233;tat de fermentation, pr&#234;tes &#224; rallier les insurg&#233;s d&#232;s que
la fortune de la guerre leur sourirait, for&#231;ant ainsi peut-&#234;tre ou
entra&#238;nant leur propre gouvernement dans cette guerre ; tout le pays entre
le Richelieu et le Saint-Laurent occup&#233; par les rebelles ; les chemins dans
un &#233;tat tel &#8211; avec les glaces qui se formaient si t&#244;t &#8211; que les
communications avec Montr&#233;al mena&#231;aient d'&#234;tre interrompues, laissant &#224;
l'ennemi un intervalle de six semaines au moins pour compl&#233;ter son
organisation sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;, apr&#232;s quoi la neige et la glace leur
fourniraient de faciles moyens de se concentrer avec c&#233;l&#233;rit&#233; : une arm&#233;e
rebelle au nord qu'on disait plus formidable que les autres &#8211; le reste de
la colonie pr&#234;t &#224; se soulever &#8211; la saison de la navigation termin&#233;e &#8211; les
communications de l'ennemi &#233;tant libres, actives et amples, tandis que les
n&#244;tres &#233;taient intermittentes ou g&#234;n&#233;es &#8211; les rebelles enhardis par une
victoire inesp&#233;r&#233;e, les loyaux abattus par un d&#233;sastre inattendu - le Haut
Canada pr&#233;sentant les sympt&#244;mes de cette conspiration qui &#233;clatera peu
apr&#232;s &#8211; la tentative enfin &#224; laquelle nous nous attendions, ici, &#224;
Montr&#233;al, d'une explosion et d'un massacre nocturne dont les suites, en cas
de succ&#232;s, pouvaient se d&#233;duire de la sauvage boucherie du Lieutenant Weir
et de l'assassinat de sang-froid de Chartrand (ovation).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour s'opposer &#224; tout ceci, notre Commandant en chef ne pouvait compter
que sur la victoire possible de l'exp&#233;dition suicide d'une poign&#233;e de
troupes r&#233;guli&#232;res et d'une petite arm&#233;e de braves et de loyaux volontaires
&#8211; quoique sans discipline ; mais il avait le recours de son sentiment
religieux, de son c&#339;ur impavide et de la fermet&#233; de son caract&#232;re. Au c&#339;ur
de la tourmente, il s'est av&#233;r&#233; intr&#233;pide ; calme au milieu de l'excitation
et, cern&#233; par les difficult&#233;s, il en a fait le tour d'un regard aigu et
p&#233;n&#233;trant qui lui a permis de discerner le moindre moyen de tourner
l'obstacle ; il s'est trouv&#233; si en possession de tous ses moyens que la
ma&#238;trise de l'ensemble des op&#233;rations n'a nullement d&#233;tourn&#233; son attention
du moindre d&#233;tail de l'organisation. Il ne refusait d'audience &#224; personne,
lors m&#234;me que les int&#233;r&#234;ts britanniques &#233;taient dans la balance. Pareilles
qualit&#233;s ne pouvaient manquer de lui assurer la victoire : celle de diriger
des soldats britanniques, aussi peu nombreux fussent-ils, soutenu par cette
loyaut&#233; qui a brill&#233; ici d'un tel &#233;clat et pour une si juste cause.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'exp&#233;dition qu'on croyait perdue frappa un coup terrible au c&#339;ur de
l'ennemi. Qu'il me suffise de dire &#171; Wetherall ! &#187;, &#171; Saint-Charles ! &#187;
(ovation).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De ce jour, la cause de la Royaut&#233; a prosp&#233;r&#233; ; au moyen de sages
dispositions et par l'&#233;nergie combin&#233;e &#224; la prudence, l'arm&#233;e du nord a &#233;t&#233;
&#233;parpill&#233;e aux quatre vents avec des pertes minimes pour le vainqueur ; l&#224;
o&#249; l'hydre de la r&#233;bellion montrait la t&#234;te, on l'&#233;crasait et la b&#234;te
elle-m&#234;me, finalement, fut &#233;trangl&#233;e, si bien que des t&#233;n&#232;bres
oppressantes, nous nous sommes &#233;lev&#233;s &#224; la lumi&#232;re victorieuse du soleil.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est vrai que dans tout ceci son Excellence a &#233;t&#233; au plus haut point
&#233;paul&#233;e par l'ardente loyaut&#233; des membres de cette partie de la population
en provenance de Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, lesquels, du premier
jusqu'au dernier, ont d&#233;cid&#233; de combattre jusqu'au bout pour d&#233;fendre leur
foyer et leur nom d'Anglo-Saxons et, dussent-il p&#233;rir, tomber au pied de
leurs autels ; mais l'on doit rappeler que, s'ils ont fourni le mat&#233;riau,
son Excellence leur a donn&#233; la forme, les ordres et l'efficace.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sachant donc ceci, comme nous le savons &#8211; et l'ayant entendu de nous,
comme l'entendront ceux qui vivent au loin &#8211; ne sommes-nous pas justifi&#233;s
de le d&#233;clarer par cette Proposition que j'ai l'honneur d'appuyer ?
(applaudissements nourris).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>R&#233;ponse du secr&#233;taire civil &#224; Peter McGill</title>
		<link>http://www.vigile.net/Reponse-du-secretaire-civil-a</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Reponse-du-secretaire-civil-a</guid>
		<dc:date>2007-11-16T12:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>15 novembre 1837 Monsieur, - J'ai eu l'honneur aujourd'hui de recevoir, puis de porter &#224; l'attention de son Excellence votre lettre du 13 courant. En r&#233;ponse &#224; ces concitoyens qu'une pareille mesure int&#233;resse, je suis mand&#233; de vous informer, qu'attentif &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15 novembre 1837&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur, - J'ai eu l'honneur aujourd'hui de recevoir, puis de porter &#224;
l'attention de son Excellence votre lettre du 13 courant. En r&#233;ponse &#224; ces
concitoyens qu'une pareille mesure int&#233;resse, je suis mand&#233; de vous
informer, qu'attentif &#224; l'actualit&#233;, son Excellence a d&#233;j&#224; pr&#233;vu l'objet
qui les occupe en ordonnant depuis peu la mise sur pied et l'&#233;quipement
d'une force municipale auxiliaire adapt&#233;e &#224; l'urgence de l'heure et apte,
l'esp&#232;re-t-elle, &#224; contrer les desseins des m&#233;contents et maintenir la paix
publique. &#192; ceux des habitants de Montr&#233;al qui d&#233;sireraient d&#232;s maintenant
se manifester pour d&#233;fendre la cause de l'ordre public, ceci leur offrira
l'occasion d'appuyer les instances &#233;tablies dans leur effort en vue de
garantir l'ob&#233;issance aux lois, ainsi que la protection des personnes et
des biens. Je suis, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S. Walcott, Secr&#233;taire civil.&lt;br&gt;
Honorable Peter McGill, &#201;cuyer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;November 15, 1837&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sir, - I have had the honor to receive this day your letter of the 13th
instant, respecting the formation under the sanction of the
Governor-in-Chief of a Volunteer force for the protection of the City of
Montreal, and having submitted the same for His Excellency's consideration,
I am directed to acquaint you in reply for the information of these
citizens who are interested in such a measure that His Excellency, alive to
passing events, has already anticipated the object they have in view, in
the direction he has lately given for the organization and equipment of an
auxiliary municipal force to an extent commensurate with the exigencies of
the times, and adequate, as he trusts to frustrate the designs of all
disaffected, and to preserve public tranquillity. This will present to such
of the inhabitants of the City of Montreal as may be desirous of now coming
forward to aid in promoting the cause of good order, an opportunity of
affording the services of the constituted authorities in these efforts to
secure obedience to the laws and protection to persons and property. I have
&amp;c.,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S. Walcott, Civil Secretary&lt;br&gt;
Honorable P. M'Gill, Esq.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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]

		

	</item>



	<item>
		<title>De la graine de rebelles et de tra&#238;tres</title>
		<link>http://www.vigile.net/De-la-graine-de-rebelles-et-de</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/De-la-graine-de-rebelles-et-de</guid>
		<dc:date>2007-10-19T15:30:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>C'est bien beau proclamer &#171; je me souviens &#187; (comme nous y invitent nos plaques min&#233;ralogiques), mais de quoi au juste ? D'o&#249; l'on vient, tout simplement, en tant que peuple. Le rappel nous permettra de mieux nous rendre compte que les raisons que l'on a (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est bien beau proclamer &#171; je me souviens &#187; (comme nous y invitent nos
plaques min&#233;ralogiques), mais de quoi au juste ? D'o&#249; l'on vient, tout
simplement, en tant que peuple. Le rappel nous permettra de mieux nous
rendre compte que les raisons que l'on a aujourd'hui de se battre pour
manifester, aux yeux du monde, notre diff&#233;rence, sont assez semblables au
fond &#224; celles qui ont mobilis&#233; les g&#233;n&#233;rations successives qui nous ont
pr&#233;c&#233;d&#233;s dans le temps. L'exercice pourra aussi nous permettre de mieux
d&#233;finir les contours de l'avenir que l'on veut se donner collectivement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1092 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:282px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.openlibrary.org/details/americaresources00brisrich&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/19-america.png' width=&quot;282&quot; height=&quot;97&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &#192; cette fin, voici l'extrait d'un livre de John Bristed, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;America and her
resources&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; Londres, en 1818, dans lequel il est question de nous,
les Qu&#233;b&#233;cois francophones, qui doivent &#224; l'aveuglement de leurs
conqu&#233;rants anglais l'autorisation de cultiver cette diff&#233;rence. On y
d&#233;couvre que nous sommes des emp&#234;cheurs de tourner en rond - qui plus est, de la graine de rebelles et de tra&#238;tres. Curieusement, il y est question
aussi d'un sujet qui devrait attirer l'attention de la commission bic&#233;phale
et itin&#233;rante qui parcourt ces temps-ci le Qu&#233;bec, je veux dire le contr&#244;le
de l'&#233;migration. Comme quoi il y a des sujets in&#233;puisables dans l'actualit&#233;
qui r&#233;sistent &#224; l'usure du temps et r&#233;apparaissent avec toujours plus de
vigueur. Je l'ai trouv&#233; en feuilletant un num&#233;ro du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Blackwood Edinburgh
Magazine&lt;/i&gt; de f&#233;vrier 1838 &#224; l'Universit&#233; McGill (auquel un &#171; High flown Tory &#187; de la trempe de Conrad Black, sorte de Citizen Kane d&#233;chu version
canadian, a d&#251; s'abreuver jusqu'&#224; sa disparition dans les ann&#233;es 1970) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; The unwise act of Lord Grenville, passed through Parliament in the
year 1784, permitting the people of Lower Canada to conduct their pleadings
and promulgate their laws in the French language, has prevented them from
ever becoming British, and so far weakened the colony as an outwork of the
mother country. It has always been the policy of able conquerors, as soon
as possible, to incorporate their vanquished subjects with their own
citizens, by giving them their own language and laws, and not suffering
them to retain those of their pristine dominion. These were among the most
efficient means by which ancient Rome built up and established her empire
over the whole world ; and these were the most efficient aids by which
modern France spread her dominion so rapidly over the continent of Europe.
While Lower Canada continues to be French in language, religion, laws,
habits, and manners, it is obvious that her people will not make good
British subjects ; and Britain may most assuredly look to the speedy loss
of her North American colonies, unless she immediately sets about the
establishment of an able statesmanship government there, and the direction
thitherward of that tide of emigration from her own loins, which now swells
the strength and resources of the United States. &#187; (page 245).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux qui veulent en savoir plus peuvent consulter &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;American librairies&lt;/i&gt;
sur le net.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Arri&#232;re-fond historique aux accommodements raisonnables</title>
		<link>http://www.vigile.net/Arriere-fond-historique-aux</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Arriere-fond-historique-aux</guid>
		<dc:date>2007-10-17T14:36:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Avant que le d&#233;luge interpr&#233;tatif de nos scribes ne s'abatte sur nous, cette semaine de fous qui s'annonce, je me permets deux trois petites observations sur le th&#232;me des accommodements plus ou moins raisonnables. Le probl&#232;me de l'&#233;migration est un dossier qui nous ram&#232;ne aux (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant que le d&#233;luge interpr&#233;tatif de nos scribes ne s'abatte sur nous, cette semaine de fous qui s'annonce, je me permets deux trois petites observations sur le th&#232;me des accommodements plus ou moins raisonnables.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me de l'&#233;migration est un dossier qui nous ram&#232;ne aux sources des institutions politiques qu&#233;b&#233;coises, du moins &#224; partir du passage sous l'autorit&#233; britannique, et, en particulier, aux relations la plupart du temps inamicales et conflictuelles entre un peuple majoritaire de &#171; natifs &#187; francophones resserr&#233;s le long des rives du Saint-Laurent et du Richelieu &#224; qui s'est greff&#233;e progressivement une petite mais puissante minorit&#233; de &#171; transplant&#233;s &#187; anglo-saxons, dont le sentiment d'appartenance envers la m&#232;re patrie prendra quelques g&#233;n&#233;rations avant de se fixer sur l'identit&#233; canadienne actuelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains des rejetons de ces deux groupes partagent aujourd'hui le m&#234;me syndrome du minoritaire, le premier par rapport au ROC, le second, comme la d&#233;claration opportune de madame Marois au sujet du &#171; nous &#187; l'a montr&#233;, une minorit&#233; d'anglophones qui s'obstinent &#224; ne pas s'y inclure en d&#233;pit des d&#233;n&#233;gations massives des rapports tout &#224; fait sains et normaux qu'ils entretiennent dans la soci&#233;t&#233; civile avec leurs concitoyens francophones &#8211; relations sur lesquelles aucun m&#233;dia naturellement n'attire l'attention.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un exemple entre cent : la tuerie &#224; Dawson a montr&#233; &#224; quel point les repr&#233;sentants des deux groupes n'ont pas h&#233;sit&#233; un milli&#232;me de seconde avant de collaborer &#224; tous les niveaux d'intervention dans cette situation d'urgence. C'est une bonne nouvelle : &#224; Montr&#233;al, la soci&#233;t&#233; civile est toujours en avance au moins d'une g&#233;n&#233;ration sur nos institutions politiques scl&#233;ros&#233;es par le m&#234;me bon vieux clivage politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la pol&#233;mique qui n'a cess&#233; d'&#234;tre aliment&#233;e depuis le d&#233;but XIXe si&#232;cle, il est int&#233;ressant de noter que le m&#234;me reproche plus ou moins feutr&#233; de x&#233;nophobie a pr&#233;valu de la part de certains porte-parole de la communaut&#233; anglaise &#224; l'endroit des leaders du groupe majoritaire, accus&#233;s en Chambre et dans les journaux de d&#233;tourner les vagues incessantes d'&#233;migrants en provenance du Royaume-Uni hors du territoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question dans les ann&#233;es 1830 rev&#234;tait une importance capitale dans la mesure o&#249; l'establishment tory de Montr&#233;al comptait justement sur cette &#233;migration pour augmenter ses effectifs et esp&#233;rer jouir d'une repr&#233;sentation plus ad&#233;quate au parlement. Malgr&#233; les pr&#233;tentions des tories de parler au nom de tous, le fait est que m&#234;me parmi les &#233;lecteurs anglo-saxons, comme l'&#233;lection de 1834 l'a r&#233;v&#233;l&#233; d'une mani&#232;re irr&#233;cusable, une majorit&#233; d'entre eux appuyait malgr&#233; tout le parti de Papineau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, compte tenu du taux actuel de natalit&#233;, le contr&#244;le de l'immigration constitue le m&#234;me enjeu pour les deux m&#234;mes groupes rivaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;bat, comme on sait, a conduit &#224; une petite guerre civile, incluant entre autres la criminalisation des d&#233;put&#233;s patriotes et de leurs supporteurs, la suppression du parlement de Qu&#233;bec pendant trente ans, l'instauration d'une junte militaire sous laquelle a &#233;t&#233; vot&#233;e par une poign&#233;e d'individus tri&#233;s sur le volet la fusion forc&#233;e avec l'Ontario actuelle, &#233;tape pr&#233;paratoire avant le r&#233;gime c&#233;l&#233;br&#233; de la conf&#233;d&#233;ration en 1867.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, fait int&#233;ressant, les militaires et l'establishment tory de Montr&#233;al n'avaient pas pr&#233;vu le support massif des &#171; enfants du sol &#187; (nos glorieux &#171; Habs &#187; d'alors) dans la vall&#233;e du Richelieu et les comt&#233;s de l'Acadie, Beauharnois et Deux-Montagnes notamment, si bien que le reproche de x&#233;nophobie s'est &#233;largi &#224; l'ensemble du peuple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est toujours ce m&#234;me relent accusatoire et m&#233;prisant que je discerne quand je lis le Globe &amp; Mail ou le National Post. Message non-dit : c'est une b&#233;n&#233;diction que le multiculturalisme officiel, que proclame la Chartre &#224; Trudeau, soit toujours l&#224; et exerce une influence correctrice sur cette peuplade x&#233;nophobe d'outre-Outaouais, sinon l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral ne pourrait garantir les libert&#233;s civiles et religieuses des citoyens provenant des quatre coins du globe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et derri&#232;re ce reproche se dissimule, on l'aura devin&#233;, le m&#234;me d&#233;ni que la &#171; nation &#187; qu&#233;b&#233;coise, en 1837 comme aujourd'hui, puisse un jour, au terme d'un long processus d'action d&#233;mocratique, proclamer son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Le syndrome du repli sur soi</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-syndrome-du-repli-sur-soi</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-syndrome-du-repli-sur-soi</guid>
		<dc:date>2007-10-17T14:24:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Quand je lis certains textes publi&#233;s r&#233;cemment dans Vigile, j'ai l'impression de reculer vingt-cinq ans en arri&#232;re, sinon plus. Le traumatisme qu'&#233;prouvent leurs auteurs &#224; se promener dans les rues de Montr&#233;al peut surprendre. Pour ma part, l'&#233;t&#233;, par exemple, je vais (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand je lis certains textes publi&#233;s r&#233;cemment dans Vigile, j'ai
l'impression de reculer vingt-cinq ans en arri&#232;re, sinon plus. Le
traumatisme qu'&#233;prouvent leurs auteurs &#224; se promener dans les rues de
Montr&#233;al peut surprendre. Pour ma part, l'&#233;t&#233;, par exemple, je vais de
temps en temps au march&#233; Jean-Talon me frotter &#224; la multitude bigarr&#233;e des
&#171; ethnies &#187; c&#244;toyant nos fermiers et j'en ressors toujours avec la
conviction que la situation du fran&#231;ais &#224; Montr&#233;al, tout compte fait, n'est
pas aussi alarmante qu'on le dit. Il y a une normalisation insensible &#224;
l'&#339;uvre, ce qui ne veut pas dire qu'il faut se mettre &#224; freaker d&#232;s qu'on
entend un accent &#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne m&#233;prise pas ces formes de ce que G&#233;rard Pelletier appelait la &#171; mentalit&#233; d'assi&#233;gi&#233;s &#187; et surtout pas les revendications politiques
qu'elle sous-tend, incluant la remise en question n&#233;cessaire de l'objet
f&#233;tiche qu'est devenu l'instrument r&#233;f&#233;rendaire (&#224; l'instar du &quot;p&#233;nis
maternel&quot; freudien comme &#233;cran &#224; l'abus sexuel). Je dis simplement que
Montr&#233;al est une ville cosmopolite et que les Qu&#233;b&#233;cois &quot;de souche&quot; dont je
suis ont l'occasion d'y faire &#224; chaque jour l'exp&#233;rience du d&#233;centrement
sans &#234;tre aucunement affect&#233; par le syndrome du &quot;repli sur soi&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soit dit
en passant, &quot;la langue de Shakespeare&quot; qui se r&#233;pand &quot;&#224; l'Est de la rue
Saint-Denis&quot; est un pur clich&#233; : il n'y a pas 10% d'anglophones, m&#234;me parmi
les plus fanatiques, qui la comprennent. Sur le long terme d'ailleurs,
comme un professeur juif am&#233;ricain de Columbia nous l'avait mentionn&#233; dans
un cours d'histoire &#224; l'U. de M. en 1978, on voit que l'anglais est
constitu&#233; pour les trois-quarts de mots fran&#231;ais provenant des suites de la
conqu&#234;te normande (le mythe de l'anglais n&#233; libre aura &#233;t&#233; une belle
chim&#232;re ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, une illusion propulsive).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quoi qu'il en soit, je ne dis pas qu'il n'y a pas un travail l&#233;gislatif
&#224; entreprendre ou qu'il n'y a plus qu'&#224; s'asseoir sur ses lauriers, mais
une chose est s&#251;re : je ne vois pas dans les situations banales de
l'existence de recul du fran&#231;ais. Je me m&#233;fie par ailleurs des scribes sans
envergure qui aiment brasser de la marde en jouant la carte de
l'indignation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma th&#232;se &#224; moi est que la vie civile entre anglos et francos est en
avance d'une g&#233;n&#233;ration au moins sur notre bon vieux clivage politique. Un
exemple entre cent : la tuerie &#224; Dawson a montr&#233; &#224; quel point les
repr&#233;sentants des deux groupes, &#224; tous les niveaux d'intervention, n'ont
pas h&#233;sit&#233; un milli&#232;me de seconde avant de collaborer dans cette situation
d'urgence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En terminant, je dirai que si l'on ne veut pas &#234;tre mentalement siphonn&#233;
en restant plugh&#233; sur les productions mis&#233;rables, d&#233;biles et infantiles que
nous charrient &#224; longueur de journ&#233;e nos diffuseurs de langue fran&#231;aise, il
n'est peut-&#234;tre pas inutile d'ouvrir de temps en temps un livre de
Montaigne ou - pourquoi pas ? - l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Anatomy of Melancholy&lt;/i&gt; de Robert Burton. &#192;
tout prendre, cela vaut peut-&#234;tre mieux que de downloader gratos des clips
pornos sur l'internet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>D&#233;codeur requis</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>L'&#233;ditorial de la Montreal Gazette du 30 ao&#251;t illustre encore une fois comment il faut &#234;tre immunis&#233; pour bien lire tout ce qui sort de cet illustre journal. On appelle &#231;a en bon qu&#233;b&#233;cois tirer la couverte de son bord. D&#233;codeur requis. Si, dans l'histoire de Qu&#233;bec, il est correct (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/A-birthday-party-for-all-Canadians&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;L'&#233;ditorial de la Montreal Gazette du 30 ao&#251;t&lt;/a&gt; illustre encore une fois comment il faut &#234;tre immunis&#233; pour bien lire tout ce qui sort de cet illustre journal. On appelle &#231;a en bon qu&#233;b&#233;cois &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;tirer la couverte de son bord.&lt;/i&gt; D&#233;codeur requis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si, dans l'histoire de Qu&#233;bec, il est correct de souligner l'apport d&#233;cisif des marchands et des commer&#231;ants britanniques dans le d&#233;veloppement &#233;conomique de la ville dans la premi&#232;re moiti&#233; du XIXi&#232;me si&#232;cle, on ne saurait r&#233;sumer notre sacro-sainte question identitaire &#224; une vue aussi simpliste. Chaque m&#233;daille a son revers, dit-on. Si j'avais les ailes d'un ange, je ne partirais pas n&#233;cessairement pour Qu&#233;bec. Tel est du moins le constat que l'on peut d&#233;duire d'un extrait d'une lettre publi&#233;e dans le non moins c&#233;l&#232;bre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald and Daily commercial Gazette&lt;/i&gt; de janvier 1835. Je le pr&#233;sente dans sa version originale pour que les lecteurs en savourent tout le cachet anglo-saxon :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; The most pernicious result, perhaps, of the clamorous threats of our revolutionary faction [le parti patriote dirig&#233; par Papineau] is their tendency to deter British and Irish emigrants from settling in the Lower Province. To those who look at Lower Canada through the distorted medium of the Provincial Assembly and its tool, Mr. Roebuck, the children of the soil seem to be on the verge of a general and bloody insurrection. The intending emigrant, therefore, having the Saxon massacre of the Danes and the Sicilian vespers before his eyes, concludes that Lower Canada is not an indifferent kind of abode for a gentleman desirous of a long and quiet life. He dreams that almost every member of the whole population is beating ploughshares into swords, and converting pruning hooks into spears.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;If any emigrants nerves are too steady to be shaken or disturbed by fears so groundless, he still finds, on his arrival in Quebec, numberless temptations to move towards the west.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The language and costume of the porters, carters and petty shopkeepers &#8211; the classes that are first thrown in the way of every fresh emigrant &#8211; make one feel or fancy that one is not in a British colony but in a foreign country. The bewildered gentleman decides that Quebec does not suit him. &#8211; He, accordingly, makes up his mind to leave it, and finds, on a hasty investigation, that he has only two routes open to his future movements &#8211; one down stream back to the old country, and another up stream forward to Montreal... &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le coq gaulois et le loup saxon</title>
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		<dc:date>2007-06-09T13:49:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le texte de Navarro publi&#233; dans Le Soleil (08.06.07) met le doigt sur un th&#232;me essentiel qui rend compte de la conduite d'&#233;chec de bien des leaders ind&#233;pendantistes (ou soi-disant tels) depuis des d&#233;cennies. La raison d'&#201;tat a ses raisons que la raison ignore. Je me rappelle la tr&#232;s (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Referendum-de-1995-une-tricherie&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;texte de Navarro publi&#233; dans Le Soleil&lt;/a&gt; (08.06.07) met le doigt sur un th&#232;me essentiel qui rend compte de la conduite d'&#233;chec de bien des leaders ind&#233;pendantistes (ou soi-disant tels) depuis des d&#233;cennies. La raison d'&#201;tat a ses raisons que la raison ignore. Je me rappelle la tr&#232;s grande majorit&#233; de mes coll&#232;gues de classe &#224; l'&#233;cole, en avril 1973, qui s'imaginaient que l'ind&#233;pendance leur tomberait toute cuite dans le bec &#8211; l'avenir leur appartenait&#8230; Les Qu&#233;b&#233;cois devraient se rappeler qu'ils sont entr&#233;s deux fois dans le giron anglo-saxon au bout des armes : par la conqu&#234;te de 1759-1760 et la guerre civile de 1837-1841 &#8211; et n'en sortiront (s'ils en sortent) qu'&#224; travers une &#233;preuve et une d&#233;monstration de force.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_678 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:322px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-Parlement-brule&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/9-parlement.png' width=&quot;322&quot; height=&quot;223&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; La m&#233;taphore du poulailler et du renard est par ailleurs bien amusante. Voici une fable publi&#233;e dans un journal anglais le 23 f&#233;vrier 1849. Je l'ai traduite &#224; la h&#226;te. Elle a &#233;t&#233; inspir&#233;e par la loi d'indemnisation des patriotes rebelles alors en gestation et contient une interpr&#233;tation condens&#233;e de l'histoire du Canada et des r&#233;bellions. Je rappelle qu'une heure apr&#232;s que la sanction royale y ait &#233;t&#233; apport&#233;e, le &#171; Government House &#187; sur McGill a &#233;t&#233; incendi&#233; et ras&#233; par des &#233;meutiers, parmi lesquels se trouvaient les membres les plus distingu&#233;s de notre bourgeoisie, ainsi que des officiers de l'arm&#233;e en civil.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Hudson's Bay and the Polar Regions on the North, the Atlantic on the East, the Pacific on the West, Lakes Michigan, Huron, Superior, Erie, Ontario, St. Lawrence, and the Gulf, on the South, are the vast bounderies of those Provinces of our Sovereign Lady the Queen, formely known as the United Provinces of Upper and Lower Canada. In the former, a loyal race of British origin wield the axe, and push on civilization into the heart of the wilderness ; in the latter, French discontented habitants form the numeral bulk of the population &#8211; Troubled times have arisen, and the Gallic cock fluttered its wings to disengage itself from the cage watched over by the British lion. But the loyal and true, the lion-hearted Saxon of the Upper and Lower Province sallied out in defence of the supremacy of their Fatherland ; and rebels were routed before the nerve of true English hands. The Canadian, defeated in rebellions, fled to the East and the West, and, as the wolf that ravages and destroys, a price is fixed on the head of each traitor. The loyal and brave united in honest rejoicings, that the British flag still waved over the vast regions whose geographical bounderies we have slightly sketched. But the rebel and the traitor, it is deemed prudent to conciliate : - the loyal to crush and disgrace on the altar of &quot;expediency&quot;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La baie d'Hudson et les r&#233;gions polaires au Nord, l'Atlantique &#224; l'Est, le Pacifique &#224; l'Ouest, les lacs Michigan, Huron, Sup&#233;rieur, &#201;ri&#233;, Ontario, le Saint-Laurent et l'estuaire au Sud, sont les vastes fronti&#232;res des provinces de notre souveraine dame la Reine, connues pr&#233;c&#233;demment sous le nom de Provinces unies du Haut et du Bas-Canada. Dans la premi&#232;re, une race loyale d'origine britannique a brandi la hache et pouss&#233; la civilisation au c&#339;ur des for&#234;ts ; dans la derni&#232;re, des habitants m&#233;contents forment la tr&#232;s grande majorit&#233; de la population. Arrivent des temps agit&#233;s, et le coq gaulois secoue ses ailes pour se d&#233;prendre de la cage o&#249; le tient le lion britannique. Mais les vrais et loyaux Saxons au c&#339;ur de lion du Haut et du Bas-Canada pr&#233;parent une sortie en vue de d&#233;fendre la sup&#233;matie du pays de leurs p&#232;res ; et les rebelles, mis en d&#233;route par les mains vaillantes des vrais Anglais. Les Canadiens, d&#233;faits lors des r&#233;bellions, s'enfuient &#224; l'Est et &#224; l'Ouest, et, tandis que le loup ravage et d&#233;truit tout sur son passage, un prix est mis sur la t&#234;te de chaque tra&#238;tre. Les braves et loyaux s'unissent dans d'heureuses r&#233;jouissances, parce que le drapeau britannique flotte toujours sur les vastes r&#233;gions que nous avons sommairement esquiss&#233;es. Mais puisqu'il s'av&#232;re plus prudent de se concilier les rebelles et les tra&#238;tres &#8211; voici donc nos loyaux remis &#224; leur place et disgraci&#233;s sur l'autel de ce qui semble &#171; exp&#233;dient &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le Parlement br&#251;le !</title>
		<link>http://www.vigile.net/06-6/1849-bell.html</link>
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		<dc:date>2007-04-26T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Curieusement, les m&#233;dias n'ont rien voulu savoir du rappel historique qu'on va lire. Patrimoine Canada devrait combler la lacune. Mais, &#224; bien y penser, il ne faut peut-&#234;tre pas s'en surprendre.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=right&gt;&#171; Les souvenirs profonds ne laissent pas d'&#233;pitaphe &#187;&lt;br&gt; (Melville)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a eu notre lot, ce mois-ci, de comm&#233;morations &#233;difiantes, temp&#233;r&#233;es par le charme discret du protocole. Ces formes de sollicitation de la m&#233;moire collective ressemblent &#224; la consultation des oracles dans la Gr&#232;ce antique : elles sont moins anim&#233;es par la nostalgie du temps perdu que par le besoin de conjurer l'incertitude de l'avenir. Curieusement, les m&#233;dias n'ont rien voulu savoir du rappel historique qu'on va lire. Patrimoine Canada devrait combler la lacune. Mais, &#224; bien y penser, il ne faut peut-&#234;tre pas s'en surprendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Flammes vengeresses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_544 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:147px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/06-6/1849-bell.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/24-elgin.png' width=&quot;147&quot; height=&quot;194&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Tout le monde savait. Quelque chose se tramait. Le mot de passe avait circul&#233; dans les officines du centre-ville, et les autorit&#233;s, pr&#233;venues : &#171; la fournaise surchauffe &#187;, &#171; un peu plus et Dieu Tout-Puissant seul pourra calmer la temp&#234;te &#8211; la main de l'homme sera impuissante &#187;. Simple &#233;chantillon de ce que le gouverneur Elgin appellera les &#171; ragots s&#233;ditieux et rancis de la presse montr&#233;alaise &#187; (1).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'aura fallu que quelques heures. Ce mercredi 25 avril 1849, sur la rue McGill, au c&#339;ur de la m&#233;tropole du British North America, dans les lieux m&#234;mes o&#249; les dirigeants de la Montreal Constitutional Association (MCA) s'&#233;taient ligu&#233;s, douze ans plus t&#244;t, pour renverser le gouvernement et &#171; &#233;craser la r&#233;bellion dans l'&#339;uf &#187;, la sanction royale venait &#224; peine d'&#234;tre apport&#233;e &#224; la loi indemnisant les victimes de la r&#233;pression militaire, que l'&#233;difice, en proie aux flammes vengeresses, s'effondrait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La m&#234;me solidarit&#233; qu'en 1837 et 1838&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand ils ne jouaient pas eux-m&#234;mes les incendiaires, les plus z&#233;l&#233;s des pompiers avaient &#233;t&#233; pri&#233;s de rester &#224; distance. Et tandis que des soldats du 71i&#232;me R&#233;giment et du 23i&#232;me Royal Welsh Fusiliers retournaient les saluts de la foule accourue dans un climat de kermesse, des officiers en civil s'&#233;taient joints aux casseurs :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_543 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:173px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=2497,3090359&amp;_dad=portal&amp;_schema=PORTAL&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/25-parlement-brule-mtl.png' width=&quot;173&quot; height=&quot;275&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&#171; plusieurs groupes de soldats et d'officiers, rapporte avec une belle candeur la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Gazette&lt;/i&gt;, crois&#233;s ici et l&#224; pendant qu'ils se d&#233;ployaient de fa&#231;on ordonn&#233;e, ont &#233;t&#233; acclam&#233;s bruyamment, et la mine r&#233;jouie de ces vaillants compagnons montrait &#224; quel point, sous l'uniforme de Sa Majest&#233;, la solidarit&#233; de 1837 et de 1838 &#233;tait encore vive en 1849, tandis que les salutations enthousiastes des civils exprimaient avec &#233;loquence les sentiments qu'ils &#233;prouvaient envers eux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce happening social n'&#233;tait pas d&#251; seulement &#224; la fi&#232;vre du printemps. Le lendemain, n'e&#251;t &#233;t&#233; l'intervention &#233;nergique du colonel A. Gugy, une seule balle tir&#233;e par &#233;tourderie aurait pu d&#233;g&#233;n&#233;rer en un bain de sang, Place Jacques-Cartier, lorsque pr&#232;s de 2,000 manifestants arm&#233;s et en col&#232;re, d&#233;cid&#233;s &#224; raser le march&#233; Bonsecours o&#249; devait si&#233;ger le gouvernement, se sont heurt&#233;s &#224; 200 soldats fid&#232;les que les autorit&#233;s &#233;taient parvenues &#224; mobiliser. Le m&#234;me mixte de haute tension, de carnage et d'impunit&#233; devait se manifester encore les jours suivants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Un plan de r&#233;compense aux rebelles &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;v&#233;nement est &#224; peine compr&#233;hensible aujourd'hui. Pour &#233;tablir un parall&#232;le, ce n'est pas vers l'incendie du Reichtag par les nazis en 1933 qu'on doit se tourner, mais plut&#244;t imaginer un corps policier et des r&#233;giments de l'arm&#233;e encourageant, &#224; tous les &#233;chelons, les m&#233;faits d'&#233;meutiers gonfl&#233;s &#224; bloc par une presse partisane apr&#232;s le renversement d'une d&#233;cision en appel &#224; propos d'irr&#233;gularit&#233;s flagrantes dans un dossier hautement controvers&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La loi en question visait &#224; d&#233;dommager des pertes mat&#233;rielles encourues par les patriotes ayant pris les armes durant les r&#233;bellions de 1837 et de 1838 - &#171; un plan de r&#233;compense aux rebelles &#187;, bramaient les tories. Un coup de ma&#238;tre, sans contredit, redevable au tandem r&#233;formiste La Fontaine-Baldwin. &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Sauvons-la-maison-Lafontaine-mais&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Sans l'appui du Bureau colonial &#224; Westminster, cette loi, cependant, n'aurait jamais vu le jour&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Retour d'affect&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on veut &#233;valuer correctement ce passage &#224; l'acte, il est n&#233;cessaire de tenir compte de l'un de ces &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ricorsi&lt;/i&gt; fr&#233;quents en histoire, comme dans la vie individuelle - sorte de retour d'affect virulent. Il faut bien laver son linge sale en famille de temps en temps. Cette loi a r&#233;activ&#233; de vieilles blessures. Douze ans seulement la s&#233;parent de l'affrontement arm&#233; ayant oppos&#233; les tories aux &#171; habs &#187; du district de Montr&#233;al &#8211; &#233;cart suffisant, certes, pour jouir d'un certain recul, insuffisant toutefois pour oublier. Plus que des figures famili&#232;res, la plupart des acteurs de 1849 sont, en effet, de vieilles connaissances ayant &#233;t&#233; &#233;troitement m&#234;l&#233;es aux al&#233;as de la guerre civile (1837-1841).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs bonnes raisons militaient en faveur de l'exasp&#233;ration des tories, le fait notamment que d'anciens &#171; rebelles &#187; &#233;taient &#224; pr&#233;sent, sous l' &#171; Union &#187;, aux commandes de l'&#201;tat fusionn&#233; suivant leurs exigences &#8211; ba&#239;onnettes, sabres, carabines et fusils en mains - le plus c&#233;l&#232;bre d'entre eux &#233;tant La Fontaine, &#171; recherch&#233; &#187;, pendant la m&#233;morable chasse aux sorci&#232;res, pour crime de &#171; haute trahison &#187;. Qui plus est, la loi pr&#233;voyait que ce seraient eux &#8211; ces hommes d'honneur, champions toutes cat&#233;gories en mati&#232;re de &#171; loyaut&#233; &#187; - qui, alors que leur &#233;nergie conqu&#233;rante se trouvait &#224; plat, devraient payer la note &#224; m&#234;me une taxe sp&#233;ciale. Bais&#233;s jusqu'au trognon, les tories.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un drame existentiel typiquement anglo-saxon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le libell&#233; de la loi est assez suggestif : des commissaires se voyaient autoris&#233;s &#224; apporter aux victimes une compensation financi&#232;re &#171; eu &#233;gard aux pertes, destructions ou dommages &#224; la propri&#233;t&#233; caus&#233;s par les actes de violence de la part de personnes au service de Sa Majest&#233;, ou des actes de violence de la part de personne agissant, ou pr&#233;tendant agir, au nom de Sa Majest&#233;, en vue de r&#233;primer la dite r&#233;bellion ou pour la pr&#233;vention d'autres perturbations &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En clair, plus personne n'&#233;tait dupe du psychodrame d'all&#233;geance orchestr&#233; par l'&#233;tat-major de l'arm&#233;e en novembre 1837. &#192; l'instigation des magistrats tory au service de la MCA, Colborne, le commandant militaire, avait usurp&#233; les pr&#233;rogatives des autorit&#233;s civiles en ordonnant l'armement imm&#233;diat, sans commission &#171; sign&#233;e, scell&#233;e et d&#233;livr&#233;e &#187;, de 5,000 miliciens dans le district de Montr&#233;al contre le m&#234;me nombre d'&#171; Enfants du Sol &#187;, contraints &#224; se d&#233;fendre (et d&#233;fendre leurs mandataires) avec des moyens de fortune. En fait de bravoure et de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fair play&lt;/i&gt;, il s'est fait mieux. Il &#233;tait admis, en outre, que la destruction des propri&#233;t&#233;s, les viols, le pillage, les vendettas priv&#233;es, les incendies criminels et autres r&#232;glements de compte avaient &#233;t&#233; l'&#339;uvre principalement de militaires ou de miliciens, dont l'enr&#244;lement avait &#233;t&#233; grassement r&#233;tribu&#233; &#224; m&#234;me les coffres de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On est au c&#339;ur ici d'un drame existentiel typiquement anglo-saxon avec cette hantise caract&#233;ris&#233;e de trahison, doubl&#233;e d'un d&#233;lire de pers&#233;cution (conf&#232;re, entre mille, la sc&#232;ne de l'interrogatoire dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;King Lear&lt;/i&gt;, 3.7 et tout l'acte 5, ainsi que le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Behemoth&lt;/i&gt; de Hobbes, r&#233;cit instructif de la guerre civile anglaise). Inutile donc de chercher &#224; savoir si un coup d'&#201;tat a r&#233;ellement &#233;t&#233; envisag&#233; par les chefs patriotes : comme dans les crises de parano&#239;a ou les cas de largage anticip&#233; dans les relations affectives agonisantes, pour les services secrets, il suffisait de leur en attribuer l'intention pour mobiliser les troupes arm&#233;es jusqu'aux dents et frapper en premier. Du grand art.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_542 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:330px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://membres.lycos.fr/quebecunpays/LE-PARLEMENT-BRULE-MONTREAL-1849.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/25-parlement-brule.png' width=&quot;330&quot; height=&quot;227&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Rongeant leurs freins depuis des ann&#233;es, les porte-parole de la communaut&#233; anglo-saxonne de Montr&#233;al n'attendaient plus qu'une occasion propice pour d&#233;ployer leur z&#232;le justicier, pr&#234;tant en passant aux paysans, sans la moindre vergogne, les desseins les plus macabres : pas de commune mesure en tout cas entre les charivaris survenus dans les campagnes autour de Montr&#233;al et les menaces d'invasion et d'extermination par le feu qui circulaient alors. Quand on veut abattre son chien, on se convainc qu'il a la rage. Intoxiqu&#233;s par les services de renseignement de l'arm&#233;e, les insulaires montr&#233;alais et leurs sympathisants dispers&#233;s dans les hameaux loyalistes &#233;taient dispos&#233;s, du reste, &#224; avaler tous les bobards qu'on leur d&#233;bitait. En histoire, la fiction pr&#233;c&#232;de toujours la fabrication des faits (Nietzsche, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Aurore&lt;/i&gt;, &#167; 307).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La s&#233;quence des faits &#224; la veille des r&#233;bellions peut &#234;tre &#233;tablie de la fa&#231;on suivante : en l'absence de r&#233;volte ouverte, le procureur g&#233;n&#233;ral, R. C. Ogden, en bon d&#233;fenseur du constitutionnalisme britannique (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rule of Law&lt;/i&gt;), avait refus&#233; d'&#233;mettre, comme l'exigeait l'&#233;tat-major, des mandats d'arrestation en blanc autorisant l'intervention de l'arm&#233;e et l'enr&#244;lement de miliciens, sans la formalit&#233; des d&#233;positions asserment&#233;es - invitation ouverte en temps normal &#224; la d&#233;lation et aux faux t&#233;moignages. Fernand Ouellet n'a pas craint, quant &#224; lui, de rabaisser le genre historique au niveau des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;soaps&lt;/i&gt; d'apr&#232;s-midi en prenant au s&#233;rieux le t&#233;moignage d'une bonne engag&#233;e chez D.-B. Viger pour espionner. Apr&#232;s la collision du 6 novembre entre le Doric Club (bien encadr&#233; par l'arm&#233;e) et les Fils de la Libert&#233;, Ogden a d&#251; &#234;tre mis au pas de mani&#232;re convaincante&#8230; Il s'attirera l'&#233;pith&#232;te de &#171; vaurien &#187; et de &#171; charlatan &#187;, parce qu'il s'opposera aussi &#224; la suspension des libert&#233;s civiles - mesure qui &#233;liminait, d'une part, tout risque de proc&#232;s par jury (au terme desquels les chefs incrimin&#233;s du parti patriote auraient &#233;t&#233; tr&#232;s certainement acquitt&#233;s) et, d'autre part, assurait la protection l&#233;gale mur &#224; mur des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;magistrats tory&lt;/i&gt; contre d'&#233;ventuelles poursuites, ainsi que la mise sur pied d'une Cour martiale dans le district de Montr&#233;al &#224; laquelle s'objectera le gouverneur Gosford jusqu'&#224; son d&#233;part en f&#233;vrier 1838.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quoique imbu, comme tous les Anglais &#224; cette &#233;poque, de la sup&#233;riorit&#233; de leur &#171; race &#187;, Durham, un autre lib&#233;ral, sera trop enclin &#224; la cl&#233;mence, au go&#251;t des tories. Incertain de l'accueil que lui r&#233;serveraient les repr&#233;sentants du &#171; high English party &#187;, le Haut-Commissaire craindra m&#234;me de faire une apparition publique lors de son arriv&#233;e &#224; Montr&#233;al en juillet 1838. Le 3 octobre suivant, apprenant son d&#233;part pr&#233;cipit&#233;, suite au d&#233;saveu de ses &#171; amis &#187; &#224; Londres, en signe d'adieu, les tories pratiqueront un petit num&#233;ro de sorcellerie au Doric Square (coin McGill et Notre Dame), sous la supervision bienveillante du major g&#233;n&#233;ral Clitherow, nouveau commandant du district militaire de Montr&#233;al, futur pr&#233;sident de la Cour martiale et visiteur distingu&#233; de la loge St. Paul. Les officiants installeront d'abord sous des potences les effigies de trois personnalit&#233;s du gouvernement imp&#233;rial (Brougham, Melbourne et Glenelg) derri&#232;re lesquelles sera plac&#233; un &#233;criteau o&#249; l'on retrouve ces mots sarcastiques : &#171; ayant &#233;t&#233; reconnus coupables de Haute trahison envers leurs concitoyens du Canada en pers&#233;cutant le Comte de Durham, acqu&#233;rant pour eux-m&#234;mes le titre enviable d' &quot;amis du Tra&#238;tre&quot; &#187;. Apr&#232;s les avoir pendus symboliquement, ils voueront ensuite le tout au b&#251;cher purificateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s avoir ainsi obtenu de Londres la mise en veilleuse pour trente ans de l'ex&#233;cr&#233; &#171; parlement fran&#231;ais de Qu&#233;bec &#187; (1791-1837), Colborne et le nouveau Conseil sp&#233;cial (1838-1841) auront, &#224; partir de ce moment, les coud&#233;es franches pour gouverner enfin &#224; leur aise. Ils mettront alors &#224; ex&#233;cution leur plan initial de ch&#226;timent exemplaire (et mod&#233;r&#233;) des rebelles que l&#233;gitimait le d&#233;clenchement opportun de la seconde insurrection, noyaut&#233;e de part en part par les agents doubles de l'arm&#233;e. La Cour martiale ne pr&#233;sentera, certes, qu'un simulacre de justice, mais valait-il mieux &#171; gaver les potences voraces &#187;, comme le r&#233;clamait &#224; cor et &#224; cri le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Herald&lt;/i&gt;, qui ne d&#233;sirait rien d'autre que pendre sur place les coupables pris en flagrant d&#233;lit de s&#233;dition ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La fili&#232;re ma&#231;onnique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quoi qu'il en soit, apr&#232;s l'incendie du Parlement en 1849, s'inspirant du Far West, la presse lib&#233;rale anglaise traitera ces tories de &#171; desperadoes &#187;, c'est-&#224;-dire, litt&#233;ralement, de criminels audacieux et de hors-la-loi. La riposte la plus cinglante viendra du tr&#232;s s&#233;rieux &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Times&lt;/i&gt; : &#171; Les rebelles de 1837 &#233;taient des hommes d&#233;vou&#233;s &#224; leur patrie et honorables en comparaison de leurs rivaux actuels ; ils se sont battus pour des institutions libres et &#233;quitables, alors qu'eux l'ont fait uniquement en vue d'exercer l'ascendant d'une faction et d'une race. Les vrais rebelles sont ceux qui, ayant provoqu&#233; la r&#233;bellion de 1837, d&#233;montrent &#224; pr&#233;sent comment ils n'ont jamais &#233;t&#233; aptes &#224; gouverner en se rebellant aussit&#244;t que leur all&#233;geance ne se monnaye plus en esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette d&#233;fense un peu condescendante du droit des victimes civiles n'est pas banale. Du jamais vu dans l'histoire anglaise, s'indigneront nos valeureux conservateurs. Mais la vraie affaire, sagement pass&#233;e sous silence, se rapporte au fait que les r&#233;formistes n'&#233;taient pas encore parvenus &#224; fissurer le noyau dur soudant l'establishment tory et, derri&#232;re lui, la communaut&#233; anglophone, aux officiers sup&#233;rieurs de l'arm&#233;e et des services secrets, par l'entremise notamment du r&#233;seau bien lubrifi&#233; des loges ma&#231;onniques. Depuis l'&#233;tablissement des premiers colons, &#231;'avait &#233;t&#233; leur chasse gard&#233;e. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Non entra che vuol&lt;/i&gt; (2).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le mirage de l'&#233;galit&#233; et de l'autonomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;nouement &#224; l'anglaise de 1849 se retrouve, tel quel, dans Steven Greenblatt : &#171; one's wicked actions always return, with interest &#187; (&#171; Shakespeare &amp; the Uses of Power &#187;, The New York Review of Books, April 12, 2007). Les tories, eux, ne l'ont pas trouv&#233; dr&#244;le. Les vieux d&#233;mons sont ressortis du placard, tel l'annexion aux &#201;tats-Unis (une bonne d&#233;cision d'affaires pourtant) ou celui visant &#224; fusionner Montr&#233;al, la p&#233;ninsule de Vaudreuil et les Cantons de l'est &#224; l'Ontario. Mais ces projets sont rest&#233;s en plan. Aucun Cromwell malheureusement ne s'est pr&#233;sent&#233;. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;New York Herald&lt;/i&gt; &#233;crira que, si les tories ne levaient pas dans les mois &#224; venir une &#171; r&#233;volution respectable &#187;, les Am&#233;ricains devraient les consid&#233;rer comme une &#171; une bande d'individus criards et vides ne m&#233;ritant aucun encouragement de ce c&#244;t&#233;-ci de la fronti&#232;re &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a pu croire que justice a &#233;t&#233; rendue &#8211; &#224; l'instar de la Haute Cour de la Chancellerie &#224; Westminster, l'affaire ressortissant &#224; ce que Dickens appelle &#171; a slow, expensive, British, constitutional kind of thing &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bleak House&lt;/i&gt;, I, 2). Mais ce serait l&#224; ne consid&#233;rer que le sympt&#244;me d'un probl&#232;me autrement plus complexe. Il faut &#233;largir la perspective et reprendre de plus haut le dossier &#224; nouveaux frais : en s&#233;parant le Canada en deux entit&#233;s distinctes dot&#233;es chacune d'une Chambre d'assembl&#233;e, Londres a contribu&#233; directement &#224; cr&#233;er, par la Loi constitutionnelle de 1791, les &#171; bases territoriales ou institutionnelles &#187; sur lesquelles se fonde l'aspiration du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance (J.-P. Bernard, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les r&#233;bellions de 1837 et de 1838 dans le Bas-Canada&lt;/i&gt;, 1998, 23). Dans une lettre &#224; son p&#232;re, Charles Grey &#233;crit le 11 juin 1838 : &#171; no concession will dispose the French Canadians one jot more to you ; their object, even with those who are still loyal, is to secure eventually an independent and distinct &#8216;Nation Canadienne' &#187;. Le recours aux armes - voulu, consenti, pr&#233;m&#233;dit&#233; - aura &#233;t&#233; &#171; le veto du British Montreal et derri&#232;re ce veto, celui de tout le British North America au s&#233;paratisme du Qu&#233;bec &#187; (Maurice S&#233;guin, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une histoire du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, 1995, 159). Une chose en entra&#238;nant une autre, le r&#233;gime de l' &#171; Union &#187; (une sorte plut&#244;t de Janus &#224; deux t&#234;tes) allait permettre du m&#234;me coup de corriger la sous-repr&#233;sentation chronique de la minorit&#233; anglophone au &#171; parlement fran&#231;ais de Qu&#233;bec qui insultait de fa&#231;on grossi&#232;re le pouvoir britannique &#187; (Russell, 1835), enlevant, sous recommandation expresse de Durham, &#171; tout moyen l&#233;gislatif sur les int&#233;r&#234;ts britanniques au contr&#244;le de la majorit&#233; fran&#231;aise &#187; (1838).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;C'&#233;tait &#231;a le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;deal&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut comparer cette &#171; Union &#187; (1841-1867) aux r&#233;centes fusions municipales. Quelque chose essentiellement qui s'est d&#233;cid&#233;e par-dessus la t&#234;te des principaux int&#233;ress&#233;s, contre leur gr&#233;. Par ailleurs, comme toutes les constitutions (ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'objet du d&#233;sir&lt;/i&gt;, selon Flaubert), elle &#233;tait nimb&#233;e d'un halo pourpre o&#249; chacun pouvait projeter ce que bon lui semblait : La Fontaine et les unionistes recycl&#233;s s'attribuant le m&#233;rite d'avoir obtenu l'autonomie administrative et la reconnaissance des &#171; droits politiques pour lesquels nous combattions depuis cinquante ans &#187;, alors que, de son c&#244;t&#233;, George Moffatt, oiseau de haut vol et pr&#233;sident de la British American League, craignait qu'elle n'autorise ces m&#234;mes Canadiens fran&#231;ais &#224; s'instituer comme &#171; source distincte du pouvoir politique &#187; ; or, aux yeux de ce philanthrope et citoyen du monde, le Qu&#233;bec n'&#233;tait rien d'autre qu'un territoire conquis, comparable au Texas ou la Californie. Point &#224; la ligne. Il ne fallait pas trop s'embarrasser des indig&#232;nes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l' &#171; Union &#187; succ&#232;de, comme on sait, la Loi constitutionnelle de 1867, dont l'esprit ne laisse aucun doute quant au mirage de l'&#233;galit&#233; ou de l'autonomie. Dans le long et lent processus de transfert de souverainet&#233; &#224; l'&#339;uvre, qui nous m&#232;ne en droite ligne au rapatriement de 1982, la fusion forc&#233;e de 1841 pr&#233;pare en douce la transition du statut de colonie du Qu&#233;bec &#224; l'int&#233;rieur de l'Empire britannique &#224; l'&#233;tat permanent de subordination ou de tutelle (&#171; unm&#252;ndigkeit &#187;) d'une administration locale, une simple succursale si l'on veut par rapport au si&#232;ge social, emmaillot&#233;e dans des structures f&#233;d&#233;rales centralis&#233;es. Ni plus, ni moins. C'&#233;tait &#231;a le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;deal&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S&#251;r de l'appui massif de ses compatriotes, La Fontaine a pu croire (et laisser croire), apr&#232;s avoir compris &#171; les le&#231;ons de pancanadianisme de Hincks &#187; (Maurice S&#233;guin, 1965-1966), qu'il jouait au fond toujours pour la m&#234;me &#233;quipe dans une ligue de calibre sup&#233;rieur. L'&#233;chec des r&#233;bellions s'av&#233;rait finalement une bonne affaire. Le cas Papineau mis &#224; part, aux yeux de la post&#233;rit&#233;, il aura r&#233;ussi le tour de force de devenir &#224; la fois le premier leader qui, ayant flirt&#233; avec l'id&#233;e d'ind&#233;pendance, a vir&#233; capot et fait dans les mains de ses mandants, de m&#234;me que le prototype du Qu&#233;b&#233;cois aux commandes de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral. Portrait du politicien en saltimbanque. On le retrouve ainsi, en 1849, confortablement assis sur le si&#232;ge du conducteur, en route vers une nouvelle destination, tandis que les ind&#233;pendantistes aigris s'entassaient sur la banquette arri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Miser juste &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_545 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:317px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/06-6/1849-bell.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/24-parlement-3.png' width=&quot;317&quot; height=&quot;198&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; L'histoire, par chance, se termine bien. Un peu comme dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Alice au pays de merveilles&lt;/i&gt;, il n'y a pas de vrais perdants au Canada &#8211; tous les participants ont droit &#224; un prix. S'ils ne sauraient s'instituer en tant que source distincte et souveraine d'autorit&#233; se donnant leurs propres lois et refusant de se plier &#224; celles des autres (ce que signifie proprement le mot &#171; autonomie &#187;), les Qu&#233;b&#233;cois, malgr&#233; tout, sont utiles pour former ou d&#233;faire des majorit&#233;s sur un terrain qu'ils n'ont pas choisi librement, en suivant des r&#232;gles qui leur ont &#233;t&#233; impos&#233;es et qu'il leur est interdit de changer, quitte &#224; encaisser de temps en temps, en guise de d&#233;dommagement, un gros ch&#232;que commandit&#233; par le grand croupier &#224; Ottawa.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils auraient tort pourtant de s'en plaindre : &#171; personne n'a autant de chance de miser juste que celui qui vient pr&#233;cis&#233;ment d'obtenir un gain appr&#233;ciable &#187; (Walter Benjamin).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;br&gt;
Montr&#233;al&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;__&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) Cet article se base sur la revue de presse in&#233;dite et abondante de J. S. McCord que je traduis (Mus&#233;e McCord, M9858).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(2) D&#233;j&#224;, durant son incarc&#233;ration, Andr&#233; Ouimet, pr&#233;sident de l'association paramilitaire des Fils de la Libert&#233;, associait le &#171; secret des francs-ma&#231;ons &#187; au &#171; p&#233;ch&#233; de TRAHISON &#187;, divulguant ainsi sur le mode aigre-doux la supercherie des milieux juridiques proches de la MCA : &#171; &#199;a para&#238;t &#233;trange, mais ce p&#233;ch&#233; de TRAHISON est si inexplicable, si vari&#233;, il ressemble tant au secret des francs-ma&#231;ons qu'il ne faut rien hasarder &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Journal de prison&lt;/i&gt;, 2006, 71). Quel metteur en sc&#232;ne audacieux osera pr&#233;senter au public qu&#233;b&#233;cois son interpr&#233;tation de ce r&#233;cit fabuleux aux allures kafka&#239;ennes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Fin de l'ind&#233;pendance ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Fin-de-l-independance</link>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>L'&#233;lection 2007 au Qu&#233;bec signe-t-elle la fin du projet ind&#233;pendantiste ? Je n'en crois rien. Mais si la strat&#233;gie casse-cou d'un r&#233;f&#233;rendum &#171; le plus t&#244;t possible &#187; demeure &#224; l'agenda, on peut &#234;tre assur&#233; de la marginalisation d&#233;finitive du PQ. On a beau accuser Andr&#233; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;lection 2007 au Qu&#233;bec signe-t-elle la fin du projet ind&#233;pendantiste ? Je n'en crois rien. Mais si la strat&#233;gie casse-cou d'un r&#233;f&#233;rendum &#171; le plus t&#244;t possible &#187; demeure &#224; l'agenda, on peut &#234;tre assur&#233; de la marginalisation d&#233;finitive du PQ. On a beau accuser Andr&#233; Boisclair d'avoir dilapid&#233; l'avance confortable dans les sondages &#224; son arriv&#233;e &#224; la t&#234;te du parti, personne n'aurait pu faire mieux que lui dans les circonstances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La raison de cette conduite d'&#233;chec est simple : pr&#233;f&#233;rant le z&#232;le militant et la surench&#232;re obsessionnelle autour d'un troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum &#171; le plus t&#244;t possible &#187;, les apparatchiks du PQ se sont d&#233;connect&#233;s de leur client&#232;le &#233;lectorale qui, m&#233;contente entre autres des fusions forc&#233;es, ne voulait rien savoir dans l'imm&#233;diat d'un autre r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me n'a rien &#224; avoir avec la foi en l'id&#233;al souverainiste. C'est une simple question de tactique et d'opportunit&#233;. Mario Dumont l'a parfaitement compris. Et l'&#233;lectorat l'a suivi. C'est lui d&#233;sormais qui contr&#244;le le centre de l'&#233;chiquier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je le r&#233;p&#232;te : ce n'est pas une question de conviction, mais simplement d'abordage. Si on ne peut pas prendre de front un adversaire, il est pr&#233;f&#233;rable de recourir aux voies obliques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains z&#233;lateurs de l'ind&#233;pendance semblent oublier ce qui justement a permis au PQ de s'imposer dans les ann&#233;es 1970 : la convergence d'une aile radicale et d'un courant plus conservateur qui est &#224; la racine m&#234;me de notre conscience historique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une r&#233;vision en profondeur de la strat&#233;gie p&#233;quiste s'impose. Mais ce n'est pas en se gargarisant avec une autre &#171; saison des id&#233;es &#187; qu'on va y parvenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soyons clair : la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum doit marquer, sinon le couronnement, du moins un tournant d&#233;cisif dans la d&#233;marche d'appropriation par les Qu&#233;b&#233;cois de tous les attributs de la souverainet&#233;. On ne peut en faire l'&#233;conomie. L'id&#233;e est inscrite dans nos m&#339;urs. Il n'y a cependant rien de honteux &#224; en suspendre l'ex&#233;cution tant que les circonstances ne s'y pr&#234;teront pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Entre-temps, la souverainet&#233; et l'ind&#233;pendance doivent continuer d'&#234;tre promues. On a ici besoin d&#233;sesp&#233;r&#233;ment d'imagination et d'un renouvellement des id&#233;es afin de connecter avec le vrai monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Entre-temps, les p&#233;quistes ne doivent surtout pas se g&#234;ner en endossant le projet autonomiste de l'ADQ. &#199;a aussi c'est une vieille croyance profond&#233;ment enracin&#233;e dans la mentalit&#233; des gens d'ici. Puisque la balle est dans le camp de l'ADQ, on ne peut plus se contenter de rh&#233;torique : Mario Dumont n'a pas le choix, dans les prochains mois, il est tenu de mettre un peu de viande autour de l'os.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous savons tous que cette id&#233;e d'autonomie ne m&#232;nera nulle part. Elle est incompatible avec l'union f&#233;d&#233;rale. &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/The-disconnect-between-Quebec&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Relisons le texte de Simpson, mardi dernier&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; two separate countries would be better than the constitutional monstrosity of the ADQ's &quot;autonomous Quebec&quot; within Canada. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je propose aussi comme th&#232;me de r&#233;flexion un article r&#233;cent de James A. McPherson dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The New York Review of Books&lt;/i&gt;, vol. LIV, no. 5, 18-19, &#171; What Did He Really Think About Race ? &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Lincoln was a politician, a pratitioner of the art of the possible, a pragmatist who subscribed to the same principles [le projet radical d'&#233;mancipation des Noirs] but recognized that they could only be achieved in gradual, step-by-step fashion through compromise and negociation, in pace with progressive changes in public opinion and political realities. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Savoir naviguer en eaux troubles par temps brumeux est un art dont on ne peut faire l'&#233;conomie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>&#192; chacun sa &#171; partition &#187;</title>
		<link>http://www.vigile.net/A-chacun-sa-partition</link>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Il ne faut pas avoir peur de le dire : la mobilisation de l'establishment anglo-saxon du Qu&#233;bec contre la &#171; tyrannie &#187; de la majorit&#233; parlementaire &#224; Qu&#233;bec a &#233;t&#233; (et est toujours en partie) ce &#224; quoi carbure la sainte ligue (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Of-course-partition-is-possible&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#233;ditorial du 8 mars dernier, la Montreal Gazette&lt;/a&gt; a enfourch&#233; le th&#232;me de la partition du Qu&#233;bec et du recours possible aux armes avec ce m&#233;lange habituel de d&#233;lectation sur fond de d&#233;dain et de lassitude &#224; chaque fois qu'il est question de la question nationale. Je rel&#232;ve une br&#232;ve allusion &#224; propos des groupes qui pourraient &#234;tre int&#233;ress&#233;s &#233;ventuellement &#224; embo&#238;ter le pas aux ind&#233;pendantistes qu&#233;b&#233;cois, en r&#233;action contre eux et comme mesure de repr&#233;sailles, tels &#171; les aborig&#232;nes des premi&#232;res nations, si ce n'est personne d'autre &#187;. Admirons la litote. Ce &#171; personne d'autre &#187; historiquement ne peut &#234;tre, comme on sait, que les Anglo-Qu&#233;b&#233;cois eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est un beau roman, une &#233;difiante histoire, dont je rappelle les grandes lignes : les premiers citoyens &#224; avoir pr&#244;n&#233; le d&#233;pe&#231;age &#224; la carte du territoire qu&#233;b&#233;cois ont &#233;t&#233;, en effet, les marchands de Montr&#233;al voil&#224; bient&#244;t deux si&#232;cles (1822) &#224; la suite de l'&#233;chec de leur tentative de fusionner l'Ontario et le Qu&#233;bec actuels, sans l'assentiment de la Chambre d'assembl&#233;e... En fait de transparence d&#233;mocratique, on repassera. Comme prix de consolation, il fut question alors de l'incorporation de l'&#206;le de Montr&#233;al et des Cantons de l'est &#224; la province voisine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce tour de passe-passe, des motivations &#233;conomiques ont jou&#233;, mais aussi une carence identitaire, qui allait devenir chronique chez nos concitoyens anglophones : n'&#233;tant encore qu'une faible minorit&#233;, leur sous-repr&#233;sentation &#224; la Chambre d'assembl&#233;e &#224; Qu&#233;bec n'&#233;tait pas, selon eux, &#224; la hauteur du monopole qu'ils exer&#231;aient dans les affaires. La hantise du complot et de la &#171; French domination &#187; devait atteindre son apog&#233;e pendant les R&#233;bellions de 1837 et de 1838.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant au recours aux armes, d&#232;s 1810, Jonathan Sewell, un conseiller juridique proche de ces marchands, a &#233;t&#233; le premier &#224; le pr&#233;voir en l'absence de toute proc&#233;dure d'arbitrage dans les cas de r&#233;vision constitutionnelle. Maurice S&#233;guin a pu &#233;crire, au d&#233;but des ann&#233;es 60, qu'un tel recours aura &#233;t&#233; pendant les R&#233;bellions &#171; le veto du British Montreal, et derri&#232;re lui de tout le British North America, &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec &#187; (1962, 34). Les choses, &#224; cet &#233;gard, ont-elles r&#233;ellement chang&#233; ? R&#233;ponse : NON. Il ne faut pas avoir peur de le dire : la mobilisation de l'establishment anglo-saxon du Qu&#233;bec contre la &#171; tyrannie &#187; de la majorit&#233; parlementaire &#224; Qu&#233;bec a &#233;t&#233; (et est toujours en partie) ce &#224; quoi carbure la sainte ligue canadian.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_337 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:335px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://vigile.net/06-6/1849-bell.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/9-1849.png' width=&quot;335&quot; height=&quot;242&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; L'Union de 1841, obtenue au bout des bayonnettes et des carabines, devait servir de transition avant la solution f&#233;d&#233;rale. Et en 1849, une heure &#224; peine apr&#232;s que la sanction royale ait &#233;t&#233; apport&#233;e &#224; la loi d'indemnisation aux victimes du pillage et des actes criminels perp&#233;tr&#233;s par les miliciens ayant agi de leur propre chef, sans mandats, ni commissions, au m&#233;pris des autorit&#233;s civiles, une poign&#233;e d'&#233;meutiers, soutenus par &#171; personne d'autre &#187; que nos braves concitoyens, moyennant la complicit&#233; des r&#233;giments stationn&#233;s en ville, ont tout simplement mis le feu en toute impunit&#233; au parlement sur la rue McGill.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;monstration &#233;difiante. La hantise de la &#171; French domination &#187; est alors ressortie, mais ce n'&#233;tait gu&#232;re plus qu'un &#233;pouvantail utile en temps d'&#233;lections ou le soir de l'Halloween, dont se rira bient&#244;t John A. MacDonald. Comme il fallait s'y attendre, le projet de partition de Montr&#233;al et des Cantons de l'est a aussi refait surface. Il a m&#234;me &#233;t&#233; question cette fois-l&#224; d'annexion aux Etats-Unis. Mais le projet ne devait pas aboutir, &#171; personne d'autre &#187; parmi les British Montrealers n'aura eu le courage d'aller au bout de ses convictions. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;New York Herald&lt;/i&gt; &#233;crira en mai 1849 que ces Canadiens n'&#233;taient qu'une &#171; noisy, empty set of fellows, who deserves no encouragement at all from this side of the border &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pas de doute : les &#233;ditorialistes de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Gazette&lt;/i&gt;, qui se pr&#233;lassent encore sous &#171; the sacred arcana of incognito &#187; portent toujours le flambeau. Et soyons s&#251;rs qu'ils d&#233;fendront le droit imprescriptible des Anglo-Qu&#233;b&#233;cois &#224; ne pas se soumettre &#224; une d&#233;cision majoritaire de ce parlement, quelle qu'elle soit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On aimerait seulement un peu moins de l&#226;chet&#233; de leur part en se dissimulant derri&#232;re les &#171; aborig&#232;nes &#187; pour qui, soit dit en passant, le concept de possession territoriale est aux antipodes du point de vue traditionnel non contamin&#233; par l'id&#233;ologie moderne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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