<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel>
	<title>Vigile.net - Marc Bri&#232;re</title>
	<link>http://www.vigile.net/spip.php?page=mot&amp;id_mot=</link>
	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Vigile.net</title>
		<url>http://www.vigile.net/IMG/siteon0.jpg</url>
		<link>http://www.vigile.net/</link>
		<height>102</height>
		<width>250</width>
	</image>


	




	<item>
		<title>A propos de constitution et de citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coises</title>
		<link>http://www.vigile.net/A-propos-de-constitution-et-de</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/A-propos-de-constitution-et-de</guid>
		<dc:date>2007-11-05T22:16:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marc Bri&#232;re</dc:creator>
		


[()


		<description>Comme les trois partis repr&#233;sent&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e nationale et Qu&#233;bec Solidaire se sont tous d&#233;clar&#233;s favorables &#224; l'&#233;laboration d'une Constitution qu&#233;b&#233;coise, j'ose esp&#233;rer qu'ils voudront participer &#224; cette d&#233;marche historique, qui s'av&#232;rera si b&#233;n&#233;fique (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Comme les trois partis repr&#233;sent&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e nationale et Qu&#233;bec Solidaire se sont tous d&#233;clar&#233;s favorables &#224; l'&#233;laboration d'une Constitution qu&#233;b&#233;coise, j'ose esp&#233;rer qu'ils voudront participer &#224; cette d&#233;marche historique, qui s'av&#232;rera si b&#233;n&#233;fique pour le Qu&#233;bec, aussi bien f&#233;d&#233;r&#233; que (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/A-propos-de-constitution-et-de"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Bri&#232;re, Marc</title>
		<link>http://www.vigile.net/Briere-Marc</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Briere-Marc</guid>
		<dc:date>2007-10-25T18:37:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marc Bri&#232;re</dc:creator>
		


[()


		<description></description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>
		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Pour sauver la r&#233;forme &#233;lectorale</title>
		<link>http://www.vigile.net/Pour-sauver-la-reforme-electorale</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Pour-sauver-la-reforme-electorale</guid>
		<dc:date>2007-10-22T18:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marc Bri&#232;re - Lettres au Devoir</dc:creator>
		


[()


		<description>Bien que la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;forme du mode de scrutin soit g&#233;n&#233;ralement reconnue, les divers projets propos&#233;s au Qu&#233;bec et dans d'autres provinces sont tous en panne. La cause en est, &#224; mon avis, que ces projets sont &#224; la fois trop ambitieux et trop compliqu&#233;s, et qu'ils (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Bien que la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;forme du mode de scrutin soit g&#233;n&#233;ralement reconnue, les divers projets propos&#233;s au Qu&#233;bec et dans d'autres provinces sont tous en panne. La cause en est, &#224; mon avis, que ces projets sont &#224; la fois trop ambitieux et trop compliqu&#233;s, et qu'ils heurtent tous ceux qui sont attach&#233;s &#224; la d&#233;mocratie (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Pour-sauver-la-reforme-electorale"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Aller au fond des choses</title>
		<link>http://www.vigile.net/Aller-au-fond-des-choses</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Aller-au-fond-des-choses</guid>
		<dc:date>2007-10-05T13:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marc Bri&#232;re - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


[()


		<description>Le Qu&#233;bec est pr&#233;sentement secou&#233; par une crise identitaire profonde que la Commission Bouchard Taylor a pour mission d'analyser et que nous avons toutes et tous le devoir d'essayer de comprendre. La probl&#233;matique des accommodements raisonnables ne saurait &#234;tre comprise ni r&#233;solue (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Le Qu&#233;bec est pr&#233;sentement secou&#233; par une crise identitaire profonde que la Commission Bouchard Taylor a pour mission d'analyser et que nous avons toutes et tous le devoir d'essayer de comprendre. La probl&#233;matique des accommodements raisonnables ne saurait &#234;tre comprise ni r&#233;solue isol&#233;ment, sans aller au fond des choses : (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Aller-au-fond-des-choses"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title> Un mal pour un bien</title>
		<link>http://www.vigile.net/Un-mal-pour-un-bien</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Un-mal-pour-un-bien</guid>
		<dc:date>2007-04-10T13:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marc Bri&#232;re - Le Devoir</dc:creator>
		


[()


		<description>La souverainet&#233; plus que jamais, mais pas n'importe comment. &#192; quelque chose malheur est bon, dit le proverbe. Mais &#224; condition de tirer les bonnes le&#231;ons du r&#233;cent s&#233;isme &#233;lectoral. Nous proposons ici la n&#244;tre. Depuis le r&#233;f&#233;rendum de 1995, les p&#233;quistes n'ont fait que se lamenter (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;La souverainet&#233; plus que jamais, mais pas n'importe comment. &#192; quelque chose malheur est bon, dit le proverbe. Mais &#224; condition de tirer les bonnes le&#231;ons du r&#233;cent s&#233;isme &#233;lectoral. Nous proposons ici la n&#244;tre. Depuis le r&#233;f&#233;rendum de 1995, les p&#233;quistes n'ont fait que se lamenter d'avoir &#233;t&#233; victimes d'une &#233;norme (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Un-mal-pour-un-bien"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Il ne faut pas diviser le vote souverainiste</title>
		<link>http://www.vigile.net/Il-ne-faut-pas-diviser-le-vote</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Il-ne-faut-pas-diviser-le-vote</guid>
		<dc:date>2007-03-26T12:23:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marc Bri&#232;re - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>J'aime bien Fran&#231;oise David, Amir Khadir et Qu&#233;bec Solidaire, et j'aurais souhait&#233; qu'on am&#233;liora notre mode de scrutin pour permettre la repr&#233;sentation &#224; notre Assembl&#233;e nationale de la diversit&#233; politique, mais malheureusement les lib&#233;raux et les p&#233;quistes ont fait en sorte (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'aime bien Fran&#231;oise David, Amir Khadir et Qu&#233;bec Solidaire, et j'aurais souhait&#233; qu'on am&#233;liora notre mode de scrutin pour permettre la repr&#233;sentation &#224; notre Assembl&#233;e nationale de la diversit&#233; politique, mais malheureusement les lib&#233;raux et les p&#233;quistes ont fait en sorte que la r&#233;forme &#233;lectorale est tomb&#233;e en panne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ces conditions, tous ceux qui veulent que le Qu&#233;bec devienne enfin un pays souverain doivent se rallier et voter pour le PQ, si imparfait soit-il.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est une erreur de pr&#233;tendre que nous sommes en 2007 dans la m&#234;me situation qu'en 1968, &#224; la fondation du Parti Qu&#233;b&#233;cois. Le Parti lib&#233;ral avait alors rejet&#233; la proposition de Ren&#233; L&#233;vesque et de son groupe &#8211; dont je faisais partie &#8211; et l'Union nationale &#233;tait un vieux parti, corrompu et oppos&#233; &#224; la R&#233;volution tranquille, auquel il &#233;tait impensable de nous rallier. Ne restait alors que la possibilit&#233; de rejoindre le turbulent RIN ou de fonder un nouveau parti souverainiste auquel tous les ind&#233;pendantistes pourraient se rallier. Ce qui fut fait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation est toute autre aujourd'hui. Comment les Solidaires peuvent-ils raisonnablement esp&#233;rer absorber le PQ ? Leur nouveau parti ne peut que diviser le vote souverainiste, favoriser les f&#233;d&#233;ralistes, retarder la solution de la question nationale et d&#233;courager les Qu&#233;b&#233;cois qui, depuis quarante ans, esp&#232;rent pouvoir passer &#224; autre chose. D'o&#249; la tentation de se r&#233;fugier &#224; l'ADQ si trompeusement autonomiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'admire le courage et la force des convictions des membres du QS, mais les souverainistes n'ont qu'un choix, celui d'appuyer le PQ et de le rendre meilleur, pas de fuir la r&#233;alit&#233; en d&#233;sertant le PQ pour se complaire dans quelques puret&#233;s id&#233;ologiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marc Bri&#232;re&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Montr&#233;al&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>L'INM et la culture qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>http://www.vigile.net/L-INM-et-la-culture-quebecoise</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/L-INM-et-la-culture-quebecoise</guid>
		<dc:date>2007-01-25T18:03:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marc Bri&#232;re - Le Devoir</dc:creator>
		


[()


		<description>Je suis fier d'appartenir &#224; l'Institut du Nouveau Monde, qui fait un excellent travail d'&#233;ducation civique, et je f&#233;licite son comit&#233; directeur du Rendez-vous sur la culture pour la grande qualit&#233; du cahier qu'il vient de publier dans Le Devoir sur la culture qu&#233;b&#233;coise, (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Je suis fier d'appartenir &#224; l'Institut du Nouveau Monde, qui fait un excellent travail d'&#233;ducation civique, et je f&#233;licite son comit&#233; directeur du Rendez-vous sur la culture pour la grande qualit&#233; du cahier qu'il vient de publier dans Le Devoir sur la culture qu&#233;b&#233;coise, son &#233;tat et son avenir. Je d&#233;plore cependant une (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/L-INM-et-la-culture-quebecoise"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Pour une approche r&#233;aliste de la souverainet&#233; et en finir avec certains sophismes</title>
		<link>http://www.vigile.net/Pour-une-approche-realiste-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Pour-une-approche-realiste-de-la</guid>
		<dc:date>2006-04-03T19:36:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Marc Bri&#232;re - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>&#171; Sophisme : argument, raisonnement faux malgr&#233; une apparence de v&#233;rit&#233; &#187; Le Petit Robert La majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois, souverainistes comme f&#233;d&#233;ralistes, croient que l'accession du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance n'est possible qu'aux trois conditions suivantes : (1) la tenue (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Sophisme : argument, raisonnement faux &lt;br /&gt;malgr&#233; une apparence de v&#233;rit&#233; &#187;
&lt;br /&gt;-	&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Petit Robert&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois, souverainistes comme f&#233;d&#233;ralistes, croient que l'accession du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance n'est possible qu'aux trois conditions suivantes : (1) la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum portant clairement et exclusivement sur l'ind&#233;pendance ; (2) que ce r&#233;f&#233;rendum exprime clairement et incontestablement la volont&#233; de la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois en faveur de l'ind&#233;pendance ; (3) et que le Qu&#233;bec et le Canada n&#233;gocient de bonne foi les modalit&#233;s de la s&#233;paration des deux &#201;tats et de la transmission des pouvoirs l&#233;gislatifs, ex&#233;cutifs et judiciaires. Ces trois conditions satisfaites, la plupart des Qu&#233;b&#233;cois souhaitent que la n&#233;gociation s'&#233;tende &#224; toutes autres dispositions, accords ou trait&#233;s que les deux parties pourraient trouver &#224; leur commun avantage &#233;conomique ou politique : libre &#233;change, march&#233; commun, union mon&#233;taire ou autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; tout, certains ind&#233;pendantistes d&#233;ploient une &#233;nergie folle &#224; trouver de nouvelles et meilleures mani&#232;res de faire acc&#233;der le Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance. On cherche la voie qui conduira le peuple qu&#233;b&#233;cois &#224; la terre promise, &#224; travers les &#233;cueils de la mer rouge (maintenant bleue) astucieusement entrouverte pour laisser libre passage au peuple en marche vers sa destin&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me est qu'en politique il n'y a pas de miracle. La seule voie du succ&#232;s est celle du droit et du r&#233;alisme, qui doit &#234;tre la mesure de toute strat&#233;gie. Sans quoi on court &#224; sa perte, on met dangereusement en p&#233;ril la nation m&#234;me qu'on veut pourtant sauver.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s maintenant quarante ans de tergiversations et de chicanes, les ind&#233;pendantistes ont &#233;puis&#233; tous leurs droits &#224; l'erreur. L'heure de l'union sacr&#233;e devra bient&#244;t sonner, car comment convaincre un assez grand nombre de Qu&#233;b&#233;cois de la n&#233;cessit&#233; et de la faisabilit&#233; de l'ind&#233;pendance si les souverainistes eux-m&#234;mes demeurent incapables de solidarit&#233;, tout embourb&#233;s qu'ils sont dans leurs arguties proc&#233;durales et leurs sophismes ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il nous est apparu n&#233;cessaire de tenter de convaincre nos compatriotes d'&#233;viter certaines erreurs factuelles ou strat&#233;giques, voulant notamment (1) que la voie r&#233;f&#233;rendaire ne soit plus praticable et qu'une &#233;lection r&#233;f&#233;rendaire suffirait &#224; faire reconna&#238;tre une d&#233;claration unilat&#233;rale d'ind&#233;pendance (DUI) ; (2) que le r&#233;f&#233;rendum puisse porter sur autre chose en plus de la souverainet&#233;, soit pour certains une offre d'association - partenariat, soit pour d'autres, l'adoption de toute une nouvelle constitution ; (3) qu'une majorit&#233; r&#233;f&#233;rendaire de 50% plus 1 suffirait ; (4) qu'une d&#233;claration unilat&#233;rale d'ind&#233;pendance (sans n&#233;gociation de bonne foi) serait reconnue, si non par le Canada, du moins par la communaut&#233; internationale, en raison soit du droit d'autod&#233;termination des peuples, soit du principe d'effectivit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Premier sophisme : l'impasse r&#233;f&#233;rendaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si nous avons perdu les deux premiers r&#233;f&#233;rendums, ce n'est pas de notre faute (nous, les Franco-Qu&#233;b&#233;cois), c'est la faute aux Anglais, aux Juifs et autres groupes ethno-culturels, et surtout aux m&#233;chants f&#233;d&#233;ralistes d'Ottawa, qui nous ont vol&#233; notre pays ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, ce sont bien 50 % des Franco-Qu&#233;b&#233;cois en 1980 et 40 % en 1995 qui ont vot&#233; NON : tous des stupides, des vendus, des tra&#238;tres ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s l'adoption en 1982 de l'inf&#226;me Loi constitutionnelle de Trudeau malgr&#233; l'opposition de notre Assembl&#233;e nationale, qu'avons-nous fait pour renforcer la conscience nationale des Qu&#233;b&#233;cois &#224; part chialer ? Nous aurions pu nous donner notre propre Constitution qu&#233;b&#233;coise ou, &#224; tout le moins, &#233;tablir une citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise reconnaissant le droit de vote aux citoyens qu&#233;b&#233;cois plut&#244;t qu'aux &#171; citoyens canadiens r&#233;sidant au Qu&#233;bec depuis au moins six mois &#187;. On s'est content&#233; de l'inefficace Loi Facal sur les pr&#233;rogatives du peuple qu&#233;b&#233;cois et de l'&#201;tat du Qu&#233;bec (30 mai 2000), tout en continuant de pr&#233;tendre &#224; tort que la Loi Dion sur la clart&#233; avait b&#226;illonn&#233; la nation, mis le Qu&#233;bec en tutelle et rendu d&#233;sormais impraticable la voie r&#233;f&#233;rendaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La v&#233;rit&#233; est tout autre. La loi Dion ne s'applique qu'au gouvernement f&#233;d&#233;ral, et encore jusqu'&#224; ce qu'un autre Parlement en dispose autrement. Cette loi ne fait que pr&#233;ciser &#224; quelles conditions le gouvernement f&#233;d&#233;ral accepterait de n&#233;gocier avec le Qu&#233;bec les modalit&#233;s de sa s&#233;cession ; elle n'affecte en rien le droit constitutionnel de s&#233;cession reconnu au Qu&#233;bec par la Cour supr&#234;me du Canada. Comme le dit Daniel Turp (La Nation b&#226;illonn&#233;e. Le Plan B ou l'offensive d'Ottawa contre le Qu&#233;bec. Montr&#233;al, VLB &#233;diteur, 2000, p.150) : &#171; En r&#233;alit&#233;, l'offensive ultime que constitue le plan B a comme objectif de d&#233;mobiliser les Qu&#233;b&#233;cois et de leur faire croire que toute lutte pour la libert&#233; et l'ind&#233;pendance est dor&#233;navant vou&#233;e &#224; l'&#233;chec parce qu'elle peut &#234;tre contr&#233;e par la Loi sur la clart&#233; et toute une panoplie d'autres mesures. &#187; Tous ceux qui pr&#233;tendent que la Loi sur la clart&#233; constitue un obstacle insurmontable &#224; la voie r&#233;f&#233;rendaire font le jeu de St&#233;phane Dion et l'aide &#224; atteindre son objectif : faire peur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un r&#233;f&#233;rendum portant uniquement sur l'ind&#233;pendance et donnant une r&#233;ponse claire &#224; une question claire est gagnable si on s'en donne la peine. Sinon ce n'est pas la peine de vouloir l'ind&#233;pendance.	Si on ne croit pas que les Qu&#233;b&#233;cois sont capables de r&#233;sister &#224; quelques magouilles f&#233;d&#233;rales, du genre des commandites ou d'Option Canada, alors aussi bien oublier le projet de l'ind&#233;pendance !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non seulement la voie r&#233;f&#233;rendaire peut r&#233;ussir, mais c'est la meilleure, voire la seule voie de l'ind&#233;pendance, car elle est la seule qui puisse attester de mani&#232;re incontestable la volont&#233; majoritaire du peuple qu&#233;b&#233;cois comme le d&#233;montre clairement Denis Moni&#232;re dans &#171; Pourquoi on ne peut faire na&#238;tre un pays par une &#233;lection &#187; (L'Action nationale, f&#233;vrier 2006). C'est la voie d&#233;mocratique, la seule voie qu'accepteraient de prendre les Qu&#233;b&#233;cois et que le Canada et la communaut&#233; internationale pourraient reconna&#238;tre comme valide et l&#233;gitime. La voie du bon sens et du bon droit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;lection d'une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s ind&#233;pendantistes &#224; l'Assembl&#233; nationale, m&#234;me s'ils recevaient la majorit&#233; des votes (et &#224; plus forte raison dans le cas contraire), ne pourrait t&#233;moigner clairement et incontestablement de la volont&#233; majoritaire des Qu&#233;b&#233;cois en faveur de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. S'appuyant sur l'Avis de la Cour supr&#234;me, le Canada se d&#233;roberait &#224; toute n&#233;gociation que le Qu&#233;bec voudrait entreprendre sur cette base et refuserait de reconna&#238;tre toute d&#233;claration unilat&#233;rale d'ind&#233;pendance (DUI) du gouvernement ou de l'Assembl&#233;e nationale fond&#233;e sur une simple majorit&#233; des d&#233;put&#233;s. (Il pourrait th&#233;oriquement en &#234;tre autrement si la DUI recevait l'appui de l'Opposition officielle, mais il s'agit l&#224; d'une hypoth&#232;se totalement irr&#233;aliste).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux qui pr&#233;tendent qu'on peut se passer d'un r&#233;f&#233;rendum portant sur l'accession &#224; la souverainet&#233; invoquent le droit constitutionnel d'origine britannique en vertu duquel le Parlement pourrait tout faire, sauf changer un homme en femme. Cela est peut-&#234;tre vrai en Angleterre, pays unitaire sans constitution &#233;crite - encore que cela soit beaucoup moins vrai depuis que la Cour de justice europ&#233;enne exerce un contr&#244;le certain sur les parlements des &#201;tats membres de l'Union. Mais cette proposition est ind&#233;fendable dans le cadre constitutionnel canadien : le Qu&#233;bec ne peut agir qu'&#224; l'int&#233;rieur de ses comp&#233;tences constitutionnelles et il ne peut pas unilat&#233;ralement modifier la Constitution, si ce n'est sa Constitution interne seulement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La voie r&#233;f&#233;rendaire est donc incontournable. Mais elle passe n&#233;cessairement par l'&#233;lection d'une majorit&#233; parlementaire engag&#233;e ou dispos&#233;e &#224; tenir un r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233;. La strat&#233;gie d'une &#233;lection pr&#233;-r&#233;f&#233;rendaire - c'est-&#224;-dire comportant comme seul engagement celui de tenir un r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; et de refuser d'administrer &#171; une simple province &#187; (donc de d&#233;missionner en bloc en cas de d&#233;faite r&#233;f&#233;rendaire) est-elle une bonne strat&#233;gie ? Annoncer qu'on tiendra un r&#233;f&#233;rendum m&#234;me si on n'a pas l'assurance morale de le gagner et que, s'il est perdu, on abandonnera les Qu&#233;b&#233;cois &#224; leur mauvais sort provincial - c'est-&#224;-dire lib&#233;ral -est une strat&#233;gie rien de moins que suicidaire : l'&#233;lectorat refuserait de courir un tel risque et pourrait bien rejeter &#224; jamais et l'option souverainiste et le parti qui la porterait avec autant d'arrogance (apr&#232;s moi, le d&#233;luge !).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec a peut-&#234;tre besoin d'un &#233;lectrochoc pour sortir de son ambivalence et se forcer &#224; se brancher d'une fa&#231;on ou de l'autre ; mais la strat&#233;gie d'une &#233;lection pr&#233;-r&#233;f&#233;rendaire pourrait uniquement avoir ce m&#233;rite si on avait l'assurance qu'elle r&#233;ussirait, c'est-&#224;-dire s'il &#233;tait manifeste que les Qu&#233;b&#233;cois &#233;taient maintenant pr&#234;ts &#224; faire l'ind&#233;pendance. On est loin du compte avec des sondages o&#249; l'appui &#224; la souverainet&#233;-partenariat oscille constamment entre 50 et 40%. Si les Qu&#233;b&#233;cois &#233;taient enfin pr&#234;ts, &#231;a se saurait ! De toute fa&#231;on, la strat&#233;gie brutale de l'&#233;lectrochoc serait alors inutile et elle pourrait fort bien se retourner contre le parti qui l'adopterait. Comme le r&#233;p&#232;te assid&#251;ment Gilles Duceppe, la strat&#233;gie du pire est la pire des strat&#233;gies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me sophisme : un enrobage ferait mieux passer la pilule&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si la voie r&#233;f&#233;rendaire est incontournable, au moins arrangeons-nous pour en faciliter le succ&#232;s ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est constant que l'option &#224; double volet, la souverainet&#233;-association ou partenariat, est plus populaire (d'environ 10%) que l'option simple (d'aucuns diraient &#171; franche &#187;) de l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, ce que la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois veut c'est la souverainet&#233; assortie d'une association ou d'un partenariat avec le Canada : pas de s&#233;paration ! Alors pourquoi ne pourrait-on pas tenir un r&#233;f&#233;rendum sur cette option ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On le peut. D'ailleurs on l'a d&#233;j&#224; fait deux fois. Un r&#233;f&#233;rendum gagnant dont la question porterait sur les deux objectifs - la souverainet&#233; et l'association - obligerait certes le Canada &#224; n&#233;gocier cette &#171; nouvelle union canadienne &#187; mais, advenant qu'il refuse la proposition qu&#233;b&#233;coise - comme il en aurait le droit incontestable -, cela n'autoriserait en rien le Qu&#233;bec &#224; d&#233;clarer unilat&#233;ralement son ind&#233;pendance. Pour pouvoir le faire, le Qu&#233;bec devrait n&#233;cessairement gagner un autre r&#233;f&#233;rendum portant seulement sur l'accession &#224; la souverainet&#233;, for&#231;ant ainsi le Canada &#224; n&#233;gocier de bonne foi les modalit&#233;s de sa mise en &#339;uvre. Ce n'est qu'en cas de mauvaise foi du Canada que le Qu&#233;bec pourrait faire reconna&#238;tre internationalement une d&#233;claration unilat&#233;rale d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au demeurant, rien n'emp&#234;che un parti ind&#233;pendantiste de s'engager &#224; offrir un partenariat &#233;conomique au Canada et de faire campagne en faisant valoir les avantages d'un tel trait&#233;, pourvu que la question r&#233;f&#233;rendaire ne porte que sur l'ind&#233;pendance de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, par exemple : &#171; Voulez-vous que le Qu&#233;bec devienne un pays souverain et ind&#233;pendant ? &#187;. Les Qu&#233;b&#233;cois ne peuvent maintenir leur ambivalence jusque dans la question r&#233;f&#233;rendaire : l'ind&#233;pendance d'un pays ne s'obtient pas dans l'ambigu&#239;t&#233;, mais par une volont&#233; claire, r&#233;solue, largement partag&#233;e et durable. (Soit dit en passant, il est faux de pr&#233;tendre que le P.Q. s'est radicalis&#233; &#224; cet &#233;gard en abandonnant ses d&#233;sirs de partenariat avec le Canada : le programme adopt&#233; &#224; son congr&#232;s de juin 2005 n'exclut pas cette possibilit&#233;, au contraire. Par ailleurs, il est malhonn&#234;te de reprocher au P.Q. de s'&#234;tre enfin r&#233;solu &#224; poser une question r&#233;f&#233;rendaire claire, ne comportant pas d'autre volet, comme on le lui r&#233;clamait avec insistance.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vouloir un Qu&#233;bec qui soit ma&#238;tre chez lui tout en continuant de faire partie d'un Canada fort et toujours plus centralis&#233;, ce n'est m&#234;me pas une option f&#233;d&#233;raliste, c'est une incongruit&#233;, une chim&#232;re. Entretenir cette illusion, que l'histoire a si souvent d&#233;mentie, n'est pas seulement une grave erreur, c'est trahir la r&#233;alit&#233;. En cette mati&#232;re, tous les beaux risques seront toujours &#233;ph&#233;m&#232;res, malgr&#233; toute la bonne volont&#233; qu'on puisse y mettre. On ne doit pas se satisfaire des belles paroles et des bonnes intentions de Stephen Harper &#224; la recherche d'une majorit&#233; parlementaire. Dans son c&#233;l&#232;bre discours de Qu&#233;bec, le chef conservateur a pris l'engagement de ne pas utiliser le pouvoir f&#233;d&#233;ral de d&#233;penser dans des champs de la comp&#233;tence exclusive des provinces sans l'accord de la majorit&#233; d'entre elles. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment un tel accord qui a permis &#224; Trudeau de modifier la Constitution du Canada et d'imposer au Qu&#233;bec une importante diminution de ses pouvoirs malgr&#233; l'opposition de notre Assembl&#233;e nationale. Vingt-cinq ans plus tard, on ne propose toujours pas de rem&#233;dier &#224; l'inf&#226;me Loi constitutionnelle de 1982 ni de reconna&#238;tre le Qu&#233;bec dans sa sp&#233;cificit&#233; nationale. Certes les bleus sont mieux que les rouges pour pratiquer un f&#233;d&#233;ralisme plus respectueux de l'autonomie des provinces, mais les Qu&#233;b&#233;cois ne doivent pas se bercer d'illusions et se laisser endormir par la perspective d'une l&#233;g&#232;re embellie dans les pratiques f&#233;d&#233;rales, alors que l'espoir d'un nouvel arrangement constitutionnel, d'un &#171; new deal &#187;, est toujours aussi irr&#233;el et invraisemblable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'autre mani&#232;re de noyer le poisson r&#233;f&#233;rendaire, c'est de faire de la souverainet&#233; l'article premier d'une Constitution &#233;labor&#233;e par une Assembl&#233;e constituante et ratifi&#233;e par r&#233;f&#233;rendum. C'est la proposition de l'Union des forces progressistes, maintenant fusionn&#233;e avec l'Option citoyenne pour devenir le nouveau parti Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;laboration d'une nouvelle constitution soul&#232;ve in&#233;vitablement une foule de questions hautement controvers&#233;es, dont la principale porte sur la d&#233;termination du r&#233;gime politique : veut-on conserver notre r&#233;gime actuel ou le remplacer par un r&#233;gime pr&#233;sidentiel &#224; l'am&#233;ricaine ou mixte &#224; la fran&#231;aise ? Et l'&#233;lection d'une assembl&#233;e constituante compos&#233;e de citoyennes et de citoyens, fonctionnant en marge de l'Assembl&#233;e nationale et soumise &#224; tous les vents et pressions dans le contexte d'un pays en voie de formation et d'accession &#224; l'ind&#233;pendance, serait &#224; mon avis la meilleure recette de l'insucc&#232;s et de profondes et longues perturbations tant &#233;conomique que politiques. Une boite de Pandore qu'il faudrait bien se garder d'ouvrir parce qu'en sortiraient serpents et d&#233;mons de tous acabits !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant &#224; la Constitution du Qu&#233;bec ind&#233;pendant, il faut savoir que le Qu&#233;bec &#224; d'ores et d&#233;j&#224; une Constitution bien que celle-ci, non codifi&#233;e, demeure &#233;parse dans divers textes de loi et coutumes constitutionnelles britanniques et canadiennes. Le jour de son ind&#233;pendance, le Qu&#233;bec aura cette m&#234;me Constitution, sauf que cesseront automatiquement de s'appliquer les dispositions des lois constitutionnelles canadiennes de 1867 et 1982 incompatibles avec la souverainet&#233; du Qu&#233;bec. Il suffira alors que l'Assembl&#233;e nationale pourvoie au remplacement de la fonction de lieutenant-gouverneur par une pr&#233;sidence ayant les m&#234;mes pouvoirs protocolaires et nomm&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale (par exemple sur proposition du premier ministre et du chef de l'opposition officielle), ainsi qu'&#224; l'&#233;tablissement d'une Cour supr&#234;me du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le reste, il vaudrait mieux &#233;viter les grands d&#233;bats fondamentaux susceptibles de diviser les Qu&#233;b&#233;cois au moment o&#249; s'imposera un grand besoin de rassemblement et d'unit&#233;. Il n'y aurait donc pas lieu de proc&#233;der &#224; l'&#233;lection d'une assembl&#233;e constituante, du moins dans un premier temps. Une commission parlementaire &#233;largie et b&#233;n&#233;ficiant des lumi&#232;res de nos meilleurs constitutionnalistes pourrait fort bien codifier nos diverses dispositions constitutionnelles, sous la forme d'un texte accessible &#224; l'ensemble des citoyens et qui serait adopt&#233; par l'Assembl&#233;e nationale et ratifi&#233; par r&#233;f&#233;rendum. D'ailleurs, cela aurait d&#251; &#234;tre fait depuis longtemps. Notre Constitution ainsi rendue au peuple qu&#233;b&#233;cois, celui-ci serait plus en mesure, par la suite, de l'am&#233;liorer ou d'en changer, avec toute la s&#233;r&#233;nit&#233; requise pour ces grands actes fondateurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nouveau parti Qu&#233;bec solidaire, qui est aussi ind&#233;pendantiste, devra abandonner l'id&#233;e de l'Union des forces progressistes de faire la souverainet&#233; par l'&#233;lection d'une assembl&#233;e constituante, charg&#233;e d'&#233;laborer la Constitution du Qu&#233;bec ind&#233;pendant qui serait ratifi&#233;e par un r&#233;f&#233;rendum. R&#234;vant en couleurs, l'UFP affirmait que &#171; l'&#201;tat canadien et l'opinion publique internationale ne pourraient alors que s'incliner devant la l&#233;gitimit&#233; du processus et du r&#233;sultat [...] et le droit absolu [du Qu&#233;bec] de d&#233;terminer son avenir &#187;. Selon les auteurs de cette proposition, &#171; la d&#233;marche de l'Assembl&#233;e constituante permet d'&#233;viter le pi&#232;ge de la Loi sur la clart&#233; [...] La d&#233;marche constituera, en soi, une rupture avec le cadre &#233;tabli &#187;. Il suffisait d'y penser ! Ne s'agirait-il pas plut&#244;t d'une rupture avec la r&#233;alit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Troisi&#232;me sophisme : une majorit&#233; r&#233;f&#233;rendaire de 50% + 1 suffit.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un r&#233;f&#233;rendum portant clairement et uniquement sur la souverainet&#233; est donc incontournable, mais cela ne suffit pas ! Il ne peut pas &#234;tre suivi d'une DUI (c'est-&#224;-dire d'une d&#233;claration d'ind&#233;pendance faite sans n&#233;gociation pr&#233;alable de bonne foi des modalit&#233;s de la s&#233;cession et de la transmission des pouvoirs d'Ottawa &#224; Qu&#233;bec). Et cette n&#233;gociation sera d'autant plus difficile que la victoire du OUI sera courte : en principe une voix de majorit&#233; suffit, mais en pratique la position du Qu&#233;bec serait alors si fragile et le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum si ouvert &#224; la contestation que la situation pourrait &#234;tre intenable, insoutenable pour une majorit&#233; m&#234;me de Qu&#233;b&#233;cois. Le Canada r&#233;ussirait alors &#224; reculer l'&#233;ch&#233;ance et &#224; emp&#234;cher ou retarder suffisamment la reconnaissance du nouvel &#201;tat qu&#233;b&#233;cois souverain par les &#201;tats &#233;trangers qui comptent, notamment les &#201;tats-Unis, l'Angleterre, la France. Selon l'avis de la Cour supr&#234;me du Canada, la majorit&#233; requise est une majorit&#233; claire - c'est-&#224;-dire incontestable - en faveur de la proposition de s&#233;cession, compte tenu du taux de participation de l'&#233;lectorat au r&#233;f&#233;rendum. Sans en faire une condition absolue, il serait &#233;minemment souhaitable de viser une majorit&#233; confortable du vote exprim&#233;, de l'ordre de 55% par exemple, suivant ainsi le pr&#233;c&#233;dent mont&#233;n&#233;grin, ce qui &#233;quivaut, pour un taux de participation de 90%, &#224; une majorit&#233; absolue de 50% + 1 de l'&#233;lectorat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soyons clairs, il ne s'agit pas d'adopter une majorit&#233; que la Constitution canadienne - silencieuse &#224; cet &#233;gard - n'exige pas. La r&#232;gle demeure alors la majorit&#233; simple des votants pour valoir juridiquement et l&#233;gitimement. Mais la sagesse (celle de Jean-Jacques Rousseau comme celle de Tocqueville, comme l'a d&#233;montr&#233; le professeur de Laval, Jean-Pierre Derriennic, &lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;www.cyberpresse.ca&lt;/a&gt;) veut que sur une question aussi importante, une moiti&#233; de la nation n'impose pas sa volont&#233; &#224; l'autre moiti&#233; : toute tyrannie, f&#251;t-elle majoritaire, est intol&#233;rable en d&#233;mocratie ; &#171; plus les d&#233;lib&#233;rations sont importantes et graves, plus l'avis qui l'emporte doit approcher de l'unanimit&#233; &#187; (Du contrat social, livre IV, ch. 11)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au 50% + 1 il ne faut pas substituer un 55% + 1 et perp&#233;tuer le dilemme d'une majorit&#233; acquise mais contestable parce que fragile (plus ou moins) une voix, ou deux cents ou deux mille). C'est pourquoi il est bon que notre Loi sur les consultations populaires font de nos r&#233;f&#233;rendums des exercices consultatifs seulement et laisse &#224; l'Assembl&#233;e nationale le pouvoir d&#233;cisionnel, pouvoir qu'elle doit exercer avec discernement, notamment en fonction du taux de participation. Un vote de l'ordre de 55%, c'est-&#224;-dire se rapprochant suffisamment de cet objectif et d&#233;passant le minimum requis de 50% par 5% ou 4% voire 3% du vote pour un taux de participation de l'ordre de 90% des &#233;lecteurs, devrait permettre &#224; l'Assembl&#233;e nationale d'enclencher convenablement le processus d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quatri&#232;me sophisme : une d&#233;claration d'ind&#233;pendance&lt;/strong&gt; (sans n&#233;gociation de bonne foi) serait reconnue, sinon par le Canada, du moins par la communaut&#233; internationale, en raison soit du droit d'autod&#233;termination des peuples, soit du principe d'effectivit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'aucuns, dont le nouveau Mouvement pour une &#233;lection sur la souverainet&#233; (MES) qui a demand&#233; au P.Q. sa reconnaissance comme club politique, pensent que la meilleure fa&#231;on de faire l'ind&#233;pendance c'est par la force, par un coup d'&#201;tat r&#233;ussi brisant l'ordre constitutionnel qu&#233;b&#233;cois et canadien par une simple d&#233;claration unilat&#233;rale d'ind&#233;pendance faite par le gouvernement et une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e nationale (repr&#233;sentant ou non une majorit&#233; d'&#233;lecteurs). Le PQ ou une coalition de partis ind&#233;pendantistes prend le pouvoir et d&#233;clare l'ind&#233;pendance. C'est simple et efficace, mais &#224; la condition que le gouvernement du Qu&#233;bec devenu ainsi ind&#233;pendant puisse faire respecter le nouvel ordre des choses par l'ensemble des Qu&#233;b&#233;cois partout sur le territoire qu&#233;b&#233;cois, ainsi que par le gouvernement canadien et par les tribunaux qu&#233;b&#233;cois et canadiens, de m&#234;me que par les &#201;tats &#233;trangers avec qui le Qu&#233;bec est en relation, c'est-&#224;-dire principalement les &#201;tats-Unis, l'Angleterre et la France.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'appuyant toujours sur l'Avis de la Cour supr&#234;me, le Canada refusera de reconna&#238;tre une telle d&#233;claration d'ind&#233;pendance, ce qui rendra fort improbable toute reconnaissance internationale, comme le cas du Mont&#233;n&#233;gro vient de nous r&#233;v&#233;ler.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette fa&#231;on de proc&#233;der s'appuie sur le principe d'effectivit&#233; connu en droit constitutionnel, en vertu duquel une situation ill&#233;gale &#224; l'origine finira par &#234;tre reconnue si elle dure suffisamment longtemps, c'est-&#224;-dire s'il devient &#233;vident que &#171; l'usurpateur a acquis le contr&#244;le effectif du territoire &#187; (voir l'&#233;tude du professeur Woehrling pour la commission B&#233;langer-Campeau et sa mise &#224; jour pour le gouvernement Parizeau, en 2002, vol.2, livre 2, p.73).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette voie d'accession &#224; l'ind&#233;pendance ne peut r&#233;ussir que si les deux conditions suivantes sont r&#233;unies : d'abord il faut qu'une large majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois l'accepte et consente &#224; s'y soumettre, et que les autres puissent y &#234;tre contraints par la force, c'est-&#224;-dire par la police du nouvel &#201;tat ; ensuite, il faut que le Canada et la communaut&#233; internationale respectent le nouvel ordre &#233;tabli, puis, avec le temps, consentent &#224; le reconna&#238;tre - c'est-&#224;-dire que le Qu&#233;bec devra &#234;tre capable, au besoin, de faire respecter militairement le contr&#244;le effectif de son territoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis convaincu qu'une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois refuserait de se laisser entrainer dans l'ill&#233;galit&#233; et dans la longue et p&#233;nible p&#233;riode d'incertitude et de &#171; turbulences &#187;, tant &#233;conomiques que politiques, qui r&#233;sulterait in&#233;luctablement d'un tel proc&#233;d&#233; inadmissible dans une &#201;tat de droit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous ceux qui pr&#233;tendent pouvoir se passer de la l&#233;galit&#233; en invoquant la l&#233;gitimit&#233; de leurs pr&#233;tentions ind&#233;pendantistes s'appuient sur un pr&#233;tendu droit du peuple qu&#233;b&#233;cois &#224; l'autod&#233;termination en vertu du droit international. Or tous les juristes qui font autorit&#233; nient l'existence d'un tel droit &#224; l'ind&#233;pendance pour le peuple qu&#233;b&#233;cois ou les peuples autochtones, pour qui l'autod&#233;termination signifie seulement l'autonomie interne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon le droit international actuel, le droit d'autod&#233;termination des peuples ne signifie le droit &#224; l'ind&#233;pendance que pour les peuples colonis&#233;s par les puissances imp&#233;riales ou opprim&#233;s par l'&#201;tat dont ils font partie et dans lequel ils constituent des minorit&#233;s nationales priv&#233;es d'une autonomie raisonnable. Or, les Qu&#233;b&#233;cois ne forment pas un peuple colonis&#233; ou opprim&#233; par le Canada, m&#234;me si celui-ci s'est rendu coupable de nombreuses injustices envers les Canadiens fran&#231;ais du Qu&#233;bec et des autres provinces.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le droit du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance proc&#232;de uniquement du droit constitutionnel canadien qui reconnait &#224; tout province canadienne le droit de faire s&#233;cession, de se s&#233;parer du Canada pour devenir un &#201;tat ind&#233;pendant, si telle est la volont&#233; claire d'une majorit&#233; claire de ses citoyens, exprim&#233;e par un r&#233;f&#233;rendum suivi de n&#233;gociations de bonne foi pr&#233;alablement &#224; l'entr&#233;e en vigueur de la s&#233;cession et &#224; une d&#233;claration d'ind&#233;pendance. Ainsi en a jug&#233; la Cour supr&#234;me du Canada dans son Avis du 20 ao&#251;t 1998 sur le droit de s&#233;cession du Qu&#233;bec et dont le gouvernement et l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec ont reconnu &#171; l'importance politique &#187; dans la Loi du 30 mai 2000 sur l'existence des droits fondamentaux et des pr&#233;rogatives du peuple qu&#233;b&#233;cois et de l'&#201;tat du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;trangement, l'anthropologue Claude Bariteau nie l'existence d'un droit constitutionnel de s&#233;cession, seul le droit des peuples &#224; l'autod&#233;termination fonderait le projet de souverainet&#233; du Qu&#233;bec (Pour sortir de l'impasse r&#233;f&#233;rendaire, Montr&#233;al, Les Intouchables, 2005, p.171). Pourtant, il constate, &#224; la page 182, que &#171; le Canada est un des rares pays &#224; reconna&#238;tre une s&#233;cession et &#224; s'&#234;tre dot&#233; d'un m&#233;canisme &#224; cette effet &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il me para&#238;t bien inutile de rechercher notre voie vers l'ind&#233;pendance en fouillant l'histoire d'anciennes r&#233;publiques sovi&#233;tiques comme l'Ouzb&#233;kistan, le Kirghizstan ou la Lituanie, ou celle des anciennes provinces yougoslaves, ou encore d'envier le processus consensuel si simple qui s&#233;para la Tch&#233;quie et la Slovaquie. Heureusement le droit constitutionnel canadien, tel qu'interpr&#233;t&#233; par la Cour supr&#234;me du Canada en 1998, nous &#233;vite tous ces tourments : notre voie est toute trac&#233;e et balis&#233;e. Arr&#234;tons de bouder notre bonheur et mettons nous r&#233;solument &#224; la t&#226;che de r&#233;ussir notre voyage vers l'ind&#233;pendance en suivant l'itin&#233;raire indiqu&#233;, et sans br&#251;ler les &#233;tapes !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il nous faut par cons&#233;quent et malheureusement conclure que le congr&#232;s que le PQ a tenu en juin 2005 s'est tromp&#233; en adoptant la section 1.2.5 du programme qui engage le PQ &#224; &#171; d&#233;clarer la souverainet&#233; du Qu&#233;bec et &#224; donner des effets imm&#233;diats &#224; celle-ci en posant [...] une s&#233;rie de gestes de souverainet&#233; nationale au lendemain du r&#233;f&#233;rendum &#187;. Comme le prochain congr&#232;s national ne doit avoir lieu qu'en 2009 en vertu des nouveaux statuts, il faudrait convoquer le plus t&#244;t possible un congr&#232;s sp&#233;cial ou faire adopter les modifications n&#233;cessaires par un vote postal de tous les membres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'ultime sophisme : la normalit&#233; nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les nations normales sont souveraines. Or, le Qu&#233;bec est une nation. Donc le Qu&#233;bec devrait normalement &#234;tre un &#201;tat souverain &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est normal ce qui est conforme au type le plus fr&#233;quent, &#224; la majorit&#233; des cas, &#224; &#171; ce qui doit &#234;tre &#187;, &#224; ce qu'est l'&#233;tat habituel des choses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le monde, il y a plus de nations qui cohabitent dans un m&#234;me &#201;tat qu'il n'y a de nations souveraines, il y a plus d'&#201;tats plurinationaux que d'&#201;tats constitu&#233;s d'une seule nation. L'&#201;tat-nation n'est pas plus la norme que ne l'est l'&#201;tat multinational. Ni l'un ni l'autre n'est anormal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nation se d&#233;finit comme un &#171; groupe humain, g&#233;n&#233;ralement assez vaste, qui se caract&#233;rise par la conscience de son unit&#233; et la volont&#233; de vivre en commun &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Grand Robert&lt;/i&gt;). La nation est une communaut&#233; d'individus r&#233;unis par un m&#234;me sentiment d'appartenance et un vouloir-vivre-ensemble, des individus qui ont la conscience de former un tel groupe et la volont&#233; politique de le perp&#233;tuer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est incontestable que les Franco-Qu&#233;b&#233;cois forment une nation. Mais on ne peut en dire autant de l'ensemble des Qu&#233;b&#233;cois qui forment manifestement une soci&#233;t&#233; plurinationale, c'est-&#224;-dire compos&#233;e d'un groupe national majoritaire, d'un groupe national minoritaire, les Anglo-Qu&#233;b&#233;cois (ou les Anglo-Canadiens-Qu&#233;b&#233;cois) et d'un ensemble de nations autochtones (les Qu&#233;b&#233;cois issus d'une immigration r&#233;cente ne forment pas autant de nations distinctes mais des communaut&#233;s culturelles appel&#233;es &#224; s'int&#233;grer &#224; l'une ou l'autre des nations francophone ou anglophone).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nation civique qu&#233;b&#233;coise qui rassemblerait les diverses entit&#233;s nationales du Qu&#233;bec n'existe pas encore, si ce n'est comme projet. Ce n'est pas servir ce projet que de pr&#233;tendre faussement qu'il est d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;. En r&#233;alit&#233;, c'est fondamentalement pour que ce r&#234;ve devienne r&#233;alit&#233; qu'une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois souhaitent que le pays-Qu&#233;bec-province devienne un pays souverain, ind&#233;pendant. Car le nationalisme (nation-building) canadien fait obstacle au nation-building qu&#233;b&#233;cois, comme d'ailleurs notre propre inconscience nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il peut &#234;tre souhaitable pour une nation de se constituer en un &#201;tat homog&#232;ne, unitaire, plut&#244;t que de faire partie d'un ensemble multinational, une union de diverses nations formant un m&#234;me &#201;tat (unitaire ou f&#233;d&#233;ratif). L'opportunit&#233; d'un tel choix d&#233;pend de facteurs multiples (historiques, linguistiques, culturels, &#233;conomiques, politiques, propres &#224; chaque nation).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il est fr&#233;quent que des nations aient choisi de se constituer en &#201;tats souverains plut&#244;t que de s'associer &#224; d'autres dans la conduite de leurs affaires - justement dans l'espoir de ma&#238;triser davantage les conditions de leur existence nationale et de leur avenir collectif, pour le meilleur et pour le pire - il est courant que des nations n'aient pas voulu ou n'aient pas pu se constituer chacune en &#201;tat souverain, parce qu'elles n'en avaient pas la force requise, ou le courage, ou simplement le d&#233;sir, pr&#233;f&#233;rant affronter le monde en union avec d'autres nations plut&#244;t que seules.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les unes sont-elles pour autant normales et les autres, anormales ? Je ne crois pas qu'on puisse le pr&#233;tendre. L'argument de la normalit&#233; est un sophisme d&#233;magogique qu'il faut chasser du d&#233;bat d&#233;mocratique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'ultime divertissement : sauver le monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'enfer est pav&#233; de bonnes intentions, c'est peut-&#234;tre le sort qui attend nos altermondialistes qui, trop souvent, fuient les pr&#233;occupations de leur propre soci&#233;t&#233; : incapables d'affronter les probl&#232;mes concrets de la politique locale, ils pr&#233;tendent pouvoir solutionner les probl&#232;mes des autres en Afrique, en Am&#233;rique du Sud, au Moyen-Orient ou en Asie et qui sont d'ailleurs le plus souvent insolubles, du moins maintenant et par nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bard&#233;s de leurs g&#233;n&#233;reuses intentions, nos altermondialistes veulent changer le monde et pensent pouvoir y arriver par l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, qui pourrait alors, lib&#233;r&#233; de la servitude canadienne, se refaire une beaut&#233; et un avenir gr&#226;ce &#224; l'appui qu'il pourrait obtenir du Costa Rica ou du Chili, voire du Mexique, de Cuba ou du Br&#233;sil. D'aucuns pensent m&#234;me &#224; l'Argentine comme soutien additionnel qui nous permettrait de nous extirper des griffes am&#233;ricaines et canadiennes. Car les trait&#233;s de libre-&#233;change, avec leur pernicieux chapitre onze, menacent notre culture et notre agriculture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malheureusement, ces visionnaires sont compl&#232;tement d&#233;connect&#233;s de la r&#233;alit&#233;. Attac-Qu&#233;bec ferait mieux de s'essayer &#224; un peu de realpolitik et de s'&#233;veiller &#224; la r&#233;alit&#233; que notre voisin et meilleur client du Sud, les &#201;tats-Unis imp&#233;riaux, ne sont pas encore pr&#234;ts &#224; c&#233;der &#224; notre bienfaisante sollicitude. Le Qu&#233;bec n'est et ne serait que la queue qui essaye de secouer le chien, lequel pourrait bien le mordre dans un moment d'impatience.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est quoi l'affaire ? Alors qu'un Qu&#233;bec souverain pourrait &#233;prouver quelques difficult&#233;s &#224; ren&#233;gocier son appartenance &#224; l'ALENA et qu'on devrait commencer de s'en inqui&#233;ter, certains de nos intellectuels pr&#233;tendent au contraire que le libre-&#233;change est nocif et qu'on devrait, non pas tenter de se maintenir dans l'alliance nord-am&#233;ricaine, mais plut&#244;t claquer la porte et faire un pied de nez, tant aux USA qu'au Canada !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'on me comprenne bien. Je ne dis pas qu'on a tort de se pr&#233;occuper du vaste monde et du sort de la plan&#232;te, bien au contraire. Mais le sort du monde commence chez nous, chez chacun, dans tous les villages, dans toutes les villes, dans chaque pays. Le citoyen du monde doit d'abord &#234;tre citoyen dans son coin du monde. L'un ne doit pas emp&#234;cher l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si beaucoup de jeunes ne s'int&#233;ressent plus &#224; la politique dans leur pays et se passionnent plut&#244;t pour la politique mondiale, c'est peut-&#234;tre qu'ils en ont marre d'un certain discours nombriliste, qu&#233;b&#233;cois ou canadien, un discours qui semble se complaire &#224; tourner en rond et qui n'a pas su proposer un projet de soci&#233;t&#233;, un projet d'avenir apte &#224; int&#233;resser, &#224; enthousiasmer les jeunes. N'est-ce pas le constat qu'ont fait nos trois valeureux &#171; mousquetaires &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils &#233;taient &#224; Porto Alegre, ils &#233;taient &#224; Mumbai, comme leurs p&#232;res ou leurs m&#232;res sont all&#233;s au Rwanda, en Ha&#239;ti, en Chine, convertir le monde, comme nos anc&#234;tres s'&#233;taient donn&#233; la mission d'apporter la civilisation et la foi aux am&#233;rindiens et d'&#233;tendre dangereusement les fronti&#232;res de la Nouvelle-France aux confins du continent. Magnifique et pusillanime esprit missionnaire, notre esprit de conqu&#234;te &#224; nous : nous sauver en sauvant le monde, faire l'ind&#233;pendance pour apporter notre contribution au &#171; concert des nations &#187;... L'altermondialisme pourrait bien &#234;tre pour beaucoup une fuite en avant, un acte manqu&#233;, une sublimation de leur sentiment de culpabilit&#233; et d'&#233;chec, voire un divertissement ! M&#234;me s'il demeure que les voyages forment la jeunesse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais enfin n'avons-nous pas nos propres pauvres, nos propres noirs, nos propres autochtones, nos propres Chinois, Ha&#239;tiens, Ivoiriens et autres Arabes ou intouchables ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'avons-nous pas un pays &#224; b&#226;tir, comme nous y invitait Vigneault il y a bien cinquante ann&#233;es, avant que de courir au secours du monde, m&#234;me si bien s&#251;r nous sommes tous solidaires ? Notre contribution &#224; l'universel ne commence-t-elle pas par l'&#233;dification de notre propre maison sur des bases solides, justes, par le d&#233;veloppement d'une soci&#233;t&#233; accueillante et fraternelle, par la construction consensuelle d'une nation inclusive de toutes ses citoyennes, de tous ses citoyens et de toutes ses communaut&#233;s ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s une victoire r&#233;f&#233;rendaire et une n&#233;gociation de bonne foi, de part et d'autre, sur les modalit&#233;s de la s&#233;cession et de la transmission des pouvoirs, dans un d&#233;lai raisonnable (disons un an), le nouvel &#201;tat souverain du Qu&#233;bec na&#238;trait avec l'accord du Canada et la reconnaissance de la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La mauvaise foi du Canada ou du Qu&#233;bec serait normalement sanctionn&#233;e par la communaut&#233; internationale, celle du Canada rendant l&#233;gitime une DUI et la reconnaissance graduelle du nouvel &#201;tat par la communaut&#233; internationale, facilit&#233;e d'ailleurs par l'Avis que la Cour supr&#234;me du Canada a rendu &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224;, comme l'a dit Louis Bernard, comment on peut faire &#171; correctement &#187; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bref, le Qu&#233;bec deviendra ind&#233;pendant lorsque telle sera la volont&#233; clairement exprim&#233;e d'une majorit&#233; suffisante de Qu&#233;b&#233;cois. Et les ind&#233;pendantistes feraient mieux de s'employer &#224; construire cette majorit&#233;, d'abord en inspirant la n&#233;cessaire confiance &#224; leurs concitoyens, plut&#244;t que de s'&#233;vertuer &#224; passer outre par quelque voie d&#233;tourn&#233;e et de se chamailler entre eux pour savoir qui a trouv&#233; la meilleure astuce. Que d'&#233;nergie ne perdons-nous pas en chim&#232;res, folles illusions, fausses pistes et fantasmagoriques &#233;ch&#233;anciers !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La seule fa&#231;on de faire avancer le projet souverainiste c'est de convaincre. M&#234;me Claude Bariteau le reconnait dans l'ouvrage d&#233;j&#224; cit&#233; (p.169) : &#171; Dans tous les cas de s&#233;cessions, les promoteurs du pays doivent [...] relever un double d&#233;fi. Le cas du Qu&#233;bec n'y &#233;chappe pas. Ce double d&#233;fi consiste &#224; obtenir un soutien solide du peuple qu&#233;b&#233;cois et &#224; convaincre le Canada de n&#233;gocier un accord de s&#233;cession &#224; d&#233;faut duquel les promoteurs devront s'en remettre aux &#201;tats tiers pour faire reconna&#238;tre le Qu&#233;bec comme &#201;tat souverain &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour convaincre, les souverainistes se doivent d'&#234;tre vrais, coh&#233;rents, r&#233;alistes. Ils doivent faire aimer la perspective d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant, &#234;tre eux-m&#234;mes &#171; aimables &#187;. Cesser de faire peur en jouant les matamores purs et durs. Car ce qui fait peur aux gens, ce n'est pas tant l'ind&#233;pendance, que les exc&#232;s des ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin n'oublions jamais qu'il n'y a pas de strat&#233;gie valable pour l'accession du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance qui ne tienne compte de sa forte d&#233;pendance &#233;conomique envers les &#201;tats-Unis et le Canada, et que nous devrons compter sur leur bonne volont&#233; et leurs bonnes dispositions pour maintenir notre appartenance &#224; l'ALENA. Cela exigera de nous une bonne dose de modestie et de diplomatie, dans laquelle les fanfaronnades ne devraient avoir aucune place.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le cheminement vers l'ind&#233;pendance ne doit pas &#234;tre parcouru comme une course d'obstacles, un sprint final, une comp&#233;tition gagn&#233;e &#224; l'arrach&#233; ou par un nez. Il ne s'agit pas d'une &#233;preuve olympique mais d'une marche, d'une longue marche &#224; la Mao ou &#224; la Fran&#231;oise David, celle du pain et des fleurs, d'une longue marche &#224; travers le temps et nos espaces diversifi&#233;s g&#233;ographiquement et culturellement, une longue marche qui n'est pas une errance mais qui suit avec constance et d&#233;termination un itin&#233;raire judicieusement choisi et rigoureusement respect&#233; tout en tenant compte des accidents de parcours, des contingences, des conjonctures, une marche progressant d'&#233;tapes en &#233;tapes r&#233;alistes et n&#233;anmoins historiques, un long cheminement des peuples qu&#233;b&#233;cois vers l'unit&#233;, la coh&#233;sion, la solidarit&#233;, bref vers une patrie commune et aim&#233;e parce que juste envers tous et chacun, vers une nation accueillante pour tout le monde et ouverte sur tout le monde, un Qu&#233;bec solidement et patiemment &#233;difi&#233;, pierre par pierre, mais sans d&#233;mesure d&#233;raisonnable d&#233;fiant les dieux et la r&#233;alit&#233;, en somme un Qu&#233;bec-Babel construit et achev&#233; dans l'harmonie et un vouloir-vivre-ensemble fond&#233; sur la reconnaissance des droits individuels et collectifs des citoyennes et des citoyens de cet &#201;tat de droit reconnaissant et reconnu, fondement m&#234;me de la maison commune o&#249; il fera bon vivre le plus librement, le plus fraternellement et le plus justement possible. Car l'avenir nous appartient si nous d&#233;cidons enfin d'assumer nos responsabilit&#233;s collectives, d'accomplir nos devoirs de citoyennes et de citoyens lucides et solidaires, &#224; la fois avec r&#233;alisme, ferveur et pers&#233;v&#233;rance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marc Bri&#232;re, essayiste
31 mars 2006&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ont contresign&#233; ce texte :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>




</channel>

</rss>
