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	<title>Vigile.net - Bernard Gagnon</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Charles Taylor, le congr&#232;s eucharistique et le crucifix</title>
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		<dc:creator>Bernard Gagnon - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>L'id&#233;e de la la&#239;cit&#233; ouverte permet &#224; chacun de jouir pleinement de sa libert&#233; religieuse &#8212; &#224; laquelle s'ajoutent des droits individuels et des consid&#233;rations sur l'allocation de ressources pour garantir cette libert&#233; &#8212;, mais l'&#201;tat, lui, ne peut porter ni le (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; toutes les deux semaines depuis plus de deux ans, Le Devoir demande &#224; un professeur de philosophie, mais aussi &#224; d'autres auteurs passionn&#233;s d'id&#233;es, d'histoire des id&#233;es, de relever le d&#233;fi de d&#233;crypter une question d'actualit&#233; &#224; partir des th&#232;ses d'un penseur. Le texte du professeur Bernard Gagnon cl&#244;t notre s&#233;rie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour plusieurs, la tenue &#224; Qu&#233;bec du Congr&#232;s eucharistique international provoque l'indiff&#233;rence, au mieux la curiosit&#233;. Qui sont ces ap&#244;tres des temps modernes pr&#234;ts &#224; parcourir des milliers de kilom&#232;tres pour acclamer leur foi ? Renouveau &#233;vang&#233;lique, grande foire religieuse, communion des croyants ou &#171; contre-attaque du Vatican &#187;, comme le titrait Le Devoir la semaine derni&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le Qu&#233;bec d'aujourd'hui, la&#239;que ( ?) et pluriel ( ?), la religion a-t-elle encore quelque chose &#224; nous dire ? Avec ses dogmes, ses messes, ses rituels, etc., l'&#201;glise n'est-elle pas hors des temps pr&#233;sents ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Charles Taylor n'est pas seulement le copr&#233;sident de la commission qui porte son nom, il est aussi philosophe, croyant et catholique. La place de la religion dans l'espace public et le sens de l'exp&#233;rience religieuse aujourd'hui ont &#233;t&#233; au coeur de ses derniers ouvrages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une modernit&#233; catholique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La religion comme objet d'investigation philosophique est une consid&#233;ration assez r&#233;cente si l'on consid&#232;re l'ensemble de l'oeuvre de Charles Taylor. Elle est arriv&#233;e comme une r&#233;ponse aux critiques que lui adressaient ses pairs concernant les &#171; relents religieux &#187; de certains traits de sa pens&#233;e. Le philosophe allemand J&#252;rgen Habermas utilisa l'expression de &#171; scepticisme catholique &#187; pour d&#233;crire l'adh&#233;sion critique du philosophe qu&#233;b&#233;cois &#224; l'esprit des Lumi&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusqu'au milieu des ann&#233;es 1990, Charles Taylor porte peu d'attention &#224; ces critiques et &#233;crit que l'on peut comprendre sa philosophie ind&#233;pendamment de toute consid&#233;ration religieuse. Il y est bien question de la place de la transcendance et de la spiritualit&#233; dans la formation de l'identit&#233; moderne, mais celles-ci ne sont pas l'exclusivit&#233; de la religion ; l'art, la litt&#233;rature, la philosophie constituent autant de mani&#232;res de s'ouvrir &#224; une r&#233;alit&#233; au-del&#224; du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;hic et nunc&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Taylor affirme, alors, que la foi est pour lui une conviction intime et personnelle, une ouverture particuli&#232;re sur le monde port&#233;e par l'amour infini, une conviction profonde qu'il ne croit pas pouvoir conserver dans une perspective non th&#233;iste. Entre l'humaniste ath&#233;e et son humanisme spirituel, la diff&#233;rence est de degr&#233;, tous deux partagent des valeurs communes, selon leurs propres perspectives.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1999, dans un livre au titre &#233;vocateur, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A Catholic Modernity ?&lt;/i&gt;, le philosophe fait de la religion un objet d'investigation philosophique. Il se livre, d'une part, &#224; une critique des perspectives immanentes de l'humanisme moderne, c'est-&#224;-dire l'id&#233;e selon laquelle notre monde est autosuffisant en mati&#232;re d'esp&#233;rance et d'horizon moral. Selon le philosophe, il s'agit l&#224; d'une vision erron&#233;e qui, &#224; terme, pourrait bien conduire &#224; la d&#233;ch&#233;ance de la modernit&#233; elle-m&#234;me. D'autre part, il soutient l'id&#233;e selon laquelle la religion, la croyance en un monde au-del&#224; de la vie, est une r&#233;ponse valide &#224; l'&#233;troitesse ontologique de l'humanisme exclusif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que l'on ne s'y trompe pas, Charles Taylor est un d&#233;fenseur de la modernit&#233;, mais il demeure n&#233;anmoins sceptique au sujet des discours de l'humanisme exclusif. Habermas avait-il raison ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Modernit&#233; et transcendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La culture de la modernit&#233; porte ce qu'il y a de mieux en mati&#232;re d'id&#233;aux &#8212; de libert&#233;, d'&#233;galit&#233; et de solidarit&#233; &#8212;, id&#233;aux qui furent &#224; la source de luttes acharn&#233;es pour mettre fin aux injustices et &#224; la mis&#232;re humaine. Luttes qui ont conduit &#224; des progr&#232;s sans pr&#233;c&#233;dent en mati&#232;re de confort mat&#233;riel, d'&#233;galit&#233; sociale ou de reconnaissance, bien que de nombreux combats demeurent encore inachev&#233;s. Mais, selon Taylor, la vision morale d'un monde ontologiquement clos, sans transcendance, n'est pas &#224; la hauteur des valeurs, des luttes et des sacrifices que la civilisation moderne exige de nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous devons constamment pr&#233;server la culture moderne contre elle-m&#234;me en luttant contre ses travers tendanciels &#8212; son mat&#233;rialisme, l'esprit d&#233;sengag&#233;, la raison instrumentale. C'est la cons&#233;quence de l'h&#233;ritage complexe et exigeant de la modernit&#233; : d'une part, un humanisme puissant, affirmant l'importance de pr&#233;server et d'am&#233;liorer la vie, d'&#233;viter la mort et la souffrance et, d'autre part, un d&#233;ni de la transcendance et une lecture erron&#233;e de l'histoire qui associe l'&#233;mergence de l'humanisme &#224; cette &#233;clipse de la transcendance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un monde ontologiquement clos est, selon Charles Taylor, une option dangereuse, source de d&#233;sillusion par rapport aux promesses et aux exigences de la modernit&#233; : &#171; la primaut&#233; m&#233;taphysique de la vie [perspective de l'immanence] embrass&#233;e par l'humanisme exclusif est fausse, et &#233;touffante, et le prolongement de sa supr&#233;matie [vis-&#224;-vis de la transcendance] met en danger la primaut&#233; pratique de la vie &#187;. Notre &#233;poque souffre d'une perte de sens qui la met en danger, un doute &#171; ontique &#187; s'ins&#232;re dans le malaise moderne, &#233;crit Charles Taylor dans son dernier ouvrage, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A Secular Age&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon le philosophe, la modernit&#233; n'&#233;clipse pas l'exp&#233;rience de la transcendance. Lorsqu'elle ne se referme pas sur elle-m&#234;me, tel le mat&#233;rialisme dogmatique, la modernit&#233; ouvre une pluralit&#233; d'options ontologiques, puisque &#171; cet ordre, de lui-m&#234;me, laisse ouvert l'enjeu de savoir si, aux fins de l'explication finale, de la transformation spirituelle ou &#224; celles de donner un sens ultime, nous devons invoquer quelque chose de transcendant &#187;. Il s'agit l&#224; d'une avanc&#233;e morale et politique importante, qui ne signifie pas le refoulement de l'inspiration morale et spirituelle, mais au contraire l'interpelle. &#171; Comment quiconque peut-il rendre compte de la force sp&#233;cifique de l'agent cr&#233;ateur, des exigences &#233;thiques ou de la puissance de l'exp&#233;rience esth&#233;tique sans parler d'un quelconque &#234;tre transcendant, ou force transcendante, qui nous interpelle ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Traditionaliste ou r&#233;formateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'en est-il de la religion ? D'apr&#232;s Taylor, l'histoire de la modernit&#233; n'est pas le r&#233;cit du d&#233;clin du religieux, c'est le r&#233;cit d'une nouvelle disposition du sacr&#233; et du spirituel en relation &#224; la vie individuelle et sociale. L'&#201;glise doit maintenant apprendre &#224; vivre avec la diff&#233;rence et renoncer aux r&#233;ponses dogmatiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le contexte de la modernit&#233;, la croyance en Dieu est une articulation (parmi d'autres) de cet appel de l'au-del&#224; qui repose, en derni&#232;re instance, sur un acte de foi. La transcendance conduit au-del&#224; de la vie humaine et maintient l'id&#233;e d'une transformation ultime de l'homme ; un lien &#224; la transcendance qui permet &#224; l'homme de surmonter les insuffisances m&#233;taphysiques de l'humanisme devant la mort, la souffrance et la violence qui sont le lot de notre monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La question se pose de savoir si une vision humaniste, du fait qu'elle est tiss&#233;e &#224; m&#234;me une image de la grandeur &#224; laquelle peuvent pr&#233;tendre les &#234;tres humains, ne nous incite pas &#224; n&#233;gliger les perdants, les escrocs, les incomp&#233;tents, les mourants, les marginaux ; en bref, ceux qui contredisent sa promesse. Peut-&#234;tre que seul Dieu &#8212; et dans une certaine mesure ceux qui volontairement se joignent &#224; Dieu &#8212; est en mesure d'aimer les &#234;tres humains quand ils sont v&#233;ritablement abjects. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la question &#171; est-ce que cela nous conduit au-del&#224; du champ humain ? &#187; demeure largement ouverte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la religion est essentielle &#224; la modernit&#233;, selon Taylor, la modernit&#233; n'a pas termin&#233; de fa&#231;onner la religion. Selon lui, il ne faut pas sous-estimer les effets b&#233;n&#233;fiques de la modernit&#233; &#224; l'endroit de la religion, qui ont permis de d&#233;gager la spiritualit&#233; d'un sens obsessionnel de la d&#233;pravation humaine (le p&#233;ch&#233; originel) et de prendre des distances par rapport &#224; la conception juridico-p&#233;nale de l'expiation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le d&#233;bat entre traditionalistes et r&#233;formateurs au sein de l'&#201;glise catholique, les positions du philosophe le situent r&#233;solument parmi les seconds.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il porte un regard s&#233;v&#232;re sur les dogmes religieux qui ont r&#233;duit la spiritualit&#233; &#224; des diktats moraux : la r&#233;pression des pulsions corporelles dans le christianisme, le moralisme et la discipline. &#171; Le lieu de la vie sacr&#233;e en est venu &#224; &#234;tre compris de mani&#232;re r&#233;ductrice comme un appel &#224; se centrer sur la moralit&#233;, et la moralit&#233;, en retour, comme une affaire de conduite. La religion est limit&#233;e au moralisme. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour sortir de ce r&#233;ductionnisme, il faut poursuivre la voie trac&#233;e par la modernit&#233; qui, apr&#232;s avoir permis la sortie du religieux de la soci&#233;t&#233;, doit sortir la religion du puritanisme. Selon Taylor, il faut recr&#233;er les liens entre la sensualit&#233; et la spiritualit&#233;, en tant que fen&#234;tre sur la transcendance. &#171; Un fruit &#233;vident de ce d&#233;sir de r&#233;habiliter l'ordinaire, le corporel dans la culture moderne, fut l'affirmation de la bont&#233; essentielle, de l'innocence de notre aspiration spontan&#233;e originelle. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La religion dans l'espace public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais d&#233;placer le crucifix de l'Assembl&#233;e nationale, comme le sugg&#232;re le rapport Bouchard-Taylor, n'est-ce pas aller &#224; contre-courant de ce &#171; catholicisme moderne &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; suivre Charles Taylor, les &#171; Canadiens fran&#231;ais &#187; gagneraient &#224; repenser le lien &#224; leur h&#233;ritage religieux ; la religion est, pour lui, un facteur identitaire tout aussi marquant que la langue ou la culture. Cela serait peut-&#234;tre aussi le lieu d'une actualisation de notre modernit&#233; avec ses racines les plus profondes, tout en poursuivant cette ouverture vers la diff&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais dans un contexte de pluralit&#233; profonde, dans lequel chacun est appel&#233; &#224; reconna&#238;tre la diversit&#233; des croyances, la politique devient le lieu de l'all&#233;geance commune et citoyenne &#224; l'&#201;tat, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de sa neutralit&#233; en mati&#232;re de croyance. Nous devons poursuivre et affirmer la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat entreprise avec la R&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;e de la la&#239;cit&#233; ouverte permet &#224; chacun de jouir pleinement de sa libert&#233; religieuse &#8212; &#224; laquelle s'ajoutent des droits individuels et des consid&#233;rations sur l'allocation de ressources pour garantir cette libert&#233; &#8212;, mais l'&#201;tat, lui, ne peut porter ni le crucifix, ni le voile, ni la kippa, ni m&#234;me se faire le d&#233;fenseur d'une la&#239;cit&#233; int&#233;grale ; il n'a pas droit &#224; un accommodement raisonnable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Y a-t-il alors encore un sens &#224; se dire chr&#233;tien et catholique ? Pour Taylor, la r&#233;ponse est affirmative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour un chr&#233;tien, la transcendance signifie la transformation de l'homme en quelque chose de plus que la vie. L'homme pleinement conscient de lui-m&#234;me et en qu&#234;te de pl&#233;nitude ne peut ignorer, sans renoncer en retour &#224; sa propre humanit&#233;, la demande qui lui est faite de rechercher le sens de la vie au-del&#224; de celle-ci.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si j'ai raison en affirmant que notre sens de la pl&#233;nitude est le reflet de la r&#233;alit&#233; transcendante (qui est pour moi le Dieu d'Abraham) et que toute personne a un sens de la pl&#233;nitude, alors il n'y a pas de point z&#233;ro absolu. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cette voie, la raison seule n'est pas bon guide. La contemplation para&#238;t elle aussi trop d&#233;sincarn&#233;e et d&#233;sengag&#233;e aux yeux du philosophe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le message chr&#233;tien, c'est celui de trouver en soi cette pr&#233;sence d'un au-del&#224;, en tant que source d'esp&#233;rance et appel &#224; la transformation de soi et du monde. &#171; Non seulement l'harmonie entre le corps et l'esprit, les d&#233;sirs corporels et nos aspirations sup&#233;rieures, mais aussi l'harmonie entre tous les &#234;tres humains ainsi harmonis&#233;s, laquelle est &#224; l'origine de notre attachement &#224; l'&#233;thique des droits universels et du bien-&#234;tre. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La force du message de J&#233;sus, d'apr&#232;s Charles Taylor, est celle d'avoir traduit ce message comme un acte adress&#233; &#224; autrui, c'est-&#224;-dire que notre propre transformation s'exprime comme un don pour l'autre et comme un appel &#224; la communion entre tous les hommes au-del&#224; des fronti&#232;res politiques et religieuses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant au catholicisme et &#224; ses dogmes, sa hi&#233;rarchie, ses codes, etc., le discours de Charles Taylor sonne comme une critique s&#233;v&#232;re, et pourtant il n'y renonce pas. C'est qu'au-del&#224; des convictions personnelles, il demeure convaincu que, loin d'&#234;tre un oxymoron, catholicisme et modernit&#233; peuvent poursuivre le chemin emprunt&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, loin de chercher &#224; clore le d&#233;bat sur les finalit&#233;s ontologiques de nos existences, le &#171; catholicisme &#187; de Charles Taylor milite en faveur d'une ouverture tous azimuts de la question, au sein d'une soci&#233;t&#233; lib&#233;rale et la&#239;que qui permet l'expression des divergences dans le respect de la dignit&#233; et des droits d'autrui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bernard Gagnon, Professeur &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Rimouski.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous avez des suggestions, un commentaire ? &#201;crivez &#224; Antoine Robitaille : arobitaille@ledevoir.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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