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	<title>Vigile.net - Jean-Pierre Durand</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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	<item>
		<title>Vaincrons-nous un jour ?</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Moi, je crois plut&#244;t que &#171; nous vaincrons, car nous n'avons tout simplement pas le droit de perdre ! &#187; (Manifeste du R&#233;seau de r&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois). L'ami Falardeau vient de nous quitter il y a quelques heures. M&#234;me dans la tourmente, il n'a jamais abdiqu&#233;. Voil&#224; qui (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La revue &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Relations&lt;/i&gt; vient de s'adjoindre comme chroniqueur le cin&#233;aste Bernard &#201;mond. Il s'agit l&#224; d'un apport heureux &#224; la liste de leurs collaborateurs. Le premier papier du talentueux r&#233;alisateur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Neuvaine&lt;/i&gt; tire un constat morose, pour ne pas dire d&#233;primant, de la situation politique qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; enflamm&#233; dans sa jeunesse par les mots &#171; Nous vaincrons ! &#187;, &#201;mond en vient &#224; la conclusion &#171; que nous ne vaincrons pas &#187;, que le sort en est comme qui dirait jet&#233;. Il ne lui vient pas &#224; l'id&#233;e de se demander ce qu'il est advenu de ses r&#234;ves, puisqu'il se sent accul&#233; &#224; la d&#233;faite. D'aucuns s'en retourneraient sur leurs terres, la queue entre les jambes, mais &#201;mond, contre toute attente, conserve n&#233;anmoins un ersatz d'espoir, &#171; convaincu de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;sistance &#187;. Nous ne vaincrons pas, mais au moins nous nous battrons pour l'honneur. Ainsi, nous sauverons peut-&#234;tre les meubles et, assur&#233;ment, notre &#226;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces propos me semblent d&#233;faitistes &#224; souhait, surtout provenant d'un homme qui n'a jamais cach&#233; son engagement pour l'ind&#233;pendance et le socialisme. Mais on peut comprendre son raisonnement, quand on songe &#224; la d&#233;mission culturelle (ces chanteurs qu&#233;b&#233;cois qui chantent exclusivement en anglais), quand on pense que &#171; l'id&#233;e de transmission de l'histoire au Qu&#233;bec est une id&#233;e qui a presque disparu &#187; (comme le confiait &#201;mond dans un entretien accord&#233; &#224; Simon Galiero en janvier 2007), quand on regarde nos semblables riv&#233;s devant leurs &#233;crans &#224; plasma pour suivre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Occupation double&lt;/i&gt; ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Loft Story&lt;/i&gt;, ou encore agitant leurs petits fanions de la Sainte Flanelle comme des toxicomanes en manque d'un je-ne-sais-quoi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Affirmer d'une part que nous ne vaincrons pas, et, d'autre part, sugg&#233;rer qu'il faut &#224; tout le moins se battre pour l'honneur m'appara&#238;t un brin antinomique, mais &#201;mond semble confortable avec l'id&#233;e. D'ailleurs, toujours dans l'entretien de 2007, il confiait partager la vue de George Orwell qui disait : &#171; il faut &#234;tre sans espoir, mais opini&#226;tre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne suis pas du tout de ce c&#244;t&#233;-l&#224; des choses, mais je peux n&#233;anmoins m'en accommoder tant et aussi longtemps qu'&#201;mond ne d&#233;missionne pas, ne jette pas l'&#233;ponge. Nous traversons de fait une p&#233;riode difficile, alors que le ciel semble nous &#234;tre tomb&#233; sur la t&#234;te. Nous partons de loin, parce que nous n'avons pas su nous relever au lendemain du r&#233;f&#233;rendum de 1995 (qui nous a pourtant &#233;t&#233; vol&#233;), parce que les m&#233;dias et les f&#233;d&#233;ralistes (qui sont souvent les m&#234;mes) ne nous font pas de quartier non plus et que, bonnasses, nous ne leur rendons pas la monnaie de leur pi&#232;ce. Mais tout cela peut changer. Il n'en d&#233;pend que de nous. Regardez comment il a fallu relativement peu de &#171; guerriers &#187; pour faire annuler la reconstitution festive de la bataille des Plaines, comment l'&#233;v&#233;nement du Moulin &#224; Paroles, d'abord vou&#233; aux g&#233;monies par les m&#233;dias comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la Presse&lt;/i&gt; et les radios-poubelles, a obtenu un &#233;clatant succ&#232;s. Regardez les marches pour l'ind&#233;pendance qui reprennent de plus belle. Et pensez-vous que la visite royale pr&#233;vue pour novembre sera un franc succ&#232;s si elle ose fouler le territoire qu&#233;b&#233;cois !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bernard &#201;mond ne croit pet-&#234;tre plus pour l'instant que nous vaincrons, soit, mais il ne d&#233;missionne pas pour autant, &#171; convaincu de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;sistance &#187;. Moi, je crois plut&#244;t que &#171; nous vaincrons, car nous n'avons tout simplement pas le droit de perdre ! &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Manifeste du R&#233;seau de r&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt;). L'ami Falardeau vient de nous quitter il y a quelques heures. M&#234;me dans la tourmente, il n'a jamais abdiqu&#233;. Voil&#224; qui nous fournit une raison suppl&#233;mentaire pour nous battre et, finalement, vaincre... car nous n'avons tout simplement pas le droit de perdre !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Quelqu'un pour remplacer ma femme ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Quelqu-un-pour-remplacer-ma-femme,20205</link>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Samedi qui vient, pas samedi qui suit, le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais tient son Grand rassemblement annuel. Cela se tiendra donc le 6 juin &#224; 13h30 au parc des Faubourgs, angle Ontario et De Lorimier (m&#233;tro Papineau). Et, pour l'amour du fran&#231;ais, IL FAUT REMPLIR LE PARC (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_4132 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:249px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Tous-pour-une-langue-une-langue&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_5-rass_bl.jpg' width=&quot;249&quot; height=&quot;386&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Je suis en mission command&#233;e. Il est minuit, Docteur Laurin. Samedi qui vient, pas samedi qui suit, le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais tient son Grand rassemblement annuel. Cela se tiendra donc le 6 juin &#224; 13h30 au parc des Faubourgs, angle Ontario et De Lorimier (m&#233;tro Papineau). Et, pour l'amour du fran&#231;ais, IL FAUT REMPLIR LE PARC ! Pour cela, vous pouvez nous aider. Pour cela, vous devez nous aider. Mais certains voudront se faire tirer l'oreille. D'autres se laisseront d&#233;sirer et, au moment du dernier droit, feront mine d'oublier. D'autres inventeront les excuses les plus folles, les &#233;tats de sant&#233; les plus alarmants. Alors, il ne me reste que cette chronique, ou plut&#244;t cette supplique, pour vous convaincre d'y &#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous dire que le fran&#231;ais recule &#224; Montr&#233;al ne vous apprendra rien. Suffit d'avoir des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Vous dire que si Montr&#233;al perd son accent sur le &#171; E &#187;, c'est le Qu&#233;bec qui suivra, c'est comme qui dirait une v&#233;rit&#233; de La Police (mont&#233;e). Alors que Boston est anglais, que Toronto est anglais, que Winnipeg est anglais, que Philadelphie est anglais, qu'Ottawa est anglais et que Chicago est anglais, voil&#224;-t-il pas qu'un d&#233;nomm&#233; Rozon voudrait que Montr&#233;al soit bilingue&#8230; just for laughs ! Juste pour remplir ses poches qui sont sans fond. Il ne viendrait jamais &#224; l'id&#233;e du petit monsieur (cette &#233;pith&#232;te, j'y tiens) qu'on ne brade pas une ville pour une poign&#233;e de cacahu&#232;tes. La singularit&#233; fran&#231;aise de Montr&#233;al est une valeur inestimable pour qui comprend qu'un territoire de langue fran&#231;aise en Am&#233;rique du Nord est un atout pour le commerce, le tourisme et les &#233;changes de toutes sortes. Au contraire, bilinguiser pave la voie &#224; l'anglicisation lente, s&#251;re et certaine et, du coup, nous fait rentrer dans la banalit&#233; nord-am&#233;ricaine, mais pour occuper quel rang ? On n'a que faire d'une autre m&#233;gapole anglophone&#8230; et il y a d&#233;j&#224; New Orleans pour se donner une petite &#171; french touch &#187; sans cons&#233;quence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Samedi qui vient, pas samedi qui suit, il faut faire un effort pour se rendre au parc des Faubourgs, toute affaire cessante. Montr&#233;al n'est pas une ville bilingue, voil&#224; pourquoi l'on accourt au parc des Faubourgs. Au parc, citoyens ! Que vous soyez de toutes origines, de toutes couleurs comme Benetton, d&#233;fendre Montr&#233;al fran&#231;ais, c'est aussi d&#233;fendre la diversit&#233; culturelle, c'est aussi contrer l'h&#233;g&#233;monisme anglo-am&#233;ricain, faire d&#233;vier de sa voie le rouleau-compresseur de l'anglais qui nivelle. C'est un combat d'avant-garde et non d'arri&#232;re-garde, comme le pr&#233;tendent les imb&#233;ciles heureux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1635 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:243px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Speak-white,11979&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_22-lalonde-michele.jpg' width=&quot;243&quot; height=&quot;321&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Quoi faire pour &#171; faire sortir le vote &#187;, vous faire sortir de chez vous le 6 juin prochain, renoncer au confort et &#224; l'indiff&#233;rence ? Quel dieu invoquer ? Je vous chanterais bien &#171; Mummy &#187;, qu'interpr&#233;tait Pauline Julien et que reprend Genevi&#232;ve Lenoir avec autant de talent, mais je chante comme une casserole. Je vous lirais bien des textes du linguiste Claude Hag&#232;ge, du po&#232;te Gaston Miron, je vous referais cent une fois le po&#232;me Speak White de Mich&#232;le Lalonde, mais je n'ai pas de beaux cheveux blonds. Je pourrais encore vous provoquer en rameutant le po&#232;te Claude P&#233;loquin et ses c&#233;l&#232;bres vers : &#171; Vous &#234;tes pas tann&#233;s de mourir, bande de caves ? C'est assez ! &#187;, mais certains d'entre vous n'appr&#233;cieraient pas cette mani&#232;re. Alors, il faudrait que je vous en supplie, que je vous dise qu'&#224; deux pas de la Maison Ludger-Duvernay, si&#232;ge social de la SSJB de Montr&#233;al, il y a des n&#233;ons &#171; Open &#187; sur la devanture des commerces, qu'un d&#233;panneur en biais avec l'auguste soci&#233;t&#233; continue de nous accueillir qu'en anglais, quand bien m&#234;me la majorit&#233; de sa client&#232;le est fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que vous veniez samedi, il faudrait que j'aie votre num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone et que je le laisse aux dizaines de t&#233;l&#233;phonistes b&#233;n&#233;voles qui sans rel&#226;che pr&#233;sentement appellent les Montr&#233;alais &#224; la r&#233;sistance, &#224; ne pas prendre les choses &#224; la l&#233;g&#232;re, &#224; se tenir DEBOUT pour le fran&#231;ais. N'attendez pas non plus que votre parti politique vous incite &#224; y aller, car il ne le fera sans doute pas, tout simplement parce que le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais a des objectifs qui d&#233;rangent, comme le fait de pr&#244;ner un seul m&#233;ga CHU fran&#231;ais pour Montr&#233;al, qui est pourtant d'une logique &#233;l&#233;mentaire. Comme le fait de pr&#244;ner le c&#233;gep fran&#231;ais pour les immigrants et les francophones&#8230; Raison de plus alors pour vous pointer le 6 juin et envoyer un message &#224; votre parti, qui dirait, comme dans la si belle chanson de Paul Pich&#233; : Voil&#224; ce que nous voulons !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parlant de chanson, il y aura des artistes entra&#238;nants c&#244;t&#233; sc&#232;ne, avec notamment le groupe Bernadette, qui est un m&#233;lange entre Mes a&#239;eux et les Cowboys fringants, id&#233;al pour les 7 &#224; 77 ans. Car n'h&#233;sitez &#224; amener votre prog&#233;niture, c'est un rassemblement qui est aussi festif. Bien entendu, il y aura quelques discours, mais ils seront courts et percutants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains auront l'excuse de travailler, mais bon, qu'est-ce qui vous emp&#234;che de d&#233;clarer que votre grand-m&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233;e, apr&#232;s tout, votre patron aura s&#251;rement oubli&#233; la derni&#232;re fois qu'elle est morte. C&#244;t&#233; &#233;thique, qu'y a-t-il de mal &#224; ce que les d&#233;funts soient r&#233;quisitionn&#233;s de temps &#224; autre quand il s'agit d'une bonne cause ? Et ne me faites pas le coup du gazon &#224; couper&#8230; il peut attendre comme le mien. Venez en famille, avec vos voisins, apportez quelques collations, une pomme et un drapeau, vous &#234;tes libre. Le fran&#231;ais a besoin de vous et comme le dit le slogan du rassemblement : Une langue pour tous ! Tous pour une langue !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si d'ici l&#224;, vous avez cinq minutes &#224; donner, contactez d'urgence le jeune Philippe du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais, responsable de la mobilisation. On le rejoint au 514-843-8851, poste 241. Aucune aide ne sera refus&#233;e. Entre-temps, faites circuler l'information aupr&#232;s de vos amis, sur Facebook, ou autrement&#8230; il s'agit l&#224; de gestes militants d'une incalculable valeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma femme n'y sera pas, car elle se remet d'une hospitalisation&#8230; alors il faut bien que je la remplace ! Pas un centim&#232;tre du parc qui ne demeure inoccup&#233;. Vite, il me faut des volontaires. Je ne refuserai personne. Ce rassemblement doit &#234;tre G&#201;ANT, on ne peut se permettre d'oublier quelqu'un &#224; la maison. M&#234;me le bon Dieu est mis de la partie et pri&#233; de faire en sorte qu'il fasse beau. Et, pour ceux qui h&#233;siteraient encore, j'ai invent&#233; un jeu pour l'occasion. Cela s'appelle &#171; O&#249; est JPD ? &#187; &#8211; je sais, c'est vaguement inspir&#233; du jeu &#171; O&#249; est Charlie ? &#187; &#8211; cela consiste &#224; me trouver parmi la foule rassembl&#233;e au parc des Faubourgs. Qu'est-ce qu'on gagne ? Un autocollant du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais et un grand sourire ! Et que je n'en voie pas un me poser un lapin !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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Alors, il ne me reste que cette chronique, ou plut&#244;t cette supplique, pour vous convaincre d'y &#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous dire que le fran&#231;ais recule &#224; Montr&#233;al ne vous apprendra rien. Suffit d'avoir des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Vous dire que si Montr&#233;al perd son accent sur le &#171; E &#187;, c'est le Qu&#233;bec qui suivra, c'est comme qui dirait une v&#233;rit&#233; de La Police (mont&#233;e). Alors que Boston est anglais, que Toronto est anglais, que Winnipeg est anglais, que Philadelphie est anglais, qu'Ottawa est anglais et que Chicago est anglais, voil&#224;-t-il pas qu'un d&#233;nomm&#233; Rozon voudrait que Montr&#233;al soit bilingue&#8230; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;just for laughs !&lt;/i&gt; Juste pour remplir ses poches qui sont sans fond. 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Montr&#233;al n'est pas une ville bilingue, voil&#224; pourquoi l'on accourt au parc des Faubourgs. Au parc, citoyens ! Que vous soyez de toutes origines, de toutes couleurs comme Benetton, d&#233;fendre Montr&#233;al fran&#231;ais, c'est aussi d&#233;fendre la diversit&#233; culturelle, c'est aussi contrer l'h&#233;g&#233;monisme anglo-am&#233;ricain, faire d&#233;vier de sa voie le rouleau-compresseur de l'anglais qui nivelle. C'est un combat d'avant-garde et non d'arri&#232;re-garde, comme le pr&#233;tendent les imb&#233;ciles heureux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quoi faire pour &#171; faire sortir le vote &#187;, vous faire sortir de chez vous le 6 juin prochain, renoncer au confort et &#224; l'indiff&#233;rence ? Quel dieu invoquer ? Je vous chanterais bien &#171; Mummy &#187;, qu'interpr&#233;tait Pauline Julien et que reprend Genevi&#232;ve Lenoir avec autant de talent, mais je chante comme une casserole. Je vous lirais bien des textes du linguiste Claude Hag&#232;ge, du po&#232;te Gaston Miron, je vous referais cent une fois le po&#232;me &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Speak White&lt;/i&gt; de Mich&#232;le Lalonde, mais je n'ai pas de beaux cheveux blonds. Je pourrais encore vous provoquer en rameutant le po&#232;te Claude P&#233;loquin et ses c&#233;l&#232;bres vers : &#171; Vous &#234;tes pas tann&#233;s de mourir, bande de caves ? C'est assez ! &#187;, mais certains d'entre vous n'appr&#233;cieraient pas cette mani&#232;re. Alors, il faudrait que je vous en supplie, que je vous dise qu'&#224; deux pas de la Maison Ludger-Duvernay, si&#232;ge social de la SSJB de Montr&#233;al, il y a des n&#233;ons &#171; Open &#187; sur la devanture des commerces, qu'un d&#233;panneur en biais avec l'auguste soci&#233;t&#233; continue de nous accueillir qu'en anglais, quand bien m&#234;me la majorit&#233; de sa client&#232;le est fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que vous veniez samedi, il faudrait que j'aie votre num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone et que je le laisse aux dizaines de t&#233;l&#233;phonistes b&#233;n&#233;voles qui sans rel&#226;che pr&#233;sentement appellent les Montr&#233;alais &#224; la r&#233;sistance, &#224; ne pas prendre les choses &#224; la l&#233;g&#232;re, &#224; se tenir DEBOUT pour le fran&#231;ais. N'attendez pas non plus que votre parti politique vous incite &#224; y aller, car il ne le fera sans doute pas, tout simplement parce que le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais a des objectifs qui d&#233;rangent, comme le fait de pr&#244;ner un seul m&#233;ga CHU fran&#231;ais pour Montr&#233;al, qui est pourtant d'une logique &#233;l&#233;mentaire. Comme le fait de pr&#244;ner le c&#233;gep fran&#231;ais pour les immigrants&#8230; Raison de plus alors pour vous pointer le 6 juin et envoyer un message &#224; votre parti, qui dirait, comme dans la si belle chanson de Paul Pich&#233; : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; ce que nous voulons !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parlant de chanson, il y aura des artistes entra&#238;nants c&#244;t&#233; sc&#232;ne, avec notamment le groupe Bernadette, qui est un m&#233;lange entre Mes a&#239;eux et les Cowboys fringants, id&#233;al pour les 7 &#224; 77 ans. Car n'h&#233;sitez &#224; amener votre prog&#233;niture, c'est un rassemblement qui est aussi festif. Bien entendu, il y aura quelques discours, mais ils seront courts et percutants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains auront l'excuse de travailler, mais bon, qu'est-ce qui vous emp&#234;che de d&#233;clarer que votre grand-m&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233;e, apr&#232;s tout, votre patron aura s&#251;rement oubli&#233; la derni&#232;re fois qu'elle est morte. C&#244;t&#233; &#233;thique, qui a-t-il de mal &#224; ce que les d&#233;funts soient r&#233;quisitionn&#233;s de temps &#224; autre quand il s'agit d'une bonne cause ? Et ne me faites pas le coup du gazon &#224; couper&#8230; il peut attendre comme le mien. Venez en famille, avec vos voisins, apportez quelques collations, une pomme et un drapeau, vous &#234;tes libre. Le fran&#231;ais a besoin de vous et comme le dit le slogan du rassemblement : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une langue pour tous ! Tous pour une langue !&lt;/strong&gt;
Si d'ici l&#224;, vous avez cinq minutes &#224; donner, contactez d'urgence le jeune Philippe du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais, responsable de la mobilisation. On le rejoint au &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;514-843-8851&lt;/strong&gt;, poste &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;241&lt;/strong&gt;. Aucune aide ne sera refus&#233;e. Entre-temps, faites circuler l'information aupr&#232;s de vos amis, sur Facebook, ou autrement&#8230; il s'agit l&#224; de gestes militants d'une incalculable valeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma femme n'y sera pas, car elle se remet d'une hospitalisation&#8230; alors il faut bien que je la remplace ! Pas un centim&#232;tre du parc qui demeure inoccup&#233;. Vite, il me faut des volontaires. Je ne refuserai personne. Ce rassemblement doit &#234;tre G&#201;ANT, on ne peut se permettre d'oublier quelqu'un &#224; la maison. M&#234;me le bon Dieu est mis de la partie et pri&#233; de faire en sorte qu'il fasse beau. Et, pour ceux qui h&#233;siteraient encore, j'ai invent&#233; un jeu pour l'occasion. Cela s'appelle &#171; O&#249; est JPD ? &#187; &#8211; je sais, c'est vaguement inspir&#233; du jeu &#171; O&#249; est Charlie ? &#187; &#8211; cela consiste &#224; me trouver parmi la foule rassembl&#233;e au parc des Faubourgs. Qu'est-ce qu'on gagne ? Un autocollant du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais et un grand sourire ! Et que je n'en voie pas un me poser un lapin !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Tenir salon chez Ludger</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Avant de vous proposer quelques rendez-vous qui sont &#224; nos portes, permettez que je vous rappelle certains moments qui ont fait le bonheur des gens qui passent au salon de la Maison Ludger-Duvernay. Je ne vous mentionnerai que quelques-uns, car il y en a eu beaucoup, question de vous mettre (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De toutes les t&#226;ches qui me sont d&#233;volues &#224; la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste de Montr&#233;al, la plus agr&#233;able est sans contredit l'organisation en alternance des Jeudis de la langue et des Jeudis de l'ind&#233;pendance. Grosso modo, il s'agit d'activit&#233;s, plus souvent qu'autrement de conf&#233;rences, qui se tiennent &#224; la Maison Ludger-Duvernay, qui est aussi le si&#232;ge social de la SSJB. Cette tradition existe depuis bien des ann&#233;es et je crois m&#234;me qu'elle remonte aux premiers temps de la Soci&#233;t&#233;, il y a 175 ans cette ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'ordinaire, les Jeudis de la langue sont, comme leur nom l'indique, consacr&#233;s &#224; des th&#232;mes linguistiques, plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; la d&#233;fense de la langue fran&#231;aise, alors que les Jeudis de l'ind&#233;pendance pr&#233;sentent des th&#233;matiques li&#233;es &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec ou &#224; des sujets politiques divers. Mais la ligne de d&#233;marcation entre langue et ind&#233;pendance n'est pas toujours tr&#232;s nette et il arrive souvent que les deux soient intimement li&#233;es. C'est un peu pourquoi il nous est venu &#224; l'id&#233;e d'intituler ces soir&#233;es &#171; Ludger re&#231;oit&#8230; &#187;, fa&#231;on aussi de faire un clin d'&#339;il &#224; celui qui a eu l'id&#233;e folle un jour d'inventer&#8230; la SSJB.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2226 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:242px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/spip.php?page=archives&amp;u=archives/ds-souv/ssjb.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_20-ssjb-2.jpg' width=&quot;242&quot; height=&quot;149&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Pour faire conna&#238;tre ses activit&#233;s, la SSJB a recours &#224; son site internet, &#224; celui du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais, &#224; Vigile, au journal Le Patriote, au bulletin &#233;lectronique du MMF et au bouche &#224; oreille. Je ne vous parlerai ici que des activit&#233;s du jeudi et de quelques autres qui peuvent se tenir pendant le week-end, puisque j'en ai en quelque sorte la charge, mais sachez aussi que l'historien Gilles Rh&#233;aume, ancien pr&#233;sident de la SSJB, donne chaque lundi &#224; la Maison Ludger-Duvernay des conf&#233;rences historiques fort pris&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de vous proposer quelques rendez-vous qui sont &#224; nos portes, permettez que je vous rappelle certains moments qui ont fait le bonheur des gens qui passent au salon de la Maison Ludger-Duvernay. Je ne vous mentionnerai que quelques-uns, car il y en a eu beaucoup, question de vous mettre l'eau &#224; la bouche, et, qui sait, de vous rencontrer peut-&#234;tre un de ces quatre chez Ludger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parmi les conf&#233;rences fort courues, celles portant sur la d&#233;fense de la langue fran&#231;aise remportent la palme en terme d'assistance, et pour cause, car &#224; moins d'&#234;tre &#233;ditorialiste &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; et d'&#234;tre par cons&#233;quent mal inform&#233; ou malintentionn&#233;, le fran&#231;ais vit des heures difficiles &#224; Montr&#233;al. Que ce soit dans l'enseignement, au travail, dans les services, sur le plan d&#233;mographique ou dans l'affichage, le fran&#231;ais se fait secouer pas &#224; peu pr&#232;s. Alors, vous pensez bien que de nombreux auteurs et d&#233;fenseurs du fran&#231;ais ont contribu&#233; &#224; attirer plusieurs personnes sur ces enjeux linguistiques. Pour n'en nommer que quelques-uns, il y eut Charles Castonguay, qui est venu nous parler de son livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Avantage &#224; l'anglais&lt;/i&gt;, Marc Termote (sur les perspectives d&#233;mo-linguistiques 2006-2051), Christian Dufour (sur les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Qu&#233;b&#233;cois et l'anglais&lt;/i&gt;), et, r&#233;cemment, l'&#233;diteur Michel Br&#251;l&#233; (pour son livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Anglaid&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La litt&#233;rature a &#233;t&#233; souvent mises &#224; l'honneur. Qu'il me suffise de mentionner Luc Gauvreau, sp&#233;cialiste et directeur de la Soci&#233;t&#233; des amis de Jacques Ferron, venu nous parler de l'auteur du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ciel du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, ou de Ga&#233;tan Dostie, accompagn&#233; d'Alexandre Belliard, venu nous faire un tableau de la po&#233;sie au Qu&#233;bec depuis l'&#233;poque de Ludger Duvernay, sans parler de cette soir&#233;e, que je qualifierais de magique, consacr&#233;e au couple G&#233;rald Godin et Pauline Julien, o&#249; Genevi&#232;ve Lenoir interpr&#233;ta de brillante fa&#231;on plusieurs chansons tir&#233;es du r&#233;pertoire de Pauline Julien, pendant que le po&#232;te Ga&#233;tan Dostie y allait d'anecdotes savoureuses sur le couple mythique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en empruntant plusieurs angles que les sujets sont abord&#233;s, comme la fois o&#249; Pierre Gagnon, qui a bien connu Ren&#233; L&#233;vesque, est venu nous parler de la beaut&#233; de la langue fran&#231;aise en y allant de po&#232;mes de son cr&#251;. Et quel plaisir ce fut de recevoir Claire Duhamel, pr&#233;sidente du Mouvement Parlons mieux, nous parler de fa&#231;on &#233;loquente de la qualit&#233; de la langue, de l'importance de bien l'apprendre et de bien la dire. Et que dire du passage remarqu&#233; de Sylvie Bergeron, sp&#233;cialiste de l'identit&#233; et coach d'entreprises et de personnes, nous parlant d'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise d'une fa&#231;on &#224; laquelle nous &#233;tions peu habitu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au chapitre des questions internationales, nous avons re&#231;u Rezeq Faraj, un Qu&#233;b&#233;cois d'origine palestinienne et porte-parole de l'organisme Palestine Solidarit&#233;, Emmanuel Hakizimana, venu nous parler du Rwanda, et des gens de la communaut&#233; kabyle nous parler de leur culture et de leur situation en Alg&#233;rie. Pour la f&#234;te de la Saint-Patrick, nous avons re&#231;u le conteur Mike Burns nous donner un spectacle de contes irlandais, en fran&#231;ais &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;of course&lt;/i&gt;, avec quelques bribes en ga&#233;lique. Cette soir&#233;e visait &#224; souligner l'apport irlandais au Qu&#233;bec et &#224; saluer nos compatriotes d'origine irlandaise qui ont choisi le fran&#231;ais comme langue commune&#8230; alors qu'&#224; Montr&#233;al un regroupement d'organismes irlandais (United Irish Societies of Montreal) tente depuis des ann&#233;es d'ostraciser en toute mauvaise foi cette r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au chapitre de l'histoire, nous avons re&#231;u Pierre-Luc B&#233;gin, qui est venu nous parler des Orangistes, comme quoi les fanatiques en politique sont plus souvent qu'on ne le pense du c&#244;t&#233; de nos adversaires. Pierre Comeau et Josianne Lavall&#233;e sont venus nous entretenir d'un ouvrage collectif contre la r&#233;forme en &#233;ducation, en insistant notamment sur le cours d'histoire du Qu&#233;bec qui semble vouloir faire de moins en moins de place&#8230; &#224; l'histoire du Qu&#233;bec ! On recevait r&#233;cemment l'ethnologue Serge Gauthier nous parler de la petite histoire entourant le roman &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Menaud ma&#238;tre-draveur&lt;/i&gt; et son g&#233;niteur F&#233;lix-Antoine Savard, quelque peu forc&#233; &#224; devenir sur le tard f&#233;d&#233;raliste, sous l'influence de Marius Barbeau, Claude Ryan et autres bien-pensants f&#233;d&#233;ralistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On eut m&#234;me droit &#224; un &#171; jeudi &#187; qui se tint un dimanche matin, quand le sp&#233;cialiste de la chanson Marcel Brouillard vint nous parler de la vie de F&#233;lix Leclerc, alors que le neveu de celui-ci, Ga&#233;tan, interpr&#233;ta certaines chansons des plus connues, mais aussi d'autres moins connues, tir&#233;es du r&#233;pertoire de notre barde national. Avec la soir&#233;e en hommage &#224; G&#233;rald Godin et Pauline Julien, ce fut sans contredit un &#233;v&#233;nement marquant &#224; la Maison Ludger-Duvernay.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le politique proprement dit, la Maison Ludger-Duvernay ne laisse pas sa place, car avec des orateurs comme Robin Philpot, Me Guy Bertrand, Normand Lester, Robert Laplante, Ren&#233; Boulanger, Richard Nadeau, Patrick Bourgeois, on ne s'ennuie gu&#232;re. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, c'est Mario Beaulieu, le pr&#233;sident de la SSJB, qui assume le r&#244;le de pr&#233;sentateur des invit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les prochaines semaines, quelques beaux rendez-vous nous attendent, qui vaudront &#224; coup s&#251;r le d&#233;placement. D'abord jeudi prochain (21 mai), Jean Dorion, notre ancien pr&#233;sident et aujourd'hui d&#233;put&#233; du Bloc qu&#233;b&#233;cois, nous pr&#233;sentera sa conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; La Conqu&#234;te et ses cons&#233;quences : de 1759 &#224; aujourd'hui &#187;. Le 28 mai, ce sera au tour de Djemila Benhabib, l'auteure de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ma vie &#224; contre Coran&lt;/i&gt;, de nous livrer une conf&#233;rence percutante sur un sujet qui a &#233;t&#233; omnipr&#233;sent lors des audiences de la commission Bouchard-Taylor. Le 11 juin, Ism&#232;ne Toussaint viendra nous parler de Gabriel Dumont, le bras droit militaire de Louis Riel. Cette conf&#233;rence sera suivie du lancement de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue d'histoire politique&lt;/i&gt;. Tous ces rendez-vous d&#233;butent &#224; 19 heures &#224; la Maison Ludger-Duvernay (82, rue Sherbrooke Ouest) et l'entr&#233;e est libre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais je m'en voudrais de terminer sans vous recommander la causerie-spectacle On conna&#238;t la chanson&#8230; de 1930 &#224; nos jours, qui sera pr&#233;sent&#233;e dimanche prochain, le 24 mai, &#224; 11 heures. Pendant plus de deux heures, le conf&#233;rencier Marcel Brouillard parlera de la chanson fran&#231;aise et qu&#233;b&#233;coise, et il sera accompagn&#233; par Marie-Jos&#233;e B&#233;dard et par le chanteur guitariste Andr&#233; Th&#233;riault. Ce sera l'occasion d'entendre des chansons d'autrefois et d'aujourd'hui, de la Bolduc, F&#233;lix, Brassens, L&#233;veill&#233;e, Adamo, Ferland, Richard Desjardins et plusieurs autres. Il y aura, compte tenu de l'heure, du caf&#233;, des croissants, muffins, fruits et fromages. &#192; l'entracte, un hommage sera rendu au chanteur country Roger Miron pour son 80e anniversaire de naissance. Roger Miron, les plus vieux se rappellent, est celui qui a chant&#233; notamment &#171; A qui le petit c&#339;ur apr&#232;s neuf heures &#187;. Le co&#251;t des billets est de 15$ (tout compris) et on doit r&#233;server aupr&#232;s du secr&#233;tariat de la SSJB en composant le 514-843-8851.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Tenir salon chez Ludger</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - SSJB - Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste (Montr&#233;al)</dc:creator>
		


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		<description>C'est un peu pourquoi il nous est venu &#224; l'id&#233;e d'intituler ces soir&#233;es &#171; Ludger re&#231;oit&#8230; &#187;, fa&#231;on aussi de faire un clin d'&#339;il &#224; celui qui a eu cette id&#233;e folle un jour d'inventer&#8230; la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;C'est un peu pourquoi il nous est venu &#224; l'id&#233;e d'intituler ces soir&#233;es &#171; Ludger re&#231;oit&#8230; &#187;, fa&#231;on aussi de faire un clin d'&#339;il &#224; celui qui a eu cette id&#233;e folle un jour d'inventer&#8230; la SSJB. - &lt;a href="http://www.vigile.net/Tenir-salon-chez-Ludger"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>L'&#233;poque r&#233;volue d'Anatole !</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Apr&#232;s des heures de mes vacances estivales pass&#233;es &#224; consulter les lettres d'Anatole, dans l'ordre chronologique, alors que j'approchais de ses derni&#232;res ann&#233;es de vie active, je tombai sur une lettre de 1965...</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a quelques ann&#233;es, j'avais entrepris une recherche &#224; des fins personnelles sur les diff&#233;rentes tendances nationalistes au Qu&#233;bec, surtout au cours du vingti&#232;me si&#232;cle. Un travail qui n'est pas termin&#233;, comme une sorte de &#171; work in progress &#187; dont est friand Robert Lepage : on sait autrement dit quand &#231;a commence, mais on ignore quand &#231;a finit. J'avais &#233;pluch&#233; quelques fonds d'archives &#8211; pas jusqu'au fond quand m&#234;me, mais davantage que de seulement gratter en surface &#8211; quand je me suis pris d'int&#233;r&#234;t pour un grand nationaliste aujourd'hui oubli&#233;, et dont le chanoine Groulx a fait l'&#233;loge dans ses m&#233;moires. Si je ne le nomme pas, c'est que je n'entends pas ici faire &#339;uvre d'historien, mais plut&#244;t donner mon impression sur ce t&#233;moin et acteur d'une autre &#233;poque, en prenant quelques libert&#233;s avec ses &#233;crits. De toute fa&#231;on, les Fouinard et Babillard parmi vous finiront bien par d&#233;couvrir, s'ils s'y mettent, qui &#233;tait cet homme. Appelons-le Anatole. N&#233; vingt ans apr&#232;s la Conf&#233;d&#233;ration et d&#233;c&#233;d&#233; dix ans avant le r&#233;f&#233;rendum vol&#233; : bref, il s'en fallut de peu qu'Anatole devienne centenaire et re&#231;oive les v&#339;ux de sa gracieuse majest&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La long&#233;vit&#233; d'Anatole peut sembler &#233;tonnante, mais l&#224; n'est pas notre propos. Ce qu'il faut retenir, c'est que c'&#233;tait un nationaliste hors du commun, qui, toute sa vie durant, se d&#233;mena comme un diable pour que la langue fran&#231;aise ne soit pas bafou&#233;e dans le Canada, qu'elle b&#233;n&#233;ficie de la parit&#233; avec l'anglais. Son arme principale &#233;tait la correspondance. De fait, Anatole &#233;tait un &#233;pistolier redoutable et infatigable. Dirigeant d'un organisme de d&#233;fense de la langue fran&#231;aise, comparable au Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais d'aujourd'hui, Anatole n'avait de cesse d'ameuter tout un chacun pour monter aux barricades linguistiques. Il incitait les autres &#224; suivre son exemple et &#224; protester aupr&#232;s des autorit&#233;s f&#233;d&#233;rales pour obtenir plus de fran&#231;ais par-ci, plus de fran&#231;ais par-l&#224;. Je ne connais qu'une seule personne qui se d&#233;m&#232;ne autant aujourd'hui que cet Anatole, et c'est Mario Beaulieu, le pr&#233;sident de la SSJB de Montr&#233;al. Je regarde aller Mario parfois et je pense &#224; Anatole. &#192; la diff&#233;rence que Mario est de notre &#233;poque et qu'il intervient davantage par portable et cellulaire interpos&#233;s que par plume d'oie et machine &#224; &#233;crire. Vendredi, alors qu'on attendait les journalistes de Repentigny pour un point de presse sur la question d'un seul m&#233;ga CHU pour Montr&#233;al, Mario donnait une interview par t&#233;l&#233;phone &#224; la radio. Il est toujours dans le feu de l'action. J'ai demand&#233; &#224; Mario s'il lui arrivait de fermer son cellulaire la nuit quand il dormait. Il m'a r&#233;pondu que non. J'aurais donc pu lui retourner son appel en rentrant &#224; deux heures du matin samedi. Avant longtemps, je vais le tester !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour en revenir &#224; Anatole, son apostolat se d&#233;ployait d'un oc&#233;an &#224; l'autre, sans rel&#226;che, sans jamais l&#226;cher le morceau, au point d'irriter bien des gens, y compris chez les Canadiens fran&#231;ais colonis&#233;s &#224; l'os, plus enclins &#224; accepter leur triste sort, &#224; se contenter d'un petit pain, &#224; fermer leur gueule puis &#224; ramer. En fait, sa r&#233;putation de d&#233;fenseur de la cause fran&#231;aise en ce pays aurait &#233;t&#233; sans tache s'il n'avait pas pris la d&#233;fense &#224; un moment donn&#233; du nazi Jacques de Bernonville (Wikip&#233;dia vous en parlera mieux que moi), comme quelques &#233;lites nationalistes du temps. Mais l&#224; encore, l'&#233;pisode hautement critiquable de ce qu'il est convenu d'appeler &#171; l'Affaire de Bernonville &#187; n'est pas l'objet ici.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s des heures de mes vacances estivales pass&#233;es &#224; consulter les lettres d'Anatole, dans l'ordre chronologique, alors que j'approchais de ses derni&#232;res ann&#233;es de vie active, je tombai sur une lettre de 1965 qu'il adressait &#224; un vieil ami. Dans cette lettre que je vous r&#233;sume, Anatole dresse un triste bilan de son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;militantisme&lt;/i&gt; (mot qui n'existait pas dans son temps). Cinquante ann&#233;es au bas mot qu'il s'&#233;poumone pour la cause, qu'il r&#233;dige lettre sur lettre, fait circuler p&#233;tition par-dessus p&#233;tition pour enjoindre la majorit&#233; anglophone &#224; Ottawa d'accorder enfin satisfaction aux francophones, d'ajouter du fran&#231;ais sur les timbres et sur les billets de banque, d'offrir des postes &#224; des gens bilingues et pas uniquement unilingues anglais, de fustiger les lois iniques qui veulent restreindre sinon emp&#234;cher l'enseignement en fran&#231;ais dans le reste du Canada&#8230; bref, un demi-si&#232;cle &#224; se d&#233;battre comme un diable dans l'eau b&#233;nite pour les siens&#8230; et voil&#224; ce que, en bout de piste, Anatole constate : l'&#233;chec, l'&#233;chec cuisant et &#224; coup s&#251;r imm&#233;rit&#233;. Il dit (je cite de m&#233;moire) : &#171; Cher ami, pendant toutes ces ann&#233;es, nous avons livr&#233; de rudes batailles, mais je m'aper&#231;ois aujourd'hui que ce fut souvent en pure perte. Tout partout, dans l'Ouest canadien et dans les Maritimes, les n&#244;tres s'assimilent. Les jeunes ne parlent plus fran&#231;ais dans les cours d'&#233;cole. La survivance fran&#231;aise est partout compromise, &#224; l'exception de la province de Qu&#233;bec, et m&#234;me ici le danger nous guette. Comment se peut-il qu'avec l'ardeur que nous avons mise, avec la meilleure volont&#233; du monde, avec nos pri&#232;res et notre d&#233;votion, comment se peut-il que nous n'ayons pas r&#233;ussi ? &#187; Je lisais la lettre et je ne pouvais faire autrement qu'&#234;tre touch&#233; et &#233;mu par ce t&#233;moignage. Et je me doutais bien que cette lettre avait s&#251;rement &#233;t&#233; la plus difficile &#224; r&#233;diger pour Anatole, puisque toutes les autres avaient pour ainsi dire &#233;t&#233; lettre morte. Mais il continuait : &#171; Et m&#234;me ici, dans la province, ce qui me d&#233;sole, c'est l'insouciance des n&#244;tres par rapport aux dangers qui nous guettent, alors qu'il faudrait se tenir debout et se battre. Mais le pire dans tout cela, c'est que ceux qui ne capitulent pas, ce sont tous de maudits s&#233;paratistes ! &#187; Eh oui, Anatole aura peut-&#234;tre &#233;t&#233; un grand nationaliste, mais il ne pouvait se r&#233;soudre &#224; franchir le Rubicon. Il mourra donc d&#233;fait et&#8230; f&#233;d&#233;raliste !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Somme toute, cette histoire est triste, mais elle se termine bien si l'on songe que la voie qui s'ouvre devant nous est cette lutte pour l'ind&#233;pendance nationale, seule avenue possible pour accomplir notre destin&#233;e. On ne peut pas attendre jusqu'&#224; la Saint Glinglin pour qu'une majorit&#233; (qui n'a de cesse de nous rel&#233;guer au second rang) nous accorde ce que nous sommes en droit d'obtenir. Comme ailleurs, nous serons compl&#232;tement assimil&#233;s avant que cela n'arrive. Il faut croire qu'Anatole, qui n'&#233;tait pourtant ni frivole ni un deux de pique, n'avait pas compris cela. On aurait pu croire que ces cinquante ann&#233;es auraient pu lui ouvrir les yeux, mais non.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vendredi, dans la petite salle du Carpe Diem, &#224; Longueuil, les jeunes du MPIQ (Mouvement pacifique pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec) organisaient une soir&#233;e pour la rel&#232;ve culturelle. Po&#232;mes, chansons, monologues humoristiques&#8230; une soir&#233;e endiabl&#233;e &#224; l'enseigne de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Quelques militants du R&#233;seau de R&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois s'&#233;taient &#233;galement joints &#224; eux pour la circonstance. Je suis all&#233; &#233;cornifler pendant la soir&#233;e, par curiosit&#233; et parce qu'on dit souvent, mais faussement, que les jeunes ont renonc&#233; &#224; se battre, qu'ils sont amorphes, d&#233;motiv&#233;s, voire &#233;teints. D&#233;trompez-vous, chers lecteurs, il existe pr&#233;sentement une renaissance dans le mouvement ind&#233;pendantiste, un discours nouveau et adapt&#233; &#224; la situation actuelle. Les jeunes &#233;l&#232;ves du secondaire et les c&#233;g&#233;piens qui adh&#232;rent au MPIQ en sont une preuve vivante. Si vous aviez entendu vendredi Thomas Deshaies, Vincent Brazeau et Mathieu Boucher, tant dans leurs interventions politiques que dans leurs magnifiques po&#232;mes, si vous aviez assist&#233; &#224; la performance du groupe Mocha-Cola, si vous aviez entendu le texte &#171; Tentative de non-suicide &#187; pr&#233;sent&#233; par Maxime Laporte, vous auriez comme moi&#8230; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;capot&#233;&lt;/i&gt; (pour rester dans le ton !). Le MPIQ avait aussi invit&#233; deux doyens &#224; cette f&#234;te : le chanteur Manuel Brault (celui des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Petits c&#339;urs des enfants rieurs&lt;/i&gt;, &#231;a vous dit de quoi ?), qui y est all&#233; de trois nouvelles chansons &#224; saveur ind&#233;pendantiste, et l'&#233;crivain et chroniqueur au journal &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt; Ren&#233; Boulanger, qui y a livr&#233; un texte poignant sur l'histoire d'Hortense au temps des Patriotes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la salle, j'ai rencontr&#233; aussi Fran&#231;ois Gendron, mon coll&#232;gue &#171; Jeunesse &#187; &#224; la SSJB et pr&#233;sident des JPQ, ainsi que Fran&#231;ois-Xavier Labb&#233;, nouveau coordonnateur du RRQ pour Montr&#233;al, pas le genre de gars &#224; s'en laisser imposer et qui gagne aussi &#224; &#234;tre connu. Bref, avec tous ces jeunes ind&#233;pendantistes, je crois bien qu'on va finir par l'avoir ce pays&#8230; Ah oui, &#224; cette soir&#233;e du MPIQ, on annon&#231;ait la manif pour lundi le 11 mai &#224; midi devant la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement (2 minutes de marche du m&#233;tro Square-Victoria). Comme orateurs, il y aura un jeune (Patrick Bourgeois) et un vieux encore jeune (Pierre Falardeau). Anatole aurait dit : encore deux maudits s&#233;paratistes. Pauvre Anatole, ce que tu peux &#234;tre d&#233;pass&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Mon p&#232;re et la m&#233;moire en all&#233;e</title>
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		<dc:date>2009-05-03T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>&#8230;et je dois faire mon deuil des discussions politiques que j'avais avec mon p&#232;re.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mon p&#232;re et la m&#233;moire en all&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'&#233;tait il y a quelques mois, par un dimanche matin. Je revenais d'une r&#233;union d'une section locale de la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste, o&#249; j'agissais comme pr&#233;sident d'&#233;lection. C'&#233;tait &#224; Saint-Eustache et il faisait particuli&#232;rement beau. Comme &#224; chaque week-end, ou peu s'en faut, je comptais rendre visite &#224; ma m&#232;re au Centre hospitalier de soins de longue dur&#233;e et, par le fait m&#234;me, piquer un brin de jasette avec mon p&#232;re qui, lui, va la voir tous les jours depuis bient&#244;t dix ans, soit depuis ce jour maudit o&#249; ma m&#232;re fut victime d'un AVC qui la mit compl&#232;tement K.-O.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le hall d'entr&#233;e du CHSLD, quel ne fut pas mon &#233;tonnement d'apercevoir mon p&#232;re dans un pi&#232;tre &#233;tat. On m'apprenait qu'il venait dans l'heure de se fracturer une cheville pas tr&#232;s loin de l&#224; et qu'on attendait apr&#232;s l'ambulance. Mon p&#232;re n'avait pas trop l'air de s'en faire, m&#234;me s'il ressentait une vive douleur et que sa cheville &#233;tait de la taille d'un ballon de football. Comment avait-il fait son compte ? Il me raconta qu'il avait voulu sauter la cha&#238;ne de trottoir, mais, le connaissant, j'avais pour ainsi dire &#233;prouv&#233; un doute. En fait, cela faisait bien la cinqui&#232;me fois qu'on le ramassait par terre depuis l'&#233;t&#233; dernier. Et chaque fois on le retrouvait dans un &#233;tat confus, ne sachant trop ce qui avait bien pu lui arriver. Ma s&#339;ur m'a racont&#233; qu'une fois, il s'&#233;tait arr&#234;t&#233; net devant le centre, fig&#233;, telle une statue de sel, &#224; regarder l'&#233;difice sans trop savoir o&#249; il &#233;tait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Octog&#233;naire, mon p&#232;re a toujours eu une sant&#233; de fer et peu d'occasions au cours de sa vie de fr&#233;quenter les m&#233;decins, mais l&#224;, il faut croire que l'&#226;ge le rattrape. Il finit toujours d'ailleurs par nous rattraper. En outre, bien des choses ont chang&#233; chez lui. Sa m&#233;moire a pris toute une d&#233;barque ces derni&#232;res ann&#233;es. En un quart d'heure, il peut me demander trois fois o&#249; j'habite, si c'est &#224; Montr&#233;al ou sur la Rive-Sud, alors que je demeure sur la Rive-Nord depuis quinze ans. Il ne sait plus trop combien j'ai d'enfants au juste, ni si je travaille au m&#234;me endroit. Bref, il en perd des bouts un peu plus chaque jour. Et il se r&#233;p&#232;te de plus en plus comme dans l'histoire de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;P&#232;te et R&#233;p&#232;te&lt;/i&gt;. Aussi, il m&#233;lange les &#233;poques, reprend des histoires ou se rem&#233;more des souvenirs en y ajoutant des &#233;l&#233;ments in&#233;dits, etc. Il manifeste peu d'int&#233;r&#234;t et encore moins de curiosit&#233; pour ce qui se passe au-del&#224; de son petit monde. M&#234;me le d&#233;c&#232;s de son fr&#232;re cadet, il y a trois mois, n'a pas sembl&#233; l'affecter, pas plus qu'il n'avait estim&#233; n&#233;cessaire de se rendre au salon fun&#233;raire, l'air de dire qu'il ne pouvait rien faire de toute fa&#231;on. C'&#233;tait quand m&#234;me son fr&#232;re !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous ne serez donc pas &#233;tonn&#233;s qu'on lui ait diagnostiqu&#233; la maladie d'Alzheimer, mais &#224; un stade o&#249; il &#233;tait encore possible d'entrevoir quelques ann&#233;es sans devoir &#234;tre plac&#233;. Sauf que l&#224;, avec ces chutes carabin&#233;es sur le trottoir, il semblait avoir atteint son quota.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je l'accompagnai &#224; l'h&#244;pital de Saint-Eustache, o&#249; il dut attendre quelque trois heures avant d'&#234;tre vu (l'arriv&#233;e en ambulance lui ayant &#233;pargn&#233; quelque huit heures suppl&#233;mentaires d'attente). Entre-temps, mon fils et ma conjointe &#233;taient venus nous rejoindre &#224; l'h&#244;pital. En apercevant S&#233;bastien, qu'il a vu grandir et avec qui il a si souvent parl&#233; et s'est si souvent trimbal&#233;, il m'a demand&#233; s'il s'agissait de mon fils ou de mon petit-fils ! Et il voulait aussi &#234;tre rassur&#233; sur son nom. &#171; Voyons, papa, c'est S&#233;bastien ! &#187; Et, sous-entendu, &#171; ne me fais pas croire que tu ne t'en rappelles plus &#187;. Il me fit alors ce commentaire : &#171; Sache qu'&#224; mon &#226;ge, je ne suis plus jeune-jeune. Il y a plein de choses que j'oublie. Mais toi, c'est Jean-Pierre&#8230; et je ne t'oublie pas. &#187; Il y eut un long silence et il ajouta en pesant ses mots : &#171; Faut pas que je t'oublie. &#187; Comme je semblais prendre &#224; la l&#233;g&#232;re ses propos, mon p&#232;re me sermonna : &#171; Ne rie pas dans ta barbe, c'est important ce que je te dis l&#224;, faut pas que je t'oublie. &#187; Je le rassurai en lui jurant qu'il n'y avait pas de saint danger que cela se produise, qu'il se rappellerait toujours de moi et patati et patata. Mais je ne d&#233;chirerai pas ma chemise &#224; carreaux l&#224;-dessus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, apr&#232;s une op&#233;ration &#224; la cheville, le m&#233;decin recommanda son admission au CHSLD &#8211; &#224; un &#233;tage plus bas que ma m&#232;re, au bout d'un interminable couloir &#8211; et on a d&#251; vider son logis qu'il occupait depuis une d&#233;cennie d&#233;j&#224;. Je vais toujours les visiter, lui et ma m&#232;re, &#224; nouveau r&#233;unis, cette fois sous le m&#234;me toit, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre dans la m&#234;me pi&#232;ce. Ma m&#232;re compl&#232;tement aphasique aurait peut-&#234;tre bien des choses &#224; me dire sur l'arriv&#233;e inattendue de mon p&#232;re au m&#234;me endroit qu'elle, mais il y a belle lurette qu'elle sait que la communication ne s'effectue plus comme avant, que je dois me forcer &#224; deviner ce qu'elle voudrait tant me confier, comme si elle jouait le premier r&#244;le dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le Scaphandre et le Papillon&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela fait aussi une couple de fois que mon p&#232;re en me voyant se dit frapp&#233; par ma ressemblance troublante avec son propre p&#232;re, donc mon grand-p&#232;re. &#171; Tu ressembles &#224; mon p&#232;re comme deux gouttes d'eau &#187;, qu'il me dit avec un large sourire, presque &#233;mu de retrouver son paternel apr&#232;s tant d'ann&#233;es. Pourtant, l'an dernier, j'avais cru me retrouver face &#224; face avec mon propre p&#232;re en m'apercevant dans le miroir de la salle de bains. M&#234;me regard, m&#234;me front &#8230; son portrait tout crach&#233;. Bon sang que je m'&#233;tais trouv&#233; vieux !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dimanche, quand je suis pass&#233; le voir, il &#233;tait dans une petite salle avec une quinzaine de r&#233;sidents, dont les deux tiers reclus dans leur fauteuil roulant. Ils formaient un demi-cercle autour d'un chanteur de charme, qui avait d&#251; &#234;tre la vedette d'un piano-bar quelques ann&#233;es avant ma naissance, et qui s'accompagnait maintenant au piano synth&#233;tique, tentant de se rappeler quelques beaux airs anciens&#8230; dont on s'ennuie en ville. C'&#233;tait du sous-Michel Louvain, du Pierre Lalonde de peine et de mis&#232;re, du Willie Lamothe des pauvres, bref, c'&#233;tait n'importe quoi. Qu'&#224; cela ne tienne, l'assistance semblait appr&#233;cier, m&#234;me que certains portaient des colliers hawa&#239;ens et que d'autres, comme mon p&#232;re, battaient la cadence avec des maracas Fisher-Price qu'on leur avait distribu&#233;s. Quand mon p&#232;re m'aper&#231;ut, il me fit prestement signe de m'asseoir &#224; ses c&#244;t&#233;s. Apr&#232;s le spectacle, je le pousserais jusqu'&#224; la chambre de ma m&#232;re. C'&#233;tait path&#233;tique de les voir tous si heureux d'assister &#224; ce spectacle pourtant si moche, avec un chanteur qui ne se rappelait m&#234;me plus des paroles et qui, si &#231;a se trouve, &#233;tait peut-&#234;tre d&#233;j&#224; sur la liste d'attente pour une place en r&#233;sidence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8230;et je dois faire mon deuil des discussions politiques que j'avais avec mon p&#232;re, quand on aimait tant s'obstiner sur qui devrait devenir le chef du Parti qu&#233;b&#233;cois. Je me demande m&#234;me s'il a vot&#233; l'automne dernier, s'il s'en fait encore pour l'avenir du Qu&#233;bec, ou si tout cela s'&#233;loigne de lui comme ces paysages qui d&#233;filent dans notre r&#233;troviseur sit&#244;t qu'on appuie sur le champignon.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lundi, plut&#244;t que de prendre le transport en commun, j'utilisai ma voiture pour me rendre au bureau. Notre-Dame &#233;tait bloqu&#233;e comme cela arrive souvent et, pour &#233;viter le bouchon, j'empruntai des rues secondaires. J'&#233;tais en plein c&#339;ur d'Hochelaga-Maisonneuve, l&#224; o&#249; j'ai grandi jusqu'&#224; l'Expo 67, quand tout &#233;tait beau, comme dit une chanson de Beau Dommage. J'ai eu l'id&#233;e de faire un d&#233;tour par ma rue, quelque quarante ans plus tard. Ce n'est plus tout &#224; fait pareil. D'abord les arbres majestueux ont &#233;t&#233; ras&#233;s et laissent place &#224; des arbres d&#233;j&#224; assez grands mais qui ne sont plus, disons, d'origine, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Johnny's Snack Bar&lt;/i&gt;, qui sentait si bon la patate frite, a &#233;t&#233; remplac&#233; par &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;C&#339;ur d'Afrique&lt;/i&gt;, un resto offrant de la cuisine ivoirienne et congolaise (faudrait que j'y aille), la taverne &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eastern's&lt;/i&gt; est devenue le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bar chez Fran&#231;oise&lt;/i&gt;, qui fait plus classe&#8230; jusqu'au petit parc qui a vu ses balan&#231;oires, sa glissade et sa pataugeoire dispara&#238;tre, &#233;cras&#233;s par un condo g&#233;ant. Devant le 1434 de la rue Valois, je n'ai pu m'emp&#234;cher de m'arr&#234;ter, d'examiner la fen&#234;tre qui &#233;tait celle de ma chambre. Si j'avais eu plus d'audace, j'aurais sonn&#233; et demand&#233; &#224; l'occupant de me laisser parcourir la maison de long en large.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les miracles existaient &#8211; mais j'en suis moins s&#251;r depuis qu'une pub sur l'autobus pr&#233;tend que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dieu n'existe probablement pas&lt;/i&gt; &#8211; je souhaiterais pouvoir revenir habiter avec mon p&#232;re, ma m&#232;re et ma s&#339;ur au 1434 de la rue Valois, dans les m&#234;mes conditions, avec les m&#234;mes amis, sans rien changer &#224; rien. Je d&#233;corerais ma chambre comme avant et j'installerais le globe terrestre que ma tante Monic m'avait donn&#233; en cadeau. Je ferais tourner sur le pick-up un 45-tours de Petula Clark (&#171; Un jeune homme bien &#187;) ou je chanterais &#224; tue-t&#234;te : &#171; Quand je l'ai vue, elle marchait seule dans la rue, chantant do wha diddy diddy dam di di dou&#8230; &#187;. Puis l&#224;, un beau jour (il n'y avait que des beaux jours, de toute fa&#231;on, rue Valois), je crierais &#224; mes amis, les L&#233;pine, les Pichette et les Laforest de se d&#233;p&#234;cher, d'enfourcher nos &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;bicycles&lt;/i&gt; et de monter la c&#244;te jusqu'&#224; Sherbrooke. On nous avait dit qu'un illustre personnage passerait en limousine. Nous l'avons finalement vu et agit&#233; nos bras en l'air pour saluer ce g&#233;ant en uniforme. Le soir, aux nouvelles de T&#233;l&#233;-M&#233;tropole, on nous le remontrait. Cette fois, il &#233;tait au balcon de l'h&#244;tel de ville o&#249; il avait lanc&#233; un retentissant message d'espoir que jamais je n'oublierai. Qu'il ne faut pas que j'oublie, pas plus qu'un p&#232;re ne doit oublier son fils.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je sortis finalement de mon v&#233;hicule et m'approchai de la petite cl&#244;ture en fer forg&#233;, qui borne toujours le minuscule parterre devant le 1434, et qui est si peu haute qu'elle ne dissuade finalement que les nains de jardin d'entrer. La barri&#232;re &#233;tait rest&#233;e ouverte. Je la refermai d&#233;licatement, au ralenti, abaissai la clenche &#8211; comme mon p&#232;re y tenait &#8211;et remontai dans la voiture pour poursuivre ma route...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Il faut faire quelque chose pour Ivan...</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>&#171; Tout ce que je demande, c'est de pouvoir rester ici, pour vivre tranquille sans craindre les repr&#233;sailles du gouvernement espagnol parce que je suis Basque et ind&#233;pendantiste. &#187;</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les conjointes retardent l'av&#232;nement de l'ind&#233;pendance. C'est ce que je me dis souvent quand j'entends mon &#233;pouse me confier des milliers de t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, qui ne peuvent jamais attendre comme de raison. Il faut sortir les poubelles, couper le gazon, vider le lave-vaisselle, passer l'aspirateur et quoi encore que je n'ai pas fait ! C'est pas m&#234;lant, la r&#233;volution serait &#224; nos portes, que ma femme me dirait de ne pas oublier d'acheter du pain en rentrant. Par contre, quand la chose est possible et que bobonne est loin, je m'en donne &#224; c&#339;ur joie, toutes affaires cessantes, pour la cause. Et tant pis si les plantes ne sont pas arros&#233;es et que les &#233;cureuils qui viennent squatter ma cour ne sont pas nourris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout cela pour vous dire que j'ai pass&#233; une fin de semaine politiquement occup&#233;e. Depuis bient&#244;t trente ans que je passe chaque week-end d'Action de gr&#226;ce dans ma belle-famille ontarienne, &#224; manger de la dinde et &#224; parler anglais. Comme c'est aussi mon anniversaire, ma belle-s&#339;ur me fait toujours un g&#226;teau et je re&#231;ois toujours une paire de chaussettes, une casquette des Maple Leafs (que je ne porterai jamais) et une bo&#238;te de chocolats sans sucre, diab&#232;te de type II oblige. &#201;videmment, cette ann&#233;e encore, je me serais retrouv&#233; normalement en bagnole sur la 401 en direction de Toronto, mais c'&#233;tait sans compter sur notre nouvelle acquisition : P&#233;pito. P&#233;pito est un chaton qu'une voiture a d&#233;pos&#233; incognito l'autre jour pr&#232;s d'une ferme, &#224; Sainte-B&#233;atrix, o&#249; ma femme va qu&#233;rir ses &#339;ufs. Ce soir-l&#224;, elle rapporta &#224; la maison ses &#339;ufs immenses (parfois je me demande m&#234;me si le poulailler n'abrite pas des autruches en cachette)&#8230; et le petit P&#233;pito. Ce qui fait que cela aurait &#233;t&#233; bien cruel de laisser un chaton tout seul comme une dinde &#224; la maison pendant l'Action de gr&#226;ce, surtout qu'il boit du lait et ne bouffe que de la nourriture humide. Une fois n'est pas coutume, je me suis sacrifi&#233; pour le bien de P&#233;pito !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est &#233;vident que je n'allais quand m&#234;me pas tenir compagnie vingt-quatre heures par jour &#224; un chat, par ailleurs bien mignon. Parmi les choses (racontables) que j'ai faites, je suis all&#233; samedi soir au lancement de la section de Th&#233;r&#232;se-de-Blainville du R&#233;seau de R&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois&#8230; Les principaux &quot;lieutenants&quot; du RRQ y &#233;taient et on y a fait la lecture d'un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Manifeste&lt;/i&gt;. M&#234;me si la soir&#233;e &#233;tait s&#233;rieuse et festive &#224; la fois, je n'ai pu m'emp&#234;cher de penser &#224; ma m&#232;re qui dormait d&#233;j&#224; &#224; cette heure, &#224; quelques rues &#224; peine de l&#224;, au Centre de soins de longue dur&#233;e Drapeau-Deschambault. De longue dur&#233;e, car cela fait dix ans qu'elle y est clou&#233;e au lit &#224; la suite d'un AVC s&#233;v&#232;re qui l'a rendue paralys&#233;e et compl&#232;tement aphasique&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques jours plus t&#244;t, suite &#224; un court message &#233;lectronique du journal &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt;, j'avais appris que le militant basque Ivan Apaolaza Sancho, d&#233;tenu au Centre de d&#233;tention de Rivi&#232;re-des-Prairies, avait entrepris une gr&#232;ve de la faim. Pour ceux qui n'ont pas suivi cette affaire (les journaux ont plus &#224; dire sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Occupation Double&lt;/i&gt; et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Loft Story&lt;/i&gt;), voici en quelques courts paragraphes de quoi il s'agit&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 20 juin 2007, Ivan Apaolaza Sancho est appr&#233;hend&#233; par des agents de l'&#201;quipe int&#233;gr&#233;e de la s&#233;curit&#233; nationale (GRC), alors qu'il arrivait &#224; Qu&#233;bec &#224; bord d'un traversier en provenance de L&#233;vis. Il n'oppose aucune r&#233;sistance &#224; son arrestation. L'homme, &#226;g&#233; de 35 ans, dipl&#244;m&#233; en sociologie, est suspect&#233; par la police d'&#234;tre un membre de l'organisation s&#233;paratiste basque ETA, un groupe consid&#233;r&#233; comme terroriste par le Canada et, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;of course&lt;/i&gt;, l'Espagne. Depuis son arrestation, Ivan est d&#233;tenu sans proc&#232;s au p&#233;nitencier de Rivi&#232;re-des-Prairies en vertu d'un ordre d'arrestation de l'&#201;tat espagnol, relay&#233; par le minist&#232;re de l'Immigration du Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son pays d'origine, Ivan &#233;tait actif au sein du mouvement &#233;tudiant et ind&#233;pendantiste. Il arrive au Canada en 2001 et habite &#224; Vancouver jusqu'&#224; l'automne 2006. Il s'installe ensuite &#224; Montr&#233;al. On l'accuse aujourd'hui d'avoir appartenu &#224; l'ETA &#8211; accusation qu'Ivan nie enti&#232;rement &#8211; sur la base de simples all&#233;gations provenant du gouvernement espagnol, &#224; partir de d&#233;clarations d'une femme, reconnue coupable de terrorisme, soutir&#233;es, selon toute vraisemblance, sous la torture. Le 13 mai dernier, la Commission de l'immigration et du statut de r&#233;fugi&#233; du Canada d&#233;cide n&#233;anmoins de d&#233;porter le pr&#233;sum&#233; terroriste. Et, la semaine derni&#232;re, Ivan apprend qu'il sera expuls&#233; vers l'Espagne le 17 octobre prochain. Ses avocats ont d&#233;pos&#233; une demande de r&#233;vision (pour l'&#201;valuation de risque avant retour) &#224; la Cour f&#233;d&#233;rale et vont demander un sursis, mais, si la Cour refuse, ce qui l'attend n'est pas jojo. D'autant plus que son nom figure sur de nombreuses listes d'organismes s'occupant de s&#233;curit&#233; &#224; travers le monde (europ&#233;enne, am&#233;ricaine&#8230; il n'y a peut-&#234;tre que le Burkina Faso et les &#238;les Fidji qui ne l'ont pas encore fich&#233;, mais &#231;a viendra, croyez-en Big Brother !) comme un dangereux terroriste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De nombreuses organisations de droits humains ont document&#233; des cas de torture et &#244; combien d'autres mauvais traitements inflig&#233;s aux prisonniers politiques basques en Espagne. J'ai lu de ces t&#233;moignages de personnes tortur&#233;es en pays basque &#224; vous glacer le sang, notamment avec la technique de la &#171; bolsa &#187;, qui consiste &#224; appliquer un sac en plastique sur la t&#234;te pour entra&#238;ner l'asphyxie. Bien entendu, on vous &#171; sauve &#187; in extremis, mais votre cerveau en garde n&#233;anmoins des s&#233;quelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ayant appris sa d&#233;portation, Ivan avait entam&#233; une gr&#232;ve de la faim il y a une semaine, mais les autorit&#233;s du Centre de d&#233;tention r&#233;agirent &#224; son geste en le mettant en isolement dans une cellule qui mesure un m&#232;tre par trois m&#232;tres, pleine d'excr&#233;ments et de sang, en lui retirant ses v&#234;tements, ses lunettes et ses livres, et en limitant son acc&#232;s au t&#233;l&#233;phone. Finalement, Ivan a mis un terme &#224; cette gr&#232;ve de la faim, consid&#233;rant qu'il devait plut&#244;t se pr&#233;parer psychologiquement &#224; la possibilit&#233; de d&#233;portation et de subir la torture. Ce qu'il entrevoit n'est pas rose. Dans une entrevue donn&#233;e le 30 septembre dernier, Ivan dit : &#171; J'ai connaissance d'amis et de membres de ma famille qui ont subi la torture. Une des premi&#232;res choses dont je me souviens de mon enfance est de voir mon oncle alit&#233; apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tortur&#233; pendant dix jours. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une lettre datant de mars 2008, Ivan &#233;crit : &#171; Les &#201;tats-Unis ont leur tristement c&#233;l&#232;bre Patriot Act, Duplessis avait sa Loi du cadenas, Trudeau la Loi des Mesures de guerre, et, en Espagne, il y a la loi antiterroriste et la loi des partis politiques. Ces lois ont permis la fermeture de journaux, d'interdire des partis politiques et d'emprisonner des personnes pour le simple fait d'&#234;tre des ind&#233;pendantistes basques, des lois qui te rendent membre de l'ETA sans que tu saches toi-m&#234;me que t'es membre, des lois qui permettent &#224; un juge de d&#233;fendre la fermeture d'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Egin&lt;/i&gt;, le deuxi&#232;me journal au pays basque, en disant que &#171; pour fermer &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Egin&lt;/i&gt;, il ne manque pas de preuve, il suffit de le lire &#187;, des lois qui transforment des ind&#233;pendantistes basques directement en terroristes, o&#249; on ne juge pas des personnes pour des actes d&#233;lictuels sinon que pour des id&#233;es. &#187; Le jeune homme, qui depuis son arriv&#233;e au pays a travaill&#233; comme menuisier, conclut sa lettre ainsi : &#171; Tout ce que je demande, c'est de pouvoir rester ici, pour vivre tranquille sans craindre les repr&#233;sailles du gouvernement espagnol parce que je suis Basque et ind&#233;pendantiste. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Samedi matin, c'est un jeune homme, Ion, &#233;galement d'origine basque, avec qui j'ai pris un caf&#233; sur Saint-Denis. Membre du comit&#233; pour lib&#233;rer Ivan, je souhaitais le rencontrer pour en savoir plus long sur cette affaire. Avant d'arriver au vif du sujet, on a parl&#233; des liens entre les Basques et le Qu&#233;bec, de ces p&#234;cheurs basques qui venaient chasser la baleine, le morse et le loup marin dans l'estuaire du Saint-Laurent, de ces Basques qui entre 1580 et 1630 ont am&#233;nag&#233;, sur une &#238;le en face de Trois-Pistoles, des fourneaux destin&#233;s &#224; fondre la graisse dont les Europ&#233;ens se servaient alors pour s'&#233;clairer. Cette terre porte encore aujourd'hui le nom d'&#206;le aux Basques. On a parl&#233; aussi des patronymes qu&#233;b&#233;cois d'origine basque, comme les Chevarie, les Castilloux, les Roussy, les Bastarache&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puis, on a surtout parl&#233; de Ivan, de ce qu'il fallait faire pour sauver Ivan, et, s'il est d&#233;port&#233;, &#224; tout le moins de s'assurer qu'il n'ira pas vers la torture. Le comit&#233; d'appui souhaite que les ind&#233;pendantistes qu&#233;b&#233;cois manifestent leur soutien &#224; Ivan. C'est pourquoi le R&#233;seau de R&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois a appel&#233; &#224; un rassemblement jeudi le 16 octobre prochain, &#224; 17 heures, devant le Consulat g&#233;n&#233;ral d'Espagne &#224; Montr&#233;al. Tous les ind&#233;pendantistes, quelles que soient leurs affiliations politiques, sont invit&#233;s &#224; s'y pr&#233;senter, avec leurs drapeaux, leurs pancartes, afin de d&#233;noncer les conditions de d&#233;tention et la d&#233;portation que le Canada s'appr&#234;te &#224; faire subir &#224; Ivan, sur la base qu'il est accus&#233; par l'Espagne d'&#234;tre un membre de l'ETA, alors qu'aucune preuve digne de ce nom ne le relie &#224; l'ETA, si ce n'est que des all&#233;gations obtenues sous la torture. Le consulat est situ&#233; au 1, carr&#233; Westmount (quelques rues &#224; l'ouest du m&#233;tro Atwater).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ion m'a traduit quelques slogans que l'on pourrait griffonner sur nos pancartes, les voici : DEPORTAZIOA GELDITU &#8211; ARR&#202;TONS LA D&#201;PORTATION et IBAN ASKATU &#8211; LIBERT&#201; POUR IVAN. La campagne &#233;lectorale tirant &#224; sa fin, alors on pourrait peut-&#234;tre se servir du verso des pancartes du Bloc qu&#233;b&#233;cois pour &#233;crire les slogans ! Tout compte fait, un recyclage pour une bonne cause. Bon, il faut que je vous laisse, car P&#233;pito est en train de grignoter la patte de la table, c'est signe qu'il a faim, je suppose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>L'abb&#233; Gravel se repent et le Bloc se reprend dans Repentigny</title>
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		<dc:date>2008-10-04T22:36:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>&#192; Repentigny, ou Repen, comme disent les jeunes qui y cr&#232;chent parce qu'un jour leurs parents ont eu le malheur d'opter pour la banlieue, il y aura &#233;lection le 14 octobre comme partout ailleurs dans ce qu'on appelle le (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; Repentigny, ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Repen&lt;/i&gt;, comme disent les jeunes qui y cr&#232;chent parce qu'un jour leurs parents ont eu le malheur d'opter pour la banlieue, il y aura &#233;lection le 14 octobre comme partout ailleurs dans ce qu'on appelle le Canada. Notre d&#233;put&#233; &#233;tait l'abb&#233; Raymond Gravel, mais les pressions exerc&#233;es aupr&#232;s du Saint-Si&#232;ge &#224; Rome par une tr&#226;l&#233;e de z&#233;l&#233;s mangeux de balustre et autres grenouilles de b&#233;nitier, des f&#233;d&#233;ralistes du ROC pour la plupart, auront sonn&#233; le glas de l'engagement dans l'ar&#232;ne politique de notre bon cur&#233;. Quand j'ai appris la nouvelle, j'&#233;tais en beau joual vert, et, aussi, choqu&#233; que l'abb&#233; obtemp&#232;re et rentre dans le rang sans s'insurger. D'apprendre par-dessus le march&#233; que tout cela &#233;tait venu aux portes de grange de Beno&#238;t XVI, n&#233; Ratzinger, via la droite religieuse que j'abhorre, voil&#224; qui d&#233;passait les bornes. Ah, ce que j'en ai voulu au pape B-16, comme on dit lors du bingo paroissial. J'ai m&#234;me song&#233; &#224; abjurer ma foi, ne plus payer ma d&#238;me et, pire, mettre sur eBay mon recueil de recettes de S&#339;ur Ang&#232;le et mon 33-tours de S&#339;ur Sourire. C'est dire comme j'&#233;tais en caliboire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est que je l'aimais bien Raymond Gravel. Une bonne bouille &#224; part &#231;a. C'&#233;tait un d&#233;put&#233; engag&#233; pour la pl&#232;be, plus Peppone que Don Camillo si vous voyez o&#249; je veux en venir. On le croisait souvent dans le comt&#233; alors qu'on le croyait &#224; Ottawa, si bien que le bruit courait ici et l&#224; qu'il avait le don d'ubiquit&#233;. Et il avait des id&#233;es qui lui tenaient &#224; c&#339;ur, comme son projet de loi priv&#233; C-40 qui aurait facilit&#233; l'acc&#232;s des personnes &#226;g&#233;es au suppl&#233;ment de revenu garanti. Et ses convictions ind&#233;pendantistes &#233;taient r&#233;elles. Je n'oublierai pas cette rencontre, organis&#233;e par la section Pierre-Le Gardeur de la SSJB, au plus fort du d&#233;bat sur les accommodements raisonnables, o&#249; j'avais sermonn&#233; la conf&#233;renci&#232;re sur un point en particulier et termin&#233; mon la&#239;us par une petite envol&#233;e ind&#233;pendantiste bien sentie que n'avait pas eut l'heur d'appr&#233;cier l'invit&#233;e. N'emp&#234;che qu'&#224; la fin de la soir&#233;e, le d&#233;put&#233; Gravel, alors nouvellement &#233;lu et pr&#233;sent dans la salle (et sans doute pr&#233;sent au m&#234;me moment &#224; la Chambre des communes !), &#233;tait venu me saluer et m'avait dit &#171; je suis bien d'accord avec vos propos de ce soir &#187;. Comme je n'y &#233;tais pas all&#233; avec le dos de la cuill&#232;re, ce commentaire m'&#233;tait apparu comme une b&#233;n&#233;diction, comme si le bon Dieu &#233;tait de mon bord.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais bon, l'abb&#233; Gravel a fait le choix de retourner aupr&#232;s de ses brebis, et chacun sait que les voies du Seigneur sont imp&#233;n&#233;trables. N'emp&#234;che que nous ne sommes pas chanceux &#224; Repentigny. Au provincial, nous avions Jacques Parizeau, et nous l'avons perdu &#224; cause de l'argent et des ethnies, ensuite nous avions Jean-Claude St-Andr&#233;, et il a &#233;t&#233; battu de justesse &#224; cause de la d&#233;ferlante ad&#233;quiste. Au f&#233;d&#233;ral, nous avions Beno&#238;t Sauvageau, et il s'est tu&#233; dans un accident b&#234;te comme tout, ensuite nous avions l'abb&#233; Gravel et cela chatouillait Sa papaut&#233;. Cout'donc, faudrait-il moi itou que je me mette &#224; crier : &#171; Y'a pas de place nulle part pour les Ovide Plouffe du monde entier ! &#187; Avec tous ces d&#233;put&#233;s partis, me voil&#224; bien d&#233;pit&#233; ! Mais il faut en revenir un jour, alors on se jette une tasse de camomille derri&#232;re la cravate, on respire par le nez et on se calme le pompon.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, la nature ayant horreur du vide, le Bloc qu&#233;b&#233;cois a tenu une course &#224; l'investiture qu'a remport&#233;e Nicolas Dufour. Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai eu un sacr&#233; choc. Ma femme lisait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'Hebdo Rive-Nord&lt;/i&gt; o&#249; l'on annon&#231;ait qu'un jeune de 12 ans se pr&#233;senterait pour le Bloc ! Douze ans ? Il faut dire que j'&#233;tais assis en face de bobonne et que je faisais l'exercice de lire &#224; l'envers, j'avais donc invers&#233; les chiffres. Reste que 21 ans c'est jeune en b&#233;bite. Pourtant, en y r&#233;fl&#233;chissant bien, sir Wilfrid Laurier, qui donna son nom &#224; une bo&#238;te de cigares (je l'ai vue &#224; Saint-Lin, dans sa maison natale), comme Laura Secord donna le sien &#224; une bo&#238;te de chocolats, eh bien, ce Laurier-l&#224; commen&#231;a en politique d&#232;s l'&#226;ge de dix ans en prenant le parti des r&#233;formistes de Lafontaine et de Baldwin (je tiens ma source d'un certain Wiki P&#233;dia avec qui je clavarde &#224; l'occasion). Vu sous cet angle, le jeune Nicolas s'y prend tard. Je lui en aurais bien fait la remarque, mais ma femme &#233;tait pass&#233;e avant moi et lui avait dit exactement le contraire. On aurait eu l'air d'un couple d&#233;pareill&#233;, si bien que j'ai ferm&#233; ma grande trappe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux qui me connaissent un brin le savent et ceux qui ne me connaissent pas s'en sacrent, c'est un secret de polichinelle que je vais voter pour le Bloc, m&#234;me si sur l'&#233;chelle Richter de la politique je suis plut&#244;t du c&#244;t&#233; des radicaux. Je vote Bloc pour les m&#234;mes raisons que Victor-L&#233;vy Beaulieu va voter Bloc (&#171; La pr&#233;sence du Bloc &#224; Ottawa est un mal n&#233;cessaire et a un r&#244;le essentiel &#224; jouer pour pr&#233;parer et forcer la main des ind&#233;pendantistes pour qu'ils comprennent l'urgence de faire l'ind&#233;pendance. &#187;). Je vote Bloc &#224; cause de Jean Dorion, un homme de conviction et un grand Qu&#233;b&#233;cois, pour qui je souhaite un succ&#232;s &#233;clatant dans Longueuil-Pierre-Boucher. &#192; cause de la sympathique Maria Mourani aussi... et de combien d'autres. Je vote peut-&#234;tre Bloc &#224; cause de ma cousine germaine, d&#233;put&#233;e bloquiste, et du souvenir de cette joyeuse journ&#233;e d'hiver pass&#233;e chez les grands-parents Durand, alors qu'on avait entonn&#233; en ch&#339;ur une chanson de Francis Lopez : &#171; Heureux comme un roi &#187;, &#224; laquelle on ajoutait &#224; tout bout de champ, pour rire, la phrase &#171; pas de culotte, pas de culotte &#187;. Chose s&#251;re, contrairement &#224; Ghislain Lebel, jamais au grand jamais je ne voterai pour un candidat conservateur, plut&#244;t annuler mon vote ou m&#234;me voter marxiste-l&#233;niniste (ce qui est, vous l'aurez devin&#233;, une tautologie).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans Repentigny, les candidats qui affrontent Nicolas Dufour laissent plut&#244;t &#224; d&#233;sirer. Il y a le conservateur Bruno Royer, qui ressemble &#224; un vendeur de chars comme deux gouttes d'eau. D'embl&#233;e, il a d&#233;clar&#233; au journal local qu'il n'a pas l'intention de faire des promesses s'il est &#233;lu, pr&#233;f&#233;rant se mettre &#224; l'&#233;coute des gens du comt&#233;. &#199;a promet. Le candidat lib&#233;ral, Robert Semegen, lui, est un authentique vendeur de chars (Repentigny Toyota&#8230; ceci n'est pas un placement de produit, sachez-le). Semegen a fait cette d&#233;claration au journal local (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Hebdo Rive-Nord&lt;/i&gt;, 20 septembre 2009, page 9) : &#171; M&#234;me si on mettait un cochon au Bloc, il passerait quand m&#234;me. &#187; Si ce gros porc le dit, pourquoi diantre se pr&#233;sente-t-il alors ? Eh bien, dit-il, &#171; je suis pr&#234;t &#224; n'importe quoi pour nettoyer ce bel environnement. &#187; Sous-entendu : m&#234;me &#224; me vautrer dans le purin. Et, plus loin : &#171; Je suis une personne pour qui le respect est d'une extr&#234;me importance. &#187; Arr&#234;te ton char, Ben Hur ! Et il y a R&#233;jean Bellemare, pour le NPD, qui esp&#232;re se faufiler parmi les autres et remporter la mise. Bien que je sois sensible &#224; son propos, je refuse de voter pour ce parti centralisateur, avec un Mulcair qui fut l'avocat d'Alliance Qu&#233;bec, une candidate Anne Lagac&#233;-Dowson qui met sur un pied d'&#233;galit&#233; Gaston Miron et Mordecai Richler (au combat des livres &#224; Radio-Canada) et un parti qui n'a jamais pris position contre la partition du Qu&#233;bec (&#224; l'exception de Svend Robinson qui l'avait fait mais &#224; titre personnel) et qui a vot&#233; pour la loi sur la clart&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Hier, au centre-ville de Montr&#233;al, j'ai rencontr&#233; Pierre Ch&#233;nier, un ami que je n'avais pas revu depuis 25 ans. On &#233;tait &#233;tudiants &#224; l'UQAM en &#233;tudes litt&#233;raires et on r&#234;vait de changer le monde. On militait alors pour le parti marxiste-l&#233;niniste, que j'ai quitt&#233; d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt. (NOTE : Gilles Duceppe militait pour sa part dans le Parti communiste ouvrier, une organisation similaire.) Pierre diffusait justement un tract pour le parti marxiste-l&#233;niniste. Il se pr&#233;sente d'ailleurs &#224; nouveau comme candidat dans la circonscription de Mississauga-Est &#8211; Cooksville, en Ontario. Pierre m'a dit qu'il restera au Qu&#233;bec jusqu'aux &#233;lections&#8230; &#171; apr&#232;s tout, je suis Qu&#233;b&#233;cois ! &#187; La derni&#232;re fois, en 2006, il avait obtenu 164 votes dans Mississauga, se pourrait-il qu'il en obtienne moins cette fois-ci ? Pierre est devenu entre-temps l'un des principaux dirigeants de son organisation, fond&#233;e par Hardial S. Bains, un type qui n'aura jamais au courant de sa vie appris un tra&#238;tre mot de fran&#231;ais. Pierre m'a parl&#233; du combat r&#233;volutionnaire que m&#232;ne son parti, sans chercher &#224; savoir o&#249; je me situais politiquement aujourd'hui, car, bien entendu, cela ne l'int&#233;ressait pas et, hors de sa secte, point de salut ! Finalement, il m'a fait un petit peu penser au pape et je n'ai pas attendu sa b&#233;n&#233;diction pour aller voir ailleurs si j'y &#233;tais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Quelle pointure chaussait F&#233;lix ?</title>
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		<dc:date>2008-09-04T05:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>L'&#233;tudiante de 17 ans est partie &#224; l'&#233;pouvante quand on lui a dit que la langue fran&#231;aise &#233;tait dehors, dans un panier d'ordures, mourait de froid et de faim. Elle l'a emport&#233;e, soign&#233;e, gu&#233;rie et sauv&#233;e.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se trouve des hurluberlus pour dire qu'ils ont vu Elvis Presley la semaine derni&#232;re sur un coin de rue &#224; Memphis et d'autres, plus fous encore, pour pr&#233;tendre que le fran&#231;ais se porte bien au Qu&#233;bec. Remarquez que pour la premi&#232;re assertion, je pencherais pour dire que cela se peut. Apr&#232;s tout, n'ai-je pas crois&#233; Elvis d&#233;j&#224; &#224; la boulangerie de Sainte-B&#233;atrix ? Avant qu'on ne vienne me passer la camisole de force, pr&#233;cisons que mon Elvis &#224; moi n'avait rien de paranormal et que c'&#233;tait plut&#244;t le com&#233;dien Julien Poulin, qui personnifie Elvis Gratton dans les films de Falardeau et qui demeure dans Lanaudi&#232;re de toute fa&#231;on. Pour ce qui est d'Elvis Presley, il faut bien se faire &#224; l'id&#233;e qu'il est mort, tout comme Marilyn Monroe d'ailleurs, dont Tony Curtis, qui &#233;tait de passage &#224; Montr&#233;al le mois dernier, dans le cadre du Festival des films du monde, confirmait m&#234;me au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; qu'elle s'&#233;tait suicid&#233;e (m&#233;chant scoop !) et rabrouait la th&#232;se de l'assassinat (cette fabulation qui a la vie dure &#224; cause de l'idylle qu'on lui a pr&#234;t&#233;e avec les fr&#232;res Kennedy). Bref, car l&#224; je sens que je m'&#233;loigne du sujet, pour les morts, quand ils le sont vraiment, les chances de les rencontrer autrement qu'en esprit sont minces, &#224; moins d'aller les rejoindre dans l'au-del&#224;&#8230; tr&#232;s peu moi, le ciel peut attendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;F&#233;lix Leclerc nous a quitt&#233; le 8 du huiti&#232;me mois vers 8 heures en 88 ! Avouez que c'est plus fort qu'Elvis surpris &#224; manger un roteux au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montr&#233;al Pool Room&lt;/i&gt; et qu'en plus, l&#224;, c'est vrai&#8230; h&#233;las ! Car il nous manque, notre troubadour, notre barde, notre c&#233;l&#232;bre chansonnier, qui nous a laiss&#233;s inconsolables comme ce &#171; pauvre Bozo pleurant sur son radeau &#187;. Vingt ans d&#233;j&#224; et l'on sait que les anniversaires, surtout quand ils ont des chiffres ronds, on les souligne d'ordinaire davantage. Et c'est tr&#232;s bien ainsi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce concert de comm&#233;morations pour F&#233;lix, s'il faut &#224; n'en point douter saluer l'&#339;uvre litt&#233;raire et musicale, et se rappeler en les fredonnant ses plus belles chansons (Dieu sait que F&#233;lix n'en manquait pas, voire n'en manquait pas une), il importe aussi, pour les ind&#233;pendantistes, de se souvenir que F&#233;lix &#233;tait du m&#234;me c&#244;t&#233; de la barricade que nous. C'est en substance ce qu'on pouvait lire sur un tract distribu&#233; par des militants du R&#233;seau de R&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois le 8 ao&#251;t dernier, lors des Francofolies de Montr&#233;al, qui citait les derni&#232;res lignes du &#171; Tour de l'&#238;le &#187; : &#171; Les fruits sont m&#251;rs dans les vergers de mon pays. &#199;a signifie l'heure est venue si t'as compris. &#187; Et qui se terminait, si ma m&#233;moire est bonne (mais ne vous y fiez pas trop quand m&#234;me), par &#171; Joignez les rangs de la R&#233;sistance. Vive le Qu&#233;bec libre ! &#187; Toujours aux Francofolies, d'autres militants, cette fois du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais, faisaient signer une p&#233;tition pour le renforcement de la Charte de la langue fran&#231;aise. Voil&#224; &#224; mon avis deux belles et militantes fa&#231;ons de comm&#233;morer F&#233;lix. Je dis cela, mais il ne faudrait pas pour autant bouder notre plaisir et se priver des chansons de F&#233;lix, qu'elles soient douces, na&#239;ves, d'amour, gaies ou tristes, ou engag&#233;es comme &#171; L'alouette en col&#232;re &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec poss&#232;de de tr&#232;s grandes voix pour interpr&#233;ter les chansons de F&#233;lix. On l'a vu &#224; maintes reprises, que l'on pense, pour n'en nommer qu'une, &#224; Johanne Blouin lors de notre F&#234;te nationale, cette m&#234;me Johanne Blouin qui r&#233;cidivait plus t&#244;t cette semaine en lan&#231;ant avec quatorze autres artistes un album hommage &#224; F&#233;lix. Le 24 ao&#251;t dernier, j'&#233;tais sur les Plaines d'Abraham avec bobonne pour le spectacle du 400e &#171; Paris &#8211; Qu&#233;bec &#187; quand Linda Lemay et Hugues Aufray ont repris le &#171; Petit bonheur &#187;. Dans la m&#234;me soir&#233;e, Yves Duteil reprenait pour la mille et uni&#232;me fois sa &#171; Langue de chez nous &#187; (qu'il avait d&#233;di&#233;e d'ailleurs &#224; F&#233;lix), dans laquelle il nous trimballe pour notre plus grand &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;petit&lt;/i&gt; bonheur de l'&#206;le d'Orl&#233;ans jusqu'&#224; la Contrescarpe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce m&#234;me 24 ao&#251;t, mais en apr&#232;s-midi, j'ai refait le tour de l'&#238;le d'Orl&#233;ans, lieu des anc&#234;tres de F&#233;lix (mais aussi des Durand&#8230; quoique, au fond, tout cela a bien peu d'importance &#8211; surtout pour les Durand ! &#8211; puisque l'&#238;le mythique se confond avec le pays qu&#233;b&#233;cois tout entier). J'ai visit&#233; l'Espace F&#233;lix-Leclerc. Au risque de vous para&#238;tre renoteux sur les bords, j'ai trouv&#233; dommage et un brin inutile que certains des panneaux pr&#233;sent&#233;s dans ce mus&#233;e contiennent des traductions anglaises. Je m'explique. Les visiteurs du lieu sont quasiment tous francophones, sinon francophiles. Moi qui ai maintes fois visit&#233; les mus&#233;es ontariens, because la belle-famille, je peux vous dire que des inscriptions bilingues (&#224; moins que ce ne soit dans un mus&#233;e f&#233;d&#233;ral), c'est rare comme de la merde de pape. Et, j'insiste, je ne veux pas accabler les initiateurs de ce magnifique Espace F&#233;lix-Leclerc, oh que non ! mais j'ai pens&#233; immanquablement &#224; ces mots tir&#233;s du &#171; Tour de l'&#238;le &#187; : &#171; On veut la mettre en minijupe and speak english. Faire &#231;a &#224; elle l'&#206;le d'Orl&#233;ans, notre fleur de lyse. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand j'ai fait remarquer les inscriptions bilingues &#224; mon &#233;pouse, qui est anglaise, la pauvre (car &#231;a ne se corrige pas), depuis sa naissance en Ontario, elle m'a r&#233;pondu : &#171; Sois pas fou, ou tu cherches des poux, ou tu vois de l'anglais partout. &#187; (Comme monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, ma femme fait des rimes en crime.) Ce &#224; quoi j'ai r&#233;pondu du tic au tac, comme disait l'autre : &#171; Je peux bien voir de l'anglais partout, figure-toi donc que &#231;a fait bient&#244;t trente ans que je couche avec une Anglaise. &#187; Et vlan ! &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quins-to&#233; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour revenir &#224; F&#233;lix, puisque la plupart des hommages qui lui seront rendus feront peu ou prou abstraction de son engagement politique, rappelons certains de ses propos, comme celui-ci rapport&#233; par le journaliste Pierre Gravel de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; en janvier 1965 : &#171; Un colonis&#233;, c'est un homme d&#233;personnalis&#233;. Qui parle, s'habille comme son ma&#238;tre, le singe et le lit. Et qui au fond le hait et l'envie. Un homme libre, c'est un homme qui n'a pas honte de son p&#232;re et sa m&#232;re, ni de son milieu. Qui circule t&#234;te haute sur la plan&#232;te, commandant le respect et la fiert&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En janvier 1980, lors d'un spectacle t&#233;l&#233;diffus&#233;, Leclerc d&#233;clare &#224; la toute fin : &#171; Le Qu&#233;bec est un pays divis&#233;, except&#233; quand il chante. Chante Qu&#233;bec et tu ne mourras pas. &#187; Encore serait-il indiqu&#233; aujourd'hui de pr&#233;ciser, question de faire un &#233;ni&#232;me pied de nez &#224; mademoiselle &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Picarbenne&lt;/i&gt; : &#171; Chante en fran&#231;ais Qu&#233;bec et tu ne mourras pas. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Impliqu&#233; dans le camp du Oui au r&#233;f&#233;rendum de 1980, Leclerc dit ceci : &#171; Si les Qu&#233;b&#233;cois avaient, pour tout ce qui est qu&#233;b&#233;cois, la moiti&#233; du fanatisme que les Anglais ont pour tout ce qui est anglais, Qu&#233;bec serait un pays libre demain matin. Le m&#234;me exemple va pour les Juifs&#8230; Qu&#233;bec serait une force redout&#233;e et redoutable. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#233;t&#233; de 1983, F&#233;lix accepte l'invitation de Jean-Pierre Ferland de participer &#224; son &#233;mission &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Station Soleil&lt;/i&gt; sur les ondes de Radio-Qu&#233;bec. Il s'adresse alors plus sp&#233;cifiquement aux jeunes, les exhortant de persister dans leur qu&#234;te d'un pays, soulignant que certains peuples ont pris jusqu'&#224; 200 ans pour gagner leur ind&#233;pendance : &#171; Ce n'est pas vrai que cette id&#233;e (d'ind&#233;pendance) soit d&#233;pass&#233;e. Il faut ressusciter ce r&#234;ve. Il faut en parler encore. Si on se laisse faire, on deviendra la Louisiane. La jeunesse, &#224; qui appartient la t&#226;che de changer les choses, doit prendre la place des a&#238;n&#233;s et faire son choix d&#233;cisif. La souverainet&#233;, c'est maintenant son affaire ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Leclerc &#233;crira, ou commettra, c'est selon, d'autres textes engag&#233;s comme cette magnifique &#233;pitaphe pour Ren&#233; L&#233;vesque : &#171; La premi&#232;re page de la vraie histoire du Qu&#233;bec vient de se terminer, &#224; ceux qui restent d'&#233;crire la deuxi&#232;me. (&#8230;) Dor&#233;navant, il fait partie de la courte histoire des lib&#233;rateurs de peuple. &#187;. Et encore, ce c&#233;l&#232;bre texte du printemps 1988 qu'il fit parvenir &#224; la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste de Montr&#233;al au sujet de la Charte de la langue fran&#231;aise et qui dit entre autres ceci : &#171; Nous avions la Loi 101 comme protection et survie. O&#249; est-elle rendue ? &#187; Mais mon texte pr&#233;f&#233;r&#233; de F&#233;lix sur la question du fran&#231;ais demeure ce t&#233;l&#233;gramme lu lors de la manifestation du Mouvement Qu&#233;bec Fran&#231;ais, le 17 avril 1988 : &#171; L'&#233;tudiante de 17 ans est partie &#224; l'&#233;pouvante quand on lui a dit que la langue fran&#231;aise &#233;tait dehors, dans un panier d'ordures, mourait de froid et de faim. Elle l'a emport&#233;e, soign&#233;e, gu&#233;rie et sauv&#233;e. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, quelle pointure chaussait F&#233;lix ? Cette question est sans int&#233;r&#234;t, l'essentiel &#233;tant de marcher dans ses pas&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(NOTE : La majeure partie des citations de F&#233;lix sont tir&#233;es du merveilleux livre que lui a consacr&#233; Marcel Brouillard : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;F&#233;lix Leclerc, L'histoire d'une vie&lt;/i&gt;, paru aux Intouchables. Rappelons que la SSJB de Montr&#233;al pr&#233;sente dimanche le 7 septembre, &#224; midi, un spectacle-conf&#233;rence intitul&#233; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;F&#233;lix, 20 ans d&#233;j&#224;&lt;/strong&gt;, anim&#233; par Marcel Brouillard, avec la pr&#233;sence de Ga&#233;tan Leclerc, le neveu de F&#233;lix, qui interpr&#233;tera plusieurs chansons de ce grand Qu&#233;b&#233;cois. On s'informe pour les billets en contactant la SSJB de Montr&#233;al au num&#233;ro suivant : 514-843-8851.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>L'obsession du bilinguisme</title>
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		<dc:date>2008-08-18T21:37:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Si l'on en croit moult commentateurs patent&#233;s, le bilinguisme anglais-fran&#231;ais au Qu&#233;bec serait la panac&#233;e devant laquelle il faut s'incliner si l'on ne veut pas mourir idiot.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on en croit moult commentateurs patent&#233;s, le bilinguisme anglais-fran&#231;ais au Qu&#233;bec serait la panac&#233;e devant laquelle il faut s'incliner si l'on ne veut pas mourir idiot. &#192; les entendre, la ma&#238;trise de l'anglais est incontournable pour tous, voire transcende les autres apprentissages. Il est alors de bon ton que toute la soci&#233;t&#233; se rattrape et devienne en criant ciseau &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;full&lt;/i&gt; bilingue. Hors du bilinguisme&#8230; vous connaissez la suite. Afin d'arriver &#224; cet &#233;tat de s&#233;r&#233;nit&#233; supr&#234;me, les jeunes Lib&#233;raux ont &#233;chafaud&#233; quelques plans, comme d'imposer le bilinguisme int&#233;gral &#224; tous les enfants du primaire, de la premi&#232;re &#224; la sixi&#232;me ann&#233;e, ou, &#224; tout le moins, obliger tous les enfants de sixi&#232;me &#224; passer la moiti&#233; de leur ann&#233;e scolaire en immersion anglaise totale. John James Charest a tenu, sans doute pour d&#233;canter ses id&#233;es et pour faire oublier le laxisme de son gouvernement en ce qui a trait au fran&#231;ais, &#224; mod&#233;rer leurs ardeurs. En gros, Patapouf a conseill&#233; aux jeunes turcs de ne pas monter sur leurs grands chevaux en administrant un rem&#232;de de cheval aux &#233;coliers qui parlent&#8230; joual (utilis&#233; ici, vous l'aurez compris, sans connotation p&#233;jorative). Mon petit doigt me dit que ces propositions ne resteront pas lettre morte et qu'elles reviendront bet&#244;t. Consid&#233;rons cela comme un ballon d'essai, puisqu'il n'est pas dans la nature des ren&#233;gats d'abandonner si pr&#232;s du but.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais cet emballement excessif pour le bilinguisme est contagieux et n'&#233;pargne pas non plus le camp souverainiste. Loin s'en faut. J'en veux pour preuve Pauline Marois, qui se faisait un sang d'encre au printemps dernier parce que les enfants &#8211; pensez donc ! &#8211; ne sortaient pas de l'&#233;cole bilingues. La Castafiore, catastroph&#233;e par l'ignorance crasse des siens, et pour pr&#234;cher par l'exemple, se fit tout de go le chantre de l'Institut linguistique provincial et autres m&#233;thodes Assimil. L'aspirante au poste de premi&#232;re ministre n'a rien trouv&#233; de mieux ensuite que de faire &#233;talage de ses connaissances dans la langue de Noah et Mordecai Richler, pour que tout le monde en parle, devant un Guy A. Lepage aussi impressionn&#233; que les fois o&#249; il a re&#231;u sur son plateau radio-canadien Simple Plan et Pascale Picard Band (et le b&#234;ta se flatte apr&#232;s &#231;a d'avoir connu Pierre Bourgault !).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant &#224; Justin Trudeau, alias Tit-PET, il y est all&#233; d'une d&#233;claration dingue, digne donc de son illustre paternel, devenu depuis un a&#233;roport, comme quoi &#233;taient paresseux &#171; les ceuses &#187; (excusez mon &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;lousy French&lt;/i&gt;) qui ne devenaient pas bilingues. Certes, il a lanc&#233; ce pav&#233; dans la mare quelque part en Alberta, l&#224; o&#249; l'on se moque du bilinguisme comme de sa premi&#232;re chemise &#224; carreaux, mais c'est le Qu&#233;bec qu'il visait avec son subtil message. Et du coup il s'en est justement trouv&#233;s au Qu&#233;bec pour se sentir coupables de ne rien faire pour m&#233;riter leurs Rocheuses. Vite, sortez les kleenex, je sens qu'&#224; mon tour je vais brailler comme une Madeleine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'on me comprenne bien ici, je ne reproche &#224; personne d'apprendre l'anglais, pas plus que le macram&#233; ou la danse en ligne d'ailleurs, et je n'ai rien contre le bilinguisme individuel, le trilinguisme, le quadrilinguisme et, m&#234;me, de poss&#233;der quinze langues vivantes et une langue morte si votre but dans la vie est de postuler pour devenir pape (puisque la fonction exige d'&#234;tre polyglotte tout autant que croyant). Je n'en ai pas contre la comp&#233;tence linguistique, non plus que contre Gr&#233;gory Charles, j'en ai contre cette lubie collective qui charrie l'id&#233;e que tout le monde doit &#234;tre bilingue, que ce soit pour traire ses vaches, arroser son gazon ou transporter des meubles. Faut pas pousser !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour nous convaincre, on nous brandit des arguments massue comme la mondialisation. Elle a bon dos la mondialisation, comme si nous avions tous demain &#224; n&#233;gocier un contrat d'h&#233;licopt&#232;res avec les &#238;les Fidji ou, encore, comme si nous &#233;tions tous des militants altermondialistes (qui, all&#244; la Terre ? pour d&#233;noncer l'h&#233;g&#233;monisme am&#233;ricain, n'h&#233;siteront pas &#224; d&#233;ployer une banni&#232;re unilingue anglaise en plein c&#339;ur de Paris).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai un ami tr&#232;s haut plac&#233; &#8211; le seul que je connaisse, d'o&#249; ma propension &#224; le souligner ! &#8211; qui est dans l'industrie papeti&#232;re. Il s'est rendu au Japon pour n&#233;gocier un contrat tr&#232;s lucratif. Il s'attendait &#224; ce que les &#233;changes se passent en anglais. Quelle ne fut pas sa surprise de voir que tous ses interlocuteurs ne faisaient affaire qu'en japonais et que, par cons&#233;quent, un interpr&#232;te devenait indispensable. C'est l&#224; qu'il comprit qu'au pays du soleil levant l'anglais &#233;tait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nippon&lt;/i&gt; ni mauvais (je sais, cette blague a de la barbe). Tout cela m'am&#232;ne &#224; penser que, plut&#244;t que de mettre tous nos &#339;ufs dans le m&#234;me sac recyclable, il vaudrait sans doute mieux diversifier l'offre linguistique dans nos institutions d'enseignement et proposer, en plus de l'anglais, l'espagnol, l'allemand, le russe, le japonais&#8230; et, pourquoi pas, un chausson avec cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pour nos partisans du bilinguisme sur toute la ligne, rien n'arr&#234;tera leur croisade pour la propagation de la foi (s&#251;rement celle du charbonnier). Leur obsession est telle que si on ne les arr&#234;te pas, ils r&#233;ussiront &#224; convaincre les CPE de proposer des activit&#233;s en anglais aux tout-petits. Et les employ&#233;s des pouponni&#232;res seront invit&#233;s &#224; fredonner des berceuses en anglais, des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;lullabies&lt;/i&gt;, afin d'habituer les jeunes oreilles aux sons m&#233;lodieux de la langue de Winnie-the-Pooh. Que ceux qui pensent qu'on s'arr&#234;tera l&#224; se d&#233;trompent. Quand on en aura fini avec les humains, on pensera aux b&#234;tes. Adieu le temps o&#249; les canards qui, en sortant de la mare, se secouaient le bas des reins et faisaient coin-coin&#8230; d&#233;sormais, ils devront faire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;cwak cwak&lt;/i&gt; ou fermer leurs gueules. Mais, tr&#234;ve de plaisanterie, revenons &#224; nos moutons et parlons maintenant du loup dans la bergerie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ne soyons pas dupes, cette promotion tous azimuts pour le bilinguisme &#8211; le &#171; bilinguisme colonial &#187;, comme l'appelait judicieusement Albert Memmi &#8211; cette surestimation maladive de la n&#233;cessit&#233; absolue du bilinguisme, favorise en bout de piste l'anglicisation. Alors que dans un &#201;tat normal, c'est le fran&#231;ais qui devrait &#234;tre promu et valoris&#233;, ici, au Qu&#233;bec, c'est l'anglais qui b&#233;n&#233;ficie plut&#244;t d'un traitement de faveur, alors qu'il profite, pour ne pas dire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;surprofite&lt;/i&gt; d&#233;j&#224; d'innombrables relais pour se faire entendre et diffuser (chanson, cin&#233;ma, t&#233;l&#233;vision, Internet&#8230;). L'anglais est une langue h&#233;g&#233;monique, voire pr&#233;datrice (qui d&#233;vore les autres). Il ne s'agit pas de la faire dispara&#238;tre (on n'y arriverait pas de toute fa&#231;on), mais de ne pas lui d&#233;rouler le tapis rouge et de se comporter comme des carpettes devant son usage. Un peu de fiert&#233; d'&#234;tre francophones ne nous &#233;toufferait pas tant que cela &#224; ce que je sache. Il n'y a pas que le bilinguisme qui soit vertueux, apr&#232;s tout, ou que l'anglais qui doive &#234;tre mis sur un pi&#233;destal ou pour qui l'on doive se fendre en quatre. Sinon on en arrivera avant longtemps &#224; &#233;riger en mod&#232;le un tarla ou une tarlaise pourvu qu'il ou elle soit bilingue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on accorde une si grande plus-value au fait d'&#234;tre bilingue, c'est que certaines de nos &#233;lites nous ass&#232;nent que l'anglais est essentiel au Qu&#233;bec, autant sinon davantage que le fran&#231;ais. Qu'&#224; force de nous le r&#233;p&#233;ter, on finit par le r&#233;p&#233;ter &#224; notre tour. Ainsi, pour nous le prouver, au lieu de franciser les milieux de travail, le gouvernement paye des cours d'anglais aux n&#233;o-Qu&#233;b&#233;cois ! Un ami me racontait qu'un organisme sans but lucratif dont il a la charge avait, il y a quelques ann&#233;es, embauch&#233; comme r&#233;ceptionniste une jeune femme r&#233;cemment arriv&#233;e de Russie. La jeune immigrante, apr&#232;s avoir suivi des cours de fran&#231;ais, arrivait &#224; se d&#233;brouiller, mais elle avait un accent &#224; trancher au couteau, ce qui occasionnait parfois certains probl&#232;mes et pouvait &#234;tre dissuasif, bien malgr&#233; elle, pour les gens tent&#233;s de contacter l'organisme. Mais bon, &#224; ce moment-l&#224;, l'OSBL n'avait plus les sous pour garder la jeune dame et dut se passer des services d'une r&#233;ceptionniste. Un an plus tard, les moyens financiers reviennent et l'on rappelle la jeune dame, qui est libre, pour la r&#233;embaucher. Son fran&#231;ais laisse toujours &#224; d&#233;sirer. Elle leur apprend que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois lui a pay&#233; entre-temps des cours pour apprendre l'anglais. Mon ami s'enquiert alors aupr&#232;s du gouvernement s'il est possible d'obtenir des cours de perfectionnement en fran&#231;ais. Nenni. C'est donc au frais d'un organisme qui ne roule d&#233;j&#224; pas sur l'or qu'on pourra lui procurer de tels cours. Charest s'en lave les mains.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Allons faire un tour maintenant dans le quartier chinois de Montr&#233;al. Le nom du resto est en fran&#231;ais, mais, une fois &#224; l'int&#233;rieur, l'anglais r&#232;gne en ma&#238;tre (et le mandarin ou le cantonais, je ne sais trop, arrive bon second). Il n'y a pas de menu, c'est un buffet, mais la carte des vins est en anglais, la carte d'affaires &#224; la sortie est en anglais et en chinois, la serveuse qui verse de l'eau &#224; tout bout de champ et qui demande, avec ce magnifique sourire dont les gens d'origine chinoise ont le secret, si vous voulez de l'alcool ne s'exprime qu'en anglais. Celui qui dessert les tables vous indique o&#249; sont les toilettes, mais en anglais lui itou. Pourtant, la client&#232;le est majoritairement francophone&#8230; mais personne ne semble s'offusquer de la chose. Et si je m'avise d'exiger du fran&#231;ais, mettra-t-on plus de glutamate de sodium dans mon eau ? En sortant du restaurant, sur diff&#233;rents poteaux de lampadaires, je vois une annonce r&#233;dig&#233;e en anglais et en caract&#232;res chinois : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;English tutor at competitive prices&lt;/i&gt;. Une offre, une de plus, pour apprendre l'anglais. La plupart des num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone ont &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;s de l'annonce.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne faut pas reprocher (ou alors gentiment) aux nouveaux arrivants qui s'installent ici d'apprendre l'anglais plut&#244;t que le fran&#231;ais, puisqu'on le leur propose avec tant d'insistance et de facilit&#233;, puisqu'ils peuvent tout aussi bien vivre en anglais seulement et qu'ils seraient bien fous de ne pas s'en pr&#233;valoir ou de choisir le fran&#231;ais que pour nos beaux yeux, puisque l'anglais leur ouvre tout le continent et que, de toute fa&#231;on, certains d'entre eux sont en transit, n'&#233;tant pas fix&#233;s encore s'ils s'installeront &#224; Toronto, Vancouver ou aux &#201;tats-Unis. Car, &#224; Toronto, Vancouver ou aux &#201;tats-Unis, l'ambigu&#239;t&#233; est lev&#233;e. La question ne se pose pas, c'est en anglais que cela se passe. Voil&#224; l'apanage des pays normaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois contribue grandement, par son laxisme, &#224; la minorisation du fran&#231;ais, qui dans le contexte nord-am&#233;ricain pave &#224; son tour la voie &#224; sa disparition pure et simple . &#192; Montr&#233;al, les d&#233;g&#226;ts sont consid&#233;rables et ne laissent augurer rien de bon &#224; moyen terme. S'il y a une urgence pr&#233;sentement, c'est bien de battre en br&#232;che la vague d&#233;ferlante de l'anglais (qui passe par le bilinguisme). Le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais, Imp&#233;ratif fran&#231;ais, la SSJB, le RRQ, certains d&#233;put&#233;s du PQ, du Bloc qu&#233;b&#233;cois (cette liste n'est pas exhaustive) en font leur cheval de bataille, en m&#234;me temps que l'ind&#233;pendance qui, selon moi, pourra seule garantir la p&#233;rennit&#233; du fran&#231;ais. Camille Laurin disait en 1977 : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Nous vivons en Am&#233;rique, sur un continent o&#249; l'anglais est de loin la langue la plus r&#233;pandue. N'en point convenir rel&#232;verait de la folie. &#187;&lt;/strong&gt; Madame Marois, qui ne se mouille pas assez pour la langue &#224; mon go&#251;t, conna&#238;t-elle bien ses classiques ? Il m'arrive de plus en plus d'en douter et cela ne me dit rien qu'y vaille. Maintenant que madame Marois a suivi des cours d'anglais, serait-ce trop lui demander de s'inscrire &#224; des cours d'histoire&#8230; en fran&#231;ais, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;of course !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Bienvenue chez les &lt;i&gt;s'ties&lt;/i&gt;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Bienvenue-chez-les-s-ties</link>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>&#192; quelques jours de la F&#234;te nationale, Jean Dorion, pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste de Montr&#233;al, recevait sur son bureau une demande inusit&#233;e. L'organisateur qu&#233;b&#233;cois de l'association Petits Princes, un organisme fran&#231;ais vou&#233; &#224; r&#233;aliser les r&#234;ves d'enfants (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; quelques jours de la F&#234;te nationale, Jean Dorion, pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste de Montr&#233;al, recevait sur son bureau une demande inusit&#233;e. L'organisateur qu&#233;b&#233;cois de l'association Petits Princes, un organisme fran&#231;ais vou&#233; &#224; r&#233;aliser les r&#234;ves d'enfants gravement malades, demandait si la SSJB voulait bien accueillir, pour quelques heures &#224; son si&#232;ge social, une jeune Parisienne de dix-huit ans pr&#233;nomm&#233;e St&#233;phanie. Monsieur Dorion, qui est un humaniste et qui a bon c&#339;ur, r&#233;pondit &#224; Jean Lajeunesse &#8211; il ne s'agit pas du com&#233;dien ressuscit&#233;, on l'aura compris, mais de l'organisateur des Petits Princes &#8211; que la SSJB se ferait un plaisir d'apporter sa modeste contribution &#224; la r&#233;alisation du v&#339;u de St&#233;phanie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On se doute bien qu'un tel voyage exige une planification minutieuse, une logistique parfaitement rod&#233;e, dans un contexte s'accommodant de contraintes (la maladie de l'enfant n&#233;cessite que les m&#233;decins autorisent une fen&#234;tre de voyage, par exemple). La visite de la maison Ludger-Duvernay, qui abrite les bureaux de la Soci&#233;t&#233;, s'inscrivait comme l'une des multiples activit&#233;s pr&#233;vues &#224; l'horaire de St&#233;phanie. Dix jours qui permettraient &#224; la jeune fille de d&#233;couvrir sur les chapeaux de roues le Qu&#233;bec. Au programme, il y aurait des rencontres officielles (avec le maire G&#233;rald Tremblay notamment&#8230;), des activit&#233;s r&#233;cr&#233;atives (rafting dans les rapides de Lachine, baignade&#8230;) et culturelles (mus&#233;es, insectarium&#8230;), le survol des Basses-Laurentides en hydravion, du magasinage dans le Montr&#233;al souterrain (o&#249; St&#233;phanie d&#233;couvrirait que nos &#171; ventes &#187; tiennent ici lieu de soldes), une visite dans la cuisine du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fairmount Bagel&lt;/i&gt;, un t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec un artiste de renom (on ne nous autorise pas &#224; dire lequel), un d&#233;tour par le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montr&#233;al Pool Room&lt;/i&gt; (rendu c&#233;l&#232;bre pour ses &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;roteux&lt;/i&gt;), etc. Bref, de quoi passer des moments inoubliables et rapporter plein de beaux souvenirs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question &#224; cent balles (on parle ici de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;foin&lt;/i&gt;), qui assur&#233;ment vous br&#251;le les l&#232;vres, est de savoir pourquoi cette jeune Fran&#231;aise a choisi le Qu&#233;bec pour son r&#234;ve et, subsidiairement, pourquoi la SSJB a-t-elle &#233;t&#233; sollicit&#233;e ? Eh bien, tout simplement, parce que le grand-p&#232;re de St&#233;phanie est d'origine qu&#233;b&#233;coise, qu'il a quitt&#233; le Qu&#233;bec dans les ann&#233;es soixante et qu'il &#233;tait membre du RIN de Bourgault : &#171; Quand on me servait en anglais, je ne donnais pas de pourboire, je laissais une carte de visite de la SSJB qui disait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi pas du fran&#231;ais ?&lt;/i&gt; &#187; Et depuis qu'elle est toute petite, St&#233;phanie a entendu son grand-p&#232;re lui raconter son pays, l'histoire de sa famille, sa propre jeunesse, et elle s'est mise &#224; r&#234;ver d'y aller un jour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#234;ve de St&#233;phanie rimait donc avec le pays de son papi. Et pour quelques deux heures, un lundi apr&#232;s-midi, j'allais tent&#233;, avec le concours indispensable et pr&#233;cieux de trois autres militants de la SSJB (Diane Gignac, S&#233;bastien Pageon et Antoine Bilodeau pour ne pas les nommer), de donner un aper&#231;u de cette Soci&#233;t&#233; qui soufflera bient&#244;t ses 175 bougies et, &#224; travers elle, de parler de l'&#233;volution du Qu&#233;bec des cinquante derni&#232;res ann&#233;es. Quant on n'est pas historien, s'engager sur ce terrain est tout un contrat. Mais nous avions &#224; c&#339;ur d'honorer la parole de notre &#171; patron &#187; (je n'ai entendu que deux ou trois fois ce sobriquet pour monsieur Dorion, mais c'&#233;tait toujours dans un esprit fac&#233;tieux et sans malice aucune).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ni plus ni moins qu'un cours 101 sur la SSJB qui a &#233;t&#233; dispens&#233; &#224; notre invit&#233;e. On a fait rapidement connaissance avec Ludger Duvernay, devant une reproduction de la toile &#171; Premier Banquet &#8211; Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste de Montr&#233;al &#187; de l'artiste Lorenzo de Nevers (au fait, l'original, qui est dans le bureau de l'Association Canado-Am&#233;ricaine, &#224; Manchester, au New Hampshire, est &#224; vendre). Puis on a parl&#233; des Patriotes de 1837-1838, de cette r&#233;bellion qui n'a pas &#233;t&#233; victorieuse. On a parl&#233; du clerg&#233;, de son omnipotence parfois, sans le condamner, m&#234;me si des points demeurent questionnables. Certaines expressions langagi&#232;res d'ailleurs, inspir&#233;es de notre pass&#233; asperg&#233; d'eau b&#233;nite, comme ce &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;s'tie&lt;/i&gt; qu'on entend souvent, auraient pu &#234;tre &#233;voqu&#233;es, mais bon, il n'&#233;tait pas absolument indispensable de passer pour des p&#233;quenots aux yeux de la demoiselle. Il a &#233;t&#233; question de l'&#233;rection de la croix du mont Royal par la SSJB en 1924, gr&#226;ce notamment &#224; la vente de vignettes par les &#233;coliers de la commission des &#233;coles catholiques. On a parl&#233; des d&#233;fil&#233;s de la Saint-Jean-Baptiste, avec son mouton et son petit Jean-Baptiste&#8230; qui n'&#233;tait autre que l'enfant d'un &#233;picier de Sainte-Cun&#233;gonde, comme disait narquoisement Olivar Asselin, alors pr&#233;sident de l'auguste Soci&#233;t&#233;. On a aussi relat&#233; les d&#233;fil&#233;s qui tourn&#232;rent &#224; l'&#233;meute, en 1968, 1969, ce qui nous valut quelques ann&#233;es d'abstinence &#171; all&#233;gorique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il a &#233;t&#233; aussi question du dynamisme et de l'importance de la SSJB pour la d&#233;fense et l'illustration du fait fran&#231;ais. Il fut un temps o&#249; des soci&#233;t&#233;s Saint-Jean-Baptiste essaimaient par tout le Canada et m&#234;me aux &#201;tats-Unis. Car, &#224; n'en point douter, les Fran&#231;ais et, apr&#232;s eux, les Canadiens fran&#231;ais ont travers&#233; ce continent de part en part, ils se faisaient voyageurs (m&#233;tiss&#233;s parfois avec des squaws), d&#233;fricheurs et fondateurs. Dans la mythique exp&#233;dition de Lewis et Clarke, qui traversa les &#201;tats-Unis de 1804 &#224; 1806, il y avait des Fran&#231;ais, dont ce Toussaint Charbonneau, un trappeur canadien qui &#233;pousa la guide Sacagawea (apr&#232;s l'avoir gagn&#233;e &#224; un jeu de hasard ! non, ce n'&#233;tait pas au Bingo mohawk de Caughnawaga !). Les Fran&#231;ais et, apr&#232;s eux, les Canadiens fran&#231;ais ont tout lieu d'&#234;tre fiers de leurs voyages et r&#233;alisations dans le Nouveau Monde. Mais la Conqu&#234;te a apport&#233; son lot de drames, d'humiliations, de malheurs au peuple fran&#231;ais, l'a d&#233;cim&#233;, assimil&#233; et affaibli. &#192; cause des assauts redoubl&#233;s de nos adversaires, par la r&#233;pression et des lois iniques, par l'anglicisation voulue et planifi&#233;e des immigrants, les Canadiens fran&#231;ais n'ont r&#233;ussi qu'&#224; maintenir le Qu&#233;bec comme derni&#232;re citadelle des francophones sur ce continent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant tout le temps qu'on causait, St&#233;phanie &#233;coutait attentivement. Les personnes qui l'accompagnaient mettaient aussi leur grain de sel. Je me disais &#224; part moi qu'elle retiendrait de tout cela que l'histoire des francophones, apr&#232;s avoir merveilleusement commenc&#233; (Jacques Cartier, Champlain, Jeanne Mance et tutti quanti) avait &#233;t&#233; finalement celle de perdants, que son grand-p&#232;re avait &#233;t&#233; l'un des derniers Mohicans, bref, cela &#233;tait triste en titi, pour ne pas dire en verrat. C'est l&#224; que j'ai eu l'id&#233;e de faire mon petit la&#239;us sur l'ind&#233;pendance. Si j'avais eu la pr&#233;sence d'esprit, j'aurais m&#234;me apport&#233; avec moi le disque compact sur lequel figure le rap &#171; C'est une guerre &#187; interpr&#233;t&#233; par un jeune de Sherbrooke (allez sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;You Tube&lt;/i&gt; et demandez &#171; C'est une guerre M.P.I. &#187; pour voir le clip en question). Apr&#232;s avoir mentionn&#233; que la SSJB avait pris le virage ind&#233;pendantiste &#224; la fin des ann&#233;es soixante, j'ai tent&#233; d'expliquer que le Qu&#233;bec d'aujourd'hui est un peu comme le village d'Ast&#233;rix. Les Canadiens fran&#231;ais ont &#233;t&#233; d&#233;faits &#224; peu pr&#232;s partout, mais il reste une poign&#233;e d'irr&#233;ductibles Gaulois &#8211; les Qu&#233;b&#233;cois &#8211; qui r&#233;sistent toujours. Et nous avons la potion magique ! (J'ai dit cette phrase pour d&#233;cocher un sourire de St&#233;phanie&#8230; et ce fut le cas.) Puis, notre visiteuse a d&#251; repartir et nous nous sommes salu&#233;s dans le vestibule de la maison Ludger-Duvernay. Une jeune fille de dix-huit ans, quelque peu fr&#234;le et intimid&#233;e, poursuivait son chemin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que retiendra St&#233;phanie de sa visite &#224; la maison Ludger-Duvernay, je ne saurais le dire. Tout cela doit lui sembler bien compliqu&#233;, mais elle a tenu &#224; repartir avec des affiches de la SSJB pour remettre &#224; son grand-p&#232;re, dont les histoires ont d&#251; suffisamment la marquer pour qu'elle sugg&#232;re ainsi aux Petits Princes un tel voyage. Un grand-p&#232;re qui doit aussi beaucoup aimer le Qu&#233;bec pour avoir su partager ses souvenirs avec sa petite-fille. Dans la lettre qu'il adressait aux organisateurs, le grand-p&#232;re &#233;crivait : &#171; Pouvez-vous amener St&#233;phanie sur le mont Royal, voir la ville bien s&#251;r, mais surtout les &#233;cureuils&#8230; &#187; Eh bien, &#224; son retour en France, il sera ravi d'entendre de sa petite-fille ador&#233;e qu'elle a bien vu des &#233;cureuils&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On esp&#232;re, en terminant, ch&#232;re St&#233;phanie, que ton voyage &#171; chez tes cousins d'Am&#233;rique &#187; se sera bien d&#233;roul&#233; et que tu en tireras toute l'&#233;nergie n&#233;cessaire pour poursuivre ton combat contre la maladie. Porte-toi bien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Huntingdon pour ne rien vous cacher</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Te-prends-tu-pour-Parizeau,14422&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Ma pr&#233;c&#233;dente chronique&lt;/a&gt; n'a pas eu l'heur de plaire &#224; St&#233;phane Gendron, le maire de Huntingdon. D'avoir &#233;crit qu'il y avait trop de d&#233;nominations anglaises dans les odonymes et toponymes de la r&#233;gion du Suro&#238;t m'a valu de sa part quelques invectives. J'&#233;tais marqu&#233; au fer rouge comme &#233;tant un autre de ces &#171; s&#233;paratistes born&#233;s et incultes &#187; (ce sont l&#224; les gros mots employ&#233;s par le maire) dont les partisans du bonententisme aimeraient bien, &#224; l'instar de l'in&#233;narrable Alain Dubuc, qu'ils d&#233;posent les armes. La mauvaise conscience des autruches s'accommode mal en effet des propos intempestifs de bibi, qui a bon dos alors pour qu'on lui r&#233;serve un chien de sa chienne. C'est pourquoi, se sentant interpell&#233; et ne voulant pas passer pour le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Huntingdindon&lt;/i&gt; de la farce, Mister Gendron a r&#233;agi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, comme le mentionnait fort &#224;-propos Claude Richard en r&#233;action &#224; ce commentaire huntingdonnais, il n'a jamais &#233;t&#233; question dans mon esprit, qui reste sain &#224; d&#233;faut d'&#234;tre saint, il n'a jamais &#233;t&#233; question, dis-je, d'en appeler &#224; l'effacement de l'histoire, fut-elle r&#233;gionale, voire municipale. J'aime trop George Orwell pour patauger dans ces eaux-l&#224;. Je m'interrogeais tout simplement sur la pertinence et la n&#233;cessit&#233; de conserver &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;autant&lt;/strong&gt; de d&#233;nominations anglaises, t&#233;moins d'une &#233;poque o&#249; les Britanniques faisaient la pluie et le beau temps dans ce pays. En un mot comme en cent, je me demandais si on ne beurrait pas trop &#233;pais avec la nostalgie du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;British&lt;/i&gt; h&#233;ritage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et mon propos ne valait pas seulement pour un territoire donn&#233;, car je ne fais pas dans le r&#233;gionalisme, croyez-m'en. Toutes ces rues Victoria, Queen, George V, King qui pullulent dans les villes, villages et moindres recoins du Qu&#233;bec, vous ne trouvez qu'il y en a un peu trop ? Et tous ces monuments &#233;rig&#233;s par nos colonisateurs, comme la colonne Nelson dans le Vieux-Montr&#233;al, sont-ils &#224; ce point n&#233;cessaires ou ne servent-ils pas plut&#244;t &#224; nous rappeler l'inf&#226;me Conqu&#234;te ? Bref, voil&#224; en substance o&#249; je voulais en venir et qui a provoqu&#233; une mont&#233;e de lait du maire Gendron.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bon prince, j'ai per&#231;u dans le commentaire du maire une invitation &#224; peine d&#233;guis&#233;e &#224; visiter sa ville. Comme je suis toujours en vacances dans les parages, &#224; Baie-des-Brises, &#224; quelque quinze kilom&#232;tres de Huntingdon&#8230; autrement dit dans la cour d'&#224; c&#244;t&#233;, cela aurait &#233;t&#233; cavalier de ma part de ne pas m'y pointer. J'ai donc pris mon courage &#224; deux mains, mon volant de l'autre et pris la direction de Huntingdon, l&#224; o&#249; Anglos et francophones (dixit le maire) vivent en paix, pour ne pas dire en parfaite symbiose. Pour ne pas heurter les susceptibilit&#233;s locales et compromettre cette belle harmonie, j'ai renonc&#233; &#224; porter mon gaminet &#171; Vive le Qu&#233;bec libre ! &#187; achet&#233; au march&#233; aux puces de Saint-F&#233;lix-de-Valois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'entr&#233;e de jeu, j'ai expliqu&#233; &#224; ma femme les raisons qui m'amenaient &#224; faire cette escapade. Comme on dit, elle comprend vite, suffit de lui expliquer longtemps. Je voulais v&#233;rifier de visu si l'harmonie d'un soir sur Ch&#226;teauguay (l'art&#232;re principale du centre-ville huntingdonnais) &#233;tait bien r&#233;elle ou une vue de l'esprit de monsieur le maire. Un grand philosophe country, Willie Lamothe, d&#233;clara un jour qu'il pr&#233;f&#233;rerait mourir incompris que de passer sa vie &#224; s'expliquer. Mais j'ai la chance d'avoir une femme intelligente, qui a tout de suite saisi l'enjeu : &#171; Mais t'es malade ! C'est pas l&#224;, &#224; Huntingdon, qu'il y a des gangs de rue comme &#224; New York, que le maire y a impos&#233; un couvre-feu, que c'est si dangereux que ledit maire conserve dans sa maison un cercueil au cas o&#249; &#231;a tournerait au vinaigre et que m&#234;me un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Peacekeeper&lt;/i&gt; de Caughnawaga a pr&#233;tendu que ce dernier roulait &#224; tombeau ouvert ? &#187; Je la sentais au bord de la crise de nerfs, alors, pour la rassurer, je lui ai dit que tout cela n'&#233;tait que des on-dit, et que, si &#231;a se trouve, elle lisait trop de romans de Stephen King. Finalement, elle me laissa partir, &#224; la condition que je lui ram&#232;ne des &#339;ufs pour les cr&#234;pes (NDLR : voir l'&#233;pisode pr&#233;c&#233;dent).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Huntingdon dormait encore du sommeil des justes quand je m'y suis point&#233;. Dans la cuisine du restaurant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Chez Papou&lt;/i&gt;, le cuistot faisait d&#233;j&#224; revenir les tranches de bacon en pr&#233;vision de l'affluence du petit-d&#233;jeuner. Par l'odeur du porc all&#233;ch&#233;, je d&#233;cidai d'y faire halte. Il ne fut pas long que le restaurant se remplit. Ce matin-l&#224;, la client&#232;le &#233;tait pour 38,22% anglophone et pour 56,4% francophone, comme lors du dernier recensement dans cette municipalit&#233; (2006). Le menu &#233;tait bilingue, la t&#233;l&#233; &#233;tait sur la cha&#238;ne &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Sport Network&lt;/i&gt; et des copies du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; et de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ze Gazette&lt;/i&gt; &#233;taient &#224; notre disposition. J'y passai deux heures et assistai au va-et-vient continu des clients. &#199;a parlait anglais &#224; une table, fran&#231;ais &#224; une autre, et la serveuse &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;waitress&lt;/i&gt; s'adressait dans l'une ou l'autre des langues officielles. Le maire a raison, c'est la paix : deux solitudes qui s'ignorent royalement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme il me restait du temps &#224; tuer, je d&#233;cidai d'arpenter les rues de la ville. Vingt-six noms de rue anglais, contre seize fran&#231;ais. Ce sont &#224; de petits d&#233;tails comme ceux-l&#224; que l'on reconna&#238;t le sens du fair-play chez nos amis anglos et le consentement tacite de nos &#233;lites bonententistes. Autre petit d&#233;tail du genre, qui provoquera peut-&#234;tre un autre courroux dont Huntingdon d&#233;tient le secret, le journal municipal bilingue - fifty-fifty - a pour titre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Huntingdon Gazette&lt;/i&gt;. Je suppose que la &#171; Gazette de Huntingdon &#187; aurait fait encore trop fran&#231;ais ! De toute fa&#231;on, pour citer Mister Gendron, sur son blogue du 21 janvier dernier : &#171; La langue, j'en ai rien &#224; foutre. Encore moins lorsque celle-ci n'est aucunement menac&#233;e de dispara&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;tendre que le fran&#231;ais n'est pas menac&#233; de disparition rel&#232;ve du tour de force, et, &#224; ce chapitre, le maire est, au pire, un bonimenteur de premi&#232;re, au mieux, un ignorant. Il suffit de se promener parmi le monde &#224; Montr&#233;al pour s'en rendre compte et, s'il nous faut des chiffres, porter attention aux &#233;tudes d'un statisticien comme Charles Castonguay ou d'un d&#233;mographe comme Marc Termote pour perdre ses derni&#232;res illusions. Et, si on y r&#233;fl&#233;chit avec une perspective historique, on verra que depuis la Conqu&#234;te, tout a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre pour affaiblir, assimiler, faire dispara&#238;tre l'&#233;l&#233;ment fran&#231;ais dans ce pays sans bon sens. Les faits sont t&#234;tus, Mister Gendron. Ah, j'oubliais, vous n'en avez rien &#224; foutre : &#171; Chez nous, l'administration municipale viole la loi 101. Et avec raison. N'ayant pas le statut de ville bilingue, je me fais tout de m&#234;me un point d'honneur de servir notre communaut&#233; dans les deux langues. &#187; (Blogue du 16 janvier 2008.) Poursuivez ainsi et la reine-n&#232;gre va bient&#244;t vous donner une m&#233;daille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ne rien vous cacher, Huntingdon est un fief anglophone d'importance, avec un lourd pass&#233; francophobe en prime, cela est aussi la r&#233;alit&#233;. De nos jours, c'est plus discret, mais la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Chateauguay Valley English Speaking People's Asscociation&lt;/i&gt;, bas&#233;e &#224; Huntingdon, veille au grain. On encourage entre autres le bilinguisme, surtout chez les jeunes (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bilingual Day Camp&lt;/i&gt;). Car le bilinguisme, on conna&#238;t la chanson, c'est bon pour le Qu&#233;bec, mais pas autant dans le ROC. Dans les commerces de la ville, les citoyens anglophones s'adressent en anglais aux employ&#233;s francophones, question qu'ils comprennent bien que cela est leur pr&#233;rogative. Ils n'en d&#233;mordent pas. Car l'Anglo, o&#249; qu'il se trouve, est gourmand, sachez-le. Il n'est pas n&#233; pour un petit pain, lui, et ne se contente pas d'avoir la majeure partie du continent pour se sustenter, il lui faut tout l'espace disponible... il lui manque le Qu&#233;bec et il y tient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la biblioth&#232;que de Valleyfield, je suis tomb&#233; sur le livre de Robert Sellar, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The History of the County of Huntingdon and the Seigniories of Chateaugay&lt;/i&gt; (sic) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;and Beauharnois&lt;/i&gt;, publi&#233; en 1888. Sellar (1840-1919) est un immigrant &#233;cossais qui fonda un journal &#224; Huntingdon, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Gleaner&lt;/i&gt;, en 1863, qui existe toujours mais dont les bureaux &#233;taient ferm&#233;s pour les vacances quand je suis pass&#233;. Sellar d&#233;testait tout ce qui &#233;tait catholique et fran&#231;ais comme vous ne pouvez pas vous imaginer. Son livre raconte les faits d'armes de ses concitoyens d'origine britannique, les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Old Contrymen&lt;/i&gt; comme il les appelle affectueusement, notamment lors des troubles de 1838, alors qu'ils furent nombreux &#224; se porter volontaires et &#224; combattre les Patriotes. En 1907, il &#233;crivit aussi &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Tragedy of Quebec&lt;/i&gt;, dont il c&#233;da les droits &#224; un &#233;diteur orangiste torontois, qui le diffusa aupr&#232;s des loges orangistes qui s'en servirent contre les Franco-Ontariens. En fait, il n'y avait pas de meilleur alli&#233; de la royaut&#233; britannique que ce Sellar et de pire ennemi des &#233;lites canadiennes-fran&#231;aises (et d'Honor&#233; Mercier, notamment) que ce m&#234;me Sellar. Heureusement, il est mort et enterr&#233; dans le cimeti&#232;re protestant de la ville (je voulais bien m'y rendre, mais il commen&#231;ait &#224; pleuvoir et je n'avais de toute fa&#231;on pas &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;envie&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quoi dire d'autre ? Que la ville tiendra le 23 ao&#251;t prochain son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mustang Fest&lt;/i&gt;, un rassemblement de bagnoles du m&#234;me nom. Quant &#224; moi, je vais plut&#244;t me rendre dans une ville situ&#233;e pas tr&#232;s loin, &#224; Sainte-Martine. La Soci&#233;t&#233; du patrimoine de Sainte-Martine propose en effet jusqu'au 24 ao&#251;t l'exposition &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Novembre rouge 1838&lt;/strong&gt;. Il y est question de la r&#233;bellion des Fr&#232;res Chasseurs de Sainte-Martine et des environs dans le contexte du second soul&#232;vement patriote de 1838. Il reste m&#234;me des descendants des Patriotes dans la r&#233;gion de Sainte-Martine, tout comme des descendants des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Old Countrymen&lt;/i&gt; &#224; Huntingdon. Ces derniers seront bien entendu au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mustang Fest&lt;/i&gt; avec leur maire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mayor&lt;/i&gt;. Le mus&#233;e municipal de Sainte-Martine est situ&#233; au 164, rue Saint-Joseph, 2e &#233;tage. Ouvert du mercredi au dimanche, de midi &#224; 17 heures. Entr&#233;e libre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Te prends-tu pour Parizeau ?</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Il y a des jours o&#249; le militant se passerait bien de vacances... mais c'est sans compter sur la pr&#233;sence de la femme du militant !</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la vall&#233;e des Tisserands, pas tr&#232;s loin de Salaberry-de-Valleyfield, &#224; deux stations-service et &#224; une pataterie de Saint-Stanislas-de-Kostca, longeant le chemin du Bord-du Lac, se trouve Baie-des-Brises, d'o&#249; je vous &#233;cris, &#224; l'endos d'un napperon publicisant la course des c&#233;l&#232;bres r&#233;gates qui vient de se terminer. En face de moi, les grandes fen&#234;tres me font d&#233;couvrir un lac immense, qui frissonne en ce deuxi&#232;me matin de mes vacances. C'est le lac Saint-Louis. S'il avait fait moins frisquet, j'aurais opt&#233; pour la chaise brinquebalante sur la pelouse, mais le temps maussade me confine &#224; la rallonge, ou &#171; Florida room &#187; comme dit ma femme, encore un peu ontarienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Baie-des-Brises, essentiellement pour sa toponymie, me rappelle Baie-des-Ouines, pr&#232;s de Louiseville, sur la rive nord du lac Saint-Pierre. J'ignorais ce que pouvaient bien manger en hiver ces &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ouines&lt;/i&gt;, jusqu'au jour o&#249; une coll&#232;gue de bureau, qui s'est fait b&#226;tir maison au bord de la d&#233;nomm&#233;e baie, m'en fournisse l'explication. Le coin &#233;tait habit&#233; autrefois par des Anglais, qui, &#224; cause des vents opini&#226;tres qui s'y d&#233;cha&#238;naient, attribu&#232;rent au lieu le nom de Winds Bay. Quand ils pli&#232;rent bagage pour se rapprocher de leurs fr&#232;res de sang qui leur faisaient grands sparages &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Upper Canada Village&lt;/i&gt;, les Canayens qui s'y install&#232;rent conserv&#232;rent le lieu-dit en le francisant. Comme ils ignoraient la signification du mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;winds&lt;/i&gt;, ils l'adapt&#232;rent au son et cela donna la baie des Ouines.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant d'&#233;crire ce qui pr&#233;c&#232;de, j'avais un doute sur l'origine du mot. J'ai fouill&#233; un peu pour finalement apprendre que la Commission de toponymie du Qu&#233;bec avait une explication diff&#233;rente : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ouines&lt;/i&gt; est sans doute une autre forme du mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;oigne&lt;/i&gt; qui d&#233;signe le canard siffleur dans le parler picard. &#187; J'ai voulu en avoir le c&#339;ur net, alors j'ai contact&#233; Jeanne-Mance Lavoie, de la Soci&#233;t&#233; d'histoire de Louiseville, que j'avais rencontr&#233;e au moment de la marche Ren&#233;-L&#233;vesque entreprise l'an dernier par Jean-Marc Labr&#232;che. Monsieur Labr&#232;che s'&#233;tait arr&#234;t&#233; &#224; Saint-L&#233;on-le-Grand, o&#249; j'&#233;tais l'un des orateurs de la soir&#233;e (celui qui &#233;tait le plus &#224; c&#244;t&#233; de ses pompes d'ailleurs puisque j'avais trouv&#233; le moyen de parler davantage de Bourgault que de L&#233;vesque !). Madame Lavoie m'apprend que Baie-des-Ouines fait justement l'objet d'une entr&#233;e dans un ouvrage que la Soci&#233;t&#233; d'histoire fera para&#238;tre le 18 septembre prochain et qui s'intitule &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Louiseville, chemin faisant. Odonymes et toponymes&lt;/i&gt;. Alors, prenons notre mal en patience et, comme le dit Perret, nous saurons tout tout tout sur la Baie-des-Ouines.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais revenons &#224; nos moutons. Il en fallut peut-&#234;tre de peu que Baie-des-Brises s'appela aussi Winds Bay, tant la r&#233;gion du Suro&#238;t est entach&#233;e de toponymes anglais&#8211; cela en est affligeant&#8211; alors que le nombre d'anglophones ne le justifie m&#234;me pas (&#224; moins que cela serve &#224; ne pas d&#233;payser les touristes am&#233;ricains et leurs polluants hors-bord). De fait, on trouve aux alentours de Baie-des-Brises suffisamment de d&#233;nominations anglaises pour qu'on se sente comme en pays&#8230; conquis ! Dressons une simple nomenclature : Hungry Bay, Tatehurst, Allans Corner, North Georgetown, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Howard Galganoville&lt;/i&gt; (ne la cherchez pas, je l'ai invent&#233;e), Howick, Brysonville, Tullochgorum, Ormstown, Lower Concession, Lee's Corner, Trout River, Huntingdon, Boyd Settlement, Athelstan, Beith, Rockburn South&#8230; et vive le Qu&#233;bec fran&#231;ais ! Je peux comprendre que le conqu&#233;rant ait voulu laisser des traces de son passage (&#224; tabac), apr&#232;s tout, mon pitou est incapable de se retenir quand il passe devant une borne-fontaine, mais ne pourrait-on pas en effacer quelques-unes sans trop froisser de fant&#244;mes &#224; t&#234;te carr&#233;e ni assister au retour des tuniques rouges ? Quel mal y aurait-il &#224; faire dispara&#238;tre quelques toponymes anglais de la carte qu&#233;b&#233;coise, de fa&#231;on &#224; ce qu'on se sente un peu moins &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;guidounes&lt;/i&gt;, nous, le peuple des g&#233;ants ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'esp&#232;re que je ne vous para&#238;trai pas trop d&#233;rang&#233; si je vous dis que les vacances cette ann&#233;e, j'aurais pu m'en passer. Si j'en prends, c'est pour faire plaisir &#224; ma femme, pour ne pas la laisser partir toute seule comme une dinde. Alors, pour ne pas bronzer idiot, moi, qui ne se baigne pas, ne va plus &#224; la chasse aux papillons et d&#233;teste la farniente, je fais de ces vacances un temps de r&#233;flexion. Je reprends des forces, recharge mes batteries et dresse le bilan de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e. Mon militantisme, limit&#233; par le boulot, le m&#233;tro et les dodos, n'est pas aussi effr&#233;n&#233; que je le souhaiterais. J'aimerais, et je sais que je ne suis pas seul &#224; penser ainsi, faire davantage pour acc&#233;l&#233;rer les choses, parcourir au pas de course ce long chemin de Compostelle qui nous m&#232;nera &#224; l'ind&#233;pendance&#8230; pourvu que nous soyons d&#233;cid&#233;s, d&#233;termin&#233;s et pr&#234;ts &#224; faire quelques sacrifices.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon &#233;pouse, &#224; qui je faisais part de mon regret de ne pas &#234;tre &#224; la ville en train de pr&#233;parer l'av&#232;nement de l'ind&#233;pendance, m'a ramen&#233; vite sur le plancher des vaches : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Cout'donc, te prends-tu pour Parizeau ?&lt;/strong&gt; Elle sous-entend par l&#224;, vous l'aurez devin&#233;, que j'accorde trop d'importance &#224; ma modeste personne, que je devrais me calmer le pompon et relaxer, que je ne suis pas irrempla&#231;able pour la cause. Si elle dit cela, c'est que le militantisme n'est pas sa tasse de th&#233;. Car nous, les militants, avons toujours ce sentiment d'urgence. La cause ne saurait attendre. Et quand on constate ce qui se passe au Qu&#233;bec avec le d&#233;tournement du 400e, avec la place du fran&#231;ais qui diminue, on ne peut pas se croiser les bras bien longtemps et on se d&#233;couvre des fourmis dans les jambes. Mais allez expliquer cela &#224; ma femme ! &#199;a ne lui rentre pas dans le coco et c'est pourquoi, chaque ann&#233;e, elle insiste pour que l'on prenne des vacances, pour me changer les id&#233;es (et pas les siennes, qui sont fixes).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Hier, il faisait un temps splendide. Sur la plage, o&#249; il m'arrive de faire halte, question d'enfouir mes orteils dans le sable mouill&#233; et, &#224; quoi bon vous le cacher, de me rincer l'&#339;il, question de maintenir en forme la libido, je ne peux faire autrement que d'&#233;couter les propos d&#233;cousus des vacanciers. &#192; quelques pieds de mes cannes blanches, g&#233;n&#233;reusement badigeonn&#233;es de cr&#232;me solaire, j'entends une Juliette sans esprit (ou plut&#244;t &#224; l'esprit de bottines) demander &#224; son Rom&#233;o de mari : &#171; Si Champlain a d&#233;couvert Qu&#233;bec, peux-tu me dire ce qu'a &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;faite&lt;/i&gt; Cartier ? &#187; Et Rom&#233;o, qui a fait une septi&#232;me ann&#233;e forte, de renseigner l'ignorante : &#171; C'est simple. Champlain a d&#233;couvert le Qu&#233;bec, Cartier a d&#233;couvert le Canada et Colomb a d&#233;couvert l'Am&#233;rique ! &#187; Et apr&#232;s cette explication lumineuse, d'aucuns iront pr&#233;tendre qu'Einstein &#233;tait un g&#233;nie ! Avec de tels compagnons &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;effoir&#233;s&lt;/i&gt; sur leurs serviettes de plage achet&#233;es au Wal-Mart de Plattsburgh, je sens que je vais me coucher plus niaiseux. Trois semaines encore de ce r&#233;gime et il se pourrait m&#234;me que je prenne ma carte de l'ADQ, c'est vous dire !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tant&#244;t, ma femme m'a demand&#233; d'aller chercher des &#339;ufs &#224; l'&#233;picerie. Elle veut faire des cr&#234;pes. Ce que femme veut, Dieu le veut. Je lui ai dit que nous pourrions nous contenter de c&#233;r&#233;ales, qu'il y avait du pain, du beurre de pinottes et de la m&#233;lasse en masse, mais non, Madame insiste pour faire des cr&#234;pes ! &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Cout'donc, te prends-tu pour Aunt Jemima ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bons baisers de Baie-des-Brises.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Un &#233;t&#233; avec Nanette Workman</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Soixante-huit, c'&#233;tait l'ann&#233;e d'apr&#232;s l'expo. Un &#233;t&#233; magnifique approchait qui nous ferait oublier l'&#233;cole. Il n'y avait rien de planifi&#233;, sinon que je me tiendrais continuellement avec Daniel, Berlinguet &#8211; qu'on appelait Berlingot &#8211; et (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soixante-huit, c'&#233;tait l'ann&#233;e d'apr&#232;s l'expo. Un &#233;t&#233; magnifique approchait qui nous ferait oublier l'&#233;cole. Il n'y avait rien de planifi&#233;, sinon que je me tiendrais continuellement avec Daniel, Berlinguet &#8211; qu'on appelait Berlingot &#8211; et Gauthier. Je ne sais pas ce qui est arriv&#233; de Berlingot. Quant &#224; Gauthier, le type que l'on n'h&#233;siterait pas &#224; pr&#233;senter &#224; sa s&#339;ur, si tant est que l'on en ait une, il est d&#233;c&#233;d&#233; dans un b&#234;te accident de la route il y a cinq ans, quelque part en Virginie. Enfin, Daniel, lui, il est parti un jour pour enseigner au Nouveau-Brunswick en se promettant de revenir au Qu&#233;bec &#224; la premi&#232;re occasion. L'occasion ne s'est jamais pr&#233;sent&#233;e et, comme si ce n'&#233;tait pas assez, son unique fille a rencontr&#233; un Acadien et ils ont eu un enfant. Une petite-fille qui poss&#232;de un pouvoir magique : celui de retenir son grand-p&#232;re au pays de la Sagouine. Et il y a moi, le quatri&#232;me des trois mousquetaires, sur lequel il vaut mieux ne pas s'&#233;tendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#233;t&#233; de soixante-huit, nous n'avions la t&#234;te qu'&#224; profiter des vacances, nous amuser, fumer&#8230; des cigarettes (qu'alliez-vous donc imaginer ?), se saucer au bain Morgan, faire des courses de v&#233;lo, lever des halt&#232;res (sauf moi), &#233;couter de la zizique&#8230; et parler des filles, r&#234;ver aux filles, capoter rien qu'&#224; y penser ! H&#233;las, il n'y en avait gu&#232;re dans notre entourage et le fait de fr&#233;quenter une &#233;cole non mixte ne facilitait rien. En effet, notre &#233;tablissement, pourtant public, qui offrait le cours classique (avec latin, Ast&#233;rix et histoire du monde gr&#233;co-romain), &#233;tait r&#233;serv&#233; aux gar&#231;ons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette &#233;cole nous faisait d'autant plus suer qu'elle &#233;tait dirig&#233;e par un despote : &#201;mile Robichaud. Du moins, c'est ainsi qu'on le percevait, car il &#233;tait s&#233;v&#232;re, intransigeant (c'est lui derri&#232;re le slogan &#171; Tol&#233;rance z&#233;ro &#187;) et pas accommodant pour cinq cennes. Il n'aurait fait qu'une seule bouch&#233;e de la kippa, du kirpan et de la burqa. Sous sa gouverne, m&#234;me les moudjahidin aurait troqu&#233; le couscous pour des binnes et de la poutine ! Pour un rien, il pouvait vous garder en retenue pendant une heure apr&#232;s l'&#233;cole. Je me rappelle qu'un jour, il prit toute la classe en otage, car personne ne voulait d&#233;noncer celui qui, d'une simple pichenotte, avait fait rouler une bille dans le corridor, bille qui avait eu le malheur de s'arr&#234;ter juste devant la porte de son bureau. Quand arrivaient les jours chauds de mai et de juin, ce m&#234;me Robichaud refusait obstin&#233;ment que l'on desserre notre cravate.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais on savait aussi le faire &#233;triver. Comme cette fois o&#249; nous avions tenu une expo-science &#224; l'intention des parents. Nous avions am&#233;nag&#233; quelques stands th&#233;matiques. Celui que Berlingot, Gauthier, Daniel et moi avions concoct&#233; &#233;tait consacr&#233; aux concombres et aux cornichons. Dans de petites bo&#238;tes en carton fourr&#233;es de ouate, nous avions dispos&#233; les l&#233;gumes en rang d'oignons. Ainsi, il y avait une bo&#238;te avec un concombre anglais (ou lui avait d&#233;coup&#233; une t&#234;te carr&#233;e pour la circonstance), une avec un cornichon au fenouil, puis un &#224; l'ail, puis un sucr&#233; et ainsi de suite. Notre dernier sp&#233;cimen, qui &#233;tait annonc&#233; comme une vari&#233;t&#233; rare et pr&#233;cieuse, avait &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; sous le nom de &#171; concombre &#201;mile Robichaud &#187;, en hommage bien s&#251;r &#224; notre directeur. Malheureusement pour nous, Robichaud avala notre compliment de travers. Il fit dispara&#238;tre notre &#233;talage, mais, allez savoir pourquoi, il n'arriva jamais tout &#224; fait &#224; se d&#233;barrasser du surnom.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On s'int&#233;ressait aussi &#224; la politique, depuis De Gaulle, qui nous avait visit&#233;s l'ann&#233;e d'avant, et &#224; cause de Pierre Dupras, notre prof d'histoire, qui &#233;tait aussi caricaturiste &#224; Qu&#233;bec-Presse et l'ennemi num&#233;ro un de Robichaud. Il nous donna une le&#231;on sur la fa&#231;on de dessiner le g&#233;n&#233;ral qu'on a si bien apprise qu'encore aujourd'hui je peux refaire ce dessin avec un art consomm&#233;. Se m&#234;lait &#224; notre d&#233;votion pour le pr&#233;sident de la France, quelque int&#233;r&#234;t pour L&#233;nine, d&#233;couvert au pavillon de l'URSS, pour Mao et le Che, aper&#231;us au t&#233;l&#233;journal sur des pancartes qu'arboraient ceux qu'on appelle aujourd'hui les soixante-huitards.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui fut toutefois notre coup de c&#339;ur cet &#233;t&#233;-l&#224;, c'est l'&#233;mission &#171; Fleurs d'amour, fleurs d'amiti&#233; &#187;, qui &#233;tait enregistr&#233;e dans un amphith&#233;&#226;tre en plein air de l'&#238;le Sainte-H&#233;l&#232;ne et &#224; laquelle nous assistions religieusement. C'&#233;tait coanim&#233; par Tony Roman et Nanette Workman. Tony Roman, vous savez, c'est celui qui chantait &#171; Elle ondulait des hanches comme une ing&#233;nue&#8230; diddy dididam dididou &#187;, un tube que vous pourrez r&#233;entendre sur les terrains de camping, si d'aventure vous vous y rendez pour le No&#235;l des campeurs. Et Nanette Workman &#8211; est-il n&#233;cessaire de vous la pr&#233;senter ? &#8211; cette Am&#233;ricaine dont il est impossible de ne pas tomber sous le charme, &#224; moins d'appartenir &#224; la gent qui t&#232;te sa broue dans le village en jouant au bingo avec Mado.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2281 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:150px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=Q1ARTQ0003739&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_12-workman.jpg' width=&quot;150&quot; height=&quot;163&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Bref, notre petit groupe avait adopt&#233; cette &#233;mission essentiellement pour s'avachir et se p&#226;mer devant Nanette. Nous &#233;tions ses plus grands fans chez les boutonneux. Nous &#233;tions de chaque enregistrement et sur la premi&#232;re rang&#233;e autant que faire se peut. S'il lui arrivait de nous lancer un &#171; Bye, bye ! &#187; de temps en temps, on se doutait bien qu'elle nous ignorait royalement. Une vedette comme Nanette n'a que faire des blancs-becs. Et pourtant, nous r&#234;vions de lui demander ce qu'elle mangeait pour &#234;tre belle de m&#234;me. De lui susurrer &#224; l'oreille : t'as de beaux yeux, tu sais. Ou encore : vous habitez chez vos parents ? Le plus audacieux s'imaginait lui demander si elle voulait coucher avec lui ce soir, et, du m&#234;me souffle, se tassait juste &#224; temps pour ne pas manger une claque sur la gueule, gracieuset&#233; de Lady Marmelade.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Daniel avait trouv&#233; un stratag&#232;me g&#233;nial pour l'approcher. Il avait traduit en fran&#231;ais le succ&#232;s de l'heure du chanteur Donovan, &#171; The Hurdy Gurdy Man &#187;. &#192; la fin d'une &#233;mission, nous &#233;tions tous mont&#233;s sur la sc&#232;ne telle une bande de cornichons pour la lui proposer. Nanette et Tony avaient eu la gentillesse de nous accorder quelques minutes de leur temps pour nous dire que si l'id&#233;e &#233;tait g&#233;niale et la &#171; toune &#187; excellente, il y avait un hic : les redevances que ne manquerait pas d'exiger le chanteur &#233;cossais pour l'utilisation de sa chanson, alors au sommet du palmar&#232;s. Ni Nanette ni Tony ne semblaient avoir les moyens d'une telle acquisition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous ne connaissions rien aux m&#233;andres du show-business et nous n'avions pas insist&#233;, l'essentiel n'&#233;tait-il pas d'avoir approch&#233; la belle et pu humer de son parfum ? Mais Daniel n'en d&#233;mordait pas : il fallait trouver autre chose. C'est alors qu'il eut l'id&#233;e qu'on &#233;crive les paroles d'une chanson originale, que Gauthier, qui grattait de la guitare, mettrait en musique. Avant de la pr&#233;senter &#224; la star y&#233;y&#233;, on la testa pendant des heures dans la chambre de Daniel. Sa m&#232;re et sa s&#339;ur &#233;taient nos seules spectatrices, &#233;tant entendu que le chat ne comptait pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On en fit une cassette qu'on apporta sur le plateau de l'&#233;mission. C'est Tony Roman qui s'en empara, mais c'est Nanette qui promit de l'&#233;couter et, qui sait, peut-&#234;tre l'interpr&#233;terait-elle un de ces jours. Cette journ&#233;e-l&#224;, nous sentions que notre vie pouvait d'un instant &#224; l'autre basculer, que cette chanson ferait du chemin, deviendrait un succ&#232;s, un Scopitone, un quarante-cinq tours&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;mission de Nanette et de Tony finit par passer avec l'&#233;t&#233; et l'&#233;cole reprit ses droits. On n'entendit jamais parler de la chanson. Tony Roman perdit un jour son combat contre le cancer, le concombre prit sa retraite et Nanette n'a pas vieilli d'une ride. Pr&#233;venez-moi quand elle sera en ville, j'ai une autre chanson &#224; lui proposer. On ne sait jamais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Champlain existe, je l'ai rencontr&#233; ! </title>
		<link>http://www.vigile.net/Champlain-existe-je-l-ai-rencontre</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Mardi dernier, je suis descendu &#224; Qu&#233;bec avec deux membres de ma section de la SSJB. En ce premier juillet, pour la f&#234;te du d&#233;m&#233;nagement, nous nous rendions &#224; la vigile devant le monument de Wolfe qu'organisait le R&#233;seau de R&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois (RRQ), dernier-n&#233; du mouvement (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mardi dernier, je suis descendu &#224; Qu&#233;bec avec deux membres de ma section de la SSJB. En ce premier juillet, pour la f&#234;te du d&#233;m&#233;nagement, nous nous rendions &#224; la vigile devant le monument de Wolfe qu'organisait le R&#233;seau de R&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois (RRQ), dernier-n&#233; du mouvement ind&#233;pendantiste et issu du journal Le Qu&#233;b&#233;cois (qui est aussi une radio internet, une maison d'&#233;dition, etc.). La journ&#233;e s'annon&#231;ait splendide et nous avions bien h&#226;te de quitter Repentigny pour la vieille capitale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une fois arriv&#233;s &#224; Qu&#233;bec, sur Grande-All&#233;e, le plus difficile fut de trouver du stationnement. Il faut dire que le f&#233;d&#233;ral avait tripl&#233; le montant pour l'organisation de la &#171; f&#234;te du Canada &#187; et que les badauds affluaient de partout pour se rendre sur les plaines d'Abraham et profiter de la belle journ&#233;e. Certains, bien entendu, venaient pour voir les amuseurs publics, les spectacles, les v&#233;hicules militaires et les soldats mobilis&#233;s pour l'occasion, alors que d'autres venaient juste promener leur chien, faire du v&#233;lo et profiter de ce jour ch&#244;m&#233; et f&#233;ri&#233;. Il y avait aussi, on s'en doute, d&#232;s qu'il s'agit de Qu&#233;bec, de nombreux touristes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier monument &#233;rig&#233; en l'honneur du g&#233;n&#233;ral anglais Wolfe, mort en 1759 pendant la bataille des Plaines d'Abraham, date de 1790. En 1832, il est remplac&#233; par une colonne, puis une autre dix-sept ans plus tard. En 1963, le FLQ, qui passait par l&#224; par hasard, la fit dispara&#238;tre aussi facilement que David Copperfield l'avait fait avec la statue de la Libert&#233; (&#224; la diff&#233;rence que le FLQ n'avait pas le talent du prestidigitateur et n'arriva jamais &#224; la faire r&#233;appara&#238;tre, si bien que la statue dut &#234;tre reconstruite par le gouvernement canadien en 1965). L'imposant monument se trouve devant le Mus&#233;e national des beaux-arts du Qu&#233;bec. Fait de bronze et de pierre, le monument d&#233;di&#233; &#224; notre conqu&#233;rant est d'une hauteur de 38 pieds et d'une laideur excessive.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s onze heures, un attroupement important d'ind&#233;pendantistes se formait &#224; quelques jets de pierre du g&#233;n&#233;ral anglais. La police se faisait discr&#232;te mais pr&#233;sente, car tout ce qui grouille, grenouille et scribouille chez les ind&#233;pendantistes la rend nerveuse. D'autant plus qu'une semaine auparavant, cette m&#234;me police arr&#234;tait trois jeunes militants du RRQ soup&#231;onn&#233;s d'avoir fait des graffitis politiques sur les murs. Ils pass&#232;rent la nuit en cellule et, le lendemain, furent conduits, menottes aux poignets et aux chevilles, devant le juge, qui leur imposa des conditions exag&#233;r&#233;es, comme ne pas se pr&#233;senter &#224; la manifestation du 1er juillet, ne pas assister &#224; une r&#233;union du RRQ et autres &#171; ne pas &#187; dont les magistrats ont le secret. Tout cela pour quelques malheureuses lettres dessin&#233;es ; il est vrai qu'il y a des lettres qui chatouillent plus les autorit&#233;s que d'autres. Alors, si &#231;a vous chante un de ces quatre d'inscrire quelque chose, faites attention au choix des lettres&#8230; ou remplacez le R par un B, comme cela on pourra lire : Vive le BBQ ! plut&#244;t que Vive le RRQ ! Aussi &#233;tonnant que cela puisse para&#238;tre, les &#171; poulets &#187; de Qu&#233;bec craignent davantage le RRQ que le BBQ !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'atmosph&#232;re &#233;tait quelque peu f&#233;brile parmi les manifestants. On remarquait le cin&#233;aste Pierre Falardeau d&#233;j&#224; sur place, qui conversait avec sa faconde habituelle, tant&#244;t avec un journaliste, tant&#244;t avec un manifestant. On cherchait parmi la foule Patrick Bourgeois, le bouillant pol&#233;miste, mais il n'&#233;tait toujours pas arriv&#233;. Entre-temps, les passants allaient et venaient, se dirigeant soit vers l'animation sur les Plaines, soit vers le Mus&#233;e, ou s'en retournant &#224; la maison. La r&#233;action de ceux-ci devant les dizaines de drapeaux des Patriotes (ench&#226;ss&#233;s du vieux patriote &#224; la pipe et au fusil d'Henri Julien) et du Qu&#233;bec (dont un drapeau de Carillon de l'abb&#233; Filiatrault, que j'affectionne particuli&#232;rement) &#233;tait favorable, parfois chaleureuse, du genre &#171; on ne s'attendait pas &#224; vous voir, mais &#231;a fait du bien de savoir que vous &#234;tes l&#224;, qu'il y a des gens qui r&#233;agissent &#224; cette mascarade du 1er juillet &#187;. On s'&#233;tonne parfois de voir tant de monde, avec leurs jeunes enfants, r&#233;pondre positivement &#224; de telles mises en sc&#232;ne concoct&#233;es par le f&#233;d&#233;ral pour nous enfoncer dans la gosier le Canada, et on prend cela pour un engouement. En r&#233;alit&#233;, la majeure partie des gens viennent sur les plaines pour profiter de la nature, du magnifique coup d'&#339;il sur Qu&#233;bec et, pourquoi pas, puisque ce sont les contribuables qui paient, assister sans complexe aux spectacles gratuits qu'on y donne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a bien quelques f&#233;d&#233;ralistes aussi, ceux-l&#224; on les reconnaissait &#224; leurs faces de b&#339;uf, leurs airs pinc&#233;s ou &#224; leurs petits coups d'&#233;paule hypocrites qu'ils vous ass&#232;nent en vous croisant, mine de rien, sans s'excuser, contents d'avoir frapp&#233; un &#171; s&#233;paratisse &#187; (ce sont les m&#234;mes qui nous appellent les provocateurs !). Plusieurs personnes s'arr&#234;taient pour nous demander ce que nous faisions et la plupart semblaient satisfaits de la r&#233;ponse ou nous disaient de ne pas l&#226;cher, que cela &#233;tait n&#233;cessaire. Plusieurs touristes aussi, car Qu&#233;bec en regorge, dont ces Am&#233;ricains qui ont tenu &#224; se faire photographier en famille devant les dizaines de drapeaux qui ondulaient, apr&#232;s nous avoir demand&#233; l'explication du drapeau des Patriotes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout d'un coup, d'o&#249; j'&#233;tais, on vit surgir une dame tr&#232;s &#226;g&#233;e, accompagn&#233;e d'un bouledogue. Elle avait fix&#233; apr&#232;s le collier de son toutou un petit drapeau unifoli&#233;, et elle en tenait dans sa main pas moins de cinq ou six autres. C'&#233;tait un peu inusit&#233; de voir cette dame, qui &#233;tait s&#251;rement n&#233;e au moment de la guerre des Boers, d&#233;ambuler parmi les ind&#233;pendantistes, qui plus est de ceux &#224; qui les &#233;crivaillons &#224; la solde de Power Corporation attribuent le sobriquet de purs et durs. Mais la m&#233;m&#233; ne nous indisposa pas, car &#8211; c'&#233;tait manifeste &#8211; elle &#233;tait parmi nous de bonne foi. Et elle tenait &#224; tout prix qu'on la complimente pour son chien. &#171; Vous savez, c'est le m&#234;me chien qu'avait Sir Winston Churchill ! N'est-ce pas qu'il est mignon ? &#187; On n'a pas le droit de refuser ce genre de choses &#224; une vieille dame et, de fait, on lui a dit qu'elle avait un bien beau chien. Si vous aviez vu son regard de petite fille, cela valait bien un accommodement raisonnable. Mais, bien s&#251;r, il ne fut pas long qu'un manifestant s'approcha, l'air de demander &#171; Que fais-tu l&#224;, Petula, loin de l'Angleterre ? &#187; Pour le rassurer, j'expliquai au schtroumpf grognon que cette dame ne faisait que passer et que les unifoli&#233;s dans la main, c'&#233;tait juste pour ramasser les crottes que ne manquerait pas de faire son Churchill. Elle passa son chemin en nous envoyant quelques tatas. Remarquez que nous n'aurions pas eu la m&#234;me mansu&#233;tude si Alain Dubuc s'&#233;tait adonn&#233; &#224; passer&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Combien nous &#233;tions de manifestants &#224; cette vigile ? &#201;coutez, je n'avais pas avec moi ma calculatrice solaire, mais je pense que cela oscillait entre 150 et 200 personnes. Ma m&#233;thode pour arriver &#224; ce chiffre est scientifique : je compte le nombre de jambes et je divise par deux. Chose certaine, les organisateurs avaient la mine r&#233;jouie. Cette premi&#232;re mobilisation du RRQ &#233;tait un franc succ&#232;s. Puis, on vit s'avancer sur la tribune les jeunes responsables de l'&#233;v&#233;nement&#8230; des noms comme Ben, Fred&#8230; alors que cent ans plus t&#244;t on aurait eu droit &#224; On&#233;sime ou Alexina. Le premier orateur fut Ren&#233; Boulanger, qui fut suivi par Falardeau et Patrick Bourgeois. Ren&#233;-Marcel Sauv&#233; nous adressa aussi quelques paroles. Ils furent comme cela quelques-uns &#224; recueillir nos applaudissements, parfois nos vivats&#8230; Falardeau y alla bien entendu de son langage color&#233; et cru, de ses formules chocs qui frappent l'adversaire f&#233;d&#233;raliste comme autant de coups de canon. Et cette ann&#233;e, avec le budget allou&#233; aux organisateurs de Qu&#233;bec du Canada Day qui avait tripl&#233;, on pouvait s'attendre &#224; un cin&#233;aste au sommet de son art oratoire. Personne ne fut d&#233;&#231;u.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_2274 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_6-durand.jpg' width=&quot;595&quot; height=&quot;396&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Patrick Bourgeois, qui, sous un air un tantinet baveux de celui qui ne craint pas d'en d&#233;coudre avec les f&#233;d&#233;rastes, qui d&#233;range les mollassons de la cause souverainiste, les adeptes du copinage et du bonententisme, prit la parole. Ce jeune homme, j'en suis persuad&#233;, ira loin. Sa fougue, sa d&#233;termination, empreinte &#224; la fois de ruse et d'intelligence, est assur&#233;ment ce qui manquait au mouvement depuis que des gens comme Pierre Bourgault nous ont quitt&#233;s. Il a fustig&#233; l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral canadien, dit ne pas comprendre pourquoi ce monument honteux &#224; la gloire de notre conqu&#233;rant n'avait pas &#233;t&#233; jet&#233; dans le fleuve quand les Lib&#233;raux formaient l'opposition, il a aussi d&#233;clar&#233; qu'il fallait radicaliser le mouvement ind&#233;pendantiste, mais sans pour autant devenir des t&#234;tes br&#251;l&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le clou de cette vigile a &#233;t&#233; sans contredit la diffusion en direct sur la bande FM des discours, &#224; l'aide de petits &#233;metteurs de fabrication chinoise, sans l'aval du CRTC. Ce geste de rupture visait &#224; d&#233;fier la mainmise de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral sur notre destin&#233;e, &#224; montrer que d&#233;sormais Ottawa nous aurait sur son chemin, &#224; secouer la torpeur qui nous paralyse devant un &#201;tat qui nous assimile et qui aimerait nous voir prendre notre trou, devenir des citoyens de seconde classe sur notre propre territoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, avant de mettre un terme &#224; cette vigile, les participants furent invit&#233;s &#224; prendre une craie et &#224; aller tous ensemble faire des graffitis sur la colonne de Wolfe. Vous comprenez bien que la plupart saisirent l&#224; l'occasion de jeter leur fiel sur ce symbole de notre asservissement et que chacun y alla de slogans bien inspir&#233;s. En moins de quinze minutes, le socle du monument &#233;tait recouvert de &#171; Vive le Qu&#233;bec libre ! &#187;, &#171; Salaud &#187; et autres mots doux du genre, si bien que si on ne manqua pas de craies, ni d'artistes, on manqua d'espace. Quelques policiers observaient la sc&#232;ne sans broncher. Alors que les manifestants s'&#233;taient &#233;loign&#233;s des lieux du crime, un policier grad&#233;, enrag&#233; comme un petit coq bendy et retonti de nulle part, arriva sur la sc&#232;ne. Il fut accueilli par un petit geste, qui consiste &#224; lever le majeur, qui n'eut pas l'heur de lui plaire. Le petit boss de b&#233;cosse fulminait de rage que cela en devenait d&#233;sopilant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien que la vigile &#233;tait termin&#233;e, quelques dizaines de manifestants d&#233;cid&#232;rent de d&#233;filer avec les drapeaux sur les plaines, question d'enquiquiner les organisateurs. Je d&#233;cidai d'y aller, d'autant plus que j'&#233;tais en compagnie de Samuel de Champlain en personne ! Eh oui, R&#233;gent, de Montr&#233;al, avait d&#233;cid&#233; de louer pour cette vigile un costume qui le faisait ressembler en tout point &#224; l'illustre navigateur. Disons qu'il ne passait pas inaper&#231;u. Plusieurs personnes le prirent en photos, quand ce n'&#233;tait pas pour lui demander de poser avec eux ou avec leurs enfants. Et R&#233;gent se pr&#234;tait g&#233;n&#233;reusement aux caprices des photographes en herbe, en prenant soin de leur dire qu'il &#233;tait revenu &#224; Qu&#233;bec pour promouvoir l'ind&#233;pendance, qu'il n'&#233;tait pas le fondateur du Canada comme le pr&#233;tend un d&#233;nomm&#233; Harper, non plus que le pr&#233;d&#233;cesseur de la reine-n&#232;gre, l'usurpatrice Micha&#235;lle Jean. Autrement dit, il remettait les choses &#224; leur place.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous d&#233;ambulions parmi les kiosques qui &#233;talaient une orgie de drapeaux unifoli&#233;s, jusqu'&#224; la naus&#233;e, que l'on distribuait aux enfants comme autant de bonbons empoisonn&#233;s. En passant pr&#232;s des camions de l'arm&#233;e canadienne, certains qui avaient conserv&#233; leurs craies ne manqu&#232;rent pas d'inscrire quelques &#171; Vive le Qu&#233;bec libre ! &#187; et &#171; Non &#224; la guerre ! &#187;, sous le regard tant&#244;t indiff&#233;rent, tant&#244;t complice des soldats de Sa Majest&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus loin, il y avait un gigantesque g&#226;teau d'anniversaire avec un gla&#231;age rouge illustrant le drapeau canadien. Une cinquantaine de personnes faisaient la file pour obtenir un morceau. &#192; deux enjamb&#233;es de l&#224;, des sanitaires publics attendaient une autre cinquantaine de personnes. En fait, la s&#233;quence &#233;tait simple : on fait la queue devant le g&#226;teau, on le mange et on refait la queue devant les chiottes. Comme quoi le g&#226;teau canadien, c'est&#8230; le g&#226;teau canadien, ma foi&#8230; mais c'est de la m&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marchait &#224; c&#244;t&#233; de Samuel de Champlain et de moi, Dani&#232;le, qui &#233;tait accompagn&#233;e de son cerb&#232;re Olympe&#8230; une chihuahua intr&#233;pide comme sa ma&#238;tresse. Apr&#232;s un long parcours sur les plaines, nous rev&#238;nmes au lieu de d&#233;part pour assister &#224; un spectacle path&#233;tique : des employ&#233;s, arm&#233;s de brosses, &#233;taient d&#233;j&#224; en train d'effacer tous les graffitis qui souillaient la statue du g&#233;n&#233;ral anglais. C'est la preuve que les employ&#233;s des travaux publics sont plus efficaces &#224; Qu&#233;bec qu'&#224; Montr&#233;al, puisque dans la m&#233;tropole vous avez beau avertir la ville qu'il y a des nids-de-poule dangereux, cela peut prendre des jours avant qu'ils soient colmat&#233;s. Mais il faut croire que Wolfe a droit &#224; un traitement privil&#233;gi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Champlain avait chaud dans son habit de circonstance, mais, en bon Fran&#231;ais, il &#171; toffait la ronne &#187;. Sauf qu'en marchant, son costume finit par se d&#233;glinguer et il annon&#231;a p&#233;remptoirement qu'il allait bient&#244;t perdre ses culottes. &#192; deux reprises, on comprit qu'on &#233;tait &#224; deux doigts d'un scandale. Vous imaginez cela aux nouvelles du soir : Samuel de Champlain montre son cul sur les champs de bataille ! Et c'est sans parler de l'embarras des historiens Jacques Lacoursi&#232;re et Denis Moni&#232;re, oblig&#233;s d'expliquer en ondes les tendances exhibitionnistes du gouverneur de la Nouvelle-France. M&#233;chant contrat !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Heureusement, l'&#233;v&#233;nement du RRQ &#233;tait termin&#233; et R&#233;gent pouvait remiser son costume. Je d&#233;cidai de l'accompagner jusqu'&#224; sa voiture, sauf que R&#233;gent avait une vague id&#233;e de l'endroit o&#249; il l'avait gar&#233;e. Nous march&#226;mes pendant quelques kilom&#232;tres, lui retenant son pantalon de navigateur pour ne pas qu'il tombe et moi cherchant une entr&#233;e de stationnement souterrain qui serait la bonne. C'est l&#224; que j'ai compris que Samuel de Champlan avait beau &#234;tre g&#233;ographe et cartographe, quand il perdait son chemin il &#233;tait comme vous et moi bien mal pris. Tout au long du trajet, les gens ne rataient pas l'occasion de saluer Samuel de Champlain, qui, imperturbable, leur disait qu'il &#233;tait revenu &#224; Qu&#233;bec pour faire l'ind&#233;pendance. Le parking fut enfin retrouv&#233; et R&#233;gent, alias Samuel de Champlain, put remonter sur le &#171; Don de Dieu &#187; en route vers de nouvelles aventures.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Noce albanaise, rue Sherbrooke Est</title>
		<link>http://www.vigile.net/Noce-albanaise-rue-Sherbrooke-Est</link>
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		<dc:date>2008-07-03T21:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Avant d'&#234;tre rebaptis&#233; Royal Versailles, l'&#233;tablissement h&#244;telier portait le nom de Wandlyn Inn. C'est &#224; cet endroit, situ&#233; &#224; deux pas de l'h&#244;pital psychiatrique Louis-H.-Lafontaine, dans l'Est de Montr&#233;al, que j'assistai &#224; ma premi&#232;re, et derni&#232;re, noce (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant d'&#234;tre rebaptis&#233; Royal Versailles, l'&#233;tablissement h&#244;telier portait le nom de Wandlyn Inn. C'est &#224; cet endroit, situ&#233; &#224; deux pas de l'h&#244;pital psychiatrique Louis-H.-Lafontaine, dans l'Est de Montr&#233;al, que j'assistai &#224; ma premi&#232;re, et derni&#232;re, noce albanaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ga&#233;tan nous avait annonc&#233; son mariage avec Caroline quelques semaines plus t&#244;t, et voil&#224; que le grand jour &#233;tait arriv&#233;. Ce mariage n'avait rien de bien malin. Ga&#233;tan venait d'engrosser par m&#233;garde sa ch&#233;tive Caroline, et celle-ci, ou plut&#244;t les parents de celle-ci, ne pouvaient imaginer les cons&#233;quences du geste en dehors des liens sacr&#233;s du mariage. Mais, au grand dam des familles, le mariage consenti serait civil. Et pour cause, en &#233;pousant la doctrine marxiste-l&#233;niniste deux ans auparavant, Ga&#233;tan et Caroline avaient pour ainsi dire abjur&#233; leur foi chr&#233;tienne. La religion est l'opium du peuple et Marx ne pouvait se tromper.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous les camarades qui peuplaient la cellule communiste du quartier &#233;taient convi&#233;s &#224; la noce. La c&#233;r&#233;monie protocolaire au Palais de justice avait &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;e aux seuls membres des familles. Nous nous &#233;tions donc rendus pour l'heure pr&#233;vue &#224; l'h&#244;tel. Nous &#233;tions huit ou neuf, endimanch&#233;s dans des costumes que nous n'avions pas coutume de porter. Pour ma part, &#231;a tombait bien, je m'&#233;tais grey&#233; d'un habit neuf au d&#233;c&#232;s de Mao l'ann&#233;e d'avant (puisque j'avais eu l'insigne honneur de faire partie de la d&#233;l&#233;gation du Parti &#224; se rendre &#224; l'ambassade de Chine pour y d&#233;poser une couronne).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Huit ou neuf grands jeunes hommes &#8211; mais pas l'ombre d'une fille, curieux ! &#8211; tous mis sur leur trente-six, pour l'arriv&#233;e de nos deux tourtereaux. Voil&#224; qui eut l'heur de plaire &#224; Ga&#233;tan qui n'en attendait pas moins de nous. Le salon de l'h&#244;tel o&#249; nos agapes se tiendraient &#233;tait am&#233;nag&#233; de telle sorte que tous les invit&#233;s prissent place et se fissent face (sortez de ce corps, camarade Jourdain !).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La famille de Caroline ne comptait cet apr&#232;s-midi-l&#224; que son p&#232;re et sa m&#232;re, tous deux de Pointe-Saint-Charles, alors que celle de Ga&#233;tan &#233;tait compos&#233;e d'une vingtaine de Jarrets noirs. On &#233;tait loin, c&#244;t&#233; assistance, des mariages italiens qui se d&#233;roulaient tout pr&#232;s, &#224; Saint-L&#233;onard. Ni les parents de Caroline, ni ceux de Ga&#233;tan ne se doutaient que leur prog&#233;niture avait adh&#233;r&#233; au Parti marxiste-l&#233;niniste, tant celle-ci, un brin parano&#239;aque, &#233;tait avare de confidences. L'eussent-ils su qu'ils auraient &#233;t&#233; moins estomaqu&#233;s par le spectacle qui les attendait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Ga&#233;tan avait tant insist&#233; pour que ses camarades soient pr&#233;sents, c'est un peu pour se sentir en terrain familier, car sa vraie famille maintenant &#233;tait le Parti. Quant &#224; Caroline, qui avait joint le Parti davantage par amour pour Ga&#233;tan que pour la cause avec un grand C, elle savait &#224; quoi s'en tenir : d&#233;sormais, jusqu'&#224; l'av&#232;nement de l'Homme nouveau, que nous apporterait &#224; coup s&#251;r le communisme, sa vie de couple serait partag&#233;e avec l'agenda du Parti, agenda qui ne laissait gu&#232;re de place aux mamours, fussent-ils tout entier sous le sceau de la faucille et du marteau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le repas fut entam&#233; sit&#244;t que chaque convive re&#231;ut, qui sa cuisse, qui sa poitrine de poulet. Les familles m&#233;m&#233;raient d&#233;j&#224; sur l'enfant &#224; na&#238;tre, s'exclamaient sur le beau petit couple nouvellement form&#233;, leur posaient, comme &#224; J&#233;sus dans la chanson de B&#233;caud, leurs trente mille questions. Quant &#224; nous &#8211; les &#171; c'est un joli nom Camarade &#187; - qui &#233;tions assis &#224; la m&#234;me table, nous devisions sur la situation mondiale comme si nous &#233;tions &#224; une s&#233;ance du G-7, s&#233;rieux comme des papes, si tant est que l'on puisse utiliser ce nom en ce qui nous concerne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De temps &#224; autre, certains invit&#233;s jetaient un regard curieux en notre direction, se demandant sans doute qui diable pouvions-nous &#234;tre, nous, jeunes hommes dans la vingtaine, sans aucune cr&#233;ature pour nous divertir, et discutant de sujets graves, comme la th&#233;orie des trois-mondes (que nous fustigions) ou le proc&#232;s de la Bande des Quatre en Chine. Manifestement, notre comportement, peu enjou&#233; pour une noce, trahissait un certain myst&#232;re et piquait la curiosit&#233;. Certains devaient s'imaginer que nous &#233;tions tous gays ou d'ex-amants de la mari&#233;e, allez donc savoir. Tout devait s'&#233;claircir quand le camarade Marco nous fit signe de nous lever et r&#233;clama de l'assistance un moment d'attention. Enfin, par ce stratag&#232;me, les Jarrets noirs aussi bien que les Pointe-Saint-Charlois sauraient dans quel gu&#234;pier ils s'&#233;taient fourr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marco d&#233;clara solennellement que la cellule du Parti &#233;tait heureuse de l'union de nos deux camarades. Du coup, on per&#231;ut dans l'assistance que les mots &#171; cellule du Parti &#187; et &#171; nos deux camarades &#187; avaient fait tilt. Les nouveaux mari&#233;s faisaient partie d'une organisation, d'aucuns diront d'une secte, dont ils n'avaient jamais entendu parler, ni m&#234;me imagin&#233; l'existence. Notre camarade poursuivit en offrant les v&#339;ux de la section montr&#233;alaise du Parti au nouveau couple et d&#233;cr&#233;ta que cette union serait une r&#233;ussite qui rejaillirait sur la classe ouvri&#232;re. Il n'y allait pas avec le dos de la cuill&#232;re. Je me rappelle avoir vu alors la m&#232;re de la mari&#233;e porter la paume de sa main devant sa bouche, comme pour retenir un &#171; mon doux Seigneur ! &#187;, un peu &#224; la mani&#232;re de maman Plouffe comprenant que son Guillaume tuait des hommes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, poursuivit Marco, pour vous, camarades Caroline et Ga&#233;tan, et pour vous, ch&#232;res familles, voici quelques chansons que nous vous offrons en guise de contribution &#224; cette noce. Et nous commen&#231;&#226;mes par interpr&#233;ter le chant albanais &#171; O Jeunesse, belle Jeunessse, grand est notre nombre &#187;, qui fut suivi par le &#171; Chant du VIIe Congr&#232;s &#187; (du Parti du travail d'Albanie), interpr&#233;t&#233; en albanais &#224; part &#231;a, et, enfin, par la chanson des Partisans albanais (ou Shqiponjat partizane). Jamais &#224; Pointe-Saint-Charles non plus qu'en Beauce n'avait &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e l'Albanie et, manifestement, les plus loquaces se disaient qu'il ne pouvait pourtant s'agir de la capitale de l'&#201;tat de New York.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devant leurs mines &#233;bahies et, pour certains, d&#233;confites, nous poursuivions notre tour de chant comme si nous &#233;tions rien de moins que le Ch&#339;ur de l'Arm&#233;e rouge. Et nous y mettions du c&#339;ur, &#224; la grande joie, la joie incommensurable, serait-il plus juste de dire, de Ga&#233;tan qui battait la mesure et de Caroline qui suivait aussi le tempo, tout en scrutant du coin de l'&#339;il la r&#233;action de la parent&#233;, qui devait se demander ce qui &#233;tait arriv&#233; &#224; leurs enfants ch&#233;ris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si notre r&#233;pertoire &#233;tait surtout albanais, nous comptions aussi quelques chansons &#224; saveur locale, dont une sur le docteur Norman Bethune, une sur Trudeau &#171; prince des laquais et pantin de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#187; et une autre qui relatait en ironisant l'accident dans lequel avait &#233;t&#233; impliqu&#233; Ren&#233; L&#233;vesque et qui avait co&#251;t&#233; la vie &#224; un pi&#233;ton.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s chaque chanson, les convives applaudissaient mollement, ne sachant trop si par le fait m&#234;me ils n'ent&#233;rinaient pas notre d&#233;marche r&#233;volutionnaire, s'ils ne se faisaient pas complices de nos sombres desseins. Or, comme tout ce beau monde votait lib&#233;ral, parti qu&#233;b&#233;cois ou cr&#233;ditiste, leur all&#233;geance paraissait suspecte, d'o&#249; le malaise qui n'avait &#233;chapp&#233; ni aux uns ni aux autres. Pendant les quarante minutes que dura le concert de &#171; Red &#187; Star Acad&#233;mie, personne ne protesta, par respect pour les mari&#233;s et peut-&#234;tre pour ne pas contrarier les Albanais qui devaient sommeiller et, pourquoi pas, comploter en chacun de nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'apoth&#233;ose arriva avec le dernier chant, celui de l'Internationale. Cette fois, nous avions pens&#233; faire &#339;uvre utile en distribuant les paroles de la chanson &#233;crite par Eug&#232;ne Pothier. Marco demanda &#224; l'assistance de se lever et de nous accompagner pour la grande finale. Seule la grand-m&#232;re de Ga&#233;tan, &#224; cause de ses varices, fut dispens&#233;e de se lever. S'il n'avait pas &#233;t&#233; d&#233;j&#224; quatre heures, nul doute que dans les annales du Parti cette prestation collective aurait &#233;t&#233; le clou de la soir&#233;e, le clou que l'on rive bien s&#251;r au tombeau du capitalisme. Bien entendu, pour entonner cet hymne, tous les camarades lev&#232;rent le poing et les familles parurent soulag&#233;es de ne pas avoir &#224; le faire, puisque tous s'agrippaient &#224; deux mains au texte photocopi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s ce spectacle, Ga&#233;tan d&#233;cr&#233;ta que la noce venait de se terminer, au grand soulagement des familles qui se demandaient si nous n'&#233;tions pas pour distribuer des kalachnikovs &#224; chacun et commencer l'assaut final. Les adieux ne furent donc pas d&#233;chirants, tout le monde embrassa la mari&#233;e, belle comme un c&#339;ur, et serra la main de l'homme qui a vu l'homme qui a vu Marx, Engels, L&#233;nine et Staline. Le d&#233;part pour la Beauce sonnait l'heure de la d&#233;livrance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une fois sur le trottoir, en face du centre commercial Place Versailles, c'est Ga&#233;tan qui donna les consignes aux camarades. Lui et les autres prendraient le m&#233;tro pour aller pr&#233;parer la salle (on tenait une r&#233;union du Parti en soir&#233;e, &#224; l'auditorium de l'&#233;cole Louis-Riel, pour souligner l'Ann&#233;e Staline, et il fallait d&#233;corer la salle). Il me demanda de raccompagner Caroline &#224; la maison et de venir les retrouver en soir&#233;e. Je lui sugg&#233;rai de me rendre &#224; sa place &#224; l'&#233;cole, puisque, apr&#232;s tout, il venait de se marier. Ga&#233;tan me fustigea du regard, ne voulant surtout pas que l'on puisse imaginer que son mariage &#8211; tout au plus un accommodement familial &#8211; ne devienne un frein pour notre combat r&#233;volutionnaire. C'est ainsi que je me r&#233;signai pour la cause &#224; prendre un taxi avec la mari&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Caroline semblait un peu d&#233;pit&#233;e par la tournure des choses, mais consentit (avait-elle le choix ?) &#224; me suivre. Elle venait de se coiffer d'un petit foulard rouge qui lui allait bien et qui lui donnait l'air d'une jeune ouvri&#232;re tout droit sortie du conglom&#233;rat textile de Tirana, comme on en rencontre dans les romans d'Isma&#239;l Kadar&#233;, et comme tout camarade souhaitait en rencontrer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle attendit d'&#234;tre chez elle &#8211; qui &#233;tait aussi l'appart de Ga&#233;tan &#8211; avant de me confier qu'on y &#233;tait peut-&#234;tre all&#233;s un peu fort en soda avec toutes ces chansons albanaises. Je brodai sur le fait que l'Albanie &#233;tait le phare du socialisme dans le monde, la glorieuse sentinelle dont il fallait d&#233;fendre l'image comme la prunelle de nos yeux, la patrie du camarade Enver et autres lieux communs du genre. Alors, elle demanda : mais, en Albanie, camarade, dans les mariages, on ne doit tout de m&#234;me pas chanter &#171; la Bitte &#224; Ti-Bi &#187; ? Ce commentaire me fit rire et Caroline fut aussit&#244;t soulag&#233;e que l'on se comprenne si bien. Nous r&#238;mes comme deux malades, au point d'en avoir les larmes aux yeux. Bien entendu, nous ne raconterions &#224; personne cet &#233;change sacril&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je dis aussi &#224; Caroline que, pour ce que j'en savais, les Albanais, bien avant d'&#234;tre communistes, &#233;taient d'abord Albanais. Que leur nationalisme &#233;tait l&#233;gendaire et que le n&#244;tre &#233;tait de la petite bi&#232;re d'&#233;pinette Marco &#224; c&#244;t&#233; du leur. La camarade se leva, posa sa tasse de caf&#233;, et mit un trente-trois tours de Claude L&#233;veill&#233;e sur la cha&#238;ne st&#233;r&#233;o. Il nous restait une heure &#224; tuer avant de nous rendre &#224; Louis-Riel o&#249; nous attendait &#171; Staline &#187;. Lui n'entendait jamais &#224; rire&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>&#201;loge du nationaleux</title>
		<link>http://www.vigile.net/Eloge-du-nationaleux</link>
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		<dc:date>2008-06-22T15:03:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Si c'est &#234;tre nationaleux que de s'affirmer ou que d'affirmer que notre destin se joue au Qu&#233;bec, je veux bien &#234;tre trait&#233; de nationaleux. Je m'en moque comme de l'an quarante que les f&#233;d&#233;rastes s'&#233;nervent le poil des jambes chaque fois que je me tiens (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'&#233;tait l'an dernier, en fin de parcours du d&#233;fil&#233; de la F&#234;te nationale, Laurent, que je n'avais pas revu depuis des lustres, m'ayant rep&#233;r&#233; derri&#232;re la banderole du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais, m'interpelle, mi-s&#233;rieux, mi-plaisant, &#171; comme cela, te v'l&#224; chez les nationaleux ! &#187; N'importe qui d'autre aurait eu ma fa&#231;on de penser, mais Laurent, c'est un vieux pote, alors je suis all&#233; au-devant pour l'&#233;triver &#224; mon tour : &#171; et toi, toujours avec la gogauche ? &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On s'&#233;tait connus lors de la cr&#233;ation de l'Association nationale des &#233;tudiants du Qu&#233;bec en 1975, alors que nous &#233;tions tous les deux du m&#234;me c&#244;t&#233; de la barricade. Puis on s'&#233;tait perdus de vue, apr&#232;s les &#233;tudes et la d&#233;confiture des marxistes-l&#233;ninistes. Laurent &#233;tait rest&#233; dans la mouvance de gauche, alors que moi je m'&#233;tais rapproch&#233; des nationalistes, apr&#232;s les avoir pourtant boud&#233;s. Mais l&#224;, mon ancien camarade commen&#231;ait &#224; branler dans le manche et se demandait s'il ne devait pas palier au plus urgent et abandonner Qu&#233;bec Solidaire, o&#249; il logeait dor&#233;navant, pour rejoindre lui aussi les nationalistes, d'o&#249; sa boutade de tant&#244;t qui ne se voulait donc pas maligne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De toute fa&#231;on, se faire traiter de nationaleux ne devrait pas nous faire faire de l'urticaire, &#224; plus forte raison quand cela vient de nos adversaires f&#233;d&#233;ralistes &#8211; et notez que je ne dis pas &#171; f&#233;d&#233;raleux &#187;, car dans ce cas l'adjonction du suffixe p&#233;joratif &#171; eux &#187; serait tout ce qu'il y a de plus redondant. Que pouvons-nous attendre des f&#233;d&#233;ralistes, je vous le demande, sinon que du m&#233;pris. &#192; part &#231;a, comme le linguiste de Saussure l'a dit, le mot &#171; chien &#187; n'a jamais mordu personne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attabl&#233;s aux &#171; 3 Brasseurs &#187;, quelques heures et quelques chopes plus tard, nous avons poursuivi la discussion en devisant sur comment r&#233;aliser la souverainet&#233; du Qu&#233;bec en un tournemain. Pour Laurent comme pour moi, il saute aux yeux que le Qu&#233;bec est en p&#233;ril, que le fran&#231;ais perd partout des plumes, toujours au d&#233;triment de l'anglais &#8211; maudit anglais &#8211; et que cela en devient pr&#233;occupant&#8230; hips ! Comme dit la chanson de l'autre &#8211; comment il s'appelle au juste ? &#8211; il faut se grouiller le cul. &#199;a, on est bien d'accord, hips ! mais moi je suis d&#233;j&#224; grand-p&#232;re et lui est rest&#233; gar&#231;on, il faut des renforts, car on n'y arrivera pas &#224; deux, d'autant que lui m'avait l'air assez pompette merci et que je n'&#233;tais pas parti non plus pour veiller tard. Nous nous sommes laiss&#233;s peu avant minuit, avec un plan de match pour l'ind&#233;pendance cl&#233;s en main, rien de trop beau pour la classe ouvri&#232;re. Lui avait gar&#233; son citron pas loin de l&#224;, et moi je devais prendre le dernier m&#233;tro avant qu'il ne se transforme en citrouille. D&#233;j&#224; que ma femme m'attendait avec impatience et un rouleau &#224; p&#226;te. C't'id&#233;e aussi de faire des tartes apr&#232;s minuit, Betty Crocker de mon c&#339;ur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais revenons au mot nationaleux&#8230; qui d&#233;rive bien s&#251;r du mot national, auquel on a accol&#233; le suffixe &#171; eux &#187;, lui donnant du coup une connotation n&#233;gative, pass&#233;iste, vieux chnoque. Il faut admettre qu'il est bien utile ce mot pour d&#233;nigrer tous ceux qui se pr&#233;occupent de la p&#233;rennit&#233; de la langue, qui sont fiers de leurs racines et de leur identit&#233;. Pourtant, &#224; ce compte-l&#224;, on pourrait trouver une multitude de coreligionnaires nationaleux partout dans le monde, sans que personne ne s'en formalise, ni encore moins ne s'en offusque. Car tous les peuples ne sont-ils pas fiers de leur identit&#233;, ne souhaitent-ils pas tous la p&#233;rennit&#233; de leur langue&#8230; qu'y a-t-il de mal &#224; cela ? Demandez-le aux Isra&#233;liens et aux Palestiniens, pour ne mentionner que ceux-l&#224;. On voudrait nous foutre un complexe, bordel, qu'on n'agirait pas autrement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et quand nos adversaires emploient ce mot, c'est souvent &#224; l'encontre de la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste de Montr&#233;al, qui serait, selon ceux qui veulent nous faire croire au Bonhomme Sept-Heures, un repaire de nationaleux. Pourtant, la r&#233;alit&#233; est tout autre. Je dois en savoir quelque chose, puisque je milite dans cet organisme qui aura bient&#244;t 175 ans. La v&#233;n&#233;rable soci&#233;t&#233; cherche au contraire &#224; tisser des liens, &#233;changer et &#233;tablir des rapports amicaux avec de nombreuses communaut&#233;s culturelles. Ce n'est pas un organisme ferm&#233; sur lui-m&#234;me, loin s'en faut. Au contraire, la SSJB fait preuve d'ouverture, est inclusive, et, si vous en doutez, c'est que vous n'avez jamais entendu parler son pr&#233;sident Jean Dorion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, &#224; une autre &#233;poque, la SSJB a tenu quelques propos malheureux, mais c'&#233;tait dans l'air du temps, comme on dit. Et, ne serait-ce que sur la question de la communaut&#233; juive, on sait aujourd'hui que &#171; nos Anglais &#187; ne laissaient pas leur place, pour ne pas dire qu'ils donnaient le ton, William Lyon Mackenzie King en t&#234;te. Il ne faut pas oublier non plus que les Canadiens fran&#231;ais sont pass&#233;s au laminoir plus souvent qu'&#224; leur tour, qu'ils en ont vu des vertes et des pas m&#251;res depuis la Conqu&#234;te, qu'on a tout fait pour les assimiler (et en partie r&#233;ussi d'ailleurs). Et cette Conf&#233;d&#233;ration de malheur qu'on leur a impos&#233;e, sans demander leur avis&#8230; ce fut encore dans le but qu'ils s'effacent et s'&#233;crasent &#224; jamais. Notre chance aura &#233;t&#233; d'appartenir &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;une race qui ne veut pas mourir&lt;/i&gt;. Car s'il n'en &#233;tait tenu qu'aux Anglais&#8230; il y a belle lurette que les Canadiens fran&#231;ais auraient rejoint les B&#233;othuks au paradis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne faut pas avoir honte de ses origines. Ceux qui devraient avoir honte, ce sont ceux qui les cachent sous le tapis, au nom d'un internationalisme apatride, tuant ainsi la beaut&#233; du monde. Tous les peuples libres de la plan&#232;te c&#233;l&#232;brent pourtant leurs h&#233;ros, s'en inspirent et vantent leur histoire. Prenez les Am&#233;ricains, pensez-vous qu'ils ne sont pas peu fiers de leur pass&#233; ! Alors qu'on trouve ici, parmi les n&#244;tres, des gens qui seraient pr&#234;ts &#224; r&#233;pudier leur nationalit&#233;, faire un trait sur leur histoire, pour mieux embrasser l'identit&#233; de l'autre, pour mieux se couler dans la masse uniforme&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a quelques jours, au micro de Radio-Canada, la chroniqueuse artistique jubilait &#224; l'id&#233;e que Pascale Picard &#8211; cette jeune chanteuse qui fait carri&#232;re en anglais &#8211; serait bient&#244;t vue &#224; la t&#233;l&#233; fran&#231;aise par des millions de spectateurs. Et, pensez donc, mon doux Seigneur, c'est en anglais qu'elle chante par-dessus le march&#233; ! C'est pas m&#234;lant, plus la chroniqueuse s'extasiait de la chose, allant jusqu'&#224; mouiller sa petite culotte, plus j'&#233;tais frapp&#233; par cette surdose ind&#233;cente d'enthousiasme d&#233;lirant, qui n'&#233;tait pas de commune mesure avec la nouvelle en tant que telle. Vite, il faut d&#233;rouler le tapis rouge, se prosterner devant ce choix si original &#8211; j'insiste &#8211; de l'anglais ! Certains chroniqueurs ont eu la m&#234;me r&#233;action excessive quand l'&#233;crivain Yan Martel a remport&#233; un prix avec un livre &#233;crit en anglais. Du coup, &#231;a &#233;clipsait Marie Laberge, Michel Tremblay et tous les autres r&#233;unis. On tr&#233;pigne de joie sit&#244;t que l'un d'entre nous se commet en anglais, comme s'il s'agissait d'un grand exploit, tiens &#8211; tant qu'&#224; d&#233;lirer &#8211; comparable &#224; celui d'escalader le Kilimandjaro en fauteuil roulant. &#192; la limite, si Pascale Picard chantait en ouighour et que Yan Martel avait &#233;crit son livre en panj&#226;b&#238;, je veux bien croire qu'on aurait pu faire le jars et se p&#233;ter les bretelles. Mais, en anglais ? Dans un monde domin&#233; par l'anglo-am&#233;ricain, la chose reste banale&#8230; sauf peut-&#234;tre quand on est un peu colonis&#233; sur les bords. Mais bon, nos petits anglophiles pensent autrement et, prenez garde de leur en faire le reproche, ils vous traiteront vous aussi de nationaleux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si c'est &#234;tre nationaleux que de s'affirmer ou que d'affirmer que notre destin se joue au Qu&#233;bec, je veux bien &#234;tre trait&#233; de nationaleux. Je m'en moque comme de l'an quarante que les f&#233;d&#233;rastes s'&#233;nervent le poil des jambes chaque fois que je me tiens debout ou que je leur dis leurs quatre v&#233;rit&#233;s. Et ils n'ont encore rien vu ! car plus ma compr&#233;hension de notre histoire bourr&#233;e d'injustices envers les n&#244;tres va en s'approfondissant, plus j'ai peine &#224; me contenir. F&#233;lix ne voyait-il pas monter la col&#232;re ? Ce doit &#234;tre cela, j'en ai bien peur&#8230; pour eux. Et, pour paraphraser Mich&#232;le Lalonde, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nous savons que nous ne sommes pas seuls !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationaleux, au fond, cultive la m&#233;moire. Il est d&#233;rangeant et c'est pourquoi certains s'&#233;vertuent &#224; lui dire que sa date de p&#233;remption est d&#233;pass&#233;e. Alors que les anti-nationaleux pr&#233;f&#232;rent r&#233;&#233;crire l'histoire &#8211; celle du 400e, par exemple. Alors que les anti-nationaleux ont toujours des accommodements &#224; port&#233;e de main &#224; proposer, toujours une courbette &#224; faire. L'essentiel pour eux est que pour rien au monde on ne les associe aux nationalistes, au cas o&#249; cela aurait quelque incidence sur leur carri&#232;re, leurs subventions, leurs voyages acad&#233;miques au frais de la princesse, etc. Au fond, ceux qui n'ont que des vilains mots contre les nationaleux sont des calculateurs, comme ce &#171; Dandy &#187; Laferri&#232;re qui a vite compris comment faire la cour &#224; une reine-n&#232;gre sans se fatiguer. Qui sait si demain il n'aura pas droit aux honneurs de la gouverneure g&#233;n&#233;rale et de son grand dadais de mari et qu'ils ne trinqueront pas pour une bonne cause. Vive le Qu&#233;bec&#8230; euh ! vive Ha&#239;ti libre&#8230; hips !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s ce que je viens d'&#233;crire, n'allez pas croire que je voue un culte au nationaleux, que je ne lui connais que des vertus et pas de d&#233;fauts. C'est mal me conna&#238;tre. Je dis juste que le nationaleux est un acteur n&#233;cessaire et que du seul fait qu'il emb&#234;te les Pratte, Dubuc et Lysanne Gagnon de ce monde, qui le voient jusque dans leur soupe, eh bien, ne serait-ce que pour cela, le nationaleux m&#233;rite de la patrie. Et que nos adversaires s'&#233;touffent avec !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Les Lowelliens r&#233;pondent encore&#8230;</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Je gardais un imp&#233;rissable souvenir de cette semaine pass&#233;e &#224; Lowell, au Massachusetts, en d&#233;cembre 1972, il y a d&#233;j&#224; plus de 35 ans. C'est &#224; la suite d'une suggestion un peu saugrenue de mon prof de litt&#233;rature, Sylvain Leli&#232;vre, et aussi de ma lecture de l'essai que VLB (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je gardais un imp&#233;rissable souvenir de cette semaine pass&#233;e &#224; Lowell, au Massachusetts, en d&#233;cembre 1972, il y a d&#233;j&#224; plus de 35 ans. C'est &#224; la suite d'une suggestion un peu saugrenue de mon prof de litt&#233;rature, Sylvain Leli&#232;vre, et aussi de ma lecture de l'essai que VLB venait de consacrer &#224; Jack K&#233;rouac, que j'avais fait mon baluchon et grimp&#233; dans un Greyhound en direction de Boston.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Davantage que la qu&#234;te du K&#233;rouac mythique, ce qui m'avait intrigu&#233;, c'&#233;tait d'apprendre que tant de Canadiens fran&#231;ais avaient connu l'exode vers les &#201;tats de la Nouvelle-Angleterre, depuis 1840 et jusqu'&#224; 1930 environ, et qu'ils y &#233;taient maintenant install&#233;s &#224; demeure. Et pourtant, alors que le Qu&#233;bec se dirigeait sur les chapeaux de roues vers l'&#233;lection d'un premier gouvernement souverainiste, l'existence de cette Franco-Am&#233;ricanie, de ce Qu&#233;bec d'en bas, demeurait le secret le mieux gard&#233;. Certes, on l'avait &#233;voqu&#233; &#224; Radio-Canada, lors d'une &#233;mission du &#171; Sel de la semaine &#187;, consacr&#233;e justement &#224; K&#233;rouac, mais c'&#233;tait somme toute bien peu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ainsi que je d&#233;ambulai dans les rues de Lowell, longeant la rivi&#232;re Merrimack et d&#233;couvrant dans celle-ci le reflet des usines de textile qui, hier encore, dominaient la vie &#233;conomique de la r&#233;gion et y embauchaient tout ce que la ville comptait de &#171; Canucks &#187;. Je lorgnai le tout au moyen d'une cam&#233;ra super-huit pr&#234;t&#233;e par le c&#233;gep, promenant mon objectif sur les devantures des magasins, en portant une attention toute particuli&#232;re aux enseignes, pour y constater l'abondance de patronymes fran&#231;ais dans les raisons sociales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2210 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:147px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.mass.gov/?pageID=mg2localgovccpage&amp;L=1&amp;L0=home&amp;L1=Resident&amp;sid=massgov2&amp;selectCity=Lowell&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_15-lowell.jpg' width=&quot;147&quot; height=&quot;94&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Mon premier contact, c'est avec le p&#232;re Armand &#171; Spike &#187; Morissette qu'il s'effectua. Lui, il avait bien connu K&#233;rouac &#224; diff&#233;rentes &#233;poques de sa vie. Il &#233;tablit pour moi une liste de personnes &#224; Lowell qu'il me fallait rencontrer si je voulais bien cerner mon sujet. C'est ainsi qu'il me sugg&#233;ra d'aller piquer une jase avec un groupe de vieilles &#8211; je croyais dur comme fer qu'on &#233;tait vieux d&#232;s lors qu'on d&#233;passait la quarantaine ! &#8211; un groupe de vieilles dames, dis-je, qui se r&#233;unissait chaque dimanche dans un &#171; delicatessen &#187; du centre-ville.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les dames, toutes dans la soixantaine, sembl&#232;rent &#233;prouver du plaisir &#224; m'accueillir parmi elles. Il faut dire que je devais &#234;tre beau bonhomme &#224; l'&#233;poque (du moins, j'aime &#224; le croire) et c'&#233;tait donc un cadeau du ciel que leur avait rendu la Providence (et Lowell est si pr&#232;s du Rhode Island) en leur amenant un c&#233;g&#233;pien au beau milieu de leurs agapes. J'avais donc toute l'attention sur moi et je connus ce que Warhol appelait le quart d'heure de c&#233;l&#233;brit&#233;. Toute la discussion passa &#224; parler de la vie fran&#231;aise &#224; Lowell, &#224; entendre des confidences et des anecdotes sur la petite histoire familiale de chacune, depuis ces arri&#232;re-grands-parents, qui avaient quitt&#233;, qui la Beauce, qui le Bas-Saint-Laurent pour venir s'&#233;tablir par ici. Tout cela &#233;tait dit &#224; la bonne franquette et suscitait parfois des rires, m&#234;me si certaines bribes de phrases m'&#233;chappaient, surtout quand elles &#233;taient dites en anglais. &#199;a jacassait tant et tellement qu'on aurait dit la version &#171; Mets-ses-chaussettes &#187; des Belles-s&#339;urs de Tremblay. Ce qui me donna une id&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je leur demandai de lire &#224; tour de r&#244;le quelques lignes du roman &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sur la route&lt;/i&gt;, de K&#233;rouac, que je tra&#238;nais avec moi. Toutes se pr&#234;t&#232;rent avec amusement &#224; ce jeu et j'enregistrai le tout sur une minicassette. La lecture &#233;tait parfois laborieuse &#224; souhait, la plupart d'entre elles ayant perdu l'habitude de lire en fran&#231;ais, quand ce n'&#233;tait pas de lire tout court, et certains mots leur paraissaient du chinois. C'est ainsi qu'une d'entre elles buta sur le mot &#171; copains &#187; et demanda &#224; la ronde : &#171; Qu'oss&#233; &#231;a veut dire, &#231;a, copains ? &#187; On s'est bien amus&#233; au bout du compte, et elles m'invit&#232;rent &#224; ne pas compter les tours et &#224; revenir, car elles n'&#233;taient pas &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sorteuses&lt;/i&gt;. Je leur promis comme de bien entendu, mais je manquai &#224; ma promesse. Il doit bien en rester quelques-unes encore en vie, en marchette ou en fauteuil roulant ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le p&#232;re Morissette fit pour moi quelques appels t&#233;l&#233;phoniques et me fit inviter chez des familles, qui m'accueillirent toujours avec la plus grande attention, comme si j'&#233;tais l'ambassadeur de leur patrie d'origine. Si les communications s'effectuaient avec aisance avec tous, j'avais bien de la mis&#232;re avec les jeunes qui refusaient de s'adresser &#224; moi autrement qu'en anglais. Manifestement, les jeunes n'&#233;taient plus aussi &#224; l'aise que leurs a&#238;n&#233;s avec notre langue, si bien qu'ils craignaient qu'on ne le d&#233;couvre ou qu'on se moque de cet accent &#224; couper au couteau, ne pouvant savoir que jamais au grand jamais je n'aurais eu cette vilaine tentation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je passai une soir&#233;e chez une parente de Jack K&#233;rouac. Cette dame craignait un peu de perdre son fran&#231;ais, car ses meilleures amies n'&#233;taient pas des francos. Mais ce fut encore un moment m&#233;morable. Si elle voulait bien jaser des K&#233;rouac de Lowell, elle ne voulait pour rien au monde rater ses &#233;missions de t&#233;l&#233;. Si bien que, ce soir-l&#224;, contre toute attente, je passai la soir&#233;e non seulement avec Mme K&#233;rouac et ses vieux souvenirs, mais &#233;galement avec le docteur Marcus Welby ! Ce cher m&#233;decin que tout le monde adorait &#224; l'&#233;poque, ignorant pourtant, merci Paul Pich&#233;, qu'il ne cherchait pas les causes des maladies comme l'amiantose. Madame K&#233;rouac avait aussi une couple de chambreurs venus d'Afrique pour &#233;tudier au Massachusetts Institute of Technology. Comme ils lui avaient tous offert des souvenirs de leurs pays respectifs, elle profita de mon passage pour m'offrir &#224; son tour ces cossins qu'elle jugeait encombrants &#8211; des ramasse-poussi&#232;re &#8211; comme un coupe-papier, un masque africain et une antilope goss&#233;e dans du bois. J'ai encore le coupe-papier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les jeunes de mon &#226;ge, je n'en rencontr&#233; qu'un seul, Paul, qui &#233;tait une sorte de jeune &#171; preppy &#187; f&#233;ru de K&#233;rouac, qui vivait chez ses parents, en banlieue de Lowell, dans une grande maison qui aurait pu avoir appartenu &#224; la famille Stone. D&#232;s que j'eus franchi le pas de sa porte, Paul cria &#224; la cantonade que &#171; son ami &#187; (il devait en manquer cruellement pour m'introniser si vite dans son cercle) venait d'arriver. Il faut croire que je ne fis pas l'effet de l'ambassadeur Ben B&#233;land, car le mot Qu&#233;bec ne provoqua aucune r&#233;action. C'est &#224; peine si sa m&#232;re, qui ressemblait &#224; la com&#233;dienne Donna Reid, me lan&#231;a un &#171; Hi &#187; de politesse ; tous les autres &#233;tant riv&#233;s devant leur &#233;cran de t&#233;l&#233; o&#249; l'on pr&#233;sentait du football. Paul s'excusa pour l'accueil et me conduisit dans sa chambre rang&#233;e et propre comme un sou neuf. On parla de K&#233;rouac, bien s&#251;r, mais peu du Qu&#233;bec, car, comme tous les autres jeunes de son &#226;ge, il n'avait d'int&#233;r&#234;t que pour ce qui se passait au Vietnam. Et pour cause.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec tous ceux que je rencontrai, je leur donnais un cours 101 acc&#233;l&#233;r&#233; sur l'histoire r&#233;cente du Qu&#233;bec, commen&#231;ant avec la R&#233;volution tranquille pour s'arr&#234;ter avec la crise d'Octobre. Mais, avouons-le, vu de Lowell, le Qu&#233;bec leur paraissait bien loin. Si l'Histoire et la langue nous r&#233;unissaient &#224; coup s&#251;r, les Lowelliens &#233;taient aussi &#8211; je ne tardai pas &#224; m'en rendre compte &#8211; des citoyens am&#233;ricains &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le p&#232;re Morissette, qui me trouvait peut-&#234;tre trop sage avec mes questions bien gentilles, me sugg&#233;ra aussi de me rendre au club Passe-temps, un endroit o&#249; les hommes franco-am&#233;ricains se r&#233;unissaient pour boire, pisser et jouer au pool. Une taverne, quoi. Et il y avait de la boucane dans la cabane, laissez-moi vous dire, mais bon, on n'avait pas encore invent&#233; le concept de &#171; fum&#233;e secondaire &#187;. Je me sentais bien parmi les bedaines de bi&#232;re des prol&#233;taires, et c'&#233;tait l&#224; l'essentiel. Je ne tirai toutefois pas grand-chose de cet endroit, pourtant rempli de Jack K&#233;rouac&#8230; autant que de Jack Daniel's ! Maudite boisson !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il fallait que je relate par le menu, ne serait-ce qu'une seule journ&#233;e de cette escapade lowellienne, j'ai bien peur que vous ne seriez pas long &#224; m'abandonner &#224; mes effluves du pass&#233; et vous auriez parfaitement raison. Alors, permettez qu'&#224; ce stade-ci je presse sur le bouton &#171; fast forward &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De tous les gens de Lowell rencontr&#233;s, c'est l'historien Richard Santerre qui m'en apprit le plus sur sa ville, les Franco-Am&#233;ricains et K&#233;rouac. Cet homme &#233;tait rien de moins qu'un puits de science en mati&#232;re franco-am&#233;ricaine. Il fouinait partout pour sa qu&#234;te d'information sur le fait fran&#231;ais en Nouvelle-Angleterre. Il sentait l'urgence de mettre &#224; l'abri les annales et de conserver les archives du peuple franco. Chaque question que je lui posais se m&#233;ritait une r&#233;ponse fouill&#233;e et claire. C'est pas m&#234;lant, c'est l'Histoire des Franco-Am&#233;ricains qui d&#233;filait devant mes yeux &#233;bahis. Une Histoire qui &#233;tait en quelque sorte aussi une continuation de la n&#244;tre, mais en sol am&#233;ricain, une Histoire qui, en un sens, tournait un peu mal vers la fin, alors que ce &#171; Qu&#233;bec d'en bas &#187; s'anglicisait &#224; vue d'&#339;il pour des raisons dont ce n'est pas le propos d'&#233;voquer ici.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De retour &#224; Montr&#233;al, mes photos et mes enregistrements me permirent de r&#233;ussir le c&#233;gep avec une note preque parfaite en litt&#233;rature (pour les maths, ce fut moins g&#233;nial). Quelques ann&#233;es plus tard, il para&#238;t, mais il para&#238;t tellement de choses, que Sylvain Leli&#232;vre parlait de ma petite escapade &#224; Lowell comme d'un mod&#232;le d'implication d'un &#233;l&#232;ve s&#233;rieux et appliqu&#233;. La r&#233;alit&#233; est que Leli&#232;vre &#233;tait un professeur qui incitait &#224; l'&#233;mulation. Mon cas n'avait rien d'unique. (&#201;tait-ce si n&#233;cessaire d'ajouter pour le b&#233;n&#233;fice du lecteur cette derni&#232;re phase ? Permettez-moi d'en douter.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En mai dernier, la Maison Ludger-Duvernay accueillait deux visiteurs franco-am&#233;ricains comme conf&#233;renciers, Yvon Labb&#233; et Paul LaFlamme, et ce fut pour moi l'occasion de renouer avec l'Histoire de cette diaspora et de me demander ce qu'il &#233;tait advenu des gens rencontr&#233;s &#224; Lowell il y a 35 ans et des poussi&#232;res. J'ai donc fait une recherche sur Internet. Un ami, Laurent Desbois, m'avait aussi montr&#233; quelques photos qu'il avait prises &#224; Lowell l'automne dernier, dont l'une illustre l'H&#244;tel de ville avec le drapeau du Qu&#233;bec au m&#226;t. Cela me donnait d'autant plus le go&#251;t de r&#233;tablir les ponts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_2209 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_15-durand.jpg' width=&quot;500&quot; height=&quot;347&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, je compris qu'il avait d&#251; se passer quelque chose de grave pour le P&#232;re Morissette, quand je vis qu'il y avait maintenant un boulevard &#224; Lowell qui portait son nom. De fait, il mourut en 1991. J'ai voulu retracer Richard Santerre, mais on me r&#233;pondit qu'il &#233;tait &#224; la retraite, que mon appel pourrait le d&#233;ranger, bref, on me le d&#233;conseillait. Quelqu'un m'offrit de lui transmettre une lettre si j'insistais. J'&#233;crivis &#224; Jeannine Richard, qui anime de Lowell, chaque dimanche entre 17h et 19h, l'&#233;mission de radio &#171; Your French Connection &#187; sur les ondes du 91,5 FM (&lt;a href=&quot;http://www.wuml.org&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;www.wuml.org&lt;/a&gt;). Elle me mit en contact avec Roger Lacerte, autre personne qui en conna&#238;t un char pis une barge sur la Franco-Am&#233;ricanie. Elle me sugg&#233;ra aussi de contacter le p&#232;re Lucien Sawyer, un Oblat comme le p&#232;re Morissette.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est par le biais du p&#232;re Sawyer que j'obtins le num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone de Richard Santerre. Je lui t&#233;l&#233;phonai, il n'y &#233;tait pas, mais je ne laissai pas de message. Entre-temps, le p&#232;re Sawyer s'&#233;tait fait aller la margoulette et avait pr&#233;venu Santerre que je voulais lui parler. C'est pourquoi le 12 juin dernier, je re&#231;us un appel de Richard Santerre. Cela faisait plus de 35 ans que nous n'avions pas &#233;chang&#233;. Je le mis au parfum en lui apprenant que j'&#233;tais venu le voir en 1972, que si bien des choses avaient chang&#233;, j'avais encore quelques questions &#224; lui poser sur Lowell. Et cela repartit de plus belle, comme si nous reprenions la conversation au m&#234;me endroit que nous l'avions laiss&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le chanteur indig&#232;ne</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-chanteur-indigene</link>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Nous ne sommes sans doute pas assez vigilants. On aurait tort de ne pas s'en faire avec cette prolif&#233;ration de chansons anglaises. Certes, il ne s'agit pas de les interdire, mais on pourrait &#224; tout le moins l&#233;gif&#233;rer pour assurer la bonne sant&#233; de la chanson francophone, la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Moi plus chanter en cr&#233;ole&lt;br&gt;
Plus jamais chanter en cr&#233;ole&lt;br&gt;
Pays trop petit pour gagner sa vie&lt;br&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Punch cr&#233;ole&lt;/i&gt;, Robert Charlebois&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'emprunte le transport en commun pour le boulot et il m'arrive fr&#233;quemment de croiser un chanteur du m&#233;tro. Plus souvent qu'autrement, c'est en anglais qu'il pousse sa toune. Quand j'ai de la veine, je peux entendre du Richard Desjardins ou du Ariane Moffatt, mais la plupart du temps c'est du Cat Stevens ou du Gr&#233;gory Charles. On me dira qu'il n'y a pas de quoi en faire toute une histoire, encore moins sortir l'artillerie lourde, n'emp&#234;che que je trouve d&#233;solant que dans la m&#233;tropole du Qu&#233;bec, r&#233;put&#233;e francophone jusqu'&#224; preuve du contraire, l'espace sonore soit majoritairement en langue anglaise. &#171; Y'a rien l&#224; ! &#187; r&#233;torqueront les Roger Bontemps et tous ceux qui boivent de la bi&#232;re de Serge, mais, si vous voulez mon avis, ils se mettent le doigt dans l'&#339;il jusqu'au coude.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On s'entend que ces chansons en anglais dans l'espace public ne sortent pas que de la bouche du m&#233;tro, on les entonne aussi dans les parcs et dans les stades, on les braille dans la rue, on nous les sert &#224; toutes les sauces au restaurant&#8230; bref, elles sont omnipr&#233;sentes, si bien qu'on finit parfois par ne plus s'en rendre compte tant elles font partie du d&#233;cor. Face &#224; cette invasion barbare, la chanson francophone fait figure de parent pauvre. Si elle se pointe de temps &#224; autre, timidement, elle est souvent r&#233;duite &#224; la portion congrue, et, quelle ironie, pr&#233;sent&#233;e en vedette am&#233;ricaine dans son propre pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On m'objectera que c'est l'offre et la demande, qu'on assiste &#224; un ph&#233;nom&#232;ne d'acculturation, que &#171; si on fait de la musique en anglais au Qu&#233;bec, c'est qu'on veut plaire, qu'on veut toucher le monde &#187;, comme l'affirmait en octobre dernier le pr&#233;sident de l'ADISQ et impr&#233;sario de Pascale Picard (&#231;a dit tout), Paul Dupont-H&#233;bert. En outre, le principe des saucisses Hygrade s'applique : &#171; plus le monde en mange et plus le monde en veut &#187;. On nous gave comme des oies, on cr&#233;e l'accoutumance &#224; force de saturation et apr&#232;s on parle d'une tendance lourde des Qu&#233;b&#233;cois &#224; s'ouvrir de plus en plus &#224; la chanson anglo-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les chansons anglaises s'incrustent subrepticement, squattent vos oreilles, se jettent sur vous comme la mis&#232;re sur le pauvre monde, vous les entendez frapper &#224; vos portes de grange, et vous vous surprenez &#224; les fredonner ou &#224; les siffler. C'est un effet pernicieux &#224; la fin, pour ne pas dire pervers. Pas besoin &#224; part &#231;a de syntoniser les postes de radio et de t&#233;l&#233; anglophones pour tomber sur de la chanson anglaise, les postes fran&#231;ais nous en servent &#224; profusion, jusque dans la pub. Les &#233;missions de vari&#233;t&#233;s en regorgent. Vous &#233;tiez bien affal&#233; sur votre divan pour &#233;couter &#171; C&#233;l&#233;bration &#187; de Loto Qu&#233;bec, et vous constatez qu'une partie du spectacle est en anglais : Jonas ne chante qu'en anglais, Ginette Reno veut ploguer son nouveau CD anglais et le pot-pourri de chansons est en anglais. Et, vous savez quoi, bobonne vient de me dire derri&#232;re mon &#233;paule qu'il faut dire &#171; medley &#187;, car pot-pourri &#231;a date ! Non mais, de quoi je me m&#234;le. Je sens que la moutarde (French's, vous l'aurez devin&#233;) me monte au nez !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cout'donc, serions-nous d&#233;j&#224; anglicis&#233;s ? Alors vite, sortons notre violon, notre gazou, notre bombarde et notre accord&#233;on, nos &#171; accessoires ethniques &#187; comme disait Sylvain Leli&#232;vre dans Le chanteur indig&#232;ne, et cantonnons-nous dans le folklore. Swingne la baquaisse dans le fond de la bo&#238;te &#224; bois&#8230; et fais-y voir que t'es pas mort !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Derri&#232;re cet engouement pour la chanson en anglais, il y a cette soif insatiable de faire du cash, la maudite galette, m&#234;me si on pr&#233;f&#233;rera vous dire, car cela passe mieux, qu'il s'agit de rejoindre un plus large public. Tout le monde aspire &#224; devenir une star interplan&#233;taire et la voie oblig&#233;e pour y parvenir passe par l'anglais. C'est ainsi que Corneille a sorti son album The Birth of Cornelius (m&#234;me s'il para&#238;t, aux derni&#232;res nouvelles, que ce nouvel opus ne marche pas tr&#232;s fort, si bien qu'on assistera peut-&#234;tre &#224; l'enterrement de Corn&#233;lius !), que Garou a lanc&#233; Piece of My Soul, car il n'en pouvait plus soi-disant d'attendre. Et Pascale Picard qui r&#233;pondait &#224; la question de Guy A. Lepage (&#171; Why singing in English ? &#187;) par &#171; I want to pogne &#187;. Tout ce beau monde, on l'aura compris, aspire &#224; r&#233;p&#233;ter le succ&#232;s de C&#233;line Dion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne n'est pourtant pas si nouveau. En son temps, Pierre Lalonde avait t&#226;t&#233; la chanson anglaise, m&#234;me qu'il avait tent&#233; une carri&#232;re aux &#201;tats sous le nom de Peter Martin, carri&#232;re qui fit long feu, sauf &#224; Plattsburgh o&#249; son &#233;toile brillerait encore (mais je n'ai pas v&#233;rifi&#233;). Plus pr&#232;s de nous, Stef Carse, celui qui dansait le Archy breaky dance, &#233;tait parti pour la gloire mais il est finalement revenu, comme bien d'autres, la queue entre les jambes. Pas facile la vie d'artiste, surtout quand on n'est pas vedette.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais qu'importe, le miroir aux alouettes fonctionne et on r&#234;ve de b&#226;tir des ch&#226;teaux en Espagne. Si au moins tous ces pr&#233;tentieux qui chantent en anglais s'avisaient de ne pas nous regarder de haut, comme cette jeune chanteuse de Gatineau, Eva Avila, qui concourait &#224; l'&#233;mission Canadian Idol, mais qui n'avait pas voulu s'inscrire &#224; Star Acad&#233;mie, car, avait-elle confi&#233; &#224; Hugo Dumas de la Presse : &#171; Je sentais que j'&#233;tais pr&#234;te &#224; plus. Je voulais chanter pour le Canada au complet. Car mon but est d'avoir une carri&#232;re internationale. &#187; Mais, du m&#234;me souffle, tenant malgr&#233; tout &#224; ce que les indig&#232;nes votent pour elle, elle d&#233;clarait : &#171; Je veux que les Qu&#233;b&#233;cois sachent que je ne les oublie pas. &#187; Quelle g&#233;n&#233;rosit&#233; pour les pygm&#233;es que nous sommes !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sylvain Leli&#232;vre, qui avait, lui, du talent &#224; revendre et qui &#233;tait un merveilleux po&#232;te de la chanson, &#233;tait sensible &#224; cette question d'identit&#233;, comme le d&#233;montre sa chanson &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lettre de Toronto&lt;/i&gt;. De m&#234;me, quand il s'&#233;tait rendu &#224; Gravelbourg, il avait &#233;t&#233; touch&#233; par la pers&#233;v&#233;rance des Fransaskois qui chantaient en fran&#231;ais : &#171; &#8230; l'identit&#233; d'une personne, c'est pas seulement lui, son ego, mais y'a une partie de mon identit&#233; personnelle qui appartient &#224; un groupe qui me nourrit. C'est ma collectivit&#233;. Je le ressens profond&#233;ment au Qu&#233;bec, o&#249;, &#233;videmment, on n'est pas attaqu&#233;s de toutes parts comme ici (en Saskatchewan), m&#234;me si on est menac&#233;s quand m&#234;me. Et &#231;a me fait peur, constamment, de voir ce qui se passe ici. &#199;a m'a amen&#233; &#224; penser qu'on n'est pas assez vigilants. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous ne sommes sans doute pas assez vigilants. On aurait tort de ne pas s'en faire avec cette prolif&#233;ration de chansons anglaises. Certes, il ne s'agit pas de les interdire, mais on pourrait &#224; tout le moins l&#233;gif&#233;rer pour assurer la bonne sant&#233; de la chanson francophone, la diffuser davantage dans les lieux publics, lui assurer notre soutien comme consommateurs... Mais pour que cette chanson soit vraiment gagnante, il faudra bien r&#233;aliser l'ind&#233;pendance un jour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Allez, c'est samedi soir, qui est en forme pour un karaok&#233; ? Premi&#232;re chanson : Le petit pinson dans le buisson. Quoi, vous n'aimez pas Normand L'Amour !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Papi et les oranges bleues</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Il y aura bient&#244;t dix ans que mon beau-p&#232;re succombait &#224; une surdose de biftecks d'aloyau napp&#233;s de sauce HP. C'est ce qui arrive quand on a trop de b&#233;keune et pas pour cinq cennes de jugeote, on tombe dans l'exc&#232;s. Pourtant, le docteur l'avait pr&#233;venu, &#224; la suite de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y aura bient&#244;t dix ans que mon beau-p&#232;re succombait &#224; une surdose de biftecks d'aloyau napp&#233;s de sauce HP. C'est ce qui arrive quand on a trop de b&#233;keune et pas pour cinq cennes de jugeote, on tombe dans l'exc&#232;s. Pourtant, le docteur l'avait pr&#233;venu, &#224; la suite de son quadruple pontage coronarien, de mieux s'alimenter, de manger de la salade et de ne plus se bourrer de frites graisseuses&#8230; ce &#224; quoi mon beau-p&#232;re, t&#234;tu comme une mule, avait r&#233;torqu&#233; que la laitue c'&#233;tait pour les lapins. Son pass&#233; l'a finalement rattrap&#233; et, ironiquement, il mange maintenant les pissenlits par la racine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2165 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:149px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://resistancequebecoise.org/boutique/items.php?CA=1&amp;UID=20080428113933&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_31-loyalisme.jpg' width=&quot;149&quot; height=&quot;226&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;C'est la lecture de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Loyalisme et fanatisme &#8211; Petite histoire du mouvement orangiste canadien&lt;/i&gt; (&#201;ditions du Qu&#233;b&#233;cois, 2008), de Pierre-Luc B&#233;gin, que je vous recommande d'ailleurs vivement, qui eut l'effet pour moi de ramener &#224; la surface beau-papa (pri&#232;re de prendre cela au second degr&#233;). Car Bob, le surnom de mon beau-p&#232;re, &#233;tait un orangiste de la plus belle eau. Cette am&#232;re r&#233;alit&#233;, je ne fus pas long &#224; l'apprendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est &#224; cause de ma femme, bien s&#251;r, si un jour je fis connaissance avec celui qui deviendrait mon beau-p&#232;re. Elle avait quitt&#233; les rives du lac Ontario pour venir &#233;tudier &#224; McGill, parce que dans sa publicit&#233;, l'Universit&#233; allait jusqu'&#224; promettre &#171; un environnement 100 % francophone &#224; faible co&#251;t &#187; (cherchez l'erreur). Je l'avais rencontr&#233;e pour la seconde fois (car il y eut une premi&#232;re qu'il serait trop long &#224; raconter) aux &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Deux Pierrots&lt;/i&gt; dans le vieux Montr&#233;al et, je p&#232;se mes mots, cela allait sceller mon destin pour l'&#233;ternit&#233;. Apr&#232;s quelques fr&#233;quentations et pour r&#233;duire le co&#251;t de l'essence, je devins son coloc. C'est ainsi que j'appris forc&#233;ment des choses sur sa famille. Cela mit quand m&#234;me du temps, car ma douce moiti&#233; distillait l'information au compte-gouttes, comme s'il s'agissait d'un secret d'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les parents de ses parents &#233;taient venus d'Irlande du Nord au d&#233;but du pr&#233;c&#233;dent si&#232;cle. C'&#233;taient des WASPS (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;White Anglo-Saxon Protestants&lt;/i&gt;). Il existe une photo (que j'ai tent&#233; cet hiver, mais en vain, de subtiliser &#224; ma belle-s&#339;ur), prise &#224; Londonderry, montrant la grand-m&#232;re de ma femme, en jaquette et sur le pas de sa porte, qui tient dans ses mains une carabine, aussi &#224; l'aise avec l'objet que si elle &#233;tait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Calamity Jane, Bonnie Parker, Monica la Mitraille&lt;/i&gt; et, mon dernier fantasme mais non le moindre, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Elsa la louve des SS&lt;/i&gt;. &#192; l'endos de la photo s&#233;pia, on peut y lire que l'arme est destin&#233;e aux papistes. On aura compris que la bonne femme n'entendait pas &#224; rire. Son fils, mon beau-p&#232;re, avait donc de qui tenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il fallait bien qu'un jour ou l'autre, celle qui deviendra mon &#233;pouse me pr&#233;sente &#224; son p&#232;re, qui justement m'attendait dans son &#171; home sweet home &#187; de Kingston avec une brique et un fanal. J'appr&#233;hendais ce jour comme un rendez-vous chez le dentiste pour un traitement de canal. Mais bon, la publication des bans de mariage, qui annon&#231;aient ma pendaison pour le 22 mars courant, et ma femme qui attendait les sauvages pour l'&#233;t&#233; (en d'autres mots, on ne contractait pas un mariage blanc), tout cela faisait en sorte que la rencontre devenait incontournable. Tout comme le g&#233;n&#233;ral Dallaire, je serrai la main du diable, sauf que moi, en prime, j'&#233;pousais aussi sa fille. Je passai le test haut la main. Il faut dire qu'il ne parlait pas un tra&#238;tre mot de fran&#231;ais et que je baragouinais l'anglais comme une vache espagnole qui aurait rumin&#233; de l'herbe illicite. Disons que cela limite les &#233;changes. Mais il y en a eus tout de m&#234;me, et des coriaces &#224; part &#231;a, surtout dans les premiers temps, je vous en passe un papier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, pour Bob (tout le monde l'appelait Bob, je n'allais pas m'en priver), les &#171; Fran&#231;ais &#187; &#8211; car, dans &#171; son livre &#224; lui &#187;, il n'y avait de l&#233;gitimes que les Canadiens et, pour en &#234;tre, qu'une seule langue, et il s'adonnait qu'elle &#233;tait anglaise &#8211; les &#171; Fran&#231;ais &#187;, dis-je, &#233;taient des chialeux inv&#233;t&#233;r&#233;s, une race qui vivait de l'aide sociale et autres pr&#233;jug&#233;s tout aussi brillants. Bref, avec de tels propos, il &#233;tait difficile pour vous et moi de s'imaginer faire partie de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;quelque chose comme un grand peuple&lt;/i&gt;, pour paraphraser Ren&#233; L&#233;vesque. Au mitan de cette chronique, j'en entends d&#233;j&#224; parmi vous se demander comment il se fait qu'un pur et dur comme moi (merci pour le compliment) ait pu entendre pareilles sornettes et ne pas sortir de ses gonds. Cela m&#233;rite en effet quelques explications&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour tout vous dire, mon beau-p&#232;re &#233;tait soldat dans le bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry, celui-l&#224; m&#234;me qui s'&#233;tait illustr&#233; pour ses faits d'armes pendant la guerre de Cor&#233;e, et, comme il &#233;tait aussi f&#233;ru de chasse, il poss&#233;dait tout un arsenal, une collection d'armes qui aurait fait p&#226;lir d'envie le conservateur du Mus&#233;e de la guerre &#224; Ottawa. Et ne perdez pas de vue la photo de sa m&#232;re prise &#224; Londonderry, quand bien m&#234;me elle n'aurait &#233;t&#233; qu'une vieille folle pr&#233;figurant le r&#233;v&#233;rend Ian Paisley. Et moi et moi et moi, pour parler comme Dutronc, qu'est-ce que j'&#233;tais dans tout cela, sinon qu'un gibier de potence qui lui volait sa fille, un s&#233;paratiste qui mena&#231;ait de renverser sa bi&#232;re Canadian et un pea-soup qui n'avait pas m&#234;me de tire-pois. Et vous pensez qu'il allait me m&#233;nager ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais j'avais un atout redoutable dans mon jeu, pour ne pas dire quelques &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;flushs&lt;/i&gt;. J'&#233;tais un bon &#233;poux pour sa fille et je lui donnerais ses deux premiers petits-enfants. Or, tout Anglo qu'il fut, il avait le c&#339;ur de grand-p&#232;re &#224; la bonne place. Et pourtant, cette prog&#233;niture, qui cessa de cro&#238;tre du jour au lendemain (la vasectomie, &#231;a ne pardonne pas), ne lui faisait pas de cadeau. &#192; la maison comme &#224; l'&#233;cole, tout se d&#233;roulait en fran&#231;ais, si bien que la langue maternelle, qui aurait pu les impr&#233;gner, leur &#233;tait tout aussi &#233;trang&#232;re que le fran&#231;ais pour les Rhod&#233;siens de l'Ouest de Montr&#233;al, au grand dam de Bob. M&#234;me s'il rongeait son frein, il ne pouvait se r&#233;soudre &#224; leur &#234;tre &#233;tranger et c'est ainsi que mon beau-p&#232;re, qui n'aurait fait aucune concession pour moi (jamais il ne m'adressa un mot en fran&#231;ais), apprenait quelques mots de cette langue de chez nous, sans doute en cachette, afin d'apprivoiser ses petits-enfants. Je n'oublierai jamais la fois qu'il jouait avec eux, &#224; quatre pattes dans le salon, faisant tous leurs caprices, et se servant des nouveaux mots fran&#231;ais qu'il avait appris, si heureux d'&#233;tablir la communication.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec le temps, puisque nous allions souvent le visiter en Ontario, ses r&#233;criminations contre les &#171; Fran&#231;ais &#187; diminu&#232;rent en nombre et en intensit&#233;. Qu'il &#233;tait loin le temps o&#249; il avait dit souhaiter que l'arm&#233;e canadienne pourchasse les s&#233;paratistes et les boute hors du pays, cha&#238;nes aux pieds comme des b&#234;tes, et loin le temps o&#249; je le picossais en lui disant qu'avant longtemps il lui faudrait un passeport pour traverser la fronti&#232;re entre le Qu&#233;bec et l'Ontario. S'il conservait ses convictions et moi les miennes, on avait cess&#233; de se regarder en chiens de fa&#239;ence. Harmonie familiale oblige.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je l'ai quelques fois accompagn&#233; dans ces endroits de pr&#233;dilection pour les orangistes ontariens : les ventes aux ench&#232;res et les march&#233;s aux puces. Je me rappelle cette fois, c'&#233;tait apr&#232;s sa retraite de l'arm&#233;e, o&#249; je mis la main pour une bouch&#233;e de pain sur une premi&#232;re &#233;dition de l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire du Canada&lt;/i&gt; de Thomas Chapais. Aucun Ontarien n'en voulait et l'encanteur m'adjugea le tout la mort dans l'&#226;me, ayant l'impression de m'avoir carr&#233;ment vol&#233; ! Par contre, je n'eus pas la main aussi heureuse pour une reproduction de la reine &#201;lisabeth II, que je voulais ramener au Qu&#233;bec pour servir de cible pour mon jeu de fl&#233;chettes. Le portrait m&#234;me d&#233;fra&#238;chi de la reine monta tr&#232;s haut dans les ench&#232;res. Je n'ose pas m&#234;me vous en d&#233;voiler le prix, car personne ne me croirait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_2166 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_31-lion.jpg' width=&quot;250&quot; height=&quot;187&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;Bob aurait bien aim&#233; que ses petits-enfants deviennent de petits WASPs, puis un jour de grands WASPs, qui auraient fait &#224; leur tour d'autres petits WASPs, et ainsi va la vie. J'ai des photos des enfants prises par mon beau-p&#232;re, l'une les montre grimp&#233;s sur un lion en pierre qui orne le parc MacDonald, et l'autre o&#249; ils sont juch&#233;s sur le canon devant l'&#233;glise presbyt&#233;rienne St-Andrew, deux objets &#8211; je l'ai appris dans le livre de B&#233;gin &#8211; ayant appartenu &#224; John Gaskin, mort il y a 100 ans cette ann&#233;e, un orangiste kingstonien c&#233;l&#232;bre, qui avait autant d'app&#233;tence pour casser du papiste que le grand m&#233;chant loup n'en avait pour le petit chaperon rouge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; ma connaissance, la seule activit&#233; orangiste &#224; laquelle mon beau-p&#232;re se pr&#234;tait &#233;tait d'agir &#224; titre de photographe attitr&#233; du mouvement, dans les ann&#233;es soixante et soixante-dix. En t&#233;moignent des centaines de clich&#233;s qu'il prit lors de leurs diff&#233;rentes parades &#224; Kingston, Kitchener, Kirkland Lake (trois K d'affil&#233;e, tiens donc !) et ailleurs, certaines faisant m&#234;me la une du Kingston Whig-Standard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'imagine que cela dut lui &#234;tre p&#233;nible de se faire &#224; l'id&#233;e que ses petits-enfants, qu'il adorait, ne deviendraient jamais des orangistes comme lui l'avait &#233;t&#233;, et encore moins comme sa m&#232;re l'avait &#233;t&#233;. Avec le temps, Bob avait adopt&#233; un ton conciliant &#224; mon endroit, voire franchement amical, car, tant pis si cela le choquait parfois, jamais je ne m'&#233;tais &#233;cras&#233; pour d&#233;fendre le pays que je voulais (et que je veux toujours) voir na&#238;tre. En bon soldat, il respectait ceux qui se tiennent debout dans l'adversit&#233;. Et pour les enfants, il avait compris qu'on ne fait pas des orangistes avec des sang-m&#234;l&#233;, pas plus qu'on ne r&#233;colte des oranges bleues. Le peuple qu&#233;b&#233;cois aspire &#224; sa destin&#233;e comme tout peuple normal, &#224; quoi bon l'en emp&#234;cher.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai assist&#233; aux derniers instants de Bob, &#224; l'H&#244;tel-Dieu de Kingston, en face du magnifique lac Ontario qu'il aimait tant. Il &#233;tait maintenu en vie artificiellement pour quelques minutes encore avant qu'on ne le d&#233;branche pour de bon. Il n'avait pas fi&#232;re allure, le vieux v&#233;t&#233;ran, dans cet &#233;tat. Quand le m&#233;decin nous confirma qu'il venait de passer de vie &#224; tr&#233;pas et que j'entendis toutes ses filles (il en avait cinq) fondre en larmes, j'eus pour lui ce geste simple de pencher simplement la t&#234;te en guise de dernier salut.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le hasard veut que, il y a trente minutes &#224; peine, avant de faire parvenir cette chronique &#224; Vigile, ma fille, qui demeure mon b&#233;b&#233; m&#234;me &#224; 24 ans, nous appelait pour nous annoncer la naissance, quinze jours avant terme, de Delphine, son quatri&#232;me enfant, une autre petite Qu&#233;b&#233;coise qui ne sera jamais une orange bleue. S'il y a un ciel, et qu'il y est, je suis certain que Bob est heureux de ce d&#233;nouement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Nous, les lamantins du Qu&#233;bec...</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Sans m'en rendre compte, la fibre floridienne en lui avait &#233;t&#233; excit&#233;e, les aboiteaux de son indiff&#233;rence avaient c&#233;d&#233;, je voyais d&#233;j&#224; perler dans son visage les fameuses larmes de crocodile des Everglades. Sans un mot, il me serra la pince et plia bagage. Je partis de mon c&#244;t&#233;, avec la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'autre jour, devant l'entr&#233;e du pavillon Hubert-Aquin de l'UQAM, comme par expr&#232;s, un jeune homme muni d'une planchette m'aborde en anglais pour me demander de signer une p&#233;tition. Interloqu&#233; par le fait qu'il s'adresse &#224; moi dans la langue du Pascale Picard Band, sans que j'aie eu besoin au pr&#233;alable de &#171; press nine &#187;, je lui demande tout bonnement s'il parle notre langue indig&#232;ne. Il r&#233;pond &#171; Une petite peu &#187;, ce qui est &#224; peu de choses pr&#232;s l'&#233;quivalent du &#171; J'me d&#233;brouille &#187; chez le francophone &#224; qui l'on demande s'il parle anglais. Sauf que dans ce cas-ci, le &#171; petite peu &#187; &#233;tait, ma foi, si petite qu'il aurait mieux valu le remplacer par &#171; pas une sapr&#233;e miette ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme j'&#233;tais somme toute curieux de savoir de quelle p&#233;tition il en retournait, je d&#233;cidai de remiser ma propre langue dans le placard et de faire usage, une fois n'est pas coutume, de la voix de mon ma&#238;tre. Tout ce qui suit est donc une traduction libre de l'anglais&#8230; et, &#224; vingt cennes le mot, vous verrez qu'on ne compte pas les tours.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sa p&#233;tition portait sur la protection des animaux en voie d'extinction. &#192; l'en croire, une partie du cheptel &#224; poils et &#224; plumes de l'arche de No&#233; courait &#224; sa perte. L'oncle Pierre en moi &#233;tait d'accord pour signer, bien s&#251;r, sauf que, minute papillon ! le texte de la p&#233;tition qu'il me pr&#233;sentait n'&#233;tait r&#233;dig&#233; qu'en anglais. &#199;a regardait mal. Le jeune homme crut bon de se justifier en expliquant qu'il &#233;tudiait &#224; McGill et que, de toute fa&#231;on, il venait de la Floride, comme si cela lui donnait un privil&#232;ge aussi assur&#233;ment qu'un coup de soleil sur le coco. Je lui appris ce que toute personne normalement constitu&#233;e devrait conna&#238;tre, avant m&#234;me de franchir le tourniquet de l'a&#233;roport P.E.T. (ou F.A.R.T. Airport), &#224; savoir qu'au Qu&#233;bec c'est en fran&#231;ais que cela se passe, que &#231;a passe ou que &#231;a casse. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Capice&lt;/i&gt; ? comme on dit &#224; la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tratoria di Mikes&lt;/i&gt;. Vous conc&#233;derez avec moi que, &#224; moins d'&#234;tre &#233;ditorialiste &#224; La Presse, pas besoin de s'appeler Mario Beaulieu pour comprendre cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Loin de le d&#233;contenancer, mon commentaire tomba &#224; plat et, blind&#233; de son ignorance crasse, il cr&#226;na que l'important &#233;tait de d&#233;fendre les b&#234;tes et blablabla, pas de se chamailler pour des peccadilles, re-blablabla. Pour tout vous dire, j'avoue que l&#224;, il venait me chercher&#8230; et il allait me trouver ! Avec un regard m&#233;chant comme une teigne, je lui dis qu'il n'&#233;tait pas question que j'appose ma signature &#224; ce document tant qu'il ne me serait pas pr&#233;sent&#233; en fran&#231;ais. Bref, je persiste et je&#8230; ne signe pas. N'importe qui d'autre aurait pass&#233; son chemin, mais notre homme avait son petit la&#239;us tout arrang&#233; d'avance pour me faire p&#233;ter les plombs. Dites-le donc que vous vous en foutez comme de l'an quarante des animaux en voie d'extinction, me r&#233;pondit-il avec son petit air digne des &#171; grosses maudites anglaises de chez Eaton &#187;, dont parlait l'ancien ministre lib&#233;ral Pierre MacDonald, il y a une couple d'ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plut&#244;t que de fulminer, je pris une grande respiration et vidai mon publi-sac. Sache, mcgillois de mes deux, que les Qu&#233;b&#233;cois sont une esp&#232;ce rare aussi menac&#233;e que le suceur cuivr&#233;, la baleine &#224; bosse, le panda g&#233;ant et le poulet frit du Kentucky (je n'&#233;tais pas &#224; court d'arguments, mais mon bestiaire &#233;tait par contre plut&#244;t limit&#233;). Que les Qu&#233;b&#233;cois pourraient dispara&#238;tre aussi vite que le dodo de l'&#238;le Maurice, le bison et sa bisoune, le tigre de Tasmanie ou les langoustines du Buffet Chan de Repentigny. Bref, que &#231;a allait mal &#224; shoppe. Yankee Doodle resta de marbre, inatteignable comme le trou du centre dans un tournoi de poches babette. Mais vous n'&#234;tes pas quand m&#234;me pas des animaux, cessez ce cirque, &#226;nonna-t-il comme le mauvais acteur qu'il &#233;tait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme &#231;a, nous ne sommes pas des animaux ? Pourtant, Mordecai Richler a d&#233;j&#224; dit que les Canadiennes fran&#231;aises donnaient bas comme des truies. On nous a aussi souvent trait&#233;s de &#171; frogs &#187;, compar&#233;s &#224; des moutons et fait travailler pour des pinottes. John A. Macdonald, qui, en passant, &#233;tait le cousin de la fesse gauche de Ronald, a d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; que quand bien m&#234;me tous les chiens du Qu&#233;bec aboieraient, Louis Riel serait pendu&#8230; Et dans cette entreprise de dupes appel&#233;e la Conf&#233;d&#233;ration, les n&#244;tres n'ont-ils pas &#233;t&#233; plus souvent qu'&#224; leur tour les dindons de la farce ? Alors, pour la protection des animaux, tu feras comme les Chinois et tu repasseras.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'&#233;tais parti pour aller en prolongation. Peux-tu comprendre, &#224; tout le moins te faire &#224; l'id&#233;e, que notre peuple en est arriv&#233; dans ses derniers retranchements ? Que le fran&#231;ais, que l'on entendait nagu&#232;re partout dans les bayous, dans les plaines de l'Ouest, dans les petits Canada de la Nouvelle-Angleterre et jusque dans la cour de Wilfred Le Bouthillier, eh bien, cette histoire de fran&#231;ais commence &#224; avoir de la barbe. Et bient&#244;t, si on n'y prend garde, c'est tout le Qu&#233;bec qui sera de l'histoire ancienne. Montr&#233;al, ta langue fout le camp ! Et peux-tu me dire qui, &#224; part Jean Coutu, parle encore la langue des Lakotas, depuis que Floyd Crow Westerman a cass&#233; son calumet ? Et toi, descendant des massacreurs de Sitting Bull et des amis de Gabriel Dumont, t'es plant&#233; l&#224; avec ta p&#233;tition en anglais et tu voudrais que je la signe ? Pantoute ! D&#233;barrasse le plancher, tu me fais de l'ombre !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_2148 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_25-lamentain.jpg' width=&quot;250&quot; height=&quot;112&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;Je sentais qu'il &#233;tait remu&#233;, car son air fendant laissait maintenant place &#224; un regard de grand dadais complaisant. Il ne fallait surtout pas que je l&#226;che la patate si pr&#232;s du but. Je me suis rappel&#233; d'un voyage en Floride alors qu'une campagne &#171; Save the manatee &#187; battait son plein. Le lamantin (&#171; manatee &#187; en angliche) est un gros mammif&#232;re aquatique, une esp&#232;ce menac&#233;e, pour qui tous les Floridiens &#8211; que le grand cric me croque si je mens &#8211; craquent comme autant de Solange Chaput-Roland devant les Rocheuses. Eh bien, que je lui ai dit, pour tout lamantin qui se lamente, il y a cent Qu&#233;b&#233;cois qui se meurent de mort lente. Sans m'en rendre compte, la fibre floridienne en lui avait &#233;t&#233; excit&#233;e, les aboiteaux de son indiff&#233;rence avaient c&#233;d&#233;, je voyais d&#233;j&#224; perler dans son visage les fameuses larmes de crocodile des Everglades. Sans un mot, il me serra la pince et plia bagage. Je partis de mon c&#244;t&#233;, avec la satisfaction du devoir accompli. Dans Montr&#233;al qui s'anglicise, il me restait encore des milliers de b&#234;tes Anglos &#224; d&#233;senvo&#251;ter&#8230; mais, bat&#232;che, il est d&#233;j&#224; minuit moins quart.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La derni&#232;re Patriote encore sur pattes</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Depuis que le gouvernement de Bernard Landry a l&#233;gif&#233;r&#233; pour que le Victoria Day devienne la Journ&#233;e nationale des Patriotes, la tradition s'instaure peti-peta de perp&#233;tuer la m&#233;moire de nos farouches rebelles de 1837-38. Bien s&#251;r, la comm&#233;moration des Patriotes sonnait le glas de la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Depuis que le gouvernement de Bernard Landry a l&#233;gif&#233;r&#233; pour que le Victoria Day devienne la Journ&#233;e nationale des Patriotes, la tradition s'instaure peti-peta de perp&#233;tuer la m&#233;moire de nos farouches rebelles de 1837-38. Bien s&#251;r, la comm&#233;moration des Patriotes sonnait le glas de la f&#234;te de Dollard, que les nationalistes avaient promu (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-derniere-Patriote-encore-sur"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Gare aux gorilles !</title>
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		<description>Le Zimbabwe et son ancien dirigeant Robert Mugabe, battu lors de la derni&#232;re &#233;lection, tiennent la manchette de l'actualit&#233; depuis plusieurs semaines d&#233;j&#224;. Cela me rappelle qu'au milieu des ann&#233;es soixante-dix, je collais des affiches sur les bo&#238;tes &#224; malle de Postes Canada en (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Zimbabwe et son ancien dirigeant Robert Mugabe, battu lors de la derni&#232;re &#233;lection, tiennent la manchette de l'actualit&#233; depuis plusieurs semaines d&#233;j&#224;. Cela me rappelle qu'au milieu des ann&#233;es soixante-dix, je collais des affiches sur les bo&#238;tes &#224; malle de Postes Canada en soutien &#224; la cause zimbabw&#233;enne. &#192; vrai dire, &#224; cette &#233;poque, j'&#233;tais de toutes les luttes : Kampuch&#233;a, pays Basque, les Kanaks, Chiapas et j'en passe... Depuis la fabuleuse histoire du royaume de l'Anse-Saint-Jean, je me suis calm&#233; quelque peu le pompon.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du temps du premier gouvernement L&#233;vesque, le Zimbabwe s'appelait encore la Rhod&#233;sie et &#233;tait dirig&#233; par des Blancs, Ian Smith en t&#234;te. &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/ds-societe/index-racisme-souv.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;C'est pas m&#234;lant, les Rhod&#233;siens s&#233;vissaient alors autant en Afrique qu'aujourd'hui encore dans le West Island.&lt;/a&gt; L'&#233;tat de servitude des Noirs remontait &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, quand un asthmatique anglais du nom de Cecil Rhodes mit le grappin sur le pays. Il ne fut pas long avant que la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;chimurenga&lt;/i&gt; (ou lutte arm&#233;e, en &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;shona&lt;/i&gt;, langue bantoue de ce coin de l'Afrique) ne se propage comme une pand&#233;mie pour chasser les colonisateurs, mais ceux-ci, par l'odeur du foin all&#233;ch&#233;s, s'incrust&#232;rent par la force.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous en &#233;tions &#224; cette p&#233;riode que les historiens patent&#233;s &#8211; apr&#232;s avoir cherch&#233; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Wikip&#233;dia&lt;/i&gt; &#8211; nomment la Seconde &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;chimurenga&lt;/i&gt; (1966-1979), quand moi, bibi, qui usais son fond de culotte &#224; ne plus savoir qu'en faire sur les bancs de l'universit&#233;, pris fait et cause pour cette lutte en adh&#233;rant au Comit&#233; de solidarit&#233; avec le Zimbabwe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par un beau soir de mai 1978, lesdits membres du comit&#233;, qui &#233;taient aussi en tout et pour tout les dix membres du comit&#233;, furent appel&#233;s &#224; rencontrer, dans un piteux et secret local de la rue Saint-Laurent, un gu&#233;rill&#233;ro frais &#233;chapp&#233; de la brousse africaine. Depuis le temps qu'on faisait de nos pieds puis de nos mains pour ramasser des bidoux pour leur cause, quel insigne honneur d'avoir sous nos yeux &#233;bahis un combattant de l'Arm&#233;e de lib&#233;ration du Zimbabwe (ZANLA) venir nous entretenir de son combat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En apercevant notre invit&#233;, la surprise fut de voir comment il &#233;tait attriqu&#233;. Il portait des v&#234;tements de camouflage&#8230; &#224; cent coud&#233;es de la Place des Arts ! Si cette tenue lui seyait comme un gant, on avait du mal &#224; s'imaginer comment il avait pu passer aux douanes accoutr&#233; de la sorte sans &#233;veiller les soup&#231;ons (il ne nous &#233;tait pas venu &#224; l'id&#233;e que le quartier regorgeait de magasins de surplus de l'arm&#233;e).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre jeune soldat noir n'&#233;tait ni un tit-Jos Connaissant, ni un G.I. Joe d'op&#233;rette, mais un vrai gars de terrain, qui allait nous mettre au parfum de ce qui se passait dans son pays &#224; lib&#233;rer. Il y avait un hic cependant : il s'adresserait &#224; nous en anglais, une langue qui, pour lui comme pour nous, &#233;tait &#233;trang&#232;re. Mais, qu'&#224; cela ne tienne, chacun se d&#233;brouillerait pour le comprendre. Sauf que l'accent avec lequel il pronon&#231;ait l'anglais &#233;tait pour le moins pittoresque. Vu sous cet angle, m&#234;me Pauline Marois pourrait escompter devenir lectrice chez Berlitz.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par&#233; de son accent imbattable, l'&#233;mule black de Che Guevara entreprit de nous instruire de la lutte r&#233;volutionnaire de son peuple, sous la conduite &#233;clair&#233;e de Bobby Mugabe. C'est ainsi que l'on apprit que Mugabe avait cr&#233;&#233; le Zimbabwe African National Union (ZANU) en 1963, mais que, manque de pot, l'ann&#233;e suivante il &#233;tait arr&#234;t&#233; et devait passer dix ans ferme en prison. Marxiste-l&#233;niniste redoutable, c'&#233;tait quand m&#234;me peu banal d'apprendre que, jeune, Mugabe avait &#233;t&#233; &#233;duqu&#233; par les j&#233;suites. J'ai toujours pens&#233; que radicalisme et religion &#233;taient incompatibles, mais bon, pourquoi pas, Staline a bien &#233;t&#233; s&#233;minariste, Michel Chartrand moine de ch&#339;ur &#224; la Trappe d'Oka et mon d&#233;put&#233; est bien le cur&#233; Raymond Gravel si je ne m'abuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est quand notre ami zimbabw&#233;en entra dans le vif du sujet (la fameuse &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;chimurenga&lt;/i&gt;), que je le perdis, h&#233;las, pour de bon. Je ne suis pourtant pas dur de comprenure, mais une toute petite chose m'&#233;chappa qui fut par la suite fatale &#224; ma compr&#233;hension de l'expos&#233;. Eh oui, le jeune soldat, qui racontait la gu&#233;rilla men&#233;e contre le r&#233;gime raciste de Ian Smith, ne pouvait s'imaginer que, dans ma petite t&#234;te de bozo, j'avais mal entendu son mot &#171; guerrillas &#187; et compris plut&#244;t &#171; gorillas &#187;. Ce qui fait que, comme pour le battement d'ailes du papillon, tout bascula. Si bien qu'&#224; chaque fois qu'il pronon&#231;ait le mot &#171; guerrillas &#187; (ou gu&#233;rill&#233;ros), j'entendais le mot &#171; gorillas &#187; (ou gorilles).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Imaginez dans quel imbroglio j'&#233;tais plong&#233;. Pour moi, c'&#233;tait clair, l'arm&#233;e rhod&#233;sienne pourchassait surtout, voire exclusivement, des gorilles, allant jusqu'&#224; les d&#233;busquer en h&#233;licopt&#232;re dans cette jungle en folie. Quant aux gorilles &#8211; comme s'ils &#233;taient rompus &#224; la guerre r&#233;volutionnaire &#8211; ils encerclaient maintenant les villes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r, je me demandais &#224; part moi comment il se faisait que les Zimbabw&#233;ens, sous la conduite &#233;clair&#233;e (j'insiste l&#224;-dessus) de Mugabe, ne prenaient pas part davantage aux hostilit&#233;s, comme s'ils se tenaient en r&#233;serve de la r&#233;publique. Et aussi comment il se faisait qu'il y avait tant de gorilles dans ce coin de l'Afrique ? Tout cela d&#233;passait l'entendement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus notre homme parlait et plus j'avais l'impression d'assister &#224; un cours de la primatologue Dian Fossey. C'est que la pr&#233;sence des grands singes commen&#231;ait &#224; prendre des proportions &#233;normes. Il y en avait partout, si bien qu'on se serait cru dans un &#233;pisode de la plan&#232;te des singes davantage qu'en Afrique. C'&#233;tait rendu que les primates tendaient des embuscades aux soldats rhod&#233;siens et que le r&#233;gime de Ian Smith &#233;tait en passe de devenir une r&#233;publique de bananes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La capitale, Salisbury (aujourd'hui Harare), vivait ses derni&#232;res heures. Notre homme racontait que des grands singes, faisant de grandes enjamb&#233;es, quittaient la campagne, descendaient, qui de leurs cocotiers, qui de leurs baobabs ou de leurs arbres du T&#233;n&#233;r&#233; (en tous les cas, ils descendaient assur&#233;ment pas des &#233;rables &#224; sucre), pour se regrouper aux abords de la ville avant l'assaut final.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'&#233;tais sid&#233;r&#233;, cela me sciait en deux de l'&#233;couter. Et toujours trottait dans ma t&#234;te (de linotte, j'en conviens maintenant) cette inlassable interrogation : pourquoi les Zimbabw&#233;ens laissent-ils aux seuls &#171; zim-babouins &#187; le soin d'en d&#233;coudre avec l'arm&#233;e de Smith. Il fallait que les cong&#233;n&#232;res de King Kong en aient bav&#233; de ce r&#233;gime de m&#8230; pour &#234;tre devenus si agressifs, eux d'ordinaire si pacifiques, du moins quand on les croise au zoo de Granby.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au bout d'une heure d'aventures animales, sans aucune mention d'implication citoyenne, je demeurais pour le moins perplexe. Je sentais que quelque part quelque chose avait d&#251; m'&#233;chapper, qu'il fallait peut-&#234;tre que quelqu'un me pince. Finalement, je connus mon Waterloo quand je m'ouvris, apr&#232;s la s&#233;ance, &#224; une camarade plus &#171; fluide &#187; dans les deux langues que moi. Elle n'en revenait pas ! Elle m'a dit : compte-toi chanceux mon niaiseux (elle allait devenir ma blonde par la suite) que je ne r&#233;p&#232;te &#224; personne ce que tu viens de me raconter. On se moquerait de toi, camarade Durand, la vie durant. Faut croire qu'elle a tenu parole, puisque pas un chat ne conna&#238;t cette g&#234;nante histoire&#8230; oups !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>L'urgence de revenir</title>
		<link>http://www.vigile.net/L-urgence-de-revenir</link>
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		<dc:date>2008-05-01T23:30:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>On me garda &#224; l'urgence, toujours sur une civi&#232;re, en me promettant de me transf&#233;rer dans une chambre sit&#244;t qu'un patient mourrait (on m'a dit &#171; sit&#244;t qu'un patient obtiendrait son cong&#233; &#187;, mais je traduis pour ceux qui prennent tout au premier (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_2049 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:254px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_1-urgences-1.jpg' width=&quot;254&quot; height=&quot;142&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;Je me suis rendu &#224; l'urgence de l'hosto pour une peccadille et parce
qu'aucune clinique ne pouvait m'accueillir un dimanche sans rendez-vous. Si j'avais &#233;t&#233; un beagle, nul doute que le premier docteur Ballard venu
m'aurait demand&#233; de montrer la papatte, mais bon, dans ma condition d'&#234;tre
humain, je n'ai pas droit au nonosse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme de raison, l'urgence &#233;tait
pleine &#224; craquer et tous les patients impatients avaient les yeux riv&#233;s sur
les petits &#233;crans suspendus au plafond. Je me pr&#233;sentai &#224; la &quot;garde de
triage&quot;, bien r&#233;solu &#224; parler de mon bobo et &#224; obtenir un num&#233;ro comme si
j'&#233;tais chez le boucher Sanzot. La pr&#233;pos&#233;e me passa un brassard gonflable
autour du bras afin de prendre la juste mesure de ma tension art&#233;rielle. Or, le plus gros des deux chiffres, la pression systolique, frisait le
record de la c&#233;l&#232;bre brasserie Guinness.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_2048 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:296px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_1-urgence.jpg' width=&quot;296&quot; height=&quot;229&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; La pr&#233;pos&#233;e ne fit ni un ni deux
et sonna l'alarme. Elle m'intima l'ordre de me coucher sur la civi&#232;re,
apr&#232;s quoi tout se passa &#224; la vitesse de l'&#233;clair. On fixa des &#233;lectrodes
sur mon corps, on m'administra une substance de marque &#171; sans nom &#187; par
intraveineuse et on me fit prendre une couple de granules. J'&#233;tais arriv&#233;
comme un preux chevalier sans peur et sans reproche, mais voil&#224; que le
toubib r&#233;ussissait &#224; m'&#233;peurer avec les risques de crise cardiaque et d'AVC
que ma condition de diab&#233;tique pouvait entra&#238;ner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques heures plus tard, alors que tout semblait &#234;tre jugul&#233; et mes
art&#232;res pass&#233;es au Jig-A-Loo, le m&#233;decin traitant, le docteur Du Han (cela
doit vouloir dire Durand en vietnamien), vint me voir et m'annon&#231;a que
j'avais gagn&#233; un s&#233;jour &#224; l'h&#244;pital, toutes d&#233;penses pay&#233;es et avec vue sur
le mur. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Si j'avais su, j'aurais pas venu&lt;/i&gt;&#8230; mais bon, &#224; la guerre comme &#224;
la guerre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On me garda &#224; l'urgence, toujours sur une civi&#232;re, en me promettant de me transf&#233;rer dans une chambre sit&#244;t qu'un patient mourrait (on m'a dit &#171; sit&#244;t qu'un patient obtiendrait son cong&#233; &#187;, mais je traduis pour ceux qui prennent tout au premier degr&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'avoue avoir &#233;t&#233;
impressionn&#233; par le va-et-vient du personnel hospitalier, d'autant qu'on
avait plac&#233; ma civi&#232;re dans les meilleurs gradins. De ma loge, je voyais
tout, j'entendais tout, y compris que ma tension art&#233;rielle &#233;tait grimp&#233;e
dans les rideaux et que mon taux de glyc&#233;mie frisait la catastrophe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'aime pas les nuits de l'h&#244;pital. Pour moi, &#231;a vaut la place Pigale. Et
pour cause, c'est pas reposant et ma civi&#232;re &#233;tait &#233;troite en bibitte. La
premi&#232;re nuit, ma voisine de gauche a pas cess&#233; de crier comme une damn&#233;e
qu'on la lib&#232;re de ses cha&#238;nes et qu'on enl&#232;ve le &#171; pr&#233;cipice &#187; plac&#233;
devant elle. V&#233;rification faite le lendemain matin, le pr&#233;cipice n'&#233;tait
qu'une vulgaire bassine que sa condition d'incontinente rendait salutaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_2050 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:156px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_1-urgences-2.jpg' width=&quot;156&quot; height=&quot;161&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;La seconde nuit, c'est un patient souffrant d'un tr&#232;s gros &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;delirium tr&#232;s
mince&lt;/i&gt; qui agita ma nuit comme au temps b&#233;ni de mon adolescence. Non
seulement le sevrage d'alcool ne lui faisait pas, mais il &#233;tait devenu
grossier et violent, si bien que les infirmi&#232;res durent composer le code
blanc : c'est alors qu'accoururent, provenant de tous les coins de
l'h&#244;pital, infirmiers, pr&#233;pos&#233;s &#224; l'entretien (parce qu'ils ont de gros
bras), agents de s&#233;curit&#233;, et m&#234;me une police mont&#233;e (hormis sa vieille
picouille), pour le ma&#238;triser et s'assurer d'une contention &#224; toute
&#233;preuve. Le pauvre type, qui se prenait sans doute pour le directeur de
l'h&#244;pital, criait &#224; tue-t&#234;te que d&#232;s potron-minet (c'&#233;tait un lettr&#233;), il
allait tous les &#171; crisser dewors &#187; (lettr&#233; pas tant que cela, finalement). Cet &#233;v&#233;nement inusit&#233; m'a saisi au point que je n'ai pas os&#233; porter plainte
pour les tranches de plastique Single de Kraft qu'on m'avait servies au
petit-d&#233;j...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est fou comme &#224; l'h&#244;pital l'actualit&#233; politique semble nous &#233;chapper. Charest et Harper r&#232;gneraient en ma&#238;tres qu'on n'en aurait rien &#224; cirer. Et
le personnel est si avenant (c'&#233;tait le cas o&#249; j'&#233;tais), qu'on se croirait
au paradis&#8230; si ce n'&#233;tait que cette &#233;ventualit&#233; est quand m&#234;me plus
envisageable ici qu'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lundi soir, une infirmi&#232;re, qui avait
termin&#233; son quart de travail, crut bon me dire que mon prochain ange
gardien me ferait tourner la t&#234;te. J'avoue avoir trouv&#233; son commentaire un
brin sexiste, mais, me rappelant le code blanc de l'autre nuit, je n'osai
lui en faire la remarque, me contentant de dire que j'&#233;tais d&#233;j&#224; grand-p&#232;re
et que j'avais pass&#233; l'&#226;ge de zieuter les midinettes. Elle me dit en
riant : &#171; Les grands-p&#232;res, mon cher monsieur, ce sont les pires ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2051 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:195px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://herbe.rouge.free.fr/new/article.php3?id_article=36&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_1-urgences-clown.jpg' width=&quot;195&quot; height=&quot;293&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Alors, obstineux, j'ajoutai qu'&#233;tant un militant et qu'ayant m&#233;moris&#233; dans
ma prime jeunesse les citations du pr&#233;sident Mao, je m'en tenais mordicus &#224;
la consigne du petit cat&#233;chisme qu'il ne fallait pas prendre de libert&#233;s
avec les femmes, fussent-elles Carla Bruni ou la dame en bleu, que j'&#233;tais
un homme de principes, que je le resterais jusqu'au bout, et patati et
patata. Ceci dit, elle n'avait pas tout &#224; fait tort, la rempla&#231;ante avait
un beau p'tit&#8230; (censur&#233; par Vigile).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme disait Mark Twain : la nouvelle &#224; l'effet que j'&#233;tais mort &#233;tait
grandement exag&#233;r&#233;e ! La tension art&#233;rielle comme la glyc&#233;mie ont fini par
fl&#233;chir plus vite que ne l'avait pr&#233;dit docteur Du Han, si bien qu'on
annon&#231;a ma lib&#233;ration plut&#244;t que pr&#233;vu. Par contre, le m&#233;decin m'a dit de
me m&#233;fier du sucre comme de la peste (presque autant que des f&#233;d&#233;ralistes,
c'est vous dire comme mon &#233;tat &#233;tait gravissime !). Et on me r&#233;admet dans
le club s&#233;lect des diab&#233;tiques de Lanaudi&#232;re, section souverainistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je
suis donc &#224; nouveau su'le piton, &#171; heureux d'un printemps qui me chauffe la
couenne &#187; (Pich&#233;), pr&#234;t &#224; reprendre le combat pour le Qu&#233;bec et le
fran&#231;ais. Un chausson avec cela ? Non, plus pour moi !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre Durand&lt;br&gt;
Membre du Conseil g&#233;n&#233;ral &lt;br&gt;
SSJB de Montr&#233;al&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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