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	<title>Vigile.net - Michel Thomassin</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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		<title>La Loi sur la clart&#233;...</title>
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		<dc:creator>Michel Thomassin - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>&#171; La m&#233;moire est la source de la lib&#233;ration, et l'oubli est la racine de l'exil &#187; Ba'al Shem-Tov Il y a une multitude d'&#233;v&#232;nements de l'histoire canadienne qui sont grav&#233;s dans la roche. Qu'ils soient glorieux ou sombres, &#233;piques ou terribles, le Canada (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La m&#233;moire est la source de la lib&#233;ration, et l'oubli est la racine de
l'exil &#187; &lt;br&gt;
Ba'al Shem-Tov&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a une multitude d'&#233;v&#232;nements de l'histoire canadienne qui sont grav&#233;s
dans la roche. Qu'ils soient glorieux ou sombres, &#233;piques ou terribles, le
Canada demeure un endroit o&#249; l'on a assist&#233;, en son sein, &#224; plusieurs
bouleversements majeurs. L'un d'entre eux divise drastiquement. Il est
source de litiges depuis tr&#232;s longtemps, bien avant la signature de l'Acte
d'Am&#233;rique du Nord Britannique. Il s'agit du nationalisme qui br&#251;le en
cette terre du Qu&#233;bec. Il a d'abord &#233;t&#233; canadien, ensuite
canadien-fran&#231;ais, laurentien et maintenant qu&#233;b&#233;cois. Il a chang&#233; de
toponymie au fil des ann&#233;es, mais le peuple qui rev&#234;t cet &#233;lan de fiert&#233; a
subsist&#233; malgr&#233; les multiples changements d'identit&#233; qu'il s'est souvent
impos&#233; &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, comme je disais, ce nationalisme a marqu&#233; le
Canada de diff&#233;rentes fa&#231;ons et &#224; diff&#233;rents moments. De la R&#233;bellion des
Patriotes aux R&#233;f&#233;rendums, en passant par la R&#233;volution tranquille, le
Qu&#233;bec a provoqu&#233; abondamment de remous en cette soci&#233;t&#233; canadienne.
Beaucoup trop aux yeux de certains bellig&#233;rants. C'est ainsi qu'en 1995, &#224;
la suite du deuxi&#232;me r&#233;f&#233;rendum portant sur la souverainet&#233; du Qu&#233;bec, les
forces f&#233;d&#233;ralistes devaient absolument r&#233;it&#233;rer leur position envers cet
&#233;v&#232;nement catastrophique pour l'establishment canadien qui a failli lui &#171; co&#251;ter &#187; un pays. &#192; la suite de ce &#171; point de rupture &#187;, un m&#233;canisme de
cause &#224; effet devait s'op&#233;rer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, les parlementaires s'empressent, sous
la direction du Premier ministre Jean Chr&#233;tien, d'adopter un projet de loi
assurant ainsi une mainmise du Parlement d'Ottawa sur toutes d&#233;cisions
relatives &#224; la s&#233;cession d'une province. De toute &#233;vidence, la province &#171; de &#187; Qu&#233;bec est la cible parfaite. Cette loi n'a pas manqu&#233; de g&#233;n&#233;rer le
toll&#233; dans les cercles politiques qu&#233;b&#233;cois, mais aussi &#233;trangers. Ainsi,
Pierre-Andr&#233; Wiltzer d&#233;calait : &#171; &#171; Nous avons pris connaissance du projet
de loi C-20 avec surprise et inqui&#233;tude. [La loi est] une construction
juridique hasardeuse &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 29 juin 2000 &#224; 18h00, ce projet de loi nomm&#233; C-20 est sanctionn&#233; par
la Gouverneure g&#233;n&#233;rale Adrienne Clarkson. La nature de cette loi a pour
but d'encadrer la d&#233;mocratie du Qu&#233;bec en &#171; donnant effet &#224; l'exigence de
clart&#233; formul&#233;e par la Cour supr&#234;me du Canada dans son avis sur le renvoi
sur la s&#233;cession du Qu&#233;bec &#187; . Ce ficelage politico-juridique permet ainsi
la pr&#233;s&#233;ance du Parlement d'Ottawa sur toute assembl&#233;e l&#233;gislative, en
l'occurrence : l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec. Ce &#171; projet de loi C-20 [&#8230;]
porte atteinte aux pr&#233;rogatives de l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec &#187; . Il
n'est donc pas sorcier d'affirmer avec v&#233;h&#233;mence que cette loi est une
offensive &#171; claire &#187; contre la d&#233;mocratie et les institutions qu&#233;b&#233;coises
parce qu'elle met en doute ou pis, elle met en tutelle : l'int&#233;grit&#233; de
l'Assembl&#233;e nationale, la capacit&#233; de d&#233;cision du peuple qu&#233;b&#233;cois, les
conventions universelles, les aptitudes des partis politiques du Qu&#233;bec &#224;
&#233;tablir les r&#232;gles advenant un r&#233;f&#233;rendum, et finalement la Constitution
canadienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces accusations sont d'une gravit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent, mais refl&#232;tent bien
toutes les tentatives d'Ottawa d'endiguer la &#171; menace &#187; s&#233;cessionniste. Ce
pr&#233;sent essai sera divis&#233; en quatre grands sch&#232;mes qui permettront &#224; ma
th&#232;se de r&#233;pondre de ses actes. J'expliquerai d'abord le contenu de cette
loi controvers&#233;e en commentant les divers points principaux. Certains
&#233;l&#233;ments de cette loi, les plus importants ou les plus critiqu&#233;s
d&#233;pendamment de quel camp l'observateur se situe, seront explicitement
&#233;pluch&#233;s. J'entends par cela le pr&#233;ambule de la loi C-20, la clart&#233; des
r&#233;sultats, la clart&#233; de la question et le spectre r&#233;barbatif de la
partition de la &#171; belle &#187; province.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le pr&#233;ambule de la loi C-20 d&#233;cortiqu&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La gen&#232;se de cette loi se d&#233;voile au lendemain du r&#233;f&#233;rendum qu&#233;b&#233;cois
portant sur la souverainet&#233;. C'est l'affolement au sein du groupe
antagoniste &#224; la s&#233;paration qu'un plan B devient de plus en plus opportun.
Les &#171; purs et durs &#187; &#8211; terme &#171; partisan &#187; qui &#233;tiquette souvent certains
souverainistes &#8211; parmi les f&#233;d&#233;ralistes remettent en question les termes ou
m&#234;me les conventions en ce qui a trait &#224; un prochain r&#233;f&#233;rendum. Ainsi, ils
se questionnent sur la cr&#233;dibilit&#233; de la r&#232;gle de la majorit&#233; absolue (50 %
+ 1) dans le cas d'une prochaine consultation sur l'avenir du Qu&#233;bec. C'est
avec la nomination d'un certain personnage au Minist&#232;re des Affaires
intergouvernementales le 25 janvier 1996 que ces remises en question &#171; purement philosophiques &#187; prendront tout leur sens. Connu pour son
intransigeance &#171; trudeau&#239;ste &#187;, St&#233;phane Dion deviendra l'architecte du
plan B qui prendra forme au Parlement d'Ottawa sous la trente-sixi&#232;me
l&#233;gislature, &#224; la deuxi&#232;me session et sous l'&#233;tiquette C-20. Ci-dessous, la
loi sur la clart&#233; r&#233;f&#233;rendaire sera analys&#233;e article par article, mais
avant je m'attarderai &#224; la proc&#233;dure de renvoi sur la s&#233;cession du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;sarm&#233;, le Ministre Dion s'est directement tourn&#233; vers la Cour supr&#234;me
du Canada et lui a charg&#233; d'apporter r&#233;ponses &#224; trois questions. C'est ce
qu'on appelle un renvoi. Ainsi, &#171; la proc&#233;dure de renvoi permet au
gouvernement canadien de soumettre une question quelconque &#224; la Cour
supr&#234;me du Canada afin d'obtenir d'elle un avis consultatif &#187; . Enfin, le
gouvernement lib&#233;ral de l'&#233;poque transmit trois questions &#224; la plus haute
instance juridique du Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, la couleur de ces questions, fortement
tendancieuses, &#233;tait facilement identifiable et amenait la Cour &#224; formuler
des r&#233;ponses favorables aux questions. Pourtant, cette derni&#232;re n'apporte
pas r&#233;ponse &#224; ces questions &#171; partisanes &#187;. Elle pr&#233;f&#232;re l&#233;gitimer
l'expression d&#233;mocratique du peuple qu&#233;b&#233;cois, et que si cette consultation
renvoyait au rejet de l'ordre constitutionnel par la s&#233;cession du Qu&#233;bec,
cela obligerait tous les partis, toutes les assembl&#233;es l&#233;gislatives et le
gouvernement f&#233;d&#233;ral &#224; s'asseoir &#224; la table des n&#233;gociations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, dans
le pr&#233;ambule de la loi C-20, le gouvernement stipule en sa faveur, donc en
biaisant l'&#233;nonc&#233;, que la Cour supr&#234;me n'autorise pas le Qu&#233;bec &#224; faire
s&#233;cession unilat&#233;ralement. Pourtant, ce qui est clair dans la r&#233;ponse de la
Cour supr&#234;me, c'est que si les citoyens du Qu&#233;bec choisissent
d&#233;mocratiquement l'option s&#233;paratiste, non seulement cela justifie l'&#201;tat
en question de faire s&#233;cession, mais qu'en plus, tous les gouvernements
auront le devoir de n&#233;gocier avec l'&#201;tat s&#233;cessionniste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, le texte de
la loi maquille la d&#233;cision de la Cour et pr&#233;f&#232;re louanger le Canada en
concluant qu'il est d&#233;mocratique et qu'il serait quasiment criminel d'en
faire s&#233;cession. Ainsi, dans la d&#233;mocratie canadienne, il semble qu'on ne
peut choisir d&#233;mocratiquement ce qui semble le plus d&#233;mocratique.
Avant d'&#233;laborer sur la &#171; clart&#233; &#187; r&#233;f&#233;rendaire, permettez-moi de faire
une l&#233;g&#232;re remarque &#224; l'&#233;gard du gouvernement f&#233;d&#233;ral en citant une
brochure rendue publique, par le gouvernement du Qu&#233;bec, le 5 f&#233;vrier 2000.
Elle pose trois questions au gouvernement du Canada sur la nature plut&#244;t
douteuse de la loi C-20. En voyant ces questions, il nous convient de
discerner une contradiction &#233;vidente dans les man&#339;uvres f&#233;d&#233;rales
relativement &#224; son attitude acari&#226;tre face au d&#233;sir de s&#233;cession d'une de
ses provinces &#8211; ce qui peut se comprendre ais&#233;ment &#8211;. &#171; En vertu du projet
de loi f&#233;d&#233;ral, si les questions r&#233;f&#233;rendaires de 1980 et de 1995 n'&#233;taient
pas suffisamment claires, pourquoi les f&#233;d&#233;ralistes r&#233;p&#232;tent-ils toujours
qu'&#224; ces deux occasions le Qu&#233;bec a choisi clairement le Canada ? Comment
les r&#233;sultats de 1980 et de 1995 pouvaient-ils &#234;tre clairs si les questions
ne l'&#233;taient pas ? Pourquoi Ottawa veut maintenant changer les r&#232;gles qui
ont pr&#233;valu lors de ces deux r&#233;f&#233;rendums auxquels il a particip&#233; ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Question et r&#233;ponse &#171; claires &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La loi, toujours dans son pr&#233;ambule, conc&#232;de au gouvernement
s&#233;cessionniste le droit de r&#233;diger la question r&#233;f&#233;rendaire et de consulter
sa population selon les principes conventionnels et constitutionnels d'une
consultation populaire par r&#233;f&#233;rendum. Quelques paragraphes plus loin, l'on
fait &#233;tat de la Chambre des communes comme &#233;tant la &#171; seule institution
politique &#233;lue pour repr&#233;senter l'ensemble des Canadiens, [et qu'elle] a un
r&#244;le important &#224; jouer pour d&#233;terminer en quoi consistent une question et
une majorit&#233; suffisamment claires [&#8230;] &#187; . L'article 1 de la loi C-20, o&#249; le
gouvernement autoproclame nettement son droit de veto, ent&#233;rine cette
proposition, mais qui est contredite quelques mois auparavant l'adoption de
la loi par l'architecte lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; un certain
discours du 22 novembre 1999, o&#249; le Ministre Dion affirme : &#171; il ne s'agit
&#233;videmment pas d'imposer une question dans le cadre d'un r&#233;f&#233;rendum
provincial. Le gouvernement du Canada et la Chambre des communes ne peuvent
pas imposer une question dans un r&#233;f&#233;rendum tenu par le gouvernement d'une
province &#187; . Cette contradiction prend encore plus de poids si l'on se
r&#233;f&#232;re &#224; l'article 3 o&#249; la Chambre des communes &#233;dicte noir sur blanc
qu'elle d&#233;terminera si la question est &#171; claire &#187; ou non. Ci-dessous, loupe
&#224; la main, la clart&#233; de la question et de la r&#233;ponse sera scrut&#233;e
clairement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La question &#171; claire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ce qui est de la question claire, c'&#171; est une question formul&#233;e afin
d'&#233;liminer ou de minimiser autant que faire se peut les ambigu&#239;t&#233;s
susceptibles de se pr&#233;senter dans la langue naturelle &#187; . N&#233;anmoins, en
lisant cette question r&#233;f&#233;rendaire , en la relisant et en la relisant
encore, il ne m'appara&#238;t &#224; aucun moment quelque doute que ce soit. Elle
peut effectivement d&#233;boucher sur trois avenues possibles : la
souverainet&#233;-association, la souverainet&#233; pure et simple ou le statu quo.
Les &#233;lecteurs, en votant la journ&#233;e du 30 octobre, savaient tr&#232;s bien &#224;
quoi s'attendre : cocher &#171; oui &#187; ou &#171; non &#187;. Dire le contraire serait une
insulte &#224; l'intelligence des Qu&#233;b&#233;cois. La question demande explicitement &#224;
la population de choisir entre souverainet&#233; ou statu quo en invoquant la
possibilit&#233; de n&#233;gociation, d'entente ou de compromis. Donc, l'ambigu&#239;t&#233;
tant d&#233;cri&#233;e par ces chers &#171; partisans &#187; f&#233;d&#233;ralistes se retrouve dans une
obligation pourtant formelle, selon la Cour supr&#234;me du Canada et la
Constitution canadienne, des protagonistes de s'asseoir et de n&#233;gocier. De
plus, la situation g&#233;opolitique qui profite au Qu&#233;bec rend formellement la
question pertinente en exposant l'&#233;ventualit&#233; d'une souverainet&#233; avec
partenariat par l'affirmative des &#233;lecteurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;textant repr&#233;senter tous les Canadiens, la Chambre des communes se
d&#233;clare seule apte &#224; approuver la question r&#233;f&#233;rendaire apr&#232;s avoir tenu
compte des &#171; avis de tous les partis politiques repr&#233;sent&#233;s &#224; l'assembl&#233;e
l&#233;gislative de la province [&#8230;], des r&#233;solutions ou d&#233;clarations officielles
des gouvernements ou assembl&#233;es l&#233;gislatives des provinces et territoires
du Canada, [&#8230;] du S&#233;nat, [&#8230;] des peuples autochtones [&#8230;] &#187; . Mais, comme il
a &#233;t&#233; mentionn&#233; ci-dessus, le gouvernement f&#233;d&#233;ral ne peut imposer aucune
question selon sa propre constitution, o&#249; un r&#233;f&#233;rendum provincial est une
comp&#233;tence de l'Assembl&#233;e nationale et que cela irait &#224; l'encontre des
d&#233;sirs des trois partis politiques y si&#233;geant. Car, l'institution serait en
quelque sorte mise en &#171; tutelle &#187; et de ce fait, sa position serait
d&#233;pendante &#224; celles des autres entit&#233;s hors Qu&#233;bec, qui n'ont aucun droit
de participation au processus r&#233;f&#233;rendaire sur la s&#233;cession.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ainsi un
droit de veto que l'&#201;tat f&#233;d&#233;r&#233; s'octroie sur le choix futur du peuple
qu&#233;b&#233;cois, et ce, selon les principes de &#171; d&#233;mocratie &#187;. Pourtant, je n'ai
jamais r&#233;ussi &#224; associer ce mot au S&#233;nat canadien ni au concept de droit de
veto ni &#224; la culture dominante anglo-saxonne emp&#234;chant l'expression d'un
peuple subordonn&#233;. De plus, la majorit&#233; des d&#233;put&#233;s qu&#233;b&#233;cois qui si&#232;gent
au Parlement d'Ottawa sont bloquistes. Ce sont ces &#233;lus qui repr&#233;sentent,
selon les principes d'une d&#233;mocratie repr&#233;sentative, la population du
Qu&#233;bec. Pourtant, ils ont &#233;t&#233; marginalis&#233;s et ont &#233;t&#233; les seuls, avec M.
Joe Clark et trois autres d&#233;put&#233;s, &#224; voter contre la loi C-20. Si la vraie
d&#233;mocratie avait convenablement interpr&#233;t&#233; sa propre d&#233;finition et si la
coutume britannique avait &#233;t&#233; observ&#233;e, il y aurait d&#251; avoir consentement
de la province concern&#233;e pour donner effet &#224; une telle loi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est malheureux de constater une distorsion du discours f&#233;d&#233;ral en
faveur de ses propres int&#233;r&#234;ts. Sa d&#233;mocratie p&#232;se plus lourd que celle du
Qu&#233;bec. Ainsi, le Parlement f&#233;d&#233;ral, s'est appropri&#233; le pouvoir &#171; de
d&#233;cr&#233;ter que ces 2 308 360 personnes ne comprenaient pas cette question et
qu'il faut donc les prot&#233;ger contre elles-m&#234;mes &#187; . En plus d'imposer ses
r&#232;gles au Parlement d'Ottawa, le gouvernement de l'&#233;poque a cherch&#233; &#224; les
imposer &#224; l'Assembl&#233;e nationale par la &#171; clart&#233; &#187;. Daniel Turp fait une
comparaison int&#233;ressante de l'incursion f&#233;d&#233;rale dans un pouvoir
provincial. &#171; J'ai quant &#224; moi constat&#233; que les pouvoirs conf&#233;r&#233;s &#224; la
Chambre des communes s'apparentent au pouvoir de d&#233;saveu que la
Constitution du Canada attribue au gouverneur g&#233;n&#233;ral &#224; l'&#233;gard de lois
provinciales, mais qui est tomb&#233; en d&#233;su&#233;tude, selon l'avis m&#234;me de la Cour
supr&#234;me dans le renvoi sur la s&#233;cession du Qu&#233;bec &#187; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;ponse &#171; claire &#187;	&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'exigence de la clart&#233; des r&#233;sultats en faveur de l'option souverainiste
a fait boule de neige au sein des instances f&#233;d&#233;ralistes depuis le renvoi &#224;
la Cour supr&#234;me du Canada, avec M. Dion &#224; la t&#234;te de cette croisade.
Pourtant, dans son avis d&#233;pos&#233; le 20 ao&#251;t 1998, o&#249; l'appellation &#171; majorit&#233;
claire &#187; est mentionn&#233;e &#224; treize reprises, les membres de la Cour supr&#234;me
se suffisent &#224; dire : &#171; nous parlons de majorit&#233; claire au sens qualitatif.
Pour &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme l'expression de la volont&#233; d&#233;mocratique, les
r&#233;sultats d'un r&#233;f&#233;rendum doivent &#234;tre d&#233;nu&#233;s de toute ambigu&#239;t&#233; en ce qui
concerne tant la question pos&#233;e que l'appui re&#231;u &#187; . Il est pourtant clair
&#8211; pardonnez-moi le jeu de mots &#8211; qu'aucun chiffre n'est avanc&#233; et qu'en
d&#233;finitive, la majorit&#233; claire repr&#233;sente l'option la plus populaire,
corroborant ainsi les conventions universelles de l'Organisation des
Nations Unies, dont le Canada est signataire. &#171; En fait, la Cour, qui a
express&#233;ment refus&#233; de clarifier son concept de clart&#233;, a bien saisi qu'une
telle exigence &#233;tait illusoire [&#8230;] &#187; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En suivant religieusement les
conseils de la Cour, tout en les d&#233;formant &#224; son avantage, la loi C-20
&#233;voque &#171; clairement &#187; qu'une majorit&#233; claire serait indispensable pour
n&#233;gocier la scission du Canada. Cependant, le gouvernement f&#233;d&#233;ral, qui
mart&#232;le les Ind&#233;pendantistes avec sa nouvelle arme, n'ose pas s'&#233;terniser
sur ce qu'est, pour lui, une majorit&#233; claire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce cas, le professeur
Henri Brun de l'Universit&#233; Laval tente de &#171; clarifier &#187; le sujet : &#171; [la]
majorit&#233; claire dont fait &#233;tat la Cour supr&#234;me &#224; titre de condition qui
engendrerait pour le Canada l'obligation de n&#233;gocier avec le Qu&#233;bec n'est
rien d'autre que le r&#233;sultat r&#233;f&#233;rendaire qui donnerait plus de 50 % du
suffrage exprim&#233; &#224; l'option souverainiste. Ceci d&#233;coule du fait que tel est
le sens substantif majorit&#233;, non qualifi&#233;, et de ce que le qualificatif
claire ne change rien &#224; cette r&#233;alit&#233; &#187; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'avis d'un docteur en droit et
professeur &#224; McGill University, M. Morissette, est corollaire en ce qui
concerne cette &#171; majorit&#233; claire &#187;. Bref, il &#233;voque &#171; qu'a priori un
r&#233;f&#233;rendum administr&#233; avec une r&#232;gle conventionnelle de majorit&#233; absolue
(50 % + 1) ne serait pas n&#233;cessairement contraire aux directives de la Cour
[supr&#234;me] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En &#233;tayant ces affirmations de professeurs hautement qualifi&#233;s dans le
domaine du droit, il serait justifiable de poser la question suivante &#224;
l'architecte de la loi C-20, St&#233;phane Dion. Pourquoi, dans le projet de loi
ci-pr&#233;sent, affirme-t-on &#171; que le principe de la d&#233;mocratie signifie
davantage que la simple majorit&#233;, qu'une majorit&#233; claire en faveur de la
s&#233;cession serait n&#233;cessaire [&#8230;] &#187; ? Sachant que le gouvernement s'est dit
fid&#232;le aux conclusions de la Cour, pourquoi affirme-t-il unilat&#233;ralement sa
propre d&#233;finition de la d&#233;mocratie sans prendre en compte l'avis des autres
protagonistes, l'Assembl&#233;e nationale par exemple ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le spectre de la partition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux derni&#232;res lignes de la loi, un &#233;l&#233;ment qui semble anodin &#224; premi&#232;re
vue pourrait s'av&#233;rer extr&#234;mement dangereux. Il s'agit de ce simple passage : &#171; toute modification des fronti&#232;res de la province &#187; . Le probl&#232;me, c'est
qu'il d&#233;capsule le sujet de l'int&#233;grit&#233; du territoire, susceptible de
fabulations de toutes sortes, donnant cr&#233;dibilit&#233; au mouvement &#171; partitionniste &#187; qui a pris racine corollairement &#224; la maxime : &#171; si le
Canada est divisible, le Qu&#233;bec l'est aussi &#187; . Bref, c'est donner du vent
dans les voiles &#224; toutes ces th&#233;ories de la partition, et ce, en attaquant
l'int&#233;grit&#233; territoriale du Qu&#233;bec qui est reconnue par le Canada lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Diff&#233;rentes th&#233;ories sur le sujet ont &#233;t&#233; mises sur la table, et ce,
depuis les ann&#233;es soixante-dix, p&#233;riode forte de la mont&#233;e du nationalisme
qu&#233;b&#233;cois. En ce qui touche le ph&#233;nom&#232;ne de la partition du territoire du
Qu&#233;bec, il y a un &#233;piph&#233;nom&#232;ne qui s'est d&#233;roul&#233; dans certaines
municipalit&#233;s anglophones : les municipalit&#233;s &#171; partitionnistes &#187;.
Pourtant, il y a lieu de les discr&#233;diter m&#233;caniquement d&#251; au fait que la
Cour supr&#234;me n'y a pas port&#233; de jugement relativement &#224; leur &#171; cause &#187; et
que selon la Constitution canadienne, article 92, alin&#233;a 8, &#171; les
institutions municipales dans la province [sont des] pouvoirs exclusifs des
l&#233;gislatures provinciales &#187; L'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;uti possidetis&lt;/i&gt; est une r&#232;gle de droit universelle reconnue par les
Nations Unies. &#171; En vertu du principe de l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;uti possidetis&lt;/i&gt;, lorsqu'un &#201;tat
ou une r&#233;gion fait s&#233;cession et acc&#232;de &#224; la souverainet&#233;, ses limites
administratives deviennent ses fronti&#232;res officielles &#187; . Donc, m&#234;me si
cette r&#232;gle peut &#234;tre viol&#233;e, les th&#232;ses de la partition perdent quelques
plumes selon le droit international. Et, pour conserver sa r&#233;putation
internationale, le Canada devra observer ce droit &#224; l'int&#233;grit&#233;
territoriale qu'a le Qu&#233;bec sinon il s'engagerait sur voie tr&#232;s glissante,
notamment en ce qui e&#251;t trait &#224; la partition de l'Irlande et de toutes les
complications connues qui se sont av&#233;r&#233;es tr&#232;s dommageables autant pour
l'&#201;tat &#171; partitionniste &#187; que pour l'&#201;tat &#171; partitionn&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est donc ad&#233;quat d'avancer l'irresponsabilit&#233; de la Chambre des
communes et des repr&#233;sentants ayant vot&#233; en faveur du projet de loi C-20 en
ce qui a trait &#224; l'aval d'une &#233;ventuelle partition du territoire du Qu&#233;bec
en cas de s&#233;paration. Le droit, lequel St&#233;phane Dion s'est servi pour
tenter d'enrayer la menace souverainiste par le renvoi, condamne cette
pratique et les nombreux exemples montrent l'am&#232;re finalit&#233; de cette
pratique. Le rapport intitul&#233; &#171; L'int&#233;grit&#233; territoriale du Qu&#233;bec dans
l'hypoth&#232;se de l'accession &#224; la souverainet&#233; &#187; a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par cinq
internationalistes se penchant sur les cons&#233;quences d'une &#233;ventuelle
partition. Il est plausible d'&#233;tiqueter cet ouvrage d'exemple d'envergure
et cr&#233;dible afin d'opter pour l'int&#233;grit&#233; plut&#244;t que pour la partition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque certains &#171; radicaux &#187; affirment que le Qu&#233;bec est demeur&#233; une
colonie, ils n'attendent g&#233;n&#233;ralement pas tr&#232;s longtemps pour se faire
d&#233;nigrer. La d&#233;mocratie r&#232;gne, r&#233;pondront les calomniateurs. Certes, mais &#224;
condition que &#171; l'assistance assise assiste en silence &#187; . Cette d&#233;mocratie
est tronqu&#233;e et la loi C-20, qui a &#233;t&#233; vot&#233;e au Parlement d'Ottawa, en est
la preuve physique. Ce ficelage politico-juridique d'un gouvernement
centralisateur, accompagn&#233; de ses neuf chiens de garde et de ses trois
apprentis, montre &#224; quel point le Qu&#233;bec est isol&#233; et le restera s'il ne
prot&#232;ge pas ses droits constitutionnels.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pr&#233;sente loi d&#233;crit tr&#232;s bien
l'attitude espi&#232;gle du gouvernement f&#233;d&#233;ral qui, &#224; l'instar d'un mauvais
perdant, monte la barre de plus en plus haute, voyant que ses chances de
l'emporter s'estompent graduellement. Bref, au prochain r&#233;f&#233;rendum, le
Canada seul sera l'arbitre, rejetant du revers de la main : l'institution
d&#233;mocratique repr&#233;sentant les Qu&#233;b&#233;cois et le territoire du Qu&#233;bec, sa
propre constitution en abusant des champs de comp&#233;tences provinciales, la
capacit&#233; de d&#233;cision du peuple qu&#233;b&#233;cois en insistant sur le fait qu'il
leur faut une question claire et que seul le Canada peut la leur donner, la
capacit&#233; de nos &#233;lus &#224; formuler une question et finalement, &#224; la convention
du 50% + 1 qui a pourtant permis de justesse l'annexion de Terre-Neuve en
1949.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est donc pas &#233;trange d'affirmer avec ardeur que cette loi fait clairement affront &#224; la d&#233;mocratie et aux institutions qu&#233;b&#233;coises parce
qu'elle les met en doute en dictant unilat&#233;ralement les r&#232;gles et les lois
d'un prochain r&#233;f&#233;rendum qui reste, rappelons-le, l'expression d&#233;mocratique
d'un peuple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon Claude Ryan, cette loi est &#171; un texte l&#233;gislatif rempli
de m&#233;fiance envers la d&#233;mocratie qu&#233;b&#233;coise et dont la principale carence
est que, tout en se r&#233;clamant de la clart&#233;, il introduit plus de confusion
que de clart&#233; &#187; . La loi sur la &#171; clart&#233; r&#233;f&#233;rendaire &#187; a &#233;t&#233; critiqu&#233;e par
ma plume, celle d'un simple universitaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais une autre, plus cr&#233;dible
celle-l&#224;, en a fait autant. Jean Pellet, un personnage fort important de la
Commission du droit international de l'ONU, confirme mes dires en ce qui a
trait &#224; la question et &#224; la r&#233;ponse claires : &#171; c'est l'essence m&#234;me de la
d&#233;mocratie, une d&#233;cision est prise d&#233;mocratiquement, si elle recueille la
moiti&#233; des suffrages qui sont exprim&#233;s plus un et la quasi-totalit&#233; des
r&#233;f&#233;rendums d'autod&#233;termination que l'on peut recenser se sont d&#233;roul&#233;s
conform&#233;ment &#224; ce principe cardinal &#187; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, pour terminer cet essai, j'esp&#232;re que ma subjectivit&#233; me sera
pardonn&#233;e, autant que celle de ce projet de loi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Thomassin&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/spip/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/spip/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Une id&#233;e qui d&#233;range</title>
		<link>http://www.vigile.net/Une-idee-qui-derange</link>
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		<dc:date>2007-02-14T16:57:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Michel Thomassin - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>Il faut se l'avouer, au Qu&#233;bec, le concept de nation d&#233;range beaucoup. Dans cette situation, la notion culturelle en serait probablement la seule responsable. En effet, elle cause beaucoup de vagues, autant au sein de la classe politique que parmi la population. Elle est g&#233;n&#233;ratrice de (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut se l'avouer, au Qu&#233;bec, le concept de nation d&#233;range beaucoup. Dans
cette situation, la notion culturelle en serait probablement la seule
responsable. En effet, elle cause beaucoup de vagues, autant au sein de la
classe politique que parmi la population. Elle est g&#233;n&#233;ratrice de
tensions, elle divise, bl&#226;me les uns, b&#233;nit les autres, bref elle provoque
une certaine zizanie de d&#233;finitions et d'interpr&#233;tations de celles-ci. Les
intellectuels qu&#233;b&#233;cois s'att&#232;lent tous autour de leur propre d&#233;finition de
la nation : dans presque tous les cas, celle qu'ils ont cr&#233;&#233;e. Est-ce
peut-&#234;tre la raison qui explique cette panoplie de versions de la nation ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au d&#233;but, &#224; mon humble avis, ce d&#233;bat en &#233;tait un faux, car possiblement,
ma compr&#233;hension du sujet s'en trouvait tr&#232;s limit&#233;e. Pourtant, un ouvrage
tr&#232;s pertinent, qui porte sur le d&#233;bat de la nation, m'a ouvert les yeux
sur cette mati&#232;re plus qu'int&#233;ressante, et d'une importance capitale dans
l'actualit&#233; politique du Qu&#233;bec. &#201;crit par une jeune ma&#238;tre, dipl&#244;m&#233;e de
l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al en science politique, l'&#339;uvre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Qui est
Qu&#233;b&#233;cois ?&lt;/i&gt; m'a procur&#233; des outils essentiels &#224; la compr&#233;hension du concept
de la nation, aux multiples d&#233;finitions que l'on peut lui attribuer et de
la valeur ou de l'importance qu'elle porte en son sein pour le peuple
qu&#233;b&#233;cois &#8211; qu'elle soit civique ou culturelle &#8211;. Je vais &#233;laborer sur le
contenu de cet ouvrage, sur la fa&#231;on dont elle s'est inspir&#233;e pour l'&#233;crire
et enfin, je vais opiner sur ce sujet qui est enfin, pour moi, porteur de
sens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'auteure Genevi&#232;ve Mathieu s'interroge sur la piste que devrait prendre
la nouvelle d&#233;finition de la nation, car pour elle, le mouvement
souverainiste est &#224; la crois&#233;e des chemins et doit s'approprier une
nouvelle vision de la nation qu&#233;b&#233;coise, fra&#238;che et &#224; l'heure du temps.
L'heure est au pluralisme d&#251; &#224; l'immigration. Afin de bien vendre son
projet s&#233;cessionniste, le PQ doit d&#233;finir la nation qu&#233;b&#233;coise, non
seulement &#224; partir de ceux partageant l'h&#233;ritage canadien-fran&#231;ais, mais de
ceux issus d'origines diverses. Le d&#233;bat s'ouvre donc sur quelle position
id&#233;ale le PQ devrait adopter afin de rallier une majorit&#233; &#224; ses
convictions. Car le mod&#232;le dumontien, lequel a &#233;t&#233; &#224; la base id&#233;ologique du
parti ind&#233;pendantiste depuis sa cr&#233;ation, ne suffit plus selon plusieurs
intellectuels qui ont aliment&#233; le d&#233;bat sur le sujet. Critiqu&#233;e de toute
part, la nation de convergence de Fernand Dumont ne s'applique plus
parfaitement &#171; &#224; relever le d&#233;fi de la pluralit&#233; &#187; (Mathieu 2001 : 14).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, l'auteure trace l'inventaire des nouvelles conceptions voyant le
jour, toutes issues des critiques port&#233;es &#224; l'endroit du mod&#232;le dumontien
mais, plus fascinant encore, toutes trouvent leur source puis&#233;e &#224; m&#234;me sa
d&#233;finition de la nation, &#171; car ces derniers sont une r&#233;action &#224; la
d&#233;finition qu'il a produite &#187; (Mathieu 2001 : 14). Pour nous faciliter la
compr&#233;hension, Mme Mathieu pr&#233;sente, analyse et commente les principaux
mod&#232;les de la nation, autant celui de Dumont que ceux de ses bellig&#233;rants.
Ces derniers sont le mod&#232;le de culture publique commune substantielle, le
mod&#232;le de culture publique commune proc&#233;durale ou la nation comme
francophonie nord-am&#233;ricaine de Bouchard, le mod&#232;le de nation exclusivement
civique ou patriotisme constitutionnel et finalement le mod&#232;le de la nation
sociopolitique de Seymour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'auteure nous apprend que, selon Dumont, le nationalisme culturel des
Canadiens-fran&#231;ais aurait pris racine en opposition &#224; la nation politique
du Canada, qui aurait fait de ces derniers une entit&#233; parmi tant d'autres.
C'est donc une culture de survivance qui s'est &#233;tablie &#8211; une de combat &#8211;,
donnant gen&#232;se &#224; un nationalisme culturel qui doit teinter le concept de
nation. Bref, &#171; l'id&#233;e fondamentale qu'elle d&#233;fend est qu'une nationalit&#233;
d&#233;finie en termes exclusivement politiques m&#232;ne &#224; l'assimilation des
Fran&#231;ais d'Am&#233;rique &#187; (Mathieu 2001 : 26). La nation que d&#233;finit Dumont
est pr&#233;cis&#233;ment culturelle et historique et, en l'occurrence, s'&#233;tend &#224;
toutes communaut&#233;s fran&#231;aises d'Am&#233;rique du Nord. &#192; la lumi&#232;re de sa
pens&#233;e, sa perception de la nation culturelle se b&#226;tit sur une seule
fondation : la langue fran&#231;aise. L'&#201;tat du Qu&#233;bec n'est donc, par
contingence, qu'une base politique ayant le pouvoir d'assurer la p&#233;rennit&#233;
de la nation culturelle fran&#231;aise. Bref, la nation est strictement
culturelle, lorsque l'&#201;tat s'occupe, lui, de la citoyennet&#233;. Le mod&#232;le de
Dumont est intimement li&#233; au concept de culture de convergence qui &#171; permet
d'int&#233;grer les nouveaux arrivants dans le cadre de balises culturellement
d&#233;finies &#187; (Mathieu 2001 : 30), donc par leur assimilation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les critiques dirig&#233;es contre le mod&#232;le dumontien fusent de toutes parts.
En fait, c'est le pilier central de sa th&#233;orie, la culture ou la langue
fran&#231;aise, qui s'effrite devant la culture anglo-saxonne des droits
individuels, maintenant consid&#233;r&#233;s fondamentaux. En effet, le pluralisme,
maintenant r&#233;alit&#233; en terre qu&#233;b&#233;coise, en plus des revendications des
immigrants afin de prot&#233;ger leurs droits culturels, sont autant d'&#233;l&#233;ments
s'attaquant au projet assimilateur de Dumont, maintenant contraire aux
droits individuels en d&#233;mocratie lib&#233;rale. Bref, l'ench&#226;ssement de la
Charte des droits et libert&#233; dans la Loi Constitutionnelle de 1982 rend le
mod&#232;le de convergence inappropri&#233; avec la nouvelle culture impos&#233;e aux
Qu&#233;b&#233;cois. Autre cible de ces critiques multiples est la th&#232;se
plurinationale &#224; laquelle Dumont adh&#232;re. En fait, selon les dires de
certains auteurs, cette th&#232;se ne fait qu'accentuer les sp&#233;cificit&#233;s
culturelles en jetant de l'huile sur le feu de l'ethnicisme et m&#234;me de
l'exclusion. Alors, plusieurs mod&#232;les se disant dignes de remplacer celui
de Dumont nous sont pr&#233;sent&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour la pr&#233;sentation de ces mod&#232;les, il importe de mettre l'accent sur le
concept de nation en tant qu'outil pratique, c'est-&#224;-dire servant des
int&#233;r&#234;ts politiques d'acteurs du milieu afin de convaincre et de rassembler
une population autour d'un consensus, celui d'une d&#233;finition de la nation
qu&#233;b&#233;coise qui remoule la relation de territoire et de nation. &#171; Le but est
donc de faire de cette repr&#233;sentation mentale, arbitraire qu'est le concept
de nation, une r&#233;alit&#233; objective, naturelle &#187; (Mathieu 2001 : 122). Un
mod&#232;le qui s'octroie presque l'unanimit&#233; s'institutionnalise et peut ainsi
servir comme projet d'action politique, celui de la souverainet&#233; de l'&#201;tat
du Qu&#233;bec par exemple. Bref, on nous pr&#233;sente quatre mod&#232;les ayant un
niveau d'ethnicit&#233; nul &#224; &#233;lev&#233;. C'est par cette d&#233;marche que l'on peut
remarquer la faisabilit&#233; de la th&#233;orie &#224; la situation sociale sp&#233;cifique du
Qu&#233;bec. &#171; En changeant le lien qui unit nationalit&#233; et citoyennet&#233;, les
protagonistes du d&#233;bat sur la nation au Qu&#233;bec esp&#232;rent construire un
mod&#232;le de nation conforme aux exigences d'ouverture et d'acceptation du
pluralisme du contexte politique actuel &#187; (Mathieu 2001 : 127)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier d'entre eux est le concept d'identit&#233; exclusivement civique
qui d&#233;coule du patriotisme constitutionnel. Cette identit&#233; &#233;vacue tout
r&#233;f&#233;rent culturel ou historique et n'adh&#232;re qu'aux principes
juridico-politiques de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale. Cette culture publique est
construite &#224; partir des droits individuels, de l'&#201;tat de droit et de la
d&#233;mocratie lib&#233;rale. Son niveau d'ethnicit&#233; est nul, mais permet
l'assimilation du groupe car l'imposition d'une langue est contraire &#224;
cette doctrine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le deuxi&#232;me concept est celui de la culture publique
commune proc&#233;durale. Il est porteur de cette m&#234;me identit&#233; civique de
d&#233;mocratie lib&#233;rale, mais s'impr&#232;gne toutefois du bagage historique de la
collectivit&#233;. C'est &#224; cette d&#233;finition que Bouchard s'attaque, car le seul
&#233;l&#233;ment culturel qu'il d&#233;fend est la conservation de la langue fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Cette francophonie serait au c&#339;ur de la culture commune qu&#233;b&#233;coise, culture
publique qui ne constitue pas le prolongement pur et simple de la culture
du groupe majoritaire [&#8230;mais] repr&#233;sente plut&#244;t le socle d'une culture &#224;
&#233;laborer &#224; l'aide de l'ensemble des individus parlant fran&#231;ais &#187; (Mathieu
2001 : 129-130).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le troisi&#232;me est la culture publique commune substantielle
et le quatri&#232;me est la culture sociopolitique de Seymour. Ces deux derniers
mod&#232;les pr&#233;sentent un degr&#233; d'ethnicit&#233; fort &#233;lev&#233; et sont rejet&#233;s par
l'ensemble des protagonistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son ouvrage, Genevi&#232;ve Mathieu conclut qu'elle n'est pas tout &#224; fait
convaincue du potentiel de ces nouvelles d&#233;finitions de la nation.
Pourtant, sa pr&#233;f&#233;rence se situe au niveau du mod&#232;le de Bouchard. La
francisation des immigrants comme outil d'identification &#224; la nation, sa
relecture de l'histoire qu&#233;b&#233;coise empreinte de diversit&#233; culturelle &#8211; car
effectivement, l'homog&#233;n&#233;it&#233; de la nation est un mythe nourri par nos
&#233;lites &#8211; qui pourrait permettre aux immigrants de mieux s'identifier &#224; la
nation qu&#233;b&#233;coise sont des arguments de poids pour ainsi d&#233;velopper cette
notion de culture publique commune proc&#233;durale ou de francophonie
nord-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, loin d'&#234;tre satisfaite, Mathieu veut que ce d&#233;bat
continue car &#171; il n'en demeure pas moins qu'elle [nation] demande &#224; &#234;tre
nuanc&#233;e et explicit&#233;e avant de pouvoir &#234;tre transport&#233;e au plan politique &#187;
(Mathieu 2001 : 134). Bref, Genevi&#232;ve Mathieu r&#233;ussit &#224; baliser le d&#233;bat sur
la question de la nation qu&#233;b&#233;coise mais ne r&#233;ussit pas &#224; r&#233;pondre au titre
de son ouvrage&#8230; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Qui est Qu&#233;b&#233;cois ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je dois tout d'abord affirmer que cet ouvrage m'a permis de me situer
dans ce d&#233;bat de d&#233;finitions portant sur la nation qu&#233;b&#233;coise. Je connais
maintenant les grandes lignes qui me permettent, sur le champ, de condamner
cette id&#233;e farfelue du patriotisme constitutionnel. Dans ce mod&#232;le, j'y ai
constat&#233; un lapsus. Cette d&#233;finition se pr&#233;tend exempte de r&#233;f&#233;rent
culturel, mais trouve pourtant sa source dans la culture anglo-saxonne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, c'est bel et bien une culture &#8211; individualisme, d&#233;mocratie lib&#233;rale,
&#201;tat de droit, etc. &#8211; qui nous est transmise par une hypocrisie
tendancieuse toute naturelle &#8211; pure qualit&#233; anglaise &#8211;, pr&#233;cepte &#224; une
assimilation des sujets autres de la nation. &#192; mon avis, cette
dissimulation est un oubli d'une importance capitale, ou un oubli
volontaire, lorsque l'on parle de patriotisme constitutionnel. Toute id&#233;e,
tout concept ou toute invention humaine sont impr&#233;gn&#233;s d'une fa&#231;on de voir
et de faire. Donc, on ne peut clamer l'universalit&#233; de la nation
exclusivement civique, car elle est, elle aussi, une construction humaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout ce qu'il y a d'universel dans cette d&#233;finition, c'est la conclusion que
ses auteurs voudraient voir un jour r&#233;alis&#233;e, c'est-&#224;-dire qu'elle s'&#233;tende
&#224; tout individu. Bref, c'est une forme d'uniformisation &#224; une seule
culture, d&#233;j&#224; largement dominante, et c'est finalement ce qui causerait la
perte de ce qui nous distingue et nous unit : le r&#233;f&#233;rent culturel. C'est ce
qui nous reste et on veut nous le soustraire, c'est laver ou blanchir
l'&#234;tre humain de toute couleur, &#233;motions ou de tout sentiment
d'appartenance. C'est l'arracher de ses racines, de la terre qui l'a vu
grandir et de ses anc&#234;tres qui ont fait en sorte de lui offrir le meilleur
cadre de vie qu'ils pouvaient se permettre de lui offrir, bref, c'est
effacer la mosa&#239;que culturelle, celle qui est issue de l'adaptation humaine
&#224; son environnement. C'est une conspiration de leur part ou une fabulation
de la mienne. Mais, il reste que ce mod&#232;le de la nation civique n'est rien
de moins qu'une tentative parmi tant d'autres d'assimilation &#8211; on revient
au mod&#232;le dumontien &#8211; afin d'assurer un certain contr&#244;le sur chacun de
nous, &#224; notre insu, t&#233;moin d'une mort lente, celle des cultures, fondements
de tant de peuples.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la lumi&#232;re des conclusions de l'auteure et de mes convictions, le
mod&#232;le de Bouchard reste un excellent mod&#232;le de nation, car selon moi, il
s'agit d'un concept int&#233;grateur et non d'exclusion. Il est &#233;vident qu'au
Qu&#233;bec le r&#233;f&#233;rent culturel, peut-&#234;tre le seul v&#233;ritable, reste la langue.
C'est avec cet outil des plus rassembleur que la nation qu&#233;b&#233;coise peut se
d&#233;velopper dans sa diff&#233;renciation aux autres nations am&#233;ricaines. Ainsi,
le r&#233;f&#233;rent culturel qui se limite &#224; la propagation de la langue fran&#231;aise
assura la survie du fait fran&#231;ais en Am&#233;rique. Il est &#233;vident, comme je
l'ai mentionn&#233; ci-dessus, que l'on ne peut se permettre d'adopter une
culture d'autrui aux d&#233;pens de la n&#244;tre, celle du patriotisme
constitutionnel. &#192; l'autre extr&#234;me, je suis convaincu que l'assimilation
culturelle n'est pas pertinente, mais &#224; condition qu'il y ait Unanimit&#233;
autour de la langue fran&#231;aise au Qu&#233;bec. Une r&#233;forme dans le syst&#232;me
d'&#233;ducation pourrait effectivement assurer une p&#233;rennit&#233; plus solide du
seul r&#233;f&#233;rent culturel qui est intimement li&#233; &#224; l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois : la
langue fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Thomassin&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/spip/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/spip/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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