Dans le Voir de 18 juin, en page 6 du dossier société, sous le titre de Chronique d’une couverture annoncée, Olivier Robillard Laveaux déplore le fait que la une du journal, qui devait portée sur « Les Anglos vous souhaitent une Bonne St-Jean », n’ait pas vu le jour ni même « Francos et anglos s’unissent pour l’Autre St-Jean ». « Le sujet avait pourtant séduit la salle de rédaction. Non seulement les groupes invités (Malajube, les Dales Hawerchuk, Bloodshot Bill, Vincent Vallières, Marie-Pierre Arthur et Lake of Stew) étaient en parfait accord avec la ligne éditoriale de Voir, mais la présence d’artistes anglophones – Bloodshot Bill et Lake of Stew – était audacieuse et à l’image de Montréal en 2009. »
Tout ce chambardement à cause de fanatiques, de fous furieux, d’intransigeants séparatistes. L’hebdomadaire a dû se rabattre sur Oliver Jones.
Or, dans sa tirade pour une représentation anglaise, Robillard Laveaux met le doigt sur ce qui constitue le nœud du problème. En affirmant que la présence d’artistes anglophones est à l’image de Montréal, il admet que la plus grande ville du Québec n’est pas française. Il en fait l’éloge. C’est un plus. Allons de l’avant, faisons chanter les gens. Selon Marie-Pierre Arthur, citée par Robillard Leveaux : « Le mélange anglos/francos est possible et souhaitable. »
D’une part, on occulte la dimension historique de la fête et, d’autre part, on ne tient nullement compte de la loi qui, depuis le 26 août 1977, fait du français la langue officielle du Québec. Il ne reste plus qu’à inclure, parmi les géants du défilé, des personnages tel le général James Wolf ou Lord Duhram, pour le grand bonheur des Lepage, St-Pierre, Marois et Curzi.
Quand on en est à se battre pour en donner plus aux Anglais, c’est qu’on a un sérieux problème.
On détourne le sens des événements et des fêtes à la suite de quoi on accuse les Québécois de manquer d’ouverture. Classique. Mais quand les critiques les plus virulentes viennent des souverainistes, on se dit que s’ils mettaient autant d’ardeur à défendre le français, le Québec serait autre chose qu’une province canadienne.

