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«Nous sommes souverainistes, nous le sommes davantage et mieux»,
a affirmé hier Bernard Landry alors que se terminait à Montréal
le cycle des consultations régionales de la Saison des idées
du Parti québécois.
Les consultations se sont déroulées dans toutes les régions
du Québec Les propos de M. Landry ont pris des airs de discours électoral
alors qu'il donnait à la centaine de participants de la journée
un aperçu du slogan de la prochaine campagne référendaire
: «Cette fois-ci, c'est la bonne.» «Ça ne peut
pas être autrement», a-t-il ajouté. Le chef du PQ était
bien conscient de s'adresser aux militants de Montréal-Centre,
groupe «le plus fécond, le moins consensuel, mais, ultimement,
le plus productif pour le développement des idées»
du parti, a-t-il lui-même rappelé. L'ancien premier ministre a aussi bénéficié des
ardents discours des deux conférenciers invités dans le
cadre du chantier sur le pays, le plus attendu et mouvementé de
la journée de consultations. «Je suis sûr que les résultats
de la Saison porteront la marque de Robert Laplante et de Jean-François
Lisée », a-t-il laissé entendre. Sur un ton enflammé, Robert Laplante, directeur de la revue L'Action
nationale, a prévenu les militants que «le Canada à
affronter n'est plus celui dont on a tenté de se séparer».
L'omniprésence des valeurs «canadian» menace de casser
la cohésion nationale du Québec, selon lui, d'où
l'urgence de reprendre le pouvoir pour déployer les institutions
d'un Québec indépendant et ensuite demander aux Québécois
qu'ils ratifient le travail du gouvernement par voie référendaire. C'est ensuite Jean-François Lisée, ex-conseiller des premiers
ministres Parizeau et Bouchard, qui, sur un ton plus enthousiaste et amusé,
a livré ses réflexions sur la question Pourquoi la souveraineté
est probable. Après les périodes favorables à la
souveraineté -- que M. Lisée appelle les «marées»
-- que furent 1990-93 et 1996, d'autres rendez-vous qu'il ne faudrait
pas manquer sont imminents selon l'ex-journaliste, favorisés par
une combinaison de facteurs. Tandis que les liens entre le Québec et le reste du Canada se
détériorent notamment à cause du poids démographique,
linguistique, fiscal et juridique du Québec qui s'amenuise au sein
de la confédération, la force intrinsèque du Québec
progresse selon les données de l'OCDE qu'il a brandies. Ces données
placent la province au 10e rang mondial dans l'échelle de la création
des richesses, en 2002, alors qu'elle tenait le 17e rang il y a dix ans.
Enfin, M. Lisée a souligné «la permanence d'une volonté
souverainiste substantielle» qui serait simplement inhibée
par la peur que le processus menant à la souveraineté soit
un échec. Feu vert au SPQ Libre ? Bernard Landry a par ailleurs accueilli chaleureusement les syndicalistes-progressistes
dans son parti, donnant en quelque sorte l'aval au SPQ Libre, club politique
qui s'est formé en février dernier en vue de tirer le PQ
plus à gauche. «J'ai été enchanté de
voir les syndicalistes-progressistes rejoindre nos rangs», a déclaré
M. Landry, rappelant que le PQ était né d'une coalition
de ce genre. Mais le chef péquiste a souligné que ce mélange
à dominante progressiste «n'a jamais non plus négligé
la nécessaire création de la richesse si nous voulons la
redistribuer», maintenant le cap que certains jugent trop libéral. Reste à voir si M. Landry acceptera de modifier les statuts du
PQ pour reconnaître les différents courants au sein de sa
formation, tel que demandé hier par la conférencière
invitée Monique Richard, ex-présidente de la Centrale des
syndicats du Québec et membre du SPQ Libre, dans le cadre du chantier
sur le programme du parti. Les militants péquistes -- pour la plupart des membres du parti
--, qui livraient leurs opinions et propositions au cours des ateliers
ponctuant la journée, ont eux aussi été influencés
par les conférenciers. «La déclaration du SPQ a fait
sa marque; les chantiers devraient regarder attentivement cette contribution»,
concluait Daniel Turp, coordonnateur de la Saison des idées chargé
de résumer le contenu des plénières. Si la tournée des consultations régionales de la Saison
des idées se terminait hier à Montréal, les citoyens
ont jusqu'au 7 mai pour faire part de leur vision du Parti québécois,
par l'entremise du site Internet. Alors que prend fin ce cycle de consultations,
le cycle de synthèse s'amorcera dans les prochains jours. Les comités
des trois chantiers présenteront leur rapport sur les consultations
le 16 juillet prochain au conseil exécutif national du PQ qui y
puisera matière à discussions et à propositions pour
le prochain congrès national du parti au printemps 2005. «La Saisons des idées n'est qu'un début, a précisé
Bernard Landry. Après viendra la Saison de l'action, de la marche
rapide vers l'indépendance nationale et rien d'autre.»
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