Vivement une doctrine d’État pour sortir le mouvement de sa confusion stratégique qui lui fait confondre,Québec Solidaire avec Québec suicidaire.
Vous voulez avoir une idée de la confusion stratégique et tactique qui règne dans les rangs souverainistes parce que la doctrine d’État y est absente. Pour vous en convaincre, lisez l’entretien que donne Yvon Deschamps à La Presse.
Après 50 ans à camper du coté de la souveraineté, à être un des rares à avoir pratiqué un humour porteur de changement social, sa confusion en matière de stratégie politique demeure totale. A cet égard il est représentatif du mouvement souversainiste dans son ensemble. Et dans les circonstances historiques où nous sommes, cette confusion est suicidaire !
Yvon n’a aucune idée de l’urgence qu’il y a de reprendre le contrôle de notre État, puisqu’il nous invite à voter Québec Solidaire. Solidaire de quoi et de qui, si non de Charest et de sa clique d’affairistes qui squattent notre État à leurs profits, tout en réduisant sa potentialité de manière critique pour la suite de l’histoire. Pas grave, semble-t-il dire, puisque l’on peut faire la souveraineté à partir de l’opposition. Il suffit de grossir les rangs de l’armée des petits frères des pauvres à gauche, à hauteur de 60% pour que le pays advienne. Québec suicidaire, quoi.
Imaginez le bonheur du chef de pupitre de La Presse quand leur soldat Casivi est arrivé avec cet interview dans laquelle, Yvon Danslechamps, accrédite la thèse de Dion a l’effet que ,"50 % plus 1 c’est pas le seuil démocratique pour se donner un pays". Et qu’en plus, il recommande de voter Québec Solidaire ... de Charest, puisque ces voix prises au PQ garantiront la majorité aux libéraux. Quand un vieux loup comme lui donne dans une telle confusion stratégique, imaginez les autres.
Mais faut-il s’en étonner. Depuis le départ de M Parizeau, la culture d’État fait cruellement défaut au Parti Québécois et dans le mouvement souverainiste en général. C’est ce qui explique que Mme Marois et toute l’élite péquiste, sont incapables de produire un argumentaire ancré sur une solide doctrine d’État qui nous aurait montré le véritable enjeu de cette élection, qui est existentiel :: l’urgence de reprendre le contrôle de notre État des mains d’une clique qui veulent en réduire les assises, car ces assises sont vitales pour garantir la pérennité de notre existence en tant que peuple de langue française en Amérique.
Sans doctrine d’État, le mouvement souverainiste va poursuivre sa marche confuse, en rangs dispersés, vers sa défaite ultime. "Je marche à la mort" , pour paraphraser Gaston Miron.
Devant tant de confusion stratégique, réalisez-vous l’urgence de se doter d’une nécessaire doctrine d’État.
JCPomerleau
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
