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Commission Bouchard-Taylor
Y a-t-il des racistes au Québec ?
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
vendredi 21 décembre 2007      1204 visites      2 messages


Quelques définitions.

- Ethnie : du grec ethnos peuple ; ensemble d’individus que rapprochent un certain nombre de caractères de civilisation, notamment la communauté de langue et de culture (alors que la race dépend de caractères anatomiques). L’ethnie française engloberait tous les pays de la francophonie comme, par exemple, le Sénégal, la Belgique wallone, la Suisse romande, le Canada français.

- groupe ethnique : par exemple : les Italiens, les Grecs, les Juifs de Montréal,

- ethnocentrisme : tendance à privilégier le groupe ethnique auquel on appartient et à en faire le modèle de référence.

- race : la race jaune, la race blanche, la race noire. groupe d’individus qui se différencie des autres par un ensemble de caractères physiques héréditaires (couleur de la peau, par exemple)

- racisme : théorie de la hiérarchie des races qui conduit à la nécessité de préserver la race dite supérieure de tout croisement et à son droit de dominer les autres et même les éliminer. Mein Kampf d’Adolph Hitler est raciste ; sa théorie a conduit à l’holocauste. Le mot “racisme” a une donc une connotation extrêmement péjorative ; il ne faut pas accuser quelqu’un d’être raciste sans savoir ce que ce mot veut dire.

- xénophobie : du grec xenos : étranger et de phobos : crainte
Hostilité à ce qui est étranger. Par exemple : anglophobe.

Pour classer les interventions publiques des “Québécois de souche” pendant les forums de la Commission Bouchard-Taylor, la catégorie 1 se lisait comme suit : raciste : propos ouvertement xénophobes, racistes, inadmissibles. Exemple : j’ai vécu parmi les musulmans. Je les ai endurés et là je m’aperçois que je suis obligé de les endurer encore.

Rima Elkouri écrit le 20 décembre dans La Presse qu’elle a entendu “des propos surtout modérés ou pluralistes et une faible minorité de propos ouvertement racistes ou xénophobes” Elle écrit deux fois : “Je ne pense pas que la société québécoise soit plus raciste qu’une autre”, ce qui veut dire que la société québécoise est raciste mais pas plus que les autres. Elle ajoute : “le fait d’être d’origine étrangère n’immunise pas contre le racisme”. Dans un dialogue avec Madame Elkouri, elle m’a confirmé qu’elle pensait que le code de vie d’Hérouxville était raciste comme son texte “La Commission des boules à mites” le laissait entendre.

Conclusions de cette mise en scène

1- Pour Rima Elkouri et pour les “chercheurs” de la Commission Bouchard-Taylor, il y a une équivalence entre xénophobie et racisme.

2- Comme on l’a vu lors d’une enquête publiée dans le Journal de Montréal, de nombreux Québécois se sont dit “racistes” parce qu’il leur arrive de réagir négativement à un tas de choses en ce qui concerne les immigrants. Ce qui veut dire qu’un grand nombre de Québécois confondent une certaine xénophobie avec du racisme. On voit bien qu’ils ne savent pas ce que le mot “raciste” veut dire.

3- Pour des gens comme Rima Elkouri qui écrit dans La Presse, le code de vie de Hérouxville est raciste. Je me demande si elle ne croit pas que le discours de Parizeau, le soir du référendum de 1995 était raciste. J’aimerais savoir si elle pense que les nationalistes québécois en général et en particulier les indépendantistes québécois sont tous des racistes en puissance. Est-ce que le projet sur la citoyenneté québécois de Pauline Marois est raciste ? Si c’est ce genre d’accusation que The Gazette ou les Rima Elkouri de ce monde répandent, voyez la côte que nous avons à remonter quand nous essayons de nous expliquer auprès de la population.

4- Il est absolument consternant (et ici je rejoins la colère de Thérèse-Isabelle Saulnier) de confondre xénophobie et racisme. Il faudrait se demander pourquoi on confond xénophobie et racisme. On fait un usage abusif de l’accusation de racisme. Est-ce pour discréditer et dénigrer les Québécois qui affirment leur identité française en Amérique du Nord et veulent la développer ?

5- Il y a certainement au Québec de la xénophobie. Mais du racisme, il y en a très peu si on sait ce que le mot veut strictement dire. Employer le mot racisme avec légèreté me paraît non seulement malhonnête intellectuellement mais potentiellement explosif, comme la colère de madame Saulnier l’exprime.

Il y a tout de même des limites à se faire écoeurer et à se faire insulter par des gens qui, au minimum, devraient savoir le sens des mots, en français, en 2007.

6- Le code de vie de Hérouxville (qui a été expurgé malheureusement de la référence à la lapidation musulmane des femmes adultères) est une expression légitime des us et coutumes de la nation québécoise et dit aux “étrangers” : “Voici quelles sont nos valeurs et comment nous vivons ici au Québec. Si vous voulez venir au Québec, on souhaite que vous acceptiez ces valeurs et ces coutumes. Sous-entendu : par exemple, ne venez pas nous imposer votre religion et ses coutumes, ne venez pas nous imposer la soumission des femmes car pour nous, au Québec, les femmes sont égales aux hommes.”

Le code de vie de Hérouxville n’est même pas xénophobe. Alors écrire dans La Presse que ce code est raciste, c’est très grave.

Qu’on accuse de racistes les revendications identitaires d’une minorité francophone en Amérique du Nord toujours menacée par l’anglicisation et qui lutte pour sa survie, ce n’est pas tolérable. Quand on considère les complexes d’infériorité et les peurs de trop de Québécois et de trop de Québécoises, c’est complètement ridicule de laisser croire qu’ils se croient supérieurs aux Autres et veulent les dominer, ce qui est la définition du racisme.

Qui ne voit que d’utiliser le même mot pour caractériser l’action du conquérant Hitler et ses crimes contre l’humanité et pour qualifier (ou plutôt disqualifier) l’action des citoyens d’Hérouxville et de tous les Québécois qui les appuient relève de la diffamation et de l’atteinte à la réputation. Faudra-t-il utiliser les Tribunaux comme Gilles Rhéaume l’a déjà fait pour nous faire respecter ?

Robert Barberis, Longueuil, 21 décembre 2007

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Vos commentaires:
  • Y a-t-il des racistes au Québec ?
    22 décembre 2007, par Jacques Bergeron
    Bravo M. Barberis pour ce très bel article. Lorsque certaines personnes affirment, comme le démontre ici M. Barberis, que des individus ne connaissent pas le sens des mots qu’elles utilisent, elles ont parfaitement raison. Lorsque ces mêmes personnes disent que de nombreux individus ne possèdent pas le vocabulaire pour exprimer leur pensée, elles ont encore raison. Mais lorsque ces individus sont journalistes en plus,il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans notre société. À moins, que ces journalistes ne soient de mauvaise foi ou de mauvais joueurs, ou encore des ennemis de l’idéal indépendantiste que nous poursuivons,ne devrait-on pas les traîter de traîtres à leur nation et à leur peuple ? En analysant leurs articles, on pourrait probablement dire que ces « journalistes »,ou supposés journalistes,recherchent peut-être à créer chez nos concitoyennes et nos concitoyens un sentiment de culpabilité qui les incitera à conserver les chaînes qui les tiennent prisonnières et prisonniers des occupants de notre territoire ?De là, à ajouter que ces gens font le sale ouvrage des Anglais, des Anglophones et des fédéralistes, toutes ethnies confondues,il y a un pas que l’on peut franchir facilement.Vouloir garder son peuple,ou en tout cas celui du Québec, prisonnier de sa condition de peuple assiégé, n’est pas l’action la plus honorable que ces gens,journalistes et politiques fédéralistes confondus,peuvent accomplir. Voilà pourquoi je ne leur souhaite, ni joyeux Noël, ni mes voeux de la nouvelle année. On me permettra, cependant, de souhaiter à « nos concitoyennes et à nos concitoyens » atteints du même « mal de liberté » que le mien, un « Noël joyeux » et une « Année nouvelle » qui saura les garder en santé et leur conserver l’idéal « indépendantiste », que nous poursuivons pour tous les Québécois et toutes les Québécoises.Ces voeux, je les adresse très « spécialement » aux « citoyennes et citoyens » de la ville de « Hérouxville » qui ont su éveiller les consciences des « Occidentaux » sur un sujet qu’ils préféraient oublier dans le secret de leur rectitude politique.Merci à M. Barberis d’avoir écrit cet article et d’avoir remis l’heure juste aux « montres » et aux « horloges » des oiseaux de malheur journalistes fédéralistes , ennemis( et non adversaires) de la libération de notre peuple.
  • Y a-t-il des racistes au Québec ?
    23 décembre 2007

    M. Jacques Bergeron. Meilleurs voeux de santé à vous et à tous ceux que vous aimez et qui vous aiment.

    Oui, l’accusation diffamatoire de racisme et l’abus de l’accusation de xénophobie ont en effet pour but de culpabiliser les Québécois francophones.

    Dans son commentaire de samedi dernier, le 22 décembre 2007, intitulé : La pluie, c’est bon pour les radis, Pierre Foglia considère que de dire que 15% des “de souche” sont racistes “c’est là une instrumentalisation politique, un racisme utilitaire.” J’espère que Rima Elkouri en prend bonne note ainsi que des deux phrases suivantes de Foglia qui sont à retenir.

    1- "Pour les intégristes du pluralisme à la canadienne, revendiquer que les immigrés fassent un effort pour s’intégrer à la culture de la majorité, c’est de la xénophobie."

    2- "Entendre d’une dame chercheuse à l’INRS que quatre Québécois de souche sur cinq sont xénophobes, je dis que c’est de la pure merde. Je dis que c’est crinquer le ressort de la culpabilité. Je dis que c’est envoyer du renfort à Mario Dumont. Je dis que cette dame est sûrement une rejetonne illégitime de Trudeau."

    Robert Barberis, Longueuil, 23 décembre 2007




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