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Voyage Voyage
L’ouverture sur le monde des fédéralistes...
Simon-Pierre Savard-Tremblay
Tribune libre de Vigile
mercredi 22 juillet 2009      435 visites      5 messages


Je n’ai jamais voyagé vers autre pays que toi mon pays
 Gaston Miron

Je vais vous parler ici de voyages ! Quoi de mieux qu’un peu d’exotisme quand on se pense à l’été (une fois de plus) affreux que nous avons au Québec…

Avant de commencer, je tiens à préciser d’emblée que j’utilise abondamment le « je » et le « moi » dans ce texte, rédigé sur un coup de tête, car, comme québécois, comme indépendantiste et comme nationaliste, je me sens profondément insulté par les préjugés que je m’apprête à décrire dans cette mise en situation. Je pense que plusieurs se reconnaîtront dans mon indignement.

Je prends parfois plaisir à réécouter l’entrevue de Patrick Bourgeois par Stéphane Gasse et Jérôme Landry à Choi Fm, réalisée au cours de la saga de la reconstitution des Plaines d’Abraham. Je dirais que cette écoute stimule en moi toute une gamme d’émotions : envie d’en pleurer, envie d’en rire ou encore envie de tout casser autour de moi…

J’ai ciblé un passage en particulier, celui où un des deux animateurs réplique à un Patrick Bourgeois qui déplore le déclin du français à Montréal : « On les mettra toujours ben pas dehors les anglophones c’est eux autres qui amènent l’argent et qui amènent les capitaux ! ». Je vous laisse juger par vous-même de la profondeur de ce commentaire…

Le plus intéressant, et c’est ce qui m’a poussé à traduire en texte ma récurrente montée de lait, se trouve dans une autre émission, quelques jours après, où nos deux animateurs favoris sont revenus sur cette entrevue. Après que Jérôme Landry, qui se targue d’être « ultrafédéraliste », eut affirmé n’en avoir « rien à foutre du nationalisme québécois », Stéphane Gasse de répliquer : « probablement parce qu’on est sortis un petit peu de chez nous, moi j’ai vécu six ans au Canada […] donc j’ai vu un peu ce qui se passait de l’autre bord de la clôture, toi Landry tu passes tes fins de semaines à ton chalet à Boston ». Et Jérôme Landry, plus tard dans l’entretien : « Je me suis aperçu de c’était quoi [sic] la mentalité des souverainistes qui ont des idées des années 70, qui veulent bâtir des remparts autour de la province, qui veulent pas qu’on parle aux anglais pi qui veulent qu’on se mette des œillères et qui sont antidémocrates ». Alouette !

Ainsi, voyager amène à s’ouvrir sur le monde, ce que personne ne peut nier. Mais on affirme ici que l’ouverture sur le monde ne peut pas être compatible avec des convictions indépendantistes, impliquant implicitement que les indépendantistes soient des villageois fermés, centrés sur eux-mêmes, qui rejettent tout ce qui n’est pas québécois (lire : xénophobes). D’ailleurs, avez-vous déjà vu plus bornés et incultes que ces paysans pas dégrossis que sont Bernard Landry (ancien étudiant à l’Institut d’Études Politiques de Paris), Yves Michaud (ancien délégué général à Paris) ou Jacques Parizeau (premier diplômé canadien-français à la London School of Economics, parfaitement bilingue et marié pendant longtemps à une polonaise) Ils ne sont jamais sortis du Québec ces gens là ! A-t-on déjà vu plus fermé que Pierre Falardeau(qui va régulièrement en Afrique) ? Et n’oublions pas Joseph Facal (uruguayen de naissance), il n’a pas de chalet à Boston, lui !

Tous des disciples du catholique fascisant Lionel Groulx ! Qu’importe que le raciste Groulx ait étudié en Europe, et que ce soit justement cette dimension internationale qui lui permit de constater que son peuple n’était pas au même niveau que les autres, c’est un nationaliste donc un xénophobe.

Par ailleurs, les analyses pertinentes amalgamant fermeture et indépendantisme ne sont pas uniquement l’apanage de nos deux animateurs de radio préférés. Certains grands universitaires nous ont aussi fait grâce de leurs judicieuses visions.

Par ailleurs, Stéphane Dion explique son passage au fédéralisme parce qu’il s’est mis à voyager, semble-t-il.

Quant à Michael Ignatieff, il a la générosité de partager ses longues expériences à l’étranger pour nous mettre en garde contre l’indépendance nationale : Attention ! Je suis allé en Serbie, moi ! J’ai tout vu ! Des lois totalitaires comme la Charte de la langue française sont les signes précurseurs d’un état ethnique en formation ! Il y a urgence ! L’État fédéral cosmopolite, multiculturel et ouvert, avec l’aide de sa Cour suprême, doit sauver les sauvages du Québec et soigner ses instincts tribaux qui ne peuvent que nous mener à des guerres civiles et des épurations ethniques, sans oublier bien sur les sacrifices humains et le cannibalisme… À l’aide ! Vous ne vous sentez pas en danger, vous ?

Merci pour tes précieuses mises en garde, Michael !

Le mépris des deux animateurs envers la population du Québec égale certainement celui de ceux que nos amis de Choi Fm dénoncent comme étant la « petite clique du Plateau ».

Prétendre que le « petit peuple » est sous éduqué et inconscient de ce qui se passe autour de lui (comme si les antennes satellites et l’Internet n’existaient pas en Abitibi ou en Mauricie), voilà un propos qu’on imputerait d’avantage à un Gérard Bouchard grassement payé par nos taxes pour nous faire ravaler la version officielle, ou encore aux éditorialistes gescaiens à la André Pratte, pas à une station de radio qui se targue de « dire les vraies affaires » et de défendre le « vrai monde ».

On croirait réentendre les mêmes lamentations de nos vierges offensées nationales au cours de l’affaire Hérouxville. Il fallait entendre ces prétendus pédagogues montréalais philosopher, disserter et nous expliquer à l’aide de termes savants et pointus à quel point notre peuple devait « s’ouvrir » (lire : s’effacer). Voilà maintenant que les radios de Québec, normalement défenseurs des régions face au snobisme des élites précédemment énoncées, font écho à ce message. La Presse-Le Devoir-Choi Fm même combat ? J’ose encore espérer que non, mais une chose est sûre : Un trudeauiste de droite, de gauche, souverainiste ou fédéraliste reste un trudeauiste avant tout. Point final.

Parlons en de l’ouverture sur le monde !

Pour s’ouvrir sur le monde, encore faut-il en faire partie.

Il sera toujours préférable d’être une nation à part entière que de faire partie d’une structure bureaucratique centralisée qui nous condamne à orienter tous nos efforts vers notre survie collective. Un peuple qui se concentre à survivre ne peut pas concentrer à mieux vivre.

Être un appendice, être condamné à gérer les miettes de la dépendance, être soumis au contrôle d’un État étranger qui nie notre existence, ne pas pouvoir envisage un avenir à travers un cadre d’une plus grande envergure que celle d’une province (du latin « pour les vaincus »), est-ce là les vertus du statut quo que les voyages à l’étranger sont sensés nous faire réaliser ?

Pour moi, lorsqu’on analyse le statut du Québec avec une vision ouverte sur le monde, on ne peut que souhaiter l’avènement d’une République rayonnante à l’international.

Sur les cartes et dans les faits, le pays du Québec ne peut que s’ouvrir. Ouvert économiquement, car libéré des trop étroits paramètres canadiens, avec un modèle commercial qui correspond à sa vision et qui entraînera une spirale d’investissements étrangers ; Imaginons aussi les sièges sociaux ou succursales d’entreprises internationales qui s’installeront à Montréal, métropole de pays, ou à Québec, capitale de pays.

Ouvert sur la situation internationale, avec presque deux cents ambassades étrangères situées dans sa capitaine nationale, mais aussi deux cents ambassades québécoises qui nous représenteront auprès de toutes les autres nations libres du monde, avec qui nous noueront des amitiés chaleureuses. Se comprendre, se respecter, se connaître, se compléter et admirer nos différences, qui font de nous ce que nous sommes et qui nous renforcent, voilà un dialogue interculturel qui vaille la peine.

Puis, libéré de tous ses complexes de peuple vaincu, la nation du Québec sera debout et fière de son caractère français et de son histoire fascinante. Ce « Nous » (inclusif, a-t-on besoin de le rappeler ?) intégrera des individus provenant de tous les coins du globe, qui deviendront des québécois à part entière dont la langue et les traditions feront la fierté de tous, de la même manière que les nouveaux arrivants qui s’installent aux États-Unis deviennent instantanément et sans regrets « We Americans ».

Et, devrais-je ajouter, lorsque notre langue nationale, le français, ne sera plus autant menacée qu’elle l’est actuellement par notre isolement, le citoyen québécois pourra enfin envisager sérieusement d’apprendre une multitude de langues à ses enfants, sans craindre que la sienne ne s’en trouve affaiblie. Oui, le Québec-pays a les moyens, s’il fait les bons choix, d’être un foyer culturel et économique rayonnant tout en étant ferme sur son identité. Or, le point d’équilibre qui pourrait faire en sorte que le Québec ne se renie jamais tout en étant un modèle d’ouverture est impossible s’il reste une forteresse assiégée. Nous en avons assez de se défendre, il faut être d’attaque.

Ma conception de l’ouverture est donc définitivement différente de la vision provincialiste et réductrice des Stéphane Gasse, Jérôme Landry, Michaël Ignatieff, Stéphane Dion ou de tout autre trudeauiste méprisant de ce monde. La mienne est très simple : Le Canada est trop petit pour le Québec, nous voulons le monde.

En ce qui me concerne, mes voyages, mes lectures, mes visionnements et ma maîtrise de langues étrangères m’ont renforcé dans ma conviction que le Québec, dans sa situation actuelle, n’est pas à la hauteur de ses capacités et mérite un autre destin, celui de s’épanouir sans craindre pour sa vie.

Je suppose que pour comprendre la vérité il me faudrait un chalet à Boston…




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Vos commentaires:
  • Voyage Voyage
    22 juillet 2009, par MichelG

    J’ai visité 75 pays dans le monde et j’ai souvent rencontré ces colonisés fédéralistes qui ferment le monde aux Québecois et qui ferment le Québec au monde .

    Ces rapetisseurs fédéralistes sont notre honte à tous

    Libérons -nous comme pays francophone et offrons- nous le monde sans avoir à détruire notre propre nation Québecoise .

    Avec une nation comme la nôtre l’humanité entière s’en trouvera mieux

    Vive le Québec libre


  • Voyage Voyage
    22 juillet 2009, par Luc Lefebvre

    Simon-Pierre...

    Un individu de ta trempe ne devrait pas accorder d’importance à des plaies passant à CHOI.

    Sérieusement, c’est une perte de ton temps et surtout de ton intelligence.

    Tu ne pourras jamais sauver les gens qui écoutent cette radio là, et tu pourras encore moins affecter l’opinion de l’individu visé par ce texte.

    C’est les autres personnes que tu peux (et doit) convaincre. Les autres personnes qui n’écoutent pas CHOI, qui n’habitent pas dans une région desservie par CHOI.

    Les gens qui écoutent des cancres comme les 2 bozos à CHOI sont déjà vendus à leur cause. S’ils vont manifester pour sauver un débile léger quand celui-ci ce fait mettre dehors de la radio... on imagine à peine à quel point ils sont déjà zombies aux mots (ou maux ?) sortant de la bouffe de leurs gourous de radio en perte de vitesse.

    En d’autres mots... ne t’insurge pas pour rien. Rions en plutôt.

    Garde ton énergie pour des débats qui peuvent être gagnés.


  • Voyage Voyage
    22 juillet 2009, par Patrick Diotte

    ... mais heureusement, nous sommes un peuple vainqueur, ce n’est qu’un mauvais rêve inspiré par la propagande. Heureusement, le peuple québécois n’a JAMAIS été vaincu. Il est une nation qui a vaincu, un état vainquant que rien ne peut plus empêcher de vaincre encore et d’être le grand pays qu’il a construit. Il est bien là, bien réel, ce grand pays qui lui appartient et dès son éveil, il le constatera.

    Réveille toi Québécois !


  • Voyage Voyage
    24 juillet 2009, par Jean-Charles Morin
    Stéphane Gasse et Jérôme Landry (CHOI-FM) : je n’avais jamais entendu parler de ces personnages avant aujourd’hui (je n’écoute pas la radio "pipole") et en lisant votre article, une seule pensée m’est venue : mais qui donc trouve pertinent d’engager de pareils hurluberlus comme animateurs dans une station de radio de grande écoute. Ces gens ont une influence sur l’opinion publique. Quelles sont donc leurs qualifications pour ce type de poste, outre leur hyperfédéralisme arrogant, leur fermeture d’esprit et leur inculture ? Quelqu’un pourrait-il me répondre à ce sujet ?
  • Voyage Voyage
    25 juillet 2009, par MichelG

    Ottawa à un budget milliardaire pour fédérat-lyser avec feuilles d’érables tous les médias au Québec et ce sont nos impôts nos taxes et les profits de nos fonds de pensions qui servent à crétiniser tous nos médias , toutes les ambassades et à effacer notre présence dans toutes les institutions internationales .

    Les commandites venaient de ces fonds et existent de plus en plus


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