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CHRONIQUE DE LA CROQUEUSE DE MOTS (12)
Vous avez dit... "l’esprit de la souche" ?
Thérèse-Isabelle Saulnier
Chronique de Thérèse-Isabelle Saulnier
vendredi 21 décembre 2007      268 visites      1 message


Qu’il faut donc se méfier de ce qui nous est rapporté, et qu’il faut donc toujours aller vérifier les souches ! - Euh ! Pardon ! Les sources !

Jeudi le 13 décembre, au dernier des forums montréalais de la Commission B-T, Gérard Bouchard s’est senti obligé de faire une mise au point suite à l’intervention de Mme Diane Malouin, qui a fait allusion à son "brûler les souches au feu de la Saint-Jean" (texte 30), ce qui a toujours été traduit par le fait de jeter au feu nos racines canadiennes françaises. Mme Malouin l’a présenté en ce sens, s’adressant directement à M. Bouchard à ce moment-là : "Je suis une Québécoise d’origine canadienne française et fière de ses origines,
— que je ne mettrai jamais dans le feu, ni ses racines, ni ses souches, M. Bouchard."
— Ce à quoi ce dernier a répondu : "Vous déformez beaucoup mes propos. /.../ Je voudrais faire une mise au point relativement à cette idée de jeter au feu les souches, et la culture, et la tradition canadienne française, dont je suis moi-même issu, je vous le rappelle. Je vous inviterais à relire mon texte du Devoir de 1999. Vous y verrez que ce que je suggérais de mettre au feu, c’était ce que j’appelais "l’esprit de la souche", que je définissais très clairement, dans mon texte, comme étant le refus de la différence, le refus de l’ouverture, le repli, le racornement, et tout ce qui fait qu’une société comme la nôtre se trouve tout à coup devant les crises des accommodements, devant un refus du dialogue et de l’interculturalisme. Voilà ce que je proposais de jeter au feu : l’esprit de la souche."

Que pensez-vous que la croqueuse de mots a fait, alors ? Elle a ouvert son ordi et cherché le texte en question pour vérifier ce qu’il en est exactement.

Je dois avouer que je n’ai rien lu des écrits de Gérard Bouchard jusqu’à présent, sauf un ou deux textes qu’il a publiés juste avant le début de la Commission qu’il co-préside. Par contre, particulièrement via Vigile et Yves Michaud, si je me souviens bien, je connaissais ce "jeter les souches au feu de la Saint-Jean" qui, effectivement, titille terriblement la fibre nationaliste ou, tout bonnement, identitaire. Qu’en est-il exactement ? Qu’est-ce que Gérard Bouchard a écrit et que voulait-il dire, dans ce texte ?

CE QUE BOUCHARD A VRAIMENT DIT

Gérard Bouchard écrit d’abord : "Le durcissement des appartenances, des enracinements et des identités communautaires crée un terrain propice aux cloisonnements ethniques et aux tensions raciales. On retrouve dans cette direction également l’impasse identitaire." - En écrivant cela, Bouchard inclut TOUTES les ethnies formant la société québécoise : si chacune se replie sur elle-même et ne cherche qu’à maintenir sa propre culture, on est bien mal fichus d’aboutir à de la bonne entente et à une culture commune, même plurielle dans son ensemble. - Là-dessus, je partage tout à fait cette idée. J’ai souvent remarqué ce repli identitaire, cet "esprit de la souche" et ce, non seulement chez des Québécois de souche canadienne française, mais aussi, et tout autant, kif-kif, chez certains membres de communautés culturelles qui sont venus témoigner à la Commission B-T. J’y reviendrai plus bas, parce que de cela, on, incluant Bouchard, n’a guère parlé, et surtout pas relevé ; exclu, même, des statistiques sur les forums...

Il écrit ensuite : "Il faudrait pouvoir aller au delà d’une philosophie trop exclusive des identités, des fidélités et des racines, au profit d’une sociologie, d’une ingénierie de l’action et des interactions. Il ne s’agit pas de nier les premières mais de les investir dans les secondes en les articulant à des finalités communes, dans le cadre de projets sociaux. /... / Dans cette hypothèse, la diversité n’apparaît plus comme un obstacle sur la voie d’une hypothétique identité nationale à concevoir dans l’abstrait ; elle devient un capital de valeurs et d’expériences à faire valoir dans des initiatives conjointes, utiles à la société. L’horizon commun n’a plus à se construire en dépit de la diversité mais grâce à elle." - Il semble clair, ici, qu’il ne s’agit pas d’un RENIEMENT DE NOS RACINES (ni de LEURS racines), mais d’une nouvelle façon de les faire valoir, de les utiliser et de les partager.

Enfin, il écrit : "Notre proposition postule une reconnaissance du pluralisme. Mais elle suppose aussi une quête de solidarité, une volonté d’ouverture et d’engagement au delà des frontières du groupe ou de la communauté, au delà des protectionnismes culturels. En d’autres mots, elle reconnaît pleinement le principe de la diversité mais exige aussi de tous les partenaires qu’ils se départent de l’esprit de la souche. En l’occurrence : l’insécurité chronique et la méfiance qui poussent au repli et à la crainte de l’autre, qui entretiennent une mémoire exacerbée des vexations anciennes, qui durcissent les solitudes actuelles, compromettent les partenariats, empêchent toute possibilité de greffe. En ce sens, tous ensemble, jeter les souches au prochain feu de la Saint-Jean ? Pourquoi pas ? Avec l’espoir raisonnable qu’à la longue, il pourrait naître de ces cendres (parmi quelques inévitables bleuets ?) une espèce renouvelée, enrichie, comme il arrive parfois." — L’idée (ou plutôt le souhait) de Gérard Bouchard est donc bien que TOUS se départent de cet "esprit de la souche", de cette isolante affirmation identitaire, pour construire une nouvelle identité québécoise en continuité avec le passé, mais surtout tenant compte de la réalité plurielle présente, et ouverte sur l’avenir.

DES PROPOS DÉFORMÉS ? SI OUI, QUELLE EN EST LA CAUSE ?

Aux dires de Gérard Bouchard lui-même - qui a répondu (texte 29) à une analyse de Louis Cornellier (texte 28) s’opposant à ce feu de souches -, la responsabilité de cette déformation de sens revient au journal Le Devoir, qui a modifié, ne serait-ce que très légèrement, le titre qu’il avait donné à son texte. On est ainsi passé de "Jeter les souches au feu de la St-Jean ?" à "Jeter les souches au feu de la Saint-Jean-Baptiste". — L’omission d’un simple " ?" serait à l’origine du malentendu : Bouchard n’affirmait pas, il suggérait, comme ça...

Mais il est lui-même en grande partie responsable du malentendu et de la déformation de ses propos. D’abord, son titre, avec ou sans le point d’interrogation, mentionne bel et bien le mot SOUCHES, et non cette étonnante expression : "l’esprit de la souche". De plus, tant dans ce texte que dans sa mise au point du 13 décembre, ce sont encore et toujours les Canadiens français qui sont essentiellement visés (jamais Bouchard n’a mentionné, du moins jamais clairement, l’attitude de repli de certaines communautés), et lorsqu’il s’est permis un commentaire, lors des forums, ce fut toujours pour critiquer publiquement certaines personnes d’origine canadienne française. Il n’est jamais intervenu pour rabrouer des affirmations carrément xénophobes ou très méprisantes à notre égard, formulées par des membres de communautés culturelles.

De plus, contrairement à son affirmation du 13 décembre, le sens de "l’esprit de la souche" n’est pas du tout "défini très clairement" dans son texte de 1999, et là se trouve sans doute la vraie cause de la déformation. Le problème existait déjà dans ce texte et il est davantage mis en évidence dans la mise au point qu’il a faite. En effet, interrogeons-nous : QUI fait preuve de "refus de la différence" ? QUI fait preuve de "refus de l’aventure", de "repli", de "racornement", de "refus du dialogue et de l’interculturalisme" ? — Poser la question, c’est y répondre ! Il ne faut tout de même pas nous prendre pour des valises, Monsieur Bouchard !

Heureusement qu’il y a tout de même des personnes qui savent nous apprécier, et Madame Malouin l’a d’ailleurs signalé à notre commissaire : "Nous avons une histoire, nous avons une culture qui, évidemment, a subi des influences avec la venue des nouvelles personnes. Et je tiens ici à remercier beaucoup les nouveaux arrivants, qui ont décidé de défendre aussi les intérêts de cette culture et de cette histoire. Je les apprécie beaucoup parce qu’ils sont peu reflétés dans vos commentaires de fin de soirée, quand les gens d’origines diverses nous disent, particulièrement, de ne pas se laisser fustiger, qu’ils embarquent avec nous. J’ai l’impression, souvent, qu’il y a deux catégories de Québécois, comme vous l’avez présenté à Québec, M Bouchard : les bons Québécois, ceux qui sont pour les accommodements, ceux qui sont pour la Charte, et tout ça, et les mauvais, les inquiets, les peureux, et ainsi de suite. Je trouve ça vraiment un petit peu offensant et méprisant. Car j’ai vu du racisme, aussi, beaucoup, et particulièrement encore dans Côte-des-neiges."

Moi aussi, je trouve cela offensant et méprisant qu’on (incluant M. Bouchard) s’en soit toujours pris, dans toute cette histoire d’accommodements et de soi-disant repli identitaire, d’abord et avant tout aux Canadiens français du Québec, que l’on a accablés, de toutes parts, des pires maux et des pires mots de la terre. Et si nous protestions, gare à nous ! — Quant aux membres des communautés culturelles qui pouvaient dire, sur nous, des choses grossières, silence, écoute attentive, pour ne pas dire complaisante... — A y regarder de près, avec le recul du temps, on s’aperçoit que le vrai bouc émissaire de toute l’histoire des accommodements, ce fut le peuple québécois de souche française !

A Mme Malouin, Bouchard a répondu : "A Québec, je résumais les interventions qui avaient été faites durant le forum. Je n’émettais aucun jugement." - Mouais ! Je n’y étais pas, ce soir-là, mais il est fort possible que certains résumés soient PARTIELS et, en eux-mêmes, porteurs de jugements, de gros jugements... C’est ce que Mme Malouin a eu l’audace de relever, et je lui en suis fort gré.

SUGGESTION DE SOUHAITS

"L’esprit de la souche"... Quelle curieuse expression, tout de même ! Et tellement rigolotte ! Alors, comme souhaits des Fêtes, cette année, échangeons-nous donc, à tous et à toutes, de quelque racine que nous soyons, un...

TRÈS JOYEUX ESPRIT DE LA SOUCHE !!!!!


L’intervention de Diane Malouin - Cliquer sur la troisième partie de l’émission spéciale. De 19:07 à 22:02. La mise au point de Bouchard suit immédiatement.
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Vos commentaires:
  • Vous avez dit... "l’esprit de la souche" ?
    28 décembre 2007, par Joachim Lambert

    FRANKOIS UN AUTHENTIQUE ETHNONYME POUR LES « QUÉBÉCOIS - FRANCOPHONES - DE - SOUCHE - FRANÇAISE »

    Dans un article sur le problème identitaire québécois, l’ex député de Borduas, monsieur Jean-Pierre Charbonneau, a déjà fait allusion avec justesse à la difficulté pour les Québécois de toutes les origines ethniques de s’identifier comme Québécois, et aux Québécois francophones de s’identifier comme … Québécois.

    Sans s’attarder trop longuement à l’histoire du Québec, il est connu que les colons français, nos ancêtres, se sont appelés Canadiens ; ceci en référence à la vallée du Saint-Laurent qui portait le nom de Kanata, Canada, et qui signifie « là où j’habite » en amérindien. C’est d’ailleurs peut-être pourquoi ils se surnommaient habitants.

    Sous le régime britannique, les colons anglais s’appelèrent Canadians et nous donnèrent le nom de French Canadians. Ce terme de Canadiens-Français perdura jusqu’au début des années soixante (1960) où nous adoptâmes alors le nom de Québécois pour affirmer notre spécificité culturelle française.


    UN ETHNONYME ÉQUIVOQUE

    Quand, par la suite les autres ethnies nous demandèrent qui elles étaient, nous leur avons répondu : « des Québécois aussi ! » En répondant à nos concitoyens des autres origines ethniques que la nôtre qu’ils étaient eux aussi Québécois, « les Québécois-Canadiens-Français ont tout à la fois fait preuve de leur volonté d’ouverture et se sont créé un problème identitaire au plan de leur appartenance ethnoculturelle », écrivait monsieur Charbonneau ; et ceci afin de ne pas tenir un langage d’exclusion et de ne pas être considérés comme racistes.

    Malgré notre bonne volonté, notre effort fut cependant vain parce que, selon monsieur Giuseppe Sciortino membre du Conseil exécutif national du Parti québécois en 1996, pour les Québécois allophones, le terme Québécois demeure pour eux un mot que les francophones du Québec se sont appropriés seulement pour eux-mêmes, et ceci à l’exclusion des autres ; même si cela peut ne pas être vrai, telle est malheureusement la perception, dit-il.

    Pour Jean-Pierre Charbonneau, le problème se complexifie encore davantage lorsque les souverainistes parlent des Québécois dans le sens des Canadiens-Français et, aussi, dans le sens de tous les citoyens du Québec. De plus, entre aussi en ligne de compte l’autre identité : la canadienne. Nous nous retrouvons donc en plein chevauchement, non pas administratif, mais linguistique et identitaire !

    Devant autant d’ambiguïtés, les Québécois-Canadiens-Français sont alors devenus des Québécois francophones. « Puis, comme ce terme, n’était pas exact puisqu’il y avait des francophones d’autres origines comme les Haïtiens par exemple, ils sont devenus des Québécois-de-souche », nous dit l’ex député de Borduas.

    Dans son autobiographie À visage découvert, Lucien Bouchard écrit : « Que je le veuille ou non, l’histoire m’a fait Québécois-de-souche. Par le temps qui court, il faudrait presque s’en excuser ». Cela n’est-il pas vrai ? Mais pourquoi devrions-nous nous excuser de ce que nous sommes ? À moins que nous ne sachions pas encore qui nous sommes vraiment ? Vous conviendrez que dans un tel contexte, il devient beaucoup plus difficile pour nos concitoyens des autres ethnies de nous respecter comme ethnie.

    Déjà, en 1988, Jacques Godbout posait la question : « Qu’est-ce qu’un Québécois ? » ; ainsi que Lysiane Gagnon qui se demandait : « Dites-moi, quel est le nom au juste du peuple que l’on célèbre le 24 juin ? » : Québécois ? Canadiens français ? Canadiens-Français avec un trait d’union ? Québécois francophone ? Franco-Québécois ? Québécois de langue française de vieille souche ? ».

    Madame Gagnon terminait son article par ces mots : « D’où venons-nous ? De Nouvelle-France. Où allons-nous ? Dans toutes les directions, c’est-à-dire nulle part. Qui sommes-nous ? Comment savoir ? Ce qui n’est pas nommé existe-t-il ? » Pour Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur, les nations ont avant tout besoin de reconnaissance : « Ce n’est pas seulement un besoin, c’est indispensable. Si vous n’avez pas la reconnaissance formelle de la dignité personnelle, vous n’avez pas d’identité. Le regard d’autrui a une fonction sociale, une fonction d’accouchement de l’être. Donc, l’idée d’accéder à la dignité par une reconnaissance me semble une évidence très forte ».


    UNE NATION DOIT AVOIR UN NOM

    Pour sortir définitivement de cette situation inconfortable et pour le moins gênante, n’est pas approprié d’avoir un nom qui puisse nous appartenir vraiment sans ambiguïté ?

    Si les habitants du Québec sont des Québécois, sans égard à leur origine raciale, ethnique, religieuse ou linguistique, quel nom doivent porter les Québécois-francophones-de-souche-française pour consolider leur identité et s’affirmer en tant que tel ? Car vous conviendrez que le mot Québécois est beaucoup plus un gentilé qu’un ethnonyme.

    Rappelons que le gentilé est la dénomination des habitants par rapport au lieu où ils résident : pays, région, ville, quartier. Québécois est donc le gentilé des habitants de la province de Québec et de la ville de Québec. Alors que l’ethnonyme est un nom ethnique, c’est-à-dire relatif à un groupement humain qui possède une structure familiale, économique et sociale homogène et dont l’unité repose sur une communauté de langue, de culture et de territoire : la nation organique.

    Considérant que le Québec est un territoire d’immigrants, le mot Québécois est aujourd’hui devenu insuffisant pour rendre compte de la véritable identité des Canadiens français du Québec.

    En effet, cette nation qui est la nation autochtone française du Québec peut-elle avoir pour nom Québécois-francophones-de-souche-française ? ou souchien ou Québécois-pure-laine-tricoté-serré ? ou, selon Marco Micone, francophones de vieil établissement ? ou, selon le sociologue Gérard Bouchard, Québécois francophones d’ascendance ? ou encore selon Gérard Pelletier, Québécois-du-cru ? ou encore Québécois d’origine franco-canadienne ? Bref, en résumé, notre nation ethnique peut-elle s’appeler : Ex – Canadiens – Français – Québécois- Franco – Canadiens – Québécois – de – souche – et – de – naissance – français - d’origine – pure – laine – tricotés - serrés ?

    N’est-il pas aberrant qu’une nation qui aspire à devenir souveraine n’ait pas encore de nom ? et devienne toute confuse et mal à l’aise lorsqu’il s’agit pour elle de se nommer ? Pouvons-nous exiger des immigrants qu’ils fassent ce que nous ne faisons pas nous-mêmes : respecter notre identité ?

    Si un beau nom constitue chez l’homme et la femme le joyau de leur âme, comme le dit Shakespeare dans Othello, ainsi en est-il pour la nation. Goethe a écrit dans Poésie et vérité que le nom propre d’un être humain est un vêtement parfaitement ajusté, comme une peau dont il est recouvert et qui fait corps avec lui : cela est vrai aussi pour une nation. Actuellement, le moins que l’on puisse dire, c’est que notre vêtement identitaire est loin d’être encore ajusté.

    En conséquence, nous proposons que le nom de Frankois soit adopté par tous ceux qui se considèrent comme des Québécois-francophones-de-souche- française pour définir leur identité nationale et leur culture, la culture frankoise étant la forme nord-américaine de la tradition française.

    En français, le mot franc, issu du latin francus, est un emprunt au francique frank ou à l’allemand Franke qui signifie « libre », et qui est aussi le nom d’une peuplade germanique du Ve siècle qui occupa la Gaule romaine, soit les rives du Rhin et la partie maritime de la Belgique et de la Hollande.

    Avec les siècles, la Francia, le « pays des Francs », est devenu la France, le pays des Français qui formèrent la langue française.

    L’ethnonyme Frankois qui veut dire « homme libre », consacre à nos yeux toute la valeur historique, culturelle et linguistique d’une nation de femmes et d’hommes parvenus, en terre d’Amérique, à la maturité responsable et à l’identité véritable dans la dignité. Sans nom, nous le savons, il n’y a point d’identité. Nous sommes notre nom. Avec le nom Frankois, notre volonté nationale trouve un soutien, une aide et un ancrage à partir duquel, libéré enfin de nos complexes, nous pourrons complètement déployer nos ailes et donner le meilleur de nous-mêmes !

    Le peuple Québécois est donc composé des Amérindiens et des Inuits, les premières nations, de la nation frankoise majoritaire, c’est-à-dire, comme l’écrit monsieur Charbonneau, « les descendants des colons français et les gens d’ailleurs qui se sont intégrés plus ou moins anciennement à ce groupe humain particulier pour devenir des francophones d’ici », des Canadiens-Anglais et des individus de toutes les autres ethnies. Pour reprendre les termes de l’historien Bruno Deshaies dans sa définition de Québécois-Français, un Frankois « est un ancien Canadien dont ses origines sont françaises et qui persiste à demeurer non pas seulement un francophone, mais surtout un Québécois-Français, dont la langue vernaculaire est le français et ses racines sont le Québec et la Nouvelle-France dont il est issu. Il a façonné le Québec d’aujourd’hui selon ses propres valeurs et aussi ses propres forces et faiblesses » .

    Rien de tel pour sortir de la confusion que de bien nommer les choses, les individus et … les nations. Avec l’ethnonyme Frankois, les Québécois-francophones-de-racine-française récupèrent leur identité collective dans le respect des autres Québécois.



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