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CHRONIQUE DE LA CROQUEUSE DE MOTS (8)
Vous avez dit... "fédéraste" ?
A quand des Musulmans se traitant entre eux d’islamophobes, ou des chrétiens s’envoyant par la tête des "christianophobes" ??
Thérèse-Isabelle Saulnier
Chronique de Thérèse-Isabelle Saulnier
vendredi 23 novembre 2007      414 visites      5 messages


Ah ! Ça ! Décidément, dans les cuisines de ce gros hôtel où je me trouve, on ne chôme pas et l’esprif inventif des grands chefs est inépuisable ! Et constant ! Il déborde, même, et les clients s’affairant autour du buffet en ont plein la vue et sans répit ! Même pas le temps de goûter les mets qui sont déjà sur la table qu’en voici un tout nouveau ! Ce mets-là, il ressemble étrangement, d’apparence, à celui que le grand chef Charest nous avait concocté, sauf que ce qui avait tout l’air de gros vers grouillants dans le bouillon sont encore plus gros et dégoûtants dans celui-ci. Un plat co-signé Gagnon-Barberis. Lysiane et Robert de leurs prénoms.

Quand j’ai lu l’article de Lysiane Gagnon, "Un projet intéressant" (La Presse, 15 nov 07), je me suis dit : Que c’est BÊTE de s’attaquer mutuellement en se traitant de tous les noms, "en se criant des noms", selon la formule de notre Mario national, des noms jusqu’aux plus MÉPRISANTS ! - Et y en a-t-il un qui dépasse davantage la limite que ce "fédéraste" ? - Que c’est BÊTE de s’attaquer ainsi aux personnes et ce, jusque dans leur vie privée, au lieu de s’attaquer à leurs idées ! Quel CLIMAT MALSAIN à briser, en effet, comme le dit Lysiane Gagnon elle-même, que celui-là !

Dans ma liste des succulents traits de l’identité québécoise d’origine canadienne française, j’ai oublié de mentionner le pacifisme - qui est aussi sans doute propre aux Canadiens en général. Pacifistes, oui, mais pour le terrorisme verbal, nous sommes des champions ! Les champions de l’agressivité verbale !

Dans l’article de Lysiane Gagnon, ça m’a fait largement sourire de lire qu’un invité au lancement de "Reconquérir le Canada" aurait murmuré qu’ "on ose enfin marcher la tête haute", et que les fédéralistes "ont vite appris à se faire le plus discrets possibles, pour éviter d’être accablés d’insultes." - Mais.... - mais c’est exactement ce que nous avons tous et toutes vécu pendant près de 12 ans minimum !!! Or, tout le monde, maintenant, relève la tête ! Tout le monde, maintenant, s’affirme et formule ses frustrations, après des années de silence reclus ! (Et vive la Commission B-T !!)

Mais, par contre, le terrorisme verbal continue... Même Madame Gagnon, qui dénonce ce type d’agressivité, ne se gêne pas pour déprécier ses adversaires souverainistes et rester bien campée dans cette saleté verbale, en parlant de "nombrilisme", de "culture de la victimisation", de repli frileux "dans le giron des nounous du ’nous’ " (ah ! ce qu’elle est drôle, ce qu’elle est tordante à mourir de rire, Madame Gagnon, hein ?) et, cerise sur le sunday, des "traumatismes politico-linguistiques des baby-boomers" - sa propre génération !!! - et de "vision misérabiliste d’un peuple totalement écrasé par la conquête".

Notre Lysiane nationale en remet, alors qu’elle avait pourtant reconnu, suite aux virulentes critiques de son article "La langue de cheu nous", avoir sans doute fait une erreur en poussant le style de la dérision un peu loin... - Elle n’en sort pas, ni nous non plus.

Quand à Monsieur Robert Barberis, dans sa réplique à "Un projet intéressant", réplique qu’il intitule "Lysiane Gagnon, attachée de presse d’André Pratte", il en rajoute sur les vilains noms qu’on peut accoler aux fédéralistes, en plus de ceux que Lysiane Gagnon a déjà mentionnés... - Et vlan ! En pleine face, vous autres, les fédérastes traîtres à la patrie ! - Triste à mourir... Si, cite M. Barberis, "coeur féminin varie, bien fol qui s’y fie", on peut tout aussi bien remplacer, dans cette phrase, féminin par masculin et fol par folle !!!

Lysiane Gagnon n’aime pas "que les gens crient des noms aux fédéralistes" ? - Les souverainistes n’aiment pas cela davantage, ni personne d’ailleurs, et moi, je n’aime pas du tout cette attitude infantile débile et débilisante, que manifestent certains de nos intellectuels et politiciens, de quelque sexe qu’ils soient. Si "La Presse est en possession tranquille de la vérité libérale", d’autres le sont de la vérité souverainiste, ou conservatrice, ou autre. Kif-kif, M. Barberis ! Et n’oubliez surtout pas la remarque, fort pertinente, de Pierre JC Allard : "PQ et PLQ, les habitués du pouvoir, continuent à se détruire les uns les autres. Ils se traitent réciproquement de connards avec assez de véhémence pour convaincre la population qu’ils ont tous deux raison, sans la convaincre toutefois qu’ils sont, eux, une solution de rechange plus acceptable." - Et TAC !!

Lysiane et Robert... Deux parmi tant d’autres... C’est rendu qu’on ne peut exprimer un avis sans se faire traiter de xéno, de raciste, d’antisémite et d’islamophobe (bien mince échantillon que ces seuls quatre vilains mots), à la moindre critique, MÊME JUSTIFIÉE, que l’on peut faire d’un "eux", et même d’un "nous" quelconque. Le terrorisme verbal est toujours en nos demeures, et ce, jusqu’au centre même de la tête de la Commission B-T. Eh ! oui, ce Gérard Bouchard qui traite publiquement un intervenant d’antisémite, parce qu’il ose parler de l’expansion des produits kascher dans toutes les rangées de nos supermarchés et s’interroger sur leur coût pour la population en général... (En passant, le reportage de JE n’avait absolument rien d’antisémite, et tout de l’informatif.) Gérard Bouchard et Charles Taylor, qui perçoivent les Canadiens français comme des frileux, des peureux, des xénophobes repliés sur eux-mêmes et manquant d’ouverture, parce que ce peuple ose dire qu’il existe, lui aussi, que l’histoire du Québec, c’est surtout (mais non exclusivement) la sienne, et qu’il n’est pas prêt à tout tolérer... donc, peuple intolérant ! (Car dans le domaine de la tolérance/intolérance, on ne fait pas de quartiers, et encore moins dans la dentelle : c’est 0 ou 100 !)

Et, comble du comble, Françoise David en personne qui entre dans cette arène maudite ! Elle qui n’arrête pas de piocher sur la tête de Mario Dumont en reprenant, à la moindre occasion qui lui est donnée, le mot de Jean Charest : Mario Dumont "souffle sur les braises de l’intolérance"... - Et pourquoi ? Pour avoir simplement dit que si on voulait augmenter le nombre d’immigrants, il fallait avoir les moyens de les recevoir et de les intégrer, ce qui n’est pas le cas actuellement. - Xéno, notre Mario ! - Non mais, franchement, hein, Armande, comme dirait notre Clémence !

Mais si ce n’était que cela en ce qui la concerne... Madame David refuse de reconnaître l’existence d’un (ou de plusieurs) NOUS et d’un (ou de plusieurs) EUX. Elle en a marre, dit-elle, d’entendre ces mots qui, pourtant, nomment des groupes bien réels, en conflit parfois, mais plus souvent qu’autrement en harmonie, mais qu’elle nie carrément en parlant d’un immense "NOUS COLLECTIF" indistinct, à voir et à proclamer : un seul NOUS, et pas un seul EUX ! - Voilà le réel et l’idéal de Québec solidaire ! En dehors de cette vision, tout n’est qu’un "dangereux manichéisme", un "dangereux racolage démagogique", et de la pure et simple "ignorance xénophobe".

Françoise David est devenue la championne du déni et, depuis qu’elle est arrivée à la tête d’un parti politique, elle sombre dans les mêmes travers accusateurs de ses adversaires. Elle rejette aussi en bloc le projet Marois, en écorchant Pauline au passage (qui serait une opportuniste), même si, pourtant, elle trouve de bons points à ce projet et que, tout de même, avouons que c’est le rôle d’un parti politique que de se prononcer sur des questions brûlantes d’actualité ! - Et, parlant de Québec solidaire, savez-vous quelle est sa position sur la question des accommodements ? DÉNI, et encore DÉNI, vous allez voir ça quand ce parti présentera son mémoire à la Commission B-T : ce ne sont que des cas isolés qui ont été montés en épingle par des journalistes en mal de tirage, et par des politiciens opportunistes et démagogues, des vulgaires "populistes" qui ont ranimé la soi-disant flamme xénophobe qui brûle au sein de tout Québécois et Québécoise de souche... Québec solidaire n’est évidemment pas pour la burqa, m’a écrit Mme David, mais le dire sur la place publique, et oser regarder en face un problème réel, non, ça a bien l’air que ça ne se fait pas chez QS. - Eh bien moi, un tel parti, je ne veux surtout pas en être membre et je pense bien que ça ne prendra pas boutinette que je repasserai, d’ici une semaine ou deux, de QS au PQ !!!

Quant à M. Jacques Bergeron, dans son commentaire à M. Barberis, il dit de Lysiane Gagnon : "Cette personne pour qui le mot ’trahison’ semble coller à la peau, comme un gant à une main, depuis qu’elle a changé d’option politique" - Pas mieux, ça ! Comme si on ne pouvait pas changer d’idée ! Et comme si on ne pouvait pas changer de parti sans être un traître ! Que des Québécois décident, après réflexion, d’être souverainistes ou fédéralistes, et que des Néo-Québécois fassent de même, c’est leur préférence et leur droit le plus strict, comme d’évoluer dans une autre direction. L’unanimité n’existe pas et ce qui compte, dans les choix de société, c’est la force de conviction, l’argumentation, les preuves à apporter que notre option est la meilleure. Alors, pourquoi l’oubli total des rudimentaires cours de philo sur l’argumentation, rejetant le sophisme de l’attaque ad hominem, contre la personne, et cette guerre verbale qui se déroule en dessous de la ceinture, dans le bas-ventre où les déchets se ramassent pour être bientôt expulsés et rejoindre les égoûts de l’histoire ?

Le plus désolant, c’est que certaines minorités de minorités (ah ! mais combien et qui sont-elles ?) commencent à nous imiter dans cette guerre verbale, particulièrement depuis que la parole est donnée à la population pour tenter d’harmoniser les différences inter-culturelles. Ce n’est plus seulement entre "blancs-et-chrétiens", comme certaines personnes de ces quelques minorités de minorités nous appellent, qu’on s’insulte et se crie des noms comme des enfants. Des "moins-blancs-et-non-chrétiens" (tant qu’à être dans les étiquettes...) se sont mis de la partie et nous envoient à leur tour les gros mots de racisme, xénophobie, antisémitisme et islamophobie au premier "oui, mais..." formulé. Et vivent les généralisations hâtives du genre : "C’est toute la communauté musulmane qui est visée et stigmatisée", alors que, pourtant, n’est visé que l’intégrisme fondamentaliste religieux, dont nous - incluant les musulmans dits "modérés", - ne voulons pas. A quand des Musulmans se traitant entre eux d’islamophobes, ou des chrétiens s’envoyant par la tête des "christianophobes" ??

Mais quand va s’arrêter cette folie ? Et qui, surtout, l’arrêtera ? J’ose espérer que ce sera d’ici la fin du mois, quand la Commission B-T aura terminé sa tournée de consultation et que les Montréalais auront parlé. Comme je l’ai écrit ailleurs sur Vigile, dans un commentaire, je prévois que ceux et celles qui nous donneront l’heure juste, à propos de tolérance et d’intolérance, ce seront peut-être bien les Musulmans et Musulmanes d’ici !

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Vos commentaires:
  • Vous avez dit... "fédéraste" ?
    23 novembre 2007, par Gilles Bousquet

    100 % en accord avec vous Mme Saulnier. Si j’étais un sportif, je serais allé jusqu’à 110 %.

    Quand on insulte un de nos compatriotes, on s’insulte un peu en même temps. Celles et ceux qui veulent réaliser la souveraineté du Québec en pensant que 50 % de leurs compatriotes ne sont pas dignes de respect, n’ont pas bien pensé à leur affaire comme il faut. Même chose pour les fédéralistes impolis qui ne gagnerons rien ainsi.


  • On vocifèrerait moins si on pouvait se faire entendre
    23 novembre 2007, par Bernard Desgagné

    Je suis heureux qu’on nous rappelle parfois de nous calmer et de servir notre cause avec rigueur. Bravo, Madame Saulnier. Nous avons besoin de plumes et de têtes comme les vôtres.

    Étant personnellement d’un tempérament bouillant, je m’efforce de laisser décanter mes écrits, du moins ceux qui sont publics, pendant quelques jours, le temps d’en extirper les jurons et les insultes, qui ne servent évidemment pas mes idées. Je n’y arrive pas toujours aussi bien que je le voudrais, car la mauvaise foi a le don de me mettre hors de moi. Et il faut bien admettre qu’il y en a, de la mauvaise foi. De la manipulation aussi. Parlez-en à ceux qui, comme Louis Bernard, par exemple, qu’on ne saurait qualifier d’impulsif, se sont déjà vu refuser la parution d’un article dans La Presse simplement parce qu’ils démontraient clairement, et poliment, que M. Pratte avait complètement tort.

    Si je n’approuve pas toujours intérieurement le vocabulaire de mes camarades indépendantistes, je ne leur lance jamais la pierre en public, car je sais d’où vient leur rage. Je la ressens, moi aussi, lorsque je suis à l’écoute des grands médias québécois, qui semblent avoir le mensonge et les demi-vérités pour crédo. Le monopole de ces médias me semble expliquer en bonne partie les sautes d’humeur de mes camarades.

    Qu’on nous donne, à nous aussi, les indépendantistes, des tribunes pour que nos voix résonnent chaque jour partout, dans tout le Québec, et je suis à peu près certain que le ton va baisser d’un cran.


  • Vous avez dit... "fédéraste" ?
    24 novembre 2007, par Georges-Étienne Cartier

    SOURIONS UN PEU...

    J`ai utilisé récemment le mot " fédérastes" : en "Bien" ou peut être bien...en "Mal", je propose qu`on soit humble et laisse l`Être Suprême en décider...

    Mais "correctement" à coup sûr !

    À preuve ce que dit le Robert Historique de la Langue Française, p. 1461 de la désinence "-aste" : "Emprunté au grec...mot composé de ...et de "erastès","qui aime,amant". Ce dernier est dérivé de "eran","aimer d`amour, désirer" (>érotique)...".

    En cette époque du tout érotique, on ne va tout de même pas se mettre à discriminer en niant aux fédéralistes le droit fondamental de jouir de leur passion pour le KANADA...

    Par tolérance, il faut s`abstenir de les exclure du grand Nous des amateurs de jouissances.

    On jouit bien sûr comme on peut, mais pas de rejet, de grâce ! Ça serait répugnant...


  • Vous avez dit... "fédéraste" ?
    25 novembre 2007, par Raymond Poulin

    Voilà 22 ans, l’écrivain Milan Kundera avait popularisé un néologisme, oublié, de Rabelais : agélaste. L’agélaste, c’est celui qui ne rit pas, qui n’a pas le sens de l’humour ni du relatif, qui croit que la vérité est une et que tout le monde doit penser la même chose. Les doctrinaires, les fanatiques, les intégristes, les amants de la rectitude politique sont des agélastes. Par la suite, le mot est apparu au Robert, et malheureusement retourné dans les limbes depuis la dernière édition.

    Non seulement les fédéralistes forcenés, méprisants et butés sont, on le voit, des agélastes, mais ils peuvent parfaitement bien, sans qu’on soit injurieux à leur égard, comme en témoigne la désinence, être appelés fédérastes. Si l’on tient à tout prix à leur crier des noms, il faudrait sans doute y ajouter une épithète péjorative. "Ottawesque", par exemple, ferait sans doute l’affaire puisqu’il désigne géographiquement et symboliquement leur univers mental politique. Mais c’est très vilain de crier des noms.


  • Vous avez dit... "fédéraste" ?
    27 novembre 2007, par Jacques Bergeron
    Chère Madame, nous devons constater que vous aimez bien écrire. Faut-il encore, bien lire et ne pas sortir les mots de leur contexte lorsque vous écrivez.Si vous avez voulu me citer, il fallait le faire en reprenant le texte au complet et non pas en tirer les mots qu’il vous faisait plaisir d’écrire. Si par ailleurs, si vous avez voulu me « culpabiliser » par votre propos hors contexte, sachez que celles et ceux qui me connaissent savent que ce n’est pas un mal dont je souffre.Vous remarquerez, par ailleurs,que votre « serviteur », n’admire pas beaucoup les gens de votre qualité, qui par leurs textes se permettent de critiquer leurs allié-e-s.Alors, pour vos critiques mal-venues vous repasserez ; dans le pays de Jean Chrétien, que vous semblez bien connaître. Quant à moi, je continuerai à utiliser les mots qui conviendront à ma pensée et aux textes que j’écrirai sans me préoccuper de vos remarques désobligeantes, j’allais dire de m........ d’école,mais je ne l’ai pas dit.Veuillez ,je vous prie Madame, saluer pour moi, votre bonne amie Lysiane.

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