Ah ! Ça ! Décidément, dans les cuisines de ce gros
hôtel où je me trouve, on ne chôme pas et l’esprif
inventif des grands chefs est inépuisable ! Et constant ! Il
déborde, même, et les clients s’affairant autour du buffet
en ont plein la vue et sans répit ! Même pas le temps de
goûter les mets qui sont déjà sur la table qu’en
voici un tout nouveau ! Ce mets-là, il ressemble
étrangement, d’apparence, à celui que le grand chef
Charest nous avait concocté, sauf que ce qui avait tout l’air de
gros vers grouillants dans le bouillon sont encore plus gros et
dégoûtants dans celui-ci. Un plat co-signé
Gagnon-Barberis. Lysiane et Robert de leurs prénoms.
Quand j’ai lu l’article de Lysiane Gagnon, "Un
projet intéressant" (La Presse, 15 nov 07), je me suis dit :
Que c’est BÊTE de s’attaquer mutuellement en se traitant de tous
les noms, "en se criant des noms", selon la formule de notre Mario
national, des noms jusqu’aux plus MÉPRISANTS ! - Et y en a-t-il
un qui dépasse davantage la limite que ce
"fédéraste" ? - Que c’est BÊTE de s’attaquer ainsi
aux personnes et ce, jusque dans leur vie privée, au lieu de
s’attaquer à leurs idées ! Quel CLIMAT MALSAIN à
briser, en effet, comme le dit Lysiane Gagnon elle-même, que
celui-là !
Dans ma liste des succulents traits de
l’identité québécoise d’origine canadienne
française, j’ai oublié de mentionner le pacifisme - qui
est aussi sans doute propre aux Canadiens en général.
Pacifistes, oui, mais pour le terrorisme verbal, nous sommes des
champions ! Les champions de l’agressivité verbale !
Dans l’article de Lysiane Gagnon, ça m’a fait largement sourire
de
lire qu’un invité au lancement de "Reconquérir le Canada"
aurait murmuré qu’ "on ose enfin marcher la tête haute",
et que les fédéralistes "ont vite appris à se
faire le plus discrets possibles, pour éviter d’être
accablés d’insultes." - Mais.... - mais c’est exactement ce que
nous avons tous et toutes vécu pendant près de 12 ans
minimum !!! Or, tout le monde, maintenant, relève la tête !
Tout le monde, maintenant, s’affirme et formule ses frustrations,
après des années de
silence reclus ! (Et vive la Commission B-T !!)
Mais, par contre, le terrorisme verbal continue... Même Madame
Gagnon, qui dénonce ce type d’agressivité, ne se
gêne pas pour déprécier ses adversaires
souverainistes et rester bien campée dans cette saleté
verbale, en parlant de "nombrilisme", de "culture de la victimisation",
de repli frileux "dans le giron des nounous du ’nous’ " (ah ! ce qu’elle
est drôle, ce qu’elle est tordante à mourir de rire,
Madame
Gagnon, hein ?) et, cerise sur le sunday, des "traumatismes
politico-linguistiques des baby-boomers" - sa propre
génération !!! - et de "vision misérabiliste d’un
peuple totalement écrasé par la conquête".
Notre Lysiane nationale en remet, alors qu’elle avait pourtant reconnu,
suite aux virulentes critiques de son article "La
langue de cheu nous", avoir sans doute fait une erreur en
poussant le style de la dérision un peu loin... - Elle n’en sort
pas, ni nous non plus.
Quand à Monsieur Robert Barberis, dans sa réplique
à "Un projet intéressant", réplique qu’il intitule
"Lysiane
Gagnon, attachée de presse d’André Pratte", il
en rajoute sur les vilains noms qu’on peut accoler aux
fédéralistes, en plus de ceux que Lysiane Gagnon a
déjà mentionnés... - Et vlan ! En pleine face, vous
autres, les fédérastes traîtres à la patrie !
- Triste à mourir... Si, cite M. Barberis, "coeur féminin
varie, bien fol qui s’y fie", on peut tout aussi bien remplacer, dans
cette phrase, féminin par masculin et fol par folle !!!
Lysiane Gagnon n’aime pas "que les gens crient des noms aux
fédéralistes" ? - Les souverainistes n’aiment pas cela
davantage, ni personne d’ailleurs, et moi, je n’aime pas du tout cette
attitude infantile débile et débilisante, que manifestent
certains de nos intellectuels et politiciens, de quelque sexe qu’ils
soient. Si "La Presse est en possession tranquille de la
vérité libérale", d’autres le sont de la
vérité souverainiste, ou conservatrice, ou autre.
Kif-kif, M. Barberis ! Et n’oubliez
surtout pas la remarque, fort pertinente, de Pierre JC Allard :
"PQ et PLQ, les habitués du pouvoir, continuent à se
détruire les uns les autres. Ils se traitent
réciproquement de connards avec assez de véhémence
pour convaincre la population qu’ils ont tous deux raison, sans la
convaincre toutefois qu’ils sont, eux, une solution de rechange plus
acceptable." - Et TAC !!
Lysiane et Robert... Deux parmi tant d’autres... C’est rendu qu’on ne
peut exprimer un avis sans se faire traiter de xéno, de raciste,
d’antisémite et d’islamophobe (bien mince échantillon que
ces seuls quatre vilains mots), à la moindre critique,
MÊME JUSTIFIÉE, que l’on peut faire d’un "eux", et
même d’un "nous" quelconque. Le terrorisme verbal est toujours en
nos demeures, et ce, jusqu’au centre même de la tête de la
Commission B-T. Eh ! oui, ce Gérard Bouchard qui traite
publiquement un intervenant d’antisémite, parce qu’il ose parler
de l’expansion des produits kascher dans toutes les rangées de
nos supermarchés et s’interroger sur leur coût pour la
population en général... (En passant, le reportage de JE
n’avait absolument rien d’antisémite, et tout de l’informatif.)
Gérard Bouchard et Charles Taylor, qui perçoivent les
Canadiens français comme des frileux, des peureux, des
xénophobes repliés sur eux-mêmes et manquant
d’ouverture, parce que ce peuple ose dire qu’il existe, lui aussi, que
l’histoire du Québec, c’est surtout (mais non exclusivement) la
sienne, et qu’il n’est pas prêt à tout tolérer...
donc, peuple intolérant ! (Car dans le domaine de la
tolérance/intolérance, on ne fait pas de quartiers, et
encore moins dans la dentelle : c’est 0 ou 100 !)
Et, comble du comble, Françoise David en personne qui entre dans
cette arène maudite ! Elle qui n’arrête pas de piocher sur
la tête de Mario Dumont en reprenant, à la moindre
occasion qui lui est donnée, le mot de Jean Charest : Mario
Dumont "souffle sur les braises de l’intolérance"... - Et
pourquoi ? Pour avoir simplement dit que si on voulait augmenter le
nombre d’immigrants, il fallait avoir les moyens de les recevoir et de
les intégrer, ce qui n’est pas le cas actuellement. -
Xéno, notre Mario ! - Non mais, franchement, hein, Armande, comme
dirait notre Clémence !
Mais si ce n’était que cela en ce qui la concerne... Madame
David refuse de reconnaître l’existence d’un (ou de plusieurs)
NOUS et d’un (ou de plusieurs) EUX. Elle en a marre, dit-elle,
d’entendre ces mots qui, pourtant, nomment des groupes bien
réels, en conflit parfois, mais plus souvent qu’autrement en
harmonie, mais qu’elle nie carrément en parlant d’un immense
"NOUS COLLECTIF" indistinct, à voir et à proclamer : un
seul NOUS, et pas un seul EUX ! - Voilà le réel et
l’idéal de Québec solidaire ! En dehors de cette vision,
tout n’est qu’un "dangereux manichéisme", un "dangereux racolage
démagogique", et de la pure et simple "ignorance xénophobe".
Françoise David est devenue la championne du déni et,
depuis qu’elle est arrivée à la tête d’un parti
politique, elle sombre dans les mêmes travers accusateurs de ses
adversaires. Elle rejette aussi en bloc le projet Marois, en
écorchant Pauline au passage (qui serait une opportuniste),
même si, pourtant, elle trouve de bons points à ce projet
et que, tout de même, avouons que c’est le rôle d’un parti
politique que de se prononcer sur des questions brûlantes
d’actualité ! - Et, parlant de Québec solidaire,
savez-vous quelle est sa position sur la question des accommodements ?
DÉNI, et encore DÉNI, vous allez voir ça quand ce
parti présentera son mémoire à la Commission B-T :
ce ne sont que des cas isolés qui ont été
montés en épingle par des journalistes en mal de tirage,
et par des politiciens opportunistes et démagogues, des
vulgaires "populistes" qui ont ranimé la soi-disant flamme
xénophobe qui brûle au sein de tout
Québécois et Québécoise de souche...
Québec solidaire n’est évidemment pas pour la burqa, m’a
écrit Mme David, mais le dire sur la place publique,
et oser regarder en face un problème réel, non, ça
a bien l’air que ça ne se fait pas chez QS. - Eh bien moi, un
tel parti, je ne veux surtout pas en être membre et je pense bien
que ça ne prendra pas boutinette que je repasserai, d’ici une
semaine ou deux, de QS au PQ !!!
Quant à M. Jacques Bergeron, dans son
commentaire à M. Barberis, il dit de Lysiane Gagnon : "Cette
personne pour qui le mot ’trahison’ semble coller à la peau,
comme un gant à une main, depuis qu’elle a changé
d’option politique" - Pas mieux, ça ! Comme si on ne pouvait pas
changer d’idée ! Et comme si on ne pouvait pas changer de parti
sans être un traître ! Que des Québécois
décident,
après réflexion, d’être souverainistes ou
fédéralistes, et que des
Néo-Québécois fassent de même, c’est leur
préférence et leur droit le plus strict, comme
d’évoluer dans une autre direction. L’unanimité n’existe
pas et ce qui compte, dans les choix de société, c’est la
force de conviction, l’argumentation, les preuves à apporter que
notre option est la meilleure. Alors, pourquoi l’oubli total des
rudimentaires cours de philo sur l’argumentation, rejetant le sophisme
de l’attaque ad hominem,
contre la personne, et cette guerre verbale
qui se déroule en dessous de la ceinture, dans le bas-ventre
où les déchets se ramassent pour être bientôt
expulsés et rejoindre les égoûts de
l’histoire ?
Le plus désolant, c’est que certaines minorités de
minorités (ah ! mais combien et qui sont-elles ?) commencent
à nous imiter dans cette guerre verbale, particulièrement
depuis que la parole est donnée à la population pour
tenter d’harmoniser les différences inter-culturelles. Ce n’est
plus seulement entre "blancs-et-chrétiens", comme certaines
personnes de ces quelques minorités de minorités nous
appellent, qu’on s’insulte et se crie des noms comme des enfants. Des
"moins-blancs-et-non-chrétiens" (tant qu’à être
dans les étiquettes...) se sont mis de la partie et nous
envoient à leur tour les gros mots de racisme,
xénophobie, antisémitisme
et islamophobie au premier "oui, mais..." formulé. Et vivent les
généralisations hâtives du genre : "C’est toute la
communauté musulmane qui est visée et
stigmatisée", alors que, pourtant, n’est visé que
l’intégrisme fondamentaliste religieux, dont nous - incluant les
musulmans dits "modérés", - ne voulons pas. A quand des
Musulmans se traitant entre eux d’islamophobes, ou des chrétiens
s’envoyant par la tête des "christianophobes" ??
Mais quand va s’arrêter cette folie ? Et qui, surtout,
l’arrêtera ? J’ose espérer que ce sera d’ici la fin du
mois, quand la Commission B-T aura terminé sa tournée de
consultation et que les Montréalais auront parlé. Comme
je l’ai écrit ailleurs sur Vigile, dans un
commentaire, je prévois que ceux et celles qui nous
donneront l’heure juste, à propos de tolérance et
d’intolérance, ce seront peut-être bien les Musulmans et
Musulmanes d’ici !

