Vigile.net
« Politiquement, c’est un affront à la dignité du peuple québécois de se faire imposer la loi fondamentale du pays. » - Bourassa, Robert (1933-1996) Premier ministre du Québec
             
Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
Financement 2008
 16286$  81%  
Objectif : 20000$
Voulez-vous que le Québec soit un pays indépendant ? Oui ou non.
David Poulin-Litvak
Tribune libre de Vigile
samedi 13 octobre 2007      245 visites      3 messages


Voulez-vous que le Québec soit un pays indépendant ? Oui ou non.

Voilà la question qui devrait être posée aux Québécois lors d’un éventuel référendum sur l’indépendance du Québec. Il ne convient pas d’utiliser le terme « souveraineté », car la souveraineté appartient au peuple, et il ne convient pas d’utiliser la formule « acceptez-vous », car il n’est pas question d’acceptation, mais de la volonté du peuple souverain.

La souveraineté n’appartient pas à l’État, mais en démocratie, au peuple. Le Québec, ou plutôt, les Québécois, sont donc déjà souverains, et ils ont manifesté cette souveraineté en décidant de rester dans la fédération canadienne au dernier référendum de 1995. La question à l’ordre du jour est de savoir si le peuple veut que l’État du Québec soit un État indépendant, politiquement, et donc si les Québécois veulent que le Québec soit un pays indépendant.

De plus, ce qui constitue un argument péremptoire, il est nécessaire de dissocier l’indépendantisme du souverainisme, le souverainisme dans la psyché québécoise étant indissoluble du Parti québécois. L’indépendantisme, pour sa part, affirme que l’indépendance nationale n’est et ne peut pas être dépendante d’une conditionnalité de partenariat ou d’association avec le Canada.

Autrement dit, il n’est pas exclu a priori de négocier une entente quelconque avec le reste du Canada, ce sera en fait nécessaire, puisque nous sommes voisins, des deux côtés, mais l’existence de cette entente, quelle qu’elle soit, ne constitue pas un pré-requis à l’indépendance nationale. C’est une question à régler après la Déclaration d’indépendance du Québec.

Certains suggèrent d’utiliser la formulation « Acceptez-vous que ... », mais ce qu’il faut plutôt utiliser comme formule interrogative dans la question référendaire, c’est plus clairement « Voulez-vous que », car c’est bien de la volonté du peuple qu’il s’agit, et non son seul consentement à des projets tricotés par des élites qui se prennent pour le peuple. Le peuple n’a pas à accepter d’être indépendant, il doit le vouloir, et sa volonté, en démocratie, est souveraine.

David Litvak

NB Ce sujet a aussi été discuté dans les commentaires de l’article suivant La-trilogie-de-Pauline-Marois.

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

Suggérer cet article par courriel


Vos commentaires:
  • Voulez-vous que le Québec soit un pays indépendant ? Oui ou non.
    14 octobre 2007, par Daniel Sénéchal

    Monsieur Litvak,

    Le PQ est un éteignoir des énergies indépendantistes.

    J’ai une proposition plus limpide et par la même, plus simple. Votez pour le parti indépendantiste, le PI, et vous votez pour le pays.

    Pas de référendums ou de cages à homard étapistes à la Claude Morin.

    Une majorité de députés indépendantistes proclameraient, dès leur élection, l’indépendance du Québec.

    À un moment donné, il faut arrêter de tourner en rond avec les formules creuses du PQ, il faut cesser de répéter le message de leurs aparatchicks qui ne sert pas du tout notre cause.

    Monsieur Litvak, il faut être conséquent avec son orientation politique et revoir sa vision du PQ, ce parti qui voit la souveraineté comme un rêve lointain ou un projet qu’on relègue à la sphère ludique. Un parti qui est prêt à faire deux ou trois mandats sans même en faire la promotion, c’est pas du tout souverainiste ça.

    Le PQ a perdu beaucoup de membres au profit de l’ADQ et de Québec-Solidaire. Le PI commence déjà à ratisser chez les indépendantistes déçus qui auraient été séduits par QS. Pour ce qui en est de ceux qui sont attirés par l’ADQ, ce n’est qu’une question de temps.

    Fini les carriéristes de la souveraineté.

    Vive Le PI.

    Daniel Sénéchal Montréal


  • Voulez-vous que le Québec soit un pays indépendant ? Oui ou non.
    14 octobre 2007, par David Litvak

    Cher M. Sénéchal,

    Merci pour votre commentaire, et votre invitation. Je suis d’accord avec vous sur le PQ, je dis personnellement que c’est un parti de surfers, qui fait du surf sur la vague indépendantiste au Québec.

    Cependant, sur le processus formel pour concrétiser l’indépendance, je me permets de proposer une solution alternative, que je présente, sommairement, dans le texte suivant :

    L’indépendance par voie délibérative

    http://www.pressegauche.org/spip.php ?article842

    Ceci dit, je suis contre un référendum à l’initiative du gouvernement. Ce n’est donc pas de quoi il s’agit lorsque je propose un référendum. La voie délibérative me semble particulièrement intéressante pour réveiller la fibre indépendantiste en provoquant un large débat sociétal au Québec sur la question.

    Cette option me semblerait du moins intéressante à étudier, mais je ne suis pas sûr que le PI soit prêt à tenir un débat réel sur le mode formel d’accession à l’indépendance. La position des fondateurs semble assez claire : l’élection référendaire.

    Cette option, quoique je ne me gêne pas de la critiquer fortement, a l’avantage de l’efficacité, mais je crains franchement une guerre de légitimité. Il ne faut pas donner des armes aux fédéralistes pour qu’ils sèment le trouble en attaquant la légitimité du processus.

    Il y a cependant deux points que je ne mentionne pas dans l’article susmentionné. Le premier est que si le pourcentage de voix pour l’indépendance aux élections dépasse sensiblement le 50%, disons, 52 ou 53%, idéalement 55%, eh bien, statistiquement, les chances sont que les abstentionnistes, habituellement quelques 20-30% des votants, n’auraient pas fait pencher la balance de l’autre coté.

    Le second est que le référendum de 1995 a été volé, et donc que l’on pourrait être tenté de justifier le voie accélérée de l’élection référendaire par le principe d’oeil pour oeil et dent pour dent. Je dis que l’on POURRAIT être tenté, sans dire que je tombe dans cette tentation, pour l’instant, du moins. La raison est que je crois que la voie délibérative serait, en fait, plus prometteuse, stratégiquement parlant. Elle pourrait augmenter les niveaux d’appuis à l’indépendance, et jouirait d’une légitimité incontestable.

    Remarquez que je ne suis pas bucké, mais bien prêt à en discuter, s’il y a toujours place au débat au sein de ce parti. (Malheureusement, ce devra être par voie électronique, car je ne réside pas ces temps-ci au Québec.)

    Peut-être un forum sur Vigile des grandes questions indépendantistes serait-il opportun ? Celle-ci me semble quand même être parmi les plus importantes. Je défendrai la position de l’article susmentionné, sachant que je pars de loin, personne, à ma connaissance ne défend cette position, car elle relève de processus politique très moderne, la démocratie délibérative. Néanmoins, je crois que cela puisse contribuer positivement au débat. Pourquoi ne pas mettre tout sur la table :

    - Référendum à l’initiative du gouvernement (PQ)
    - Élection référendaire (PI, MES, RIQ)
    - Constituante élue (QS)
    - Initiative populaire (J-H Guay, ADQ dans le passé)
    - Assemblée citoyenne (D. Litvak)

    Bien cordialement,

    David Litvak


  • Voulez-vous que le Québec soit un pays indépendant ? Oui ou non.
    15 octobre 2007, par Christian Pelletier

    Sans vouloir faire du "oeil pour oeil, dent pour dent" avec l’épisode du référendum de 1995, je n’ai plus confiance en la voie référendaire, tout simplement.

    Si en 1995 nous pouvions espérer gagner à 51%, probablement cela serait arrivé si on aurait pas été volé, en 2007 ce chiffre me parait très très improbable à atteindre puisque plein d’immigrants sont arrivés depuis, juste pour les 4 prochaines années, charest parlent d’en faire entrer 220 000 de plus, soit 55 000 par année, ce qui représente 3% de la population du Québec. Dans les 12 dernières, je n’ai aucune idée du nombre d’immigrants qui sont entrés au Québec mais cela s’ajoute à mon calcul.

    En 2007, la meilleure et probablement la seule voie qui reste pour faire l’indépendance est la voie électorale, ce que propose le PI.

    Il faut se poser la question si on veut faire l’indépendance ou faire un référendum......

    Puisque de toute façon un référendum ne serait pas reconnu, chrétien vient de nous le prouver, battons-nous à la place avec un gouv. indépendantiste majoritaire pour nous faire reconnaitre par la communauté internationale au lieu de nous battre contre le gouv. canadian.

    Tant qu’à mettre de l’énergie quelque part, mettons-la à la bonne place.




Premier colloque annuel

L’Institut de recherche sur le français en Amérique tiendra son premier colloque le 28 novembre prochain


No 274 - 2008

  • Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
    Joignez-vous aux Amis de Vigile.
  • Objectif 2008: 20000$
     16286$  81%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    28/11 Jean-Pierre Papineau : 100$
    23/11 Christian Montmarquette : 30$
    22/11 Noëlla Bélanger : 25$
    22/11 José Fontaine : 100$
    22/11 Pierre Fortier : 100$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net