À la recherche d’une hampe pour accrocher plus sûrement le fleurdelisé
dérobé l’an dernier, je me retrouve chez un important
fabricant-distributeur de drapeaux en périphérie de Québec.
Ferrure, hampe appropriée… Vient le tour du drapeau. Le classique « quatre par six » est sûrement trop grand pour une résidence… Disons un « deux par trois », ou « 24x36 », puisqu’on parle en pouces ?
Voici un « 27x54 », un « 36x72 »…
— « Est-ce que le drapeau du Québec n’est pas normalement 50 % plus long que haut ? »
— « .... Il faut s’adapter aux dimensions des autres pays. »
S’adapter ? Les proportions du drapeau font maintenant l’objet d’accommodements ! Mais accommoder qui, à part la machinerie ?
Les proportions du drapeau du Canada sont de deux longueurs sur une largeur (deux fois plus long que haut, ou d’un rapport 1:2). Mais la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec (L.R.Q., chapitre D-12.1) est formelle : « La largeur et la longueur du drapeau sont de proportion de deux sur trois. » Et ce n’est rien d’exceptionnel. Pourtant, on fabrique et on vend des drapeaux qui ne respectent pas ce rapport 2:3, « pour répondre à des demandes venant même de certains organismes publics », m’avait répondu un fabricant il y a plusieurs années… Est-ce encore le cas ?
Sceptique et presque confondu, en attendant de me trouver un fleudelisé légal, je suis parti avec celui qui correspondait le plus à mes besoins, un « 27x54 » que je pourrai toujours exhiber comme rareté, ou espèce disparue, quand le gouvernement décidera de faire appliquer la loi qui définit ses propres symboles d’identité.
Gaston Deschênes
(abrégé d’un texte paru sur mon blogue)
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

