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Bonjour M. Boivin,
Merci tout d’abord pour votre commentaire, on avance par le débat.
Quand je dis que l’indépendance est un geste de “jeunes adultes”, je me fonde sur deux choses :
La première est le constat sociologique, des Gagné et Langlois (repris par Clain) de l’UL sur le “groupe porteur”. Ce groupe porteur, c’est le fer de lance du mouvement d’émancipation nationale, c’est le groupe au sein duquel l’appui est critique. C’est celui qui, en fait, fait ou défait l’indépendance. Ce groupe porteur est défini par ces chercheurs comme suit : « un groupement très large de personnes appartenant à la classe moyenne francophone active sur le marché du travail et formée de jeunes et de personnes d’âge médian » (je recommande fortement la lecture de ce texte pour comprendre la suite de mes propos).
La seconde est une réflexion plus subtile, psychologique. Les jeunes adultes sont, à ce moment de leur vie, en train d’expérimenter, de vivre leur propre indépendance. Ils rêvent d’avenir ou construisent l’avenir. Il serait, à ce propos, utile de distinguer, à mon sens, entre la génération montante (+/- 15-30) et celle qui est à l’apogée de sa puissance sociétale ( ± 30-55). Il me semble donc logique qu’ils soient, ainsi, les porteurs naturels de l’indépendance, psychologiquement.
Après tout, la génération du baby-boom n’est pas devenue souverainiste à 55 ans +, mais l’est devenue à ± 20-40 ans. Heureusement, comme vous le notez, cette génération, celle de la souveraineté, est restée souverainiste. Vos commentaires, et ceux des autres commentateurs, en témoignent. En un sens, ça me rassure, mais permettons-nous tout de même quelques observations supplémentaires.
S’il est vrai que la génération du baby-boom, comme je le dis parfois, a fait sa job, accompli son travail historique, il faut néanmoins constater que cela a été insuffisant pour réaliser l’indépendance du Québec. En effet, si on peut féliciter les baby-boomers de ne pas avoir sombré dans le défaitisme, d’être restés souverainistes (1), il faut aussi croire que les bb fédéralistes, eux, sont restés de même.
Cela voudrait dire, grosso modo, que le choix d’une génération se maintient toute sa vie. Si c’est le cas, il est presque inutile de chercher à convaincre les baby-boomers, les décidés, puisque, justement, ils semblent avoir décidé. Les immigrants, eux, du fait de la réalité du pouvoir néo-colonial, ne seront évidemment pas le fer de lance de l’indépendance. Qui reste-t-il ? La jeune génération, montante, encore indécise.
Si, réalistement, on veut augmenter les appuis à l’indépendance, c’est donc là le point critique, c’est là où l’on doit frapper. Ce que je dis finalement, c’est que cette génération post-baby-boom, en quelque sorte, doit parvenir à s’exprimer politiquement. Je n’ai pas l’impression que ce soit le cas, présentement, au Québec. Mais je crois qu’elle, aspire, elle aussi, légitimement à la parole, à l’être politique.
Quelle est la différence majeure de cette génération ? La différence la plus importante, c’est que cette génération, née dans la Révolution tranquille, est acculturée à ses références, qui sont marquées par l’apparition, le déploiement, et maintenant, la mort, de la phase souverainiste du mouvement d’indépendantisation nationale québécoise.
Il serait donc faux, comme le suggère M. Poulin, que je suis un jeune ingrat. J’interprète sans nuance ses propos, mais je n’ai jamais dit que cette génération n’a rien fait, je dis simplement que cela ne suffit pas. Il faut plutôt admettre que la phase souverainiste, considérant les circonstances, a beaucoup fait, a bien servi le Québec, mais aujourd’hui, c’est fini : il y a un recul.
Cela vient du fait que les indépendantistes, les premiers, avaient raison, mais que l’esprit québécois ne pouvait pas, instinctivement, adhérer à sa radicalité. Les traits d’unionistes, la plupart des transfuges libéraux, ont donc pris les commandes du PQ. Aujourd’hui, un autre transfuge, Mario Dumont, menace aussi de prendre le contrôle, mais il échouera.
Il deviendra peut-être la force d’opposition, ce qui me plairait, mais il ne saura jamais réduire les indépendantistes du Québec à des autonomistes. L’idéal, en fait, serait la fin de l’ère fédéraliste-souverainiste, et le début de la phase autonomiste-indépendantiste. En revanche, il est probable que ces quatre tendances se chevauchent un temps.
Le fédéralisme, en effet, se fondant sur le bloc anglais du Québec, ne peut jamais totalement disparaître, à court terme, et le souverainisme, idéologie nationale de la génération du baby-boom, lui, ne s’éteindra pas d’un coup. Il est possible que l’actuel mode de scrutin aide cette disparition, mais il est aussi possible qu’une réforme de scrutin aide l’émergence d’un pôle indépendantiste.
Il y a donc, et c’est un projet à long terme, la nécessité de construire un pôle indépendantiste, politiquement conséquent. Étant un projet de long terme, je me souviendrai, mais ne peut, dans ma position, compter sur la génération du baby-boom. En effet, c’est ma responsabilité, en tant que membre du post-baby-boom, de construire ce projet.
Il faut aussi dire que le monde est bien différent du monde des années 60-80. La préoccupation écologique, la mondialisation, etc., font qu’une réflexion nouvelle est nécessaire. Le cas québécois, comme je crois l’avoir démontré, requiert aussi une nouvelle pensée. Ma génération ne fera donc pas l’indépendance toute seule, isolée, mais elle sera, c’est mon ambition, le fer de lance de l’indépendance du Québec.
Elle sera sans doute un peu ingrate, comme la génération du baby-boom avec ses propres pères (2), mais, comme le dit le Coran : « Suivrez-vous les voies égarées de vos pères ? » Ma réponse, c’est non, je ne suis pas souverainiste, je suis indépendantiste. Je me permets néanmoins de noter que je ne pourrais pas avoir compris cela de manière si claire sans, par exemple, les textes de M. Turcotte.
Bolívar avait trente ans,
Lorsqu’il est rentré à Caracas,
Victorieux,
Jésus avait trente ans,
Lorsqu’il est rentré à Jérusalem,
Victorieux,
Muhammad en avait quarante,
Lorsque le Coran,
S’est dévoilé,
Et la Pucelle avait vingt ans,
Lorsqu’elle a remis ses habits,
Ceux de la virginité éternelle,
Jeunesse de mon pays,
Entends ma voix :
Lève-toi !
Tu es le rêve de tes pères,
L’espérance de leur combat,
Lève-toi et sois !
David Poulin-Litvak
(1) Notons que ces constats d’études datent d’avant le ressac autonomiste, à un moment où l’appui à la souveraineté était des plus forts.
(2) J’apprécie aussi vos textes, M. Poulin. Mais disons que je trouve ça un peu comique, en un sens, de me faire dire par une génération qui place ses pères dans la Grande Noirceur, que je blâme la génération du passé des maux du présent... hahaha. Il faut plutôt y voir un cycle, comme vous êtes passés de la Grande Noirceur autonomiste à la Révolution tranquille souverainiste, mon ambition, pour ma génération, c’est de passer de là à la Révolution québécoise indépendantiste.
Notes :
Je me permets ici quelques nuances sur le propos de mon texte précédent.
La première est que je suis parfois, souvent, polémiste, et l’art de la polémique, ce n’est pas celui des nuances, mais des oppositions.
La deuxième est que j’ai confié le soin à M. Frappier de choisir un titre pour ce texte, mais il semble, lui aussi, avoir des tendances polémistes, soutirant la phrase la plus polémique du texte pour en faire le titre... hahaha.
Sur le fond, et en réponse aux critiques, cependant, il faut donc noter que, dans une société où la pyramide des âges a été remplacée par un rectangle debout, il est impossible d’imaginer une élite sociétale générationnellement homogène. La discrimination proposée sur le fondement générationnel, donc, ne peut être absolue. Soit que cette élite générationnelle soit elle-même centrale, mais relative, ou, si elle a un esprit de corps plus grand, plus distinguée, qu’elle soit déterminante, mais alliée avec l’autre, celle du baby-boom (cela dépend bien sûr du moment de son activité politique).
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Bien joué, M. Poulin-Litvak !
Votre note 2 — Je me suis moqué, dans deux articles, de tout le plat qu’on a fait de la censée Grande Noirceur ; ce n’était certes pas le Pérou, mais pas davantage l’Union soviétique.
En lisant votre dernier paragraphe, votre justification laborieuse me rappelle un peu la casuistique jésuite... Ne vieillissez pas trop vite, ce serait dommage.
P.S. Je ne me suis jamais réclamé du souverainisme, je n’emploie pas ce vilain mot, je me suis toujours identifié comme indépendantiste ; le terme et la conviction me viennent du frère Edmond, f.e.c., qui enseignait au secondaire public et pouvait vous faire un discours long comme ça sur l’indépendance du Québec, déjà, en 1958... À l’époque, il passait pour un doux dingue ou un "communiste", c’est selon. S’il vivait encore, j’ai l’impression qu’il trouverait plutôt timides une bonne partie des hérauts indépendantistes...
Bravo monsieur Litvak, Vous avez raison, le souverainisme est terminé. C’est le temps de passer à l’indépendantisme. Les parlementaires souverainistes québécois ont été corromompus par le pouvoir au cour de ces années à vaquer à la gestion du Québec/province. Ils ont fini par perdre de vue le projet du départ.
Le peuple québécois doit impérativement se libérer du processus élection du PQ/Référendum qui est un processus perdant, vicié et démobilisateur.
Il faut avoir l’humilité de revenir à la case départ.Le Réseau de Résistance du Québécois (RRQ) est la nécessaire résurgence du Rassemblement pour l’indépendance Nationale (RIN). Il fera sur le terrain la promotion de l’indépendance nationale débarassée de toutes les contraintes imposées aux partis politiques reconnus. Il va remobiliser les jeunes et remotiver les vieux nationalistes dont je suis. L’histoire nous enseigne que le RIN n’aurait dû jamais se saborder. Bourgault disait lui même que le PQ était beaucoup plus intéressé à prendre le pouvoir qu’à réaliser l’indépendance. La pratique lui a donné raison. Gouverner le Québec fut un cadeau empoisonné pour le Parti Québécois.Cela a presque réussi à tuer la cause ! A cet effet, permettez-moi monsieur Litvak de vous citer l’auteur Yves Beauchemin qui écrivait ceci dans Le Calepin rouge :’’ Les grands ennemis de la souveraineté:l’habitude des limousines ministérielles,le velours des titres, le petit frisson de plaisir pendant la conférence de presse. En somme, tout ce qui fait aimer le pouvoir, si provincial soit-il.’’ Et vlan !
Les années 2008, 2009 et 2010 seront capitales pour la suite des choses.Nous devrons assister à une convergence qui remettra en selle les parlementaires sur la voie de l’indépendance nationale. Il faut refonder un véritable parti voué exclusivement à la promulgation et à la réalisation de l’indépendance du Québec. La voie électorale doit en être le seul moyen. Notre Assemblée Nationale doit devenir la seule détentrice du pouvoir québécois. J’ignore encore comment cela va se concrétiser. Y aura-t-il des défections au sein du PQ ? Assisterons-nous à un schisme avec le départ du SPQ-LIBRE ? Tout porte à croire que cela ne peut plus durer ! Il est devenu évident que les parlementaires péquistes ne portent plus la cause. Le salut de l’option passe par un changement draconien en ce qui a tait à son support parlementaire.
Monsieur Julien,
Vous dites aujourd’hui : · Les parlementaires souverainistes québécois ont été corrompus par le pouvoir au cour de ces années à vaquer à la gestion du Québec/province. Ils ont fini par perdre de vue le projet du départ. Le peuple québécois doit impérativement se libérer du processus élection du PQ/Référendum qui est un processus perdant, vicié et démobilisateur.
(Parmi d’autres, P. Bourgeois et G. Larose assurent qu’à une étape ou l’autre, le référendum sera nécessaire, selon une formule sans doute décanadianisée)
Le 16 décembre passé, vous vous disiez pourtant heureux d’être redevenu propagandiste du Parti Québécois, Le parti officiellement indépendantiste à l’Assemblée nationale.
Le 8 novembre, vous aviez quitté avec fracas le PI en priant tous ses membres d’en faire autant. On se rappelle l’enlignement record de 45 messages que vous avait valu cette longue tirade de déchirure de chemise : Nestor et le dictionnaire sur la définition d’indépendance. Beaucoup sur le dos du P.Q. où vous avez, dites-vous, officié pendant des années, récolté des fonds, qui furent gaspillés…
Et depuis quelques semaines, vous vous faites le barde du RRQ… Si j’étais Monsieur Bourgeois, je porterais une cotte de mailles !
Qui trop embrasse mal étreint, disait la girouette. La parole est d’argent mais le silence…
M. Gaston Boivin écrit : « depuis que le R.I.N. s’est sabordé pour laisser la place au P.Q. et à la popularité de son chef afin de ne pas nuire à la cause : ce fut une grossière erreur qui fut amèrement regrettée »
Si le R.I.N. ne se serait pas sabordé, on aurait aujourd’hui :
Le R.I.N. séparatiste "C’est la terme de M. Marcel Chaput dans : Pourquoi je suis séparatiste. Le PI vient de prendre la relève et Québec-Solidaire aussi sans compter l’UDIQ. Les purs et durs vont être servis.
Le PQ pour la souveraineté-association qui va probablement être mis à jour par Mme Marois en une sorte de confédération.
L’ADQ pour l’autonomie qui n’est pas loin d’une confédération.
Le PLQ et son asymétrie qui est bien full-fédéraliste.
M. Denis,
Vous me mettez, vous-même, les arguments dans la bouche : un virage à 360° ! C’est un tour complet ! Retour à la case départ ! N’est-ce pas le mouvement de la girouette ?
Mais sérieusement, notre agitation, en ce moment, ne peut que causer distraction aux penseurs professionnels qui nous indiquent posément des pistes crédibles. Desroches, Gendron, Larose bien sûr et Bock-Côté, sans négliger Bourgeois(et notre valeureux militaire de service). Des gens qui ont en tête un plan à longue portée. C’est dans ce sens que je propose de réduire le bourdonnement autour de leurs oreilles, et de nous tenir prêts à serrer les rangs avec eux, quand les médias libres nous le permettront au grand jour, peut-être cette année. D’ailleurs le P.Q. n’a-t-il pas une profonde réflexion à faire ces mois-ci ? Pour ma part, je veux voir venir. Quant à vous, je n’ai aucun moyen de réduire votre débit oratoire.
M. Poulin,
Je connais vos critiques de la démonisation de la Grande Noirceur, mais n’empêche que votre génération a néanmoins représenté son histoire ainsi. Je n’y vois pas nécessairement, en ce qui me concerne, quelque chose de trop malsain, mais plutôt le marqueur symbolique d’un important changement sociétal. Et d’une volonté de dépassement.
L’Ancien régime et le Nouveau régime, en France, sont des termes qui marquent aussi, symboliquement, le changement de la Révolution française. Notons qu’il manque toujours, au Québec, la Grande Clarté, car la Révolution tranquille, par nature, est inachevée ; elle ne s’achèvera que par le sceau de l’indépendance. Il y aura, alors, une Grande Clarté.
Ceci dit, comme vous êtes capable de nuances sur la réalité de la génération qui vous précède, j’en suis aussi bien capable, avec celle qui me précède. Nous savons tous deux que les germes des changements à venir avaient ou ont des racines dans le passé.
Cela n’empêche que j’aille, moi aussi, une volonté de dépassement. Je ne m’empêcherai pas, par ailleurs, d’user de rhétorique polémique pour faire mon point, quitte à nuancer les oppositions de mes propos a posteriori.
Sur cette éventuelle élite, sa forme exacte, admettons-le, on verra bien… sa constitution doit précéder sa conjugaison. Il est possible qu’elle soit intégriste-pure, nuancée de l’interne ou alliée avec l’externe.
J’admettrai qu’un peu d’intégrisme serait peut-être de mise, à ses débuts, question de construire un pôle indépendantiste, clair, puis, ensuite, de la conjuguer par une alliance où elle a le gros bout du bâton.
Il est aussi possible que mon petit relent de conciliation soit faible et qu’il faille rompre plus sèchement, au niveau des acteurs politiques, mais bon, on gouverne un pays, pas une génération.
L’essentiel de mon propos, s’il faut le répéter, c’est que votre génération est une génération de transition entre la Grande Noirceur et la Grande Clarté. Mais il y a des étoiles, même dans la nuit la plus profonde…
M. Julien,
Le souverainisme n’est pas terminé, il est en phase terminale, et sans être trop méchant, disons que certains partis sont peut-être de simples manifestations de cette phase terminale. Je ne vois pas, dans le paysage politique actuel, de véritable voie à suivre.
Je ne ferai cependant pas ici une critique de long en large, mais il faut bien comprendre que le mouvement d’émancipation nationale est en crise, tant les ruptures QS que PI/UDIQ, à cet égard, sont intéressantes. Il s’agit, en un sens, d’une grande délibération.
Je ne connais pas malheureusement le RRQ, mais j’ai l’impression, personnellement, que le PQ a besoin de plus qu’un chien de garde, comme le dit son nom, c’est peut-être un coup de manette de toilette, plutôt, qu’il faut lui souhaiter.
M. Boivin,
Merci pour votre commentaire.
Sur les termes souverainiste et indépendantiste, je suggère de les instrumentaliser, pour marquer une rupture, un mouvement vers l’avant. Je suis bien d’accord, sur le fond, que certains souverainistes sont indépendantistes, et sans doute vice versa. Mais, historiquement, au Québec, le souverainisme est l’affaire du PQ, et le PQ l’affaire du baby-boom ; le nom, le parti et la génération, je le suggère, doivent changer.
Croyez-moi, ce M. Frappier est très vilain ! Haha. Il prend ma vierge mesure et en fait des polémiques débridées !
Bravo monsieur Litvak contrairement à monsieur Ouhgo, vous m’avez bien saisi.Je suis toujours demeuré fidèle à mon attachement pour la cause indépendantiste. Même en militant au sein du Parti Québécois ou du Bloc ; j’y ai toujours exercé mon droit à la dissidence. Ma seule loyauté fut pour le pays du Québec à faire.
Par contre comme de nombreux patriotes québécois, je dois avouer que je suis découragé et désemparé sur la question des moyens à prendre pour atteindre l’objectif ainsi que du véhicule à utiliser ce qui explique parfois ce désarroi considéré par certain comme de l’inconstance de ma part. A cet effet, j’aimerais bien que des lecteurs de VIGILE qui n’ont pas l’habitude de se manifester sur le site nous indiquents comment eux voient les choses. Lorsqu’on m’invite à laisser la voie aux Larose, Côté et compagnie, on oublie trop facilement que le peuple dont je fais partie a appris à se méfier de la trahison des clercs et de son élite qui nous ont souvent trahis. Ne peut-on pas y voir une explication au succès de l’ADQ ? Nous avons raison de nous méfier parce que c’est le meilleur moyen de ne plus nous faire fourrer pour l’avenir !Excusez-La !
Ce que souligne avec pertinence M. Ouhgo, c’est qu’il importe de mener une réflexion plus profonde, axée sur le long terme. Il ne faut pas trop se laisser prendre au piège de la solution magique. Le mouvement est en crise. Il y a des gens qui appellent à l’unité (Gendron), d’autres, comme moi, qui appellent à la rupture, certains qui proposent une reconfiguration du PQ (Larose), d’autres qui bondissent dans les nouvelles formations politiques (PI, UDIQ), ou qui cherchent, espèrent ou voient dans des mouvements comme le RRQ, la clé ou la solution. QS, aussi, de manière plus subreptice, a contribué à cette crise en attaquant le PQ sur le front idéologique.
Tout cela indique clairement que le mouvement est en crise. Il faut bien sûr mener une réflexion, profonde, prospective, axée sur le long terme, mais il faut aussi faire une critique profonde, des raisons et des causes de cette crise, ce qui nous permettra de comprendre sa signification.
Je crois personnellement que QS et PI-UDIQ (j’aime les lier par un trait d’union pour les picosser) ne sont pas des mouvements d’avenir, mais des mouvements de rupture-repli. Dans le cas de QS, que je connais mieux, il faut bien voir qu’il s’agit d’un nouveau PQ, en quelque sorte, souverainiste et social-démocrate. PI et UDIQ, j’admettrai que je les connais moins, eux, me semblent faire une critique molle, parfois non raffinée, du souverainisme, comme si on n’était pas encore sorti, réellement, comme je le crois, de cette phase, mais que l’on assiste à sa fin.
En revanche, je me permettrai de noter que tous ces mouvements, malgré leurs différences, incluant le PQ, me semblent avoir, si l’on veut, une part de la solution. En revanche, aucun ne me semble incarner le condensé, la solution. Dans mes réflexions secrètes… (c’est-à-dire non publiées), je me questionne à savoir s’il ne faudrait pas viser à mettre en place une autre structure, que je propose de nommer Québec indépendant. Je ne sais pas si cette structure devrait naître indépendamment des autres, et tenter de devenir la structure dominante, si elle devrait naître d’une révolution interne à QS ou d’États généraux.
Cher M. Poulin-Litvak,
En faisant abstraction des cas individuels, je suis porté à vous donner raison : ma génération en est une de transition. Par ailleurs, comme vous le dites, vous attirez et même attisez la polémique, mais vous avez l’intelligence et la main pour la transformer en dialogue plus sérieux qu’il n’y paraît. Finalement, cela se fait dans la bonne humeur et l’humour, chose plutôt rare dans le vivier des indépendantistes de choc, et appréciable, sans compter que vous évitez le piège du jargon politique.
Merci M. Poulin. Je vous dédie par ailleurs mon prochain texte. Vous soulignez un point important, le trop-plein de sérieux de certains indépendantistes. C’est peut-être dû au fait que l’indépendantiste de choc, comme vous le dites si bien, est peut-être, typiquement, un homme qui veut prendre sa place, du fait de la nature de l’indépendantisme. Si la politique, essentiellement, est un combat civilisé, l’indépendantisme, lui, combat politique par excellence, est une guerre civilisée. Il y aurait, par ailleurs, toute une réflexion à faire sur la place de la femme dans le mouvement indépendantiste.
M. Julien,
Merci pour l’invitation, mais je suis sur un long voyage dans les Amériques, et suis présentement en Colombie. Salutations néanmoins, à ce groupe, le RRQ.
Vous avez mis le doigt sur quelque chose de très important ici monsieur Litvak. Le Québec est une des sociétés les plus matriarcales du globe avec la Pologne. Il y a d’ailleurs des similitides entre les deux pays dont ce malsain culte maritale (Culte à Marie, la Ste-Vierge.) J’aimerais rappeler la marche des petits colonels de CHOI-FM dans les rues de Québec pour appuyer leur petit gourou Jeff. Ils portaient tous tatouages et piercing afin de paraître méchants mais au fonds, lorsqu’ils entrèrent tous à la maison, c’était pour se faire passer au batte par la Germaine québécoise. Là ça va répondre à mon intervention, croyez-moi !
L’homme québécois a de la difficulté à devenir un adulte dans sa vie personnel, voilà pourquoi après deux référendum, nous sommes encore dépendants sur le plan collectif.Il fut intéressant de connaître l’analyse qu’aurait fait Sigmund Freud de la société québécoise. N’est-ce pas monsieur Litvak ? Bon voyage dans les Amériques !

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