Dans la passé, j’ai souvent apprécié les propos tenus par le journaliste Michel Vastel mais cette fois-ci, dans son dénigrement hors proportion de Sir Paul, je ne marche plus. Mettons les choses au clair.
Le fameux 400ième de Québec est une véritable recette aigre-douce, un vrai mets chinois pour touristes hagards. Au départ, un comité organisateur qu’on a tassé pour en mettre un autre, ouvertement au service du fédéral. Donc on se retrouve avec les trois mousquetaires. (comme ceux d’Alexandre Dumas, ils étaient quatre) Harper, Charest, Labeaume et le comité organisateur. Il ne faut pas oublier que cette grande manifestation était, au départ, pour fêter la naissance de la VILLE de Québec.
Les mousquetaires concoctent donc une fête canadienne à la sauce Québécoise aigre-douce. Il faut tout de même être assez réaliste pour s’en rendre compte. Tout est fait et planifié pour rehausser la visibilité du Canada. Le but de la fête est honteusement détourné, on modifie l’Histoire au profit d’une subversive propagande canadienne. On élimine dans la mesure du possible toute référence à l’appartenance à la nation québécoise (dans un Canada uni), pas de fleurdelysé on va même jusqu’à éviter le bleu et blanc de ce même drapeau, plus pernicieux que ça tu meurs ! On choisit aussi les vedettes qui vont animer le pendant musical de ces fêtes. On doit promouvoir la naissance d’une ville qui initie le fait français en Amérique et pour y arriver, on invite un artiste britannique, donc anglophone. C’est le fruit du hasard ? Un gentil monsieur m’a dit en commentaire dans ‘’Et Vlan !’’ que cette théorie du complot était absurde.
Bien sûr qu’on doit s’ouvrir sur le monde et pouvoir apprécier différentes cultures. Je n’ai pas dit que c’était un complot mais je le soupçonnais. Il ne faut pas s’arrêter sur un item isolé mais voir l’ensemble et là, ça m’apparaît évident, ça va dans l’esprit, la ligne de pensée des dits mousquetaires. On a balayé du revers de la main tout ce qui pouvait avoir quelque consonance que ce soit de notre identité québécoise…alors on invite un ‘’anglais’’ célèbre. C’est sûr qu’il y aurait contestation. J’ai l’impression qu’on en souhaitait plus, de cette manière on pouvait nous faire passer pour des étroits d’esprit, une bande de cons.
Paul McCartney arrive et bouleverse la planification initiale. Il parle d’abord en français…avec un accent bien sûr mais ça ce n’est pas important, au moins il l’a fait. Dans les circonstances il s’est comporté avec beaucoup de dignité et de chaleur humaine, il a été grandement apprécié. Il a même très visiblement arboré le drapeau du Québec ce que nos petits mousquetaires miteux n’ont même pas fait.
Michel Vastel, au lieu de vomir sur Sir Paul, il aurait dû s’en prendre plutôt à ceux qui l’ont fait venir. Vastel s’en prend au messager plutôt qu’au message, c’est un important manque de vision pour un journaliste. On peut tenter de descendre le personnage de Paul McCartney en parlant par exemple des blanchons des Iles-de-la-Madeleine. C’est à mon avis faire une diversion dérangeante, ce n’est pas ce qui nous préoccupe dans les circonstances, c’est porter l’attention à côté de ce qui est important.
Les Beatles en leur temps ont révolutionné la musique et la culture populaire occidentale, c’est un rare phénomène. Paul McCartney est le dernier du groupe qui se produit sur scène. Qu’on l’aime ou non, on doit tout de même admettre qu’il a fait un excellent spectacle, respectueux de la foule et des circonstances circonspectes qui l’ont amené ici. Il a été au-dessus des petites manigances mesquines de nos mousquetaires locaux. Alors en ce sens, BRAVO !
Il est toujours difficile de faire un procès d’intention mais les circonstances circonspectes dont je parlais précédemment sont-elles tellement éclatantes qu’elles en deviennent aveuglantes ?
Ivan Parent
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