Vaillancourt doit se retirer

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, n’a d’autre choix que de prendre une pause de la vie politique.

mercredi 17 novembre 2010

Face aux graves accusations portées contre lui, le maire Vaillancourt a choisi d’esquiver. Tout comme il a esquivé l’ensemble des reproches et réprimandes accumulés depuis une bonne vingtaine d’années.

Mais plus que des dépassements de coûts suspects, que des apparences de favoritisme ou qu’une curieuse concentration des firmes en contrat avec la Ville, les souvenirs d’enveloppes blanches de Vincent Auclair et, surtout, de Serge Ménard portent directement atteinte à la probité de Gilles Vaillancourt.

Et ce dernier croit maintenant pouvoir continuer à diriger sa ville comme si de rien n’était ? Cela témoigne non seulement d’un manque de jugement, mais aussi d’une arrogance que seuls des mandats à répétition peuvent conférer.

À l’instar du premier ministre Charest, Gilles Vaillancourt a rebondi tant de fois dans sa longue carrière politique qu’il semble en effet, aujourd’hui, se croire intouchable, indéboulonnable.

Or pour dissiper les doutes qui planent désormais sur son intégrité, pour blanchir son nom une fois pour toutes et pour redonner du lustre à l’institution municipale grandement mise à mal dernièrement, M. Vaillancourt n’a d’autre choix que de se retirer de ses fonctions, comme l’ont fait avant lui les maires de Mascouche et de Terrebonne, et de collaborer au travail policier de l’escouade Marteau.

On ne parle tout de même pas ici de vagues accusations lancées sur un blogue par un inconnu en mal de reconnaissance, mais bien d’allégations très détaillées formulées par deux députés, dont un ancien ministre au dossier sans tache.

Lors d’un rarissime précédent, alors que Jean Charest était lui-même accusé par un ancien ministre, il ne s’est d’ailleurs pas contenté de traîner son dénonciateur devant les tribunaux, il a lancé une commission d’enquête nationale.

Et le maire de la troisième ville en importance, accusé d’avoir tenté de corrompre non pas un, mais deux candidats à neuf ans d’intervalle, s’en tirerait sans autre formalité qu’une brève conférence de presse ?

Soyons sérieux ! Si l’intégrité de l’institution gouvernementale était en jeu lorsque Marc Bellemare a porté ses accusations, c’est l’intégrité de l’institution municipale qui l’est aujourd’hui, voire la crédibilité du politique et de ses multiples chiens de garde.

Car on sait d’ores et déjà que malgré la crédibilité des dénonciateurs, le DGE ne bronchera pas, le gouvernement de qui relèvent les municipalités fermera les yeux, l’opposition de Laval n’existe pas et la loi sur les élections ne sanctionne que la corruption, non pas les tentatives de corruption.

Pour blanchir son nom, Gilles Vaillancourt doit donc poser un geste extraordinaire, encore plus dans le contexte politique tendu actuel. Bien plus qu’une mise en demeure ou une éventuelle poursuite qui ne prouvera rien, c’est un retrait ponctuel de la vie politique lavalloise qui s’impose.


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Enquête sur la corruption municipale - Affaire Gilles Vaillancourt

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