| Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production. | |||||
| Financement 2008 |
| Objectif : 20000$ | |||
L’anglais est enseigné comme langue seconde au Québec dans les écoles primaires, dans les écoles secondaires et dans les cégeps francophones. L’objectif est que les francophones aient une connaissance d’usage de l’anglais parlé et écrit afin qu’ils puissent s’en servir dans la vie courante. Ce qui veut dire que le système scolaire québécois vise à former des Franco-Québécois bilingues avec une connaissance “fonctionnelle” de l’anglais. Telle était et telle est la situation avant que Pauline Marois ne donne son entrevue au Devoir.
Du point de vue pédagogique. quels moyens doit-on prendre pour atteindre cet objectif ?
Gérald Larose soutient qu’actuellement, il n’y a pas un nombre suffisant d’heures consacrées à l’enseignement de l’anglais pour atteindre l’objectif. Est-ce qu’on l’accuse de traîtrise ? Pour Gérald Larose, on devrait faire passer l’enseignement de l’anglais de 644 heures à 1200 heures (primaire, secondaire inclus) afin de rendre les jeunes Québécois “bilingues fonctionnels”. Est-ce que Victor-Lévy Beaulieu exige de toute urgence qu’on livre “une guerre sans merci par tous les moyens possibles” à Gérald Larose ?
Au lieu d’enseigner l’anglais de la première année à la quatrième année, donc au lieu de saupoudrer, Pauline Marois a suggéré une méthode intensive qui existe actuellement depuis 13 ans à la commission scolaire du Lac-Saint-Jean et qui est utilisée ailleurs sous diverses formes comme on l’a vu à l’école Gentilly à Longueuil lors d’un reportage télévisé. Par exemple, au premier semestre, toutes les matières du programme scolaire sont étudiées et le deuxième semestre, les élèves se livrent uniquement à des activités d’apprentissage en anglais et ce, ou en 4è ou en 5è ou en 6è année. Est-ce que tous ces Québécois qui emploient cette méthode par immersion (la seule efficace, selon moi) sont des traîtres ?
Même l’exemple donné qui fut immédiatement considéré comme malheureux de l’enseignement de la géographie ou de l’histoire en anglais pourrait à la rigueur ne pas faire scandale s’il était regardé dans son contexte. Je ne veux pas faire le facétieux mais dans un contexte d’apprentissage intensif de la langue anglaise, il me semble que ce serait une compétence transversale à acquérir que de voir un enseignant qui fait en français le récit des événements qui ont marqué le régime français de la Nouvelle-France passer sans avertissement à l’anglais au moment du récit de la Conquête et de ses conséquences.
Je vous garantis que les élèves comprendraient ce que cet événement a signifié dans l’histoire du Canada pour les Canadiens (les vrais Canadiens).
Tout ce qui précède a pour but d’en arriver à mon propos. L’intervention de VLB a été qualifiée par Louise Harel de “tempête dans un verre d’eau”. Peut-être mais la question à se poser est la suivante : pourquoi cette tempête ? Elle est trop simple pour être vraie allez-vous dire.
La voici quand même. VLB est adéquiste beaucoup plus profondément qu’on ne croit.
Le citoyen de Trois-Pistoles appuie Mario Dumont qui est le député du comté de Rivière-du-Loup et le chef incontesté de l’Action démocratique du Québec. Il est un anti-péquiste féroce comme j’ai pu le constater dans une courte rencontre avec lui l’été dernier au milieu des jappements de ses chiens ce qui donnait à notre conversation une tonalité semblable à celle de sa dernière dénonciation de la chef du Parti québécois, “la traîtresse à la schizophrénie galopante” dont il serait souhaitable de se débarrasser et que le Don Quichotte de Trois-Pistoles, sur sa rossinante, rejette de tout son prestige d’animateur culturel et d’écrivain reconnu. Prestige grandement mérité d’ailleurs. VLB en a gros sur le coeur contre les différents gouvernements péquistes et je suppose que cela a un lien avec son activité d’éditeur. La libre opinion d’Yves Beauchemin, mon voisin du Vieux-Longueuil qui semble appuyer VLB va dans le même sens.
Or, VLB est adéquiste et pour lui Pauline Marois est une adversaire. Il ne cesse de nous redire : “J’ai eu raison de voter pour Mario Dumont ; j’accuse (comme Zola) Pauline Marois.” Mais de là à tranformer les propos de Madame Marois en faveur du bilinguisme individuel fonctionnel en appel à la création d’un Etat bilingue à la Trudeau, il y a un pas à ne pas franchir qui ne peut s’expliquer que par un anti-péquisme partisan comme les adéquistes nous y ont habitué ad nauseam sur les blogues de Marco Fortier et de Richard Martineau.
Cette attaque tous azimuts de VLB contre la leader d’un parti “soi-disant indépendantiste” comme il l’écrit, pose toutefois la question des causes profondes de ce désenchantement de plusieurs et non des moindres à l’égard du Parti québécois, de son exercice du pouvoir et de sa posture quant à l’indépendance et aux moyens d’y arriver. Car même si rationnellement, je ne peux pas être d’accord avec la dernière sortie de Victor-Lévy Beaulieu, je ne peux qu’être perplexe devant ce que l’éditorialiste du Devoir Marie-Andrée Chouinard appelle “la tendance à l’approximation” de Pauline Marois “sur la langue comme sur la question référendaire”. Sans parler du sens du timing qui est une chose qui ne s’apprend pas.
Tout en me disant : ”Où est Pierre Curzi ? Depuis qu’il s’est fait rabrouer sur les CPE unilingues, on ne l’entend plus. Pourtant, la langue, c’est de la culture.” Et avez-vous vu Diane Lemieux à Il va y avoir du sport. Quelle femme magnifique, articulée et passionnée. Quelle perte pour le Parti québécois !, je continue de lire les livres de VLB et j’attends avec impatience son prochain livre annoncé pour la fin de février. Sans oublier qu’une discussion “dans les instances” sur l’obligation pour les allophones d’aller dans un collège francophone serait peut-être indiquée même si Louise Harel a déjà mis le couvercle sur la marmite en disant que ce n’était pas à l’ordre du jour du prochain Conseil national.
Bonne Saint-Valentin, Pauline.
Robert Barberis-Gervais et Marcelle Viger, Marie-Victorin, Longueuil, 14 février 2008
Anniversaire de la rédaction du Testament politique de Chevalier De Lorimier.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
Entièrement d’accord avec votre texte.
Tous les Québécois devraient se traiter avec respect, fédéralistes, autonomistes, souverainistes avec ou sans association, indépendantistes-séparatistes de gauche ou de droite, même ceux qui ne sont pas, eux-mêmes, respectueux.
Chacun a de bonnes raisons pour avoir penché vers son option constitutionnelle et on ne peut facilement convaincre un adversaire politique qu’on vient juste d’insulter et il n’est pas souhaitable de tenter de compter dans son propre but comme plusieurs péquistes le font depuis la fondation du PQ.
Nous sommes tous Québécois de coeur et plus ou moins Canadiens d’intérêt et d’histoire, ce qui nous fait une bonne base pour trouver une solution constitutionnelle pour le Québec et pour le ROC aussi et qui ferait consensus, si on cherche bien avec de l’imagination. La pérennité du français et de la culture québécoise en aurait besoin.
M.Gébé, quand M. Jacques Parizeau a été négocier des prêts à New-York pour le gouvernement Lesage afin de nationaliser les compagnies anglaises d’électricité, il l’a certainement fait en langue anglaise sans interprète.
Est-ce que ça se serait fait aussi facilement, autrement, en français peut-être ? Je vous laisse répondre à ça.
Penser communiquer facilement avec le reste de l’Amérique en français est une vue de l’esprit. Même les Français de France doivent communiquer en anglais quand ils font des affaires en Ontario et aux États-Unis, M. Gébé que je salue en cet veille de l’anniversaire de la pendaison de Chevalier De Délormier.

16166$ 81%
|
Pour contribuer en ligne
|