René Lévesque répétait souvent dans ses discours que l’indépendance permettrait au Québec de devenir une société normale.
Ce qui induisait tacitement que le Québec demeurerait une société anormale tant qu’il ne serait pas indépendant.
Les débats des derniers jours en sont la preuve flagrante.
Une société normale ne devrait pas subventionner un réseau d’écoles privées au détriment de son réseau public.
Une société normale ne devrait pas subventionner l’anglicisation de ses nouveaux arrivants dans ses garderies, alors que sa langue officielle est le français.
La même logique devrait également s’appliquer aux cégeps anglophones.
Les droits acquis de la minorité anglaise devraient se limiter aux Anglais.
C’est ce genre de situations qu’évoquait René Lévesque lorsqu’il disait que les Québécois étaient colonisés.
Au fil des années, les Québécois en sont venus à aimer leurs bourreaux, ceux que René Lévesque désignait sous le vocable de « Rhodésiens ».
Aujourd’hui, les psychologues parleraient volontiers de syndrome de Stockholm.
Un mal qui n’a épargné aucun de nos grands médias québécois pour qui toute mesure qui pourrait un tant soit peu changer l’ordre établi deviendrait une catastrophe nationale.
Imaginez la situation s’il était question d’indépendance plutôt que d’intendance !
Déjà, à l’occasion du référendum de 1980, Pierre Trudeau, un célèbre premier ministre canadien, avait réussi à convaincre une majorité de Québécois qu’un « non » était un « oui » dans le but inavoué de leur imposer une nouvelle constitution qu’ils n’ont jamais signée.
Le jour où l’anglais ne sera plus considéré au Québec comme une langue étrangère, c’est-à-dire une langue seconde, il sera forcément devenu la première langue d’une majorité de Québécois et, par conséquent, le français sera quant à lui devenu une langue étrangère à la majorité, une langue seconde.
C’est certainement ce que voulait dire René Lévesque lorsqu’il disait que le Québec ne serait pas normal tant qu’il ne serait pas indépendant.
De la même façon qu’il est anormal de croire qu’un « non » est un « oui », il n’est pas plus normal de nier que l’anglais est une langue étrangère pour une majorité de Québécois.
Prétendre le contraire relève de la même malhonnêteté intellectuelle que celle de Pierre Trudeau en 1980.
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