Quiconque établit une distinction irréductible entre Indiens et Blancs au Québec fait appel à des concepts proprement raciaux qu’il s’avère utile d’examiner fondamentalement. À la simple évidence visuelle, les Québécois constituent une nation métisse, surtout quand on s’éloigne des rives du Saint-Laurent. Les politiques raciales fédérales tendent à freiner ce processus sain et naturel de mélange de la population, soit en imposant des lois qui distinguent d’après la génétique des personnes concernées (lois d’apartheid), soit en inventant et subventionnant des communautés culturelles distinctes, genre de réserves ethno-culturelles.
Il arrive que j’ai vécu une dizaine d’années hors du Québec, au Canada, plus précisément à Ottawa. Je suis même un ancien Officier de recherche du Ministère fédéral des Affaires indiennes et du nord, une organisation qui repose entièrement sur la génétique "distincte" de ses administrés. À l’expérience, je peux assurer que la majorité francophone du Québec constitue sans doute le groupe humain le moins sourcilleux en matière d’ethnicité proprement raciste parmi tous les peuples ou tribus de l’Amérique du nord. Un quart à un tiers des Québécois sont en fait des autochtones ou des "sang-mêlés" à divers degrés, y compris dans le cas des Iroquois.
Selon le Conseil irlandais de Montréal, 42 % des Québécois auraient du sang irlandais ! Tel avocat flamboyant bien connu pour l’évolution intéressante de ses idées politiques est à l’évidence un Indien presque pur mocassin. Pourtant, au Québec, personne ne le remarque, tellement les Québécois d’aujourd’hui sont le résultat d’incessants mariages avec leurs alliés autochtones. Ailleurs, c’est-à-dire au Canada anglais, il serait immédiatement classé parmi les aborigènes.
D’autres Québécois "de souche" possèdent des traits négroïdes, car un certain nombre de Noirs ont également peuplé le Québec. Bon nombre d’Écossais, de Gallois, d’Allemands, de Français, maints pêcheurs portugais ou marins anglais (déserteurs de vaisseaux de guerre, soldats ou officiers en garnison au Canada, prisonniers naturalisés) ont aussi choisi de faire leur vie ici et leurs descendants sont devenus les Québécois d’aujourd’hui. La plupart se sont intégrés et assimilés à la majorité déjà en place, laquelle en a naturellement été transformée et enrichie, tout comme la nation française ou américaine résulte de la fusion plus ou moins avancée de la plupart de ses immigrants.
Et le mouvement continue : point n’est besoin d’être très observateur pour remarquer que nombre de jeunes québécois et québécoises proviennent manifestement de tous les peuples de la planète. Le nom de ma propre fille en témoigne : Nathalie Roxburgh, du nom d’une lignée écossaise au fort caractère.
La nation québécoise est d’ores et déjà largement franco-indienne et de plus en plus métisse, le processus de mélange génétique des races a débuté il y a des centaines d’années et continue encore de nos jours, notamment avec les nouveaux québécois issus de l’immigration ou de l’adoption internationale. Les amateurs de races pures et de bébés à l’ethnie bien définie vont devoir en prendre leur parti.
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Léonce NAUD, Québec

