Ainsi, Jean Charest profiterait de la crise économique qui se profile à l’horizon pour reprendre la majorité qu’il a perdu alors que le Québec était dans une période de prospérité. Le Jean Charest qui ne méritait même pas de s’occuper des affaires de la cité et à qui les Québécois ont imposé deux tuteurs lors des dernières élections prétendrait aujourd’hui vouloir agir seul là où il a échoué il y a moins de deux ans.
La majorité est un droit que tous les jeunes Québécois acquièrent lorsqu’ils atteignent l’âge légal de 18 ans. Elle est automatique. Elle signifie pour plusieurs d’entre eux l’âge où ils vont pouvoir enfin entrer légalement dans les bars, un âge où ils peuvent déjà conduire la voiture de leurs parents.
Contrairement à la majorité reconnue chez un jeune adulte, la majorité parlementaire n’est pas un droit qui s’acquiert automatiquement par le passage du temps. Elle nécessite une majorité de comtés acquis à l’occasion d’un scrutin général. Seul le peuple peut l’accorder à celui qui en fait la demande, et seulement s’il démontre qu’il est assez responsable pour gouverner seul.
Si les Québécois ont refusé cette majorité à Jean Charest il y a moins de deux ans, c’est qu’ils le jugeaient immature, arrogant, autocrate et probablement cachottier. Qui ne se souvient pas du Suroît, du mont Orford et du fiasco de l’UQAM ? L’actuel capharnaüm du CHUM est une fidèle réédition de toutes ces dérives. Les Québécois ont-ils déjà oublié le salaire supplémentaire que le PLQ verse secrètement à Jean Charest ? Une pratique qui a presque mis fin prématurément à la carrière politique du chef de l’opposition officielle, Mario Dumont. Jean Charest mérite-t-il qu’on lui accorde cette majorité qu’il demande ? Est-il vraiment la personne qu’il faut au Québec pour naviguer seul dans la crise qui s’annonce ? Est-il suffisamment mature pour se passer de tuteurs ?
En un mot, confieriez-vous les clés de votre voiture à un jeune adulte arrogant, qui ne respecte aucune de ses promesses ? Tous les parents savent d’expérience que ce genre d’enfant risque un jour ou l’autre de dépasser les limites de vitesse permises, de conduire en état d’ébriété et même d’être la cause de sérieux accidents. Parce qu’il n’a pas réussi à mériter la confiance de ses parents, il ne peut donc espérer conduire leur voiture tant qu’il n’aura pas fait la démonstration hors de tout doute qu’il en a la capacité.
C’est exactement la situation à laquelle sont confrontés les électeurs québécois lorsque Jean Charest leur demande de gouverner seul. Il a nettement l’attitude de cet adolescent rebelle qui n’écoute aucun conseil, se croyant plus intelligent que ses parents. Un adolescent qui réclame les clés de la voiture alors qu’il refuse de leur dire où il va, avec qui il sort, à qu’elle heure il va rentrer et s’il a l’intention d’aller prendre une ou plusieurs bières avec ses copains. À l’image d’un adolescent, Jean Charest veut aller en élections alors que les Québécois ne le veulent pas !
Il est toujours aussi arrogant qu’il l’était, les deux dernières semaines l’ayant manifestement démontré à tous les Québécois. Il se comporte comme s’il était majoritaire, alors que tout le monde sait qu’il est minoritaire. Un comportement niant la réalité et frisant la schizophrénie. Le réalise-t-il ? Jean Charest agit exactement comme un enfant de 17 ans qui revendique son droit d’aller dans les bars avec la voiture de papa, alors qu’il n’a pas la majorité requise.
Un parent responsable confierait-il les clés de sa voiture à un tel adolescent sachant qu’il va passer sa soirée dans les bars ? La réponse est simple, non. On ne peut pas faire confiance à une personne arrogante qui n’a pas la majorité voulue. Exactement la situation dans laquelle se trouve Jean Charest actuellement ! Il ne mérite tout simplement pas la confiance des électeurs.
Louis Lapointe

