Comme plusieurs Québécois, j’ai écouté l’allocution de notre premier ministre portant sur le conflit avec les étudiants. Il n’y a malheureusement rien de nouveau dans le projet de loi spéciale proposé par le gouvernement.
Jean Charest n’a pas l’intention de bouger, ni sur les droits de scolarité, ni sur la gestion des universités. Il décrète plutôt une pause en suspendant les cours jusqu’au mois d’août, tirant par le fait même le tapis sous les pieds des étudiants.
Dans les faits, le projet de loi mettra fin aux effets de la grève étudiante. Tous ceux qui voudront aller à leurs cours dans les établissements qui auront convenu avec leurs étudiants d’une reprise des cours avant le mois d’août ne pourront être empêchés de le faire par les étudiants grévistes.
Selon Jean Charest, le droit à l’éducation est un droit fondamental qui permet à tous les étudiants d’accéder à leurs salles de cours sans qu’on puisse les empêcher de le faire, alors que, dans les faits, la Charte des droits et libertés de la personne reconnaît plutôt le droit à l’instruction publique gratuite.
40. Toute personne a droit, dans la mesure et suivant les normes prévues par la loi, à l’instruction publique gratuite.
En refusant d’aborder depuis le début du conflit la question des droits de scolarité et de la gratuité scolaire comme le lui demandaient les associations étudiantes, le gouvernement libéral de Jean Charest déroge à l’esprit de l’article 40 de la Charte des droits et libertés de la personne qui reconnaît à toute personne le droit à l’instruction publique gratuite.
Le gouvernement oppose donc insidieusement un droit qui n’est pas protégé par la charte, celui de l’accès aux salles de cours, au droit à la gratuité scolaire qui lui est reconnu à l’article 40 de la charte.
***
Sur le même sujet :
L’invraisemblable sacrifice de Line Beauchamp
Actes de terrorisme appréhendés dans le métro de Montréal ce matin

