Depuis cet automne, l’ensemble des élèves du primaire et bon nombre de ceux du secondaire suivent le nouveau cours d’Éthique et culture religieuse. C’est donc la fin par la même occasion de l’Enseignement religieux catholique et protestant et de l’Enseignement moral. Beaucoup d’encre a coulé à propos de la place que la religion doit occuper dans nos écoles. Récemment, Mario Dumont a affirmé qu’un gouvernement adéquiste imposerait un moratoire au cours d’Éthique et culture religieuse. L’inquiétude du chef de l’Action démocratique est-elle justifiée ?
Il existe un proverbe anglais qui affirme : « if it’s not broken, don’t fix it ». Posons-nous la question : y avait-il réellement un problème concernant l’ancien programme qui aurait justifié son remplacement ? Nous estimons que non, puisque ce dernier accordait aux parents la liberté de choisir le cours fréquenté par leurs enfants. Dans les écoles primaires publiques, 73% des parents choisissaient l’Enseignement religieux catholique, 15% l’Enseignement moral et 3% l’Enseignement religieux protestant. La liberté de choix garantissait la protection de deux libertés acquises : la liberté de conscience et la liberté de religion. En mettant fin à la liberté de choisir le cours fréquenté par son enfant, on venait limiter ces deux dernières. Cette décision était injuste et injustifiée.
L’ancien programme était un lègue du pacte entre les deux peuples fondateurs du Canada : les Britanniques, de confession protestante, et les Français, de confession catholique. Bien entendu, le Canada s’est diversifié depuis sa fondation en accueillant des milliers d’immigrants aux multiples religions. Néanmoins, il faut souligner que ces religions n’ont pas un poids suffisant au sein de la population pour justifier qu’on les enseigne dans toutes les écoles de la province.
L’Enseignement religieux catholique ou protestant avait sa place au sein des écoles. Bien sûr, il revient en premier lieu aux parents et aux églises de s’occuper de l’instruction religieuse. Cela dit, certaines choses méritent d’être enseignées par l’État au nom du bien commun. Par exemple, ne serait-il pas déplorable de faire reposer tout le poids de l’enseignement à la sexualité sur les épaules des parents, alors que cela rend certains d’entre eux mal à l’aise ?
La séparation de l’Église et de l’État est un fait depuis la Révolution tranquille et il faut éviter de se laisser tenter par toute forme de jusqu’au-boutisme. Plusieurs pays laissent place à l’enseignement de la religion majoritaire dans les écoles publiques. Parmi ceux-ci, on compte notamment les très laïques républiques de Turquie et de France (région d’Alsace-Lorraine). C’est en ce sens que nous demandons le rétablissement de la possibilité de choisir le cours de religion offert à nos enfants. Rien n’empêche ensuite que, parmi les options qui s’offrent à nous, il y ait le nouveau cours d’Éthique et culture religieuse.
Maxime Schinck
Étudiant au Baccalauréat en études politiques appliquées
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