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Éthique et culture religieuse
Une liberté à conserver
Maxime Schinck
Tribune libre de Vigile
lundi 17 novembre 2008      226 visites      3 messages


Depuis cet automne, l’ensemble des élèves du primaire et bon nombre de ceux du secondaire suivent le nouveau cours d’Éthique et culture religieuse. C’est donc la fin par la même occasion de l’Enseignement religieux catholique et protestant et de l’Enseignement moral. Beaucoup d’encre a coulé à propos de la place que la religion doit occuper dans nos écoles. Récemment, Mario Dumont a affirmé qu’un gouvernement adéquiste imposerait un moratoire au cours d’Éthique et culture religieuse. L’inquiétude du chef de l’Action démocratique est-elle justifiée ?

Il existe un proverbe anglais qui affirme : « if it’s not broken, don’t fix it ». Posons-nous la question : y avait-il réellement un problème concernant l’ancien programme qui aurait justifié son remplacement ? Nous estimons que non, puisque ce dernier accordait aux parents la liberté de choisir le cours fréquenté par leurs enfants. Dans les écoles primaires publiques, 73% des parents choisissaient l’Enseignement religieux catholique, 15% l’Enseignement moral et 3% l’Enseignement religieux protestant. La liberté de choix garantissait la protection de deux libertés acquises : la liberté de conscience et la liberté de religion. En mettant fin à la liberté de choisir le cours fréquenté par son enfant, on venait limiter ces deux dernières. Cette décision était injuste et injustifiée.

L’ancien programme était un lègue du pacte entre les deux peuples fondateurs du Canada : les Britanniques, de confession protestante, et les Français, de confession catholique. Bien entendu, le Canada s’est diversifié depuis sa fondation en accueillant des milliers d’immigrants aux multiples religions. Néanmoins, il faut souligner que ces religions n’ont pas un poids suffisant au sein de la population pour justifier qu’on les enseigne dans toutes les écoles de la province.

L’Enseignement religieux catholique ou protestant avait sa place au sein des écoles. Bien sûr, il revient en premier lieu aux parents et aux églises de s’occuper de l’instruction religieuse. Cela dit, certaines choses méritent d’être enseignées par l’État au nom du bien commun. Par exemple, ne serait-il pas déplorable de faire reposer tout le poids de l’enseignement à la sexualité sur les épaules des parents, alors que cela rend certains d’entre eux mal à l’aise ?

La séparation de l’Église et de l’État est un fait depuis la Révolution tranquille et il faut éviter de se laisser tenter par toute forme de jusqu’au-boutisme. Plusieurs pays laissent place à l’enseignement de la religion majoritaire dans les écoles publiques. Parmi ceux-ci, on compte notamment les très laïques républiques de Turquie et de France (région d’Alsace-Lorraine). C’est en ce sens que nous demandons le rétablissement de la possibilité de choisir le cours de religion offert à nos enfants. Rien n’empêche ensuite que, parmi les options qui s’offrent à nous, il y ait le nouveau cours d’Éthique et culture religieuse.

Maxime Schinck
Étudiant au Baccalauréat en études politiques appliquées

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • Une liberté à conserver
    17 novembre 2008

    Au pays du Québec, on parle de liberté, mais quand ça vient le temps de l’appliquer, c’est une toute autre histoire.

    Vos propos sont pleins de logique. Pourquoi ne pas laisser le libre choix aux parents de recevoir le type d’enseignement religieux ou moral qu’ils désirent et offrir à ceux qui le veulent le cours Éthique et culture religieuse, le possibilité de faire aussi ce choix.

    On impose ce nouveau cours contre la volonté majoritaire des Québécois (voir les sondages) et ensuite, on se gargarise le goulot du mot démocratie. Essayez de comprendre quelque chose ?

    P.B.


  • Une liberté à conserver
    18 novembre 2008, par Francois Munyabagisha
    La problèmatique paraît tellement compliquée que toutes les avenues de solutions sont impossibles. Or, le problème est simple. Il n’est ni laïc ni religieux, il n’est pas non plus d’ordre politique. C’en est un duo de logique perceptuelle. Primo, de la religion. Qui a besoin de religion ? Est-ce Dieu ou les humains ? Si ce n’est de toute évidence pas Dieu, comment la religion servirait-elle l’ordre et la vie harmonieuse chez nous les humains ? O.K !nous ne voulons pas ou plus de religions, par quoi la remplaçons-nous, pour asurer cette impérieuse harmonie ? Les lois, les fusils et la police ? Ca semble rationnel, mais c’est profondément déraisonnable. Secundo, souvent disons nous que la majorité des parents ne veulent pas de cours de religion. Je voudrais d’abord questionner cettemesure de« majorité ». Comment l’Aurait-on mésurée ? la société est tellement divisée... Et quand bien même plus de 50% des parents étaient athés ou contre laprise en comptede la religion dans l’éducation des enfants, je m’inscris en faux contre cet appel aux parents pour défendre une politique absurde. Les parents sont probablement bien éclairés sur ce qui serait bien pour l’avenir de leurs enfants, individuellement. Mais je ne crois pas que les parents puissent être autant éclairés sur ce qui est bien pour l’avenir de la société. Il y a un travail d’éducation des faiseurs d’opinions et des parents qui doit être fait d’abord avant d’invoquer la démocratie. Si ce travail n’est pas fait,il faudra que le politique décide et impose sa lecture à la nation.
  • Réponse à M. Munyabagisha
    18 novembre 2008, par Maxime Schinck

    La question n’est pas de savoir si Dieu existe ou n’existe pas. La question tourne plutôt au tour de l’accommodement que l’on laisse à chaque croisance - ou incroyance au sein de l’école publique québécoise.

    Par ailleurs, voici l’opinion de la « majorité silencieuse » quant au libre-choix en matière de cours : « Un sondage réalisé par la société Léger Marketing pour le compte de l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) révèle que près des trois quarts des parents québécois (72 %) sont d’accord pour que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse ».



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