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Maxime Bernier sera bientôt une réponse dans un jeu-questionnaire. Continuons plutôt à chasser le gros gibier.
Le rapport Bouchard-Taylor va sans doute connaître le même sort que les autres rapports commandés par le gouvernement Charest.
Pourquoi ? Parce que les seuls ou presque qui ont louangé ce rapport sont la formation d’extrême-gauche Québec solidaire, qui se dit féministe mais accepterait une enseignante voilée devant nos enfants, et des individus qui disent parler au nom des minorités ethniques. Il n’y a pas beaucoup de votes là-dedans.
L’accueil semble infiniment plus froid, comme on pouvait le prévoir, de la part de la majorité francophone qui fait et défait les gouvernements. Son solide bon sens persiste à triompher de tous les efforts pour la déprogrammer et la rééduquer.
Et croyez-moi : Jean Charest sait compter.
Plus les jours passent, plus on cerne avec précision les causes du profond malaise que suscite ce rapport, dont on sent pourtant que chaque ligne a été pesée.
L’immigrant arrive chez nous. Il veut se faire une place. La question est alors : qui doit changer le plus pour que son intégration se fasse ? Lui ou la société d’accueil ?
Le rapport Bouchard-Taylor a le mérite de la clarté : c’est à la majorité qui le reçoit de faire le gros du chemin.
C’est peut-être clair, mais c’est profondément erroné et inquiétant, si on se soucie bien sûr de faire perdurer ce qui a été construit ici depuis quatre siècles.
Lysiane Gagnon, pourtant peu suspecte de sympathie envers le PQ et l’ADQ, notait très justement que presque toutes les propositions concrètes du rapport visent en effet à faciliter la vie des immigrants.
Plutôt que de poser d’entrée de jeu qu’il y a ici une majorité forgée par 400 ans d’histoire, qui doit être le tronc d’un arbre que les immigrants viennent irriguer et enrichir de leurs apports, le rapport pose que c’est cette majorité, fautive d’être comme elle est, qui est le principal obstacle à l’intégration des immigrants.
Le rapport a certes le mérite de critiquer le multiculturalisme à la canadienne. Mais c’est pour proposer en lieu et place un « interculturalisme » que Daniel Weinstock, un des membres du comité-conseil de la commission, définit comme le multiculturalisme canadien additionné de la loi 101.
Si cela vous inquiète, c’est parce que votre vision du multiculturalisme canadien, nous explique sentencieusement ce monsieur, est « caricaturale » et que vous ne faites « pas suffisamment confiance au pouvoir d’intégration » des institutions québécoises.
C’est pourtant chez nous, me semble-t-il, que le gouvernement paie des cours d’anglais aux immigrants, leur répond en anglais quand ils en font la demande, tolère que 40% d’entre eux ne finissent pas leurs cours de français, que 50% d’entre eux fréquentent des cégeps anglophones, et que 60% d’entre eux travaillent en anglais.
Un rapport entièrement construit sur un acte d’accusation à l’endroit de la majorité ne me semble pas promis à une longue vie en dehors des milieux dont le métier est de dynamiter la société qui les fait vivre, sous prétexte de la faire évoluer.
On ne s’en plaindra pas.

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