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Une critique du "nationalisme civique" qui tombe à plat
Marc Pelletier
Le Devoir
vendredi 21 septembre 2007


M. Bock-Côté est un habitué du Devoir, que ce soit à la page Idée ou à la page Philosophie. À chaque fois, comme lors de la présente entrevue, il offre une pâle caricature de la position du "nationalisme civique", souvent à partir d’anecdotes, comme il le fait ici. Pourtant, défendre le nationalisme civique n’est pas incompatible avec la fierté d’une identité distincte de la nation. Jamais M. Bock-Côté ne semble admettre des distinctions aussi élémentaires que l’identité juridique, l’identité nationale et l’identité ethnique. Pour paraphraser Josée Legault, l’identité juridique n’est pas l’identité nationale, et l’identité nationale n’est pas l’identité ethnique. Ce sont l’ensemble de ces identités, et encore d’autres (familiales, historiques, etc), qui forment l’identité d’un individu. Bref, la critique de Bock-Côté selon laquelle les intellectuels souverainistes ont failli en favorisant l’identité juridique plutôt que l’identité ethnique ou nationale tombe à plat simplement parce que ces identités ne s’opposent pas, mais sont concomittantes.

Je trouve de plus que, trop souvent, M. Bock-Côté réduit son analyse à un cadre européen (partisan de DeGaulle, défendeur de Herder, pourfendeur de Habermas) sans rarement tenir compte (du moins dans les pages du Devoir) de cette particularité que le Québec est une terre d’Amérique. La quête d’identité qui s’est réalisé en Amérique, que ce soit celle du Québec ou du Vénézuela, demande un cadre historique et sociologique particulier. L’existence des différentes identités nationales en Amérique du Sud toutes issues d’une majorité venue de l’Espagne (vénézueliennes, chiliennes) montre avec éclat que ces identités nationales se sont formées autrement qu’en se fondant sur les différences ethniques préalables.

Source : Commentaire à l’article d’Antoine Robitaille sous le titre : "Son livre sera-t-il meilleur que ses contributions régulières au Devoir"




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