Quelle que soit l’issue du vote sur la motion conservatrice reconnaissant le Québec en tant que « nation au sein d’un Canada uni », elle ne sera qu’une réactualisation de la coquille vide que s’est avérée l’insignifiante motion sur la société distincte, issue du gouvernement Chrétien et adoptée aux Communes le 28 novembre 1995.
A l’époque, cette motion libérale ne servait qu’à feindre de respecter la promesse faite en ce sens lors de la campagne référendaire de 1995. Elle n’a jamais eu la moindre valeur juridique ou politique. La suite des choses l’aura d’ailleurs largement démontré. Ladite motion avait beau prier nos bienveillants législateurs fédéraux de « se laisser guider par cette réalité » afin que jamais plus comme en 1982, les pouvoirs de l’Assemblée nationale ne soient diminués et ses votes unanimes ignorés, le gouvernement Chrétien ne s’en est aucunement formalisé avant d’enfoncer dans la gorge des Québécois l’Union sociale canadienne, les Bourses du Millénaire, la Loi sur la clarté, la répressive nouvelle loi sur les jeunes contrevenants et tant d’autres initiatives fédérales décriées par les trois partis présents à l’Assemblée nationale.
Cette fois-ci, les mot « nation au sein d’un Canada uni » ont remplacé l’expression « société distincte » mais la vacuité juridique est absolument identique.
Rien n’aura donc changé dans le partage des pouvoirs et les rapports entre Québec et Ottawa. Qu’à cela ne tienne. On verra bientôt libéraux et conservateurs se disputer la paternité de ce qui n’est rien de plus qu’un leurre électoral. Il serait pathétique que des Québécois, même peu nombreux, mordent à cet hameçon.
Christian Gagnon
Montréal

