En 1936, lors du début de la Guerre civile espagnole, le général nationaliste Emilio Mola lance 4 colonnes de militaires sur la route de Madrid, restée fidèle à la République. La radio faciste annonce alors qu’une "cinquième colonne" est déjà dans la capitale afin d’y aider les insurgés. Lors de l’invasion allemande en France en 1940, la rumeur fait aussi état d’une "cinquième colonne" sous le contrôle des services de renseignement de l’armée allemande, l’Abwehr, dont les agents sont, dit la rumeur, sur place pour mener une campagne de propagande et de désinformation visant à semer le désarroi, le découragement et le défaitisme dans la population française, en plus de pratiquer le sabotage et le terrorisme.
L’expression "cinquième colonne" est restée depuis ce temps dans les moeurs et désigne les partisans au sein d’un État ou d’une organisation d’un autre État ou d’une autre organisation hostile.
Plusieurs indices me portent à croire à l’hypothèse raisonnable et probable de l’existence d’une cinquième colonne au sein du Parti québécois dont l’objectif est de combattre par la propagande, la désinformation, la manipulation et la mystification le projet d’indépendance nationale à l’intérieur de cette formation politique.
Regardons les choses en face : le Parti québécois a été fondé en octobre 1968, soit il y a près de 40 ans avec l’objectif de réaliser la "souveraineté" du Québec. Depuis l’étapisme inventé en 1974, par Claude Morin à la suggestion de 3 hauts fonctionnaires du gouvernement canadien, il y a eu 8 élections générales au Québec et aucune n’a eu comme thème l’indépendance nationale : 1976, 1981, 1985, 1989, 1994, 1998, 2003 et 2007.
En 2007, ce fut la cerise sur le gâteau. Malgré une obligation très claire du programme voté lors du XVè Congrès de faire du "projet du pays" accompagné d’un cadre financier d’un Québec souverain, le thème de l’élection générale, cette obligation a été jetée aux poubelles par André Boisclair qui s’en est tenu à une "feuille de route" provinciale et un cadre financier provincial. Sous Mme Marois, la même chose s’est reproduite avec le Conseil National de mars 2008, en ce qui concerne l’obligation référendaire dans le premier mandat. C’est comme si l’équipe de Jean Lesage avait "oublié" de faire de la nationalisation de l’électricité le thème de l’élection "provinciale" de 1962. La nationalisation de l’électricité ? Quelle nationalisation de l’électricité ? Le projet de pays ? Quel projet de pays ?
Il a quelque chose qui cloche sérieusement dans ce parti. Au lieu de mettre son option sur la table à chaque élection et d’expliquer son projet de pays à l’électorat, on se créé volontairement des obstacles et on se tire constamment dans le pied comme s’il y avait, quelque part, une main invisible qui s’arrange pour que le projet d’indépendance nationale n’aboutisse pas. Comment expliquer autrement cette inertie qui se transforme progressivement en entropie à l’intérieur de ce parti ?
On sait, d’autre part, que les services de renseignements canadiens ont été très actifs dans la surveillance de René Lévesque entre 1948 et 1985 ( 2520 pages) et du Parti québécois lui-même entre 1968 et 1985( 48,000 pages), mais on ne connait pas encore l’ampleur de cette surveillance après 1985. On connait aussi le rôle joué par Claude Morin, mais on ne sait pas si d’autres personnes à un niveau très élevé au sein du Parti québécois ont collaboré ou collaborent encore avec les services de renseignements canadiens. Une chose est sûre : comment expliquer qu’après 40 ans, ce parti fait encore du surplace et qu’on en soit encore au statu quo ?
On peut au moins soulever raisonnablement l’hypothèse d’une cinquième colonne active au sein du Parti québécois financée discrètement par le gouvernement fédéral. Le saura-t-on jamais ?
Pierre Cloutier

