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La mise au point de M. Alain G. Gagnon, parue dans Le Devoir du 9 juin et reprise le même jour dans Vigile, montre comment le rapport de la commission Bouchard-Taylor a tronqué une citation empruntée à l’un de ses textes pour lui faire dire le contraire de sa pensée, le transformant ainsi en appuyeur de la thèse multiculturaliste des commissaires alors qu’il s’y oppose. À la lecture de la phrase et compte tenu de la coupure effectuée, il est évident qu’il ne s’agit ni d’une distraction ni d’une malencontreuse erreur mais d’une manipulation intentionnelle . À quel niveau ?
Qu’un cégépien fin finaud recoure à un tel expédient dans une dissertation lui vaudrait déjà un zéro assorti d’un savon en règle. Que dire d’universitaires utilisant un tel stratagème ? Certes, le procédé n’a rien d’original, il est moins rare qu’on pourrait le croire, l’honnêteté intellectuelle n’étant pas davantage l’apanage des universitaires que des autres, surtout lorsqu’il s’agit de promouvoir une idéologie. Cependant, ce qui paraîtrait déjà médiocre et méprisable chez un chercheur allumé devient encore plus scandaleux lorsqu’il se retrouve dans le rapport d’une commission mandatée par un gouvernement. On peut s’interroger sur la qualité et l’honnêteté de l’ensemble du travail.
On savait déjà que les conclusions du rapport allaient plutôt à l’encontre de ce que les résultats de la consultation publique permettaient de croire, et on connaissait l’orientation personnelle des deux co-présidents. Pourquoi alors avoir, quelque part, senti le besoin d’en rajouter, et de combien d’autres entourloupettes le rapport est-il parsemé ?
Bien sûr, on ne peut d’emblée attribuer la malversation aux co-présidents ; il est possible que quelqu’un ait voulu étoffer les conclusions présumées des patrons, d’autant plus que le document final ne pouvait s’appuyer exclusivement sur les convictions de ces derniers sans que le jupon ne dépasse trop : il faut tout de même sauver les apparences. Mais justement : combien de fois les a-t-on sauvées ? Par ailleurs, les co-présidents ont tout de même lu attentivement le contenu final avant de l’approuver ; ignoraient-ils donc la position de M. Gagnon ou l’ont-ils cru converti ? Je n’en sais rien, mais la question se pose, même sans arrière-pensée. Il n’en demeure pas moins qu’au moins un des réviseurs ou documentalistes aurait non seulement pu mais dû vérifier. Si personne n’a rien vu, voilà déjà quelque chose de très étonnant. Dans le cas contraire...
Quelles que soient les circonstances, ce genre de manipulation risque de plus d’entacher la crédibilité de ceux dont on triture les textes.
Déjà que la commission n’aura servi qu’à noyer le poisson tout en culpabilisant à tort la nation, était-il vraiment indispensable qu’elle nous inflige un spectacle dont on se demande s’il relève d’une incompétence crasse ou d’une malhonnêteté assumée jusqu’au plus haut niveau ? Faudrait-il donc une commission d’enquête sur la commission ?
Raymond Poulin
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Là où des peuples existent sur la terre, en Amérique du sud, en Afrique, au Moyen-Orient, quand des situations pourrissent comme ici, la révolte éclate dans la rue, et on ne se demande pas si les sondages sont à 49.1% ou plus : ça pète !
Seulement voilà, pour avoir un Québec, il faut des Québécois... Maintenant que les Bouchard du Saguenay ont participé dans l’honneur à nous canadianiser... It’s too late, much too late !

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