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Le projet de citoyenneté québécoise de Pauline Marois ne crée pas deux classes de citoyens mais une deuxième citoyenneté, aux critères nécessairement différents. Si le statut de nation québécoise reconnu par l’actuel gouvernement fédéral n’est pas une coquille vide, alors il faut bien que cela puisse avoir des conséquences juridiques.
La loi fédérale demande déjà qu’un immigrant maîtrise l’anglais ou le français pour obtenir la citoyenneté canadienne. Si rendre la citoyenneté québécoise conditionnelle à la maîtrise du français - une exigence raisonnable et banale à l’échelle mondiale - ne respecte pas la charte canadienne, c’est qu’il y a incompatibilité entre cette charte et la reconnaissance du Québec en tant que nation.
Le problème se situe dans cette charte, pas dans le contenu du projet péquiste. Si Ottawa et le peuple canadien sont incapables d’accepter des aménagements à la charte canadienne pour créer un espace donnant un sens au concept de nation québécoise, c’est que ce statut est tout aussi bidon que ce sont avéré l’être la " société distincte ", le " foyer principal " et autres leurres tendus à l’électorat dans le passé.
Christian Gagnon
Montréal
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