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Un référendum terre-neuvien en Écosse ?
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mercredi 15 août 2007


Alex Salmond (Photo archives Reuters)

Yves Schaëffner - Solennel et un brin nerveux, le premier ministre écossais Alex Salmond a dévoilé hier un document de consultation qui pourrait ouvrir la voie à un référendum sur l’indépendance de l’Écosse d’ici 2010. Mais, comme il l’a lui même admis, il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

Contrairement à Jacques Parizeau, qui avait lancé la machine référendaire sans retenue à son arrivée au pouvoir en 1994, le gouvernement minoritaire d’Alex Salmond s’est contenté d’inviter les Écossais à participer à « une discussion nationale ».

« En tant que premier ministre, je demande aujourd’hui à chaque Écossais de prendre une pause et de réfléchir non pas à quel genre de pays nous avons, mais à quelle sorte de pays nous pourrions ou devrions avoir », a-t-il soutenu à Édimbourg.

En gros, le document de 48 pages offre trois options aux Écossais : le statu quo constitutionnel, une plus grande dévolution des pouvoirs du Parlement britannique vers le Parlement écossais ou l’indépendance pure et simple.

Évidemment partisan de la dernière option, le gouvernement d’Alex Salmond a déjà préparé un brouillon de question référendaire : « Acceptez-vous que le gouvernement écossais puisse négocier une entente avec le gouvernement du Royaume-Uni afin que l’Écosse devienne un État indépendant ? »

Sauf que cette question n’a pratiquement aucune chance d’être posée. Étant minoritaire, le gouvernement du Parti national écossais (SNP) doit obtenir l’aval d’au moins un des trois principaux partis de l’opposition pour tenir un référendum sur l’indépendance. Et ces derniers ont déjà clairement indiqué leur refus.

Si bien que le leader du SNP a mentionné hier la possibilité d’imiter Terre-Neuve en tenant un référendum avec une question à choix multiples (en 1948, les Terre-Neuviens avaient eu à choisir entre l’indépendance, l’adhésion au Canada ou le maintien d’un lien avec le Royaume-Uni). Le référendum écossais pourrait ainsi offrir un choix entre une plus grande dévolution des pouvoirs, l’indépendance ou le statu quo.

« C’est difficile d’imaginer cela actuellement avec la situation minoritaire du SNP, explique Nicola McEwen, politologue à l’Université d’Édimbourg. Mais ses partisans espèrent qu’ils pourront parvenir à obtenir plus d’appuis pour tenir un référendum avec plusieurs options, sur le modèle de Terre-Neuve. Cela va cependant dépendre de la façon dont les partis d’opposition réagissent. »

Jusqu’à présent, ces derniers ont unanimement condamné la « discussion nationale », la qualifiant de « gaspillage de fonds publics ». « Ne vous laissez pas berner, ce document de consultation est sur l’indépendance, qu’importe qu’il soit habillé avec des cloches, des sifflets ou des volants », a claironné hier la chef conservatrice écossaise, Annabel Goldie.

Un site web a été créé par le gouvernement pour recevoir les contributions des Écossais à la « discussion nationale », tandis qu’une série d’événements publics se dérouleront dans tout le pays. Alex Salmond a toutefois refusé d’indiquer une date butoir pour clore la consultation.

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