Katia Gagnon - Après la « conversation nationale », voici la « convergence nationale ». Un ancien candidat à la direction du Parti québécois, associé à l’aile pure et dure, propose que l’Action démocratique, le Parti québécois et Québec solidaire présentent, aux prochaines élections, un programme constitutionnel commun.
Ce programme « exigerait » le rapatriement d’une impressionnante liste de pouvoirs d’Ottawa, à commencer par la totalité des impôts.
Si, après un an, le fédéral refusait de transférer ces pouvoirs, en vertu d’une « obligation de résultat », l’Assemblée nationale rapatrierait unilatéralement ces mêmes pouvoirs. Un processus qui aboutirait inexorablement, croit Gilbert Paquette, à la souveraineté.
C’est ce que l’ancien ministre péquiste appelle « un mouvement de convergence nationale », dans un ouvrage tout chaud sorti des presses, qui s’intitule La nécessaire alliance.
Une alliance en vertu de laquelle chacun des partis conserverait sa plateforme aux plans économique et social. Si l’un des deux partis remportait les élections, il n’y aurait pas de gouvernement de coalition. De même, le PQ resterait souverainiste, l’ADQ, autonomiste.
Cependant, la stratégie de rapatriement des pouvoirs serait commune.
« Ni le PQ ni l’ADQ n’ont quoi que ce soit à perdre en créant une alliance sur le plan de notre avenir national et, surtout, le Québec a tout à gagner, car c’est précisément l’opposition entre souverainistes et autonomistes qui empêche le Québec de trouver une solution », écrit l’ancien ministre péquiste.
« Il est temps de sortir de cette impasse », a-t-il ajouté hier, en conférence de presse. En somme, Gilbert Paquette propose de troquer le slogan de Daniel Johnson père, « autonomie ou indépendance », contre le suivant : « rapatriement ou souveraineté ».
Irréaliste, cette convergence nationale ? Pas facile à négocier, convient Gilbert Paquette. Mais pas impossible. L’ancien ministre affirme avoir « testé » sa proposition, tant du côté péquiste qu’adéquiste. « Ça a été bien accueilli », dit-il. Au Parti québécois, on ne rejette pas d’emblée l’idée. « Tout ce qui peut faire avancer le Québec, on n’est pas contre », dit Manuel Dionne, porte-parole du PQ. Mais disons qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres. « On ne sait pas trop ce qu’ils sont, les adéquistes. À moitié fédéralistes, à moitié souverainistes... »
(Archives La Presse)

