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Un pseudo manifeste
Nestor Turcotte
Le Devoir (opinions)
mardi 28 octobre 2008


Pour célébrer le 40e anniversaire de sa fondation, le Parti de Pauline Marois publie un texte de... deux pages. Le texte est présenté comme un manifeste qui, dans les faits, n’en porte que le nom. En réalité, il n’en est pas un.

Un manifeste est une déclaration écrite, publique et solennelle, par laquelle un groupe politique expose son programme, expose sa position. Le PQ n’expose rien de nouveau. Il aligne, sur deux feuilles, un ramassis de lieux communs qui traînent dans le paysage politique du Québec depuis des décennies : accueil de l’étranger, affirmation et protection de la langue française, maîtrise des organismes culturels, consolidation de notre souveraineté économique, reconnaissance de notre voix à l’internationale, développement durable, défense de notre identité et de nos valeurs, perception des impôts et taxes, etc.

L’ADQ propose, en grande partie, de réaliser ce programme, en proposant de faire une seule déclaration de revenus, de protéger notre langue et notre culture par un meilleur système d’éducation, d’opérer des virages économiques majeurs dans la société québécoise. Il n’est pas nécessaire de faire l’indépendance du Québec pour protéger notre culture, faire des gestes économiques qui donnent des emplois stables et durables, etc. Faire l’indépendance, c’est faire des gestes de rupture. De cela, le PQ n’en parle pas.

Si c’est ça le pays de Pauline, il vaut mieux rester dans le pays où on est. Tout cela ressemble à du fédéralisme renouvelé. Les indépendantistes, en lisant de telles déclarations, resteront sans doute sur leur faim. En qu’en penserait René Lévesque, quarante ans après la fondation de son Parti, voué à la reconnaissance d’un Canada remodelé en une authentique Confédération ? La souveraineté-association du chef fondateur n’était pas l’indépendance du Québec. Elle était la reconnaissance de deux États souverains sur certains points, avec une union économique et politique. Le PQ joue actuellement dans les plates-bandes de Mario Dumont. Il ne lui reste qu’à fusionner avec lui. Ou à se déclarer résolument indépendantiste.

***

Nestor Turcotte, Matane, le 25 octobre 2008



Source
http://www.ledevoir.com/2008/10/28/212908.html




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La souveraineté à quatre voix

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