Au lendemain des dernières élections, les partisans inconditionnels du mode de scrutin à la proportionnelle sont repartis en mission afin de convaincre les citoyens du Québec du bien-fondé de leur projet. Même les plus grands démocrates s’y sont laissé prendre, l’éditorialiste du Devoir en tête et d’autres journalistes, sans oublier Christiane Charrette qui a reçu les « adeptes » du mode de scrutin à la proportionnelle comme de grands seigneurs de la démocratie « sic » et comme si on devait obligatoirement épouser leur pensée et les suivre dans leur désir d’entrer à l’Assemblée nationale du Québec ?
Dans aucun cas on ne doit se laisser prendre par leur objectif qui est avant tout, d’entrer, (j’allais dire d’envahir) l’assemblée nationale par la porte arrière, puisque les électeurs et les électrices refusent par leurs votes, de leur ouvrir la porte avant de cette auguste assemblée des élus ! Voilà pourquoi ils utilisent d’autres arguments, peu crédibles par ailleurs, afin de nous convaincre de modifier le mode de scrutin que nous connaissons, qui par ailleurs ne nous a pas si mal servi, en tentant de nous convaincre que la démocratie, ( qu’ ils nomment démocratie nouvelle ?) serait mieux servie en permettant aux tiers partis de siéger à l’assemblée nationale, même s’ils n’ont obtenu qu’un petit pourcentage du vote exprimé, 8% au total pour le parti Vert et le parti de Québec solidaire.
Refuser de jouer le jeu anti-démocratique, sous le couvert d’une nouvelle démocratie ! Dans un premier temps, il nous faut nous opposer à modifier le mode électoral comme le suggèrent tous ces supposés démocrates s’identifiant dans « différents » groupes sous le couvert de démocratie nouvelle et d’autres mouvements semblables, mais se référant toujours à une supposée démocratie nouvelle. En répondant à leurs attentes, c’est le pouvoir indéfini que nous donnerons aux anglophones, eux qui votent massivement, (souvent à 100%) pour le Parti Libéral du Québec., ce que les résultats des dernières élections générales ont de nouveau démontré.
Légitimer la présence des députés à l’Assemblée nationale !
Pour contrer ce mouvement, il nous faut prévoir un mode de scrutin qui viendrait légitimer la présence des députés au parlement. Il est assez aberrant de constater que l’on veuille donner une voix aux petits groupes, pour ne pas dire aux groupuscules, sans jamais songer à légitimer la présence d’un député dans notre parlement. Est-ce que la démocratie ne serait pas mieux servie par ce mode de scrutin que par celui qui veut promouvoir la présence de petits partis dans un système à la proportionnelle rejeté par la France au cours des dernières années. (Ce mode de scrutin avait permis au groupe de M. Jean-Marie Le Pen d’entrer à l’Assemblée nationale de France) Ne serait-ce que pour ce motif, il nous faut éviter de tomber dans le piège des petits partis qui veulent absolument être présents à Québec.
Question ?
Pourquoi ces honorables personnes ne proposent-elles pas ce système à Ottawa, où un certain parti gouverne presque sans arrêt, tout en étant élu par moins de 40% de l’électorat ? Est-ce que par hasard elles craindraient une fin de non recevoir des fédéralistes ?
Élection à deux tours !
Ce qu’il nous faut plutôt promouvoir, c’est une élection à deux tours, où les deux candidats ayant les meilleurs résultats au 1er tour pourraient être présents lors du 2ème tour. Voilà qui légitimerait la présence de nos élus à Québec, et qui ne brimerait en rien nos concitoyens Anglophones, puisque leurs candidats seraient tous élus au premier tour de scrutin, ce que vient de confirmer encore une fois la dernière élection générale au Québec.
Note : Nous pourrions, dans toute notre magnanimité, permettre que les partis minoritaires soient représentés à Québec, par leurs chefs (ou une personne élue), s’ils reçoivent au moins 5% des votes exprimés et s’ils n’ont aucun candidat élu à la députation . Voilà qui nous éviterait de tomber dans le piège des ennemis du Québec, et de l’instabilité politique du mode de scrutin à la proportionnelle.
Plutôt promouvoir un projet de constitution !
Si nous voulons vraiment faire avancer la démocratie et notre idéal, (même la modification du mode de scrutin) ne serait-il pas préférable de nous donner des moyens pédagogiques de faire la promotion de l’émancipation politique du Québec ? Dans ce sens, définir le contenu d’une constitution d’un Québec indépendant serait un moyen pédagogique de grande valeur pouvant convaincre nos frères et nos soeurs du bien-fondé de l’indépendance du Québec de langue « française » en terre d’Amérique. Nous sommes convaincus que lorsque les Québécois auront défini leur pays, comme nous le disions dans notre mémoire soumis à la commission de Montréal siégeant sur l’avenir du Québec (7 février 1995) et dans plusieurs articles de l’Action Indépendantiste du Québec, qu’ils ne pourront se refuser l’émancipation politique qui seule peut leur permettre de profiter du pays qu’ils auront défini.
Nouvelles élections à court ou à moyen terme !
La présence d’un gouvernement minoritaire à Québec, et l’imminence de nouvelles élections, devraient nous convaincre qu’il est urgent d’œuvrer à la mise sur pied d’une constitution toute québécoise, construite par les citoyens de toutes les régions du Québec !
L’indépendance du Québec, et la volonté de nous donner, et de donner à nos enfants et petits-enfants, un pays indépendant de langue française, doit nous guider dans nos actions.
Ne nous laissons pas endormir par les intellectuels du mode de scrutin à la proportionnelle. Notre cause est trop importante pour cela.
Jacques Bergeron
