Je lis, dans Cyberpresse du 7 octobre, que « le congrès musulman demande l’abolition de voiles en public ». Vous avez bien lu : pendant que la SAAQ et d’autres organismes publics québécois s’enferrent dans une tolérance de mauvais aloi, un laxisme multiculturaliste qui va à l’encontre de la laïcité de l’État que réclament la très grande majorité des Québécois, ce sont les musulmans mêmes qui nous rappellent à l’ordre. Voilà de quoi renvoyer dos à dos les quelques rares islamistes du Québec, que leur propre communauté rejette, et nos politiciens et technocrates trop lâches ou trop imbéciles pour dire le bon sens et l’appliquer. Qu’attendent Jean Charest, Pauline Marois, Amir Khadir, Françoise David et ce qui tient lieu de direction à l’ADQ pour, d’un commun accord, mettre au point et approuver, à l’unanimité, la charte de la laïcité qui mettrait fin à la confusion ? On a dit, dans cette histoire, beaucoup de mal de Charest et de ses ministre tels Yolande James et Christine St-Pierre, avec raison. Bien. Mais où logent les autres ? À l’usage, nos partis de l’opposition, indépendantistes ou pas, logent à la même enseigne, ils font dans leur culotte politiquement correcte.
Dans le même ordre d’idées, Louise Harel et Pauline Marois s’excusent de ne pouvoir répondre ou répliquer en anglais aux journalistes dans un État où la langue française est censément LA langue officielle. On prétend souvent que les Québécois se comportent en colonisés, en annexés. C’est vrai. Mais comment se comportent leurs élites, même celles dites souverainistes ? Qu’est-ce que c’est que cette bande d’enfoirés prétendant d’un côté de la bouche défendre la nation québécoise et sa culture d’origine française et laïque et jouant de l’autre le jeu du bilinguisme, du multiculturalisme et du communautarisme ?
Sans doute est-il vrai que les Québécois de souche française se comportent en colonisés et en annexés. Mais, avant de les en blâmer, il faut voir comment se comportent ceux qui se prennent pour leurs chefs ou leurs libérateurs potentiels. On dit communément que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent. Peut-être devrait-on renverser la proposition et affirmer que les dirigeants ont le peuple qu’ils fourvoient.


