Pauline Marois, allez-vous enfin parler, dire quelque chose ? Pourquoi vous défilez-vous toujours, de quoi avez-vous donc peur ? Votre attitude et beaucoup de vos déclarations me font croire que vous ne vous rendez pas compte de la situation, de ce qui se passe depuis des années, comme si vous aviez le nez collé sur la vitre depuis tout ce temps sans jamais avoir réellement compris la situation du Québec. Vous nous laissez croire que vous choisissez de gouverner une province canadian, vous ne démontrez aucun courage, aucun leadership quant à l’avènement de l’indépendance. Nous savons, vous savez que nous sommes présentement dans la meilleure fenêtre d’opportunités comme on dit, qu’il n’y aura pas de meilleurs moments. Prochainement il y aura les campagnes électorales fédérales puis québécoises, ensuite 8 ans de gouvernance sans vélléités sécessionistes. Les faits sont là : sitôt le pouvoir acquis par le PQ, la volonté d’indépendance baisse inexorablement dans la population. Conséquemment, la stratégie de faire un référendum sur la souveraineté (peu importe la question), une fois au pouvoir, ça ne peut pas marcher. En 1995, si Bouchard n’était pas intervenu pour sauver les meubles, ça se serait terminé à 40 % pour le Oui. Parizeau l’a compris.
C’est maintenant le meilleur moment pour agir, construire donc, commencer le chantier. Quoi donc ? Une coalition de partis pour obtenir 75% des votes, réaliser rapidement un projet de Constitution pour les prochaines élections, élaborer un programme de gouvernance nationale souveraine, etc.
Mais vous reportez encore le congrès. Comment peut-on encore vous faire confiance ? Vous perpétuez l’attentisme de Lucien Bouchard et de Bernard Landry. Comme vous voulez juste commencer par gouverner la province, vous reportez sciemment de 10 ans le travail d’émancipation à faire. Je n’aime pas ça, à mes yeux c’est très grave.
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Michel David, j’aime bien vous lire et vous êtes beaucoup meilleur depuis quelques années, parce qu’on vous connaît mieux, vous confiez quelques fois votre sentiment, on sait mieux ce que vous pensez. Mais hier encore vous reveniez avec ce discours prêtés aux dits purs et durs et la logique implacable voulant que les québécois ne veulent pas d’un référendum, donc de la souveraineté, et donc que tout autre stratégie que celle préconisée par le PQ ne fonctionnerait pas. Les médias parlaient déjà comme ça avant l’époque de Parizeau, c’est un schème entretenu. Vous négligez l’impact d’un leadership fort, d’un discours qui émeut, d’une vision qui force l’admiration. Quand le PQ portera le discours de l’indépendance en y croyant vraiment, avec des gens que la population voudra suivre (des gens intéressants, donc, pas des politiciens de carrière), quand ce sera ainsi, la logique que vous entretenez ne tiendra plus. Mais ça n’arrivera jamais si on entretient cette mentalité qui empêche les gens de s’émanciper politiquement, de penser autrement sans le Canada. A cause de l’opinion publique entretenue, même un Parizeau ou un Bouchard, aujourd’hui, n’y parviendrait pas. Les journalistes au Québec portent une lourde responsabilité quant à l’évolution de la nation.
J’aime vous lire, je vous sais honnête et réaliste. Je ne vous demande pas de faire du journalisme de combat, je vous demande un peu plus de réflexion sur ce point. Tout ceux qui s’opposent au PQ de l’après-référendum de 1995 ne sont pas des purs et durs, comme vous dites. Il n’y a plus grand monde qui demandent un référendum coute que coute. Ce que les militants veulent, c’est de l’action, du concret. Ils veulent avancer et ils veulent que leurs représentants du PQ se mettent à l’ouvrage.
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Mme Nicole Hébert. Vous dites que si on est contre le PQ, nous devons expliquer comment nous ferons l’indépendance autrement qu’avec ce parti. Le corollaire est que si nous voulons faire l’indépendance avec le PQ, nous devrions nous abstenir de le critiquer. Parce que c’est ça la réponse à votre question : si nous critiquons le PQ, c’est parce que nous savons qu’il est l’outil qui a les meilleures chances d’y parvenir, nous voulons donc qu’il y parvienne, mais nous voyons bien que l’histoire se répète, que son action est stérile. Nous voyons que le PQ est non seulement en attente que le peuple se réveille tout seul, il est aussi nuisible à l’objectif car son inaction laisse la population aux mains des conditionneurs de nos esprits (les médias, les hommes d’affaires, les artistes qui ne se prononcent jamais, etc.). Ne pas agir c’est se laisser porter par le courant. Nous sommes présentement dans un torrent et nous aimons ça (on vient de réélire le PLQ). Ça va mal en maudit. Ça va mal mais le PQ ne semble pas s’en rendre compte.
En fait, il voit bien, le PQ, que la population s’endort tranquillement, inexorablement. Comme je présume tout de même de la bonne foi des autorités du PQ, je crois qu’ils ne se rendent pas compte de l’urgence de la situation, de la catastrophe prochaine. Combien de temps encore Montréal sera-t-elle francophone, n’est-il pas déjà un peu tard ? Le PQ ne se rend pas compte (imaginez, ils défendent les 2 CHUs) c’est pourquoi ils ne sont pas pressés, ils acceptent de prendre le pouvoir et de l’exercer pendant 7 ou 8 ans sans jamais rien faire en ce qui concerne notre émancipation, juste attendre que le peuple manifeste son désir. Alors comme on sait que sitôt le pouvoir acquis, la volonté d’indépendance baisse inexorablement (sauf sous Parizeau), travailler à obtenir le pouvoir d’abord et on verra après, cette attitude-là, madame, c’est odieux. C’est de la fausse représentation. Permettez qu’on essaie de mettre de l’ordre dans cette machine, permettons-nous de brasser la cabane maintenant, pas en 2011 quand il sera trop tard. Car après, il y aura soit la gouvernance péquiste stérile, soit une autre gouvernance. 10 ans de plus à attendre et espérer. Permettons-nous donc un peu de colère, c’est malheureusement nécessaire, la vie n’est pas faite que de bonnes intentions. Il faut parfois affronter ceux qui nous oppressent, et il faut parfois ramener à l’ordre ceux qui travaillent mal en équipe, même et surtout s’il s’agit du chef. Comment certains osent-ils parler d’unité inconditionnelle, peu importe où on va ? Qu’est-ce que c’est que cet appel aveugle ? C’est suicidaire, nous mourrons à petit feu.
