Dans son éditorial du 12 août, dans Le Devoir, Jean-Robert Sansfaçon écrit :
"Il est connu depuis longtemps que les relations sont tendues entre policiers et jeunes désoeuvrés, surtout ceux qui n’ont pas la peau blanche." Et-ce que Michaëlle Jean, en niant cette réalité, se rend compte qu’elle perd ainsi le peu de crédibilité qu’on aurait pu lui accorder quand elle parle des communautés ethniques en général et des communautés noires en particulier !
Mais le plus important se trouve dans les deux derniers paragraphes de cet éditorial remarquable. Les voici.
"Il y a des années que la tension monte à Montréal-Nord, où la pauvreté touche plusieurs familles d’origine haïtienne et latino-américaine. Montréal-Nord est l’un des pires exemples d’une immigration ratée : comment peut-on parler d’intégration sociale quand les taux de décrochage scolaire et de chômage sont aussi élevés ?
Est-ce la faute du modèle d’immigration qui, sous prétexte d’humanisme mal compris, accorde la priorité à la réunification familiale au lieu de la qualification professionnelle ? Le temps est venu de revoir ce modèle à la lumière des pratiques les plus concluantes qui ont cours dans le monde. Sans une telle révision, les ghettos fleuriront et tous les discours moralistes appelant la société majoritaire à « s’ouvrir aux autres » resteront vains."
Les discours moralistes, on les a entendus dans la bouche de Gérard Bouchard et Charles Taylor et c’est le pain quotidien de la Gouverneure générale du Canada. Ayant travaillé comme conseiller politique du ministre de l’immigration Jacques Couture du Parti québécois au moment de la signature de l’entente Couture-Cullen, et ayant participé à un comité chargé d’attribuer des points selon certains critères pour la sélection des immigrants, je crois, comme Jean-Robert Sansfaçon, que la priorité de la réunification familiale automatique ne fait qu’augmenter la pauvreté et ses séquelles et doit céder sa place à la qualification professionnelle.
Il y a des moyens de favoriser l’intégration des immigrants, ces 55,000 nouveaux arrivants qu’on nous promet, et ces moyens, il faut les prendre au lieu de se laisser culpabiliser par des discours moralisateurs sur l’exclusion dont nous serions responsables avant même d’avoir analysé les causes des problèmes d’intégration qui conduisent aux tensions vécues à Montréal-Nord.
