@ Nicolas Rodrigue
Vous avez une thèse et pour la valider vous isolez du contexte général la capitulation de Montréal. Votre thèse, « Nous sommes des lâches. La France a tout fait pour protéger ses territoires et son peuple de Nouvelle-France. »
Vous me citez en disant : « Vous dites que « Lévis n’avait pas les moyens de défendre Montréal. »
Vous êtes en train de dire que Lévis était moins en mesure que VOUS d’évaluer la possibilité d’une victoire, alors qu’il était sur place et au Front. N’importe quoi !?! »
Vaudreuil aussi était sur place, et son entourage aussi. Eux aussi avaient en main leur propre évaluation de la situation. ET contrairement à ce que vous dites, Lévis n’aurait pu défendre Montréal et lui-même n’avait pas l’intention de la défendre… il a voulu combattre pour l’honneur de son grade et recevoir les honneurs de la guerre que lui refusaient les Anglais. Rien de plus.
Voici ce qu’on peut lire au titre Républiquelibre.com.
Je préfère infiniment cette version de l’histoire que la vôtre... ET vos arguments ne me permettent pas de me convaincre qu’ils sont mieux documentés.
« Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil, a 61 ans en 1759. Il est gouverneur de la Nouvelle-France et le premier homme né ici à occuper ce poste prestigieux. Contrairement à plusieurs Français qui viennent ici par obligation et s’empressent de retourner en France leur devoir accompli, Vaudreuil est Canadien d’abord. Son pays et son monde sont ici. Il ne s’entend pas du tout avec le général Montcalm. Il trouve les stratégies de ce dernier trop passives. La destruction de Québec et des villages avoisinants lui brise le coeur, c’est son pays qu’il voit s’envoler en flammes.
« À Montréal en 1760, Vaudreuil doit affronter un cruel dilemme. Trois armées britanniques comptant en tout 11 000 hommes encerclent la dernière ville française du Canada. Montréal est pratiquement sans défense. Tous, militaires et civils, lui recommandent de se rendre. Mais lorsqu’il apprend qu’Amherst leur refuse une reddition dans la dignité militaire, Lévis et Bougainville sont outrés. C’est leur honneur qui est en jeu ! Ils exigent alors de faire une dernière sortie avec les 2400 hommes qui restent. Tout au moins, Lévis demande au gouverneur le privilège de se retirer dans l’île Sainte-Hélène avec ses hommes pour y défier Amherst. De cette façon, les officiers supérieurs plairaient au roi et sauveraient leurs carrières.
« La carrière de Vaudreuil est aussi en jeu. Mais il sait fort bien que donner à Lévis la permission de se battre signifierait la destruction de Montréal et de nouvelles horribles souffrances infligées au peuple canadien. Les armées britanniques ont déjà prouvé leur férocité en Irlande, en Écosse et tout récemment en Acadie. Dans l’adversité, Vaudreuil prend la décision la plus difficile de sa carrière et ce faisant, prouve qu’il est un grand gouverneur. Il rejette la demande de Lévis et signe une capitulation qui protège les droits des Canadiens, leur intégrité physique, leurs biens, leur religion et leurs lois.
« Lévis est humilié mais obéissant. Il se rend sur l’île Sainte-Hélène où il préfère brûler ses drapeaux plutôt que d’avoir à les remettre aux Anglais. Le 8 septembre, Montréal et tout le Canada sont cédés à l’Angleterre. Officiers, soldats, fonctionnaires et marchands français s’embarquent pour la France.
« Lorsque Louis XV apprend la capitulation de la Nouvelle-France, il n’en revient pas. Ce n’est pas qu’il soit triste d’avoir perdu la colonie, pas du tout. Il ne se préoccupe aucunement du sort des Canadiens, pourtant tous d’origine française. Les Anglais peuvent faire ce qu’ils veulent de la population civile de la colonie, le roi n’est pas du tout intéressé. Ce qui le bouleverse c’est que son armée, la plus respectée d’Europe, a capitulé sans recevoir les honneurs de la guerre. Quelle honte ! Pour lui, c’est pire que la perte d’un empire. Quelqu’un doit donc servir de bouc émissaire, et il n’est pas question que ce soit un officier supérieur de l’armée française !
« À son arrivée au port de Brest en 1760, Vaudreuil le vieux gouverneur est presqu’aussitôt jeté dans la prison de la Bastille à Paris. Le roi le rend personnellement responsable du déshonneur qui frappe toute l’armée française. Le dernier gouverneur de la Nouvelle-France, un Canadien de surcroît, payera pour l’échec militaire humiliant. »
Ainsi, pour en savoir plus sur la Conquête et ce qui a précédé la capitulation de Montréal, vaut mieux consulter ce résumé de Républiquelibre.com que de suivre votre argumentaire sophistique isolationniste. On se saurait isoler la capitulation de Montréal de l’ensemble de la Conquête qui s’est en fait jouée à Québec entre le 13 septembre et l’été suivant. Et ce que nous avions entre les mains à ce moment-là et qui n’a pu nous protéger de la Conquête résultait de l’abandon de la France qui aurait dû dans les 50 ans précédant ces événements peupler la Nouvelle-France. Ce qu’elle n’a pas fait pour ne pas dépeupler la France, a-t-on dit à l’époque. LOUIS XV a ensuite nommé un Montcalm qui avait fait le projet d’abandonner la Nouvelle-France du Nord pour se réfugier en Louisiane. Il n’a pas su utiliser les forces des Neufrançiens. Il a voulu agir seul pour son honneur de soldat du Roy.
En 1760, LOUIS XV n’a pas transmis de renforts. Ce sont les Anglais qui l’ont fait. En tenant Québec, plus aucune espèce de réplique française n’aurait eu des chances de retourner la situation. Lévis n’a voulu envoyer 2500 hommes contre 11 000 que pour l’honneur de son grade, pas pour renverser le cours de l’Histoire.
Vous ajoutez :
« Ensuite, toutes ces spéculations que vous faites sur une supposée défaite indiscutable ne sont qu’un prétexte de plus pour camoufler la lâcheté de nos ancêtres. Il aurait été préférable pour nous de mourir au combat que de se laisser soumettre au chef de l’Église Anglicane, Jeanne d’Arc en aurait honte. »
N’importe quoi !? Comme si décimés, nous aurions pu mieux survivre...
« Votre Vaudreuil était tellement Canadien qu’il considérait que cela ne valait pas la peine de vivre au Canada, c’est pour cela qu’il est parti en France pour terminer ses 15 dernières années de sa vie dans un château et cela après avoir abandonné ses compatriotes aux mains des anglais. Vaudreuil a fait de la prison pour cause de trahison, il n’avait pas l’autorité requise pour capituler, alors que la guerre n’était pas officiellement terminée. C’est pour cela que Lévis devait désobéir à Vaudreuil et le déposer pour trahison. »
N’importe quoi !
Lévis n’aurait pu défendre Montréal... Et Vaudreuil vaincu, n’avait pas le choix en tant que Gouverneur de la Nouvelle-France occupée, de rentrer en France.
« L’Angleterre voulait garder sa colonie et ne voulait surtout pas avoir un ennemi à côté de ses intérêts, alors il a préféré garder la nouvelle France. C’était lui qui était en position de force dans cette négociation et non la France. »
ET, l’Angleterre est tombée dans le panneau... La France a abandonné le Nord de la Nouvelle-France à l’Angleterre par Cession, pour fragiliser l’Angleterre et favoriser l’Indépendance des États-Unis survenue que la France a appuyée, cela dans le but de reconquérir la Nouvelle-France un jour, mauvais calcul qu’a bouleversé la Révolution française.
Citant Denis Vaugeois, Christian Rioux écrit dans Le Devoir 2009 08 25 ( Défaite ou Conquête ? ) :
« ... « En signant le traité de Paris, les Français étaient aussi convaincus d’ouvrir la porte à l’indépendance américaine. Une fois la menace française vaincue, les 13 colonies pouvaient se débrouiller seules. D’ailleurs, en signant, Choiseul aurait dit : « Nous les tenons ! ». » »
Votre thèse ne tient pas la route.
« Que voulez-vous, c’est nous qui avons abandonné la France et qui avons choisi volontairement de devenir des sujets de la couronne anglaise et c’est ainsi qu’on a nationalisé l’identité canadienne au départ. »
Jolie formule de renversement sophistique, mais ça ne tient absolument pas la route.
« Le roi surestimait la capacité défensive de la colonie et cela pendant longtemps, car nous gagnions et bien souvent dans des situations très minoritaires. »
Ce qui justifiait justement le peuplement de la Nouvelle-France et ce défaut remonte à LOUIS XIII et LOUIS XIV. Or, la France ne l’a pas fait...
« On a besoin de chair à canon pour mener les guerres en Europe et on n’envoie que très peu de gens aux colonies » d’Amérique, d’Afrique et des Indes.Wikipédia .
Qu’on ait ensuite compté pour pallier le décalage entre le peuplement de la Nouvelle-France et de la Nouvelle-Angleterre, sur nos alliances avec les Premières nations ne fait que consacrer la pérennité d’une souveraineté française artificielle qui ne pourra durer, ce que l’Histoire a pu prouver.
« C’est uniquement l’absence d’unité nationale de la nation que nous sommes divisés sur la question nationale... »
Vous voulez rire !?
C’est parce qu’il n’y a pas d’unité que nous sommes divisés !? Vraiment !?
« ... et l’identité québécoise sera toujours la cause de notre défaite tant aussi longtemps qu’on ne reconnaîtra pas en nous l’identité française. »
Personne ne nie notre identité française et surtout pas moi. Le peuple souverain du Québec est à majorité d’origine française. Malgré et grâce à tous ses métissages, les Québécois sont toujours majoritairement d’origine française. Les Neufrançiens des provinces françaises d’Acadie, du Canada ( Québec ) et de Louisiane, était Français, sujets du Roi de France. L’éloignement de la France, puis son abandon, duquel a résulté la Conquête et l’Acte illégal de Cession nous ont fait peu à peu puis brutalement, peuple distinct du peuple de France et de tout autre.
« L’identité québécoise a divisé la race française en Amérique et cela au détriment de l’ensemble de la nation française d’Amérique. »
N’importe quoi pour enfoncer le peuple souverain du Québec sur la base de sa supposée lâcheté.
« La nation française d’Amérique » invente, définit donc une nation distincte du peuple de France... Ce que vous dénoncez une phrase plus haut... Faudrait savoir !?
Il n’y a de Nation d’origine française en Amérique qu’en tant que Neufrançienne , C’est-à-dire de Nouvelle-France. Ce peuple de Nouvelle-France devenu distinct du peuple de France par la Conquête et la Cession illégale signée par LOUIS XV.
Les Neufranciens du fait de cette Conquête puis de la Cession du Traité de Paris de 1763, ont constitués, de par leur isolement ou éloignement, des peuples distincts issus de la même origine neufrancienne et qui sont aujourd’hui les peuples distincts d’Acadie, de Louisiane et du Québec. Les descendants de la diaspora de ses trois peuples d’origine française donc, cette descendance neufrancienne peuple, majoritairement assimilée à l’anglicité américaine, le Nord-Est des États-Unis et le centre et l’Ouest du Canada en tant que minorités ethniques assimilées ou en voie d’assimilation accélérée.
Seul le peuple souverain du Québec majoritairement d’origine française dispose d’un territoire, d’un État ou il est majoritaire. Ce qui lui permet de vouloir et de pouvoir sur son territoire national, invalider l’État abusif et unilatéral du Canada jamais nommément soumis à sa démocratique approbation et toujours incapable d’obtenir le OUI qui le validerait, cela pour fonder la RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE du PEUPLE SOUVERAIN du QUÉBEC à majorité d’origine française, peuple aujourd’hui et désormais distinct du peuple de France et de tout autre.
« Le sol ne peut pas définir une nation c’est la nation qui doit définir les limites du territoire et non le contraire. »
OUI, le sol et sa géographie font les nations et déterminent leur culture
OUI, le SOL, sa géographie, ses montagnes, ses plaines, ses fleuves et rivières ainsi que les océans qui les bordent, ces obstacles infranchissables ou difficiles d’accès, ou au contraire ces voies d’accès et de transports, déterminent la constitution de la culture des peuples. C’est bel et bien le TERRITOIRE occupé par une population, qui d’abord participe à la formation des nations et il en a toujours été ainsi. L’insularité de l’Irlande, de la Grande-Bretagne, l’isolement de l’Écosse, les Alpes de Suisse, d’Italie, de France, le Rhin, tout cela a déterminé en Europe la formation des différentes ethnies, peuples et nations de la préhistoire à nos jours. Et il en va de même pour tous les peuples de la terre. La géographie, le sol, en a déterminé le sort, les gènes, les races, les ethnies qui aujourd’hui encore forme la diversité culturelle de l’Humanité.
ET, il en est ainsi pour nous. La géographie a déterminé par l’éloignement de nos mères patries respectives, la constitution du peuple états-unien, et c’est en grande partie la géographie, le sol, qui ont déterminé la formation des nations du Québec, du Mexique, du Canada. Les frontières politiques actuelles ne sont que la transposition des frontières géographiques. Et, s’il y a décalage, le principe est le même. Le sol et sa conformation, liés aux moyens de transports et de communications propres à tel stade de développement de la culture et des techniques humaines, sont l’un des facteurs déterminants de la constitution des nations de ce monde.
Le sol et sa conformation géographique ont déterminé de tout temps et détermine toujours le type de culture humaine qui a pu s’y adapter, et partant de telle nation qui s’est formée autour de tel type de sol générant tel type de culture. De la plaine verdoyante et tempérée au désert aride, jusqu’aux glaciers, l’humain a pu développer sa diversité grâce à son pouvoir d’adaptation à la diversité du sol terrestre. Si le sol avait été uniforme, nous serions tous pareils de couleur, de culture, voire de langue. Le sol a déterminé et détermine encore, malgré la mondialisation et les techniques de transport et de communication, cette diversité culturelle selon les territoires de chasse, de pêche ou ses capacités ou incapacités en agri-culture. Ce n’est pas pour rien que culture et agri-culture sont issues de la même... racine étymologique. Tel sol pourra produire tel vin, tel fromage, telle viande, telle cuisine, telle culture autour de telles pratiques agricoles et culinaires.
Le Québec n’échappe pas à cette règle. Nous avons pu constituer un peuple à part entière en grande partie à cause de la conformation du sol québécois et de ses voies navigables autour d’un fleuve-océan et des ses affluentes rivières, du Saguenay à la Chaudière, des Trois-Rivières à la rivière des Outaouais. Cela constituant un tout autour du Saint-Laurent, porte d’entrée de tout le Nord d’un continent.
Le Québec - Les Québécois
Cette géographicité doublée de frontières politiques afférentes bordées au sud par les Appalaches nous protégeant du Sud états-unien, a favorisé naturellement autour du Saint-Laurent fertile un espace de communication congruent via une multitude de voies d’eau, un ensemble relativement isolé du reste de l’Amérique auquel on ne peut avoir accès que par Québec. Comme l’Égypte s’est constituée depuis la préhistoire autour du Nil et les Sémites autour du croissant fertile du Moyen-Orient.
C’est par ces mêmes voies d’eau que nous avons pu conquérir le reste des Amériques au Sud jusqu’à la Louisiane. Et, le Québec protégé par les Appalaches s’est constitué en tant que nation distincte de toute autre depuis l’installation des Français en Nouvelle-France en 1698 à Québec jusqu’à nos jours, cela, de la Gaspésie aux Cantons de l’Est de la Côte Nord à l’Outaouais, de la Beauce au Lac Saint-Jean. Cette mobilité fluviale nous a permis de constituer un peuple du Québec à part entière et congruent, qui aujourd’hui encore peut par là fonder un État valide et souverain.
Notre identité française originelle est partie de nous, de notre histoire mais évolue depuis la Conquête à distance de la France et hors l’espace politique, culturel et identitaire de la France. Nous sommes liés, mais distincts. Notre neufrançité nous lie à l’Acadie, aux Cajuns, aux Franco-États-Uniens et aux Canadiens-français. Une neufrançité partie de l’ethnie française de France, de Belgique, de Suisse et des territoires français outre-mer. Une neufrançité qui nous lie aussi à l’espace francophone mondial d’Afrique, d’un Moyen-Orient et d’Asie.
L’UNION de NOS forces
Nous reste à faire l’UNION de nos forces pour contrer l’UNITARISME canadianisateur. Cette UNION qui nous a fait défaut quand la France s’est occupée de nous en dénigrant ce que nous étions et ce que nous avions appris au contact des Premières nations alliées. Montcalm a refusé de la faire cette UNION et s’est présenté seul et précipitamment devant l’ennemi. Il ne nous faut plus faire la même erreur. Il nous faut affronter adversaire et ennemis dans l’UNION de nos forces.
Si ce 250e anniversaire de la défaite de la Bataille des plaines du 13 septembre 1759 peut nous être utile, c’est bien à cet égard crucial. Il nous faut faire l’UNION de nos forces maintenant. Ça tombe bien, nous avons le temps de la faire, pour peu que l’attentisme, la procrastination, le découragement ne s’emmêlent pas trop ce faisant ou ce ne faisant pas.
À bas l’état usurpateur du Canada jamais nommément soumis à nos voix !
Vive la RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE du PEUPLE SOUVERAIN du QUÉBEC !
Un peuple uni jamais ne sera vaincu !