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Un heureux premier pas de Bernard Landry
Gaston Laurion
Tribune libre de Vigile
lundi 28 février 2005      100 visites


Enfin (ce n’est pas trop tôt), le chef de l’Opposition officielle, Bernard Landry, se décide à affirmer publiquement (Le Devoir, 26-27 février 2005, p. B 5) que la motion de blâme votée le 14 décembre 2000 à l’encontre d’Yves Michaud, pour des propos dont on ignore d’ailleurs toujours la teneur, constituait « un geste qui n’était pas exemplaire au chapitre du respect d’autrui » et « qu’Yves Michaud n’a pas été traité comme il aurait dû l’être. » Suit un éloge de la carrière exemplaire de M. Michaud et une incitation adressée à ce dernier à accepter le grade de chevalier que l’Ordre national du Québec lui a proposé et qu’il a refusé. L’ensemble de la démarche de M. Landry est louable puisqu’aussi bien elle semble engager la députation péquiste, mais elle reste insuffisante et arrive plutôt tardivement.

Insuffisante, car l’affaire est peut-être close pour ce qui est du Parti québécois, dont M. Landry est président, mais l’injustice commise le fut, en réalité, par l’Assemblée nationale au complet. C’est donc cette dernière qui devrait exprimer ses regrets à M. Michaud, au moyen d’une motion en bonne et due forme dont M. Landry pourrait lui-même prendre l’initiative, au nom de l’Opposition officielle. Tardive serait néanmoins la réparation, si l’on pense que, durant tout le temps qu’il était Premier ministre, M. Landry disposait d’un pouvoir qui lui aurait permis de procéder bien avant aujourd’hui et sans alors avoir recours aux libéraux, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Quoi qu’il en soit, maintenant que l’honneur du Parti québécois est à peu près raccommodé, M. Landry doit tenter de convaincre les libéraux, qui se sont également comportés d’une manière irréfléchie et irresponsable, de s’entendre avec l’Opposition officielle pour restaurer le crédit perdu de l’Assemblée nationale. Lorsque l’on a commis une erreur, il faut le reconnaître, même si l’on jouissait, ce faisant, de l’immunité parlementaire, cela afin que justice soit rendue.




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