Jovialisme "provincial"
Impossible de renouveler la pensée politique
en proposant la "subordination" comme projet politique national
Réconcilier le Québec et le Canada plutôt que reconquérir ? Pour y arriver, il faudrait sans doute effacer l’histoire, comme s’acharnent à le faire depuis des années les fédéralo-techocrates du MEQ, ou réécrire l’histoire, comme le proposent Pratte et cie, ou encore, comme le conclut Laforest, transcender l’histoire, en se perdant dans la rhétorique de la fraternelle sollicitude. Comme quoi, pour être fédéraliste au Québec, il faut se situer au-delà du champ politique, s’oublier jusqu’à la méconnaissance de soi et de l’autre...
"Je me souviens" : même les dieux ne peuvent défaire ce qui a été ! Alors, que pourraient donc faire ces mercenaires, ces besogneux du fédéralisme plausible, ces artistes de l’amnésie collective, ces promoteurs bon-ententistes, sinon se casser les dents en prétendant oublier les tendances lourdes de l’histoire Canada-Québec, qui est une histoire de deux nationalismes, l’histoire d’un conflit.
Il nous faut résoudre ce conflit sans capitulation, ni reddition, ni subordination volontaire prônées par de belles âmes éprises de concorde ou par des minoritaires épuisés. Il nous faut lutter, encore et encore, pour triompher des petits calculs des cyniques qui, en déplaçant le pouvoir si loin et si haut, le rendent incontrôlable et, pour tout dire, le cèdent à des acteurs furtifs et autocratiques.
Il nous faut tendre de toutes nos forces vers la conquête de soi. Nous serons nous-mêmes quand, dans un effort de dépassement, nous serons, chez nous, réconciliés avec nous-mêmes, confiants dans le destin qui se dessine à mesure que notre courage ose le regarder en face, sans le besoin de se nier, de s’aplatir ou de fuir la dure réalité.
Vigile
