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Un combattant de la liberté


Photo : André Tremblay, La Presse

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Comme cinéaste, Pierre Falardeau a toujours fait des films à travers lesquels son engagement profond pour son pays, le Québec, transpirait en milliards de pixels. Il faut saluer son rare courage d’être resté fidèle à ses idées dans ce monde où il aurait facilement pu devenir un bébé gâté du système des subventions... s’il avait fermé sa grande gueule.

Non, il avait choisi la voie la plus difficile, celle des bâtisseurs de pays, celle des combattants de la liberté. Au « yâble » le confort et l’indifférence des souverainistes de salon qui s’admirent mutuellement dans les lofts d’Outremont où ils amassent des fonds pour un parti qui a fait sauter l’article 1 de son programme, soit l’indépendance. Falardeau aimait fréquenter le vrai monde et n’avait pas peur d’être vu avec de vrais colonisés comme on en retrouve dans ses films sur Elvis Graton, l’archétype du Québécois content de son sort de looser et respectueux de toutes les autorités. Falardeau est demeuré un militant exemplaire qui, au fil des années les plus sombres de la lutte de libération nationale, n’a jamais baissé les bras comme l’ont fait tant de ses contemporains défaitistes, fatigués, usés et abattus. Non, il était un homme de conviction profonde et ce n’est pas parce que le vent changeait de direction qu’il allait renier ses convictions. Même si ça lui coûtait souvent très cher, car les cinéastes qui ne reçoivent pas de subventions de Québec et d’Ottawa peuvent difficilement faire fleurir leurs oeuvres.

Tenace. Fidèle à lui-même. Généreux. Déterminé. Fier. Optimiste. Ce sont toutes des qualités qu’on peut accoler au grand personnage qui vient de nous quitter. Il était aussi une voix, une parole qui dérange, qui secoue, qui bouscule, qui ne laisse personne indifférent. Il était la voix des sans-voix. De tous ceux qui ont envie de crier « crisse, c’est assez ! » mais qui n’osent pas.

Le Québec lui doit beaucoup. Et la meilleure façon de lui rendre hommage, c’est de poursuivre le combat pour le pays du Québec, pour la République.

Repose-toi bien, fier combattant. D’autres vont reprendre les armes. Et nous allons poursuivre le combat.

***

Pierre Schneider

Cofondateur du FLQ en 1963, l’auteur a été cadre de l’information au Journal de Montréal.



Source
http://www.cyberpresse.ca/opinions/forums/200909/28/01-906187-un-combattant- (...)




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