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Dans son éditorial de jeudi, André Pratte s’interroge sur la pertinence des inquiétudes soulevées par la fréquentation des cégeps anglais par près de la moitié des allophones pourtant issus des écoles françaises.
« Si on veut que les jeunes Québécois soient bilingues, pourquoi s’inquiète-t-on du fait que certains profitent de l’existence chez nous d’institutions de langue anglaise ? Mme Marois ne convient-elle pas elle-même que l’immersion est le meilleur moyen d’apprendre une langue ? », écrit-il.
La question est pertinente. Une partie de la réponse coule de source lorsque qu’on retourne la question comme une chaussette. Certains prétendent que tous ces allophones issus du secondaire français poursuivent leurs études au cégep anglais par désir de bilinguisme. Pourtant, les allophones issus du secondaire anglais ne choisissent le cégep français qu’à 0,5% et ce quasi-néant ne s’est pas démenti depuis de nombreuses années.
Une fois la chaussette retournée, la question de M. Pratte pourrait se lire comme suit : ces allophones ayant acquis une excellente maîtrise de l’anglais au secondaire ne devraient-ils pas profiter de l’existence chez nous d’institutions de langue française pour devenir bilingues ?
Voilà qui démontre que ce qui attire les allophones issus de l’école secondaire française au cégep anglais, ce n’est pas l’attrait du bilinguisme mais bien celui de l’anglais.
Christian Gagnon
Montréal
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