"Federalism wins", éditorialisait le The National Post au lendemain du Conseil national du PQ. "Indépendance du Québec : les souverainistes tournent la page", titrait le Figaro. Les scribouilleux de GESCA se sont réjouis également. Il en faut moins que ça pour faire paniquer les meilleurs...
L’heure juste
Il y a plus de 60% des Québécois, souverainistes et autonomistes, qui sont insatisfaits de la place du Québec dans la Fédération canadian. Le PQ et l’ADQ qui les représentent ont mis à leur programme des revendications plus radicales exigeant d’Ottawa un transfert de pouvoirs en conséquence.
C’est dire que le triomphalisme canadian risque d’être de courte durée... La reconnaissance par Ottawa de la "nation des Quebecers" aura eu une courte carrière. On se demande encore comment le Bloc a pu appuyer une telle chose qui, en bout de ligne, réduit au nationalisme ethnique le mouvement souverainiste québécois. Lui si prompt à en réprimer l’expression... De la même manière, on se demande encore comment le Bloc peut appuyer la guerre en Afghanistan quand plus de 60% des Québécois s’y opposent... Il laisse échapper là une belle occasion de marquer la "différence québécoise" en montrant du doigt les grands dossiers qui opposent Québécois et Canadians. Surtout une belle occasion d’étaler publiquement (urbi et orbi) la source de cette insatisfaction lancinante qui épuise nos forces et dévore des générations de Québécois.
Ces "actes manqués" sont d’autant plus regrettables que la conjoncture fédérale se prête parfaitement bien à cette sorte de bilan. La mort annoncée du PLC, sous la houlette d’un chef à l’autorité contestée de l’intérieur, et rejeté par les Québécois pour ses pompes et ses oeuvres..., cette mort annoncée au Québec d’un parti arrogant et méprisant à notre égard signe un nouveau chapitre. Il en sortira un PLC dominé par un chef ontarien et orienté plus ouvertement à la défense des intérêts ontariens. Idem pour ce qui concerne l’aventure afghane du gouvernement Harper qui dilapide les fonds publics dans une guerre obscure qui nous rend complices d’un impérialisme belliqueux et destructeur.
Mais tout n’est pas perdu, les souverainistes auront bientôt l’occasion de se reprendre quand la Cour suprême du Canada se prononcera sur la loi 104 concernant le libre-accès à l’école anglaise. Les Québécois n’accepteront jamais de revenir quarante ans en arrière, au temps du Bill 63 consacrant le choix des parents. Non, l’histoire ne se répète pas. Qui peut croire qu’une telle situation trouverait une solution tranquille, dans une conjoncture de crise linguistique, pour l’instant camouflée par les fédéralistes, mais trop criante pour ne pas détonner un jour ou l’autre ?!
Comment expliquer ce refus d’exploiter une telle conjoncture de la part des dirigeants souverainistes ? Une conjoncture, redisons-le, qui avait le mérite de faire éclater au grand jour l’incompatibilité politique des Québécois et des Canadians.

