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Dans le mince journal Le Devoir du 25 septembre 2006, John Parisella a publié un texte pour préciser certaines petites choses et pour exprimer son désaccord avec le titre et le contenu d’un texte d’Antoine Robitaille sur Daniel Gagnier, paru samedi dernier, titré « Charest recrute un stratège de Trudeau ».
M. Parisella accuse le journal Le Devoir de manquer d’équilibre et de nuance, en déclarant qu’en décrivant M. Gagnier comme étant un proche ou un stratège de Trudeau relève de l’exagération la plus simpliste.
Plus loin dans son texte, se prononçant sur ce qu’il voit comme étant certaines omissions du texte de M. Robitaille, M. Parisella élabore sur le fait que M. Gagnier fut aussi un employé du gouvernement fédéral sous Brian Mulroney dans un dossier, dit-il, fort névralgique pour le Québec, celui du libre-échange. Il aborde aussi le fait que M. Gagnier a été dans le cabinet de David Peterson en Ontario et que M. Gagnier fut un proche collaborateur de Robert Bourassa lors des négociations sur l’accord du Lac Meech et, par la suite, l’accord de Charlottetown.
M. Parisella poursuit en beurrant pas mal épais quand il dit de M. Gagnier qu’il peut témoigner (sic) que nous avons pu bénéficier d’un québécois qui savait comprendre et sympathiser avec les positions du Québec.
Puisque M. Parisella aime vraiment jouer avec les mots, il a trouvé sa contrepartie en M. Michel David qui lui a répondu, dans la même édition, en recadrant le texte de M. Robitaille à sa façon, trouvant un titre un peu plus pertinent que « stratège », en avançant celui de « L’homme de Londres » qui manoeuvrait pour le rapatriement unilatéral, un mercenaire proactif très efficace, plein d’initiatives, guidé par les instructions de Trudeau.
Il faudrait peut-être recadrer la carrière de M. Parisella, qui peut se résumer à celle d’un relationniste à la solde du Canada anglais ayant oeuvré principalement pour le PLQ.
À cette fin, j’ai fait un petit relevé du parcours professionnel de ce personnage prospère.
Dans Wikipedia, on le décrit comme étant un chroniqueur, un homme d’affaires, voire un homme politique. Il a été directeur général du Parti Libéral dans les années 1980, ayant aussi occupé le poste de chef de cabinet adjoint pour Robert Bourassa et Daniel Johnson fils. Il est le conjoint de l’animatrice de télévision bien connue du nom d’Esther Bégin et il a écrit des chroniques dans La Presse. Il est consultant pour des grandes entreprises canadiennes et il est chercheur à la chaire Raoul-Dandurand d’études stratégiques et diplomatiques à l’UQAM.
De d’autres sources, j’ai appris que M. Parisella a été président de l’agence BCP depuis 1999, associé principal et président de BCP consultants. Également conseiller spécial en communications auprès du recteur de l’université Concordia, il est co-président de la fondation de la Tolérance. Pierre-Marc Johnson, Herbert Marx et Gary Waxman sont également du conseil d’administration de cette fondation.
Il se retrouve aussi sur les conseils d’administration des boîtes suivantes : le journal Le Devoir ; le théâtre du Rideau Vert ; le musée Pointe-à-Callière et le partenariat Hexagram, celui-ci oeuvrant dans les médias universitaires.
Niant avoir bénéficié d’un traitement de faveur de la part du PLC dans des contrats sans appel d’offres, et ce, dans un témoignage devant la commission Gomery en rapport avec un contrat de tourisme Canada qui a rapporté 65 millions de dollars à BPC entre 1995 et 2003, M. Parisella a reconnu devant M. Gomery avoir eu ce contrat sans passer par un processus de sélection très rigoureux. C’est Charles Guité qui avait fait remarquer que BCP n’était même pas une agence accréditée par le gouvernement fédéral et que Jean Pelletier, ancien chef de cabinet de Jean Chrétien, avait détourné le processus d’appel d’offres.
Également devant la commission Gomery, Parisella a reconnu avoir décroché
encore sans appel d’offres - un très lucratif contrat à long terme de la
société Postes Canada, qui était alors présidée par le ministre libéral
André Ouellet, ami de longue date du fondateur de BCP, Jacques Bouchard.
M. Parisella nie également que l’amitié de M. Ouellet et de M. Blanchard
ait pu jouer en la faveur de sa firme.
D’ailleurs, Paul Coffin a affirmé avoir reçu 86 000$ pour faire transiter un contrat de plusieurs centaines de milliers de dollars destiné à BCP pour une campagne de promotion sur la clarté référendaire, en précisant que Pierre Tremblay, successeur de Charles Guité au programme des commandites, lui avait demandé de servir de paravent pour la campagne de promotion préparée par BCP. Le projet baptisé « Lumière » a été facturé au fonds pour l’unité canadian au montant de 600 000$.
M. Parisella nie avoir eu des liens ou d’avoir travaillé avec Coffin, en affirmant avoir plutôt travaillé pour la firme « Éminence grise » qui n’a jamais eu de lien avec Paul Coffin, selon lui.
J’invite les gens à aller fureter sur le site « Les notables du ré$eau Libéral » www.desnotables.com . C’est un site de Alain Richard, un dénonciateur intimement lié au scandale des commandites qui a engagé des poursuites visant, entre autres, John Parisella et Yves Gougoux, pour abus de justice.
En scrutant de plus près le cheminement professionnel de M. Parisella, on peut conclure que c’est un grand spécialiste en communications ou en placement stratégique, bref un bon vendeur de savon qui sait exactement dire ce qu’il faut, et pas plus, pour bien mousser son produit.
M. Parisella pourrait prendre un tas de fiente quelconque et vous faire miroiter ça comme de l’or en bar.
Le 4 mai 2007, dans un éditorial non signé de la Gazette, avant qu’il ne revienne bénévolement au PLQ, l’auteur anonyme de l’éditorial nous faisait part des pensées de M. Parisella sur ce qu’il décrit comme étant une tendance de certains québécois de rejeter le PLQ comme étant le parti des anglais. Selon lui, l’habileté du PLQ d’attirer massivement dans ses rangs et la capacité d’assimilation de la communauté anglo de plusieurs communautés culturelles ne serait pas un tort, mais une force du PLQ. Il trouve cette attitude de certains québécois très injuste, même grotesque, parce que certains voient la communauté anglo comme étant des « outsiders ». Pour conclure son texte, l’éditorialiste cite encore M. Parisella qui voit la communauté anglophone comme étant exemplaire et qu’un vote d’anglo vaut bien autant qu’un vote de québécois.
Dans Le Devoir du 3 mai 2007, M. Parisella a cité à tort Jacques Parizeau pour amplifier son commentaire sur "les votes ethniques et l’argent". Pourtant, M. Parizeau avait précisé dans son discours : des votes ethniques, qui signifie une partie du vote ethnique.
Directement ou indirectement, Parisella et Gagnier ont été impliqués avec le fédéral en vue de savonner tranquillement le Québec, ethniquement parlant, avec l’aide bienveillante du PLQ.
Daniel Sénéchal
Montréal
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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