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Tous les humains sont de ma race
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
mardi 24 juin 2008      239 visites      5 messages


Hier, aux nouvelles à RDI, une journaliste a eu la très bonne idée de demander à des immigrants quelle était leur chanson québécoise favorite. Variété de réponses enthousiastes.

Je salue cette Algérienne souriante qui a répondu : Mon cher pays de Gilles Vigneault. Pourquoi parmi les nombreuses chansons qu’elle dit aimer Mon pays vient en premier ?

Parce que le grand Gilles y dit : Tous les humains sont de ma race. La belle Algérienne, femme mûre, a souligné que par cette phrase de Vigneault, elle s’est sentie accueillie au Québec. On voit bien que, comme le souhaite Mathieu Bock-Côté, elle est en train de dire nous avec NOUS. De la part d’une Algérienne, ce rappel de la pensée du poète de Nathashquan est très émouvant.

Tous les Québécois applaudissent quand Gilles Vigneault chante : Tous les humains sont de ma race. C’est la base de notre nationalisme qui est aussi un humanisme.

Je signale à tous le beau et significatif spectacle de la St-Jean donné sur les Plaines d’Abraham qui est rediffusé cet après-midi à TQS. Guillaume Lemay-Thivierge (Le matou) y fait une interprétation très vraie et très positive de notre histoire. A voir ou à revoir.

Bonne fête nationale à tous et à toutes. Vive la liberté ! Vive l’indépendance ! comme le disent Marie-Thomas Chevalier De Lorimier et son frère Pierre Falardeau. Comme le disent René Lévesque et Gilles Vigneault, nous avons un pays à construire et il nous reste peu de temps pour le faire avec cette ténacité dont parle Georges-Etienne Cartier ici même sur Vigile.net qui est le lieu privilégié de nos débats et dont je salue les artisans.

Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 24 juin 2008

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —


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Vos commentaires:
  • Tous les humains sont de ma race
    24 juin 2008, par Gébé Tremblay

    Tous les humains sont de ma race. C’est la base de notre nationalisme qui est aussi un humanisme.

    Pourquoi "notre" ?

    Cette Algérienne vous dit qu’il est humain d’aimer son pays et c’est pourquoi elle et tant de gens aiment cette chanson. C’est une chanson universelle.

    Les autres nationalismes sont pas humanistes ?

    C’est son Algérie qu’elle sent dans cette chanson et non le Québec !

    Quand tu entends un chanteur parler d’amour, tu penses à ta blonde, pas à c’elle du chanteur !


  • Tous les humains sont de ma race
    24 juin 2008

    Bon, je reprends mon métier d’enseignant et je t’explique Gébé puisqu’il le faut, ce que je déplore.

    La question posée à l’Algérienne devenue québécoise : quelle est la chanson québécoise que vous préférez ? Le contexte : c’est la St-Jean, fête nationale des Québécois.

    Réponse : Mon pays de Gilles Vigneault.

    Pourquoi ?

    A cause de la phrase : Tous les humains sont de ma race.

    Pourquoi ?

    Je me suis sentie accueillie au Québec à travers cette phrase de Vigneault.

    Quand Gilles Vigneault chante : mon pays, je crois bien qu’il parle du Québec.

    Et l’Algérienne nous dit : je suis avec vous parce qu’à travers un de vos plus grands poètes, je me sens accueillie chez vous par vous. Et elle est toute fière de faire cette réponse. Je suis avec vous de tout coeur, je fais partie de vous. Je suis intégrée au Québec. La St-Jean, c’est aussi ma fête. Dans le contexte du rapport Bouchard-Taylor, je me réjouissais de rapporter la chose que tu tentes de minimiser je me demande pourquoi d’ailleurs. Tu me cherches ou quoi et pourquoi ?

    Gébé, j’ai enseigné pendant quarante ans. Tu me fais penser à certains élèves qui ne comprennent rien. Ou à certains adéquistes du blogue de Marco Fortier. Là, je ne te fais pas un compliment. Je regrette de te le dire parce que je risque de me faire un ennemi, mais je trouve que ton intervention est stupide. Quand je voudrai citer un exemple de stupidité, je penserai à toi.

    Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur. (Beaumarchais)

    Robert Barberis-Gervais


  • Tous les humains sont de ma race
    24 juin 2008, par Gébé Tremblay

    Cette Algérienne...(R. B. Gervais)

    Je sais lire, M. le prof.


  • Tous les humains sont de ma race
    25 juin 2008

    Oh là,là. Cette Algérienne veut dire : une immigrante qui vient d’Algérie et qui vit maintenant au Québec comme l’ami de ma fille qui vit maintenant au Québec et qui vient du Maroc est Marocain. Quand on se réfère au pays d’origine des Néo-Québécois, c’est pour indiquer d’où ils viennent. Dire d’un immigrant qu’il est Algérien ou Marocain, ça veut simplement dire que ce Québécois (qui est devenu citoyen canadien et qui n’a pas encore de citoyenneté québécoise puisqu’elle n’existe pas) a été un immigrant.

    Que si cette ancienne immigrante qui vient d’Algérie et à qui on demande : de quel pays venez-vous, la veille de la St-Jean, et qui répond : je suis Algérienne et à qui on demande : quelle est votre chanson québécoise préférée ? et qui répond : Mon pays de Gilles Vigneault à cause de : Tous les humains sont de ma race, on a raison de se réjouir que cette femme mûre, chaleureuse et souriante nous dise, contrairement à Bouchard-Taylor qui suggère parfois le contraire, que notre amour du pays du Québec (nationalisme) est inclusif et que, elle, qui vient d’Algérie, eh bien, la fête nationale, c’est aussi sa fête. A travers Vigneault, elle fait notre éloge, l’éloge du Québec qui est inclusif. Elle ne parle pas de l’Algérie. Ce n’est pas une touriste en visite au Québec. J’en reviens pas d’avoir à expliquer ça.

    Merci infiniment Gébé Tremblay de m’avoir obligé à faire cette explication qui je dois le dire est brillante et profonde. Je retire le mot "stupide" mais j’aimerais que tu me dises clairement et humblement si tu as maintenant (enfin) compris. Tu dis que tu sais lire. Bravo ! Je veux bien te croire sur parole mais j’ai des doutes. Il te faudrait un pédagogue à portée de la main. Je te conseille de consulter ta femme de temps en temps.

    Je sens qu’on vient d’atteindre ici un sommet et que les rédacteurs de nombreux textes qui publient dans Vigile sont dans la consternation. Imaginez-vous les amis ce qu’on comprend de vos textes aux analyses complexes et subtiles sur le Kosovo, l’étapisme ou les décisions non respectées des congrès péquistes.

    Pour revenir à la St-Jean, avez-vous entendu les déclarations émouvantes de Francis Reddy et de Boucar Diouf à Des Kiwis et des hommes ? Je pars à la recherche de ces textes remarquables pour vous les communiquer. Il me semble que, cette année, plus que jamais, lors des différents spectacles de la St-Jean, il y a eu beaucoup de contenu : tous ont affirmé leur identité française québécoise avec, en particulier à Québec sur les Plaines d’Abraham, un fond historique riche en enseignements. J’ai bien aimé Guillaume Lemay-Thivierge dire, personnifiant Montcalm : j’ai perdu la bataille des Plaines d’Abraham mais en vous regardant ce soir (200,000 personnes) et en vous entendant chanter en français après 400 ans, je vois qu’on a gagné.

    Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 25 juin 2008


  • Tous les humains sont de ma race
    25 juin 2008, par Jean-Louis Pérez

    Voici de Félix Leclerc ces mots toujours d’actualité, traduisant bien l’incohérence de nombreux Canadiens français en ce qui a trait à leur principale raison d’être :

    Des étrangers dans nos murs

    ll y a des étrangers dans nos murs, ma mère. Je ne parle pas d’américains qui flânent dans le quartier latin, bouquinent, allument un cierge à Sainte-Anne de Beaupré et repartent avec une vieille chaise beauceronne. Eux, ce sont de vieux amis.

    Il y a des étrangers dans nos murs, ma mère. Je ne parle pas des immigrants italiens qui débarquent mal renseignés à Montréal, qui exigent des écoles anglaises, (croyant que le Québec est anglais, on leur a dit.) Après qu’on leur a expliqué qu’ici c’est français, ils comprennent, parlent français ou s’éclipsent. Gentils, leurs colères sont courtes, comme seraient courtes les colère des Québécois à Rome qui exigeraient des écoles primaires « joual ».

    Il y a des étrangers dans nos murs, ma mère. Je ne parle pas des Français de France, touristes ou habitants ; paternalistes, grammairiens et cocardiers. Ils ne sont pas méchants. Écoute-les, tu en apprendras. Mais parle aussi, parce qu’ils savent écouter et sont peut-être venus pour t’écouter.

    Il y a des étrangers dans nos murs, ma mère, et du brasse-camarade et du catimini.

    Je ne parle pas des vieux Irlandais ou Écossais, nés ici, professeurs, jardiniers, éleveurs, médecins, industriels, journalistes à Westmount ou à McGill, qui lisent « le Devoir », nous défendent, nous comprennent, nous aiment et nous louangent. Je ne parle pas non plus des caïds de passage qui viennent régler des comptes pap pan... et la police ramasse les cadavres aux portes des palaces. Non.

    Ni de l’interminable lite (sic) d’Anglais de toute provenance, ministres, barbiers, vendeurs, qui se découvrent des dons de conférenciers, qui arrivent le verbe chargé de miel pour nous convaincre, nous supplier de rester avec eux, le Canada Uni. Je ne parle pas d’eux.

    Il y a des étrangers dans nos murs, ma mère. Oui, tu as deviné.

    Ils ont des noms français, des racines québécoises, des diplômes québécois, des parents québécois, mais ils nous ont échappé. Ils en avaient le droit. Salariés ailleurs, vendus à d’autres causes, ils nous ont reniés. Ils travaillent pour des maîtres qui nous méprisent. On les croirait poussés par quelqu’un d’invisible. Les entends-tu hurler depuis un jour ou deux ? Ils effraient, enfoncent des portes, affolent familles, fils et filles, nous bouchent l’horizon, nous enlèvent confiance, sèment le doute en nous parlent de soldats, de crimes... Cette peur qu’ils ont qu’On soit chez nous ici, eux, des anciens Québécois !

    Priorité cachée : diviser les français. Priorité visible : protéger les anglais.

    Les richesses qu’ils nous promettent sont nôtres. Ils nous parlent de liberté... liberté surveillée par la gendarmerie royale, qui en veut ? Partout où est le loup, ils nous jettent dans sa gueule. Qu’est-ce que c’est un ennemi ? Seraient-ils traîtres sans le savoir, ces canadiens-français ?

    Unis, unis, unilingues anglais n’est pas notre vocation ; après deux cents ans, ils commencent seulement à s’en apercevoir.

    Québec est français et doit être à nous, gouverné par nous. Je ne suis pas chez moi en Chine, à Vancouver non plus. Ils ne comprennent pas ça. Ces enragés perdus, ne les écoute pas. Garde fermée ta porte, ma mère. Ils savent lier des phrases.

    Qui sont-ils ?

    Des déracinés, des sans-patrie, des trapézistes sans filet, des aventuriers talentueux qu’il faut applaudir peut-être, mais ne pas suivre, car leur port d’attache est dans le rêve.

    Soudain, ils disparaissent. Les voilà P.D.G., sénateurs, grands seigneurs, ambassadeurs, gouverneurs.

    Il y a des étrangers dans la ville ma mère.

    Ferme ta radio et décide du jour où ce pays sera à toi.

    C’est toi, ma mère, qui va une fois pour toutes régler ce problème, toi d’abord, la femme, et personne d’autres.

    Félix Leclerc, Ile d’Orléans, October 30, 1976


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