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Sur un plan strictement économique, il ne serait pas tellement difficile pour le Québec de devenir indépendant. Cela peut se faire à un coût très bas pour tout le monde et je ne vois pas pourquoi il ne réussirait pas. - Alberto Alesina, Directeur du département d’économie de l’Université Harvard 2004
             
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Tourner la page sur le PQ !
Il faut tourner la page sur le PQ pour écrire notre Histoire qui est celle d’un fier peuple de langue française en Amérique
Daniel Sénéchal
Tribune libre de Vigile
samedi 22 mars 2008      180 visites      11 messages


C’était quelque peu prévisible, dans des texte publiés récemment par beaucoup de spécialistes dans ce créneau très pointu qui consiste à réformer le PQ normalisé, on peut constater que ces auteurs sont maintenant en plein désarroi et il règne une certaine confusion dans leurs discours, coincés et circonscrits qu’ils sont par cette idéation circulaire de réformisme du genre souverainiste-critique. La situation n’a cessé de s’empirer à la suite des élections de mars 2007, de même qu’avec l’intronisation improvisée de Pauline Marois par ce non-lieu de chefferie du PQ et le conseil national du PQ tout récent, un désaveu complet du XVe congrès d’avril 2005, tel que dénoncé par les textes très éclairants de Me Pierre Cloutier.

Dans les derniers mois, j’ai lu des textes de ces matelots désorientés aux arguments de dernière chance usés à la corde qui se tiennent toujours à la proue et sur les mats du vaisseau amiral abîmé, ce frêle esquif en détresse qui se nomme encore PQ. Ils ne doivent pas réaliser que leur navire a perdu le cap sur l’indépendance et qu’il s’est échoué. Il est en panne sur la grève avec ce nouveau programme de conversation-débat sur la souveraineté.

Il faut bien se rendre à l’évidence que, voilà quelques semaines, ce fut un spectacle tout à fait désolant que de voir Pauline Marois proposer des cours d’histoire en anglais. Ce fut d’autant plus décevant comme déclaration parce que l’on apprenait récemment que l’enseignement de l’histoire du Québec se voyait alloué de moins en moins d’heures dans nos institutions et ce, à tous les niveaux.

En outre, je me suis demandé si la déclaration de Mme Marois sur l’importance du bilinguisme n’était pas tout simplement un stratagème par lequel la chef cherchait à se débarrasser de ses derniers militants souverainistes qui oseraient critiquer le détournement du XVe congrès.

Pour revenir à ces chroniqueurs souverainistes-critiques, ils sont pourtant très efficaces à démontrer la fraude idéologique du PQ par toutes sortes de grilles d’analyse très personnalisées allant jusqu’à proposer une panoplie de solutions qui resteront, hélas, lettre morte.

Certains de ces scriptes souverainistes, se posant en victimes bénévoles de l’Histoire, semblent incapables de discerner que ce parti qu’ils disent tétanisé le fut bien avant leur constat soudain. C’est que ce parti est neutralisé par la caducité de sa démarche référendaire depuis 1995 et certains commentateurs aux horizons limités se trompent lamentablement s’ils pensent qu’il y en aura un troisième à se faire voler. Il n’y en aura tout simplement pas.

Le constat est assez facile à faire, après le traumatisme causé par le désaveu des militants du PQ par Boisclair, les souverainistes ont encore heurté un mur avec le PQ dénationalisé, mouture Marois.

J’étais pour le PQ en 1995 et on l’a gagné notre maudit référendum. Par la suite, la direction du PQ a manqué de courage et elle fut incapable d’un effort de redressement d’échine. Devant cette fraude monumentale des Canadiens et de leurs serfs aux noms français, ils n’ont su assumer ce devoir d’État élémentaire qui aurait consisté à déclarer l’indépendance du Québec et ce, unilatéralement.

Ça ne prend pas un doctorat en science politique pour se rendre compte que la souveraineté du Québec n’est même plus à l’ordre du jour de cette nouvelle version du PQ qu’on nous a dévoilée dans les derniers mois.

Un philosophe français a déjà dit que « être, c’est faire ». Ça va prendre un mandat pour faire l’indépendance, pas un mandat pour un débat sur l’indépendance.

J’aimerais maintenant attirer votre attention sur le fait que, depuis Lucien Bouchard, les autocrates qui se trouvent à être les chefs du PQ et les réformateurs confus aux discours souverainistes-critiques sont les premiers responsables de sa fragmentation. Depuis 1995, les chefs du PQ ont toujours été habiles, ou malhabiles, dans leurs démarches pour ne pas avoir à répondre de leurs propositions politiques déviantes et aliénantes à leurs membres qui sont supposés être ceux qui décident des orientations majeures de ce parti par leurs congrès, entre les élections. Ça, ça m’écœure et on repassera pour la démocratie !

***

D’autre part, le contexte international est évolutif et il n’y a pas de recette internationalement et universellement reconnue pour qu’un peuple s’affranchisse de son annexion. Dans une autre optique, c’est certain que le peuple du Québec ne pourra procéder comme les Tchèques et les Slovaques qui ont agi en partenaires égaux et respectueux, ceux-ci s’étant séparés à l’amiable en instaurant, avec succès, une partition de velours. Or, le peuple canadien d’origine, retranché qu’il est dans son dernier et son premier foyer, qui est le territoire du Québec, se trouve devant une lourde problématique qui est conditionnée par son envahissement, son annexion et sa domination qui prend maintenant la forme d’une obstruction systématique, une espèce de véto articulé par le PLQ tentaculaire, ce parti de l’argent sale représentant le bloc anglophone et assimilé sur notre territoire.

Il faut aussi reconnaître qu’il y a des antagonismes importants entre les Québécois eux-mêmes qui, encouragés et financés par l’État parasitaire, font en sorte que des choix politiques à tous les niveaux sont souvent caractérisés par un manque de vision et de soutien à l’égard du plein potentiel d’un Québec français. Cette trame idéologique malsaine fait en sorte qu’au Québec, on est très ouverts sur le monde de l’anglosphère tout en restant fermés sur nous-mêmes, sur notre histoire.

La question à se poser maintenant est à savoir ce que devient le droit du peuple Québécois à disposer de lui-même face à ce bloc anglo insidieux ? Est-ce qu’il y a quelqu’un chez ces commentateurs souverainistes-critiques qui ont quelque chose d’audacieux à proposer ?

Je dois tout de même concéder que certains de ces chroniqueurs peuvent être très créatifs dans leurs circonvolutions. Il y en a un qui a écrit récemment que « Les militants qui ont refusé de s’afficher aux côtés de monsieur Saint-André dimanche dernier rêvent d’un autre dénouement. Pas de doute qu’ils agiront parallèlement à l’intérieur du parti, dans les mois à venir, afin de donner l’impression aux autres que la mise au rancart du référendum n’est pas que passagère : un nouveau mode d’accession à l’indépendance serait en effet en gestation. On ne peut que leur souhaiter bonne chance ! ».

À n’y rien comprendre...

Dans un autre ordre d’idées un peu plus claires, je préfère m’en remettre au dynamisme, l’audace et l’intelligence des Québécoises et des Québécois à qui le P.I. propose le choix électoral de l’indépendance qui est la seule et unique voie qui saura rallier tous les Québécois.

Il y a, en effet, quelque chose de pourri dans ce royaume du Canada et la solution pour notre liberté ne passe tout simplement plus par le PQ démissionnaire et ses multiples gourous réformateurs.

Il faut tourner la page sur le PQ pour écrire notre Histoire qui est celle d’un fier peuple de langue française en Amérique.

Daniel Sénéchal

Montréal

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —



Vos commentaires:
  • Tourner la page sur le PQ !
    22 mars 2008

    Bravo M.Sénéchal. Un de plus au PI.

    JE vous préviens : certains péquistes vont traîter de tous les noms : crypto-fédéraliste, diviseur de votes, traître à la patrie. Etc.

    Courage. C’est le début d’un temps nouveau.

    Pierre B.


  • Tourner la page sur le PQ !
    22 mars 2008, par Ouhgo

    Monsieur Sénéchal,

    Votre belle rhétorique vindicative trahit dès le début le ton divisif d’un parti rancunier, né trop tard pour l’urgence où nous nous trouvons maintenant : langue française écrasée par la minorité anglaise et snobée par une immigration canadianisée.

    Nécessité : unir tous les indépendantistes d’urgence(prochaine élection)

    Fatalité oubliée dans votre argumentaire : Si les Québécois francophones votaient avec autant d’harmonie que nos ennemis, IL N’Y AURAIT PAS BESOIN DE TOUS CES CHICHIS DE PEUPLE ANNEXÉ ! D’où la nécessité de recommencer à prêcher avant de passer au vote...


  • Tourner la page sur le PQ !
    22 mars 2008

    M. Sénéchal,

    Brouiller les options politiques qui s’offrent aux Québécois deviendra une position de plus en plus intolérable. Offrir le choix électoral de l’indépendance produira l’effet purgatif désiré. Une véritable épuration des options se profile à l’horizon. C’est l’indépendance ou le parti libéral, les Québécois devront choisir. Entre les deux, on commence à le voir, c’est la plus navrante vacuité. Il fallait mettre au monde modestement un parti politique car les "notoriétés", les "célébrités", que d’aucuns continuent d’appeler à la rescousse, ont été incapables d’assumer un leadership éclairé en temps opportun. Le nouveau leadership est déjà là, la notoriété viendra.

    G. Verrier, Un de plus au PI


  • Tourner la page sur le PQ !
    22 mars 2008

    Pour pouvoir unir tous les indépendantistes (selon Ougho) à la prochaine élection, il faut savoir où ils sont.

    La majorité d’entre eux ne sont plus au PQ. Ils sont restés à la maison lors du dernier scrutin. Le PQ est devenu une grosse Union nationale. Les indépendantistes n’ont plus rien à faire dans ce qui reste de ce parti.

    Comment faire pour faire sortir les indépendantistes lors de la prochaine élection ? Eux qui ont été leurrés pendant tant d’années par un PQ qui changeait de programme comme on change de chemise ?

    La tâche ne sera pas facile.La seule solution : retourner au programme du PQ de 1970 et 1973. S’en emparer. La faire connaître. La défendre. Entrer en lutte. Y aller visière levée.

    Il faut des candidats du PI partout. Il faut les annooncer le plus vite possible. Former les candidats. Rencontrer d’anciens candidats péquistes des premières années et s’en faire des alliés sûrs et convaincus. La meilleure arme sera encore l’expérience des défricheurs. Ils connaissent les armes des adversaires. Ils ont eu à les combattre, à les contourner. Ils ont surtout appris comment fonctionne cet adversaire.

    Pierre B.


  • Tourner la page sur le PQ !
    22 mars 2008, par Prudence

    M. Verrier,

    Ce que vous avancez là, c’est la solution des Patriotes !

    Par impatience, et colère bien légitime, foncer droit devant, avant même de s’armer, de dessiner un plan détaillé muni d’un plan de repli.

    Le résultat : La potence, et Galganov mort de rire avec Tyler et Nutik réunis au Ruby Foo’s...

    Fin de l’Histoire de la Nouvelle-France.


  • Tourner la page sur le PQ !
    23 mars 2008, par R Desjardins

    Après avoir suivi depuis ses débuts le mouvement indépendantiste québécois et à constater l’échec de faire du Québec un État indépendant j’ai acquis la conviction que jamais un parti politique ne réussira à atteindre cet objectif.

    Seulement en créant le cadre (sa constitution, ses institutions) et en définissant ce que sera ce nouvel état en dehors du cadre politique actuel qu’il sera possible de recueillir l’adhésion des québécois, de souche ou de toute autre origine et de tous les partis politiques.


  • Tourner la page sur le PQ !
    23 mars 2008

    À prudence,

    Le combat serait donc perdu d’avance ! Dans votre cas, tableau tout sombre, il ne s’agit plus de prudence mais de défaitisme. Allons, un peu de courage prudence.


  • Tourner la page sur le PQ !
    23 mars 2008, par Prudence

    @ celui qui me répond ceci :

    "Le combat serait donc perdu d’avance ! Dans votre cas, tableau tout sombre, il ne s’agit plus de prudence mais de défaitisme. Allons, un peu de courage prudence."

    Mauvaise cible. J’exposais la résultante fatale de l’ultimatum de M. Verrier : Indépendance ou parti Libéral !

    Pour être mieux compris, aurais-je dû préciser : L’électorat actuel étant soumis à une presse concentrée aux mains des fédéraux, les gens n’ont pas de moyen d’être informés sur l’évidente nécessité de l’indépendance. En conséquence, si on les place froidement devant l’ultimatum de M. Verrier : Indépendance ou Nuage de Fumée Charest, la majorité n’est pas assez politisée pour faire le choix éclairé de la Liberté. Si je dis que le Parti Libéral c’est la fin de l’histoire de la Nouvelle-France, je m’appuie sur les statistiques récentes. Je suis tout le contraire du défaitisme, j’ai la prudence de nous prévenir contre les énergies du DÉSESPOIR de M. Verrier. Ouf !


  • Tourner la page sur le PQ !
    23 mars 2008

    Cher interlocuteur dont je devine facilement le nom, n’y a-t-il pas un petit peu de mauvaise foi dans votre façon de répondre. Vous savez bien qu’il ne s’agit pas d’un ultimatum mais la résultante du processus que j’évoquais dans mon topo. Quel "désespoir" ? Pourquoi ne pas être un peu plus constructif ?

    GV


  • Tourner la page sur le PQ !
    23 mars 2008, par Lemême

    M. GV : Vous disiez :

    "Offrir le choix électoral de l’indépendance produira l’effet purgatif désiré. Une véritable épuration des options se profile à l’horizon. C’est l’indépendance ou le parti libéral, les Québécois devront choisir. Entre les deux, on commence à le voir, c’est la plus navrante vacuité..."

    Et vous parlez de mauvaise foi...

    L’indépendance proposée maintenant avec des sondages en bas de 40%, sans préparation ou sans alliance... c’est pas le tout pour te tout, ça ?...en finir une fois pour toutes(désespoir)

    Qui est constructif ?


  • Tourner la page sur le PQ !
    24 mars 2008, par Daniel Dupuis

    Je suis d’accord avec monsieur Verrier, il n’y d’avenir possible pour le peuple français d’Amérique que dans le choix de l’indépendance proposée par un parti dont l’objectif est clair et net à cet égard.

    Daniel Dupuis


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