RÉPONSE À VICTOR-LÉVY BEAULIEU
M. Beaulieu,
Il y a de cela belle lurette, je m’étais promis de ne plus accorder d’importance à vos différents propos. Vos sorties quasi hebdomadaires me portaient alors à croire que vous aviez besoin d’un peu de publicité personnelle. Je ne voulais donc pas embarquer dans cette galère et vous donner ce que vous vouliez. Étant moi-même indépendantiste depuis mon tout jeune âge, j’ai décidé cette fois-ci d’intervenir dans le débat que vous lancez puisque certains éléments que vous avancez relèvent selon moi de propos aberrants et d’interprétations saugrenues.
Mettons les choses au clair dès le départ : je suis indépendantiste, je suis péquiste ! Depuis plusieurs années, je milite pour ce parti politique puisque je suis convaincu qu’il saura un jour mener notre nation vers le statut de pays libre et souverain. Vous savez quoi M. Beaulieu ? Pour ma part, je suis encore plus convaincu qu’il le fera que quand j’ai commencé à m’impliquer en politique. Naïf, direz-vous ? Nullement, vous répondrai-je ! En fait, vous connaissez l’expression ; ce n’est pas en tirant sur un fleur qu’elle poussera plus vite ! Au contraire, elle risque même de mourir plus rapidement.
Je dois vous avouer que depuis quelques temps, j’éprouvais un malaise profond avec le simili débat sur la date du prochain référendum. On en était presque rendus à se demander quelles devraient être les conditions atmosphériques ou la position de la lune lors du grand rendez-vous. On ne parlait que du jour « J » en oubliant tout le reste. Vous savez, M. Beaulieu, c’est un peu comme si une famille décidait de partir en voyage mais que pendant un mois, les membres du foyer s’obstinaient sur la couleur de la paire de gougounes à acheter. Durant ce temps-là, on ne parle pas de la destination, de l’endroit où l’on sera hébergés, d’où l’on mangera, etc. En arrêtant ce vaudeville, Pauline Marois a remis le cap sur la destination, celle de l’indépendance du Québec !
Vous savez, M. Beaulieu, j’ai beaucoup de respect pour votre œuvre, pour la grande contribution que vous avez apportée au développement culturel de notre Québec. Par contre, dans votre dernière sortie, quand il est stipulé que le Parti Québécois a abandonné les chevaux de bataille de la langue et de l’identité, cela dénote une bien mauvaise foi ou une mémoire assez sélective de votre part. Vous vous souvenez d’une chef qui a défendu bec et ongles deux projets de loi qui visaient à renforcer notre identité et à promouvoir notre langue ? Cette chef, c’est Pauline Marois ! Malgré l’opposition farouche des autres partis (de votre ami Mario, entre autres), la chef péquiste a gardé le cap puisqu’elle est fonceuse et a des convictions profondes.
Vous savez, M. Beaulieu, je suis convaincu que ce n’est pas en essayant de tendre le thermomètre de la souveraineté pour voir quel parti est plus indépendantiste que l’autre que notre option progressera. Au lieu de se diviser, nous devrions tous travailler à unir les forces indépendantistes. Ce n’est pas en changeant de parti au gré des saisons qu’on réussit à aider notre idéal.
Le Parti Québécois est la formation politique la plus crédible pour porter notre projet et le mener à terme. Des milliers de militants s’y battent depuis des années pour faire progresser notre option. J’en suis ! Comme vous, je veux plus que tout que le Québec devienne un pays libre, francophone, solidaire et pacifique. Mais pour ma part, au lieu de tirer sur la fleur, j’ai décidé de l’arroser pour lui permettre de pousser.
Jerry Beaudoin
Lac-Etchemin
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

