« Tant que l’indépendance n’est pas faite, elle est à faire. Et je me suis laissé dire en haut lieu que nous n’étions pas prêts. […] j’ai des petites nouvelles: tant qu’un peuple n’est pas indépendant, il n’est pas prêt.  » Gaston Miron

TI-CUL LACHANCE

vendredi 1er avril 2011

Gilles Vigneault
TI-CUL LACHANCE
G. Vigneault - G. Rochon

Je suis chômeur de mon état
Je m’appelle Ti-Cul Lachance
Pogné, marié, trois filles deux garçons
Merci pour l’assistance
Comme j’habite un pays loin de l’eau
Ils ont fermé le chantier de bateaux
Tu les as laissé faire
Comme j’ai pas posé de bombes par-là
Pis que ça faisait peut-être ton affaire
Tu penses que je m’en aperçois pas

Tu penses que je m’en aperçois pas
Parce que je vois pas la caisse
Tu te penses en haut, tu me penses en bas
Du moment que je me baisse
Je me baisse pour choisir mon caillou
Avant que tu le vendes avec le trou
D’avant d’après la guerre
Parce que tu me fournis mon tabac
Parce que tu m’as payé une bière
Tu penses que je m’en aperçois pas

Tu penses que je m’en aperçois pas
Du moment que je dépense
Ce que tu me donnes en plus de mes repas
Mais rien à faire on pense
Dans tes menteries télévisées
Des fois tu oublies de te déguiser
Pis on voit tes deux faces
Tu vends mon chemin, tu vends mon pas
Tu vends mon temps, pis mon espace
Tu penses que je m’en aperçois pas

Tu penses que je m’en aperçois pas
Que t’es rien qu’un sous-ministre
Nos vrais ministres sont aux États
C’est là qu’ils t’administrent
C’est là qu’ils font les gros fusils
Avec du fer de ton pays
Mais toi tu es à la chasse
Comme tu me vois pas dans ces clubs-là
Pis qu’on est pas confrères de classe
Tu penses que je m’en aperçois pas

Tu penses que je m’en aperçois pas
Quand tu poses ta pancarte
A vendre, à vendre avec en bas
Indiqué sur les cartes
Si vous aimiez mon Labrador
Ajoutez-y donc la Côte-Nord
Le bois y est hors d’âge
Quand tu descends nous voir dans le bas
On sait qui ce qui paye ton voyage
Tu penses que je m’en aperçois pas

Tu penses que je m’en aperçois pas
Quand tu me pousses vers la grève
Je sais bien que tu aimes pas nos syndicats
Tu serais content qu’ils crèvent
Quand tu mets nos chefs en prison
Le patron te reçoit dans sa maison
Tu es là comme en famille
Parce que ma femme lave pas vos draps
Parce que mon gars viole pas vos filles
Tu penses que je m’en aperçois pas

Tu me fais voter pour tes pantins
Les deux mains sur ta bible
Comme c’est toi qui comptes les bulletins
Y a pas d’erreur possible
Le jour où je vas voter pour moi
Le recomptage prendre des mois
Des mois pis des années
Pis je veux jouer au petit soldat
Je sais que tu as déjà toute une armée
Pour me faire retrouver ton pas

Des matins je me lève Esquimau
Je te vois vider l’Arctique
L’eau, les humains, les animaux
À des prix électriques
Je peux pas croire que tu sois si bas
Je peux pas croire que tu sois si rat
Faudrait que tu sois si bête
À semer du vent de cette force-là
Tu te prépares une joyeuse tempête
Peut-être bien que tu t’en aperçois pas

***

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